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21 novembre 2016 1 21 /11 /novembre /2016 18:26

HISTOIRE DE LA PALESTINE

Cet ouvrage présente une histoire chronologique de la Palestine, l'histoire des peuples qui ont vécu, se sont mêlés sur ce territoire au fil des temps. Depuis la fin du XIXème siècle, des vagues de colons juifs venus de l’Europe centrale et de l’Est, puis du monde entier, se sont installés sur cette terre où vivaient en harmonie les Palestiniens, quelle que soit leur ethnie ou leur religion. Ils ont créés l’Etat d’Israël qui occupe et colonise toute la Palestine au prix de nombreuses conflit et d’un Etat de guerre permanent. Cette histoire décrit les faits au-delà des mythes pour mieux affronter la réalité du présent et en comprendre les enjeux, pour trouver une solution de paix juste et durable

NOUVELLE EDITION                          

     Novembre 2016

Référence : 155375

Reliures : Dos carré collé

Formats : 14,8x21 cm

Nb pages : 112

Impression : Noir et blanc

Lire le résumé complet

N° ISBN : 9782955836842

PRIX : 10  €

www.thebookedition.com/fr/histoire-de-la-palestine-

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

HISTOIRE CHRONOLOGIQUE DE LA PALESTINE
Published by Allain Louis Graux - dans PALESTINE
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6 novembre 2016 7 06 /11 /novembre /2016 18:59

Mercredi 2 novembre 2016, Michel WARSCHAWSKI a donné à Paris une conférence sur le thème ‘Israël, un pays à la dérive”. Ci-après quelques notes que j’ai pu prendre.

Israël un pays à la dérive Le paradoxe: Si on regarde les indicateurs objectifs concernant Israël, ce sont des indicateurs de succès. Si on regarde l'atmosphère, l'état d'esprit des gens on sent une crise structurelle grave, et un sentiment de pourriture. C'est autour de ce paradoxe que je vais organiser mon intervention. Indicateurs de succès - Economique. Pas de crise, indicateurs économique positifs. Le pays est noté AAA par les agences de rating, export de capitaux, export de technologie y compris militaire. Le pays est très riche, mais le fossé entre riches et pauvres et le plus grand de tous les pays de l'OCDE - Sécurité nationale. Pas de menace aux frontières. Les pays arabes ont fait une proposition de paix même Ben Gourion aurait vendu sa mère et son père pour l'accepter. - Sécurité individuelle. Quasiment plus d'attentats (vague d'attaques aux ciseaux et aux couteaux, mais très localisées et limitées dans le temps.) Les gens se sentent en sécurité même si le discours officiel prétend le contraire On aurait cru qu'on est arrivé à bon port. D'autant plus que le conflit israélo palestinien est contrôlé. La résistance palestinienne est dans une phase défensive. Les gens s'accrochent à leur culture, leur terre. Les palestiniens ont une capacité extraordinaire à résister, à s'accrocher, mais ça ne fait pas une révolution. Il n'y a plus de combat pour la libération nationale. En ce sens les dirigeants israélien peuvent se donner un bon point. Ils gèrent les territoires à bon prix puisque le travail de police est fait par les palestiniens eux-mêmes. Même la sécurité des colons doit être garantie par la police nationale palestinienne. On devrait être satisfait, et pourtant l'ambiance est glauque, n'est pas à l'enthousiasme du tout. On n'a même pas un sentiment de normalité. C'est de cela je voudrais parler en soulignant une série de facteurs marquant un tournant dans ce qu'est Israël, et la société israélienne. Israël toujours été et continuera à être un pays colonial qui s'est imposé à une population indigène, et dont l'ensemble des institutions visent à gérer cette colonisation. Israël est une société qui est en train de changer en profondeur.

Indicateurs de régression

1- Premier changement.

Concerne l'auto-définition d'Israël. Il se définit comme un Etat juif est démocratique. C'est un oxymore. il y a une contradiction interne dans cette expression Cette définition a toujours été présente. Dans la constitution d'Israël (même s'il y a pas de constitution) dans ses lois, dans sa déclaration d'indépendance. Par contre ce qui est nouveau c'est que au sein d'Israël, en particulier sa classe politique des intellectuels et des gens au pouvoir, on remet en question cet équilibre, illusoire, juif et démocratique. Cet équilibre qui était tellement important pour Israël, et en particulier pour quelqu'un considéré comme le meilleur commis voyageur de la démocratie israélienne Shimon PERES. Il 'était celui qui vendait une certaine image de marque d'Israël, basée sur ce dont il était incontestablement le champion mondial: le mensonge. Dans les termes mêmes du ministre de l'éducation BENNET, entre juif et démocratique, nous avons fait le choix. Nous sommes d'abord juifs, la démocratie on verra bien. Au cours des dernières années une longue série de lois changent la nature du régime, met à bas le masque démocratique. La première victime c'est la minorité arabe israélienne. En 2000 lors des grandes manifestations Ehud BARAK leur disait que la fête était finie. On revient à l'ordre ancien, vous êtes une minorité tolérée. Les discriminations aujourd'hui entre les municipalités arabes et les municipalités juives sont beaucoup plus importantes qu'il y a dix ans.

2- La Loi sur la Nakba remet en question certains des droits chèrement acquis par les palestiniens. La loi sur les ONG subventionnées par les organisations internationales (c'est à dire l'ensemble des organisations pour les droits de la personne) est semi criminalisée.

3-Un racisme assumé.

Par les politiques et dans la rue. Des lois racistes sont votées. Exemple la loi sur la réunification familiale. Un citoyen israélien palestinien n'y a plus accès. Deux choix s'offrent à lui ou à elle: vivre en Israël sans sa famille ou quitter le pays. ce droit était déjà difficile à obtenir pour différents prétextes comme la sécurité, mais maintenant le choix est clairement assumé: nous ne voulons plus d'arabes supplémentaires. Si les autres peuvent partir ça serait une bonne chose. On rencontre le racisme partout: au parlement, dans les médias, dans les discours, dans les déclarations des ministres. Autre exemple: le jour des élections législatives le premier ministre Netanyahou a marqué les esprits par un discours raciste en appelant à aller voter car les arabes se mobilisaient en masse.

4-Une violence de plus en plus présente.

 Il y a la violence du discours, mais il y a la violence tout court. Il y a deux ans après un rassemblement à Jérusalem j'ai écrit un article intitulé "J'ai peur". J'ai pleins d'amis (es) surtout à Paris qui se sont moqués de moi. Il n'a pas fallu longtemps pour eux aussi comprennent que je ne parlais pas en l'air. Ce jour-là, il y avait des groupes violents d'extrême droite, heureusement nous avons été protégés par la police. A Tel-Aviv les manifestants se sont faits poursuivre par des groupes d'extrêmes droite jusqu'à chez eux. Le local de l'organisation des droits de l'homme été visité. Pas saccagé, mais une visite musclée pour leur signifier qu'il y a une limite à ne pas dépasser. La violence, on la ressent partout. Dans le bus et le tram les gens n'osent plus parler fort, comme c'est dans notre habitude, mais ils parlent tout doucement par peur du voisin.

5-Une corruption qui pourrit tout Un ancien premier ministre, Ehud Olmert, est en prison. L'actuel a des chances d'y aller. Le mode des affaires est gangréné par la corruption. La relation est très étroite entre le capital et le pouvoir. Après avoir quitté la politique, l'ancien président de la Knesset, Avraham Burg, voulait faire des affaires, mais il a renoncé au bout de quelques mois. Il considérait qu'on ne pouvait pas faire de l'argent propre. On est obligé de rentrer dans des réseaux semi-mafieux, de corruption et de pots de vin.

6-Un personnel politique incompétent

Personnel politique particulièrement et gravement incompétent. Deux exemples: -La vice-ministre des affaires étrangères Tzipi Hotovely. Un journaliste lui demande ce que vont être ses priorités. Elle répond "j'irai de capital en capital avec la bible et je leur montrerai que ce pays appartient à nous et que à nous". -La ministre de la culture, ancienne porte-parole de l'armée et ancien officier de l'armée. Lors des massacres de Gaza il a organisé une conférence de presse sur une colline d'où on regardait les bombardements. On regardait en fait le spectacle des gens qui mourraient et des quartiers entiers détruits. Son discours a été tellement bête que mon patriotisme israélien en a souffert, pourtant je suis loin d'être un grand patriote. J'avais honte pour Israël. Son discours tellement nul, ses arguments ne pouvaient pas convaincre le moindre des imbéciles des correspondants d'une radio du Midwest américain. Et aujourd'hui elle est ministre de la culture. Pour commencer elle a coupé les vivres au théâtre Maydan de Hayffa, un très bon théâtre arabe. Pour bénéficier des subventions, elle demande aux institutions culturelles d'être loyales à Israël. Il leur faut un certificat de loyauté. Là, on arrive dans un régime fasciste. Son dernier acte, presque du domaine du grotesque, elle a quitté la cérémonie de clôture d'un important évènement culturel en disant " Je ne veux pas écouter Mahmoud Darwich". Un des 2 ou 3 grands poètes arabes du 20 ème siècle. C'est une femme d'inculture et c'est un censeur. Sa mission c'est la mise au pas des acteurs culturels. C'est la raison pour laquelle des gens comme l'historien Zahed Sternhel, lauréat du grand prix d'Israël, dit que notre Israël c'est l'Allemagne des années 30. Ce n'est pas l'Allemagne du génocide mais du fascisme montant. Avraham Burg l'a écrit à plusieurs occasions. Beaucoup d'aspects de la vie politique participent de cette fascisation. On vit dans une ambiance de terreur et de peur. Tous les aspects d'un Etat fasciste sont présents: On parle de la loyauté envers le pays, on parle de la suspension de la citoyenneté, on prépare toute une série de projets de lois du même ordre. Une loi a déjà été votée qui permet à une majorité qualifiée du parlement de démettre un député à cause de ses positions politiques sur lesquelles il s'est fait élire. C'est ce l'on appelle la loi Hanine ZOGHBI. Député arabe qui a été démis de son mandat pour ses idées politiques. C'est une loi faite pour exclure les députés arabes, alors que des chefs mafieux connus sont protégés par leur immunité parlementaire.7-Dernier aspect: Départ des jeunes Un autre aspect qui accélère ce changement de régime, et le glissement d'Israël vers quelque chose d'autre: c'est le départ des jeunes. Ils ne supportent plus cette atmosphère. Ils ne sentent pas la force de changer les choses, ils se sentent mal et ils démissionnent en émigrant.

La vie politique aujourd'hui en Israël se limite à qui sera le gagnant entre 3 extrémistes : Benyamin Netanyahou, Avigdor Liberman et Naftali Bennett. J'insiste la dessus puisqu'il n'y a pas d'opposition. Le parti travailliste qui était au pouvoir et était le pouvoir même, n'existe plus. Le parti n'est que l'ombre de lui-même. Le combat politique en Israël se déroule à droite, c'est à dire l'extrême droite. Le discours du gouvernement est extrémiste, celui du parlement est extrémiste. A l'exception du parti Meretz, mais hélas trop petit (4 députés), et la liste arabe unifiée (13 députés). Pour empêcher les arabes d'accéder à la Knesset, une loi de circonstance a élevé le seuil à 3.5%, alors qu'aucun parti arabe ne dépassait 2.5%. Résultat: unification de tous ces partis pour constituer la liste arabe unifiée qui leur a garanti la présence au parlement. Mais des projets de lois, en plus de la loi Hanine ZOGHBI, sont en cours de préparation pour empêcher que ça se renouvelle. Benyamin Netanyahou a subi l'échec le plus cuisant de sa carrière. De tout temps il a désigné l'Iran comme l'axe du mail et de tout temps il voulait le bombarder. C'était une obsession chez lui, c'était le cœur de sa stratégie. Il y a deux ans il a demandé au sein même du congrès américain de bombarder l'Iran. Et voilà que l'Iran devient une partie de la solution. Toute la stratégie de Netanyahou s'écroule. L'Iran est intégré à la communauté internationale et aussi dans la recherche de solution au moyen orient. Malheureusement il n'y a pas en Israël de mouvement susceptible d'utiliser cette déroute totale du premier ministre pour mettre à bas son régime. Alors, est-ce que la société Israélienne a massivement basculé à droite? La réponse est malgré tout non. La société reste partagée en deux blocs. Un bloc majoritaire de droite, mais pas très dominant, et le bloc de gauche qui est minoritaire. La carte de l'opinion publique est restée stable depuis la guerre du Liban. La différence c'est que la droite a un projet et une stratégie, et le pouvoir pour les mettre en œuvre. Sa stratégie est la colonisation. En face, nous avons une formation à la recherche de quelques strapontins, sans projet clair, rien de concret. C'est ce qui explique cette asymétrie entre deux forces à peu près similaires. La droite est dans l'urgence, elle déroule sa stratégie. La gauche est dans la consommation et dans l'attente d'une action internationale. Quant au camp de la paix, il n'existe plus. Après avoir été une force publique de masse au point de forcer les négociations avec les palestiniens, il s'est suicidé en Aout 2000. Il s'est laissé piéger par les mensonges d'Ehoud Barak, à la suite des négociations de Camp David. A cette situation lourde et pesante, s'ajoute un facteur très fort, c'est le sentiment d'avoir un gouvernement qui navigue à vue, avec une carte qui a été dessinée en 1985 par les néoconservateurs. Celle de la guerre totale. La carte de Netanyahou est celle d'un moyen orient qui n'existe plus. Tout cela sur fond d'arrogance totalement illusoire. Aujourd'hui, l'intelligence politique en Israël on la trouve dans l'appareil militaire et sécuritaire. C'est là qu'on trouve des analyses lucides, très critique face à la politique du gouvernement. Les anciens généraux, qui ont pourtant beaucoup de sang sur les mains, sont unanimes pour mettre en garde contre une politique qui nous mène doit dans le mur. L'ancien chef du Mossad, Meîr Dagan, dans un meeting électoral supplie le peuple israélien de se démarque de l'équipe que nous avons au pouvoir, sinon c'est la fin d'Israël. Ce n'est pourtant pas un tendre. Il a beaucoup de sang sur les mains, mais il a la lucidité de comprendre que cette politique est une politique d'il y a trente 30 ans.

Dernier point: et vous dans tout ça? Il y a une responsabilité qui s'impose à tous les mouvements de solidarité et tous les mouvements pour les droits en général ici en France et partout ailleurs. Responsabilité qu'on peut mesurer en 3 lettres : BDS. Faites pression pour qu'il y ait des sanctions contre Israël pour qu'il respecte enfin le droit. Il faut des sanctions contre Israël comme on l'a fait contre l'Espagne de Franco, contre la Grèce des colonels, contre la Chine pour boycotter les jeux olympiques, contre l'Afrique du sud. BDS n'est pas simplement une compagne juste, c'est une campagne qui marche, qui change l'attitude du monde par rapport à Israël, par rapport aux droits des palestiniens, et par rapport à ce qui le plus grand malheur des israéliens: notre impunité. BDS est l'antidote à cette impunité.

Lahsen ZBAYAR

 

 

 

 

 

 

Published by Michel WARSCHAWSKI
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24 octobre 2016 1 24 /10 /octobre /2016 12:06

Agressions abominables

J’ai signé des pétitions pour dénoncer les agressions policières contre les jeunes des quartiers populaires, les contrôles d’identité répétés qui exaspèrent les jeunes issus de l’immigration maghrébine et africaine, les manifestants syndicalistes, écologistes, ou autres. Car ces violences exercées par des représentants de la loi, dont la mission est la défense de l’ordre public et des citoyens, sont particulièrement intolérables. Ces actes sont souvent tolérés, impunis, pas ou faiblement sanctionnés par les tribunaux et les agents soutenus par leur hiérarchie. On l’a observé encore récemment avec la mort d’Adam Traoré.

La mission policière est difficile, mais lorsqu’on s’engage dans ce métier, c’est comme l’enseignement, ce devrait être une vocation. Encore faudrait-il que le recrutement soit fait avec des critères qui élimineraient les cow-boys et les shérifs, que la formation soit solide, exemplaire, pour des personnes appelées à utiliser éventuellement des armes létales et même pour celles qui ne le sont pas, comme les tasers[1], mais peuvent blesser gravement et même tuer si elles sont mal utilisées.

Si des policiers se comportent mal, ils doivent-être jugés et sévèrement condamnés ; sévèrement car justement ils représentent la loi, et que se prévaloir de l’uniforme et de l’autorité pour en abuser est doublement condamnable.

Mais ce n’est pas aux victimes potentielles, ni à des bandes vengeresses de faire la loi. Ce sont celles de la République qui doivent être appliquées. Les actes criminels commis comme ceux qui viennent de se produire, en incendiant des voitures de police dans le but d’en assassiner les occupants, sont abominables.

 Comment a-t-on pu en arriver là ! 

Une situation de guérilla urbaine, certes pas nouvelle, rappelons-nous les émeutes de 2005 qui ont commencé à Clichy-sous-Bois à la suite d'un double événement : la mort de Zyed Benna et Bouna Traoré le 27 octobre, électrocutés dans l'enceinte d'un poste électrique alors qu'ils cherchaient à échapper à un contrôle de police, puis trois jours plus tard, le jet d'une grenade lacrymogène à l'entrée d'une mosquée de cette même ville par les forces de l'ordre, en réponse à un « caillassage ».

D’une autre manière le djihadisme terroriste d’une petite minorité de jeunes gens ne ressort-il pas du même échec de l’intégration des populations d’origine immigrée, de la ségrégation spatiale et sociale, de la concentration de la misère dans les mêmes lieux, de la politique austéritaire néolibérale qui condamne l’avenir, les espoirs d’une grande partie de cette jeunesse ?

Là, comme dans bien d’autres domaines, toutes les politiques de la ville ont échoué, incurie, insuffisance manque de moyens, de mixité, absence d’un projet à long terme véritablement cohérent en relation avec un projet sociétal global.

C’est Nicolas Sarkozy, qui a supprimé  la police de proximité en 2003, au nom de la « culture du résultat » ; il à l’outrecuidance de critiquer aujourd’hui le manque de moyens par dont il est largement responsable. Cette police au contact avait de meilleurs résultats, elle était respectée par la population et préférables aux opérations coups de poing dont le seul but est la médiatisation pour rassurer les gogos apeurés par les gros titres des journaux événementiels. Il ne s’agit pas de revenir « aux pèlerines » de mon enfance, mais ces agents débonnaires vivant quotidiennement avec la population étaient respectés et remplissaient leur mission de gardien de l’ordre. La police de proximité avait été édifiée sous le gouvernement de Lionel Jospin, le budget de la police avait augmenté de 15% et plusieurs milliers de postes créés. Qu’en est-il des mille postes par an promis par Hollande ? « Le développement de la police de proximité vise à substituer à une police essentiellement réactive et mobilisée sur des missions de maintien de l'ordre, une police plus anticipatrice, plus proche et plus à l'image de la population, et de la sorte capable d'apporter des réponses satisfaisantes aux attentes des habitants en matière de sécurité par la mobilisation de toutes les possibilités de la prévention, de la dissuasion comme de la répression[1] ». Evidemment, le temps de la prévention qui caractérise la police de proximité n'est pas le même que celui de la répression dont l'adaptabilité est plus rapide. Sans négliger la répression nécessaire, n’est-ce pas cette prévention qu’il faut mettre en œuvre sur le long terme ?

 Les manifestations policières

Que des policiers désobéissent, manifestent, on ne s’en plaindrait pas sur le principe s’il s’agissait de défendre la population pour s’opposer à de lois scélérates. Mais que réclament-ils ? Plus de répression, plus de droit de tuer, alors que leurs violences se multiplient – avec l’appui du pouvoir – contre non seulement les jeunes mais aussi les syndicalistes. Alors qu’il n’y a jamais eu autant de justiciables incarcérés dans des conditions déplorables qui ont entrainé plusieurs condamnations de la France  par la Cour européenne des Droits de l’Homme [2]. En s’affranchissant  des règles collectives sans que personne ne puisse les arrêter, ces policiers mettent en péril les fondements même de la démocratie et de la République.

Quand on apprend que ce corps vote à 57 % pour le Front National, qu’un porte-parole était candidat sur les listes du FN, on ne peut que se poser des questions sur leur éventuelle manipulation par les ennemis de la République. Ce qui n’excuse en rien le manque d’effectifs, de moyens, mis à leur disposition par le pouvoir dans le cadre d’une situation critique de crise pour faire face à leurs multiples tâches du maintien de l’ordre. Mais ce n’est pas seulement une question de moyens, et la réponse à leurs exigences ne peut pas être uniquement pénale comme l’affirme le ministre Cazeneuve. Le Garde des sceaux, Jacques Urvoas affirme lui, donner des informations pour : « que les policiers sachent les suites données à leurs interpellations. Ils verront alors que le sentiment d’impunité des délinquants, qu’ils dénoncent, ne correspond pas à une réalité ».

Et que pensent ces manifestants de la nouvelle doctrine du maintien de l’ordre, à base de grenades de désencerclement, de grenades lacrymogènes, de tirs de Flash-ball, d’interdictions de manifester, de l’organisation de nasses géantes pour séparer les manifestants afin de mieux les matraquer, du matraquage des stress médics venus secourir les blessés ? que pensent-ils des « 320 morts causés par la police depuis 1968[3] » ?

Depuis 2010, « les bavures policières explosent. En plus des morts, les blessés et mutilés se multiplient. C’est que non seulement l’armement de la police se perfectionne en puissance et en capacité à faire mal, mais en plus le cadre légal qui entoure l’usage de leurs armes s’assouplit très largement, ce qui leur donne carte blanche pour s’en servir en toute impunité. Les condamnations par les policiers meurtriers comme mutilateurs se font rares. La légitime défense est bien souvent invoquée et reconnue [4]. »  

Rappelons que les Bobbies britanniques ne sont pas armés...De quel modèle s’inspirer, du britannique ou de l’américain qui flingue à tout va ?  Quelle justice, répressive ou rééducative ?

 Alors, va-t-on accroitre encore le sentiment d’impunité de certains flics, ou réfléchir aux moyens nécessaires pour combattre  la criminalité, et aussi la pauvreté et les discriminations sociales et spatiales ?

 Allain Louis Graux

   22 octobre 2016

 UNE JUSTICE AU NOM DU PEUPLE

Des mesures d’urgence pour assurer la justice dans des délais raisonnables, stopper la clochardisation de la justice française.

- Garantir la protection judiciaire de la jeunesse, la justices des mineurs, la politique de prévention de la délinquance et les sanctions éducatives.

- Mettre fin à la paupérisation de la justice et de l’administration pénitentiaire :

  - Mise en œuvre d’un plan de recrutement du personnel pour désengorger les tribunaux ;

  - Rénover et construire de nouveaux locaux pour les tribunaux ;

  - Recruter 2000 agents pénitentiaires pour les escortes des détenus ;

  - Mettre fin au tout carcéral par des peines alternatives à la prison et rénover les prisons.

  - Remplacer les instructions ministérielles du Parquet par des lois d’orientation de la politique pénale, débattues et votées par le Parlement.

   - Remplacer le Conseil supérieur de la magistrature par un Conseil supérieur de la Justice désigné pour partie par les magistrats et le parlement, devant lequel il sera responsable.

   - Réformer le dualisme juridictionnel en supprimant la fonction juridictionnelle du Conseil d’Etat et en créant une h juridiction suprême commune aux deux ordres de juridictions ( fusion de la Cour de Cassation et du Conseil d’Etat).

 Et aussi :

Améliorer la prévention en engageant une stratégie politique pour renforcer les anticorps républicains et supprimer le terreau des communautarismes par plus de République, de laïcité, d’éducation, de justice sociale, et d’implication citoyenne.

 Qui propose ces mesures ? LA FRANCE INSOUMISE ET SON PROGRAMME : L’AVENIR EN COMMUN

 


[1] Ce texte est celui que l’on trouve sur un site d’admission aux concours de la police municipale...

Published by Allain Louis Graux - dans Actualité politique et sociale
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20 octobre 2016 4 20 /10 /octobre /2016 12:00

S’il s’était agi, par cette mesure, d’éviter la fraude fiscale !

Début 2013, le syndicat Solidaire-Finances Publiques, en extrapolant les résultats du contrôle fiscal et en consolidant les travaux existants, a calculé que le montant total «des différentes formes d'évitements illégaux de l'impôt est compris entre 60 à 80 milliards d'euros» chaque année, soit 20% des recettes fiscales brutes de l'Hexagone.

Dans un livre publié en 2012, le journaliste Antoine Peillon[1] chiffrait à 600 milliards le montant des avoirs français dissimulés à l'étranger, dont environ 250 milliards détenus par des particuliers et le reste par des entreprises. Parmi ces riches, car ce ne sont pas les plus pauvres qui trichent, Liliane Bettencourt est accusée d'avoir enfoui 20 millions d'euros entre 2005 et 2008, à l'occasion de transferts entre la France, la Suisse et l'Italie par l'intermédiaire de comptes UBS et BNP Paribas, avant de finir, affirme l'auteur, dans des enveloppes remises à des personnalités de droite...comme Sarkozy. L’année 2015 aura été une année record pour le contrôle fiscal : les redressements ont, pour la première fois, dépassé la barre des 20 milliards d’euros pour atteindre 21,2 milliards, soit une progression de 18 % par rapport à l’année précédente[2]. Plus du quart des recettes totales des redressements pour l’année 2015 provient de contrôles menés sur les entreprises.

C’est bien, et ça prouve que les fraudeurs sont surtout et largement les plus riches avec les grosses entreprises et les multinationales. Mais pour le gouvernement ce n’est pas suffisant, il s’en prend maintenant aux petits contribuables. De quelle manière ?

A compter du 1er janvier 2018, l’impôt sur le revenu de l’année en cours sera prélevé chaque mois par l’employeur ou les organismes sociaux sur la paie du salarié, les indemnités maladies, maternité ou le chômage.

Ce qui revient à faire crédit à l’Etat du montant de l’impôt de l’année.

Auparavant, l’impôt était calculé sur le montant des revenus de l’année écoulée, il faisait donc crédit au contribuable, en 2018, ce sera l’inverse. Et pendant 18 mois, le salarié n’aura plus la possibilité de faire une demande de remise gracieuse en cas de difficultés de paiement.

Et ceux qui n’étaient pas imposables parce qu’ils bénéficiaient par exemple d’un crédit d’impôt pour frais de garde, devront faire cette avance à l’Etat avant de se voir restituer la somme prélevée. 9,6 millions de foyers sont concernés...

Les patrons deviennent des collecteurs de fonds publics.

Ils prélèvent déjà les cotisations pour la sécurité sociale, la TVA. Certains « oublient «  de payer.

Manque à gagner pour l’Etat 15 milliards d’euros sur la TVA. Pour la sécurité sociale, la fraude constitue un manque à gagner très important, sous différentes formes : travail dissimulé (au noir), heures supplémentaires non déclarées, travail détaché illégal, déclarations erronées... Selon la Cour des comptes, en 2012, elles représentaient entre 16,8 milliards et 20,8 milliards d’euros ! Ce montant correspond à celui du déficit des régimes obligatoires de base et du fonds de solidarité vieillesse, soit 19,1 milliards. En clair, si la fraude était réduite à néant la dette cesserait de se creuser.

Il faut rappeler aussi que la cotisation sociale n’est pas une charge mais une part du salaire. Sur la feuille de paie, on distingue le « salaire brut » et le « salaire net » : dans les deux cas, c’est du salaire.

Un « salaire net » qu’on touche et que l’on consomme tout de suite. Et un « salaire brut » constitué d’une partie de « cotisations sociales » : c’est une part de salaire socialisé, mutualisé, mise dans un pot commun et redistribuée à chacun selon ses besoins. C’est-à-dire que chacun cotise pour celui qui est dans le besoin lorsqu’il est malade, en accident du travail ou maladie professionnelle, au chômage, en charge de famille nombreuse, en difficulté de logement, ou encore en retraite. C’est un prélèvement volontaire et progressif, avec redistribution égalitaire.

Quand un gouvernement baisse le taux de cotisation sociale, en fait il baisse votre salaire ...Et de plus vous paierez le déficit creusé par vos impôts...

Alors le prélèvement de l’impôt sur les revenus, une nouvelle aubaine pour les patrons fraudeurs ?

Un salaire qui risque encore de baisser à cause de ce prélèvement à la source par la communication du taux d’imposition à l’employeur.

A partir de ce taux, l’employeur pourra se faire une idée du niveau de revenu du foyer fiscal. Si le ménage a d’autres revenus (mobilier, immobilier). Si le conjoint gagne plus que son salarié, il sera tenté de limiter d’éventuelles augmentations, comme pour les femmes dont les inégalités salariales doivent encore beaucoup à la notion de salaire d’appoint.

 En perspective : la fusion Impôt sur le revenu et CSG

La CSG est déjà prélevée à la source et sa fusion avec l’impôt faisait partie des engagements de Hollande. On ne se plaindra pas qu’il n’ait pas encore tenu celui-là. Pourquoi ? Parce que la CSG est un impôt proportionnel mais non progressif comme l’est l’impôt sur le revenu. C’est-à-dire que les taux d’imposition seraient les mêmes pour les riches et les pauvres et que ce serait l’occasion d’en finir avec le quotient familial.

La CSG est affectée exclusivement au financement de la Sécurité sociale, avec cette fusion, la sécurité sociale deviendrait complétement étatisée, loin du système autogestionnaire mis en place à la Libération par Ambroise Croizat. Il correspondait au principe : à chacun selon ses besoins et chacun y contribue selon ses moyens. Un principe de solidarité et non de charité. La sécurité sociale a été gérée de 1945 à 1967 par les représentants élus des assurés sociaux. Il faudrait plutôt en revenir à ce système de gestion, plutôt que d’étatiser davantage cet organisme qui est en fait celui de la gestion collective différée d’une part de nos revenus pour assurer une protection sociale solidaire de tous les citoyens. L’Etat pourra donc continuer à rogner sur les dépenses de santé, les retraites, les allocations familiales, sous des prétextes de rentabilité. Comme si la santé publique était une question de rentabilité ! La santé, c’est un choix de société, une priorité, comme l’éducation, les Services publics, l’eau, les Biens communs.

 Une exigence de la Commission européenne.

Le taux de recouvrement de l’impôt sur le revenu est de 99%, alors pourquoi changer une méthode qui fonctionne bien, contrairement à celle de la TVA ou des cotisations sociales ? C’est la Commission européenne qui dans sa recommandation du 12 juillet 2016 déclare : «  l’imposition des revenus des personnes physiques est particulièrement complexe, ce qui a un coût administratif significatif » ...Et elle fixe l’objectif d’« adopter la réforme concernant la retenue à la source de l’impôt sur le revenu des personnes physiques d’ici la fin de l’année 2016. »

Ce qui impliquera de milliers de suppression d’emplois dans les services du ministère des finances, une déstructuration de services déjà exsangues.

 La justice ce  serait une véritable réforme fiscale, toujours promise et jamais réalisée.

Soit :

Refonder l’imposition sur les revenus en transformant la CSG et l’impôt sur le revenu  actuel en un impôt citoyen garantissant les recettes de la Sécurité sociale et de l’Etat. En :

- Imposant les revenus du capital comme ceux du travail par une assiette large et unifiée ;

- Rendant l’impôt plus progressif avec un barème à 14 tranches contre 5 aujourd’hui. Chacun citoyen paye et selon ses moyens réels.

- Instaurant un revenu maximum autorisé : 100 % d’impôt sur la tranche au-dessus de 20 fois le revenu médian, soit 400 000 € de revenus annuels (33 000  € par mois).

- suppression du quotient conjugal, système patriarcal favorisant les inégalités salariales entre femmes et hommes.

- Remplaçant le quotient familial actuel par un crédit d’impôt par enfant.

- Supprimer les niches fiscales injustes.

- Refondant l’impôt sur les sociétés pour établir une égalité entre PME et grands groupes, favoriser l’investissement plutôt que la distribution des dividendes.

- Renforçant l’Impôt sur la fortune (ISF).

- Augmentant les droits de succession sur les très gros patrimoines.

- Réduire la TVA sur les produits de première nécessité et rétablir une TVA grand luxe pour financer ces baisses.

 Et puis renforcer les moyens de lutte contre la fraude et l’évasion fiscale, notamment en organisant le blocus des paradis fiscaux.

Qui propose ce programme ?

LA FRANCE INSOUMISE DONT LE CANDIDAT A L’ELECTION PRESIDENTIELLE EST JEAN LUC MELENCHON

 PAS MAL, NON !

  Allain Graux

   20.10.2016

 

 

 

 

 


[1] Ces 600 milliards qui manquent à la France. Enquête au coeur de l'évasion fiscale, par Antoine Peillon

Le Seuil, 2012, 187 p.

[2]www.lemonde.fr/economie/article/2016/03/03/la-lutte-contre-la-fraude-fiscale-atteint-des-rendements-record_4875965_3234.html#5DSSzvPR54stGqJw.99

 

Published by Allain Louis Graux - dans POLITIQUE
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3 octobre 2016 1 03 /10 /octobre /2016 11:35

Quelle signification donner à l’exclusion du fondateur du FN par sa fille dans sa volonté de dédiaboliser l’image du parti qui a rassemblé les différents éléments de l’extrême-droite en France, jusqu’à en faire le troisième mouvement par ses résultats électoraux, et même parfois le premier selon le type de scrutin, à la proportionnelle comme les européennes et les régionales. Dans les élections décisives, comme la présidentielle ou les législatives, quand il s’agit de rassembler un camp contre l’autre, une majorité d’électeurs votent néanmoins encore contre l’accession des Lepenistes au pouvoir.

Il faut rappeler que la dédiabolisation avait été proposée par Bruno Mégret en son temps et que Jean Marie Le Pen s’était violemment opposé à cette stratégie. A l’époque, en décembre 1998, Marine avait aidé papa à se défaire de son rival. Elle n’avait pas suivi sa sœur Marie-Caroline, épouse du mégrétiste Philippe Olivier ; elle avait adopté la ligne de son père : TSM (Tout sauf Mégret), aux côtés de Gollnish, Martinez et feu Holleindre, des partisans de la ligne dure aujourd’hui représentée par la nièce Marion Maréchal [1].

Pourquoi Jean Marie s’oppose-t-il toujours à une stratégie qui semble s’avérer gagnante si on en juge par l’audience, les succès remportés par sa mise en œuvre, sous les auspices d’Aliot et de Philippot?

En fait, je crois que le père pense que cette stratégie condamne à terme l’idéologie néo-fasciste dont il est le porteur et donc condamne son parti au déclin, à la disparition, s’il parvient au pouvoir. Car pour conquérir le pouvoir, il lui faut renoncer à ce qui fait sa spécificité extrémiste : outre le charisme du caudillo, les idées les plus raciales, l’organisation hiérarchisée dont tous les rouages dépendent de la volonté du chef. Le Pen père déclarait à Mégret qui contestait sa ligne et non sa présidence :

" Vous n’avez rien compris au FN, vous n’avez rien compris à ce que je suis. Le FN est comme une monarchie et je suis le monarque. "La pensée mégrétiste, dont en fait Marine s’inspire, était à l’opposé de la stratégie d’auto-diabolisation de Jean Marie le Pen. Elle consistait à déstabiliser les gens au pouvoir, les dirigeants des partis adverses, pour dénoncer et faire tomber le système. Et s’il avait parfois des velléités contradictoires de s’y intégrer, c’était avec l’espoir de s’emparer du pouvoir, mais pour lui seul.

Une affaire familiale

Un autre aspect, plus personnel, est l’affaire familiale que représente le FN. Pas touche à mon FN !

Le parti de JMLP, c’est avant tout une affaire familiale et un fonds de placement, une grande escroquerie dont sont victimes les électeurs qui se rallient à ses arguments nationalistes populistes.

Tous les rivaux potentiels du patriarche ont été éliminés (Carl Lang, Gollnish), exclus (Mégret), ou sont morts (Stirbois). Il a utilisé les uns contre les autres, dès qu’il sentait la menace d’une rivalité. Le FN est une entreprise familiale : un chef, une famille, un parti : Le FN. C'est Jean Marie Le Pen ! Dans ce parti, il ne peut pas exister de légitimité supérieure à celle du père fondateur. Au culte du chef, caractéristique des formations d'extrême droite, s’ajoute celui du patriarche dans lequel Le Pen a élevé ses trois filles. Il applique la préférence familiale comme il revendique la préférence nationale.

Les affaires se géraient non au siège, mais sur la colline du château « hérité » de Montretout à Saint-Cloud, à quelques centaines de mètres plus haut. L'aînée, Marie-Caroline, avait bénéficié la première d'un coup de pouce paternel avant d'être bannie pour trahison mégrétiste. L’ex-président du FN, un temps inéligible, avait même envisagé de confier la tête de liste des européennes de 1999, non à Bruno Mégret, mais à son épouse Jany. Ce qui avait provoqué la crise avec Mégret.

Yann, la moins connue des trois sœurs, s'employait à l'organisation des meetings, son mari, Samuel Maréchal, était conseiller, et Marine s'occupait de la communication et de l'image. Puis venu le moment de la retraite, malgré les réticences internes et l’ambition de Gollnish, le patron du FN confia sa succession à sa benjamine, celle que sa mère appelait «le clone de son père». Elle a d'abord « hérité de la direction du service juridique du FN, créé en 1997 pour couper les vivres aux mégrétistes. Elle s'est acquittée de cette tâche avec fougue au point d'écoper de leur part du surnom de «policière du Paquebot», le siège du FN[3]. Maintenant une autre héritière potentielle est sur les rangs : Marion qui dit qu’elle ne veut pas être l’otage de son grand-père, mais qui se différencie de sa tante. Ainsi le FN a plusieurs fers au feu...et peut contenter à la fois l’électorat de la petite bourgeoisie raciste du sud et l’électorat plus populaire des anciennes régions ouvrières du Nord et de l’Est.

C’est en 2003, au congrès de Nice, que le virage mariniste s’opère. En janvier, elle a déclaré sur RTL : « nous devons aujourd’hui prouver aux Français, notre capacité à gouverner. » Elle a tiré semble-t-il, une analyse des limites de la ligne du FN paternel[4]. Elle veut aller au pouvoir, en obligeant la droite nationale à l’alliance avec elle, en gauchisant son discours pour augmenter son capital électoral, devenir incontournable, en imposant les thèmes du débat politique à la société française. Un peu à l’image du MSI de Giorgio Almirante en Italie, qui au congrès de Fiuggi en janvier 1995, a décidé d'un « tournant » plus modéré vers la droite libérale, sous l'impulsion de Gianfranco Fini, adoptant alors le nom d'Alliance nationale[5]e, et qui s’est allié avec Berlusconi... Gianfranco Fini a occupé les fonctions de vice-président du Conseil des ministres de 2001 à 2006 et de ministre des Affaires étrangères de 2004 à 2006, dans les gouvernements Berlusconi II et III.

Une alliance est nécessaire au FN pour accéder au pouvoir car si un tiers des Français estiment qu’il incarne une alternative crédible au niveau national, qu’il propose des solutions politiques proches de leurs préoccupations, plus de la moitié d’entre-eux, considère que ce parti est un danger pour la démocratie.

Le Pen père, lui a compris cela, le compromis qui sera un jour nécessaire pour aller au pouvoir. Car le FN ne peut pas aller seul au pouvoir. Le père comme la fille ont compris cela. Mais Papa veut rester le chef, maitre de son parti et du jeu. Car s’il s’allie à la Droite, au parti de Sarkozy, il criant la dilution, l’avalement, la digestion par la droite extrême de l’UMP devenue « Les Républicains », comme les communistes ont été digérés par le PS de François Mitterand, puis de Jospin, en s’alliant avec lui et en acceptant de mener une politique de compromission avec le néo-libéralisme.

En fait, ne serait-ce pas, à terme échu, la chance de la Gauche ? Je parle de la Gauche, pas du PS ! Car cette gauche, des socialistes dissidents à la France insoumise, apparaîtrait alors comme la seule véritable alternative au système, aux partis qui se partagent le pouvoir pour exercer la même politique depuis l’ère Mitterrand.

Cette alliance des droites et de l’extrême-droite pourrait entrainer une scission au FN comme chez Les Républicains, comme cela l’a été avec Mégret, au profit de Le Pen. Le parti avait cependant eu du mal à reprendre son souffle, privé d’une grande partie de ses militants et de ses cadres. Cette fois ce pourrait être au profit de « Marion Maréchal nous voilà », avec un FN retrouvant son rôle de repoussoir, utile pour favoriser l’image républicaine de la droite.

Dans le Mystère français, Emmanuel Todd et Hervé Le bras, considéraient le phénomène mariniste comme éphémère, car « une telle évolution placerait la direction du FN, toujours proche, selon nous, de son vieux fonds culturel d’extrême-droite – anti égalitaire, anticommuniste, antisémite et anti-arabe – en réelle contradiction avec le tempérament de son électorat populaire, guère éloigné quant à lui du vieux fonds révolutionnaire français [6] ».

L’électorat que le FN prétend représenter ne correspond en réalité qu’à une partie seulement de la société française, en aucun cas son intégralité. Son idéologie tranche avec les valeurs républicaines et laïques pour garantir la cohésion nationale, l’intégration des groupes minoritaires, l’universalité.

Si la stratégie de « dédiabolisation » de Marine Le Pen s’est traduite par des changements de langage, plagiant la gauche radicale et altermondialiste, elle n’a pas sensiblement modifié le programme du parti sur les questions d’immigration (la priorité nationale), d’autorité, ou sur certaines questions sociales (la réforme du code du travail) et sociétales comme le mariage homosexuel ou même l’avortement. Le FN s’est très habilement approprié la défense de la laïcité et des valeurs républicaines, mais sur un fonds populiste et nationaliste antimusulman qui a fait place à l’antisémitisme du papa, surfant sur le climat engendré par les attentats de Daech. Cette image que Marine veut soft et apaisée est brouillée par la réalité d’un programme qui n’a finalement que peu évolué depuis Jean-Marie Le Pen.

Faut-il, pour autant attendre « la chute rapide du FN » pronostiquée par E.Todd[7], certes non, le fruit ne tombera pas tout seul de l’arbre du péché, quand il sera mûr et même s’il est déjà pourri !

Le chemin risque d’être long et difficile, car il s’agit de reconquérir les esprits, de redevenir audible et crédible pour une Alternative qui représenterait le peuple-citoyen et acteur du changement. Il faut que chacun se persuade que c’est possible, qu’il y a des solutions pour une autre France possible, une autre Europe possible, et même un autre monde possible. Des solutions qui redonneraient sa place au peuple détenteur de la souveraineté, au lieu de la confier à des représentants clientélistes qui la confisquent pour le temps d’un mandat sans rendre compte de leur action et le perpétue à vie, sans contrôle. Il faut en finir avec la monarchie républicaine de la Vème république, élire une Assemblée constituante citoyenne chargée d’élaborer une nouvelle constitution pour la proposer au référendum populaire. L’élection présidentielle peut-être l’instrument d’un changement rapide, pour mettre en œuvre des mesures d’urgence pour mettre fin au désespoir de millions de Français qui vivent dans la misère, et préparer l’avenir d’une France souveraine, libre de ses choix, gouvernée par des élus contrôlés et révocables, qui ne cumulent pas les mandats en nombre et dans le temps.

Notre système social devrait redevenir ce qu’il était à la Libération, un instrument solidaire de protection et de redistribution, géré par les cotisants, étendu et adapté à notre époque.

Il faut rompre avec le système libre-échangiste actuel, développer la coopération et non la compétition à outrance qui engendre les affrontements et accroit les risques de guerres. Il est nécessaire de développer un nouveau type d’industrie, recentrée sur les pays, produisant ce qui est utile, dans des conditions qui respectent l’environnement, produire mieux pour consommer autrement et inversement...

Il s’agirait de placer le développement humain, l’émancipation comme fin et l’argent comme moyen, et non l’inverse. Une logique qui peut rassembler la majorité du peuple de France, pour promouvoir le bel ouvrage et non le travail insensé, l’utilité du produit ou du service, plutôt que l’obsolescence programmée et l’injonction comptable.

La politique est un combat d’idées, chacun doit pouvoir investir ce terrain, cet espace. C’est sur ce plan que le FN doit-être inlassablement combattu, ainsi que tous ceux qui se rallient à ses thèses nauséabondes, masquées sous un discours pseudo républicain.

Allain Louis Graux

Le 2 octobre 2016

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30 septembre 2016 5 30 /09 /septembre /2016 22:41

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About the author:
Je suis né un 25 décembre de l'année 1941, dans une famille de boulangers.
Dès ma plus tendre enfance, ma grand-mère m'a donné le goût des voyages en m'apprenant à lire dans des récits de l'histoire coloniale de la France. Je l'avoue. Et aussi, le goût de l'étude, d'apprendre et de connaître.
Mon père qui avait effectué son service et fait la guerre dans la marine n'a jamais navigué, mais c'est parce que j'ai été bercé de leurs récits que je suis devenu marin à mon tour : engagé comme mousse à 15 ans. Gamin, je rêvais d'Alain Gerbaud et de Slocum, des îles, de la Polynésie. Je n'ai barré que des escorteurs d'escadre et des vauriens et si j'ai beaucoup voyagé, je ne suis jamais allé dans les îles du pacifique, sauf la Nouvelle- Zélande.
De retour de l'armée et de l'Algérie, j'ai travaillé comme ouvrier électricien, dépanneur d'ascenseur, puis cadre.
J'ai toujours voyagé, en France, en Europe, puis autour du monde, parfois à pieds, en randonnée.
Depuis la retraite, je décris et je photographie ce que je vois des pays que je visite, mes rencontres avec les peuples que je découvre, leur culture, leur passé, leur présent et leurs projets d'avenir. J'ai commencé avec le Vietnam, parcouru avec une association de Vietnamiens, puis Madagascar, les Dogons du Mali, les Peuhls, les Touaregs et les pêcheurs Bozo du Niger, de Ouagadougou à Tombouctou, le Pérou, le Guatemala, Le Laos, le Nicaragua, le Venezuela. Les récits sur le Laos, le Nicaragua, le Venezuela, l'Ethiopie (Abyssinie) ont été publiés. Des essais ont également été publiés par « Les points sur les I Editions » : Panorama sur l'histoire des Syndicats, le Venezuela 'De Simon Bolivar à Hugo Chavez', Panorama sur l'Histoire de l'extrême-droite et du fascisme, Nation, nationalisme, République (Thebookedition.com).

Ethiopie

Au pays des Surma

Après la présentation générale, le voyage en Abyssinie, le visage historique de l'Ethiopie, la découverte des tribus du Sud établies autour de la vallée de l'Omo, le pèlerinage musulman de Sheikh Hussein, je présente ici ma relation de voyage au pays des Surma, appelés aussi Suri. Ces éleveurs de zébus sont établis à cinq-six heures de piste au Sud de Teferi, la dernière ville importante avant la brousse, l'Afrique profonde en direction du fleuve Omo. En effet, ces tribus vivent encore comme il y a 10 000 ans, vêtus d'une simple couverture jetée comme une toge romaine sur leurs épaules et ne cachant rien de l'intimité des hommes et des femmes. Dans les hameaux installés près de trois villages, ils pratiquent aussi une agriculture pluviale, près de leurs cases, produisant du sorgho, du maïs, des haricots, du manioc, alors que leurs grands troupeaux de zébus nomadisent dans des prairies, des affleurements volcaniques, près de l'une des rares forêts vierges de l'Afrique semi-aride abritant une importante diversité faunistique.
Depuis les années 1980, une partie de leur territoire a été transformée en fermes irriguées étatiques et le gouvernement a lancé le projet de convertir une partie substantielle de leur territoire pour la production d'agrocarburants ou de plantations de bananes, de coton. « Dans le but de limiter le débat sur les politiques controversées et de restreindre la sensibilisation aux droits de l'homme, le gouvernement a publié un décret en février 2009 statuant que toute ONG ou autre association à but non lucratif recevant plus de 10% de ses fonds de sources étrangères (ce qui est pratiquement le cas de toutes les ONG en Ethiopie) ne peut promouvoir les droits démocratiques et humains. En juillet 2009, le Bureau de Justice de la région sud a révoqué les licences de 41 'associations communautaires', les accusant de ne pas coopérer avec la politique gouvernementale. De nombreux observateurs considèrent cette mesure comme une tentative réelle du gouvernement d'écarter toute discussion et de déjouer les mouvements d'opposition au barrage Gibe III. »

Malgré cette politique qui mène à leur disparition, l'ethnie Suri a conservé un mode de vie intact depuis des siècles, un visage de l'Afrique qui est celui de notre imaginaire de peuple colonial, avec les femmes « dites à plateaux »...Un visage très différent de l'Abyssinie.

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28 septembre 2016 3 28 /09 /septembre /2016 23:38

LAURENT GRANDGUILLAUME, DEPUTE :

DOUBLE LANGAGE OU EVOLUTION POSITIVE ?

Aux questions de Médiapart[1], LG exprime des idées auxquelles je pourrais souscrire, sur le non-cumul des mandats (Etre élu ne doit pas être un métier), le respect des engagements politiques, les réponses aux inquiétudes des classes sociales, des plus populaires aux professions indépendantes, l’Europe.

« Déjà en 2012, il avait refusé de cumuler son mandat national avec une responsabilité locale, ce qui avait mis en rogne son ancien mentor et engendré une brouille de plusieurs années. «L'ordre des choses installe une forme de glaciation qui empêche le renouvellement des idées, l'audace et la prise de risque, fustige-t-il. Il faudrait être candidat à tout, partout et tout le temps pour exister. C'est cela aussi le moteur de la défiance.» Ses camarades cumulards, et candidats jusqu'à plus d'âge à toutes les élections qui se présentent, apprécieront[2]...

Cette déclaration était tout à son honneur.

LG - Que l’on rénove nos institutions pour que l’on n’attende pas 10 ans, sans passer par de nombreuses étapes pour obtenir un brevet de bon socialiste, et que l’on vous dise enfin que vous pouvez aspirer à être un candidat à une élection...

Parce que la seule ambition citoyenne, pour les socialistes, se résumerait à être candidat, à faire carrière...

LG -La question institutionnelle, les socialistes dans leur ensemble se sont mis dans les chaussons de la V° République qui est une démocratie brutale, puisque l’exécutif à beaucoup plus de pouvoir que le législatif ; or, quand on est de gauche et révolté par l’injustice, on doit se préoccuper à la fois de la démocratie sociale – on l’a vu lors de confrontations sur la loi travail.

Dans le même temps on doit faire en sorte de porter un certain nombre d’idées dans les institutions pour les rénover et les dépasser. Pour toute idée il faut se battre.

Pour moi la crise n’est pas que liée aux institutions, elle est d’abord sociale. Si aujourd’hui il y a une fracturation dans la gauche et surtout dans les territoires, entre l’urbain et le péri-urbain, elle est dans le salariat, elle est entre ses millions d’invisibles qui ne sont pas pris en compte, par exemple les indépendants dont on parle très peu...il y a plein de questions auxquelles on n’a pas apporté les bonnes réponses. Un parti politique n’a pas qu’une fonction électorale, normalement il doit avoir une fonction de formation, une fonction idéologique.

Heureux de t‘entendre dire cela Laurent !

A chaque fois qu’il y a eu des débats de fond, on a mis le couvercle...Et ça ne date pas de 2012.

Si on prend la question européenne, après le référendum sur le TCE, on a mis le couvercle sur cette question fondamentale.

Je suis quelque peu surpris par ces réponses - plutôt positives à mon sens - quand on se rappelle que comme député, Laurent a voté toutes les lois des gouvernements de Hollande, sauf une (celle sur le renseignement),accepté des milliards de cadeaux aux entreprises avec le CICE[3], qu’il soutient toujours et qui n’a apporté aucun des emplois espérés, la loi Macron, jusqu’à la récente loi El khomri sur la réforme du code du travail, bien qu’il en regrette les fortes tensions, la violence et les fracturations. Il a été un collaborateur fidèle de François Rebsamen, tant au PS où je l’ai bien connu («Pathé Marconi : La voix de son maître !!!), ayant été dans la même section que lui, au Conseil et au bureau fédéral), qu’à la mairie, jusqu’à leur désaccord sur le non-cumul après son élection de député.

Je me souviens particulièrement qu’à propos de l’UE, dont il regrette aujourd’hui l’évolution négative, il m’a fait expulser d’une réunion des formateurs nationaux du PS auxquels j’appartenais, puis tenté de me faire exclure du Parti en compagnie de Vincent Assante (ex-secrétaire national chargé des handicapés) parce que nous menions en Côte d’Or, la campagne pour le Non au référendum sur le TCE, avec Jean Luc Mélenchon et Henri Emmanuelli. A laquelle s’était joint Laurent Fabius...dont Rebsamen fût un temps le partisan. Ce denier a été aussi un fidèle de Jospin, de Ségolène puis de Hollande, après des débuts politiques à la LCR. Il a navigué au gré de ses ambitions, entre Vouillot, Carraz, Neugnot, dans le cadre local, si bien que François Patriat lui a dit un jour, qu’à force de trahir tout le monde, il finirait seul...

Pour en revenir au référendum européen, tirant les conclusions de l’attitude peu démocratique de Laurent, des François et des autres, j’ai quitté un parti qui ne respectait justement pas les engagements socialistes dont il se réclamait, de la défense des intérêts des classes sociales populaires dont il se disait porteur, et qu’il était censé représenter. Ce ne fût pas le cas de Laurent qui déclare aujourd’hui ce que j’exprimais à l’époque dans les actes. C’est pourquoi, responsable du club Nouveau Monde d’Henri Emmanuelli en Côte d’Or, j’ai rejoint l’association PRS[4] avec Jean Luc Mélenchon et suis devenu le premier responsable de la Coordination du comité de Côte d’or du Parti de Gauche et de la région Bourgogne. Vincent Assante nous a rejoints un peu plus tard.

Il reconnait qu’il n’y a pas eu le changement promis, depuis 2012, mais il est resté au PS jusqu’à maintenant, n’a pas rejoint les contestataires, n’a pas eu le courage de l’économiste Liem Hoang Ngoc, même pas le positionnement des frondeurs. Il déclare encore :

On aurait pu s’appuyer sur la force des citoyens pour faire en sorte que l’on ne soit pas uniquement une puissance électorale qui a montré ses faiblesses, mais au contraire que l’on débatte des problématiques posées pour que les citoyens interpellent. Mais que n’a-t-il répondu aux demandes, aux interpellations du Front de Gauche, de Jean Luc Mélenchon sur les questions de l’austérité, de la transition écologique, de la politique européenne ?

Un des risques pour le PS serait de revenir à une sorte de SFIO avec des baronnies locales, où il n’y a plus de débats, où on entretient un réseau d’élus, ce n’est pas cela la fonction première du PS.

Bonne analyse, mais ce n’est pas nouveau, et je ne me souviens pas Laurent, que tu aies dénoncé ces méthodes déjà en pratique quand ton mentor Rebsamen était secrétaire de la section de Dijon et membre du secrétariat fédéral et dirigeant national.

Si la gauche fracturée n’est pas rassemblée, elle peut disparaître. Il faut que la Gauche puisse rejoindre la majorité sociale qui est dans le rural, le périurbain, la périphérie sur les questions sociales, une majorité sociale qui se sent parfois abandonnée.

Certes mais sur quelle politique, celle de Hollande et Valls que tu as soutenue, ou une autre politique radicalement différente ? Tu cites les différences entre les salariés urbains et les autres, les chômeurs de longue durée, depuis plus de 3 ans, mais tu condamnes en même temps l’analyse marxiste de la situation, qu’il faudrait dépassée. Ne serait-ce pas pourtant un exemple de l’exploitation capitaliste, de la lutte des classes – qui n’est pas une volonté de la classe ouvrière de lutter contre les vilains bourgeois– on dit populaire aujourd’hui, comme si c’était une injure d’être ouvrier, alors que les ouvriers et les employés sont toujours la majorité sociale du pays – mais c’est une réalité de la domination du capital sur le salariat.

Il faut des confrontations, mais la logique des primaires renforce la logique de la V° République en privilégiant les personnes au détriment des débats, dis-tu. C’est exact. Et c’est bien pourquoi il faut en finir avec cette république monarchique, élire une Assemblée constituante et élaborer ensemble une autre République, citoyenne, démocratique, solidaire, écologique.

Aujourd’hui, tu quittes toute responsabilité, tu ne te représenteras pas à l’échéance de 2017. Fort bien, mais pour aller vers où et vers quoi ? Est-ce comme ces rats qui quittent un navire, qui après avoir longtemps louvoyé pour atteindre un cap, qui n’était pas, loin de là, celui de la Bonne espérance, mais plutôt un courant qui mène le vaisseau socialiste droit sur des écueils. Il risque de se fracasser et sombrer dans les abysses après une longue dérive à l’image de tous les partis de la social-démocratie européenne, qui à force de compromis avec le capital, comme le revendique Henri Weber, également dans un article de Mediapart, sombrent dans la compromission avec le capital financier, le libéralisme globalisé.

Aussi faute de réponse précise sur tes engagements futurs, on ne peut que se poser cette question concernant les idées que tu exprimes :

Es-tu sincère ? Ou est-ce une fois de plus que l’expression d’un double langage ?

Il faut te reconnaître la qualité d’un député actif et sérieux. Mettras-tu enfin ces qualités au service du changement politique, économique, institutionnel, social, écologique, que la grave situation de notre pays exige ?

Le 28.09.2016

Allain Louis Graux

Porte-parole du PG 21

Membre du Conseil national du PG

[1] https://www.mediapart.fr/journal/france/210916/garder-le-parti-socialiste-le-quitter-le-reconstruire-pour-en-faire-quoi

[2] LE FIGARO - Pourquoi le député Laurent Grandguillaume tire sa révérence... à 38 ans, par Marc Landré- 07/09/2016

[3] La créance cumulée progressivement par les entreprises au titre du Cice depuis 2013 s'élevait au 31 juillet à 43 milliards d'euros, dont 27,5 milliards effectivement perçus sous forme de baisses ou de restitutions d'impôt.

Pour la seule période 2013-2014, la créance cumulée s'élevait à 28,7 milliards d'euros et le coût budgétaire effectif pour ces deux années à 18,6 milliards... La commission des finances du Sénat avait dressé dans un rapport rendu public en juillet un bilan très mitigé du Cice, jugé trop complexe et à l'efficacité incertaine pour un coût budgétaire élevé. (https://La commission des finances du Sénat avait dressé dans un rapport rendu public en juillet un bilan très mitigé du Cice, jugé trop complexe et à l'efficacité incertaine pour un coût budgétaire élevé.)

[4] Pour la République Sociale

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1 septembre 2016 4 01 /09 /septembre /2016 09:33

J'ai eu le plaisir de rencontrer Valérie en 2015 à Jérusalem

Vallée du Jourdain : une guerre sans merci contre les Bédouins

http://www.middleeasteye.net/fr/reportages/vall-e-du-jourdain-une-guerre-sans-merci-contre-les-b-douins-1912414558

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Vallée du Jourdain : une guerre sans merci contre les Bédouins

#IsraëlPalestine

Dans cette région de la Cisjordanie occupée, les destructions dans les campements bédouins ne sont qu’un aspect de la politique israélienne d’expulsion des Palestiniens

Le campement bédouin de Hadidiyeh, en Cisjordanie (MEE/Valérie Féron)

Valérie Féron

1 août 2016

Dernière mise à jour :

02 août 2016

Campement bédouin de Hadidiyeh, CISJORDANIE OCCUPÉE – En contemplant les vastes pâturages de la vallée du Jourdain, nul ne saurait imaginer la violence de la bataille qui se joue ici. Pour en comprendre l’ampleur, il faut se rendre dans des communautés bédouines comme celle de Hadidiyeh, dans le nord de la vallée, où vit Abou Saqer.

Avant même que celui-ci n’explique en détail ce que sa famille endure, l’état du campement nous fait comprendre les difficultés auxquelles font face ces communauté, ne serait-ce que pour accéder à leur lieu de résidence. Lorsque l’on vient de l’intérieur de la Cisjordanie via Tubas, au nord de Naplouse, le dernier kilomètre se fait à travers champs, ce qui rend tout déplacement compliqué, que ce soit pour acheminer du matériel et des vivres ou pour envoyer les enfants, dont certains en bas âge, à l’école.

Vivre la peur au ventre

Si la vingtaine de tentes couleur sable se fondent harmonieusement dans le paysage, les débris de celles détruites ces derniers mois témoignent du bras de fer permanent entre l’armée israélienne et les Palestiniens qui, dans toute cette zone, sont seuls face aux soldats et colons israéliens. 95 % de cette région, qui représente un tiers de la Cisjordanie, fait en effet partie de la « zone C » qui désigne, selon la terminologie des Accords intérimaires de paix d’Oslo, les 60 % de la Cisjordanie restés sous occupation israélienne directe depuis 1967.

À Hadidiyeh, les destructions du mois de janvier dernier sont encore dans tous les esprits. « Ils sont arrivés avec les bulldozers et ont commencé à raser plusieurs tentes », raconte Abou Saqer, calé dans une chaise en plastique au milieu d’une des tentes réservées aux invités.

« Ils ne se sont pas contentés de les mettre à terre. Ils ont ensuite rassemblé les débris pour en faire un tas qu’ils ont écrasé comme pour en faire une sorte de pâte. Je les regardais faire en souriant, ce qui a largement énervé leur chef, que je connaissais bien, car il était déjà là pour de précédentes opérations de destruction. Il m’a demandé pourquoi je riais. Je lui ai répondu que je ne comprenais pas pourquoi ils s’acharnaient autant, et que de toute manière, j’allais reconstruire, et à neuf.

« Pour se venger, il a ordonné aux soldats de nous interdire de reconstruire quoi que ce soit, pas même de quoi protéger mes enfants de la pluie. C’était en hiver, il faisait froid, on est restés quinze jours comme ça. »

À quelque pas de là, dans une autre tente où sa famille termine son déjeuner, les regards sont tous posés sur le benjamin de la bande, 3 ans, présenté comme un héros. L’histoire familiale raconte qu’alors qu’il ne tenait pas encore debout, il avait pris un petit caillou et l’avait lancé en direction des soldats qui opéraient une descente dans le camp.

Si le souvenir de la scène provoque des sourires, les visages des adolescents présents se ferment dès qu’on leur demande de parler de leur vie quotidienne. « Les soldats viennent tout le temps, et souvent ils nous frappent, dit l’un d’entre eux en hachant ses mots. Et on ne peut rien faire, juste se taire et attendre qu’ils repartent. Si je réagis, ils risquent de s’en prendre encore plus à mon père et à ma famille. »

Les débris des tentes détruites par l’armée israélienne dans le campement de Hadidiyeh sont encore visibles (MEE/Valérie Féron)

La guerre de l’eau

À l’autre bout du camp, Rokaya, l’épouse d’Abou Saqer, est affairée près d’un des enclos abritant des moutons et engage aussitôt la conversation sur le « nœud » de cette guerre de l’ombre : l’eau. La vallée du Jourdain en est riche, mais la précieuse ressource est détournée par la puissance occupante au profit de ses colonies. Résultat : une précarité extrême pour les humains comme pour les animaux.

« Ils nous ont totalement coupés des puits et des sources, et vous voyez combien c’est difficile d’accéder ici. Les voitures et même les tracteurs ont du mal à nous amener des réservoirs, surtout en hiver, quand il a plu. »

« Il y a des fois où l’on va dormir en ayant soif, avoue Rokaya. Comment voulez-vous que mes enfants, surtout les petits, supportent ça ? Ils sont tout le temps malades ! ». De graves problèmes que ne connaissent pas les colons des implantations israéliennes proches de Ro’i et de Beka’ot, illégales aux yeux de la loi internationale mais qui sont directement alimentées en eau courante par la compagnie israélienne Mékorot.

Toute tentative de pallier l’absence de services de base dans ces communautés en construisant quatre murs pour servir d’école ou de centre médical est vouée à l’échec, Israël détruisant systématiquement les structures rénovées ou bâties à neuf sous prétexte qu’elles sont « illégales », puisque construites sans permis. Permis qu’il faut demander à la puissance occupante et qui, en conséquence, sont quasiment impossibles à obtenir dans cette région fragmentée en « zones militaire », « zones de tirs » et « réserves naturelles » censées être interdites d’accès aux populations palestiniennes.

Le terme de « réserves naturelles » fait sourire Abou Saqer : « Normalement, ces zones sont supposées servir à préserver la nature et à être bénéfiques à l’être humain. Mais ici, elles servent les objectifs de l’armée et des colons. Tous les ans, ils mettent le feu à certaines terres, et si un berger ou fermier palestinien pénètre dans ces secteurs, il doit payer de lourdes amendes ». Cette politique est inévitablement destructrice pour l’environnement, dans la mesure où elle contribue à la création de zones arides dans cette région fertile.

Les animaux comme les humains

Outre la terre et l’eau, l’armée israélienne s’en prend aussi à l’autre richesse de toute communauté bédouine : le cheptel. Moutons et chèvres sont régulièrement confisqués à leurs propriétaires et emmenés dans ce qui est appelé « la quarantaine », un autre terme qui déclenche ironie et amertume chez Abou Saqer.

« Mettre un animal en quarantaine dans le monde entier veut dire l’isoler du reste d’un troupeau s’il est malade, rappelle-t-il en allumant une énième cigarette. Mais pour les Israéliens, ce mot a un tout autre sens. Ils prennent nos bêtes qui sont en pleine forme et les parquent avec d’autres qui, elles, sont parfois malades, ce qui contamine tout le troupeau !! De plus, ils ne s’en occupent pas bien et elles nous sont rendues en mauvaise santé ».

En outre, pour récupérer les animaux ainsi confisqués, les propriétaires doivent payer des amendes : « Ils nous obligent à payer dès le premier jour l’équivalent de 6 euros par tête et par nuit, précise-t-il, et cela peut monter jusqu'à 14 euros ».

La réalité sur le terrain tranche radicalement avec les discours officiels israéliens que dénonce cet homme d’une soixantaine d’années qui ne quitte jamais en public son keffieh à damier noir et blanc : « Ils clament partout qu’ils sont une démocratie ! Voyons un peu ce que ce système démocratique et sa justice font ici. Les terres sur lesquelles nous nous trouvons nous appartiennent, nous possédons le tabou, le titre de propriété. Celui-ci a été reconnu aussi bien par les Britanniques [durant la Palestine mandataire, 1920-1948] que par les Israéliens ! ».

Mais posséder un acte de propriété n’a jamais signifié pour Israël que cela donnait le droit aux Palestiniens de vivre sur leur bien foncier. Titre de propriété ou pas, ces derniers sont considérés comme des intrus sur leur sol national.

« En 2006, après une longue bataille judiciaire, la Cour suprême israélienne nous a déclarés… illégaux ici ! », poursuit Abou Saqer. « Le citoyen palestinien né sur cette terre, où son père et son grand-père sont nés, et qui possède l'acte de propriété de cette terre reconnu par Israël, est illégal.... c'est ça, la Cour suprême israélienne… la justice israélienne. »

Abou Saqer explique la situation dans le camp à des visiteurs (MEE/Valérie Féron)

Forcer Israël à respecter les droits des Palestiniens

Pour les aider à rester sur leurs terres en attendant des jours meilleurs, la communauté internationale, dont la France, fournit une aide à ces communautés bédouines. Celle-ci consiste entre autres à leur procurer des tentes pour remplacer celles détruites par les autorités israéliennes. Or ces dernières n’hésitent pas non plus à détruire les infrastructures fournies par la communauté internationale, dans un cycle sans fin.

C’est ainsi que depuis le début de l’année 2016, au seul niveau européen, 72 structures en zone C financées par le service d'aide humanitaire et de protection civile de la Commission européenne (ECHO) ont été détruites, selon un communiqué du bureau de la Commission à Jérusalem reçu par MEE.

L’État d’Israël estime pour sa part avoir le droit de détruire tout projet qu’il définit comme « illégal », c’est-à-dire n’ayant pas fait l’objet d’une autorisation et d’une coordination préalable avec ses services.

Selon ce même communiqué de la Commission européenne, depuis 2009, quelque 600 projets financés par la Commission et les États membres, pour un montant de 2 300 000 euros, ont déjà été démolis, ou sont menacés de l’être. Ce qui prouve, pour Abou Saqer, que cette aide n’est pas la réponse appropriée si elle n’est pas accompagnée de sanctions claires envers Israël.

« Pourquoi les États, organisations internationales et associations qui nous aident ne réagissent pas lorsque le matériel qu’ils nous donnent est confisqué ou détruit ? Quelle est donc cette hypocrisie générale qui consiste d’un côté à nous aider, et de l’autre à continuer à avoir des relations normales avec Israël malgré toutes ses violations du droit international ?

« En fait, nous n’avons pas besoin de cette aide, nous avons juste besoin de nos droits à vivre librement sur notre terre », ajoute-t-il en guise de conclusion.

L’Union européenne assure régulièrement dans ses communiqués être déterminée à poursuivre son action auprès des populations palestiniennes en zone C, conformément à la loi internationale et aux Accords de paix d’Oslo. Le tout pour parvenir à l’objectif final : la construction d’un État palestinien viable aux côtés de l’État d’Israël.

Mais c’est justement dans la vallée du Jourdain que ces déclarations de principe sont les plus mal reçues, cette région étant cruciale à toute viabilité d’un État Palestinien. Pour les Palestiniens, bien au-delà des communautés bédouines, le soutien affiché des Occidentaux à la solution à deux États non accompagné de sanction n’a aucun sens, face à un État d’Israël qui poursuit son expansion territoriale, via notamment sa politique d’expulsion des communautés les plus démunies.

Lire également :

La négation systématique du droit à l’eau des Palestiniens par Israël #IsraëlPalestine

Published by VALERIE FERON - dans PALESTINE
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27 août 2016 6 27 /08 /août /2016 13:11

POUR COMPRENDRE :

LE PROBLÈME DES COOPERATIVES MINIÈRES EN BOLIVIE

Après avoir été ratifiée par un référendum, la constitution promulguée par le MAS en 2009 reconnaît plusieurs formes d'organisation économique y compris celle de la coopérative, en tant que forme associative à des fins non-lucratives. Depuis une semaine, les coopératives minières ont lancé une offensive pour obtenir du gouvernement certains avantages qu'elles estiment indispensables pour leur fonctionnement. Nous essayerons ici d'analyser les raisons qui poussent cette offensive à des extrêmes criminels.

Les coopératives minières sont apparues dès 1985, après la décision du gouvernement de fermer les mines (nationalisées en 1952) en vue de leur incapacité à atteindre la rentabilité. La majorité des mineurs licenciés a quitté les régions minières pour chercher à survivre en zones urbaines ou dans la zone tropicale (en plantant de la coca).

Les premières coopératives minières ont obtenu du gouvernement qu'on leur cède des mines épuisées, ou les dépôts de minerai de basse qualité qui se sont amoncelés au cours des siècles autour des gisements les plus importants.

Les premiers coopérativistes ont eu à affronter non seulement un travail ingrat et mal rémunéré, mais aussi des tâches auxquelles ils n'étaient pas préparés, à savoir l'administration de leur coopérative et la commercialisation du fruit de leur travail.

C'est alors que commence l'évolution de la coopérative en entreprise; n'ayant pas les moyens d'investir en moyens de transport, ni en technologie d'extraction, la coopérative se voit obligée à établir des relations économiques avec les investisseurs étrangers qui ont racheté les meilleurs gisements et les entreprises de transport qui travaillent pour eux.

Ces relations prennent diverses formes:

-sous-traitance des secteurs moins rentables des exploitations, ou des plus dangereux à exploiter

-création de petites entreprises de transport qui desservent plusieurs coopératives et/ou mines voisines

-vente du produit brut d'extraction à l'entreprise

-association contractuelle avec une entreprise qui permet de lui transférer les privilèges de la coopérative

Cette évolution s'accompagne d'une pénétration du secteur coopérativiste par des entrepreneurs issus des classes moyennes et hautes, qui en profitent pour développer l'appui politique dont ils ont besoin pour obtenir de l'état de nouvelles concessions et ou facilités qui élèvent leurs revenus.

Avec la hausse des prix des commodities, entrepreneurs et coopérativistes commencent à engranger des bénéfices élevés qui ne font qu'augmenter leur appétit et à les enfoncer dans une mentalité toujours plus soumise à l'individualisme compétitif qui est diffusé par le néo-libéralisme.

Les coopératives commencent à offrir des emplois aux paysans de l'Altiplano qui y trouvent une source de revenus pour les périodes de peu d'activité agricole, constituant ainsi un sous prolétariat abondant qui sert de force de travail, avec une forte capacité de mobilisation, et avec l'expérience de l'utilisation de la dynamite qui les rend redoutables.

Les gouvernements antérieurs à celui de Evo Morales coopèrent à ce processus qui les met à l'abri de toute revendication directe des salariés de ce secteur, en favorisant les intérêts des dirigeants des coopératives. Le mot d'ordre est simple: "Vous avez des problèmes? Adressez-vous à vos dirigeants; nous traiterons avec eux".

Ce sont ces coopératives qui ont décidé en 2003 le sort de la "Guerre du Gaz". La population de El Alto a eu beau manifester héroïquement et bloquer les rues de La Paz, ils n'arrivaient pas à mettre en déroute les militaires qui défendaient le gouvernement. Ce sont 5000 coopérativistes, venus des régions minières armés de dynamite, qui forcèrent le départ de Gonzalo Sanchez de Lozada, ce qui leur valut encore plus de prestige politique; un prestige qu'ils ont toujours cherché à monnayer, au cours des 10 années de gouvernement de Evo, qui a pratiquement toujours cédé à leurs exigences, vu le double poids de ce secteur.

Les coopératives minières constituent une force électorale importante; entre les vrais "associés" (environ 12.000) et leurs "travailleurs" (environ 100.000) c'est un secteur fondamental du "vote dur" pour Evo. Mais c'est aussi un total d'environ 120.000 hommes organisés, encadrés, parfaitement capables de s'imposer sur les forces de police, avec accès illimité à la dynamite comme "outil de travail".

À titre d'exemple, rappelons qu’Evo a accepté que les coopératives, assistées par des entrepreneurs privés, rédigent eux-mêmes en 3 ans de travail la nouvelle "loi des Mines", avec l'appui technique du ministère de tutelle. C'est cette loi que Evo à présenté lui-même en 2014 au Parlement en demandant qu'elle soit approuvée "sans modification". Pour une fois, le parlement a protesté et a introduit un certain nombre de changements, malheureusement insuffisants. Les coopérativistes n'ont pas réussi à éviter ces changements, car l'appui populaire à Evo était encore très élevé.

Aujourd'hui, nous assistons à une élévation du niveau de pression qu'elles exercent sur Evo. Elles exigent, entre autres:

- l'interdiction pour les "travailleurs" de se syndicaliser, comme le prévoit la Constitution.

- l'autorisation de signer des contrats d'association avec des compagnies privées ou transnationales

- l'approbation de ces contrats sans les soumettre à examen par le Parlement

- l'exemption pleine d'impôts en tous genres pour elles et pour les compagnies signataires

- l'abolition de l'autorité minière de la Comibol sur l'attribution de gisements en concession

- l'assignation d'un quota de représentants aux plus hauts niveaux de l'état (vice-ministre, députés, sénateurs)

- le renforcement d'un fond financier pour l'acquisition de technologie pour leurs activités

- la création d'un réseau de transmission pour fournir de l'énergie électrique à toute coopérative, avec tarifs de faveur

- l'assignation de nouvelles concessions dont la richesse aura été démontrée par les services de l'état

On peut donc conclure que les exigences des coopératives, loin de correspondre à une vision "communautaire, associative, sans but lucratif", sont en fait dignes des rêves les plus fous d'entrepreneurs capitalistes purs et durs.

Passons maintenant à un autre niveau de cette analyse.

Pourquoi les coopératives lancent-elles aujourd'hui un tel assaut contre le gouvernement Evo Morales, contre ce que devrait être un "processus de changement" anticapitaliste et anti-impérialiste, et contre les intérêts du peuple de Bolivie dans son ensemble?

D'un côté, la baisse des prix des matières premières a obligé le gouvernement à augmenter la pression fiscale pour compenser la baisse des revenus. En ce qui concerne les coopératives il est impératif de permettre la syndicalisation de leurs "travailleurs", ce qui apporterait le moyen de détecter les coopératives et leur chiffre d'affaires, et donc d'en imposer les revenus.

À titre d'information, les coopératives du secteur aurifère ont exporté, à elles seules, en 2014 un total de 48 tonnes d'or, équivalentes à environ 1.300 millions de dollars. Ici, on parle gros sous, sans impôts.

D'un autre côté, le referendum du 21 Février 2016 a décrété que Evo ne peut plus se représenter comme candidat à la Présidence de l'État Plurinational. Les propriétaires de ces coopératives, ainsi que leurs associés, se font du souci pour leur avenir et tentent d'obtenir encore plus de privilèges en soumettant Evo à un chantage scandaleux; le message est clair: "tu nous donnes encore plus de privilèges, et nous voterons pour toi". D'autres secteurs (cocaleros, transport, commerce) font de même, mais sans dynamite…

CONCLUSION:

Le processus de changement en Bolivie, en n'apportant aucun changement sur le développement capitaliste des moyens de production, a surtout servi pour approfondir chez les paysans de l'Altiplano l'emprise de la mentalité d'individualisme compétitif propre de l'idéologie du capitalisme néo-libéral. Ce sont eux qui, aujourd'hui, revendiquent le droit à renforcer leurs relations avec le marché capitaliste mondialisé, sans se soucier des droits du reste de la population, consacrés par la constitution du MAS.

Il est clair aussi que les vertus de la culture communautaire ne peuvent, à elles seules, combattre cette idéologie qui confronte des patrons indigènes à des travailleurs indigènes, à des policiers indigènes, à un président tout aussi indigène, et à un projet d'État qui se voulait plurinational et qui ouvrirait la voie vers le "socialisme communautaire".

Pour finir, l'histoire enregistrera le fait que le "proceso de cambio" en Bolivie s'est bel et bien terminé le 21 Février 2016.

Christian Rodriguez

Published by Christain Rodriguez - dans AMERIQUE LATINE
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13 août 2016 6 13 /08 /août /2016 11:25

J’apprends, selon l’agence Reuters[1], que les forces de sécurité éthiopiennes ont tué 33 personnes durant le week-end dernier lors de manifestations dans la région d'Oromia, dans le centre de l'Ethiopie. Mulatu Gemechu, député du Congrès fédéraliste Oromo, a déclaré que des policiers et des militaires avaient exécuté des manifestants dans dix villes de la région, dans laquelle des projets d'expropriation de terres agricoles ont provoqué des tensions depuis plusieurs mois. Le 11 Août L’humanité annonce que la répression des manifestations pacifiques de ces derniers jours a fait près de cent morts.

En cause : les conflits fonciers et les griefs politiques à l’égard des Tigréens qui s’emparent du pouvoir. La politique d’instrumentalisation des appartenances ­ethniques par le Front démocratique révolutionnaire des peuples éthiopiens, qui monopolise le pouvoir depuis 1991, est-elle en train de lui revenir en boomerang ? Ces derniers jours, le régime a réprimé dans le sang les manifestations qui secouent les régions d’Oromia et d’Amhara, faisant près de 100 morts et des centaines de blessés, selon un bilan établi par Amnesty international. La capitale, Addis-Abeba, n’est pas épargnée : samedi, les protestataires réunis à Meskel Square ont été brutalement dispersés et la police a procédé à des dizaines d’arrestations. Pour tenter d’éviter toute contagion, les autorités bloquent, depuis vendredi, l’accès aux réseaux sociaux. Sans succès, puisque le mouvement de contestation connaît une ampleur inédite. « C’est un mouvement de masse de désobéissance civile qui n’est pas organisé par les partis politiques, les gens en ont assez de ce régime et expriment leur colère partout », a expliqué à l’AFP Merera Gudina, figure de l’opposition et président du Congrès du peuple oromo[2].

Comme pour d’autres peuples de l’Ethiopie et notamment les ethnies du Sud, c’est la politique autoritaire de développement industriel forcené, de vente des terres ou de leur location à des grands groupes multinationaux, au mépris des droits des paysans et habitants qui est en cause. L’ethnie Oromo est la communauté la plus nombreuse de l’Ethiopie, représentant près de 35 % de la population du pays qui est proche de 100 millions d’habitants.

Depuis novembre 2015, alors qu’une famine touche les populations du Nord-Est (10 millions de personnes) l’Ethiopie est le théâtre d’un mouvement de contestation et d’une répression féroce, dans la tradition autoritaire d’un pouvoir qui ne tolère aucune opposition.

C’est, au départ, un projet d’expansion urbaine d’Addis-Abeba qui a mis le feu aux poudres. Ce plan d’urbanisme controversé, abandonné depuis, menaçait d’empiéter sur les terres ancestrales des Oromo. Ces dix dernières années, déjà, 150 000 paysans oromo ont été chassés de leurs terres par l’explosion démographique de la capitale ou par la location à long terme de terres cultivables à des capitalistes étrangers. Une politique délibérée, puisque, en vertu du droit éthiopien, la terre est propriété de l’État, ses occupants bénéficiant de droits coutumiers. Or, depuis 2010, le gouvernement éthiopien fait des ponts d’or aux multinationales de l’agrobusiness, auxquelles il a octroyé 3 millions d’hectares de terres sous forme de crédit-bail (leasing). Au détriment des éleveurs et cultivateurs locaux déjà durement affectés par de sévères et récurrentes sécheresses. Dans la région d’Amhara, où la contestation est plus récente, c’est la décision du gouvernement central de rattacher un district à la région voisine du Tigré qui alimente la colère.

L’échec d’un fédéralisme ethnique de façade

Ces conflits fonciers se conjuguent avec un ressentiment grandissant à l’égard des Tigréens, accusés d’accaparer les postes clés au sein du gouvernement et des forces de sécurité. L’actuel pouvoir puise en effet ses racines dans le Front de libération du peuple du Tigré, dont les forces se sont substituées à l’armée nationale après avoir chassé du pouvoir le colonel Mengistu Haile Mariam en 1991. « Tous les partis d’opposition accusent (…) le Front révolutionnaire et démocratique des peuples éthiopiens de favoriser la domination et de maintenir les privilèges d’un seul groupe ethnique, celui du Tigré (…) et de dresser systématiquement les groupes ethniques les uns contre les autres pour parvenir à ses fins hégémoniques », écrit Berouk Mesfin, chercheur à l’Institut d’études de sécurité (ISS) à Addis-Abeba. Les récentes manifestations témoignent de l’échec de ce fédéralisme ethnique de façade, désormais lourd de risques de balkanisation dans un pays qui compte 80 groupes ethniques. Le premier ministre Haile Mariam Dessalegn, qui pourrait tenir lieu de fusible dans cette grave crise, a beau jeu, désormais, de dénoncer les menaces planant sur l’« unité du pays [3]».

Nota :

On peut se référer à mes articles et livres précédents dans les chapitres sur la politique agricole, le développement, l’accaparement des terres, qui préfiguraient ces tragiques évènements récents.

Les Oromo sont en majorité musulmans, (religion de 33% de la population du pays. C’est un islam très modéré[4] qui s’était toujours accommodé de la coexistence avec la religion catholique orthodoxe dominante (environ 44 %). Une partie des Oromo, dans la région de la capitale, sont chrétiens, ceux du groupe Tulama, au sud-ouest du Choa.

Avec le voisinage des Shebabs intégristes somaliens, une contamination fondamentaliste pourrait s’opérer au travers des frontières du Tigré et de la province éthiopienne Somalie, vers l’Oromia. J’y remarquais déjà quelques traces visibles dans la tenue vestimentaire des femmes, quoique très minoritaire, en septembre-octobre 2015.

Les Oromo

A l’origine, ce sont des éleveurs de zébus, des nomades qui vivaient dans l’actuelle Somalie. Les somaliens, éleveurs de chèvres et de dromadaires les ont poussés vers l’Ouest où ils se sont sédentarisés, à la fin du XVIème siècle. Ils ont atteint les frontières du Tigré et se sont progressivement répartis et adaptés aux climats et conditions de diverses régions, éleveurs et agriculteurs dans les hautes-terres et le Harar, pasteurs et semi-nomades dans les basses-terres. C’étaient aussi des guerriers très organisés et redoutés, appelés du terme péjoratif Galla (barbares) par leurs adversaires.

Ils se subdivisent en de nombreux clans : Boranas, Gudgis, Arsis, Ittus, Metchas, dispersés aux quatre coins du pays.

L’Oromo Libération Front (OLF) s’est organisé et militarisé en 1974, soutenu par le Soudan et la Somalie dans la rébellion contre le Derg de Mengistu[5], le dictateur rouge. Il a participé au renversement du régime en 1991. Mais il a été rapidement exclu du processus constitutionnel du gouvernement fédéral, en raison de ses revendications indépendantistes. Les Oromo disposent néanmoins d’un Etat fédéral situé à l’Ouest du pays et autour de la capitale.

Paradoxalement, l’idéologie nationaliste oromo a été forgée par des générations d’intellectuels formés par le protestantisme évangélique de l’église de Mehkane Ye, une secte influente.

Rassemblés en une entité politique et religieuse, les Oromo représenteraient une grande force qui pourrait contester un pouvoir dirigé d’une main très ferme par les héritiers du Derg et soumis à l’influence prépondérante de la hiérarchie catholique orthodoxe.

Les évènements récents sont-ils des prémices qui pourraient enflammer un nouvel Etat de la corne de l’Afrique, déjà encadré par des pays en guerre : Soudan-Sud, Soudan, Somalie, par ailleurs si proche d’un Moyen-Orient enflammé ?

Addis-Abeba, c’est aussi le siège de l’Union africaine (UA qui a succédé à l’OUA).

Allain Louis Graux

Le 12.08.2016

Mes livres sur l’ETHIOPIE

- Un panorama sur le pays de la reine de Saba - Lulu.com - Août 2014

- ABYSSINIE - Lulu.com - décembre 2014

- A la découverte des peuples du Sud - Edilivre - 2015

- Le pèlerinage de Sheikh Hussein - TheBookEdition.com – dec.2015

- Au pays des Surma - à paraître

[1] Reuters 16.08.08 -

[2] L’Humanité – 16.08.10 - Éthiopie. L’accaparement des terres au cœur de la crise - Rosa Moussaoui

[3] Ibid

[4] Lire mon ouvrage sur le pèlerinage musulman, de Sheikh Hussein

[5] Toujours vivant et réfugié chez Mugabé au Zimbawe.

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Allain Graux

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LES RECITS ALLAINVOYAGE

 

LE LAOS AU FIL DU MEKONG

Il s’agit d’un récit du voyage que j’ai effectué en novembre 2007 au Laos agrémenté de très nombreuses photos qui vous permettront de découvrir ce pays tel que je l’ai découvert moi-même, au fil de l’eau et dans mes pas.

En préliminaire je présente ce petit pays de l’Indochine française qui se relève maintenant d’un siècle de colonisation, de conflits dont le plus sanglant a été celui lié à la guerre des Etats Unis d’Amérique contre le peuple Vietnamien.

Vous découvrirez quelques unes des nombreuses ethnies qui vivent au Laos, la géographie, l’histoire, et quelles sont ses perspectives d’avenir, entre ses puissants voisins : La Chine, le Vietnam, La Thaïlande, le Cambodge.

Vous vivrez un peu avec les peuples lao, ferez la fête au That Luang à Vientiane, ou vous recueillerez dans les nombreux temples de Luang Prabang. Le Laos, c’est aussi tout le raffinement artistique, artisanal et culinaire, de civilisations millénaires.

Bonne lecture !

Allain Louis Graux

 

http://www.thebookedition.com/le-laos-au-fil-du-mekong-allain-louis-graux-p-7852.html

 

 

sur : http://www.thebookedition.com Prix : 35€ + frais d‘envois

 

Ou s’adresser à :allain.graux@wanadoo.fr Prix . 35€

avec éventuels frais d’envois : 37 €

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Après le Laos , Allain Louis Graux publie le NICARAGUA

Ce livre de photos et récit de voyage a été écrit après un voyage au Nicaragua.

Je présente ce pays sous ses différents aspects : géographie, histoire, politique, économie, culture.  Dans mes pas, vous rencontrerez des paysans de fermes agro-écologiques, des femmes des casas de la mujer, les chercheurs d’or de Santo Domingo, une française installée au Nicaragua, des pêcheurs, de villageois. Vous visiterez ce pays attachant, en bateau sur le lac Cocibolca, sur les pistes, en voiture et en bus, de simples villages, et des villes au riche passé culturel et historique, depuis le Costa Rica jusqu’à la côte Caraïbe, Léon et Granada.

 

 

 

 

 

 

En ligne : http://www.thebookediton.com/nicaragua-nic-atl-nahuac-allain-louis-graux-p-47747-ht ml ou s’adresser à allainvoyage@orange.fr pour un achat direct                              35 € (+ frais d’envois)

- voir mon SITE : http://allainvoyage.uniterre.com

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

ALLAINVOYAGE au VENEZUELA

 

Ce livre sur le Venezuela est un récit en photos et le témoignage des deux voyages que j’ai effectués dans ceVotre bannièrepays, l’un en janvier 2006 avec une délégation du Monde diplomatique, à l’occasion du Forum Social Mondial, l’autre en septembre-octobre 2012 avec une délégation de l’Humanité, pour la campagne électorale de l’élection présidentielle.

Sur le plan de la découverte, cela ne représente qu’une vision partielle, mais assez représentative de la diversité et des contrastes du pays, que ce soit sur le plan géographique, touristique, politique. Ces deux voyages, à six ans d’intervalle m’ont permis d’observer l’évolution de ce pays révolutionné par l’élection d’Hugo Chávez en 1998.

J’aborde les divers aspects politiques du régime bolivarien dans un autre livre : « Panorama sur l’histoire du Venezuela ».

Néanmoins, je rappelle ici, d’une façon assez détaillée et précise, l’histoire du pays, son évolution sous ses différents aspects : politiques, économiques, sociaux, humains, au fur et à mesure de mes rencontres

dans les régions que j’ai parcourues.

Vous pourrez découvrir le Venezuela tel que je l’ai vu, avec mes découvertes, chez les amérindiens Warao de l’Orénoque, les pêcheurs de la presqu’ile de Paria, la côte Caraïbe, à Mérida et chez les paysans andins, enfin à Caracas le jour de l’élection présidentielle.

 

Le voyage est ma passion pour rencontrer les « Autres », ces étrangers parfois étranges, mais tous des êtres humains qui se ressemblent tellement au travers de la perception de leur humanité commune. Ils vivent différemment, mangent différemment selon les opportunités que leur offre la nature et ses ressources, prient différemment mais avec la même obsession d’un autre monde où se perpétuerait leur conscience, leur identité. Mon rêve, mon souhait, est que par l’écriture et les images, je puisse vous faire partager ces rencontres, mes impressions, et découvrir les paysages merveilleux que j’ai eu le privilège d'arpenter au cours de ces voyages.

 

Allain Louis Graux

 

COMMANDE : Editions papier à : www.thebookedition.com

Ou :allainvoyage@orange.fr

Montant : 32€ + frais d’envoi 4,40 = 36,40 €

 

 

 

 

 

 

 

 

 

ETHIOPIE : Chez Lulu.com

Prix : 18 €  - Edition numérique : 7 €

Ce livre a été conçu pour présenter ce pays original et largement méconnu. Il est destiné à accompagner les récits des voyages que j’y ai effectués. Je ne connaissais l’Ethiopie que par les informations relatant les famines, les guerres, la dictature sanglante du Négus rouge. L’Ethiopie a gardé ce parfum de légendes qui se confondent avec son histoire dans l’imagination populaire. L’Abyssinie a recouvert des territoires qui se trouvent aujourd'hui en Éthiopie, en Érythrée et au Soudan, et des espaces situés actuellement au nord de la Somalie, à Djibouti et au Yémen. Ce qui en fait un pays très contrasté, avec des régions géographiquement très différentes ; des hauts-plateaux, des hautes montagnes, des déserts, des savanes, des peuples variés, et de différentes cultures.

 

Numéro ISBN: 978-1-291-97246-7

 

http://www.lulu.com/

 

 

 

 

 

 

 

 

ABYSSINIE ( 52 €) : reportage photo et textes

ABYSSINIECe livre constitue le reportage de mon voyage en Abyssinie, berceau historique de l’Ethiopie. Je ne connaissais ce pays que par les informations relatant les famines, les guerres, la dictature sanglante du Négus rouge, et les aventures de Rimbaud qui y débarqua en novembre 1880. L’Ethiopie a gardé ce parfum de légendes qui se confondent avec son histoire dans l’imagination populaire. J’ai découvert cette région, souvent d’une très forte densité de population, selon les lieux traversés, et qui vit majoritairement de l’agriculture dans des espaces très cultivés, dont beaucoup de terres arables sont d’origine volcanique, donc très riches. Les Ethiopiens ont largement apprivoisés une nature aux larges immensités qui surprennent par leur fertilité, loin des habituels clichés.

 

http://www.lulu.com/shop/allain-louis-graux/abyssinie/paperback/product-21955955.html

 

Edition numérique : http://www.lulu.com/content/e-book/abyssinie/16002827

 Au prix de  6 €

 

 

ESSAIS

 

- PANORAMA sur l’HISTOIRE DES SYNDICATS – Les Points sur les I Editions - juin 2012 – (20€)

 

Préface : Georges Ubbiali, Mcf en sociologie, Université de Bourgogne.

 

Le livre qu’offre Allain Graux présente cette caractéristique heureuse de se présenter comme une synthèse grand public des principales questions afférentes à l’état des organisations syndicales dans l’hexagone, essentiellement, mais avec de bienvenues ouvertures au-delà.

L’appui revendiqué sur différentes disciplines (histoire, sociologie, science politique, économie également) procure une large vision du phénomène syndical dans ce pays. Il en résulte une contribution fournie, documentée et précise du mouvement syndical, de ses composantes, de son évolution, de quelques un des problèmes auxquels il doit faire face.

 

- De Simon Bolivar à Hugo Chavez

Le Venezuela, c’est à la fois le pays du pétrole où l’essence est moins chère que l’eau, des concours de miss, de la passion pour le base-ball, des télénovelas (feuilletons télévisés), de la musique et des bières glacées).

Le Vénézuélien est volontiers chauvin : le meilleur café au monde se récolte dans le Tàchira, les meilleurs cigares se roulent à Cumanà et non à Cuba, le meilleur rhum est le Pampero Aniversario, la meilleure bière est la polar (vendue en bouteilles miniatures), le meilleur cacao vient de Chuao, et bien sûr les plus belles femmes sont vénézuéliennes !

Deux figures sont emblématiques du Venezuela, une ancienne, Simon Bolivar le Libertador, et depuis 1992 une nouvelle : Hugo Rafael Chávez Frías

Le « Chavisme » est à la fois le plus commenté et le plus méconnu des systèmes politiques. Pour les uns, c’est un régime populiste autoritaire, tendant à étouffer la société civile et à menacer les libertés démocratiques. Pour les autres, le « socialisme du XXIe siècle » défriche la voie des lendemains qui chantent pour les peuples de la région. La réalité est plus compliquée. Essayons d’y voir clair ! Pour cela, il est indispensable de visiter sa géographie comme son histoire, afin de placer dans son contexte, l’évolution particulièrement intéressante et originale de ce pays.

 

Date de parution : 2013-12-15 Format : 148X210 / 380 pages ISBN : 978.2.35930.099.4  - Prix : 18 €

 

 

 

 

 

 

 

- PANORAMA sur l’histoire de l’extrême-droite et du fascisme

 €

Date de publication : décembre 2014 – PRIX : 18€

http://www.i-editions.com/

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Découvrez et commandez le nouveau livre d’Allain Louis GRAUX : Nation, nationalisme, République

http://www.thebookedition.com/images/couv-products-121495.pngEst-il fatal que le mot Nation provoque soit le rejet par une certaine gauche du fait de son utilisation nationaliste et xénophobe, ou pourrons-nous lui redonner le sens que prit ce mot à Valmy sous la révolution française de 1789 ? Celui d’un lien fraternel qui unit des citoyens résolus à vivre ensemble dans un cadre républicain de liberté et ayant pour objectif de parvenir à plus d’égalité.

Ce court essai a pour but de montrer les liens qui unissent la Nation à la République, sans verser dans le nationalisme, tout en étant ouvert à l'international, à la coopération entre les peuples dont on ne saurait ignorer l'importance de l'idée nationale au regard de leur histoire.

Auteur : Allain Louis Graux

Rubrique : Culture & Société

Style : Histoire & actualité

Livre de poche (11x17cm)

Noir & Blanc

66

121495

978-1-326-16510-9

PRIX : 9 €

Edition numérique : 6 €

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