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Photos manifestation anti Otan

Mardi 1 décembre 2009 2 01 /12 /2009 12:09

REFORME TERRITORIALE

 

Cette réforme territoriale, après le discours du Président de la République, a été synthétisée, le 20 octobre, devant l’Assemblée Nationale par le Premier Ministre lors de la séance des questions au Gouvernement sur la réforme des collectivités territoriales, en réponse à une question du député Dominique Perben.

Elle a été présentée en Conseil des ministres, le 21 octobre 2009, par le ministre de l’Intérieur et le secrétaire d’Etat à l’Intérieur et aux Collectivités territoriales.

Quelques jours auparavant, le Conseil d’Etat remettait au Gouvernement une note confidentielle que le magazine « Le Point » s’est procuré, dans laquelle il mettait en garde contre deux dispositions du projet de loi relatif à l’élection des conseillers territoriaux (9).

Concrètement, la réforme se traduit par quatre projets de loi, déposés le 20 octobre 2009 devant le Sénat : un projet de loi de réforme des collectivités territoriale

- un projet de loi relatif à l’élection des conseillers territoriaux et au renforcement de la démocratie locale ;

- un projet de loi permettant l’élection des conseillers territoriaux en mars 2014 ;

- un projet de loi organique à caractère technique relatif à l’élection des membres des conseils des collectivités territoriales et des établissements publics de coopération intercommunale.

 

Cette réforme, devrait intervenir en mars 2014, une fois que les conseillers régionaux, élus en mars 2010, auront accompli un mandat plus court, fixé à 4 ans et non 6 ans, comme auparavant, et que les conseillers généraux auront achevé un mandat de 3 ans, et non de 6 ans, comme dans le passé.

A cette date, 3 000 conseillers territoriaux environ remplaceront les 6 000 élus actuels des conseils généraux (4 182) et régionaux (1 880). A ce stade, la fixation du nombre des conseillers territoriaux dans chaque région et leur répartition par département n’a pas encore été établie mais serait renvoyée à une future ordonnance.

 

Trois niveaux de pouvoirs locaux

La réforme territoriale n’a pas remis en cause l’existence des trois niveaux de pouvoirs locaux qui bénéficient d’une garantie constitutionnelle. En effet, l’article 72 de la Constitution du 4 octobre 1958 dispose : « Les collectivités territoriales de la République sont les communes, les départements, les régions, les collectivités à statut particulier et les collectivités d’outre-mer régies par l’article 74 ».

En ce sens, la France fait partie d’une minorité d’Etats de l’Union européenne qui disposent de ce type d’organisation territoriale, comme l’Allemagne, l’Espagne, l’Irlande, l’Italie et la Pologne.

Au sein de l’Union européenne, 11 Etats s’appuient sur deux niveaux de collectivités locale (Belgique, Danemark, Grèce, Hongrie, Lettonie, Pays-Bas, République tchèque, Roumanie, Royaume-Uni, Suède et Slovaquie), tandis que 10 d’entre eux sont dotés d’un seul niveau de collectivité territoriale (Autriche, Bulgarie, Chypre, Estonie, Finlande, Lituanie, Luxembourg, Malte, Portugal, Slovénie).

Cette solution politique, qui prétend notamment avoir pour objet de permettre de réaliser des économies budgétaires, se rapproche de la réforme engagée en Suède dans les années 90.

 

Mode de scrutin

Un mode d’élection inspiré de l’organisation territoriale allemande par l’élection dans le cadre traditionnel du canton, au scrutin majoritaire, doublé d’une dose significative de représentation proportionnelle. »

Ainsi, selon le chapitre II du projet de loi, le scrutin, qui est mixte, comprend : pour 80 % d’entre eux, une élection au scrutin uninominal majoritaire à un tour ;

- pour les 20 % restants, une élection selon une répartition des suffrages obtenus, à l’échelon du département, par des listes : la répartition des sièges est effectuée à la représentation proportionnelle au plus fort reste ; chaque liste de candidats est en quelque sorte « parrainée par les candidats au scrutin uninominal ; la liste obtient les suffrages que ces candidats ont recueillis dans leurs cantons respectifs lorsqu’ils ne sont pas élus.

 

Toutefois, ce mode de scrutin est jugé par le Conseil d’Etat comme portant atteinte au principe d’égalité et de sincérité du suffrage, et ce pour deux raisons : d’une part, « il peut permettre qu’une liste ayant recueilli au niveau régional moins de voix qu’une autre, puisse néanmoins obtenir plus de voix qu’elle » ;

Aussi, la Haute Assemblée a-t-elle disjoint les dispositions relatives au mode de scrutin ainsi que celles traitant de la concomitance des élections cantonales et régionales liées à la mise en place des conseillers territoriaux.

 

3. Regroupement communal et achèvement

de l’intercommunalité

Regroupement communal

Le projet de loi cherche à revenir sur l’échec des tentatives de regroupement communal, en France, en substituant « un nouveau dispositif de fusion de communes, plus incitatif, à l’ancien, issu de la loi dite « Marcellin » de 1971 ».

Au sein de l’Union européenne, les mouvements de fusions de communes ont abouti à la diminution du nombre de communes, en Allemagne (de 25 000 à 8 500), en Autriche (3 999 à 2 359), en Grèce (5 343 à 1 033), en Lituanie (580 à 56), aux Pays-Bas (811 à 496), au Royaume-Uni et en Suède (2 500 à 289).

Au 1er janvier 2006, les 36 785 communes françaises représentaient plus d’un tiers du nombre total des communes dans l’Union européenne à 27 Etats membres.

 

Achèvement de l’intercommunalité en 2014

Dans le cadre du projet de réforme territoriale, le Gouvernement s’est fixé trois objectifs concernant l’intercommunalité:

- la couverture intercommunale intégrale du territoire français à l’horizon du début de l’année 2014,

- la rationalisation des périmètres des structures intercommunales à la même échéance,

- l’approfondissement de l’intercommunalité à travers la rénovation de son cadre juridique.

Les préfets seront chargés d’élaborer, pour la fin de l’année 2011, un schéma départemental de coopération intercommunale.

En 2012-2013, les préfets devraient être en outre dotés de pouvoirs temporaires destinés à faciliter la déclinaison du schéma, qui devra être achevée au 1er janvier 2014.

 

Le projet de loi prévoit également l’adaptation des structures à la diversité des territoires en créant :

- des métropoles,

« La métropole est établissement public ce coopération intercommunal regroupant plusieurs communes, qui forme un ensemble de plus de 450 000 habitants.) Elles devraient recevoir de plein droit « au lieu et place des communes membres », de  nombreuses attributions.

- des pôles métropolitains,

- des communes nouvelles  (Création d’un conseil et d’un maire du territoire)

- en permettant des regroupements des départements et des régions.

(A la demande d’un ou plusieurs conseillers généraux, des départements peuvent être regroupés en un seul). Le regroupement est décidé par décret en Conseil d’Etat. Les électeurs peuvent être consultés…

Idem pour les régions…

Il clarifie les compétences des différentes collectivités territoriales. Il évoque le développement et la simplification de l’intercommunalité, notamment l’achèvement de sa couverture totale du territoire, la rationalisation des périmètres, la réduction du nombre des syndicats et le renforcement des compétences des communautés au détriment de celles de communes.

- Outre la suppression de la taxe professionnelle, actuellement discutée devant le Parlement, pas moins de quatre projets de loi apporteront ainsi de profonds changements dans le fonctionnement des collectivités locales à partir de 2010.

Au lieu d’envisager une négociation sur la répartition de la masse fiscale globale, l’Etat a choisi, sans concertation, de remplacer un impôt local existant par une dotation. D’une part, cette décision prive les collectivités d’une marge de manoeuvre dont elles disposaient en votant les taux de la taxe professionnelle. D’autre part, elle se traduit par une réduction de leur autonomie fiscale.

 

ANALYSE

Si Nicolas Sarkozy propose un mécanisme électoral totalement étranger à la tradition française, c’est  pour tenter de cumuler au profit de son camp, les avantages des deux méthodes.

Avec le scrutin uninominal à un tour, c’est le candidat qui emporte le plus de voix qui emporte le siège. Le parti arrivé deuxième est minoré et les autres n’ont rien…ou presque, cela dépend de la répartition géographique. Un petit parti bien implanté dans une localité peut l’emporter au détriment d’un autre qui aurait recueilli plus de voix nationalement mais pas assez dans chaque circonscription pour être élu.

Avec le scrutin proportionnel à un tour, tous les partis peuvent être représentés en fonction de leur influence. Cependant cela dépend du seuil minimum fixé pour l’attribution des sièges et à la taille de la circonscription, car plus le seuil est élevé et le nombre de circonscriptions important, plus l’accès des petits partis aux sièges se révèle malaisé.


Voila le but premier de l’opération :

Choisir des modes de scrutin qui reviendraient à favoriser outrageusement les grands partis : l’UMP et le PS. L’UMP pourrait récupérer des sièges, là où elle est actuellement minoritaire.

Le calcul du Président s’appuie sur la domination de l’UMP qui a aggloméré la droite autour du noyau RPR et qui table sur la division de la gauche ainsi réduite à l’impuissance, alors qu’elle est actuellement largement majoritaire dans les villes, les cantons et les régions.

Dans les huit cantonales qui ont eu lieu après les Européennes, perdues par le PS, l’UMP totalise 29,68% des suffrages progressant de trois points, malgré les avancées du Front de Gauche. La faille de l’UMP c’est précisément le deuxième tour, car elle est isolée, elle fait le plein dès le premier tour… Donc Sarkozy supprime le 2° tour. Il a encore accentué le rassemblement dans cette perspective, avec le ralliement du CPNT et Du Vicomte De Villiers.

Le PS, lui, est passé de 29,89 % là où il était présent, à 25,51 % des suffrages, avec une image très détériorée dans l’opinion publique.

Avec la suppression de la moitié des élus départementaux et régionaux actuels, la réforme proposée par Sarkozy engage un processus qui vise à supprimer l’essentiel des communes en les regroupant et de tous les départements, à dépecer le territoire en quelques grandes régions (une quinzaine et onze métropoles).

Cette réforme, avec la suppression d’élus de proximité, éloignerait encore plus les édiles des citoyens, restreignant la démocratie locale.

On supprime certaines attributions comme « la compétence générale », ce qui ne permettra plus aux départements et régions de mener des politiques volontaristes. Aussi l’interdiction des financements croisés, et l’obligation pour les communes de financer elles-mêmes au moins 50 % d’un projet. L’Etat ne paiera plus, il se défaussera sur les collectivités locales, ce qui provoquera une nouvelle augmentation des impôts locaux, moins redistributifs, plus injustes que l’impôt proportionnel sur le revenu  qu’il diminue au profit des plus riches.

 

Dix ans de réflexion

Depuis dix ans, les rapports sur la réforme des collectivités locales se multiplient :

-  janvier 2000 : « Refonder l’action publique locale ». Pierre Mauroy préconise un développement de l’intercommunalité, une rénovation des départements et des régions fortes ;

> janvier 2008 : rapport de la commission pour la libération de la croissance française. Jacques Attali propose de transformer les intercommunalités en agglomérations, de supprimer les départements et de clarifier les compétences des collectivités locales ;

> octobre 2008 : rapport sur la clarification des compétences des collectivités territoriales. Jean-Luc Warsmann formule dix propositions pour étendre l’intercommunalité, agrandir les régions et les regrouper avec les départements ;

> mars 2009 : rapport du Comité pour la réforme des collectivités locales, « Il est temps de décider ». Edouard Balladur recommande d’achever la carte de l’intercommunalité, de réduire à 15 le nombre de régions, de créer 11 grandes métropoles ou encore d’élire des conseillers communs aux départements et aux régions ;

> juin 2009 : rapport de la Mission temporaire sur l’organisation et l’évolution des collectivités territoriales. Le sénateur Claude Belot reprend des mesures concernant à la fois la gouvernance, la clarification des compétences et les finances locales. C’est le dernier rapport avant le dépôt des projets de loi au Sénat, le 21 octobre.


La suppression de la taxe professionnelle

La réforme  territoriale s’articule avec la suppression de la taxe professionnelle qui va priver les collectivités locales de leurs ressources et donc de leur autonomie budgétaire. Elles ne voteront plus que leurs dépenses étant dotées de compensations gouvernementales d’ailleurs insuffisantes.

Les entreprises seront les grandes bénéficiaires avec 11,7 milliards d’euros d’allégements en 2010 et de 6 milliards les années suivantes.

« A la TP va se substituer une "contribution économique territoriale" (CET), assise sur le foncier bâti professionnel et sur la valeur ajoutée. Ainsi, dans le cas de cette PME, seule la valeur locative de l'usine rentrerait désormais dans le calcul de la taxe, plus celle des machines. La nouvelle formule favorise les grandes entreprises dites "de réseaux" (opérateurs télécoms, groupes énergétiques ou de transport ferroviaire qui réalisent des investissements massifs), qui se verront du coup imposer une taxe forfaitaire d'environ 1,5 milliard d'euros.
Les entreprises de main d'œuvre, qui seraient en revanche pénalisées, bénéficient d'aménagements : un abattement de 1.000 euros pour celles dont le chiffre d'affaires ne dépasse pas 2 millions d'euros et une augmentation des montants versés progressive sur 5 ans, aucune société ne devant voir sa cotisation grimper de plus de 500 euros ou 10% en 2010. 

En 2011, le manque à gagner (environ 10 milliards d'euros sur la base des chiffres de 2008) sera principalement compensé par le versement aux collectivités du produit de diverses taxes et par une dotation budgétaire. »* (Les Echos -16.10.09)

 

La diminution de 8 milliards d’euros de recettes fiscales locales à partir d e 2011(11,7 pour 2010), réduira le rôle et la place des collectivité territoriales et l’exercice de la démocratie. La suppression de la TP en faisant disparaître le seul impôt sur le capital des entreprises constitue une nouvelle escalade dans la déresponsabilisation sociale des entreprises, visant à transférer sur les ménages, l’essentiel du poids du financement des budgets publics et sociaux et à freiner  l’évolution de la dépense publique. En proclamant, l’argument démagogique, que les régions UMP n’augmenteraient pas les impôts locaux pendant leur mandat, alors que leurs élus soutiennent une politique de report sur les collectivités locales des engagements de l’Etat, ce sont de nouvelles coupes dans les budgets sociaux et les services publics qui sont s’annoncent.

Le produit des impôts locaux repose désormais plus sur les impôts des ménages que la Taxe professionnelle. Avec la suppression de la TP, la part du produit des impôts locaux payés par les ménages passerait de 47 à 70 % !

 

Nicolas Sarkozy ne propose pas une véritable réforme fiscale qui prendraient en compte les revenus des ménages pour les impôts locaux.

Par ailleurs la dépendance à  l’égard de l’Etat ( 80% pour les région) est d’autant plus forte que le dispositif de péréquation qui vise à réduire les inégalités de ressources entre ccollectivités est très insatisfaisant. Ces inégalités ont énormes, du simple au double selon les régions, du simple au quadruple selon les départements. La péréquation horizontale (reversement d’une partie des ressources des plus riches vers les plus pauvres) est quasi inexistante, sauf en île de France. La réforme en cours ne change rien à ce sujet.

 

Propositions

Taxer les actifs immobiliers dans lesquels s’exerce l’activité économique des entreprises.

           Les EBM, équipement et biens mobiliers- matériels.

           Les actifs financiers des entreprises à un taux unique de 05 %

 

Allain Graux

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Mercredi 25 novembre 2009 3 25 /11 /2009 12:13

Le réchauffement climatique

Depuis les années 1800, début de l’ère industrielle, la concentration de CO² dans l’air s’est accrue de plus d’un tiers, alors quelle avait varié de moins de 10% au cours des dix mille années précédentes. La proportion de méthane a doublé. Les activités humaines sont responsables de l’aggravation de cette situation, selon les études du GIEC* :

- accroissement de la population*, déforestation, utilisation des matières carbonées (charbon, pétrole, gaz) pour produire de l’énergie et des produits dérivés (plastiques, chimie, engrais, médicaments, peinture, vêtements…).

Cette augmentation des gaz à effet de serre dans l’atmosphère est le principal responsable du réchauffement climatique de la Terre (+1° depuis 1800). Il s’accélère, provoque la montée des mers (20 cm depuis 1870), et il est cause de la multiplication des tempêtes, typhons, inondations catastrophiques, ou sécheresses qui entraînent des migrations de populations (300 millions de réfugiés) chassées par les eaux, ou victimes de la famine. Il faudrait, selon les scientifiques, non seulement stabiliser les émissions de gaz à effet de serre, mais les diminuer de 40 % d’ici à 2020 et de 90 % à l’échelle mondiale d’ici 2050, pour éviter une hausse de température supérieure à 2° qui mettrait en cause l’existence même de la vie humaine sur la planète. (source : le GIEC)

La situation est urgente, car le Co² concentré dans l’atmosphère y demeure de 50 à 200 ans.

Le système capitaliste repose fondamentalement sur un moteur productiviste qui traite la nature en ressource à exploiter et en marchandise à échanger. Dès 1970, le rapport Meadows mettait en évidence les impasses de notre modèle de croissance pour l’environnement, fondé sur l’exploitation exponentielle de ressources naturelles non-reproductibles, et guidé par les seules exigences à courte vue de la rentabilité financière du capital.

D’autres menaces pèsent sur nos écosystèmes : l’érosion et l’épuisement des sols par l’agriculture intensive et chimique, la pollution de l’eau, les risques de pénuries alimentaires, la contamination chimique généralisée du vivant entraînant des conséquences dramatiques pour la santé humaine.

Les ressources de la planète sont déjà insuffisantes pour autoriser un mode de vie à l’occidentale pour l’ensemble des habitants : 20% des hommes consomment 80% des ressources.

*GIEC : Groupe d’Expert Intergouvernemental sur l’Evolution du climat

*POPULATION MONDIALE - de 0 à 1700 : 230 à 600 millions – 2000 : 6 milliards – 2050 : prévu 9 milliards

Urgence planétaire

En 1992, sous l’égide des nations Unies, la dérive de l’effet de serre a fait l’objet d’une tentative de régulation globale par le protocole de Kyoto (1997). Il enjoignait aux nations industrialisées, principales responsables depuis plus d’un siècle, de réduire leurs émissions de 5,2% entre 1990 et 2012. Or les émissions des pays signataires (les Etats-Unis, principal pollueur, n’avaient pas signé) industrialisés ont augmenté de 9,9% entre 90 et 2006 !*Hors Russie et Est-Europe qui ont chuté de 37%, en raison de la désindustrialisation consécutive à l’effondrement du système soviétique.

Les émissions à l’échelle mondiale se sont mêmes accrues de 38% depuis 1990.

C’est pourquoi un nouvel accord mondial doit s’élaborer à la Conférence de Copenhague en décembre 2009.

 

Comment réduire les gaz ?

Depuis Kyoto, les Etats attribuent des droits d’émission aux entreprises industrielles et électriques, pour fixer, par incitation, la quantité de pollution à ne pas dépasser. Les entreprises qui émettent moins que leur quota peuvent vendre des droits d’émission. En janvier 2005, l’Union européenne a cédé aux lobbies qui ont récolté plus de quotas qu’ils n’en avaient besoin. Arcelor-Mittal a ainsi perçu une plus-value de 800 millions d’Euros en vendant son excédant de quotas tout en continuant de polluer.

Les entreprises peuvent aussi acheter des crédits d’émission en investissant dans des pays étrangers, en particulier à l’Est de l’Europe et dans les pays du Sud en voie de développement. Ces « Mises en Œuvre Conjointe » (MOC) et « Mécanismes de Développement Propre » (MDP) - s’il est démontré que ces projets n’auraient pas eu lieu et permettraient d’éviter réellement des émissions - donnent lieu à l’attribution de crédits appelés « Unités de Réduction des Emissions » (URCE). Ils peuvent être négociés sur le marché européen ou international. Les entreprises évitent ainsi le coût de passage à une production sobre en carbone dans les pays occidentaux et reportent sur les autres - ceux qui n’on pas accès au marché international du carbone - la charge des réductions réelles des émissions. C’est ce qui est proposé aux termes du « paquet énergie climat » adopté par l’Union européenne en décembre 2008

 

Aux Etats-Unis, “ l’American Clean Energy and security Act” (ACESA), adopté le 26 juin 2009, créditent les entreprises américaines de quotas de CO² dont seuls 15% seront vendus aux enchères. L’ensemble du secteur charbonnier, le Big Coal, est exempté d’efforts jusqu’en 2025 !!! Avec 17 % d’ici 2020, le projet américain reste insuffisant, il ne représente qu’un petit - 6% par rapport au niveau de 1990.

Ce marché constitue en fait un droit à polluer pour les riches.

Le comble, c’est la spéculation sur le carbone, tout est bon pour la finance internationale, le premier fonds spéculatif a été lancé en janvier 2009 à Londres par CF Partners et la banque Fortis…A quand la bulle ?

 

Et les grands émergents ?

En Chine, l’académie des Sciences recommande : - 40% d’ici à 2020 ;  le plan climat du Brésil prévoit une baisse de 70% à l’horizon 2017, après avoir fait chuter de 40% la surface déforestée ; L’Inde prévoit une baisse de 16% des émissions de l’industrie et de 40% celles des bâtiments à l’horizon 2030 ; Le Mexique a un but de 50% en 2050 par rapport à 2002. Ces objectifs contredisent ceux qui les accusent d’immobilisme.

 

Les enjeux de Copenhague

Les propositions d’instaurer un vaste marché mondial des droits d’émission ne résoudra pas les questions posées par l’urgence climatique, d’autant moins si Copenhague débouche sur un accord à la carte avec les Etats-unis. Les pays du Sud ont préparé un contre-projet de traité climatique, et les Mouvements sociaux réunis au FSM de Belém appellent à un accord qui obligerait à revoir les formes de coopération internationale Nord-sud, la justice sociale, la gestion des biens publics et des biens communs.

Car, au marché carbone vient s’adjoindre la proposition d’utilisation de nouvelles technologies très coûteuses, qui draineraient des milliards d’euros de subventions publiques et…se monnaierait sous forme de crédits carbone, comme la séquestration du CO² émis par les centrales à charbon qui sont à l’origine d’un quart des émissions de la planète. Cette ingénierie géologique modifierait la composition du sol tout en permettant aux puissances industrielles de continuer à se gaver d’énergie.

 

Les vraies solutions : la réduction des émissions à la source.

Cela suppose des normes et des réglementations contraignantes, choisies et décidées démocratiquement, sur la base d’une nouvelle coopération internationale.

Cela suppose un financement public, placé sous l’autorité de la Convention cadre des nations Unies sur les Changements climatiques (CCNUCC). Un financement différencié sur la base des responsabilités historiques et actuelles du réchauffement.

Le financement suppose la mise en place de taxes globales qui permettent les transferts de richesses nécessaires au financement de la lutte et à la transition vers des économies écologiquement viables qui rompent avec la logique productiviste.

Chaque pays industrialisé devrait atteindre les objectifs de réduction des émissions de gaz à effet de serre d’au moins 40 % entre 1990 et 2020 et 90 % d’ici 2050.

Chaque pays doit atteindre ses objectifs sur son propre territoire.

 

Le gisement des réductions réside dans :

la décroissance de la consommation des énergies fossiles, donc le développement d’énergies non polluantes : solaire, géothermie, vent, marées, etc…

la décroissance des matières premières non renouvelables, en concevant mieux les produits, en les fabriquant autrement, en organisant leur recyclage.

En fabriquant des objets utiles, correspondant aux véritables besoins sociaux et humains.

En développant et privilégiant les transports collectifs, en développant le ferroutage.

En relocalisant l’économie pour éviter les longs transports coûteux en énergie.

En changeant les modes de consommation alimentaire occidentaux : par exemple, moins de viande = moins de méthane.

En privilégiant l’agriculture vivrière et l’autonomie alimentaire de chaque pays.

En imposant des normes de construction mettant en œuvre des matériaux isolants, en aidant à  l’isolation des habitations existantes.

 

Ce vaste projet nécessite une planification écologique de l’économie décidée démocratiquement avec les citoyens.

 

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Lundi 19 octobre 2009 1 19 /10 /2009 10:04

LES VERITABLES OBJECTIFS DE LA REFORME TERRITORIALE

 

Il est légitime de penser que depuis la régionalisation initiée par Gaston Deferre aux prémices de l’ère Mitterrand, beaucoup de lois se sont empilées et ont pu compliquer le paysage de nos territoires :

- Communes, conseillers municipaux élus au scrutin proportionnel de liste (sauf – de 3500 hab.)

- communautés de communes, d’agglomération, représentants désignés par les conseils municipaux.

- communauté de Pays, qui dépassent les limites des cantons et départements. (Vocation économique)

- cantons réunis dans les Conseils généraux dont les conseillers sont élus au scrutin uninominal à 2 tours.

- Conseils régionaux dont les conseillers sont élus au scrutin proportionnel à deux tours aux modalités proches de celles des conseils municipaux des villes avec une prime aux listes majoritaires qui contraignent au rassemblement ou à la fusion entre les deux tours.

- Les circonscriptions législatives dont les députés sont élus au scrutin uninominal à 2 tours.

- les sénateurs sont élus soient sur des listes à la proportionnelle, soit au choix par un collège d’élus (conseillers municipaux, régionaux, généraux)

Ce maillage du territoire mérite sans doute un peu de clarté et une réforme.

Jospin voulait compléter la réforme des communautés de communes par un scrutin démocratique qui permettrait d’élire directement leurs représentants. Il n’a pas été réélu, il n’a pas pu la mettre en œuvre et la droite - au pouvoir sans discontinuer depuis 2002 - s’est bien gardée d’améliorer la démocratie communale.

 

Les conseils généraux : faut-il les supprimer ?

Ils existent depuis la révolution française et sont avec le droit communal, un des piliers de la démocratie locale à la française. Sont-ils pourtant adaptés à l’évolution démographique et économique des territoires ?

Pour ma part, je pense que la forme canton est dépassée, particulièrement en ville, où ils ne signifient rien pour le citoyen. Mais il me paraît utile de maintenir les Conseils généraux dont le rôle social est particulièrement important. Leurs représentants pourraient être élus par un scrutin proportionnel identique à celui des conseillers régionaux. Ce serait rationnel, simple et plus démocratique.

Est-ce dans ce sens que s’oriente Nicolas Sarkozy ? Et bien non ! Il souhaite (et quand il souhaite, c’est qu’il décide …) que les futurs conseillers territoriaux soient élus à un tour à la proportionnelle en zone urbaine et au scrutin uninominal en zone rurale.

S’il propose un mécanisme totalement étranger à la tradition française, c’est plus pour tenter de cumuler au profit de son camp, les avantages des deux méthodes en restreignant les inconvénients.

Avec le scrutin uninominal à un tour, c’est le candidat qui emporte le plus de voix qui emporte le siège. Le parti arrivé deuxième est minoré et les autres n’ont rien…ou presque, cela dépend de la répartition géographique. Un petit parti bien implanté dans une localité peut l’emporter au détriment d’un autre qui aurait recueilli plus de voix nationalement mais pas assez dans chaque circonscription pour être élu.

Avec le scrutin proportionnel à un tour, tous les partis peuvent être représentés en fonction de leur influence. Cependant cela dépend du seuil minimum fixé pour l’attribution des sièges et à la taille de la circonscription, car plus le seuil est élevé et le nombre de circonscriptions important, plus l’accès des petits partis aux sièges se révèle malaisé.

Voila le but premier de l’opération :

Choisir des modes de scrutin qui reviendraient à favoriser outrageusement les grands partis : l’UMP et le PS. L’UMP pourrait récupérer des sièges, là où elle est actuellement minoritaire.

Le calcul du Président s’appuie sur la domination de l’UMP qui a aggloméré la droite autour du noyau RPR et qui table sur la division de la gauche ainsi réduite à l’impuissance, alors qu’elle est actuellement largement majoritaire dans les villes, les cantons et les régions.

Dans les huit cantonales qui ont eu lieu après les Européennes, perdues par le PS, l’UMP totalise 29,68 % des suffrages progressant de trois points, malgré les avancées du Front de Gauche. La faille de l’UMP c’est précisément le deuxième tour, car elle est isolée, elle fait le plein dès le premier tour… Donc Sarkozy supprime le 2° tour. Il a encore accentué le rassemblement dans cette perspective, avec le ralliement du CPNT et Du Vicomte De Villiers.

Le PS, lui, est passé de 29,89 % là où il était présent, à 25,51 % des suffrages, avec une image très détériorée dans l’opinion publique.

 

Avec la suppression de la moitié des élus départementaux et régionaux actuels, la réforme proposée par Sarkozy engage un processus qui vise à supprimer l’essentiel des communes en les regroupant et de tous les départements, à dépecer le territoire en quelques grandes régions (une quinzaine et onze métropoles).

Cette réforme, avec la suppression d’élus de proximité, éloignerait encore plus les édiles des citoyens, restreignant la démocratie locale.

On supprime certaines attributions comme « la compétence générale », ce qui ne permettra plus aux départements et régions de mener des politiques volontaristes. Aussi l’interdiction des financements croisés, et l’obligation pour les communes de financer elles-mêmes au moins 50 % d’un projet. L’Etat ne paiera plus, il se défaussera sur les collectivités locales, ce qui provoquera une nouvelle augmentation des impôts locaux, moins redistributifs, plus injustes que l’impôt proportionnel sur le revenu  qu’il diminue au profit des plus riches.

 

La suppression de la taxe professionnelle

La réforme  territoriale s’articule avec la suppression de la taxe professionnelle qui va priver les collectivités locales de leurs ressources et donc de leur autonomie budgétaire. Elles ne voteront plus que leurs dépenses étant dotées de compensations gouvernementales d’ailleurs insuffisantes.

Les entreprises seront les grandes bénéficiaires avec 11,7 milliards d’euros d’allégements en 2010 et de 6 milliards les années suivantes.

« A la TP va se substituer une "contribution économique territoriale" (CET), assise sur le foncier bâti professionnel et sur la valeur ajoutée. Ainsi, dans le cas de cette PME, seule la valeur locative de l'usine rentrerait désormais dans le calcul de la taxe, plus celle des machines. La nouvelle formule favorise les grandes entreprises dites "de réseaux" (opérateurs télécoms, groupes énergétiques ou de transport ferroviaire qui réalisent des investissements massifs), qui se verront du coup imposer une taxe forfaitaire d'environ 1,5 milliard d'euros.
Les entreprises de main d'œuvre, qui seraient en revanche pénalisées, bénéficient d'aménagements : un abattement de 1.000 euros pour celles dont le chiffre d'affaires ne dépasse pas 2 millions d'euros et une augmentation des montants versés progressive sur 5 ans, aucune société ne devant voir sa cotisation grimper de plus de 500 euros ou 10% en 2010. 

En 2011, le manque à gagner (environ 10 milliards d'euros sur la base des chiffres de 2008) sera principalement compensé par le versement aux collectivités du produit de diverses taxes et par une dotation budgétaire. »* (Les Echos -16.10.09)

 

La taxe carbone

Elle relèvera d’une même démarche de ponction des revenus du travail au bénéfice du capital. Cet impôt coutera 2 milliards aux entreprises qui bénéficieront d’un allègement de 5 milliards au titre de…la réforme de la taxe professionnelle !

La taxe générale sur les activités polluantes qui devait décourager l’incinération et l’enfouissement des déchets est réduite d’un tiers dans le budget 2010…

Les droits à polluer (*voir mon article précédent sur la taxe carbone) : sur les 3500 entreprises françaises les plus polluantes, 90 % d’entre elles sont exemptées puisque leurs quotas d’émissions carbone leurs sont attribuées gratuitement…

Par contre le citoyen pauvre paiera, car le chèque vert forfaitaire ne compensera pas les dépenses supplémentaires pour ceux qui n’ont pas les moyens d’acheter une nouvelle voiture, de réaliser des travaux d’isolation ou changer sa chaudière à fioul ou au gaz. Cela leur coûtera de 135 à 190 € par an.

Pour la bonne cause ?

Alors pourquoi annoncer la baisse des bonus automobiles mais pas la hausse des malus ?

Pourquoi la SNCF abandonne - t’elle toute une partie du fret  au profit du transport routier ?

Pourquoi ne pas instaurer une taxe carbone aux transports routiers à nos frontières et développer le transport des marchandises par le rail ?

Pourquoi l’Etat sarkozien s’est-il retiré du financement des transports collectifs ?

 

Quelles réformes ?

Il faut une véritable politique globale de planification écologique, locale, nationale et européenne, assurée, garantie par des débats et des choix citoyens véritablement démocratiques, pour promouvoir une relocation des productions, produire autrement pour consommer mieux et différemment.

 

Allain Graux

Le 16.10.09

 

 

 

 

 

 

 

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Vendredi 18 septembre 2009 5 18 /09 /2009 11:17

HORTEFEUX

Je reviens sur l’affaire Hortefeux puisque ce monsieur qui a tenu des propos à penchant raciste lors de l’université d’été de l’UMP n’a pas cru bon de s’excuser pour cette attitude indigne d’un ministre d’une République qui a proclamé les Droits universels de l’homme, il y a plus de deux cent ans.

Revenons sur le contexte : un marocain du nom d’Amine est au milieu d’un groupe de personnalités. Une participante :

      - il est catholique, il mange du cochon et il boit de la bière.

Brice Hortefeux :

il ne correspond pas du tout au prototype.

Une femme :

c’est notre petit arabe….

Ces propos se mêlent d’attouchements, de tâtonnements, effleurement du visage. Tout juste si on ne lui demande de montrer ses dents, ou de baisser son caleçon pour voir s’il est circoncis… Au-delà des propos condescendants de bons bourgeois gaulois, ce comportement est en soi déjà scandaleux et démontre ce que représentent les français dont les origines sont situées au Sud, pour les dirigeants de l’UMP.

C’est ce que nous pouvons constater en regardant la vidéo tournée, non par des amateurs, mais par des journalistes professionnels de la chaîne Public Sénat.

Et arrive le bouquet final, ces mots prononcés par Monsieur Hortefeux :

-Il en faut toujours un. Quand il y en a un, ça va. C’est quand il y en a beaucoup qu’il y a des problèmes. Allez, bon courage …

Et de jeter des regards en coin vers les caméras. Leur présence à ce rassemblement UMP est naturelle ; il ne s’agissait pas de vidéos volées comme on l’a entendu ici où là. On ne peut pas évoquer le prétexte de la diffusion sur Internet de vidéos sans contrôle prises par n’importe qui, c’étaient des propos délibérés, tenus devant des objectifs officiels. Ceci est d’autant plus grave et inquiétant qu’un ministre puisse s’octroyer impunément de tels droits.

Pensez-vous vraiment qu’il parlait des Auvergnats, comme il l’affirmé pour sa défense ? Et même s’il s’était agit des auvergnats cela n’aurait pas été plus brillant ni moins scandaleux de stigmatiser une catégorie de français. Une plaisanterie ? Allons donc ! Il avait déjà évoqué les auvergnats à propos de Fadela Amara, native de Clermont-Ferrand, en indiquant que ce n’était pas évident qu’elle soit une compatriote…

Tout cela vaut son Le Pen et ses dérapages délibérés. Mais n’ont-ils pas tous deux la même origine…politique : l’extrême-droite.

Gênée, la direction de La chaîne de télé, n’a pas voulu diffuser cette séquence. N’est-ce pas parce que les propos étaient scandaleux ? Sinon pourquoi la censurer ? Il a fallu le courage civique des journalistes pour faire connaître aux français, les limites que certains dirigeants de l’UMP accordent à la citoyenneté française.

Monsieur le ministre de l’intérieur a menti. Dans n’importe quelle démocratie, cela aurait entraîné sa démission immédiate.

En France le coup de force permanent de l’oligarchie au pouvoir prime le droit et le respect que l’on doit à tous les hommes.

 

    Allain GRAUX

Le 18 septembre 2009

 

 

 

 

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Mercredi 2 septembre 2009 3 02 /09 /2009 18:07

LE RECHAUFFEMENT CLIMATIQUE ET LE MARCHE DU CARBONE.

 

Depuis 90 ans le taux de co², dans l’atmosphère a augmenté de plus de 14%, contribuant principalement au réchauffement climatique*, avec d’autres gaz à effet de serre comme le méthane. Les activités humaines sont responsables de l’aggravation de cette situation, en particulier avec l’utilisation toujours croissante des combustibles fossiles (charbon, pétrole, gaz). La crise climatique s’inscrit dans le cadre d’une profonde crise écologique globale. Elle s’ajoute et contribue à la dégradation de l’environnement : la déforestation, l’épuisement et la pollution des sols, de l’eau (engrais chimiques et pesticides) et de l’air. La dégradation des écosystèmes a des conséquences sur la qualité de la vie humaine et à terme sur son existence.

Le GIEC* avertit les Etats : « un changement climatique non atténué conduirait vraisemblablement, à long terme, à dépasser les capacités d’adaptation des systèmes naturels, gérés et humains. »

Cette urgence planétaire a conduit les nations à tenter de relever ce défi en créant un marché du carbone, comme instrument pour réguler les émissions de gaz à effet de serre. C’était l’enjeu des fameux accords de Kyoto (1997) signés par 172 pays dont les objectifs n’ont été fixés que pour la période 2005 à 2012. Les Etats-Unis, principal pollueur, n’ont pas signé ce traité. Ce protocole a autorisé la construction d’un marché des permis et crédits d’émission du carbone comptabilisés en tonnes équivalent de 5,2% pour 38 pays industrialisés. Les objectifs européens de - 20% pour 2020 sont insuffisants, il faudrait, selon le GIEC, réduire les émissions de 40 % d’ici 2020.

Le marché du carbone.

Il s’agit bien d’un marché et vu l’importance du problème, on ne peut que s’étonner de voir le marché capitaliste et boursier employé comme outil de régulation, alors que ce même marché est responsable de la grave crise économique que nous subissons. Ainsi il est donné des droits d’émission, des droits à polluer en fait, aux Etats qui les redistribuent aux entreprises industrielles et électriques, pour fixer par incitation, la quantité de pollution à ne pas dépasser. Les Etats doivent atteindre le plafond fixé pour 2012. Les entreprises peuvent échanger (En Europe, les crédits-carbone) et revendre les crédits qu’ils n’ont pas utilisé ou en acheter pour avoir le droit de polluer plus…Si une entreprise n’a pas respecté son objectif, elle peut s’en sortir en achetant les droits vendus par des entreprises qui ont réalisé mieux que leurs objectifs.

Le marché carbone européen est évalué à 100 milliards de dollars en 2008. Le prix de la tonne carbone qui s’est effondré en 2007 illustre l’échec de la réduction des émissions par ce système. Pourtant on veut l’ouvrir aux Etats-Unis, en Australie et le mondialiser à Copenhague…

Les entreprises peuvent aussi obtenir des droits à bas coûts pour des émissions évitées, en investissant dans des pays étrangers, et les revendre sur le marché du carbone. En Europe de l’Est (ex-soviétique), aux industries archaïques et très polluantes, les industriels occidentaux ont utilisé les MOC (Mise en œuvre conjointe), pour les moderniser à bas-coût.

Dans les pays du Sud en voie de développement : les entreprises peuvent financer des projets additionnels, c’est-à-dire des projets qui n’auraient pas eu lieu en l’absence de ce mécanisme (remplacer le charbon par une énergie renouvelable, etc…). Ces MDP (Mécanisme de Développement Propre), une fois validés par l’ONU, donnent lieu à l’attribution de certificats de réduction d’émission. Ces crédits URCE * qui peuvent être négociés sur les marchés européens et mondiaux, permettent aux pays riches d’acheter des droits à polluer à bon marché et éviter les coûts de passage à une production sobre en carbone. Deux tiers des MDP ne fournissent aucune réduction des droits d’émission. Par contre certains projets ont des conséquences dramatiques pour les populations autochtones :

-          4 barrages sur des territoires indigènes au Panama ;

-          A Okhla en Inde, la construction d’un incinérateur dans une zone habitée ;

-          En Indonésie, l’expulsion de paysans pour produire de l’huile de palme, agro-carburant contestable qui diminue les surfaces cultivées vivrières  qui assuraient l’alimentation  autonome des populations.

-          Un autre effet pervers des MDP qui incite les responsables politiques à maintenir au niveau le plus bas possible les normes nationales en matière de réglementation environnementales, de manière à favoriser la qualification MDP.

-          La répartition est inéquitable : les projets concernent prioritairement l’Asie (66%), l’Amérique Latine (30%) au détriment de l’Afrique (3%).

Grâce à ce mécanisme, l’industrie occidentale a pu acheter des droits à bas prix et éviter les coûts de passage à une production pauvre en carbone.

Dans le cadre d’une régulation par le marché, c’est le consommateur final qui paie parce que tout coût supplémentaire est répercuté sur les prix. L’efficacité est nulle : soit que les droits sont distribués gratuitement par les Etats (Dans le cadre de la concurrence mondiale, libre et non faussée…) ; s’ils sont payants, soit une écotaxe, ils sont répercutés sur les prix. Dans l’Union européenne, selon Greenpeace, 90 % des entreprises ont été exemptées de droits payants…

Et puis, pour la finance internationale tout est bon pour spéculer, y compris le marché du carbone, le premier fonds spéculatif (Hedge Fund) a été lancé en janvier 2009 à Londres, avec pour opérateur la firme CF Partners, et la banque Fortis pour l’administrer (domiciliée au Luxembourg…). Le marché européen à chuté à nouveau pour atteindre 8€ la tonne en avril 2009…et comporte nombre de bad carbon et  junk carbon (carbone pourri)…

 

La Contribution Climat-énergie ou taxe carbone.

D’ici à 2050, la France s’est engagée à diviser par quatre ses émissions de gaz à effet de serre.

Outre les droits d’émission, le gouvernement veut instaurer une taxe pour infléchir le comportement des acteurs économiques : ménages, entreprises, acteurs publics. Cela permettrait de prendre en compte dans les prix ce qu’on appelle les externalités, c’est-à-dire la quantité de carbone émise par les biens et les services commercialisés au long de leur cycle de vie, depuis leur production jusqu’à leur élimination.

Le marché carbone ne couvre que 38% du total des émissions. De plus les activités de services, non couvertes par le marché : transports, logements, continuent d’augmenter fortement.

Avec une taxe le gouvernement fixe un prix pour le Co². La commission Rocard l’a évaluée à 32 € la tonne ; elle devrait atteindre 100 € en 2030…

Le principe d’une taxe écologique peut-être une bonne solution pour inciter les acteurs à des économies d’énergie, à la sobriété, pour dégager des ressources nouvelles pour financer des politiques publiques de reconversion des industries les plus polluantes, de soutien à l’agriculture paysanne, de développement des transports publics, et de mise aux normes des logements sociaux, la participation au fonds mondial de lutte contre le changement climatique dans le cadre de l’ONU.

Mais hélas, ce n’est pas le chemin emprunté par le gouvernement Sarkozy. En seraient exonérés :

-          les secteurs d’activité aujourd’hui soumis au système des quotas, dont on a analysé que le système de marchandisation n’apportait pas l’amélioration souhaitable pour réduire les émissions de gaz à effet de serre. Arcelor- Mittal dispose de 8 millions de quotas d’émission pour continuer à polluer tranquille…

Par ailleurs :

-          Rien n’est envisagé pour réduire le transport routier des marchandises comme de mettre les camions sur les trains ;

-          Rien pour les usages agricoles ;

-          Rien ou de manière insuffisante pour le chauffage domestique (aides pour changer les modes de chauffage des maisons individuelles et des immeubles collectifs anciens). Rien ou peu, pour imposer des normes obligatoires sur les constructions neuves de mise en œuvre de matériaux isolants et de modes énergétiques renouvelables (solaire, géothermie).

-          Rien pour la recherche publique de nouvelles technologies non polluantes.

La taxe envisagée rapporterait 8 milliards d’euros à l’Etat (0,4% du PIB). Elle signifierait une hausse du carburant et du fioul qui s’ajouterait à la TIPP, soit un coût moyen de 300 € par ménage. Mais ce sont les

35 % de familles les plus pauvres qui dépensent en proportion le plus d’énergie (transport travail, école, chauffage…).

Le gouvernement veut se servir de cet impôt pour renflouer les caisses de l’Etat au détriment des ménages et des collectivités locales. Il promet un chèque vert pour compenser la perte, mais il veut aussi supprimer la taxe professionnelle, ce qui privera de ressources les communes qui …augmenteront encore les impôts locaux !

Le système prévu par Sarkozy-Fillon est une arnaque verte soutenue par Cohn-Bendit et certains roses.

Lors du « Grenelle de l’environnement », il était question d’abaisser les cotisations sociales sur le travail. C’est ce qu’ont choisi de faire les Allemands. Cela permettrait de décourager l’usage d’énergies fossiles importées et de diminuer le coût du travail local. Donc de relocaliser la production, au lieu d’importer des produits et marchandises depuis l’autre bout du monde.

 

Pour un  financement public.

« La réduction des émissions à la source suppose des réglementations et des normes contraignantes, décidées démocratiquement et sur la base d’une coopération internationale, sou l’autorité de la Convention des Nations Unies sur les changements climatiques (CCNUCC), sur la base  des contributions historiques et actuelles au réchauffement et en fonction de la capacité à payer*. »

Le Fonds mondial pour le climat devra renforcer le droit des peuples à la souveraineté alimentaire et énergétique. Il doit prendre la forme de subventions et non de prêts, par des sources de financement indépendantes du marché et la levée des brevets sur les technologies appropriées.

De nombreux experts préconisent l’instauration d’une taxe mondiale globale comme seule solution réaliste et efficace, régulant le marché et permettant les transferts de richesses nécessaires au financement de la lutte et à la transition vers une nouvelle économie écologiquement viable.

 

Quel système économique et politique pour répondre à la crise mondiale dont la crise écologique est un des éléments ?

Il s’agit de transformer nos systèmes de production et de consommation par une planification écologique de l’économie. Il est nécessaire aussi de mettre un frein à la libre circulation des capitaux et des marchandises qui provoque le pillage des pays en voie de développement en les obligeant à produire pour l’exportation au détriment de leurs nécessités vivrières, ce qui induit des transports polluants et des délocalisations.

C’est une répartition équitable des richesses qui permettra d’exiger des comportements plus écologiques.

Dans la crise actuelle, on a beau accuser la spéculation, les paradis fiscaux, (sans prendre les véritables moyens pour les juguler), la dépression, « la menace d’effondrement  qui pèse sur l’économie capitaliste mondiale, n’est pas due au manque de contrôle, elle est due à l’incapacité du capitalisme de se reproduire. Il ne se perpétue et ne fonctionne que sur des bases fictives de plus en plus précaires…la restructuration écologique ne peut qu’aggraver la crise du système. Il est impossible d’éviter une catastrophe climatique sans rompre radicalement avec les méthodes et la logique économique qui y mènent depuis cent cinquante ans.

…La décroissance (au sens d’une économie économiquement écologique -NDLA) est donc un impératif de survie. Mais elle suppose une autre économie, un autre style de vie, une autre civilisation, d’autres rapports sociaux. En leur absence, l’effondrement ne pourrait être évité qu’à force de restrictions, rationnements, allocations autoritaires de ressources caractéristiques d’une économie de guerre. La sortie du capitalisme aura donc lieu d’une façon ou d’une autre, civilisée ou barbare. »*

Tout est dit, le plus tôt sera le mieux pour sortir de ce système qui en s’autodétruisant, entraîne l’humanité à sa propre disparition.

 

La conférence de Copenhague

La 15° Conférence des parties (CDP) se réunira au Danemark en décembre 2009 pour négocier la suite du protocole de Kyoto. Elle portera sur la détermination des objectifs nationaux de réduction des émissions, les outils à mettre ne place, les compensations entre pays.

 Ce sera un moment décisif pour l’avenir de l’humanité.  Des réunions de l’OMC, des G20, G8, tendront à délégitimer et marginaliser le rôle de l’ONU pour marchandiser les droits d’émission sous l’égide de la Banque mondiale, sans permettre d’engager une véritable dynamique positive de réduction des émissions de gaz à effet de serre.

A moins que la mobilisation des citoyens ne pousse les différents Etats à la révision à la hausse de leurs engagements, soit :

- réduction de 40 % entre 1990 et 2020 et 90 % d’ici 2050, sur chaque territoire.

Cela implique 

-          l’abandon des mécanismes MOC et MDP.

-          La reconnaissance de la dette écologique des pays du Nord.

-          Un système de financement public pour la lutte contre le changement climati.que

 

Allain GRAUX

Le 2.09.2009

 

* L’élévation du niveau de la mer a été de 1,8mm par an de 1961 à 2003, elle serait de 20 à 60 cm au cours du XXI° siècle. Elle pourrait atteindre 1,90 m avec la fonte des calottes glaciaires ; avec tous les problèmes que cela entraîne : inondations, famines, migrations de populations, guerres).

* GIEC : Groupe d’experts Intergouvernemental sur l’évolution du Climat.

* URCE : Unité Certifié des Droits d’Emission

* Attac et les Amis de la terre

* Ecologica – André Gorz

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Lundi 10 août 2009 1 10 /08 /2009 11:44

Après avoir touché 5,1 milliards d’euros d’aide de l’Etat, la BNP qui a réalisé 3 milliards de profits en un semestre s’apprête à en verser un de bonus pour ses 17 000 salariés, soit 58 000 euros pour chacun. Chouette ! Evidemment c’est un peu de notre argent qu’ils vont se partager, puisque la situation s’est très nettement améliorée grâce à nos impôts. Ah mais non ! Le bonus c’est pour les traders…

Les dirigeants de la BNP affirment qu’ils respectent rigoureusement les accords du G20 de Londres d’avril dernier, à la différence de ces « salauds d’américains » qui eux…font la même chose avec l’argent qu’Obama leur a généreusement offert. Et puis aussi Barclays en G.B. (3,48 milliards d’euros de bénéf en six mois !) alors que la récession et le chômage frappent des millions de britanniques. Le Royaume-Uni, n’était-ce pas ce système économique que l’on nous présentait comme un modèle dont les socialistes français devraient bien s’inspirer pour faire moderne ? ( ou MODEM !)

Et Sarko, il avait bien dit qu’après le G20 tout allait changer. On avait sûrement mal compris. Enfin pas nous, pas moi en tous cas, j’avais dit et répété à l’envie pendant la campagne des européennes que ce G20 avait accouché d’une souris. En fait il s’agissait d’un gros rat. La récente réunion du G20  n’amorçait en rien une « reconstruction du monde ». Et ce n’est peut être pas un hasard si elle a été suivie dans la foulée par celle de l’OTAN, le bras armé de l’impérialisme contemporain, et par le renforcement de son engagement militaire en Afghanistan. La guerre permanente du « Nord » contre le « Sud » doit continuer.( Samir Amin)

Vous savez ce que cela signifie ces milliards d’euros : des milliers d’années de SMIC français…

Et pendant ce temps-là, dans notre belle France « moins touchée par la crise » grâce à la bienveillante politique de notre chef suprême, on perd tout de même deux mille emplois par jour. Ce sont toujours ces américains qui chez Molex veulent fermer l’usine, liquidant les 283 salariés de l’entreprise. On apprend sur France-Inter, par le ministre Estrosi que, grâce à lui, tout va s’arranger : il va trouver des repreneurs. Du coup prétextant des incidents entre un cadre étatsunien et des salariés excédés, la direction retourne chez l’oncle Sam et déclare que de repreneurs il n’y a point. En fait ils profitent de la crise pour fermer un site concurrent.

Cette histoire se répète tous les jours, Alcatel–Lucent (1000 emplois supprimés), chez Continental, chez Vigimark où les salariés en colère sont réprimés à coups de bâtons et de lacrymos, chez Sanofi-Aventis (pourtant avec la grippe H1N1, la pharmacie ça marche, non !), et même sur le caillou calédonien, ce n’est pas nickel. Là, on colle carrément le leader syndical en prison pour un an. Ca fera toujours un indépendantiste canaque de moins sur le terrain.

Et puis, ça y est, on va pouvoir travailler le dimanche, payé double, çà mettra du beurre dans les épinards. Pas si vite ! Ca dépend où, là c’est payé double et là non ! Ah bon ! Mais la république française, l’égalité la liberté etc… ? Parlons-en d’égalité ! Le rapport Cotis, du directeur de l’Insee confirme que la plupart des salariés français ont bien un pouvoir d’achat en berne. Les inégalités on explosé ces dernières années du fait d’une hausse spectaculaire des très hauts salaires. Le 1% des salariés les mieux payés ont accaparé un point supplémentaire de toute la masse salariale pour eux tout seul. Le financement de la protection sociale a basculé des cotisations patronales versées par l’employeur en plus du salaire brut, vers les cotisations salariales, aboutissant à un écart croissant entre salaires bruts et salaires nets. Et à l’augmentation des profits fabuleux que se partagent les hauts dirigeants et les actionnaires…Les cotisations patronales ont baissé depuis 25 ans. Le rapport stigmatise l’impact du développement des emplois proches du SMIC, lié aux allégements massifs des cotisations patronales, entrainant des formes précaires d’emplois : temps partiel, intérim, CDD. Ces emplois qui en temps de crise sont les premiers à être supprimés. Le revenu salarial moyen des français stagne depuis plusieurs années ; la moitié des salariés touchent moins de 1 350 € mensuels. Par contre les revenus des plus riches ont gagné en plus l’équivalent d’un semestre de revenus d’un smicard entre 1997 et 2005, soit + 16 %  pour les plus de 40 370 euros. Et ce ne sont que des moyennes. L’Insee ne dit pas grand chose des écarts pour les 1 % les plus riches, ceux qui touchent le pactole…

Mais qui avait donc dit qu’il serait le président du pouvoir d’achat ?

Les bénéfices des bénéficiaires se portent bien, merci pour eux. Sanofi qui licencie a augmenté son chiffre d’affaires de 14,5 %, EDF est en hausse de 8,2 %, mais on augmente ses tarifs ce mois-ci, pour mieux préparer la privatisation totale sans doute. Comme celle de la Poste qui liquide ses bureaux de campagne et de proximité, ses centres de tri, ses postiers.

On veut même faire payer les paysans producteurs de fruits.

Et puis, on va aussi payer la taxe carbone pour compenser la suppression de la taxe professionnelle des entreprises : + 300 € en moyenne par ménage. Les plus pénalisés seront les banlieusards, les campagnards, les prisonniers de leur mode de chauffage au fioul (ceux qui n’on pas les moyens d’en changer ou d’isoler), et aussi les communes qui percevaient la taxe professionnelle et devront augmenter les impôts locaux. Les gagnants seront les entreprises, pas forcément le climat. Les exonérations sociales des entreprises ont atteint 260,6 milliards entre 91 et 2008. Et les exportations de capitaux s’emballent : 160 milliards d’euros au titre des investissements à l’étranger en 2008, générant des délocalisations et donc des transports accrus et des pollutions au Sud hors normes environnementales du Nord…ne  vaudrait-il pas mieux inciter les entreprises à investir en France dans un nouveau mode de développement non polluant.

Et le Sud, non seulement il crève de faim, mais on va aussi l’asphyxier par cette politique. Alors les immigrés affrontent tous les dangers pour venir en occident, à la recherche de moyens pour nourrir leurs familles, éduquer leurs enfants, se soigner. Ces enfants d’immigrés, en France, on les emprisonne cet été. Bonnes vacances pour la petite Veta, cinq ans, qui attend en centre de rétention, avec sa mère, d’être expulsée vers le Philippines. Les parents travaillaient en France depuis cinq ans et avaient demandé une demande de régularisation. Les parents on été séparés. Ainsi pour remplir leur quota d’expulsions, les préfets peuvent puiser dans les listes de demandeurs d’asiles ou de papiers de ces gens qui bâtissent vos immeubles, les autoroutes, ramassent les poubelles, font la plonge dans les restaurants pour des salaires de misère, sans droits sociaux puisqu’ils n’ont pas de papiers. Ils pèsent ainsi sur le marché du travail. Alors on fait semblant de s’émouvoir et on expulse. Ca fait des voix en moins pour le FN et des voix en plus pour l’UMP. Alors les sans, se cachent encore plus, « clandestinent »davantage. Il faut savoir que les revenus que les émigrés envoient dans leur pays sont plus importants que l’aide fournie par les Etats. Diminuer la présence des étrangers, c’est diminuer cet apport et augmenter l’immigration clandestine. Si on régularisait les travailleurs, donnait des visas, ils pourraient rentrer au pays et revenir. Clandestins, ils restent en France !!!

 

Cette société libérale, capitaliste, marche sur la tête non ! Au lieu de marcher avec sa tête. En fait le système ne fonctionne plus, il entraîne la misère, les inégalités en France, en  Europe, dans le monde entier. La compétition pour le profit maximum est la seule logique de ce système, qui devient dès lors agressif pour les individus comme pour les Etats, augmentant les risques de confrontation. Ce système, pas même retapé, avant même la fin de la crise (qui n’est qu’au début de ses effets), reproduit déjà ce qui a provoqué cette énième crise. Ce système s’autodétruit mais il détruit la planète entière avec lui. Il porte en germe la fin du genre humain.

Il est vraiment temps d’en changer. La crise actuelle n’est donc ni une crise financière, mais la crise du capitalisme impérialiste, dont le pouvoir exclusif et suprême risque d’être remis en question, cette fois encore, à la fois par les luttes de l'ensemble des classes populaires et par celles des peuples et nations dominées.

Mais ces luttes parviendront-elles à converger pour ouvrir la voie - ou - des voies alternatives ? Où demeureront-elles séparées les unes des autres et seront de ce fait inefficaces, laissant l’initiative au capital ? Les pouvoirs en place n’envisagent rien d’autre que la restauration du système tel qu’il était avant son effondrement financier. La question n’est-elle pas : Sortir de la crise du capitalisme ou sortir du capitalisme en crise?

Il n’y aura de sortie du capitalisme que lorsque, que dans la mesure où les deux dimensions du même défi s’articuleront l’une avec l’autre : le social et l’écologique. Il n’est pas « certain » que cela arrive, auquel cas le capitalisme sera « dépassé » par la destruction de la civilisation (au-delà du malaise dans la civilisation pour employer les termes de Freud), et peut être de la vie sur la planète.

Une gauche authentique doit avoir l'audace de l’envisager et d’en prendre les moyens, par la nationalisation et la socialisation, par l'approfondissement de la pratique démocratique. La crise en cours permet de concevoir la cristallisation possible d'un front des forces sociales et politiques rassemblant toutes les victimes du pouvoir exclusif des oligarchies qui représentent les multinationales et la finance internationale.

 

Ne peut-on pas envisager de produire mieux, autrement, ce qui est utile au bien de tous, en partageant nos ressources équitablement, nos biens communs, en travaillant en coopération, développant la culture, l’instruction, la protection sociale ?

C’est ce que nous proposons au Parti de Gauche.

 

Allain Graux

7 Aôut 2009

 

PS- Samir Amin (économiste) me pardonnera quelques emprunts à ces idées :

Sortir de la crise du capitalisme ou sortir du capitalisme en crise (ed Le Temps des Cerises, Paris 2009).

 

 

 

 

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Mercredi 17 juin 2009 3 17 /06 /2009 12:13

ANALYSE DES RESULTATS DES ELECTIONS EUROPEENNES DU 7 JUIN 2009

 

EN FRANCE

Avec 59,35 % d’abstentions (57,21 % en 2004), c’est le résultat le plus impressionnant de ce scrutin qui ne semble pas avoir passionné une majorité d’électeurs alors que le pays est plongé dans une grave crise économique et sociale. Dès lors, il convient d’examiner qui s’est abstenu pour comprendre :

69 % d’ouvriers et 66 % d’employés, soit un dédain largement partagé par les classes populaires qui ne se sentent pas concernées ou motivées par un scrutin qui leur apparaît peu décisif pour apporter des solutions à leurs problèmes quotidiens d’emplois et de pouvoir d’achat

Le taux d’abstentions est encore plus élevé chez les artisans, commerçants, et chefs d’entreprises, la petite bourgeoisie : 77 %.

Les jeunes ont également boudé cette élection à 70 % (18-24 ans), 72 % pour les 25-34 ans). Pour les plus anciens (65 ans et +), le taux n’est que de 42 %.

Les partis qui en ont le plus pâti sont : l’extrême-gauche (68 %), le modem (66%) et le FN

( 65 %).

73 % des électeurs de Besancenot à la présidentielle se sont abstenus…Ce qui indique un électorat très peu constant pour la LCR-NPA. Alors que l’électorat du PCF est le plus mobilisé, rejoint par celui des Verts et de l’UMP.

Les choix des électeurs :

le mécontentement à l’égard des partis : 31 % ;

22 % estiment qu’il n’y a pas de différences entre les partis ;

59 % ont choisi en fonction des enjeux européens et 31 % en fonction des problèmes nationaux. Ce sont les électeurs du FN et du NPA qui se sont le plus déterminés pour des motivations nationales, à 70 et 65 %.

Contre la politique de Sarkozy : 45 % des électeurs.

- les champions sont ceux du Front de Gauche à 84 %, du NPA (79 %) et du PS (71 %). Soit la gauche, ce qui n’a rien d’étonnant.

 

L’abstention a dominé les résultats du scrutin dans l’ensemble des pays européens (57 %), particulièrement dans les pays de l’ex-bloc de l’Est, chez les nouveaux entrants, Bulgarie et Roumanie.

 

Les résultats des partis politiques en  France

 

L’UMP qui regroupe quasiment toute la droite, est en tête avec 27,9 % et 29 sièges. En 2004, elle ne rassemblait que 16,64 % des suffrages avec17 sièges.

Le parti présidentiel n’a pas fait campagne, évitant ainsi toute débat sur les problèmes qui fâchent. Il a rassemblé son camp, à la différence d’une gauche éparpillée. En poussant les électeurs du PS dans les bras de Cohn-Bendit et José Bové, Sarkozy a réussit une excellente opération. Ses discours empruntent aux socialistes, aux altermondialistes, aux écologistes, mais pour l’application des mesures évoquées, il y a loin de la coupe aux lèvres. Nul doute que le Président va utiliser la crise et se croire autoriser à accentuer ses réformes de remise en cause du modèle républicain et social français.

 

Le PS ne rassemble que 16, 50 % des suffrages exprimés et n’obtient que 14 sièges au lieu de

28,89 % et 31 sièges en 2004. Il a perdu des voix dont bénéficie principalement Europe-écologie ; le transfert est évident, mais il en perd également en direction du Modem et du Parti de Gauche (Front de Gauche), et au profit du camp de l’abstention.

Effondrement  spectaculaire de plus de 40 % dans 12 villes dont : Rennes - 47,73 %,  Montpellier - 45,28 %,  Paris - 45,33 %, Nantes - 48,85 %, Grenoble - 47,50 %, Toulouse - 47,77 %.

37 % des personnes interrogées estiment que le PS n’est pas assez à gauche ;

La cacophonie à sa tête, avec la trahison de certains dirigeants ralliés à Sarkozy, le brouillage idéologique au parlement européen où ses députés votent majoritairement avec la droite alors qu’il tient un langage gauchi en France, a écarté une grande majorité d’électeurs sensibilisés par la mode écologique.

Pour les électeurs de gauche, en particulier les classes populaires, l’Europe n’apparaît pas comme le lieu qui offre une solution a à leurs problèmes d’emplois, de salaire, de protection sociale, mais c’est plutôt le problème.

 

Les Verts d’Europe écologie font jeu égal avec le PS, avec 16, 30 % et  14 sièges. C’est la grande surprise de ce scrutin. Ils ont bénéficié d’un courant porteur en raison de la crise écologique et attiré l’électorat urbain du PS, les couches sociales moyennes, une partie de l’électorat centriste du modem. Si le scrutin semble montrer un déplacement de l’électorat vers l’écologie et le centre, le vote vert est loin d’être stabilisé, à la différence de l’électorat de gauche. Ce succès ne garantit pas leur implantation politique et leurs divergences coutumières pourraient prochainement réapparaître lors des élections locales et nationales, au moment des alliances…

 

Le Modem est le grand perdant avec le PS, il recule de 11,96 % en 2004 à 8,50 % et 6 sièges.

Le dérapage de François Bayrou à la télévision aura coûté cher à son mouvement. Mais cela démontre l’instabilité caractéristique de son électorat oscillant de gauche à droite. Comme cela s’était produit aux élections législatives qui ont suivi la présidentielle, la baudruche s’est dégonflée, mais avec 8,5 % des voix, c’est encore un niveau trop élevé d’électeurs trompés par un discours qui ne correspond pas à la réalité d’une orientation politique nettement libérale et de droite

 

Le Front de GAUCHE améliore le score de 5,24 % du seul PCF en 2004, avec 6,5 % et 5 sièges (dont 1 député d’outre-mer du parti communiste réunionnais).

En 2004, le PCF n’atteignait pas les 5 % dans 55 départements ; en 2009 le FdG n’est minoritaire du seuil des 5 % que dans 28 départements (dont seulement pour 2 et 10 voix dans deux). Si la fuite est stoppée par la stratégie unitaire du Front de Gauche, les bastions du PCF continuent leur lent déclin en voix (l’Allier, le Cher, le 93, le Nord, le Pas de Calais). Sans doute une résultante de la démographie pour un parti qui n’arrive plus à renouveler son potentiel militant dans la jeunesse. Jacky Hénin a été élu grâce à la progression du Front en Normandie, alors qu’il a perdu des voix dans son fief du Pas-de-Calais… Le FdG progresse notablement dans les secteurs où le PCF  apparaît le plus ouvert, comme à Vierzon. Le PG et autres partenaires du Front apportent ce renouvellement dans les lieux d’implantation du Parti de Gauche : dans l’Essonne, à Paris, le Sud-Ouest, le Centre grâce à ADS.

Evolution du vote PCF/FdG entre 2004 et 2009 (% de progression du nombre de voix) La   progression en voix touche 85 départements sur 96.

Sud-ouest :       + 31,38 % -  8,15 % : 1 siège – Jean Luc Mélenchon (PG)

Est :                  + 30,41 % -  3,72 % : une forte progression en voix pour un résultat qui paraît médiocre (2,91% à 3,72 %) - la Bourgogne dépasse les 5,20% grâce à la Nièvre.

Sud-Est :           + 23,80 % -  5,9 % (9,44 % en Corse) :

                                                           1 siège  - Marie Christine Vergiat (associative)

Centre :             + 23,57 % -  8,07 % : (allier 12 %, Limousin : +10%). Paradoxalement un très bon   résultat et  pas de siège à cause d’un mode de scrutin dit régional, très injuste.

Ouest :              +    9,82 % -  4,58 % pour 4,10 % en 2004, le Fdg est distancé par le NPA (5,13%)

Ile de France :   +    6,96 % -  6,32 % : 1 élu : Patrick Le Hyaric

Nord -Ouest:     -     3,03 % -  6,88 % (6,8% en 2004) : 1 siège – K Jacky Hénin.

Outre-mer :                          - 21,10 %                 1 siège – Elie Hoareau

Il est aussi intéressant de noter que si le décrochage du vote est d’un rapport de 1 à 4 dans les quartiers populaires et de 1 à 2 dans les quartiers dits bourgeois, dans le Sud-Ouest, là où le FdG obtient ses meilleurs résultats, la participation a progressé de 6 %...

 

Le Front National passe de 9,81 % en 2004 à 6,30 % et n’obtient que 3 sièges au lieu de 7.

Il réalise encore des résultats dans la France rurale, dans l’Est et le Nord-Ouest. Il est en recul et a perdu des voix, mais il reste un vrai danger dans cette période troublée par la crise. Si on totalise les voix de Libertas avec celle de l’extrême-droite, on arrive à un total de 11,93%, voisin de celui de la gauche de gauche.

 

Le NPA, a lui seul n’obtient que 4,90 %, soit plus que les 3,3 % de la coalition LCR-LO de 2004, mais moins que le Front de Gauche. Il recueille vraisemblablement une partie des voix de LO qui ne rassemble que 1,2 % des voix, soit la moitié des voix obtenues habituellement par Arlette Laguiller.

 

Libertas qui regroupe les « villiéristes » du MPF et les chasseurs du CPNT font un piètre résultat avec 4,80 % et 1 siège. En matière électorale, les votent ne s’additionnent pas mathématiquement. En 2004, le MPF avait totalisé 6,67 % des voix et le CPNT 1,73%, soit 8,40 %.

 

 

Voix de la majorité de DROITE :        34, 61%             

UMP :                   27,87 % + Libertas 4,80 %

Voix de l’opposition de droite :            15,58 %

MODEM :             8,45 %

FN et ext-droite :   7,13 %

TOTAL :                                                  50, 19 %

  

Voix de GAUCHE :                                39,27 %

-PS :                                  16,48 %

-Verts :                              16,28 %          32 ,76 %

Gauche de GAUCHE

- Front de Gauche :            6,5 %

- NPA                                  4,88 %

                                                                  11,38 %

- LO                                     1,20 %          12,58 %

 

TOTAL GAUCHE                                  45,34 %

Toutes les listes perdent des voix sur le premier tour de 2007 :

6 millions pour l’UMP et le PS ;

5 millions pour le Modem ;

3 millions pour le FN ;

650 000 pour le NPA ;

400 000 pour De Villiers ;

300 000 pour LO

------------------------------------

Seules deux listes progressent :

- 1 700 000 pour les Verts et 407 604 pour le Front de Gauche, par rapport aux élections présidentielles.

- Le Front de gauche progresse de 141 308 sur le score du PCF aux élections européennes de 2004

 

 

Ce décompte fait apparaître que : si l’UMP est loin d’être majoritaire en France, l’opposition de gauche est dans une fourchette assez traditionnelle de sa représentativité, autour de 45 % à 47 %, près du résultat de Ségolène Royal à l’élection présidentielle de 2007.

L’opposition globale est cependant nettement majoritaire. Ce qui ne sera pas sans conséquence lors du prochain scrutin régional à deux tours où l’UMP ne disposera pas de réserves…

Il y a un grand écart entre la représentation politique et la rage sociale que provoque la crise économique dans les entreprises…

 

LE FRONT de GAUCHE a réussi son pari en passant devant le NPA, alors que ce dernier était donné largement en tête au début d’une campagne médiatique qui le favorisait alors qu’elle ignorait systématiquement le rassemblement unitaire du PCF, du Parti de Gauche, de la Gauche Unitaire dissidente du NPA et d’autres formations et associations de l’écologie, personnalités de l’altermondialisme, du mouvement républicain, de syndicalistes. Le résultat peut paraître décevant en regard des efforts déployés, du programme liant le social à l’écologie, pour une alternative non productiviste de l’économie, pour la satisfaction des besoins sociaux, en coopération avec les peuples, qui n’a pas pu être suffisamment expliqué. Ce n’est pas le FDG qui a fait la percée espérée, mais c’est cependant une bonne base pour le rassemblement de la gauche de gauche et pour offrir une réponse crédible aux défis économiques, sociaux et environnementaux à la fois. Sa tâche principale sera de convaincre les classes populaires et la jeunesse que cette alliance correspond à un véritable renouvellement à gauche. La direction du PCF devra tirer tous les enseignements de ce demi-succès, pour aller plus loin, en finir avec les « valises de plomb » d’un passé qui pèse encore et d’un avenir qui n’apparaît pas clairement dans les esprits. L’extraordinaire potentiel militant des communistes ne suffira pas à conserver une forte identité qu’ils doivent aujourd’hui dépasser pour continuer d’exister. Beaucoup sentent que le Front est l’outil de ce renouveau, « avec » d’autres, et non « autour » d’eux-mêmes.

L’abstention populaire a frappé les bastions communistes traditionnels mais de nouveaux électeurs sont venus compenser ce fait. Il s’agit donc de la création d’un électorat Front de Gauche et non d’une simple addition d’électorats préexistants. Si la carte électorale recoupe en partie celle du PCF, elle n’est pas identique. Des progressions importantes ont été obtenues, dans le Sud-Ouest, 30,41 % dans l’Est. Seul le Nord-Ouest est en recul, là où l’unité a été plus difficile à se réaliser…En Ile de France, le 93 enregistre une perte de 1999 voix  alors que dans l’Essonne, le fief du Parti de Gauche, la progression est de 4108 voix, à Paris : + 2873 voix.

Cela démontre que grâce à la stratégie unitaire l’alliance permet de gagner de nouveaux électeurs et d’inverser les rapports de force politiques.

Enfin si le Front de Gauche avait réussi à réunir l’ensemble de la Gauche de Gauche jusqu’au NPA, il aurait changé le paysage politique avec plus de 12 %  et il aurait obtenu 12 députés au lieu de 5…(qui sait ce que la dynamique unitaire aurait pu faire ?)

Ceux qui ont refusé cette stratégie portent une lourde responsabilité…

 

Plus généralement, avec cette abstention massive, En France et en Europe, des décisions seront prises par un parlement européen qui ne représentera que 25 % de la population. Les trois-quarts des Européens n’auront pas de représentants au parlement pour appliquer des traités qui ont été rejetés par la majorité de ceux qui ont pu s’exprimer.

La dérive libérale de la social-démocratie a provoqué son effondrement presque partout en Europe et favorisé la montée de l’extrême-droite parce qu’elle n’offre pas d’alternatives claires au néolibéralisme. Ce qui est particulièrement inquiétant. Le « Manifesto » du PSE n’apportait aucune réponse crédible aux inquiétudes des salariés et il s’inscrivait dans la stratégie de Lisbonne et de son corollaire, le traité du même nom, en alliance avec la droite. Il ne remettait pas en cause les directives européennes qui ont imposé la concurrence libre et non faussée et conduit à la destruction des Services publics : et pour cause, elles ont été votées par le PSE…

Les Verts ont profité de cet écroulement dans un contexte d’inquiétude des peuples, face aux défis écologiques qui sont posés à la planète pour l’avenir de l’espèce humaine. Pourtant, ils votent aussi  largement avec le PPE au parlement européen…Leur succès pourrait bien se terminer en eau de boudin ! Les Verts risquent de se trouver dans la même contradiction que les socialistes dans la mesure où ils votent les mêmes textes avec la droite. Quelle sera leur politique au parlement ? Leurs 48 députés voteront-ils avec les 33 de la GUE, la Gauche unie européenne ? S’ils veulent  appliquer leur programme, ils devront passer des compromis avec la majorité de droite, comme lorsqu’ils ont appuyé les directives sur la concurrence dans le domaine de l’énergie et des transports (favorisant les transports routiers polluants des Polonais…).

Ils ont en commun avec le FDG, le souhait de gouverner autrement, mais en ont-ils la volonté ?

Leur percée aura au moins eu le mérite de porter la dimension écologique de la résolution des problèmes sur le devant de la scène. Ils ont provoqué cette prise de conscience. Ils doivent comprendre que l’environnement ne peut pas être dissocié de la question sociale et donc que le système capitaliste dont le but est l’accumulation et le profit dans le cadre d’une compétition globalisée, n’est pas le bon outil pour y répondre. La planification écologique et sociale n’est pas compatible avec le libéral Cohn-Bendit…

 

REVONS d’un modèle de dépassement du capitalisme, d’un développement ou l’Indice du Progrès Humain remplacera le PIB …

 Allain Graux

Le 17 juin 2009

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Mardi 26 mai 2009 2 26 /05 /2009 12:31

 

LES ELECTIONS EUROPEENNES DU 7 JUIN 2009

 

Les prochaines élections européennes, le 7 juin, vont se dérouler dans un contexte de crise : économique, financière, sociale, écologique.

C’est une crise à l’échelle du système qui l’a engendrée, une crise globale du capitalisme capitaliste. Ce n’est pas la première, mais cette fois elle atteint des dimensions qui remettent en cause le système lui-même, un système qui s’est construit sur la marchandisation de toutes les activités humaines dont on mesure aujourd’hui les tragiques dégâts sociaux et environnementaux.

Les fermetures d’entreprises et les plans de licenciement se multiplient, le chômage explose à un rythme qui conduira un million de travailleurs au pôle emploi d’ici à la fin de l’année.

Que fait le gouvernement Fillion- Sarkozy, que font les dirigeants de l’Europe, face à cette situation dramatique ?

Ils ont offert des milliards d’Euros aux banques et aux spéculateurs et n’ont donné que des miettes pour soutenir l’activité industrielle, aider les travailleurs privés d’emplois.

Nicolas Sarkozy s’obstine à poursuivre les politiques libérales qui ont conduit à ce désastre :

Il s’est présenté comme le président du pouvoir d’achat, il a fait le contraire.

Il disait vouloir aller chercher la croissance avec les dents : nous sommes en récession.

Il a liquidé les 35 heures,

Il a supprimé des postes dans les services publics, il a réduit la protection sociale.

Il voulait étendre les prêts hypothécaires et les produits financiers, c’est justement cette politique là - celle des fameux « subprime et des hedge fund » qui a déclenché la crise. Quelle vision économique éclairée du chef de l’Etat !

Ses réformes, à l’éducation nationale comme à l’hôpital sont contestées par le monde de la recherche comme par les grands médecins qui savent combien ces services publics sont essentiels, combien il manque de personnel alors qu’il veut supprimer un fonctionnaire sur deux. Comment assurer une politique de qualité de l’enseignement et de santé dans ces conditions ? Contrairement aux déclarations faites par les ministres, notre enseignement public est excellent et nos services de santé sont enviés par Obama qui veut s’en inspirer. Alors pourquoi cette politique ? Pourquoi ces mensonges sur l’efficacité de nos services publics?

 

Par ailleurs, on veut nous faire croire qu’il n’y a pas d’argent. Alors pourquoi le donner aux plus riches ?  En 2008 les 756 contribuables les plus favorisés se sont vus restituer 381 000 € par personne grâce au bouclier fiscal, soit trente années de SMIC. Par contre, des miettes pour les smicards  et seulement 1% pour les petites retraites.

Pour calmer le sentiment de révolte qui monte, on parade, on camouffle la réalité des faits avec des promesses et des vantardises, par exemple en fanfaronnant à ce G20 qui a accouché d’une souris :

Où est la loi pour plafonner les rémunérations incroyables des dirigeants ?

Où sont les mesures contraignantes pour supprimer les paradis banquiers et fiscaux ?

 

Cette politique néolibérale ne tombe pas du ciel, elle a été décidée de traité en traité par le Conseil des chefs de gouvernement, mise en œuvre de directive en directive par la Commission de l’Union européenne, approuvée par la majorité de droite de l’Assemblée européenne avec l’aide de la social-démocratie et des Verts qui votent 97 % des textes avec le PPE.

La fameuse concurrence libre et non faussée que les peuples français et néerlandais ont refusé en 2005 lors du vote contre le TCE, ou plus récemment les Irlandais contre le traité de Lisbonne, s’impose néanmoins et sert de paravent, de prétexte à la privatisation de nos services publics, au mépris des intérêts de la population. Les droits et la protection des salariés sont sans cesse remis en cause : réforme du code du travail, instauration des franchises médicales, réforme des retraites, toutes ces mesures sont appliquées, avec des modalités différentes dans chaque pays.

L’Europe sociale est toujours promise et jamais mise en œuvre. La BCE a trouvé de l’argent pour les banques et les spéculateurs mais ne fait rien pour l’emploi.

Face à la mondialisation capitaliste, l’Europe devrait être la solution. Or, elle est devenue le problème. Au lieu d’être un bouclier, elle a été le cheval de Troie des politiques libérales dont on mesure aujourd’hui toutes les conséquences.

 

Malgré ses conséquences tragiques, la droite, aidée par les sociaux-libéraux et les Verts, est très enthousiaste pour faire du traité de Lisbonne le fondement de la politique européenne. Il est le frère jumeau de feu le TCE refusé par le vote démocratique des peuples français et néerlandais. Le droit de choisir à nouveau nous a été refusé. Seuls les irlandais ont pu exprimer leur choix et l’ont refusé, mais ils doivent revoter à l’automne et jusqu’à ce que le oui s‘ensuive, un texte modifié qui revient sur le droit à l’avortement pour satisfaire les pires réactionnaires et conservateurs irlandais et polonais.

On s’étonne du taux d’abstention des électeurs, mais pourquoi seraient-ils inciter à voter alors que l’on bafoue leur vote quand ils s’expriment dans un sens contraire à la volonté des libéraux de droite comme de gauche ?

La Stratégie de Lisbonne qui inspire les libéraux, est entièrement assise sur la compétition, la guerre économique, qui conduit à toutes les réformes antisociales des pays de l’UE, à l’inégalité de la répartition des revenus. En outre ce système de compétition outrancier conduit à l’affrontement, entre les personnes, les collectivités, les entreprises, les communautés, les nations. C’est une violence morale qui s’exerce à chaque instant de la vie et peut conduire aux pires excès et à la guerre entre les peuples. L’homme n’est pas fait que de consommation et n’est pas réduit aux échanges marchands, il est avant tout un être social, destiné à vivre avec les autres, en société. Le système d’affrontement basé sur le culte de la performance et l’obsession de la rentabilité maximale, à la domination du « meilleur », du fort sur le faible, conduit à la dissociation des liens humains qui caractérisent notre espèce, il conduit à la « Dissociété ». Car si l’on vit dans une société de compétition généralisée où tout le monde est censé se conduire en prédateur, en s’efforçant d’être le meilleur, alors, l’autre, même semblable, votre copain de travail, votre voisin, votre allié, reste un rival potentiellement inquiétant, par le seul fait qu’il n’est pas soi, il devient l’étranger angoissant et menaçant.

 

L’EUROPE QUE NOUS VOULONS

C’est une Europe efficace contre la crise, l’Europe de l’emploi pour tous

Nous proposons un vaste plan de relance de l’activité. Soit la mise en œuvre, sous contrôle public et citoyen, d’un plan de développement des infrastructures européennes et d’activités socialement utiles et respectueuses de l’environnement. Il ne s’agit pas de relancer l’économie par n’importe quel moyen, oubliant au passage la gravité de la crise écologique. Il s’agit fondamentalement de rompre avec la logique du profit pour imposer une dynamique fondée sur la satisfaction des besoins sociaux, la réduction des inégalités liées à la mise en œuvre des impératifs écologiques.

Nous avons pour objectif :

l’Europe des 35 heures sans perte de salaire,

l’interdiction des licenciements boursiers,

       - l’instauration d’un bouclier social, d’une sécurité sociale professionnelle.

Nous proposons un salaire minimum européen qui serait en France de 1 600 € net.

Nous avons aussi pour objectif :

- la réduction des gaz à effet de serre qu’il faudrait diviser par quatre d’ici 2050 et le développement des énergies renouvelables.

Nous voulons dessiner les traits d’une économie humaine, une économie qui inscrit la production et la distribution des biens dans les instruments de l’alliance, de la coopération entre les humains. Une Europe sociale, écologique et démocratique, avec des services publics de qualité.

 

Les libéraux, de droite et de gauche, prétendent adapter les humains aux contraintes d’une économie mondialisée. Mais si l’économie est inhumaine, c’est l’économie et non l’humanité qui doit s‘adapter. Le financement de l’économie et la distribution des revenus doivent redevenir des biens publics dont l’organisation relève de délibérations démocratiques. Cela signifie construire une démocratie effective des citoyens, en France et en Europe, une démocratie qui ne se limite pas aux bulletins de vote et à la porte des entreprises. Il est paradoxal que dans notre république, le citoyen devienne sujet du patron de droit divin quand il en franchit le seuil.

 

Une Europe de l’harmonisation sociale et fiscale

L’Europe doit mettre en place des critères de convergence sociaux pour réduire les inégalités en harmonisant vers le haut les conditions sociales, en empêchant le dumping.

L’amélioration, l’extension, et la démocratisation des services publics nécessitent l’adoption d’un cadre juridique européen qui définisse et garantisse leur existence pour les protéger, en particulier : la santé, l’éducation, la Poste, les transports, l’énergie, les télécommunications, l’eau. Ils doivent être étendus à l’ensemble de l’Europe dans une logique de coopération et non de compétition marchande.

Une Europe de l’égalité, aussi entre les femmes et les hommes.

Une Europe qui lutte contre les violences et la traite des êtres humains.

L’Egalité des droits passe par la limitation des revenus démesurés, par l’impôt régulateur sur les plus hauts revenus.

Une Europe, Force de la Paix et de la coopération entre les peuples.

Les Etats européens doivent mettre en œuvre une politique de défense indépendante de celle de l’Otan, à l’inverse de ce que vient de faire Sarkozy et de ce qui est préconisé par le traité de Lisbonne qui affirme que : « l’Otan reste, pour les Etats qui en sont membres, le fondement de leur défense collective et l’instance de sa mise en oeuvre. » Le traité de Lisbonne aggraverait notre dépendance à l’égard de l’Otan sous direction américaine.

 

Il se prépare aussi un traité honteux, passé sous silence, voté le 26 mars 2009 par le PPE et le PSE et les Verts au parlement européen : le traité transatlantique. Il s’agit d’ici 2015 de construire un véritable marché transatlantique intégré, fruit du travail du Conseil économique transatlantique, qui conseillé entre autres par le monde de l’entreprise, veillerait à l’harmonisation des législations pour :

 « faciliter l’approfondissement du marché transatlantique. »

Ce traité devra être ratifié d’ici 2012 et devrait comprendre la création d’un CPT (Conseil Politique Transatlantique, chargé de coordonner systématiquement la politique étrangère et la sécurité. C’est sans doute pour le cas où quelque chose échapperait encore à l’Otan. Nous serions soumis entièrement à la puissance « étatsunienne ».

Il faut organiser un nouvel internationalisme : celui de la coopération entre les peuples souverains, seule manière réaliste d’éviter l’affrontement des nationalismes où nous conduit inéluctablement la mondialisation libérale.

 

Comme le disait la Boétie :

« Ils ne sont grands que parce que nous sommes à genoux ».

Voter et faire voter le 7 juin c’est se donner une chance de dire dans les urnes ce que nous avons exprimé dans la rue.

Sanctionner l’Europe libérale et sanctionner Sarkozy, c’est la même chose. Car que dit le Conseil européen face à la crise :

« La crise fait ressortir la nécessité de poursuivre et d’accélérer les réformes structurelles »

Que répond Sarkozy en écho : « Nous devons profiter de la crise pour accélérer les changements structurels ». C’est à dire continuer les réformes et les politiques qui nous ont mener dans le mur, remis en cause notre modèle de progrès social et républicain.

 Profitons de ces élections pour accélérer le départ de Sarkozy, pour proposer d’autres alternatives. C’est ce que propose le Front de Gauche : un programme politique pour changer d’Europe avec pour stratégie l’unité populaire.

C’est aussi l’occasion d’arrêter la ratification du traité de Lisbonne, de confirmer notre Non à cette Europe là en envoyant un maximum de députés qui pourront faire entendre la volonté populaire. Pour cela on ne peut pas compter sur la droite qui a rédigé le traité ni sur le PS, ni sur les Verts dont le vote a permis sa ratification sans consultation populaire. Seul le Front de Gauche regroupe les forces parlementaires qui s’opposent au traité de Lisbonne.

Le vote pour l’assemblée européenne ne doit pas être négligé, le parlement est la seule institution de l’UE qui soit issue du suffrage universel. C’est dire l’importance d’un tel vote et du débat citoyen que la campagne peut créer, que vous pouvez porter. Le parlement dispose de la possibilité d’approuver ou non les directives et projets de la Commission, il a pu la faire reculer et s’opposer par exemple à la directive Bolkestein, à la directive portuaire, à celle sur le temps de travail rejetée le 17 décembre. Ceci grâce à l’action courageuse des députés du groupe de la Gauche Unie Européenne, avec le soutien de la mobilisation populaire et des syndicats.

L’exercice du suffrage universel est un droit d’expression démocratique. Il permettra à votre vote pour le Front de gauche, lié à la mobilisation populaire, de s’opposer à la droite, sans compromis avec la gauche qui gouverne l’UE avec Barroso. Le Front de Gauche se veut un front populaire, un rassemblement ouvert aux militants de toute la gauche, aux syndicalistes, aux altermondialistes, aux écologistes, face à la gauche qui renonce et face à celle qui divise.

Je m’adresse aux électeurs du PS, du PRG, du MRC, qui en 2005 on su transgresser les frontières politiques pour former ce rassemblement extraordinaire qui a permis la victoire du NON. Les électeurs du PRG, du MRC, n’ont pas de liste, ni ceux de la Fédération. Ceux du PS se demandent quelle est la position réelle du PS sur l’Europe, qui prétend vouloir une Europe sociale et vote avec ceux du PSE qui soutiennent Baroso au Parlement européen. A tous ceux là, nous disons : TRANSGRESSEZ !

Vous avez le FRONT de Gauche pour changer d’Europe et combattre la politique de Sarkozy.

 

Allain GRAUX

  Le 26.05 .2009

 

 

 

 

 

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Mercredi 29 avril 2009 3 29 /04 /2009 19:55

LA CRISE ! Pas pour tout le monde …et comment en finir.

La crise qui s’est étendue au monde entier à partir de l’éclatement de la bulle financière des subprime et autres hedge found est sans doute la plus grave crise économique depuis un siècle.

Or, « l’histoire prouve qu’il n’a rien de bon à attendre des crises ; elles enfantent plus sûrement des Hitler ou des Staline que des Gandhi ».*

Si cette récession ne va pas améliorer le sort des salariés des pays les plus riches, elle risque de provoquer des explosions de colère et de violence dans nombre de pays du Sud. Des émeutes de la faim se sont déjà produites ici ou là.

Cependant si la dépression économique ne signifie pas la fin du capitalisme, elle marque la fin de l’économie dérégulée et l’achèvement de l’ère de l’ultralibéralisme, la mise en cause du capitalisme mafieux et de la globalisation financière.

Les oracles libéraux n’ont plus bonne presse, par exemple les programmes des gourous économiques de Reagan, Thatcher, Blair, Bush et …Sarkozy, comme : 

Friedrich Von Hayek : déréglementer, privatiser, limiter la démocratie, supprimer les subventions au logement et le contrôle des loyers, diminuer les aides contre le chômage, réduire les dépenses de la sécurité sociale, casser le pouvoir syndical…* (1960 : Constitution de la liberté)

Milton Friedman : «  le libre marché est un système scientifique parfait dans lequel des particuliers agissant dans leur propre intérêt créent, pour tous, le plus d’avantages possibles. » (Capitalisme et liberté). Selon lui le rôle de l’Etat se limite à ses pouvoirs régaliens, à faire régner l’ordre, respecter les contrats privés et favoriser la concurrence (libre et non faussée bien sûr !)

Cela ne vous rappelle rien ? Ne retrouve t-on pas la trame du TCE*, du traité de Lisbonne, de la Stratégie de Lisbonne, et le sens profond des réformes sarkozistes ? D’autant plus que pour Friedman : « Un nouveau gouvernement jouit d’une période de grâce de six à neuf mois au cours de laquelle il peut opérer des changements fondamentaux. S‘il n’en profite pas pour agir avec détermination, une telle occasion ne se représentera plus ». N’est-ce pas la signification de la frénésie réformiste sarkoziste ? En même temps, le nouveau gouvernement doit développer une campagne médiatique en matraquant sans cesse que toutes les difficultés proviennent du fait que le marché n’est pas assez libre, que ce sont les services publics qui coûtent trop cher, sont en déficit, etc…

C’est ainsi que notre souverain président applique systématiquement la doctrine libérale faite de compétitivité, de discipline budgétaire (enfin là pas trop), de réforme fiscale (en faveur des plus riches, voire le bouclier…), de réduction des dépenses publiques (Suppression d’un poste de fonctionnaire sur deux), de privatisations massives du secteur public (les autoroutes, GDF, EDF, La Poste, la SNCF, demain l’hôpital) ; mais reconnaissons que d’autres, à gauche et à droite, s’y étaient employés avant lui. Et il a laissé aux banquiers toute licence pour jouer avec l’argent des contribuables.  Aujourd’hui, il dit le contraire mais c’est ce qu’il a fait, sans contrôle, sans contrepartie et c’est ce qu’il encourageait quand il voulait étendre les prêts hypothécaires et les produits financiers, causes de la bulle spéculative aux Etats-Unis (ainsi q’en Espagne).

Cette politique économique a été menée systématiquement depuis 1980 par les organismes financiers et les principaux gouvernements occidentaux, les Etats-Unis en tête, avec le concours du FMI, de la Banque mondiale et de l’OMC, avec le brillant succès que l’on connaît. Outre la crise actuelle, les inégalités ont atteint des niveaux jamais connus auparavant : la fortune des trois individus les plus riches de la planète dépasse les revenus cumulés de la totalité des habitants des 48 pays les plus pauvres…

 Entre 1936 et 1939, la rémunération moyenne des 150 dirigeants les mieux payés des 50 plus grandes entreprises américaines représentait 82 fois le salaire moyen. Entre 60 et 69, il était tombé à 39. Depuis l’ère Reagan, il a culminé à  367 fois au début des années 2000. En France, en 2007, la rémunération moyenne d’un PDG n’est que de 4, 7 millions d’Euros pour les patrons du Cac 40, soit 308 années de SMIC…*

Il y a trente ans un patron français gagnait en moyenne environ quarante fois le salaire moyen d’un ouvrier ; en 2002, il gagnait mille fois plus.

Et n’oublions pas le poids de l’empreinte écologique des pays riches sur la planète, fruit du système productiviste. Si les trente pays les plus développés représentent 20 % de la population mondiale, ils produisent et consomment 85 % des produits chimiques synthétiques, 80 % de l’énergie fossile, 40 % de l’eau douce, les émissions de gaz à effet de serre y sont dix fois plus élevées.

*Paul Ariès « Leur récession n’est pas notre croissance.. » La Décroissance- Lyon- octobre 2008.

*TCE : traité Constitutionnel Européen

* Alternatives économique – janvier 2009

Les Fonds rapaces

Il y a des fonds d’investissements qui disposent de capitaux colossaux et dont les dirigeants sont devenus les vrais maîtres de la planète. Ces private équities et leverage buy-out (LVO)* sont peu connus du grand public. Ils disposent d’une puissance financière qui dépasse les 1100 milliards d’Euros, collectées auprès des banques, des assurances, des fonds de pension et des avoirs des riches. Leur spécialité : les rachats d’entreprises. En 2007, ils contrôlaient 800 sociétés, un salarié américain sur quatre et près d’un Français sur douze. La France est devenue leur première cible avec 1600 entreprises, juste après les Etats-Unis et la Grande-Bretagne. Des enseignes comme Dim, Quick, Buffalo Gril, les Pages Jaunes, Afflelou…Leur méthode est simple et digne des lois de la jungle, du renard libre dans le poulailler libre :  Pour acquérir une société, le fonds engage 30 % de sa valeur sur ses fonds propres et emprunte les 70 % restant aux banques, en profitant du faible taux d’intérêt actuel. Pendant trois à quatre ans, il « réorganise » l’entreprise, rationalise la production, développe les activités, et capte tout ou partie des profits pour payer les intérêts… de sa propre dette. A la suite de quoi il revend l’entreprise 2 à 3 fois plus cher qu’il ne l’a acheté, assez souvent à un autre fonds qui va faire la même chose…C’est un taux de retour sur investissement de 300 % minimum : qui dit mieux ? Mais, qu’arrive-il aux salariés de ces entreprises ? Ont-ils gagné 300 fois leur salaire de base ? Que nenni ! Les grands principes pour arriver à ces résultats fabuleux : réduction de l’emploi, compression des salaires, augmentation des cadences, délocalisation. Ce sont nos gouvernants qui encouragent ces pratiques et qu’ils appellent la modernisation de l’économie…

  • Pe et Lvo : « capital non côté et acquisition par emprunt »…

Et la part des salaires ?

En 1980, le partage de la valeur ajoutée s’établissait en France, à 69 % pour les salaires, et à 31 % pour les profits. Depuis tous les gains de productivité ont bénéficié aux seuls profits. Après l’application des politiques de rigueur, de précarité, de développement du chômage, de réduction des dépenses publiques, la part des salaires en 1995 ne constituait plus que 60 % de la valeur ajoutée. Résultat : près de 20 millions de sans-emploi et plus de 40 millions de pauvres dans l’Union européenne.

En Europe, c’est la stratégie de Lisbonne qui inspire nos libéraux. Elle est entièrement assise sur la compétition, la guerre économique qui conduit à toutes les réformes antisociales des pays de l’UE, à l’inégalité de la répartition des revenus. En outre ce système de compétition outrancier conduit à l’affrontement, entre les personnes, les collectivités, les entreprises, les communautés, les nations. C’est une violence morale qui s’exerce à chaque instant de la vie et peut conduire aux pires excès et à la guerre entre les peuples. L’homme n’est pas fait que de consommation et n’est pas réduit aux échanges marchands, il est avant tout un être social, destiné à vivre avec les autres, en société. Le système d’affrontement basé sur le culte de la performance et l’obsession de la rentabilité maximale, à la domination du « meilleur », du fort sur le faible, conduit à la dissociation des liens humains qui caractérisent notre espèce, il conduit à la « Dissociété »*. Car si l’on vit dans une société de compétition généralisée où tout le monde est censé se conduire en prédateur, en s’efforçant d’être le meilleur, alors, l’autre, même semblable, votre copain de travail, votre voisin, votre allié, reste un rival potentiellement inquiétant, par le seul fait qu’il n’est pas soi, il devient l’étranger angoissant et menaçant.

L’Europe que nous voulons, c’est une Europe efficace contre la crise, une Europe de l’emploi pour tous.

Cette Europe là nécessite un vaste plan de relance de l’activité. Soit la mise en œuvre, sous contrôle public et citoyen, d’un plan de développement des infrastructures européennes et d’activités socialement utiles et respectueuses de l’environnement. Il ne s’agit pas de relancer l’économie par n’importe quel moyen, oubliant au passage la gravité de la crise écologique. Il s’agit fondamentalement de rompre avec la logique du profit pour imposer une dynamique fondée sur la satisfaction des besoins sociaux, la réduction des inégalités liées à la mise en œuvre des impératifs écologiques.

Une Europe qui aurait pour objectif : l’Europe des 35 heures sans perte de salaire, l’interdiction des licenciements boursiers, l’instauration d’une sécurité sociale professionnelle.

 Une Europe qui aurait pour objectif la réduction des gaz à effet de serre qu’il faudrait diviser par quatre d’ici 2050 et le développement des énergies renouvelables.

Une Europe qui dessinerait les traits d’une économie humaine, une économie qui inscrit la production et la distribution des biens dans les instruments de l’alliance, de la coopération entre les humains.

Les libéraux, de droite comme de gauche, prétendent adapter aux humains les contraintes d’une économie mondialisée. En énonçant cela, ils reconnaissent implicitement l’incompatibilité de la mondialisation libérale avec l’humanité. Mais si l’économie est inhumaine, c’est l’économie et non l’humanité qui doit s‘adapter. Le financement de l’économie et la distribution des revenus doivent redevenir des biens publics dont l’organisation relève de délibérations démocratiques. Cela signifie construire une démocratie effective des citoyens, en France et en Europe, une démocratie qui ne se limite pas aux bulletins de vote et à la porte des entreprises. Il est paradoxal que dans notre république, le citoyen devienne sujet du patron de droit divin quand il en franchit le seuil.

Le vote pour l’assemblée européenne ne doit pas être négligé, le parlement est la seule institution de l’UE qui soit issue du suffrage universel. C’est dire l’importance d’un tel vote et du débat citoyen que la campagne peut créer, que vous pouvez porter. La politique sociale de l’Europe ressort toujours des autres instances de l’UE, qui décident, imposent leurs choix, sauf quand le parlement qui dispose de la possibilité d’approuver ou non les directives et projets de la Commission, a pu la faire reculer et s’opposer par exemple à la directive Bolkestein, à la directive portuaire, à celle sur le temps de travail rejetée le 17 décembre. Ceci grâce à l’action courageuse des députés de la GUE, avec le soutien de la mobilisation populaire et des syndicats.

L’exercice du suffrage universel est un droit d’expression démocratique. Il doit permettre à un vote qui rassemble, face à la gauche du compromis et à celle qui divise, de battre la droite et d’envoyer à Strasbourg et Bruxelles, des députés qui proposent de véritables alternatives au libéralisme.

Allain GRAUX

 Le 28.04.2009

Ref : -Le Krach parfait d’ Ignacio Ramonet (Galilée)

            -La Dissociété – le socialisme néomoderne de Jacques Généreux (le seuil)

- Publié dans : politique
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Lundi 6 avril 2009 1 06 /04 /2009 12:55

J’étais à Strasbourg.

 

Tous les dirigeants de la gauche de gauche de Côte d’or, avec des militants du PCF, du Parti de Gauche, du NPA, de Solidarités 21, du Mouvement de la Paix, des syndicalistes et même des socialistes, rassemblés dans le collectif pour la paix, étaient samedi dans le bus qui emmenait ces militants manifester contre l’OTAN à Strasbourg. L’ambiance était enjouée, pleine d’empathie et de sympathie.

A 25 kilomètres de la capitale alsacienne, le car est dévié sur de petites routes. A chaque rond-point il faut négocier avec les policiers qui indiquent la route à suivre. La police est omniprésente, jusque sur les toits des châteaux d’eau et des silos, bloquant le moindre chemin. Le bus se retrouve à la frontière allemande, sur le Rhin, bloqué par la polizei. On nous renvoie d’où nous sommes venus. Là, un gradé nous bloque car la route est interdite au plus de 7,5T ! Plus loin, ce n’est pas autorisé. On se croirait dans un gag de Raymond Devos. Finalement, c’est un gendarme qui intervient auprès de l’officier pour lui dire de laisser passer le bus, aujourd’hui, on n’applique pas le code de la route…Nous finissons par arriver près du lieu de rassemblement, un immense terrain vague où il semble évident que tous les manifestants n’ont pas pu accéder. Beaucoup de jeunes vêtus de noirs et portant cagoules sont présents. Derrière un bouquet d’arbres s’élève une colonne de fumée. Des hélicoptères tournent dans le ciel. Quelque chose tombe de l’un d’eux. Aussitôt une nouvelle colonne de fumée noire, très épaisse, s’élève. On entend des détonations. De la fumée, des gaz, envahissent le lieu du rassemblement. Les rumeurs courent, c’est l’hôtel Ibis qui brûle.

Les haut-parleurs nous invitent à partir.

C’est un départ impromptu, avant que le meeting prévu ait pu se tenir.

Une première évidence :

beaucoup de manifestants pacifistes n’ont pas pu rejoindre le lieu de rassemblement qui était déjà investi par les anarchistes autonomes.

Des bus ont été égarés pour qu’ils ne puissent pas rejoindre Strasbourg.

Alors que nous avons déjà pu constater une présence d’une ampleur extraordinaire des forces de  l’ordre, rien n’a été fait pour isoler les casseurs des manifestants pacifistes.

 Pour sortir de la nasse, ce n’est pas évident, le passage est très étroit et rétréci encore par la présence de plusieurs véhicules de CRS qui barrent la moitié du chemin. Et aussitôt des cagoulés armés de grands bâtons attaquent les policiers, tapant sur les fourgons, jetant des pavés et des pierres. Les flics s’enfuient.

Cette violente agression était parfaitement inutile, mais prévisible. Que faisaient ces policiers sur la route d’évacuation du terrain ? Ils constituaient une véritable provocation. Pourquoi vouloir fermer la voie de dégagement du rassemblement ?

J’aperçois Francis Wurtz, député européen du PCF, qui répond à une interview de Léo, un dirigeant de la gauche autrichienne, du réseau de la Charte pour une autre Europe.

Tant bien que mal, la manifestation s’organise. Les militants se regroupent derrière leurs bannières et banderoles, défilent dans le calme, canalisés et dirigés vers un quartier périphérique de Strasbourg  par les nombreux barrages policiers qui bloquent tous les accès. C’est une zone qui paraît vide, près du port fluvial, avec de nombreuses usines.

Nous passons devant un bureau de poste, une église et arrivons devant une voie ferrée et un tunnel. Là, nous sommes bloqués. Derrière, s’élève un panache de fumée. La sono nous informe qu’il faut attendre que les pompiers aient terminés d’éteindre l’incendie d’un immeuble. Des gens s’assoient sur la chaussée, d’autres circulent. On attend patiemment, dans le calme.

Je vais voir ce qui se passe au bout du tunnel qui est barré par un grillage derrière lequel sont stationnés deux cars de CRS. La grande échelle des pompiers s’élève au milieu de la route devant un immeuble où de la fumée s’échappe du dernier étage. Je ne vois pas de pompiers, seulement des policiers.

Réflexion : comment ce feu a-t-il pris au dernier étage ?  Les casseurs ne sont tout de même pas montés là-haut pour mettre le feu comme ça !

Je rencontre Michel Soudais, de Politis, et une autre amie journaliste. Je me dis que l’on ne voit pas les grandes chaînes de la télé.

Au bout d’un long moment, la sono nous dit que suite à des négociations, nous allons pouvoir passer. Les policiers qui étaient sur la voie ferrée, au-dessus du pont, se retirent, mais en fait le tunnel est toujours barré. Les cagoulés en profitent pour grimper sur le ballast et aller attaquer les forces de police. Les policiers reviennent chassant les casseurs qui se mêlent aux pacifistes. On entend l’explosion des tirs de grenades lacrymogènes. Puis ce sont les gaz qui arrivent et des cailloux. Incroyable ! Les flics nous balancent des cailloux. Ils ne font pas le détail, ils arrosent la foule qui reflue. Mais derrière, sur l’avenue par laquelle nous sommes venus, la route est barrée et les policiers nous arrosent également. Panique générale. Le camion de la CGT nous demande de le suivre le long de la voie ferrée. C’est alors que de violents affrontements éclatent sur le remblai, car les CRS envoient à nouveau des bombes lacrymogènes sur le convoi. Des vagues de casseurs cagoulés vont à l’assaut, les tirs répondent. Les manifestants sont scindés. Beaucoup n’on pas pu suivre le camion. C’est un véritable piège, une souricière dans laquelle nous ont conduit les forces de police, sans possibilité d’évacuation. Je suis gazé, asphyxié, je pleure, comme beaucoup d’autres manifestants.

A nouveau je reflue vers la l’avenue et nous sommes à nouveau bombardés par la police, à tirs tendus, de grenades qui explosent au milieu de nous et de balles de flash-ball. Je suis coincé contre un mur, en larmes, étouffant, avec la présidente d’Attac 21. Nous sommes séparés de nos amis, dispersés. Un jeune militant libertaire de Dijon nous aide, il a du chlorure de sodium qu’il nous verse sur les pupilles. Soulagement. Nous nous réfugions dans la cour d’une usine. Nous profitons d’un instant de calme pour essayer de passer à nouveau le long de la voie ferrée avec deux amis dijonnais, puisque nous ne pouvons pas revenir sur nos pas. Cette fois le passage est dégagé.

Nous retrouvons la route, et d’autres manifestants qui reviennent également. Nous passons devant l’Eglise dont la porte a été défoncée, la porte vitrée de la poste a volé en éclats, les arrêts de bus, les cabines téléphoniques ont été détruites. Plus loin, des wagons ont été tirés au milieu de la route. Des tas de palettes ont été répandus sur la chaussée. Les panneaux de signalisation et de publicité, les feux tricolores, ont été arrachés. Tout cela s’est produit derrière nous. Par qui ? Alors que nous avions vu tant de forces de police déployées, partout, plus nombreuses que les manifestants …

Au pont, nous sommes dirigés le long de la voie d’eau par un barrage de police. Des groupes de manifestants pacifistes, très dispersés refluent calmement, pour revenir vers les bus. Regardant vers le pont, je vois deux canons à eau prendre position alors que d’autres groupes arrivent tranquillement. Ils arrosent. Pourquoi ? Il n’y avait aucun incident, les gens rentraient tranquillement. Comme pour me punir de cette pensée, nous sommes à nouveau bombardés de bombes lacrymogènes par les flics du pont. Pourquoi ? Il ne se passait rien !

 

Au pont de l’Europe, le camion du Mouvement de la Paix propose de le suivre pour aller au Jardin, lieu prévu pour le meeting de fin, ou de rentrer. L’immense majorité des troupes préfère revenir vers les cars. Et le camion finit par en faire autant.

Les Dijonnais se regroupent peu à peu et décident de rester ensemble, d’éviter la dispersion pour retrouver notre bus garé fort justement là où il nous avait déposé à midi. En face dans les fourrés, on distingue des casques noirs et des canons de fusils. Des petits groupes de CRS sont embusqués tout le long du parcours de retour.

Pendant plus d’une heure, les groupes de manifestants dispersés au fil des évènements, rentrent vers leurs véhicules.

Conclusion

 Il apparaît d’évidence que tout a été fait pour que cette manifestation autorisée ne puisse pas avoir lieu : 

en empêchant le rassemblement, égarant les cars ;

en changeant à la dernière minute le parcours autorisé par la préfecture ;

La manifestation n’a jamais pu s’organiser et se structurer, permettant ainsi aux casseurs de se mêler aux pacifistes.

Les forces de  police ont tronçonné la manifestation en plusieurs groupes qui ont été l’objet d’attaques par des tirs de grenades lacrymogène et de flash-balls dont l’objectif évident était de faire peur, d’impressionner les manifestants pour les inciter à ne plus revenir manifester.

Les autorités ont laissé se rassembler et agir des groupes de Blacks-Blocks, d’autonomes anarchistes, arrivés dès jeudi. Le déploiement massif et inégalé des forces de l’ordre permettait d’interdire l’accès de ces casseurs à la manifestation et d’éviter les graves  incidents et les destructions qu’ils ont causés.

Le but était manifestement de dénaturer le caractère pacifiste de la manifestation.

C’est un quartier populaire qui a subi ces dommages alors que le centre-ville était hyper protégé et inaccessible, souvent au mépris des droits des citoyens de Strasbourg.

 

Les plus hautes autorités de l’Etat portent une lourde responsabilité dans les incidents qui se sont produits et qui auraient pu être encore plus dramatiques sans la solidarité et la sagesse des forces militantes présentes.

Pour le moins une commission d’enquête devrait éclaircir ces responsabilités et pour le plus, devant la gravité de la situation engendrée par les directives données aux forces de l’ordre par le ministère de l’intérieur, nous devons exiger la démission de la ministre de l’intérieur, Madame Alliot-Marie.

 

Cette volonté d’empêcher une manifestation pourtant autorisée, en utilisant tous les moyens est à rapprocher de la politique répressive et de la « judiciarisation » mises en œuvre par le gouvernement de Monsieur Sarkozy à l’égard de tous les opposants, les syndicalistes qui manifestent, les militants de RESF qui ont été victimes des mêmes mesures à Vichy, les jeunes des quartiers populaires, les militants politiques qui utilisent pourtant le propre langage du président :

« Casse toi, pov’con ! »

 

Allain GRAUX

  Le 6.04.2009

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