Allain Graux

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Photos manifestation anti Otan

Lundi 19 octobre 2009

LES VERITABLES OBJECTIFS DE LA REFORME TERRITORIALE

 

Il est légitime de penser que depuis la régionalisation initiée par Gaston Deferre aux prémices de l’ère Mitterrand, beaucoup de lois se sont empilées et ont pu compliquer le paysage de nos territoires :

- Communes, conseillers municipaux élus au scrutin proportionnel de liste (sauf – de 3500 hab.)

- communautés de communes, d’agglomération, représentants désignés par les conseils municipaux.

- communauté de Pays, qui dépassent les limites des cantons et départements. (Vocation économique)

- cantons réunis dans les Conseils généraux dont les conseillers sont élus au scrutin uninominal à 2 tours.

- Conseils régionaux dont les conseillers sont élus au scrutin proportionnel à deux tours aux modalités proches de celles des conseils municipaux des villes avec une prime aux listes majoritaires qui contraignent au rassemblement ou à la fusion entre les deux tours.

- Les circonscriptions législatives dont les députés sont élus au scrutin uninominal à 2 tours.

- les sénateurs sont élus soient sur des listes à la proportionnelle, soit au choix par un collège d’élus (conseillers municipaux, régionaux, généraux)

Ce maillage du territoire mérite sans doute un peu de clarté et une réforme.

Jospin voulait compléter la réforme des communautés de communes par un scrutin démocratique qui permettrait d’élire directement leurs représentants. Il n’a pas été réélu, il n’a pas pu la mettre en œuvre et la droite - au pouvoir sans discontinuer depuis 2002 - s’est bien gardée d’améliorer la démocratie communale.

 

Les conseils généraux : faut-il les supprimer ?

Ils existent depuis la révolution française et sont avec le droit communal, un des piliers de la démocratie locale à la française. Sont-ils pourtant adaptés à l’évolution démographique et économique des territoires ?

Pour ma part, je pense que la forme canton est dépassée, particulièrement en ville, où ils ne signifient rien pour le citoyen. Mais il me paraît utile de maintenir les Conseils généraux dont le rôle social est particulièrement important. Leurs représentants pourraient être élus par un scrutin proportionnel identique à celui des conseillers régionaux. Ce serait rationnel, simple et plus démocratique.

Est-ce dans ce sens que s’oriente Nicolas Sarkozy ? Et bien non ! Il souhaite (et quand il souhaite, c’est qu’il décide …) que les futurs conseillers territoriaux soient élus à un tour à la proportionnelle en zone urbaine et au scrutin uninominal en zone rurale.

S’il propose un mécanisme totalement étranger à la tradition française, c’est plus pour tenter de cumuler au profit de son camp, les avantages des deux méthodes en restreignant les inconvénients.

Avec le scrutin uninominal à un tour, c’est le candidat qui emporte le plus de voix qui emporte le siège. Le parti arrivé deuxième est minoré et les autres n’ont rien…ou presque, cela dépend de la répartition géographique. Un petit parti bien implanté dans une localité peut l’emporter au détriment d’un autre qui aurait recueilli plus de voix nationalement mais pas assez dans chaque circonscription pour être élu.

Avec le scrutin proportionnel à un tour, tous les partis peuvent être représentés en fonction de leur influence. Cependant cela dépend du seuil minimum fixé pour l’attribution des sièges et à la taille de la circonscription, car plus le seuil est élevé et le nombre de circonscriptions important, plus l’accès des petits partis aux sièges se révèle malaisé.

Voila le but premier de l’opération :

Choisir des modes de scrutin qui reviendraient à favoriser outrageusement les grands partis : l’UMP et le PS. L’UMP pourrait récupérer des sièges, là où elle est actuellement minoritaire.

Le calcul du Président s’appuie sur la domination de l’UMP qui a aggloméré la droite autour du noyau RPR et qui table sur la division de la gauche ainsi réduite à l’impuissance, alors qu’elle est actuellement largement majoritaire dans les villes, les cantons et les régions.

Dans les huit cantonales qui ont eu lieu après les Européennes, perdues par le PS, l’UMP totalise 29,68 % des suffrages progressant de trois points, malgré les avancées du Front de Gauche. La faille de l’UMP c’est précisément le deuxième tour, car elle est isolée, elle fait le plein dès le premier tour… Donc Sarkozy supprime le 2° tour. Il a encore accentué le rassemblement dans cette perspective, avec le ralliement du CPNT et Du Vicomte De Villiers.

Le PS, lui, est passé de 29,89 % là où il était présent, à 25,51 % des suffrages, avec une image très détériorée dans l’opinion publique.

 

Avec la suppression de la moitié des élus départementaux et régionaux actuels, la réforme proposée par Sarkozy engage un processus qui vise à supprimer l’essentiel des communes en les regroupant et de tous les départements, à dépecer le territoire en quelques grandes régions (une quinzaine et onze métropoles).

Cette réforme, avec la suppression d’élus de proximité, éloignerait encore plus les édiles des citoyens, restreignant la démocratie locale.

On supprime certaines attributions comme « la compétence générale », ce qui ne permettra plus aux départements et régions de mener des politiques volontaristes. Aussi l’interdiction des financements croisés, et l’obligation pour les communes de financer elles-mêmes au moins 50 % d’un projet. L’Etat ne paiera plus, il se défaussera sur les collectivités locales, ce qui provoquera une nouvelle augmentation des impôts locaux, moins redistributifs, plus injustes que l’impôt proportionnel sur le revenu  qu’il diminue au profit des plus riches.

 

La suppression de la taxe professionnelle

La réforme  territoriale s’articule avec la suppression de la taxe professionnelle qui va priver les collectivités locales de leurs ressources et donc de leur autonomie budgétaire. Elles ne voteront plus que leurs dépenses étant dotées de compensations gouvernementales d’ailleurs insuffisantes.

Les entreprises seront les grandes bénéficiaires avec 11,7 milliards d’euros d’allégements en 2010 et de 6 milliards les années suivantes.

« A la TP va se substituer une "contribution économique territoriale" (CET), assise sur le foncier bâti professionnel et sur la valeur ajoutée. Ainsi, dans le cas de cette PME, seule la valeur locative de l'usine rentrerait désormais dans le calcul de la taxe, plus celle des machines. La nouvelle formule favorise les grandes entreprises dites "de réseaux" (opérateurs télécoms, groupes énergétiques ou de transport ferroviaire qui réalisent des investissements massifs), qui se verront du coup imposer une taxe forfaitaire d'environ 1,5 milliard d'euros.
Les entreprises de main d'œuvre, qui seraient en revanche pénalisées, bénéficient d'aménagements : un abattement de 1.000 euros pour celles dont le chiffre d'affaires ne dépasse pas 2 millions d'euros et une augmentation des montants versés progressive sur 5 ans, aucune société ne devant voir sa cotisation grimper de plus de 500 euros ou 10% en 2010. 

En 2011, le manque à gagner (environ 10 milliards d'euros sur la base des chiffres de 2008) sera principalement compensé par le versement aux collectivités du produit de diverses taxes et par une dotation budgétaire. »* (Les Echos -16.10.09)

 

La taxe carbone

Elle relèvera d’une même démarche de ponction des revenus du travail au bénéfice du capital. Cet impôt coutera 2 milliards aux entreprises qui bénéficieront d’un allègement de 5 milliards au titre de…la réforme de la taxe professionnelle !

La taxe générale sur les activités polluantes qui devait décourager l’incinération et l’enfouissement des déchets est réduite d’un tiers dans le budget 2010…

Les droits à polluer (*voir mon article précédent sur la taxe carbone) : sur les 3500 entreprises françaises les plus polluantes, 90 % d’entre elles sont exemptées puisque leurs quotas d’émissions carbone leurs sont attribuées gratuitement…

Par contre le citoyen pauvre paiera, car le chèque vert forfaitaire ne compensera pas les dépenses supplémentaires pour ceux qui n’ont pas les moyens d’acheter une nouvelle voiture, de réaliser des travaux d’isolation ou changer sa chaudière à fioul ou au gaz. Cela leur coûtera de 135 à 190 € par an.

Pour la bonne cause ?

Alors pourquoi annoncer la baisse des bonus automobiles mais pas la hausse des malus ?

Pourquoi la SNCF abandonne - t’elle toute une partie du fret  au profit du transport routier ?

Pourquoi ne pas instaurer une taxe carbone aux transports routiers à nos frontières et développer le transport des marchandises par le rail ?

Pourquoi l’Etat sarkozien s’est-il retiré du financement des transports collectifs ?

 

Quelles réformes ?

Il faut une véritable politique globale de planification écologique, locale, nationale et européenne, assurée, garantie par des débats et des choix citoyens véritablement démocratiques, pour promouvoir une relocation des productions, produire autrement pour consommer mieux et différemment.

 

Allain Graux

Le 16.10.09

 

 

 

 

 

 

 

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Vendredi 18 septembre 2009

HORTEFEUX

Je reviens sur l’affaire Hortefeux puisque ce monsieur qui a tenu des propos à penchant raciste lors de l’université d’été de l’UMP n’a pas cru bon de s’excuser pour cette attitude indigne d’un ministre d’une République qui a proclamé les Droits universels de l’homme, il y a plus de deux cent ans.

Revenons sur le contexte : un marocain du nom d’Amine est au milieu d’un groupe de personnalités. Une participante :

      - il est catholique, il mange du cochon et il boit de la bière.

Brice Hortefeux :

il ne correspond pas du tout au prototype.

Une femme :

c’est notre petit arabe….

Ces propos se mêlent d’attouchements, de tâtonnements, effleurement du visage. Tout juste si on ne lui demande de montrer ses dents, ou de baisser son caleçon pour voir s’il est circoncis… Au-delà des propos condescendants de bons bourgeois gaulois, ce comportement est en soi déjà scandaleux et démontre ce que représentent les français dont les origines sont situées au Sud, pour les dirigeants de l’UMP.

C’est ce que nous pouvons constater en regardant la vidéo tournée, non par des amateurs, mais par des journalistes professionnels de la chaîne Public Sénat.

Et arrive le bouquet final, ces mots prononcés par Monsieur Hortefeux :

-Il en faut toujours un. Quand il y en a un, ça va. C’est quand il y en a beaucoup qu’il y a des problèmes. Allez, bon courage …

Et de jeter des regards en coin vers les caméras. Leur présence à ce rassemblement UMP est naturelle ; il ne s’agissait pas de vidéos volées comme on l’a entendu ici où là. On ne peut pas évoquer le prétexte de la diffusion sur Internet de vidéos sans contrôle prises par n’importe qui, c’étaient des propos délibérés, tenus devant des objectifs officiels. Ceci est d’autant plus grave et inquiétant qu’un ministre puisse s’octroyer impunément de tels droits.

Pensez-vous vraiment qu’il parlait des Auvergnats, comme il l’affirmé pour sa défense ? Et même s’il s’était agit des auvergnats cela n’aurait pas été plus brillant ni moins scandaleux de stigmatiser une catégorie de français. Une plaisanterie ? Allons donc ! Il avait déjà évoqué les auvergnats à propos de Fadela Amara, native de Clermont-Ferrand, en indiquant que ce n’était pas évident qu’elle soit une compatriote…

Tout cela vaut son Le Pen et ses dérapages délibérés. Mais n’ont-ils pas tous deux la même origine…politique : l’extrême-droite.

Gênée, la direction de La chaîne de télé, n’a pas voulu diffuser cette séquence. N’est-ce pas parce que les propos étaient scandaleux ? Sinon pourquoi la censurer ? Il a fallu le courage civique des journalistes pour faire connaître aux français, les limites que certains dirigeants de l’UMP accordent à la citoyenneté française.

Monsieur le ministre de l’intérieur a menti. Dans n’importe quelle démocratie, cela aurait entraîné sa démission immédiate.

En France le coup de force permanent de l’oligarchie au pouvoir prime le droit et le respect que l’on doit à tous les hommes.

 

    Allain GRAUX

Le 18 septembre 2009

 

 

 

 

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Mercredi 2 septembre 2009

LE RECHAUFFEMENT CLIMATIQUE ET LE MARCHE DU CARBONE.

 

Depuis 90 ans le taux de co², dans l’atmosphère a augmenté de plus de 14%, contribuant principalement au réchauffement climatique*, avec d’autres gaz à effet de serre comme le méthane. Les activités humaines sont responsables de l’aggravation de cette situation, en particulier avec l’utilisation toujours croissante des combustibles fossiles (charbon, pétrole, gaz). La crise climatique s’inscrit dans le cadre d’une profonde crise écologique globale. Elle s’ajoute et contribue à la dégradation de l’environnement : la déforestation, l’épuisement et la pollution des sols, de l’eau (engrais chimiques et pesticides) et de l’air. La dégradation des écosystèmes a des conséquences sur la qualité de la vie humaine et à terme sur son existence.

Le GIEC* avertit les Etats : « un changement climatique non atténué conduirait vraisemblablement, à long terme, à dépasser les capacités d’adaptation des systèmes naturels, gérés et humains. »

Cette urgence planétaire a conduit les nations à tenter de relever ce défi en créant un marché du carbone, comme instrument pour réguler les émissions de gaz à effet de serre. C’était l’enjeu des fameux accords de Kyoto (1997) signés par 172 pays dont les objectifs n’ont été fixés que pour la période 2005 à 2012. Les Etats-Unis, principal pollueur, n’ont pas signé ce traité. Ce protocole a autorisé la construction d’un marché des permis et crédits d’émission du carbone comptabilisés en tonnes équivalent de 5,2% pour 38 pays industrialisés. Les objectifs européens de - 20% pour 2020 sont insuffisants, il faudrait, selon le GIEC, réduire les émissions de 40 % d’ici 2020.

Le marché du carbone.

Il s’agit bien d’un marché et vu l’importance du problème, on ne peut que s’étonner de voir le marché capitaliste et boursier employé comme outil de régulation, alors que ce même marché est responsable de la grave crise économique que nous subissons. Ainsi il est donné des droits d’émission, des droits à polluer en fait, aux Etats qui les redistribuent aux entreprises industrielles et électriques, pour fixer par incitation, la quantité de pollution à ne pas dépasser. Les Etats doivent atteindre le plafond fixé pour 2012. Les entreprises peuvent échanger (En Europe, les crédits-carbone) et revendre les crédits qu’ils n’ont pas utilisé ou en acheter pour avoir le droit de polluer plus…Si une entreprise n’a pas respecté son objectif, elle peut s’en sortir en achetant les droits vendus par des entreprises qui ont réalisé mieux que leurs objectifs.

Le marché carbone européen est évalué à 100 milliards de dollars en 2008. Le prix de la tonne carbone qui s’est effondré en 2007 illustre l’échec de la réduction des émissions par ce système. Pourtant on veut l’ouvrir aux Etats-Unis, en Australie et le mondialiser à Copenhague…

Les entreprises peuvent aussi obtenir des droits à bas coûts pour des émissions évitées, en investissant dans des pays étrangers, et les revendre sur le marché du carbone. En Europe de l’Est (ex-soviétique), aux industries archaïques et très polluantes, les industriels occidentaux ont utilisé les MOC (Mise en œuvre conjointe), pour les moderniser à bas-coût.

Dans les pays du Sud en voie de développement : les entreprises peuvent financer des projets additionnels, c’est-à-dire des projets qui n’auraient pas eu lieu en l’absence de ce mécanisme (remplacer le charbon par une énergie renouvelable, etc…). Ces MDP (Mécanisme de Développement Propre), une fois validés par l’ONU, donnent lieu à l’attribution de certificats de réduction d’émission. Ces crédits URCE * qui peuvent être négociés sur les marchés européens et mondiaux, permettent aux pays riches d’acheter des droits à polluer à bon marché et éviter les coûts de passage à une production sobre en carbone. Deux tiers des MDP ne fournissent aucune réduction des droits d’émission. Par contre certains projets ont des conséquences dramatiques pour les populations autochtones :

-          4 barrages sur des territoires indigènes au Panama ;

-          A Okhla en Inde, la construction d’un incinérateur dans une zone habitée ;

-          En Indonésie, l’expulsion de paysans pour produire de l’huile de palme, agro-carburant contestable qui diminue les surfaces cultivées vivrières  qui assuraient l’alimentation  autonome des populations.

-          Un autre effet pervers des MDP qui incite les responsables politiques à maintenir au niveau le plus bas possible les normes nationales en matière de réglementation environnementales, de manière à favoriser la qualification MDP.

-          La répartition est inéquitable : les projets concernent prioritairement l’Asie (66%), l’Amérique Latine (30%) au détriment de l’Afrique (3%).

Grâce à ce mécanisme, l’industrie occidentale a pu acheter des droits à bas prix et éviter les coûts de passage à une production pauvre en carbone.

Dans le cadre d’une régulation par le marché, c’est le consommateur final qui paie parce que tout coût supplémentaire est répercuté sur les prix. L’efficacité est nulle : soit que les droits sont distribués gratuitement par les Etats (Dans le cadre de la concurrence mondiale, libre et non faussée…) ; s’ils sont payants, soit une écotaxe, ils sont répercutés sur les prix. Dans l’Union européenne, selon Greenpeace, 90 % des entreprises ont été exemptées de droits payants…

Et puis, pour la finance internationale tout est bon pour spéculer, y compris le marché du carbone, le premier fonds spéculatif (Hedge Fund) a été lancé en janvier 2009 à Londres, avec pour opérateur la firme CF Partners, et la banque Fortis pour l’administrer (domiciliée au Luxembourg…). Le marché européen à chuté à nouveau pour atteindre 8€ la tonne en avril 2009…et comporte nombre de bad carbon et  junk carbon (carbone pourri)…

 

La Contribution Climat-énergie ou taxe carbone.

D’ici à 2050, la France s’est engagée à diviser par quatre ses émissions de gaz à effet de serre.

Outre les droits d’émission, le gouvernement veut instaurer une taxe pour infléchir le comportement des acteurs économiques : ménages, entreprises, acteurs publics. Cela permettrait de prendre en compte dans les prix ce qu’on appelle les externalités, c’est-à-dire la quantité de carbone émise par les biens et les services commercialisés au long de leur cycle de vie, depuis leur production jusqu’à leur élimination.

Le marché carbone ne couvre que 38% du total des émissions. De plus les activités de services, non couvertes par le marché : transports, logements, continuent d’augmenter fortement.

Avec une taxe le gouvernement fixe un prix pour le Co². La commission Rocard l’a évaluée à 32 € la tonne ; elle devrait atteindre 100 € en 2030…

Le principe d’une taxe écologique peut-être une bonne solution pour inciter les acteurs à des économies d’énergie, à la sobriété, pour dégager des ressources nouvelles pour financer des politiques publiques de reconversion des industries les plus polluantes, de soutien à l’agriculture paysanne, de développement des transports publics, et de mise aux normes des logements sociaux, la participation au fonds mondial de lutte contre le changement climatique dans le cadre de l’ONU.

Mais hélas, ce n’est pas le chemin emprunté par le gouvernement Sarkozy. En seraient exonérés :

-          les secteurs d’activité aujourd’hui soumis au système des quotas, dont on a analysé que le système de marchandisation n’apportait pas l’amélioration souhaitable pour réduire les émissions de gaz à effet de serre. Arcelor- Mittal dispose de 8 millions de quotas d’émission pour continuer à polluer tranquille…

Par ailleurs :

-          Rien n’est envisagé pour réduire le transport routier des marchandises comme de mettre les camions sur les trains ;

-          Rien pour les usages agricoles ;

-          Rien ou de manière insuffisante pour le chauffage domestique (aides pour changer les modes de chauffage des maisons individuelles et des immeubles collectifs anciens). Rien ou peu, pour imposer des normes obligatoires sur les constructions neuves de mise en œuvre de matériaux isolants et de modes énergétiques renouvelables (solaire, géothermie).

-          Rien pour la recherche publique de nouvelles technologies non polluantes.

La taxe envisagée rapporterait 8 milliards d’euros à l’Etat (0,4% du PIB). Elle signifierait une hausse du carburant et du fioul qui s’ajouterait à la TIPP, soit un coût moyen de 300 € par ménage. Mais ce sont les

35 % de familles les plus pauvres qui dépensent en proportion le plus d’énergie (transport travail, école, chauffage…).

Le gouvernement veut se servir de cet impôt pour renflouer les caisses de l’Etat au détriment des ménages et des collectivités locales. Il promet un chèque vert pour compenser la perte, mais il veut aussi supprimer la taxe professionnelle, ce qui privera de ressources les communes qui …augmenteront encore les impôts locaux !

Le système prévu par Sarkozy-Fillon est une arnaque verte soutenue par Cohn-Bendit et certains roses.

Lors du « Grenelle de l’environnement », il était question d’abaisser les cotisations sociales sur le travail. C’est ce qu’ont choisi de faire les Allemands. Cela permettrait de décourager l’usage d’énergies fossiles importées et de diminuer le coût du travail local. Donc de relocaliser la production, au lieu d’importer des produits et marchandises depuis l’autre bout du monde.

 

Pour un  financement public.

« La réduction des émissions à la source suppose des réglementations et des normes contraignantes, décidées démocratiquement et sur la base d’une coopération internationale, sou l’autorité de la Convention des Nations Unies sur les changements climatiques (CCNUCC), sur la base  des contributions historiques et actuelles au réchauffement et en fonction de la capacité à payer*. »

Le Fonds mondial pour le climat devra renforcer le droit des peuples à la souveraineté alimentaire et énergétique. Il doit prendre la forme de subventions et non de prêts, par des sources de financement indépendantes du marché et la levée des brevets sur les technologies appropriées.

De nombreux experts préconisent l’instauration d’une taxe mondiale globale comme seule solution réaliste et efficace, régulant le marché et permettant les transferts de richesses nécessaires au financement de la lutte et à la transition vers une nouvelle économie écologiquement viable.

 

Quel système économique et politique pour répondre à la crise mondiale dont la crise écologique est un des éléments ?

Il s’agit de transformer nos systèmes de production et de consommation par une planification écologique de l’économie. Il est nécessaire aussi de mettre un frein à la libre circulation des capitaux et des marchandises qui provoque le pillage des pays en voie de développement en les obligeant à produire pour l’exportation au détriment de leurs nécessités vivrières, ce qui induit des transports polluants et des délocalisations.

C’est une répartition équitable des richesses qui permettra d’exiger des comportements plus écologiques.

Dans la crise actuelle, on a beau accuser la spéculation, les paradis fiscaux, (sans prendre les véritables moyens pour les juguler), la dépression, « la menace d’effondrement  qui pèse sur l’économie capitaliste mondiale, n’est pas due au manque de contrôle, elle est due à l’incapacité du capitalisme de se reproduire. Il ne se perpétue et ne fonctionne que sur des bases fictives de plus en plus précaires…la restructuration écologique ne peut qu’aggraver la crise du système. Il est impossible d’éviter une catastrophe climatique sans rompre radicalement avec les méthodes et la logique économique qui y mènent depuis cent cinquante ans.

…La décroissance (au sens d’une économie économiquement écologique -NDLA) est donc un impératif de survie. Mais elle suppose une autre économie, un autre style de vie, une autre civilisation, d’autres rapports sociaux. En leur absence, l’effondrement ne pourrait être évité qu’à force de restrictions, rationnements, allocations autoritaires de ressources caractéristiques d’une économie de guerre. La sortie du capitalisme aura donc lieu d’une façon ou d’une autre, civilisée ou barbare. »*

Tout est dit, le plus tôt sera le mieux pour sortir de ce système qui en s’autodétruisant, entraîne l’humanité à sa propre disparition.

 

La conférence de Copenhague

La 15° Conférence des parties (CDP) se réunira au Danemark en décembre 2009 pour négocier la suite du protocole de Kyoto. Elle portera sur la détermination des objectifs nationaux de réduction des émissions, les outils à mettre ne place, les compensations entre pays.

 Ce sera un moment décisif pour l’avenir de l’humanité.  Des réunions de l’OMC, des G20, G8, tendront à délégitimer et marginaliser le rôle de l’ONU pour marchandiser les droits d’émission sous l’égide de la Banque mondiale, sans permettre d’engager une véritable dynamique positive de réduction des émissions de gaz à effet de serre.

A moins que la mobilisation des citoyens ne pousse les différents Etats à la révision à la hausse de leurs engagements, soit :

- réduction de 40 % entre 1990 et 2020 et 90 % d’ici 2050, sur chaque territoire.

Cela implique 

-          l’abandon des mécanismes MOC et MDP.

-          La reconnaissance de la dette écologique des pays du Nord.

-          Un système de financement public pour la lutte contre le changement climati.que

 

Allain GRAUX

Le 2.09.2009

 

* L’élévation du niveau de la mer a été de 1,8mm par an de 1961 à 2003, elle serait de 20 à 60 cm au cours du XXI° siècle. Elle pourrait atteindre 1,90 m avec la fonte des calottes glaciaires ; avec tous les problèmes que cela entraîne : inondations, famines, migrations de populations, guerres).

* GIEC : Groupe d’experts Intergouvernemental sur l’évolution du Climat.

* URCE : Unité Certifié des Droits d’Emission

* Attac et les Amis de la terre

* Ecologica – André Gorz

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Lundi 10 août 2009

Après avoir touché 5,1 milliards d’euros d’aide de l’Etat, la BNP qui a réalisé 3 milliards de profits en un semestre s’apprête à en verser un de bonus pour ses 17 000 salariés, soit 58 000 euros pour chacun. Chouette ! Evidemment c’est un peu de notre argent qu’ils vont se partager, puisque la situation s’est très nettement améliorée grâce à nos impôts. Ah mais non ! Le bonus c’est pour les traders…

Les dirigeants de la BNP affirment qu’ils respectent rigoureusement les accords du G20 de Londres d’avril dernier, à la différence de ces « salauds d’américains » qui eux…font la même chose avec l’argent qu’Obama leur a généreusement offert. Et puis aussi Barclays en G.B. (3,48 milliards d’euros de bénéf en six mois !) alors que la récession et le chômage frappent des millions de britanniques. Le Royaume-Uni, n’était-ce pas ce système économique que l’on nous présentait comme un modèle dont les socialistes français devraient bien s’inspirer pour faire moderne ? ( ou MODEM !)

Et Sarko, il avait bien dit qu’après le G20 tout allait changer. On avait sûrement mal compris. Enfin pas nous, pas moi en tous cas, j’avais dit et répété à l’envie pendant la campagne des européennes que ce G20 avait accouché d’une souris. En fait il s’agissait d’un gros rat. La récente réunion du G20  n’amorçait en rien une « reconstruction du monde ». Et ce n’est peut être pas un hasard si elle a été suivie dans la foulée par celle de l’OTAN, le bras armé de l’impérialisme contemporain, et par le renforcement de son engagement militaire en Afghanistan. La guerre permanente du « Nord » contre le « Sud » doit continuer.( Samir Amin)

Vous savez ce que cela signifie ces milliards d’euros : des milliers d’années de SMIC français…

Et pendant ce temps-là, dans notre belle France « moins touchée par la crise » grâce à la bienveillante politique de notre chef suprême, on perd tout de même deux mille emplois par jour. Ce sont toujours ces américains qui chez Molex veulent fermer l’usine, liquidant les 283 salariés de l’entreprise. On apprend sur France-Inter, par le ministre Estrosi que, grâce à lui, tout va s’arranger : il va trouver des repreneurs. Du coup prétextant des incidents entre un cadre étatsunien et des salariés excédés, la direction retourne chez l’oncle Sam et déclare que de repreneurs il n’y a point. En fait ils profitent de la crise pour fermer un site concurrent.

Cette histoire se répète tous les jours, Alcatel–Lucent (1000 emplois supprimés), chez Continental, chez Vigimark où les salariés en colère sont réprimés à coups de bâtons et de lacrymos, chez Sanofi-Aventis (pourtant avec la grippe H1N1, la pharmacie ça marche, non !), et même sur le caillou calédonien, ce n’est pas nickel. Là, on colle carrément le leader syndical en prison pour un an. Ca fera toujours un indépendantiste canaque de moins sur le terrain.

Et puis, ça y est, on va pouvoir travailler le dimanche, payé double, çà mettra du beurre dans les épinards. Pas si vite ! Ca dépend où, là c’est payé double et là non ! Ah bon ! Mais la république française, l’égalité la liberté etc… ? Parlons-en d’égalité ! Le rapport Cotis, du directeur de l’Insee confirme que la plupart des salariés français ont bien un pouvoir d’achat en berne. Les inégalités on explosé ces dernières années du fait d’une hausse spectaculaire des très hauts salaires. Le 1% des salariés les mieux payés ont accaparé un point supplémentaire de toute la masse salariale pour eux tout seul. Le financement de la protection sociale a basculé des cotisations patronales versées par l’employeur en plus du salaire brut, vers les cotisations salariales, aboutissant à un écart croissant entre salaires bruts et salaires nets. Et à l’augmentation des profits fabuleux que se partagent les hauts dirigeants et les actionnaires…Les cotisations patronales ont baissé depuis 25 ans. Le rapport stigmatise l’impact du développement des emplois proches du SMIC, lié aux allégements massifs des cotisations patronales, entrainant des formes précaires d’emplois : temps partiel, intérim, CDD. Ces emplois qui en temps de crise sont les premiers à être supprimés. Le revenu salarial moyen des français stagne depuis plusieurs années ; la moitié des salariés touchent moins de 1 350 € mensuels. Par contre les revenus des plus riches ont gagné en plus l’équivalent d’un semestre de revenus d’un smicard entre 1997 et 2005, soit + 16 %  pour les plus de 40 370 euros. Et ce ne sont que des moyennes. L’Insee ne dit pas grand chose des écarts pour les 1 % les plus riches, ceux qui touchent le pactole…

Mais qui avait donc dit qu’il serait le président du pouvoir d’achat ?

Les bénéfices des bénéficiaires se portent bien, merci pour eux. Sanofi qui licencie a augmenté son chiffre d’affaires de 14,5 %, EDF est en hausse de 8,2 %, mais on augmente ses tarifs ce mois-ci, pour mieux préparer la privatisation totale sans doute. Comme celle de la Poste qui liquide ses bureaux de campagne et de proximité, ses centres de tri, ses postiers.

On veut même faire payer les paysans producteurs de fruits.

Et puis, on va aussi payer la taxe carbone pour compenser la suppression de la taxe professionnelle des entreprises : + 300 € en moyenne par ménage. Les plus pénalisés seront les banlieusards, les campagnards, les prisonniers de leur mode de chauffage au fioul (ceux qui n’on pas les moyens d’en changer ou d’isoler), et aussi les communes qui percevaient la taxe professionnelle et devront augmenter les impôts locaux. Les gagnants seront les entreprises, pas forcément le climat. Les exonérations sociales des entreprises ont atteint 260,6 milliards entre 91 et 2008. Et les exportations de capitaux s’emballent : 160 milliards d’euros au titre des investissements à l’étranger en 2008, générant des délocalisations et donc des transports accrus et des pollutions au Sud hors normes environnementales du Nord…ne  vaudrait-il pas mieux inciter les entreprises à investir en France dans un nouveau mode de développement non polluant.

Et le Sud, non seulement il crève de faim, mais on va aussi l’asphyxier par cette politique. Alors les immigrés affrontent tous les dangers pour venir en occident, à la recherche de moyens pour nourrir leurs familles, éduquer leurs enfants, se soigner. Ces enfants d’immigrés, en France, on les emprisonne cet été. Bonnes vacances pour la petite Veta, cinq ans, qui attend en centre de rétention, avec sa mère, d’être expulsée vers le Philippines. Les parents travaillaient en France depuis cinq ans et avaient demandé une demande de régularisation. Les parents on été séparés. Ainsi pour remplir leur quota d’expulsions, les préfets peuvent puiser dans les listes de demandeurs d’asiles ou de papiers de ces gens qui bâtissent vos immeubles, les autoroutes, ramassent les poubelles, font la plonge dans les restaurants pour des salaires de misère, sans droits sociaux puisqu’ils n’ont pas de papiers. Ils pèsent ainsi sur le marché du travail. Alors on fait semblant de s’émouvoir et on expulse. Ca fait des voix en moins pour le FN et des voix en plus pour l’UMP. Alors les sans, se cachent encore plus, « clandestinent »davantage. Il faut savoir que les revenus que les émigrés envoient dans leur pays sont plus importants que l’aide fournie par les Etats. Diminuer la présence des étrangers, c’est diminuer cet apport et augmenter l’immigration clandestine. Si on régularisait les travailleurs, donnait des visas, ils pourraient rentrer au pays et revenir. Clandestins, ils restent en France !!!

 

Cette société libérale, capitaliste, marche sur la tête non ! Au lieu de marcher avec sa tête. En fait le système ne fonctionne plus, il entraîne la misère, les inégalités en France, en  Europe, dans le monde entier. La compétition pour le profit maximum est la seule logique de ce système, qui devient dès lors agressif pour les individus comme pour les Etats, augmentant les risques de confrontation. Ce système, pas même retapé, avant même la fin de la crise (qui n’est qu’au début de ses effets), reproduit déjà ce qui a provoqué cette énième crise. Ce système s’autodétruit mais il détruit la planète entière avec lui. Il porte en germe la fin du genre humain.

Il est vraiment temps d’en changer. La crise actuelle n’est donc ni une crise financière, mais la crise du capitalisme impérialiste, dont le pouvoir exclusif et suprême risque d’être remis en question, cette fois encore, à la fois par les luttes de l'ensemble des classes populaires et par celles des peuples et nations dominées.

Mais ces luttes parviendront-elles à converger pour ouvrir la voie - ou - des voies alternatives ? Où demeureront-elles séparées les unes des autres et seront de ce fait inefficaces, laissant l’initiative au capital ? Les pouvoirs en place n’envisagent rien d’autre que la restauration du système tel qu’il était avant son effondrement financier. La question n’est-elle pas : Sortir de la crise du capitalisme ou sortir du capitalisme en crise?

Il n’y aura de sortie du capitalisme que lorsque, que dans la mesure où les deux dimensions du même défi s’articuleront l’une avec l’autre : le social et l’écologique. Il n’est pas « certain » que cela arrive, auquel cas le capitalisme sera « dépassé » par la destruction de la civilisation (au-delà du malaise dans la civilisation pour employer les termes de Freud), et peut être de la vie sur la planète.

Une gauche authentique doit avoir l'audace de l’envisager et d’en prendre les moyens, par la nationalisation et la socialisation, par l'approfondissement de la pratique démocratique. La crise en cours permet de concevoir la cristallisation possible d'un front des forces sociales et politiques rassemblant toutes les victimes du pouvoir exclusif des oligarchies qui représentent les multinationales et la finance internationale.

 

Ne peut-on pas envisager de produire mieux, autrement, ce qui est utile au bien de tous, en partageant nos ressources équitablement, nos biens communs, en travaillant en coopération, développant la culture, l’instruction, la protection sociale ?

C’est ce que nous proposons au Parti de Gauche.

 

Allain Graux

7 Aôut 2009

 

PS- Samir Amin (économiste) me pardonnera quelques emprunts à ces idées :

Sortir de la crise du capitalisme ou sortir du capitalisme en crise (ed Le Temps des Cerises, Paris 2009).

 

 

 

 

Par Allain GRAUX - Publié dans : politique
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Mercredi 17 juin 2009

ANALYSE DES RESULTATS DES ELECTIONS EUROPEENNES DU 7 JUIN 2009

 

EN FRANCE

Avec 59,35 % d’abstentions (57,21 % en 2004), c’est le résultat le plus impressionnant de ce scrutin qui ne semble pas avoir passionné une majorité d’électeurs alors que le pays est plongé dans une grave crise économique et sociale. Dès lors, il convient d’examiner qui s’est abstenu pour comprendre :

69 % d’ouvriers et 66 % d’employés, soit un dédain largement partagé par les classes populaires qui ne se sentent pas concernées ou motivées par un scrutin qui leur apparaît peu décisif pour apporter des solutions à leurs problèmes quotidiens d’emplois et de pouvoir d’achat

Le taux d’abstentions est encore plus élevé chez les artisans, commerçants, et chefs d’entreprises, la petite bourgeoisie : 77 %.

Les jeunes ont également boudé cette élection à 70 % (18-24 ans), 72 % pour les 25-34 ans). Pour les plus anciens (65 ans et +), le taux n’est que de 42 %.

Les partis qui en ont le plus pâti sont : l’extrême-gauche (68 %), le modem (66%) et le FN

( 65 %).

73 % des électeurs de Besancenot à la présidentielle se sont abstenus…Ce qui indique un électorat très peu constant pour la LCR-NPA. Alors que l’électorat du PCF est le plus mobilisé, rejoint par celui des Verts et de l’UMP.

Les choix des électeurs :

le mécontentement à l’égard des partis : 31 % ;

22 % estiment qu’il n’y a pas de différences entre les partis ;

59 % ont choisi en fonction des enjeux européens et 31 % en fonction des problèmes nationaux. Ce sont les électeurs du FN et du NPA qui se sont le plus déterminés pour des motivations nationales, à 70 et 65 %.

Contre la politique de Sarkozy : 45 % des électeurs.

- les champions sont ceux du Front de Gauche à 84 %, du NPA (79 %) et du PS (71 %). Soit la gauche, ce qui n’a rien d’étonnant.

 

L’abstention a dominé les résultats du scrutin dans l’ensemble des pays européens (57 %), particulièrement dans les pays de l’ex-bloc de l’Est, chez les nouveaux entrants, Bulgarie et Roumanie.

 

Les résultats des partis politiques en  France

 

L’UMP qui regroupe quasiment toute la droite, est en tête avec 27,9 % et 29 sièges. En 2004, elle ne rassemblait que 16,64 % des suffrages avec17 sièges.

Le parti présidentiel n’a pas fait campagne, évitant ainsi toute débat sur les problèmes qui fâchent. Il a rassemblé son camp, à la différence d’une gauche éparpillée. En poussant les électeurs du PS dans les bras de Cohn-Bendit et José Bové, Sarkozy a réussit une excellente opération. Ses discours empruntent aux socialistes, aux altermondialistes, aux écologistes, mais pour l’application des mesures évoquées, il y a loin de la coupe aux lèvres. Nul doute que le Président va utiliser la crise et se croire autoriser à accentuer ses réformes de remise en cause du modèle républicain et social français.

 

Le PS ne rassemble que 16, 50 % des suffrages exprimés et n’obtient que 14 sièges au lieu de

28,89 % et 31 sièges en 2004. Il a perdu des voix dont bénéficie principalement Europe-écologie ; le transfert est évident, mais il en perd également en direction du Modem et du Parti de Gauche (Front de Gauche), et au profit du camp de l’abstention.

Effondrement  spectaculaire de plus de 40 % dans 12 villes dont : Rennes - 47,73 %,  Montpellier - 45,28 %,  Paris - 45,33 %, Nantes - 48,85 %, Grenoble - 47,50 %, Toulouse - 47,77 %.

37 % des personnes interrogées estiment que le PS n’est pas assez à gauche ;

La cacophonie à sa tête, avec la trahison de certains dirigeants ralliés à Sarkozy, le brouillage idéologique au parlement européen où ses députés votent majoritairement avec la droite alors qu’il tient un langage gauchi en France, a écarté une grande majorité d’électeurs sensibilisés par la mode écologique.

Pour les électeurs de gauche, en particulier les classes populaires, l’Europe n’apparaît pas comme le lieu qui offre une solution a à leurs problèmes d’emplois, de salaire, de protection sociale, mais c’est plutôt le problème.

 

Les Verts d’Europe écologie font jeu égal avec le PS, avec 16, 30 % et  14 sièges. C’est la grande surprise de ce scrutin. Ils ont bénéficié d’un courant porteur en raison de la crise écologique et attiré l’électorat urbain du PS, les couches sociales moyennes, une partie de l’électorat centriste du modem. Si le scrutin semble montrer un déplacement de l’électorat vers l’écologie et le centre, le vote vert est loin d’être stabilisé, à la différence de l’électorat de gauche. Ce succès ne garantit pas leur implantation politique et leurs divergences coutumières pourraient prochainement réapparaître lors des élections locales et nationales, au moment des alliances…

 

Le Modem est le grand perdant avec le PS, il recule de 11,96 % en 2004 à 8,50 % et 6 sièges.

Le dérapage de François Bayrou à la télévision aura coûté cher à son mouvement. Mais cela démontre l’instabilité caractéristique de son électorat oscillant de gauche à droite. Comme cela s’était produit aux élections législatives qui ont suivi la présidentielle, la baudruche s’est dégonflée, mais avec 8,5 % des voix, c’est encore un niveau trop élevé d’électeurs trompés par un discours qui ne correspond pas à la réalité d’une orientation politique nettement libérale et de droite

 

Le Front de GAUCHE améliore le score de 5,24 % du seul PCF en 2004, avec 6,5 % et 5 sièges (dont 1 député d’outre-mer du parti communiste réunionnais).

En 2004, le PCF n’atteignait pas les 5 % dans 55 départements ; en 2009 le FdG n’est minoritaire du seuil des 5 % que dans 28 départements (dont seulement pour 2 et 10 voix dans deux). Si la fuite est stoppée par la stratégie unitaire du Front de Gauche, les bastions du PCF continuent leur lent déclin en voix (l’Allier, le Cher, le 93, le Nord, le Pas de Calais). Sans doute une résultante de la démographie pour un parti qui n’arrive plus à renouveler son potentiel militant dans la jeunesse. Jacky Hénin a été élu grâce à la progression du Front en Normandie, alors qu’il a perdu des voix dans son fief du Pas-de-Calais… Le FdG progresse notablement dans les secteurs où le PCF  apparaît le plus ouvert, comme à Vierzon. Le PG et autres partenaires du Front apportent ce renouvellement dans les lieux d’implantation du Parti de Gauche : dans l’Essonne, à Paris, le Sud-Ouest, le Centre grâce à ADS.

Evolution du vote PCF/FdG entre 2004 et 2009 (% de progression du nombre de voix) La   progression en voix touche 85 départements sur 96.

Sud-ouest :       + 31,38 % -  8,15 % : 1 siège – Jean Luc Mélenchon (PG)

Est :                  + 30,41 % -  3,72 % : une forte progression en voix pour un résultat qui paraît médiocre (2,91% à 3,72 %) - la Bourgogne dépasse les 5,20% grâce à la Nièvre.

Sud-Est :           + 23,80 % -  5,9 % (9,44 % en Corse) :

                                                           1 siège  - Marie Christine Vergiat (associative)

Centre :             + 23,57 % -  8,07 % : (allier 12 %, Limousin : +10%). Paradoxalement un très bon   résultat et  pas de siège à cause d’un mode de scrutin dit régional, très injuste.

Ouest :              +    9,82 % -  4,58 % pour 4,10 % en 2004, le Fdg est distancé par le NPA (5,13%)

Ile de France :   +    6,96 % -  6,32 % : 1 élu : Patrick Le Hyaric

Nord -Ouest:     -     3,03 % -  6,88 % (6,8% en 2004) : 1 siège – K Jacky Hénin.

Outre-mer :                          - 21,10 %                 1 siège – Elie Hoareau

Il est aussi intéressant de noter que si le décrochage du vote est d’un rapport de 1 à 4 dans les quartiers populaires et de 1 à 2 dans les quartiers dits bourgeois, dans le Sud-Ouest, là où le FdG obtient ses meilleurs résultats, la participation a progressé de 6 %...

 

Le Front National passe de 9,81 % en 2004 à 6,30 % et n’obtient que 3 sièges au lieu de 7.

Il réalise encore des résultats dans la France rurale, dans l’Est et le Nord-Ouest. Il est en recul et a perdu des voix, mais il reste un vrai danger dans cette période troublée par la crise. Si on totalise les voix de Libertas avec celle de l’extrême-droite, on arrive à un total de 11,93%, voisin de celui de la gauche de gauche.

 

Le NPA, a lui seul n’obtient que 4,90 %, soit plus que les 3,3 % de la coalition LCR-LO de 2004, mais moins que le Front de Gauche. Il recueille vraisemblablement une partie des voix de LO qui ne rassemble que 1,2 % des voix, soit la moitié des voix obtenues habituellement par Arlette Laguiller.

 

Libertas qui regroupe les « villiéristes » du MPF et les chasseurs du CPNT font un piètre résultat avec 4,80 % et 1 siège. En matière électorale, les votent ne s’additionnent pas mathématiquement. En 2004, le MPF avait totalisé 6,67 % des voix et le CPNT 1,73%, soit 8,40 %.

 

 

Voix de la majorité de DROITE :        34, 61%             

UMP :                   27,87 % + Libertas 4,80 %

Voix de l’opposition de droite :            15,58 %

MODEM :             8,45 %

FN et ext-droite :   7,13 %

TOTAL :                                                  50, 19 %

  

Voix de GAUCHE :                                39,27 %

-PS :                                  16,48 %

-Verts :                              16,28 %          32 ,76 %

Gauche de GAUCHE

- Front de Gauche :            6,5 %

- NPA                                  4,88 %

                                                                  11,38 %

- LO                                     1,20 %          12,58 %

 

TOTAL GAUCHE                                  45,34 %

Toutes les listes perdent des voix sur le premier tour de 2007 :

6 millions pour l’UMP et le PS ;

5 millions pour le Modem ;

3 millions pour le FN ;

650 000 pour le NPA ;

400 000 pour De Villiers ;

300 000 pour LO

------------------------------------

Seules deux listes progressent :

- 1 700 000 pour les Verts et 407 604 pour le Front de Gauche, par rapport aux élections présidentielles.

- Le Front de gauche progresse de 141 308 sur le score du PCF aux élections européennes de 2004

 

 

Ce décompte fait apparaître que : si l’UMP est loin d’être majoritaire en France, l’opposition de gauche est dans une fourchette assez traditionnelle de sa représentativité, autour de 45 % à 47 %, près du résultat de Ségolène Royal à l’élection présidentielle de 2007.

L’opposition globale est cependant nettement majoritaire. Ce qui ne sera pas sans conséquence lors du prochain scrutin régional à deux tours où l’UMP ne disposera pas de réserves…

Il y a un grand écart entre la représentation politique et la rage sociale que provoque la crise économique dans les entreprises…

 

LE FRONT de GAUCHE a réussi son pari en passant devant le NPA, alors que ce dernier était donné largement en tête au début d’une campagne médiatique qui le favorisait alors qu’elle ignorait systématiquement le rassemblement unitaire du PCF, du Parti de Gauche, de la Gauche Unitaire dissidente du NPA et d’autres formations et associations de l’écologie, personnalités de l’altermondialisme, du mouvement républicain, de syndicalistes. Le résultat peut paraître décevant en regard des efforts déployés, du programme liant le social à l’écologie, pour une alternative non productiviste de l’économie, pour la satisfaction des besoins sociaux, en coopération avec les peuples, qui n’a pas pu être suffisamment expliqué. Ce n’est pas le FDG qui a fait la percée espérée, mais c’est cependant une bonne base pour le rassemblement de la gauche de gauche et pour offrir une réponse crédible aux défis économiques, sociaux et environnementaux à la fois. Sa tâche principale sera de convaincre les classes populaires et la jeunesse que cette alliance correspond à un véritable renouvellement à gauche. La direction du PCF devra tirer tous les enseignements de ce demi-succès, pour aller plus loin, en finir avec les « valises de plomb » d’un passé qui pèse encore et d’un avenir qui n’apparaît pas clairement dans les esprits. L’extraordinaire potentiel militant des communistes ne suffira pas à conserver une forte identité qu’ils doivent aujourd’hui dépasser pour continuer d’exister. Beaucoup sentent que le Front est l’outil de ce renouveau, « avec » d’autres, et non « autour » d’eux-mêmes.

L’abstention populaire a frappé les bastions communistes traditionnels mais de nouveaux électeurs sont venus compenser ce fait. Il s’agit donc de la création d’un électorat Front de Gauche et non d’une simple addition d’électorats préexistants. Si la carte électorale recoupe en partie celle du PCF, elle n’est pas identique. Des progressions importantes ont été obtenues, dans le Sud-Ouest, 30,41 % dans l’Est. Seul le Nord-Ouest est en recul, là où l’unité a été plus difficile à se réaliser…En Ile de France, le 93 enregistre une perte de 1999 voix  alors que dans l’Essonne, le fief du Parti de Gauche, la progression est de 4108 voix, à Paris : + 2873 voix.

Cela démontre que grâce à la stratégie unitaire l’alliance permet de gagner de nouveaux électeurs et d’inverser les rapports de force politiques.

Enfin si le Front de Gauche avait réussi à réunir l’ensemble de la Gauche de Gauche jusqu’au NPA, il aurait changé le paysage politique avec plus de 12 %  et il aurait obtenu 12 députés au lieu de 5…(qui sait ce que la dynamique unitaire aurait pu faire ?)

Ceux qui ont refusé cette stratégie portent une lourde responsabilité…

 

Plus généralement, avec cette abstention massive, En France et en Europe, des décisions seront prises par un parlement européen qui ne représentera que 25 % de la population. Les trois-quarts des Européens n’auront pas de représentants au parlement pour appliquer des traités qui ont été rejetés par la majorité de ceux qui ont pu s’exprimer.

La dérive libérale de la social-démocratie a provoqué son effondrement presque partout en Europe et favorisé la montée de l’extrême-droite parce qu’elle n’offre pas d’alternatives claires au néolibéralisme. Ce qui est particulièrement inquiétant. Le « Manifesto » du PSE n’apportait aucune réponse crédible aux inquiétudes des salariés et il s’inscrivait dans la stratégie de Lisbonne et de son corollaire, le traité du même nom, en alliance avec la droite. Il ne remettait pas en cause les directives européennes qui ont imposé la concurrence libre et non faussée et conduit à la destruction des Services publics : et pour cause, elles ont été votées par le PSE…

Les Verts ont profité de cet écroulement dans un contexte d’inquiétude des peuples, face aux défis écologiques qui sont posés à la planète pour l’avenir de l’espèce humaine. Pourtant, ils votent aussi  largement avec le PPE au parlement européen…Leur succès pourrait bien se terminer en eau de boudin ! Les Verts risquent de se trouver dans la même contradiction que les socialistes dans la mesure où ils votent les mêmes textes avec la droite. Quelle sera leur politique au parlement ? Leurs 48 députés voteront-ils avec les 33 de la GUE, la Gauche unie européenne ? S’ils veulent  appliquer leur programme, ils devront passer des compromis avec la majorité de droite, comme lorsqu’ils ont appuyé les directives sur la concurrence dans le domaine de l’énergie et des transports (favorisant les transports routiers polluants des Polonais…).

Ils ont en commun avec le FDG, le souhait de gouverner autrement, mais en ont-ils la volonté ?

Leur percée aura au moins eu le mérite de porter la dimension écologique de la résolution des problèmes sur le devant de la scène. Ils ont provoqué cette prise de conscience. Ils doivent comprendre que l’environnement ne peut pas être dissocié de la question sociale et donc que le système capitaliste dont le but est l’accumulation et le profit dans le cadre d’une compétition globalisée, n’est pas le bon outil pour y répondre. La planification écologique et sociale n’est pas compatible avec le libéral Cohn-Bendit…

 

REVONS d’un modèle de dépassement du capitalisme, d’un développement ou l’Indice du Progrès Humain remplacera le PIB …

 Allain Graux

Le 17 juin 2009

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Mardi 26 mai 2009

 

LES ELECTIONS EUROPEENNES DU 7 JUIN 2009

 

Les prochaines élections européennes, le 7 juin, vont se dérouler dans un contexte de crise : économique, financière, sociale, écologique.

C’est une crise à l’échelle du système qui l’a engendrée, une crise globale du capitalisme capitaliste. Ce n’est pas la première, mais cette fois elle atteint des dimensions qui remettent en cause le système lui-même, un système qui s’est construit sur la marchandisation de toutes les activités humaines dont on mesure aujourd’hui les tragiques dégâts sociaux et environnementaux.

Les fermetures d’entreprises et les plans de licenciement se multiplient, le chômage explose à un rythme qui conduira un million de travailleurs au pôle emploi d’ici à la fin de l’année.

Que fait le gouvernement Fillion- Sarkozy, que font les dirigeants de l’Europe, face à cette situation dramatique ?

Ils ont offert des milliards d’Euros aux banques et aux spéculateurs et n’ont donné que des miettes pour soutenir l’activité industrielle, aider les travailleurs privés d’emplois.

Nicolas Sarkozy s’obstine à poursuivre les politiques libérales qui ont conduit à ce désastre :

Il s’est présenté comme le président du pouvoir d’achat, il a fait le contraire.

Il disait vouloir aller chercher la croissance avec les dents : nous sommes en récession.

Il a liquidé les 35 heures,

Il a supprimé des postes dans les services publics, il a réduit la protection sociale.

Il voulait étendre les prêts hypothécaires et les produits financiers, c’est justement cette politique là - celle des fameux « subprime et des hedge fund » qui a déclenché la crise. Quelle vision économique éclairée du chef de l’Etat !

Ses réformes, à l’éducation nationale comme à l’hôpital sont contestées par le monde de la recherche comme par les grands médecins qui savent combien ces services publics sont essentiels, combien il manque de personnel alors qu’il veut supprimer un fonctionnaire sur deux. Comment assurer une politique de qualité de l’enseignement et de santé dans ces conditions ? Contrairement aux déclarations faites par les ministres, notre enseignement public est excellent et nos services de santé sont enviés par Obama qui veut s’en inspirer. Alors pourquoi cette politique ? Pourquoi ces mensonges sur l’efficacité de nos services publics?

 

Par ailleurs, on veut nous faire croire qu’il n’y a pas d’argent. Alors pourquoi le donner aux plus riches ?  En 2008 les 756 contribuables les plus favorisés se sont vus restituer 381 000 € par personne grâce au bouclier fiscal, soit trente années de SMIC. Par contre, des miettes pour les smicards  et seulement 1% pour les petites retraites.

Pour calmer le sentiment de révolte qui monte, on parade, on camouffle la réalité des faits avec des promesses et des vantardises, par exemple en fanfaronnant à ce G20 qui a accouché d’une souris :

Où est la loi pour plafonner les rémunérations incroyables des dirigeants ?

Où sont les mesures contraignantes pour supprimer les paradis banquiers et fiscaux ?

 

Cette politique néolibérale ne tombe pas du ciel, elle a été décidée de traité en traité par le Conseil des chefs de gouvernement, mise en œuvre de directive en directive par la Commission de l’Union européenne, approuvée par la majorité de droite de l’Assemblée européenne avec l’aide de la social-démocratie et des Verts qui votent 97 % des textes avec le PPE.

La fameuse concurrence libre et non faussée que les peuples français et néerlandais ont refusé en 2005 lors du vote contre le TCE, ou plus récemment les Irlandais contre le traité de Lisbonne, s’impose néanmoins et sert de paravent, de prétexte à la privatisation de nos services publics, au mépris des intérêts de la population. Les droits et la protection des salariés sont sans cesse remis en cause : réforme du code du travail, instauration des franchises médicales, réforme des retraites, toutes ces mesures sont appliquées, avec des modalités différentes dans chaque pays.

L’Europe sociale est toujours promise et jamais mise en œuvre. La BCE a trouvé de l’argent pour les banques et les spéculateurs mais ne fait rien pour l’emploi.

Face à la mondialisation capitaliste, l’Europe devrait être la solution. Or, elle est devenue le problème. Au lieu d’être un bouclier, elle a été le cheval de Troie des politiques libérales dont on mesure aujourd’hui toutes les conséquences.

 

Malgré ses conséquences tragiques, la droite, aidée par les sociaux-libéraux et les Verts, est très enthousiaste pour faire du traité de Lisbonne le fondement de la politique européenne. Il est le frère jumeau de feu le TCE refusé par le vote démocratique des peuples français et néerlandais. Le droit de choisir à nouveau nous a été refusé. Seuls les irlandais ont pu exprimer leur choix et l’ont refusé, mais ils doivent revoter à l’automne et jusqu’à ce que le oui s‘ensuive, un texte modifié qui revient sur le droit à l’avortement pour satisfaire les pires réactionnaires et conservateurs irlandais et polonais.

On s’étonne du taux d’abstention des électeurs, mais pourquoi seraient-ils inciter à voter alors que l’on bafoue leur vote quand ils s’expriment dans un sens contraire à la volonté des libéraux de droite comme de gauche ?

La Stratégie de Lisbonne qui inspire les libéraux, est entièrement assise sur la compétition, la guerre économique, qui conduit à toutes les réformes antisociales des pays de l’UE, à l’inégalité de la répartition des revenus. En outre ce système de compétition outrancier conduit à l’affrontement, entre les personnes, les collectivités, les entreprises, les communautés, les nations. C’est une violence morale qui s’exerce à chaque instant de la vie et peut conduire aux pires excès et à la guerre entre les peuples. L’homme n’est pas fait que de consommation et n’est pas réduit aux échanges marchands, il est avant tout un être social, destiné à vivre avec les autres, en société. Le système d’affrontement basé sur le culte de la performance et l’obsession de la rentabilité maximale, à la domination du « meilleur », du fort sur le faible, conduit à la dissociation des liens humains qui caractérisent notre espèce, il conduit à la « Dissociété ». Car si l’on vit dans une société de compétition généralisée où tout le monde est censé se conduire en prédateur, en s’efforçant d’être le meilleur, alors, l’autre, même semblable, votre copain de travail, votre voisin, votre allié, reste un rival potentiellement inquiétant, par le seul fait qu’il n’est pas soi, il devient l’étranger angoissant et menaçant.

 

L’EUROPE QUE NOUS VOULONS

C’est une Europe efficace contre la crise, l’Europe de l’emploi pour tous

Nous proposons un vaste plan de relance de l’activité. Soit la mise en œuvre, sous contrôle public et citoyen, d’un plan de développement des infrastructures européennes et d’activités socialement utiles et respectueuses de l’environnement. Il ne s’agit pas de relancer l’économie par n’importe quel moyen, oubliant au passage la gravité de la crise écologique. Il s’agit fondamentalement de rompre avec la logique du profit pour imposer une dynamique fondée sur la satisfaction des besoins sociaux, la réduction des inégalités liées à la mise en œuvre des impératifs écologiques.

Nous avons pour objectif :

l’Europe des 35 heures sans perte de salaire,

l’interdiction des licenciements boursiers,

       - l’instauration d’un bouclier social, d’une sécurité sociale professionnelle.

Nous proposons un salaire minimum européen qui serait en France de 1 600 € net.

Nous avons aussi pour objectif :

- la réduction des gaz à effet de serre qu’il faudrait diviser par quatre d’ici 2050 et le développement des énergies renouvelables.

Nous voulons dessiner les traits d’une économie humaine, une économie qui inscrit la production et la distribution des biens dans les instruments de l’alliance, de la coopération entre les humains. Une Europe sociale, écologique et démocratique, avec des services publics de qualité.

 

Les libéraux, de droite et de gauche, prétendent adapter les humains aux contraintes d’une économie mondialisée. Mais si l’économie est inhumaine, c’est l’économie et non l’humanité qui doit s‘adapter. Le financement de l’économie et la distribution des revenus doivent redevenir des biens publics dont l’organisation relève de délibérations démocratiques. Cela signifie construire une démocratie effective des citoyens, en France et en Europe, une démocratie qui ne se limite pas aux bulletins de vote et à la porte des entreprises. Il est paradoxal que dans notre république, le citoyen devienne sujet du patron de droit divin quand il en franchit le seuil.

 

Une Europe de l’harmonisation sociale et fiscale

L’Europe doit mettre en place des critères de convergence sociaux pour réduire les inégalités en harmonisant vers le haut les conditions sociales, en empêchant le dumping.

L’amélioration, l’extension, et la démocratisation des services publics nécessitent l’adoption d’un cadre juridique européen qui définisse et garantisse leur existence pour les protéger, en particulier : la santé, l’éducation, la Poste, les transports, l’énergie, les télécommunications, l’eau. Ils doivent être étendus à l’ensemble de l’Europe dans une logique de coopération et non de compétition marchande.

Une Europe de l’égalité, aussi entre les femmes et les hommes.

Une Europe qui lutte contre les violences et la traite des êtres humains.

L’Egalité des droits passe par la limitation des revenus démesurés, par l’impôt régulateur sur les plus hauts revenus.

Une Europe, Force de la Paix et de la coopération entre les peuples.

Les Etats européens doivent mettre en œuvre une politique de défense indépendante de celle de l’Otan, à l’inverse de ce que vient de faire Sarkozy et de ce qui est préconisé par le traité de Lisbonne qui affirme que : « l’Otan reste, pour les Etats qui en sont membres, le fondement de leur défense collective et l’instance de sa mise en oeuvre. » Le traité de Lisbonne aggraverait notre dépendance à l’égard de l’Otan sous direction américaine.

 

Il se prépare aussi un traité honteux, passé sous silence, voté le 26 mars 2009 par le PPE et le PSE et les Verts au parlement européen : le traité transatlantique. Il s’agit d’ici 2015 de construire un véritable marché transatlantique intégré, fruit du travail du Conseil économique transatlantique, qui conseillé entre autres par le monde de l’entreprise, veillerait à l’harmonisation des législations pour :

 « faciliter l’approfondissement du marché transatlantique. »

Ce traité devra être ratifié d’ici 2012 et devrait comprendre la création d’un CPT (Conseil Politique Transatlantique, chargé de coordonner systématiquement la politique étrangère et la sécurité. C’est sans doute pour le cas où quelque chose échapperait encore à l’Otan. Nous serions soumis entièrement à la puissance « étatsunienne ».

Il faut organiser un nouvel internationalisme : celui de la coopération entre les peuples souverains, seule manière réaliste d’éviter l’affrontement des nationalismes où nous conduit inéluctablement la mondialisation libérale.

 

Comme le disait la Boétie :

« Ils ne sont grands que parce que nous sommes à genoux ».

Voter et faire voter le 7 juin c’est se donner une chance de dire dans les urnes ce que nous avons exprimé dans la rue.

Sanctionner l’Europe libérale et sanctionner Sarkozy, c’est la même chose. Car que dit le Conseil européen face à la crise :

« La crise fait ressortir la nécessité de poursuivre et d’accélérer les réformes structurelles »

Que répond Sarkozy en écho : « Nous devons profiter de la crise pour accélérer les changements structurels ». C’est à dire continuer les réformes et les politiques qui nous ont mener dans le mur, remis en cause notre modèle de progrès social et républicain.

 Profitons de ces élections pour accélérer le départ de Sarkozy, pour proposer d’autres alternatives. C’est ce que propose le Front de Gauche : un programme politique pour changer d’Europe avec pour stratégie l’unité populaire.

C’est aussi l’occasion d’arrêter la ratification du traité de Lisbonne, de confirmer notre Non à cette Europe là en envoyant un maximum de députés qui pourront faire entendre la volonté populaire. Pour cela on ne peut pas compter sur la droite qui a rédigé le traité ni sur le PS, ni sur les Verts dont le vote a permis sa ratification sans consultation populaire. Seul le Front de Gauche regroupe les forces parlementaires qui s’opposent au traité de Lisbonne.

Le vote pour l’assemblée européenne ne doit pas être négligé, le parlement est la seule institution de l’UE qui soit issue du suffrage universel. C’est dire l’importance d’un tel vote et du débat citoyen que la campagne peut créer, que vous pouvez porter. Le parlement dispose de la possibilité d’approuver ou non les directives et projets de la Commission, il a pu la faire reculer et s’opposer par exemple à la directive Bolkestein, à la directive portuaire, à celle sur le temps de travail rejetée le 17 décembre. Ceci grâce à l’action courageuse des députés du groupe de la Gauche Unie Européenne, avec le soutien de la mobilisation populaire et des syndicats.

L’exercice du suffrage universel est un droit d’expression démocratique. Il permettra à votre vote pour le Front de gauche, lié à la mobilisation populaire, de s’opposer à la droite, sans compromis avec la gauche qui gouverne l’UE avec Barroso. Le Front de Gauche se veut un front populaire, un rassemblement ouvert aux militants de toute la gauche, aux syndicalistes, aux altermondialistes, aux écologistes, face à la gauche qui renonce et face à celle qui divise.

Je m’adresse aux électeurs du PS, du PRG, du MRC, qui en 2005 on su transgresser les frontières politiques pour former ce rassemblement extraordinaire qui a permis la victoire du NON. Les électeurs du PRG, du MRC, n’ont pas de liste, ni ceux de la Fédération. Ceux du PS se demandent quelle est la position réelle du PS sur l’Europe, qui prétend vouloir une Europe sociale et vote avec ceux du PSE qui soutiennent Baroso au Parlement européen. A tous ceux là, nous disons : TRANSGRESSEZ !

Vous avez le FRONT de Gauche pour changer d’Europe et combattre la politique de Sarkozy.

 

Allain GRAUX

  Le 26.05 .2009

 

 

 

 

 

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Mercredi 29 avril 2009

LA CRISE ! Pas pour tout le monde …et comment en finir.

La crise qui s’est étendue au monde entier à partir de l’éclatement de la bulle financière des subprime et autres hedge found est sans doute la plus grave crise économique depuis un siècle.

Or, « l’histoire prouve qu’il n’a rien de bon à attendre des crises ; elles enfantent plus sûrement des Hitler ou des Staline que des Gandhi ».*

Si cette récession ne va pas améliorer le sort des salariés des pays les plus riches, elle risque de provoquer des explosions de colère et de violence dans nombre de pays du Sud. Des émeutes de la faim se sont déjà produites ici ou là.

Cependant si la dépression économique ne signifie pas la fin du capitalisme, elle marque la fin de l’économie dérégulée et l’achèvement de l’ère de l’ultralibéralisme, la mise en cause du capitalisme mafieux et de la globalisation financière.

Les oracles libéraux n’ont plus bonne presse, par exemple les programmes des gourous économiques de Reagan, Thatcher, Blair, Bush et …Sarkozy, comme : 

Friedrich Von Hayek : déréglementer, privatiser, limiter la démocratie, supprimer les subventions au logement et le contrôle des loyers, diminuer les aides contre le chômage, réduire les dépenses de la sécurité sociale, casser le pouvoir syndical…* (1960 : Constitution de la liberté)

Milton Friedman : «  le libre marché est un système scientifique parfait dans lequel des particuliers agissant dans leur propre intérêt créent, pour tous, le plus d’avantages possibles. » (Capitalisme et liberté). Selon lui le rôle de l’Etat se limite à ses pouvoirs régaliens, à faire régner l’ordre, respecter les contrats privés et favoriser la concurrence (libre et non faussée bien sûr !)

Cela ne vous rappelle rien ? Ne retrouve t-on pas la trame du TCE*, du traité de Lisbonne, de la Stratégie de Lisbonne, et le sens profond des réformes sarkozistes ? D’autant plus que pour Friedman : « Un nouveau gouvernement jouit d’une période de grâce de six à neuf mois au cours de laquelle il peut opérer des changements fondamentaux. S‘il n’en profite pas pour agir avec détermination, une telle occasion ne se représentera plus ». N’est-ce pas la signification de la frénésie réformiste sarkoziste ? En même temps, le nouveau gouvernement doit développer une campagne médiatique en matraquant sans cesse que toutes les difficultés proviennent du fait que le marché n’est pas assez libre, que ce sont les services publics qui coûtent trop cher, sont en déficit, etc…

C’est ainsi que notre souverain président applique systématiquement la doctrine libérale faite de compétitivité, de discipline budgétaire (enfin là pas trop), de réforme fiscale (en faveur des plus riches, voire le bouclier…), de réduction des dépenses publiques (Suppression d’un poste de fonctionnaire sur deux), de privatisations massives du secteur public (les autoroutes, GDF, EDF, La Poste, la SNCF, demain l’hôpital) ; mais reconnaissons que d’autres, à gauche et à droite, s’y étaient employés avant lui. Et il a laissé aux banquiers toute licence pour jouer avec l’argent des contribuables.  Aujourd’hui, il dit le contraire mais c’est ce qu’il a fait, sans contrôle, sans contrepartie et c’est ce qu’il encourageait quand il voulait étendre les prêts hypothécaires et les produits financiers, causes de la bulle spéculative aux Etats-Unis (ainsi q’en Espagne).

Cette politique économique a été menée systématiquement depuis 1980 par les organismes financiers et les principaux gouvernements occidentaux, les Etats-Unis en tête, avec le concours du FMI, de la Banque mondiale et de l’OMC, avec le brillant succès que l’on connaît. Outre la crise actuelle, les inégalités ont atteint des niveaux jamais connus auparavant : la fortune des trois individus les plus riches de la planète dépasse les revenus cumulés de la totalité des habitants des 48 pays les plus pauvres…

 Entre 1936 et 1939, la rémunération moyenne des 150 dirigeants les mieux payés des 50 plus grandes entreprises américaines représentait 82 fois le salaire moyen. Entre 60 et 69, il était tombé à 39. Depuis l’ère Reagan, il a culminé à  367 fois au début des années 2000. En France, en 2007, la rémunération moyenne d’un PDG n’est que de 4, 7 millions d’Euros pour les patrons du Cac 40, soit 308 années de SMIC…*

Il y a trente ans un patron français gagnait en moyenne environ quarante fois le salaire moyen d’un ouvrier ; en 2002, il gagnait mille fois plus.

Et n’oublions pas le poids de l’empreinte écologique des pays riches sur la planète, fruit du système productiviste. Si les trente pays les plus développés représentent 20 % de la population mondiale, ils produisent et consomment 85 % des produits chimiques synthétiques, 80 % de l’énergie fossile, 40 % de l’eau douce, les émissions de gaz à effet de serre y sont dix fois plus élevées.

*Paul Ariès « Leur récession n’est pas notre croissance.. » La Décroissance- Lyon- octobre 2008.

*TCE : traité Constitutionnel Européen

* Alternatives économique – janvier 2009

Les Fonds rapaces

Il y a des fonds d’investissements qui disposent de capitaux colossaux et dont les dirigeants sont devenus les vrais maîtres de la planète. Ces private équities et leverage buy-out (LVO)* sont peu connus du grand public. Ils disposent d’une puissance financière qui dépasse les 1100 milliards d’Euros, collectées auprès des banques, des assurances, des fonds de pension et des avoirs des riches. Leur spécialité : les rachats d’entreprises. En 2007, ils contrôlaient 800 sociétés, un salarié américain sur quatre et près d’un Français sur douze. La France est devenue leur première cible avec 1600 entreprises, juste après les Etats-Unis et la Grande-Bretagne. Des enseignes comme Dim, Quick, Buffalo Gril, les Pages Jaunes, Afflelou…Leur méthode est simple et digne des lois de la jungle, du renard libre dans le poulailler libre :  Pour acquérir une société, le fonds engage 30 % de sa valeur sur ses fonds propres et emprunte les 70 % restant aux banques, en profitant du faible taux d’intérêt actuel. Pendant trois à quatre ans, il « réorganise » l’entreprise, rationalise la production, développe les activités, et capte tout ou partie des profits pour payer les intérêts… de sa propre dette. A la suite de quoi il revend l’entreprise 2 à 3 fois plus cher qu’il ne l’a acheté, assez souvent à un autre fonds qui va faire la même chose…C’est un taux de retour sur investissement de 300 % minimum : qui dit mieux ? Mais, qu’arrive-il aux salariés de ces entreprises ? Ont-ils gagné 300 fois leur salaire de base ? Que nenni ! Les grands principes pour arriver à ces résultats fabuleux : réduction de l’emploi, compression des salaires, augmentation des cadences, délocalisation. Ce sont nos gouvernants qui encouragent ces pratiques et qu’ils appellent la modernisation de l’économie…

  • Pe et Lvo : « capital non côté et acquisition par emprunt »…

Et la part des salaires ?

En 1980, le partage de la valeur ajoutée s’établissait en France, à 69 % pour les salaires, et à 31 % pour les profits. Depuis tous les gains de productivité ont bénéficié aux seuls profits. Après l’application des politiques de rigueur, de précarité, de développement du chômage, de réduction des dépenses publiques, la part des salaires en 1995 ne constituait plus que 60 % de la valeur ajoutée. Résultat : près de 20 millions de sans-emploi et plus de 40 millions de pauvres dans l’Union européenne.

En Europe, c’est la stratégie de Lisbonne qui inspire nos libéraux. Elle est entièrement assise sur la compétition, la guerre économique qui conduit à toutes les réformes antisociales des pays de l’UE, à l’inégalité de la répartition des revenus. En outre ce système de compétition outrancier conduit à l’affrontement, entre les personnes, les collectivités, les entreprises, les communautés, les nations. C’est une violence morale qui s’exerce à chaque instant de la vie et peut conduire aux pires excès et à la guerre entre les peuples. L’homme n’est pas fait que de consommation et n’est pas réduit aux échanges marchands, il est avant tout un être social, destiné à vivre avec les autres, en société. Le système d’affrontement basé sur le culte de la performance et l’obsession de la rentabilité maximale, à la domination du « meilleur », du fort sur le faible, conduit à la dissociation des liens humains qui caractérisent notre espèce, il conduit à la « Dissociété »*. Car si l’on vit dans une société de compétition généralisée où tout le monde est censé se conduire en prédateur, en s’efforçant d’être le meilleur, alors, l’autre, même semblable, votre copain de travail, votre voisin, votre allié, reste un rival potentiellement inquiétant, par le seul fait qu’il n’est pas soi, il devient l’étranger angoissant et menaçant.

L’Europe que nous voulons, c’est une Europe efficace contre la crise, une Europe de l’emploi pour tous.

Cette Europe là nécessite un vaste plan de relance de l’activité. Soit la mise en œuvre, sous contrôle public et citoyen, d’un plan de développement des infrastructures européennes et d’activités socialement utiles et respectueuses de l’environnement. Il ne s’agit pas de relancer l’économie par n’importe quel moyen, oubliant au passage la gravité de la crise écologique. Il s’agit fondamentalement de rompre avec la logique du profit pour imposer une dynamique fondée sur la satisfaction des besoins sociaux, la réduction des inégalités liées à la mise en œuvre des impératifs écologiques.

Une Europe qui aurait pour objectif : l’Europe des 35 heures sans perte de salaire, l’interdiction des licenciements boursiers, l’instauration d’une sécurité sociale professionnelle.

 Une Europe qui aurait pour objectif la réduction des gaz à effet de serre qu’il faudrait diviser par quatre d’ici 2050 et le développement des énergies renouvelables.

Une Europe qui dessinerait les traits d’une économie humaine, une économie qui inscrit la production et la distribution des biens dans les instruments de l’alliance, de la coopération entre les humains.

Les libéraux, de droite comme de gauche, prétendent adapter aux humains les contraintes d’une économie mondialisée. En énonçant cela, ils reconnaissent implicitement l’incompatibilité de la mondialisation libérale avec l’humanité. Mais si l’économie est inhumaine, c’est l’économie et non l’humanité qui doit s‘adapter. Le financement de l’économie et la distribution des revenus doivent redevenir des biens publics dont l’organisation relève de délibérations démocratiques. Cela signifie construire une démocratie effective des citoyens, en France et en Europe, une démocratie qui ne se limite pas aux bulletins de vote et à la porte des entreprises. Il est paradoxal que dans notre république, le citoyen devienne sujet du patron de droit divin quand il en franchit le seuil.

Le vote pour l’assemblée européenne ne doit pas être négligé, le parlement est la seule institution de l’UE qui soit issue du suffrage universel. C’est dire l’importance d’un tel vote et du débat citoyen que la campagne peut créer, que vous pouvez porter. La politique sociale de l’Europe ressort toujours des autres instances de l’UE, qui décident, imposent leurs choix, sauf quand le parlement qui dispose de la possibilité d’approuver ou non les directives et projets de la Commission, a pu la faire reculer et s’opposer par exemple à la directive Bolkestein, à la directive portuaire, à celle sur le temps de travail rejetée le 17 décembre. Ceci grâce à l’action courageuse des députés de la GUE, avec le soutien de la mobilisation populaire et des syndicats.

L’exercice du suffrage universel est un droit d’expression démocratique. Il doit permettre à un vote qui rassemble, face à la gauche du compromis et à celle qui divise, de battre la droite et d’envoyer à Strasbourg et Bruxelles, des députés qui proposent de véritables alternatives au libéralisme.

Allain GRAUX

 Le 28.04.2009

Ref : -Le Krach parfait d’ Ignacio Ramonet (Galilée)

            -La Dissociété – le socialisme néomoderne de Jacques Généreux (le seuil)

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Lundi 6 avril 2009

J’étais à Strasbourg.

 

Tous les dirigeants de la gauche de gauche de Côte d’or, avec des militants du PCF, du Parti de Gauche, du NPA, de Solidarités 21, du Mouvement de la Paix, des syndicalistes et même des socialistes, rassemblés dans le collectif pour la paix, étaient samedi dans le bus qui emmenait ces militants manifester contre l’OTAN à Strasbourg. L’ambiance était enjouée, pleine d’empathie et de sympathie.

A 25 kilomètres de la capitale alsacienne, le car est dévié sur de petites routes. A chaque rond-point il faut négocier avec les policiers qui indiquent la route à suivre. La police est omniprésente, jusque sur les toits des châteaux d’eau et des silos, bloquant le moindre chemin. Le bus se retrouve à la frontière allemande, sur le Rhin, bloqué par la polizei. On nous renvoie d’où nous sommes venus. Là, un gradé nous bloque car la route est interdite au plus de 7,5T ! Plus loin, ce n’est pas autorisé. On se croirait dans un gag de Raymond Devos. Finalement, c’est un gendarme qui intervient auprès de l’officier pour lui dire de laisser passer le bus, aujourd’hui, on n’applique pas le code de la route…Nous finissons par arriver près du lieu de rassemblement, un immense terrain vague où il semble évident que tous les manifestants n’ont pas pu accéder. Beaucoup de jeunes vêtus de noirs et portant cagoules sont présents. Derrière un bouquet d’arbres s’élève une colonne de fumée. Des hélicoptères tournent dans le ciel. Quelque chose tombe de l’un d’eux. Aussitôt une nouvelle colonne de fumée noire, très épaisse, s’élève. On entend des détonations. De la fumée, des gaz, envahissent le lieu du rassemblement. Les rumeurs courent, c’est l’hôtel Ibis qui brûle.

Les haut-parleurs nous invitent à partir.

C’est un départ impromptu, avant que le meeting prévu ait pu se tenir.

Une première évidence :

beaucoup de manifestants pacifistes n’ont pas pu rejoindre le lieu de rassemblement qui était déjà investi par les anarchistes autonomes.

Des bus ont été égarés pour qu’ils ne puissent pas rejoindre Strasbourg.

Alors que nous avons déjà pu constater une présence d’une ampleur extraordinaire des forces de  l’ordre, rien n’a été fait pour isoler les casseurs des manifestants pacifistes.

 Pour sortir de la nasse, ce n’est pas évident, le passage est très étroit et rétréci encore par la présence de plusieurs véhicules de CRS qui barrent la moitié du chemin. Et aussitôt des cagoulés armés de grands bâtons attaquent les policiers, tapant sur les fourgons, jetant des pavés et des pierres. Les flics s’enfuient.

Cette violente agression était parfaitement inutile, mais prévisible. Que faisaient ces policiers sur la route d’évacuation du terrain ? Ils constituaient une véritable provocation. Pourquoi vouloir fermer la voie de dégagement du rassemblement ?

J’aperçois Francis Wurtz, député européen du PCF, qui répond à une interview de Léo, un dirigeant de la gauche autrichienne, du réseau de la Charte pour une autre Europe.

Tant bien que mal, la manifestation s’organise. Les militants se regroupent derrière leurs bannières et banderoles, défilent dans le calme, canalisés et dirigés vers un quartier périphérique de Strasbourg  par les nombreux barrages policiers qui bloquent tous les accès. C’est une zone qui paraît vide, près du port fluvial, avec de nombreuses usines.

Nous passons devant un bureau de poste, une église et arrivons devant une voie ferrée et un tunnel. Là, nous sommes bloqués. Derrière, s’élève un panache de fumée. La sono nous informe qu’il faut attendre que les pompiers aient terminés d’éteindre l’incendie d’un immeuble. Des gens s’assoient sur la chaussée, d’autres circulent. On attend patiemment, dans le calme.

Je vais voir ce qui se passe au bout du tunnel qui est barré par un grillage derrière lequel sont stationnés deux cars de CRS. La grande échelle des pompiers s’élève au milieu de la route devant un immeuble où de la fumée s’échappe du dernier étage. Je ne vois pas de pompiers, seulement des policiers.

Réflexion : comment ce feu a-t-il pris au dernier étage ?  Les casseurs ne sont tout de même pas montés là-haut pour mettre le feu comme ça !

Je rencontre Michel Soudais, de Politis, et une autre amie journaliste. Je me dis que l’on ne voit pas les grandes chaînes de la télé.

Au bout d’un long moment, la sono nous dit que suite à des négociations, nous allons pouvoir passer. Les policiers qui étaient sur la voie ferrée, au-dessus du pont, se retirent, mais en fait le tunnel est toujours barré. Les cagoulés en profitent pour grimper sur le ballast et aller attaquer les forces de police. Les policiers reviennent chassant les casseurs qui se mêlent aux pacifistes. On entend l’explosion des tirs de grenades lacrymogènes. Puis ce sont les gaz qui arrivent et des cailloux. Incroyable ! Les flics nous balancent des cailloux. Ils ne font pas le détail, ils arrosent la foule qui reflue. Mais derrière, sur l’avenue par laquelle nous sommes venus, la route est barrée et les policiers nous arrosent également. Panique générale. Le camion de la CGT nous demande de le suivre le long de la voie ferrée. C’est alors que de violents affrontements éclatent sur le remblai, car les CRS envoient à nouveau des bombes lacrymogènes sur le convoi. Des vagues de casseurs cagoulés vont à l’assaut, les tirs répondent. Les manifestants sont scindés. Beaucoup n’on pas pu suivre le camion. C’est un véritable piège, une souricière dans laquelle nous ont conduit les forces de police, sans possibilité d’évacuation. Je suis gazé, asphyxié, je pleure, comme beaucoup d’autres manifestants.

A nouveau je reflue vers la l’avenue et nous sommes à nouveau bombardés par la police, à tirs tendus, de grenades qui explosent au milieu de nous et de balles de flash-ball. Je suis coincé contre un mur, en larmes, étouffant, avec la présidente d’Attac 21. Nous sommes séparés de nos amis, dispersés. Un jeune militant libertaire de Dijon nous aide, il a du chlorure de sodium qu’il nous verse sur les pupilles. Soulagement. Nous nous réfugions dans la cour d’une usine. Nous profitons d’un instant de calme pour essayer de passer à nouveau le long de la voie ferrée avec deux amis dijonnais, puisque nous ne pouvons pas revenir sur nos pas. Cette fois le passage est dégagé.

Nous retrouvons la route, et d’autres manifestants qui reviennent également. Nous passons devant l’Eglise dont la porte a été défoncée, la porte vitrée de la poste a volé en éclats, les arrêts de bus, les cabines téléphoniques ont été détruites. Plus loin, des wagons ont été tirés au milieu de la route. Des tas de palettes ont été répandus sur la chaussée. Les panneaux de signalisation et de publicité, les feux tricolores, ont été arrachés. Tout cela s’est produit derrière nous. Par qui ? Alors que nous avions vu tant de forces de police déployées, partout, plus nombreuses que les manifestants …

Au pont, nous sommes dirigés le long de la voie d’eau par un barrage de police. Des groupes de manifestants pacifistes, très dispersés refluent calmement, pour revenir vers les bus. Regardant vers le pont, je vois deux canons à eau prendre position alors que d’autres groupes arrivent tranquillement. Ils arrosent. Pourquoi ? Il n’y avait aucun incident, les gens rentraient tranquillement. Comme pour me punir de cette pensée, nous sommes à nouveau bombardés de bombes lacrymogènes par les flics du pont. Pourquoi ? Il ne se passait rien !

 

Au pont de l’Europe, le camion du Mouvement de la Paix propose de le suivre pour aller au Jardin, lieu prévu pour le meeting de fin, ou de rentrer. L’immense majorité des troupes préfère revenir vers les cars. Et le camion finit par en faire autant.

Les Dijonnais se regroupent peu à peu et décident de rester ensemble, d’éviter la dispersion pour retrouver notre bus garé fort justement là où il nous avait déposé à midi. En face dans les fourrés, on distingue des casques noirs et des canons de fusils. Des petits groupes de CRS sont embusqués tout le long du parcours de retour.

Pendant plus d’une heure, les groupes de manifestants dispersés au fil des évènements, rentrent vers leurs véhicules.

Conclusion

 Il apparaît d’évidence que tout a été fait pour que cette manifestation autorisée ne puisse pas avoir lieu : 

en empêchant le rassemblement, égarant les cars ;

en changeant à la dernière minute le parcours autorisé par la préfecture ;

La manifestation n’a jamais pu s’organiser et se structurer, permettant ainsi aux casseurs de se mêler aux pacifistes.

Les forces de  police ont tronçonné la manifestation en plusieurs groupes qui ont été l’objet d’attaques par des tirs de grenades lacrymogène et de flash-balls dont l’objectif évident était de faire peur, d’impressionner les manifestants pour les inciter à ne plus revenir manifester.

Les autorités ont laissé se rassembler et agir des groupes de Blacks-Blocks, d’autonomes anarchistes, arrivés dès jeudi. Le déploiement massif et inégalé des forces de l’ordre permettait d’interdire l’accès de ces casseurs à la manifestation et d’éviter les graves  incidents et les destructions qu’ils ont causés.

Le but était manifestement de dénaturer le caractère pacifiste de la manifestation.

C’est un quartier populaire qui a subi ces dommages alors que le centre-ville était hyper protégé et inaccessible, souvent au mépris des droits des citoyens de Strasbourg.

 

Les plus hautes autorités de l’Etat portent une lourde responsabilité dans les incidents qui se sont produits et qui auraient pu être encore plus dramatiques sans la solidarité et la sagesse des forces militantes présentes.

Pour le moins une commission d’enquête devrait éclaircir ces responsabilités et pour le plus, devant la gravité de la situation engendrée par les directives données aux forces de l’ordre par le ministère de l’intérieur, nous devons exiger la démission de la ministre de l’intérieur, Madame Alliot-Marie.

 

Cette volonté d’empêcher une manifestation pourtant autorisée, en utilisant tous les moyens est à rapprocher de la politique répressive et de la « judiciarisation » mises en œuvre par le gouvernement de Monsieur Sarkozy à l’égard de tous les opposants, les syndicalistes qui manifestent, les militants de RESF qui ont été victimes des mêmes mesures à Vichy, les jeunes des quartiers populaires, les militants politiques qui utilisent pourtant le propre langage du président :

« Casse toi, pov’con ! »

 

Allain GRAUX

  Le 6.04.2009

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Mercredi 25 mars 2009

En France, le marché de l’eau représente 23 millions d’abonnés.

60 % des communes représentant 80 % de la population ont délégué leur gestion pour 416 milliards d’euros.

Pour l’assainissement, 50 % de la population est en gestion déléguée.

En 2005, 20 576  communes sont en gestion déléguée, 15 841 en régie publique.

 

Lors du renouvellement des contrats (12 000), le petit négociateur local n’a aucun poids pour renégocier les prix face à une puissante multinationale liée aux autres par des contrats de non-agression…Une unique réponse dans 31 % des appels d’offre rend totalement illusoire la concurrence. Dans 95 % des cas, le même délégataire est reconduit après la fin d’un contrat.

Ces contrats à long terme sont de véritables rentes de situation :

Véolia : de 10 à 20 % ; en 1997, 4,5 milliards de profits. En 2000, entre 8,4 et 16,8 milliards de francs…

 

 

Distribution déléguée : trois entreprises se partagent le marché

 

Véolia Water (ex-Générale des eaux)

56 %51 % + 5 % (part de l'entreprise dans les filiales communes)

Suez Lyonnaise des eaux

29 %24 % + 5 % (part de l'entreprise dans les filiales communes

SAUR

13 %

Une dizaine d'entreprises locales

2 %

Source : avis du conseil de la concurrence 31 mai 2000

 

Le Prix de l’eau

La Cour des comptes a étudié pour la période 1995-2002 la gestion des services publics d'eau et d'assainissement de plus de 200 communes et établissements publics intercommunaux. En ce qui concerne le prix de l'eau, la Cour constate d'abord l'existence d'écarts très importants - de 1 à 4 d'une commune à l'autre - sans que les raisons de telles disparités soient parfaitement claires. En comparant gestion directe et gestion déléguée de l'eau, la Cour observe ensuite que le principe de l'équilibre budgétaire du système de régie permet uniquement le financement des investissements déjà inscrits au budget, et que l'existence d'une comptabilité analytique ou d'un contrôle de gestion est trop rare, ce qui entraîne fréquemment la majoration du prix de l'eau par des charges indues. Du côté de la délégation, le prix est affecté notamment par diverses clauses défavorables aux usagers.

 

Des prix systématiquement abusifs sur les grandes villes. 

L’étude constate que le prix de l'eau est largement surfacturé sur toutes les agglomérations de plus de 300 000 habitants et sur la moitié des agglomérations comprises entre 100 000 et 300 000 habitants. Cette surfacturation a un impact économique très important. En effet, selon l'INSEE, les agglomérations urbaines de plus de 100.000 habitants regroupent 27 millions de français. Une petite moitié de la population est donc exposée à une politique tarifaire le plus souvent abusive. Les marges nettes sur chiffre d'affaires dégagées par les services d'eau sont impressionnantes puisque, elles oscillent entre 26 et 42%, 59% pour le SEDIF (Ile de France). Elles sont au minimum deux à trois fois supérieures aux taux de marges nettes des autres secteurs industriels déjà considérés comme profitables. (Enquête UFC – Que Choisir)

Le prix de l’eau et de l’assainissement est de 2,75 € en moyenne, mais il peut varier de 1,90 à 4,10 € (dans le Morbihan). La confusion permet d’entretenir l’ambiguïté sur le vrai tarif de l’eau et de pratiquer une gestion occulte. Le prix a progressé de 2,4 % entre 2001 et 2004.                                                                                  

En Bourgogne, le tarif facturé moyen de 3 € le m3, l’eau est la plus chère du bassin : 3,32 €  le m3 à DIJON - 3,41 € à Beaune pour 120 m3 consommés.                                                                                                                                                     Toutes les enquêtes le confirment, le tarif du m3 d’eau est en moyenne 20 à 25 % plus élevé en gestion privée qu’en régie. Cela permet aux grands groupes de réaliser de juteux bénéfices  et des marges allant de 40 à 55 %.

 (Selon Que Choisir 2007).                                                                                                                                           

Dans toutes les renégociations intervenues ces dernières années, les tarifs ont pu être baissés jusqu’à 30 % et plus  Quant au retour en régie, Ils ont toujours permis une baisse significative des tarifs  de 15 à 30 %,  (44 % en régie intercommunale) en améliorant la qualité du service et les investissements.                                                                                                                          A Grenoble la reprise en régie directe a permis de réduire le montant à 0,75 € le m3.   

Quatre raisons pour le retour en régie :

éthique : pour vivre ensemble, gérons nos biens communs en commun comme l’eau, le soleil, le savoir ensemble.   

Ecologique : léguer à nos descendants une eau de bonne qualité et les savoirs qui leur permettront de préserver l’eau. La privatisation de l’eau, c’est aussi la privatisation des savoirs.

Sociale : pour que la facture de l’eau soit moins lourde aux ménages.

Altermondialiste : pour lutter contre le pillage des ressources naturelles de la planète par les multinationales.

 

 

 

 

                                                                                             

Répartition de la consommation d’eau par secteur d’activités
 68% pour l’agriculture
 24% pour l’eau potable
 5% pour l’industrie (hors énergie)
 3% pour la production d’énergie162 litres/jour : consommation moyenne d’eau par habitant (de 118 litres/jour pour le Nord-Pas-de-Calais à 259 litres/jour pour la Corse).

Les agriculteurs et les industriels paient moins cher que les ménages. Pourtant les pollutions agricoles et industrielles nécessitent plus de traitement. Mais en France, plus on consomme et moins on paye, ce qui est un encouragement à la surconsommation.

  •  
    •  
      • 42 % de la facture revient au service de distribution d'eau
      • 31 % de la facture revient au service de collecte et de traitement des eaux usées
      • 17 % de la facture revient aux agences de l'eau (1,6 % pour la redevance " préservation des ressources " et 15,4 % pour la redevance " pollution ")
      • 10 % sont des taxes (Fonds National de Développement des Adductions d'Eau = 2 centimes/m3, Voies Navigables de France, et Taxes sur la Valeur Ajoutée à 5,5 %)

 


REVENIR EN REGIE

 

Inverser la tendance : c’est un choix politique.

Les bonnes (ou mauvaises) raisons avancées et imposées par les marchands pour ne rien changer sont :

le savoir faire technique ;

la maîtrise de l’ingénierie financière qui permet d’investir dans un marché mondial en pleine expansion ;

l’infrastructure reste propriété publique.

la gestion privée évite la responsabilité aux élus.

La procédure de changement de gestion serait trop compliqué pour changer sans le savoir faire technique et financier.

 

Les contre-arguments

L’histoire démontre que l’hégémonie du privé repose sur la pratique de la corruption, depuis les droits d’entrée versés aux municipalités depuis 1953ce sont 40 années de financement par des pots de vin aux communes et aux partis politiques.

Les tarifs du privé sont plus élevés que ceux du public. Ceux qui défendent le privé le font par dogmatisme, celui de faire le plus de bénéfices possibles, mais ils se vantent rarement du montant de ces bénéfices…Le service public défend l’intérêt général, celui de la planète et de la biodiversité.

La concurrence est absente.

Les sociétés multinationales financent leurs autres activités avec les super bénéfices prélevés sur la distribution et l’assainissement de l’eau, comme la communication : TF1, radios, téléphonie …C’est une affaire de tuyaux !

De plus en plus de villes et de communes  reviennent à une gestion publique, de toutes tendances politiques : Grenoble, Cherbourg, Varages, Neufchateau, Castres (UMP), Lagarde, Venelles (UMP).

 

Les moyens du passage en régie.

Le Syndicat intercommunal est un outil pour le passage en régie, pour rationaliser la gestion. Il peut gérer aussi  la collecte des déchets, la propreté urbaine, les transports.

Les salariés, qui possèdent le savoir-faire sont intéressés et peuvent être repris par la régie.

L’instauration de compteurs différenciés, de réseaux différenciés selon les types de consommation et les usages, domestiques, agricoles ou industriels.

Prime à la consommation selon un tarif progressif, adaptée aux revenus et pour les familles.

Plus on consomme, plus on paye, avec une mutualisation selon la géographie et la pollution (agricole, industrielle).

Pour sortir, on peut s’acquitter des investissements par l’emprunt, sur le budget annexe de l’assainissement.

       -      La loi permet un délai de transition et d’adaptation d’un an à la rupture du contrat.

 

LA NÉCESSAIRE MOBILISATION

Depuis le début des années 1980, les citoyens de notre pays ont été progressivement dépossédés de la gestion de l'eau.

Dans de nombreuses villes, les maires, sous la pression des grands groupes, ont délégué la gestion des services d'eau et d'assainissement.

Des contrats léonins ont été signés, le plus souvent pour une durée de trente, voire quarante ans.

L’action des citoyens  peut changer les choses ; on doit agir pour contrôler la gestion de l’eau !

1) Écrire au maire ou au président de la communauté de communes pour lui demander quel est le mode de gestion de l'eau.

Si le mode pratiqué est la délégation :

- Connaître la date d'échéance des contrats (Eau potable et Assainissement)

- Se procurer à la mairie (service des gestions déléguées) tous les documents relatifs au service délégué de gestion de l'eau qui sont par définition publics :

a) contrats de délégation (Eau potable et Assainissement) ;

b) tous les avenants de ces contrats ;

c) le budget annexe établi en début d'année d'exploitation et le même budget en fin d'année d'exploitation ;

d) les comptes d'exploitation ;

e) l'avis du contrôle financier ;

f) les rapports annuels du prix et de la qualité de l'eau établis par le responsable de la collectivité (loi Barnier) ;

g) les rapports sanitaires, notamment ceux établis par la DASS (Direction des affaires sanitaires et sociales) ;

h) les audits éventuels sur la gestion du service public de l'eau ;

i) les rapports éventuels de la Cour des comptes ;

j) consulter les délibérations du conseil municipal et les avis de la Commission consultative des services publics locaux (CCSPL) si elle existe.

En cas de refus de communication de ces documents, qui sont tous des documents accessibles au public, le plus souvent de nature administrative, faire appel à la CADA (Commission d'accès aux documents administratifs).

(D'après la fiche de l'association E.A.U.)

 

 LES PROPOSITIONS D'ATTAC

 

 

Face à l'évolution très inquiétante du contexte mondial du marché de l'eau, les citoyens doivent absolument reprendre en main la gestion de ce bien commun de l'humanité !

 

a) L'accès à l’eau doit être un droit humain fondamental reconnu par tous pour qu'aucun être humain sur notre terre ne puisse être privé d'eau et qu'aucune coupure d'eau ne soit effective par manque de moyens financiers de la part des usagers.

 

b) L'eau est un bien patrimonial de l'humanité, que nous recevons en héritage et que nous devons laisser en l'état pour nos descendants.

 

c) Chaque habitant de cette terre, devra disposer gratuitement de 40 litres d'eau par jour. C'est le minimum vital préconisé par l'OMS et déjà mis en pratique par l'Afrique du Sud et le pays de Flandre, en Belgique, ainsi que par la commune de Neufchâteau, dans les Vosges ; nous utilisons entre 150 et 200 litres d'eau potable par jour et par personne, alors que 40 litres sont nettement suffisants pour l'hygiène personnelle et la cuisson des aliments ; c'est une véritable hérésie que d'utiliser de l'eau potable pour arroser nos pelouses ou laver nos voitures.

 

d) Les services de l'eau et de l'assainissement doivent être impérativement publics et gérés avec la participation active et directe des citoyens/usagers, afin d'empêcher les dérives financières dont est responsable la gestion privée, car une bonne partie des sommes payées par les usagers servent à rémunérer des sociétés de capitaux et à verser des dividendes à leurs actionnaires ; nous affirmons que seule une gestion publique via des régies bien administrées peut assurer un bon service public de l'eau pour tous et permettre la pratique d'une démocratie participative effective.

 

e) Nous devons réformer en profondeur toutes les pratiques agricoles et industrielles grosses consommatrices de la ressource ; ces pratiques conduisent de manière inacceptable à la surconsommation et au gaspillage de l'eau par son affectation à des utilisations en totale contradiction avec des objectifs de préservation de la ressource pour les générations à venir.

 

f) Le droit à l'eau et la gestion publique des services d'eau doivent être inscrits dans les constitutions nationales, comme l'a fait l'Uruguay en octobre 2004.

 

g)  Se mobiliser sur deux fronts pour obtenir des résultats :

• convaincre les responsables des collectivités locales de ne pas reconduire les contrats à l'échéance de ceux-ci ;

• démontrer, par une expertise adéquate, aux mêmes responsables que seule la rupture unilatérale des contrats peut provoquer un changement substantiel dans la gestion de l'eau.

 

 Extraits de la plate-forme issue des États généraux de l'eau du grand Sud-Ouest

(Toulouse, 8 décembre 2007)

 

«... 3.1. Maîtrise des coûts.

c) Déconnecter la rémunération du délégataire des volumes vendus.

ci)   Établir les tarifs sur les bases d'un fonctionnement optimal du service (rendement du réseau, qualité de l'eau…).

cii) Suppression des tarifs dégressifs pour les gros consommateurs et mise en place d'une tarification progressive au-delà de 300 m3 annuels par logement pour encourager les économies de consommation d'eau.

ciii) Suppression des dépôts de garantie et limitation de la part fixe aux frais de facturation, d'amortissement compteur et de relevé de compteur.

civ) Négociation et rédaction d'un règlement de service entre les élus et les associations d'usagers.

 

3.2. Développer l'information et l'éducation des usagers et des élus.

- Participation des associations d'usagers au Conseil d'administration ou au Conseil d'exploitation selon le mode de régie choisi.

Mise en place d'une CCSPL (Commission consultative des services publics locaux) dans toutes les communes ou intercommunalités, en conformité avec la loi.

- Mise en place, conformément aux dispositions prévues par le Code général des collectivités territoriales (CGCT), d'une commission de contrôle financier (CCF) des services publics locaux.

 

4.1. Faire respecter la réglementation.

- Systématiser les périmètres de protection des zones de captage d'eau potable  (64 % d'entre eux ne bénéficient d'aucune protection réglementaire, pourtant recommandée d'après une loi datant de 1964).

- Faire respecter les débits réservés pour le maintien en bonne santé des écosystèmes aquatiques et les besoins en eau potable.

 

4.2. Instaurer un contrôle effectif des ressources en eau.

- Privilégier la protection des eaux brutes (superficielles et profondes) et la prévention des pollutions sur leur traitement technique. Dans ce sens, privilégier une agriculture respectueuse de l'environnement et économe en eau.

- Les besoins en irrigation doivent être compatibles avec la nature du réseau hydrologique et du climat local, et les choix de soutenir tel ou tel type de cultures faits en conséquence.

Appliquer le principe de non contamination par la promotion et le développement de techniques d'assainissement écologique : toilettes sèches, filtres plantés, récupération des eaux de pluie...

- Proscrire l'utilisation de pesticides pour l'usage communal.

 

5. Favoriser les actions de solidarité internationale.

Favoriser les actions de solidarité internationale en faveur de l'action à l'eau et à l'assainissement dans le cadre de budgets de coopération décentralisée prévus par la loi depuis 1992 en s'opposant à leur financement par le prélèvement de 1 % sur les budgets d'eau et d'assainissement des collectivités territoriales et des agences de l'eau, préconisé par l'application de la loi « Oudin-Santini » de janvier 2005. »

 

  LES BONNES ADRESSES

Les liens utiles pour s’informer et agir

Ci-dessous une série de liens vers des sites ou des blogs d’associations et de personnalités offrant des analyses et des propositions intéressantes sur la question de la gestion de l’eau.                                                                                   Nous proposons aussi quelques liens vers des sites institutionnels qui ont mis en ligne des documents utiles.             Cette liste n’est pas exhaustive et en cas d’oubli, nous la complèterons sur proposition des internautes qui nous écriront pour signaler une source supplémentaire.

1 Les associations      

- sur le Site de ACME (Association pour un Contrat Mondial de l’eau), des infos générales sur la question de l’eau en France et dans le monde, plusieurs articles sur le SEDIF. www.acme-eau.org,
- sur le Site de E.A.U (Elus Association Usagers), des propositions intéressantes d’une association s’inscrivant dans la continuité de "l’appel de Varages" de 2005 : -www.france-libertés.fr/IMG/pdf/appel_de_Varages.pdf,

contact asseau@orange.fr,
- sur le Site de France Liberté, des infos générales sur la question de l’eau en France et dans le monde, mais pas seulement, puisque l’association fondée par Madame Danielle Mitterrand s’investit sur d’autres questions.
- sur le Site d’ATTAC, des initiatives intéressantes à suivre : www.france.attac.org
- sur le Site d’UFC Que Choisir, deux enquêtes sur les tarifs de l’eau en 2006 et 2007 qui ont dévoilé pour le grand public une situation scandaleuse.

- www.remunicpalisation.org : ce site permet de découvrir les villes, qui partout dans le monde, délaissent le modèle de la gestion privée o pour se tourner vers la gestion publique.

2 Les institutions                                                                                                      -- - sur le Site du SEDIF (Syndicat des Eaux d’Ile-de-France), on trouve le fonctionnement du SEDIF, le territoire, les équipements (le site est assez bien fait d’ailleurs) ainsi que les documents officiels concernant la réflexion sur le choix à réaliser en 2008-2010. Le SEDIF joue la transparence. C’est bien. Profitons-en.
 sur le Site d’Eau de Paris (société de gestion de l’eau de la ville de Paris), où l’on trouve le fonctionnement, le territoire, les équipements et les étapes vers la remunicipalisation décidée et à mettre en oeuvre d’ici 2009.
 sur le Site de la régie de la Ville de Grenoble, beaucoup d’informations utiles concernant une expérience réussie de retour en gestion publique de l’eau.
 sur le Site de la Ville de Varage dans le Var), dont le maire a été de 2001 à 2008 Michel Partage, on trouve une mine d’informations très utiles au sujet notamment de l’expérience de cette petite ville qui a décidé de revenir en gestion publique, et qui l’a fait.

3 Les organisations politiques                                                                                                          Site du Parti Communiste Français, des prises de position sur la question de l’eau.

4 Les personnalités                                                                                                            

 sur le Blog de Marc Laimé, rédacteur au Monde Diplomatique, très actif sur la question de l’eau.

 

Et pour toute question sur les contrats :

 linosse@wanadoo.fr

attacfr@attac.org - www.france.attac.org

 

REFERENCES :

-Le Monde diplomatique : www.monde-diplomatique.fr/carnet/2008-03-19-La-marchandisation-de-leau

-Manière de voir 65 : la ruée vers l’eau (sept-octobre 2002)

-Roger Lenglet et Jean-Luc Touly, L’Eau de Vivendi, Alias éd., Paris, 2003. Comment les multinationales ont acquis le droit de pomper dans les nappes phréatiques appartenant au domaine public, de distribuer et de commercialiser l’eau.

-Ricardo Petrella (sous la direction de), L’Eau, res publica ou marchandise ?, La Dispute, Paris, 2003. L’état des questions, des luttes et des propositions autour de l’« or bleu ». Et aussi Le Manifeste de l’eau. Pour un contrat mondial, Editions Labor, Bruxelles, 1998

-  Main basse sur l’eau des villes, par Marc Laimé

-  Manifestes pour l’eau publique – Fondation Copernic – Editions Syllepse

 

 Allain GRAUX                              

Collectif EAU 21 – 3 Impasse du Vauloin - 21370 Lantenay                                                                                                       E mail : eau21@orange.fr


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Mercredi 25 mars 2009

 Sous l’égide de l’ONU, la communauté internationale a célébré la journée mondiale de l’eau le 20 mars 2008. En effet, 1,5 milliards d’être humains n’ont pas accès à l’eau potable, 50 000 personnes, dont la moitié d’enfants, meurent chaque jour en raison des problèmes de santé liés à l’eau.

Une ressource qui devient rare.

L’eau douce ne représente que 3 % des ressources dont les 2/3 sont constituées en glace, elles devraient diminuer de

80 % pour chaque habitant en l’espace d’une vie humaine. Entre 1960 et 2025, elles pourraient passer de 3 430 m3 à seulement 667 ; or le seuil d’alerte est fixé à 2 000 mètre cubes.

L’eau c’est aussi un enjeu stratégique majeur pour un grand nombre de pays et de peuples. Son accaparement  met en péril la paix et la stabilité du monde. C’est le cas :

Au Proche-Orient ou Israël occupe illégalement le plateau du Golan Syrien, capte les eaux du Jourdain au détriment de la Cisjordanie. (Un israélien consomme quatre fois plus d’eau qu’un Palestinien.)

La Turquie retient en amont, par des barrages, l’eau du Tigre et de l’Euphrate, au préjudice des besoins des pays avals comme la Syrie et l’Irak.

En Asie centrale, dans la Vallée de Fergana.

En Chine, avec le gigantesque barrage des Trois Gorges, avec ceux prévus sur le Mékong au désavantage de la Thaïlande, du Laos, du Cambodge, du Vietnam.

En Amérique latine avec les convoitises sur l'aquifère Guaraní, de l’Argentine, du Brésil, du Paraguay et de l’Uruguay. La captation des eaux du fleuve frontière Rio Bravo entre le Mexique et  les Etats-Unis.

En Amérique du Nord où les Etats-Unis souhaitent transférer sur leur territoire les immenses réserves aquifères du Canada.

En Afrique Subsaharienne, en Libye et en Egypte, entre l’Afrique du Sud et ses voisins.

 


 La question de l’approvisionnement en eau est liée aux questions écologiques du réchauffement climatique et des pollutions industrielles et agricoles.

Le changement climatique affecte les précipitations et le cycle hydrologique et par conséquent la disponibilité des eaux de surface, l’humidité des sols et l’alimentation des nappes souterraines. Il pourrait provoquer des catastrophes naturelles de grande ampleur et en conséquence de grands vagues de réfugiés environnementaux (c’est déjà le cas au Bangladesh, au Proche et Moyen-Orient). Le rendement des cultures est menacé tant dans les pays développés que ceux en voie de développement. Trois milliards de personnes sont exposées aux menaces de pénurie d’eau.

Si la population du globe a été multipliée par trois au XX° Siècle, la demande en eau a été multipliée par sept et la surface des terres irriguées par six…

Plus d’un tiers des terres du globe arides ou semi-arides manquent d’eau.

Elle ne doit évidemment pas être polluée par l’utilisation outrancière d’engrais et de pesticides qui polluent les nappes et les rivières. Elle ne doit pas être prélevée outrageusement par l’irrigation de cultures industrielles inadaptées comme le coton qui a tari la mer d’Aral, le maïs qui assèche le Sud de la France. L’arrachage des arbres en Australie a provoqué la remontée et la salinisation des nappes. L’Australie souffre actuellement d’une redoutable sécheresse qui a diminué considérablement ses ressources vivrières.

La construction non maîtrisée de grands barrages a souvent des conséquences néfastes pour les populations ; elle entraîne la perte de terres agricoles (5000 000 ha en Inde entre 1950 et 1973), le déplacement des habitants, la réduction des nappes phréatiques.

Dans les pays en voie de développement, 90 % des eaux résiduaires et 70 % des déchets industriels sont rejetés sans traitement préalable dans les eaux de surface. Ce qui entraîne la mort de cinq millions de personnes par an, de maladies liées à la pollution de l’eau.

 

La consommation

La consommation journalière varie de 900 litres par personne aux Etats-Unis pour 10 à 30 litres dans les pays africains. Les pays d’Afrique du Nord et du Proche-Orient vivent dans des conditions qui handicapent leur développement économique et social avec moins de 2 000 m3 par habitant et par an.

L’agriculture consomme 70 % des ressources aquifères, suivie de l’industrie (20%). Les usagers urbains ne représentent qu’une faible proportion de la consommation globale.

Si l’eau est indispensable aux cultures vivrières qui font aujourd’hui défaut, en particulier dans les pays pauvres où la population est en majorité paysanne, l’agriculture doit être adaptée aux ressources en eau pour ne pas épuiser les nappes phréatiques, les rivières et les lacs par des cultures inappropriées : les golfes dans le désert, le coton dans les régions désertiques, le maïs, etc.…

 

Histoire d’eau

Depuis la plus haute antiquité, l’eau est au cœur des pratiques sociales, religieuses, économiques et sanitaires.

Les Gaulois révéraient en Belenos le dieu de l’eau et de la santé. Cette vénération continua avec la conquête romaine. En trempant leurs corps dans les sources pour retrouver la santé, ou en pratiquant le bain dans les thermes urbains, les gallo-romains partageaient l’eau en se conformant aux normes sociales, autant pour la propreté que la distraction. Les nombreux aqueducs amenaient l’eau aux fontaines où elle était fournie gratuitement et en abondance. Ce n’était pas un produit marchand mais un don de la  nature.

Entre le XII° et le XVII° siècle, dans la chrétienté, le rapport au corps change : l’eau reste sacrée, mais seules comptent les eaux du ciel pour le baptême, le bénitier, l’absolution. Les bains privés ou publics sont progressivement pourchassés, voire interdit. L’eau devient redoutable, elle passe pour affaiblir, dégrader, tuer les imprudents qui se livrent à des ablutions prolongées. Louis XIV ne prendra qu’un seul bain de toute sa vie…

En 1860, la révolution scientifique pasteurienne met en évidence les germes pathologiques qu’elle est susceptible de contenir.

Désormais la question de la qualité de l’eau s’ajoute à celle de la quantité.

Cette fois, c’est dans le cadre d’une économie marchande, de type capitaliste, que l’eau est distribuée, non seulement dans les fontaines publiques, mais par les robinets de chaque logement. Laïcisée, elle se transforme en un produit de type industriel scientifique et technique. En France, de quelques litres par habitant et par jour, la distribution passe à la fin du XX° siècle, à 200 litres par habitant et par jour dont moins de 10 % est destinée au corps et à la toilette.

Les trois dimensions symboliques de la vie humaine : sacrée, sociale et économique, restent présentes. L’eau est inscrite à ce titre au patrimoine mondial de l’humanité. Encore faut-il que chaque être humain ait accès à ce patrimoine.

(Chapitre écrit suivant l’article de J.P. Goubert « une amie de longue date… » .publié par Manière de voir 65- sept.oct.2002)

        

Accès et distribution à l’eau

La philosophie des multinationales de l’eau :

Rareté : devenue un bien économique à valeur marchande, la rareté intéresse au plus haut point les groupes capitalistes.

Pollution : si l’eau est sale, je la dépollue, si elle est propre je la vends propre, si elle est abondante je la raréfie par un système de péage.

Discrimination : je la vends cher à ceux qui peuvent payer cher.

Mais d’où viennent-elles ces firmes ?

En France, la gestion publique de l’eau a été confiée aux communes en 1789. C’est un héritage de la révolution française. Il a été remis en cause au XIX° siècle avec la possibilité de la déléguer au privé.

Les multinationales de l’eau

En 1853 fut créée par décret impérial la Compagnie Générale des Eaux. Elle fournissait alors de l'eau à Lyon. L'entreprise devenue Vivendi a entamé une diversification de ses activités au début des années 1980, en investissant dans la gestion des déchets, l'énergie, les transports, la construction, l'immobilier, la communication : c'est-à-dire dans la délégation de services publics et dans les commandes des pouvoirs publics.


En 2002, Vivendi environnement se dégage de Vivendi Universal et en 2003 devient Véolia Environnement. Puis en 2005, l'eau, la propreté, les services énergétiques et le transport sont rassemblées sous un nom commun : VEOLIA.

Ce groupe représente 36,5 % du marché mondial et français.

 

Le 2 février 1880, la Société Lyonnaise des Eaux et de l'Eclairage naît à Paris.
À l’origine, une institution bancaire, le Crédit Lyonnais fonde la SLEE (Société Lyonnaise des Eaux et de l'Eclairage), pour « l’obtention, l’achat, la prise à bail et l’exploitation, en France et à l’étranger, de toute concession et entreprise relative à l’eau et à l’éclairage ». Au début du XXe siècle, en France, de grandes villes comme Bordeaux (1913) concèdent leur service de l’eau à la Lyonnaise des Eaux. À cette même époque, l'éclairage urbain au gaz est l'activité principale de la Lyonnaise des Eaux.

Après la Première Guerre mondiale, l'entreprise investit dans l'énergie. En 1946, la nationalisation des secteurs du gaz et de l'électricité change la stratégie. La Lyonnaise des Eaux se repositionne sur les services d’eau. L’entreprise investit dans le traitement des eaux usées. Elle poursuit en parallèle sa politique d’acquisition de sociétés : Eaux de Calais, (1954), Eaux de Douai (1959) et signe des contrats de concession avec des villes importantes comme Soissons (1962) et Carcassonne (1964).

Lyonnaise des Eaux se désengage des Pompes funèbres générales en 1996 et fusionne un an plus tard avec Suez (19 juin 1997). Le nouveau groupe se recentre progressivement sur deux pôles : l'énergie et l'environnement. LA Lyonnaise des Eaux appartient désormais à ce second pôle. Il représente 22% du marché.

 

La Société d’Aménagement Urbain et Rural (SAUR) a été créée en 1933.

C’est le troisième groupe français avec 16,5 % du marché et le quatrième mondial, devancé par l’allemand RWE. En 1984 : Le Groupe Bouygues se porte acquéreur de Saur dans une perspective de développement et de diversification de ses activités, avec la création de Coved pour le traitement des déchets. En 1997 : Intégration de CISE (filiale de la société Saint-Gobain) au sein du groupe SAUR, qui devient le troisième prestataire de services auprès des collectivités locales. En 2005, le groupe Bouygues négocie avec « PAI Partners » la cession du Groupe SAUR et n’en conserve que 10 %.

2006 : Retrait de Bouygues du capital de SAUR ; SAUR France absorbe la maison mère.

2007 : PAI Partners cède ses parts à 3 actionnaires français: la CDC, Caisse des Dépôts (47%), Séché Environnement (33%) et AXA (20%).

Le groupe SAUR est constitué de plusieurs filiales qui s’occupent chacune d’une mission bien spécifique :
-SAUR : gestion de l’eau et de l’assainissement

-STEREAU : conception et construction d’usines de traitement (1960)

-COVED : collecte et traitement des déchets

SAUR est un opérateur de gestion, déléguée des services d’eau ; elle dessert en eau potable et traite les eaux usées de 5,5 millions de consommateurs dans plus de 6 700 communes et agglomérations sur tout le territoire français. Pour cela, SAUR exploite 3 600 stations d’épuration et gère 200 000 km de réseaux.

 

Ces trois firmes forment un oligopole et ne sont pas vraiment en concurrence ; elles se partagent le marché. Leurs actionnaires sont souvent communs : Crédit Lyonnais, Crédit agricole, Axa, Suez. Elles sont présentes dans le bâtiment, les travaux publics, la communication (TFI, TPS, M6, Canal +). Car qui tient les médias tient les hommes politiques dont le rôle est important dans le partage des marchés. Dans le début des années 90, le nom de la Lyonnaise des Eaux ainsi que celui d’autres entreprises, a été cité dans des contentieux liés au financement de partis politiques.

 

Le marché

Le marché mondial, c’est plus de 1000 milliards de dollars ; il est détenu à 80 % par les sociétés multinationales françaises et leurs filiales. Alors que le marché américain est municipalisé à 89 % et desservi par 60 000 intervenants publics, en France 80 à 85 % des français consomment privé. En 1945, le rapport était inverse : 75 % relevait du publique et  25 % du privé  (31,6 % en 1954).

 

En France, il existe plusieurs modes de gestion des services d’eau et d’assainissement                                  - La régie : le service est directement géré par la collectivité (commune ou groupement) et dispose de l’autonomie financière.                                                                                                                                           - la gestion déléguée : les contrats signés entre les collectivités locales et les opérateurs d’eau répondent à une réglementation stricte.                                                                                                                                             - La concession : le service de l’eau est concédé à une société privée. Cette dernière construit les infrastructures et gère le service pour le compte de la collectivité. Les investissements réalisés reviennent ensuite de plein droit à la commune, à l’issue du contrat.
Généralement, ce type de contrat, en raison des investissements à amortir est de longue durée (20 - 25 ans)                                                                                                                                     - L’affermage : l’entreprise gère seulement le service, les investissements sont pris en charge par la collectivité. La durée du contrat est moyenne (10 – 15 ans)                                                                                                              - La gérance : le contrat ne porte que sur une partie spécifique du service ; la durée du contrat est généralement plus courte (moins de 7 ans).                                                                                                            

 

En France, le marché de l’eau représente 23 millions d’abonnés.

60 % des communes représentant 80 % de la population ont délégué leur gestion pour 416 milliards d’euros.

Pour l’assainissement, 50 % de la population est en gestion déléguée.

En 2005, 20 576  communes sont en gestion déléguée, 15 841 en régie publique.

 

Lors du renouvellement des contrats (12 000), le petit négociateur local n’a aucun poids pour renégocier les prix face à une puissante multinationale liée aux autres par des contrats de non-agression…Une unique réponse dans 31 % des appels d’offre rend totalement illusoire la concurrence. Dans 95 % des cas, le même délégataire est reconduit après la fin d’un contrat.

Ces contrats à long terme sont de véritables rentes de situation :

Véolia : de 10 à 20 % ; en 1997, 4,5 milliards de profits. En 2000, entre 8,4 et 16,8 milliards de francs…

 

 

Distribution déléguée : trois entreprises se partagent le marché

 

Véolia Water (ex-Générale des eaux)

56 %51 % + 5 % (part de l'entreprise dans les filiales communes)

Suez Lyonnaise des eaux

29 %24 % + 5 % (part de l'entreprise dans les filiales communes

SAUR

13 %

Une dizaine d'entreprises locales

2 %

Source : avis du conseil de la concurrence 31 mai 2000

 

Le Prix de l’eau

La Cour des comptes a étudié pour la période 1995-2002 la gestion des services publics d'eau et d'assainissement de plus de 200 communes et établissements publics intercommunaux. En ce qui concerne le prix de l'eau, la Cour constate d'abord l'existence d'écarts très importants - de 1 à 4 d'une commune à l'autre - sans que les raisons de telles disparités soient parfaitement claires. En comparant gestion directe et gestion déléguée de l'eau, la Cour observe ensuite que le principe de l'équilibre budgétaire du système de régie permet uniquement le financement des investissements déjà inscrits au budget, et que l'existence d'une comptabilité analytique ou d'un contrôle de gestion est trop rare, ce qui entraîne fréquemment la majoration du prix de l'eau par des charges indues. Du côté de la délégation, le prix est affecté notamment par diverses clauses défavorables aux usagers.

 

Des prix systématiquement abusifs sur les grandes villes. 

L’étude constate que le prix de l'eau est largement surfacturé sur toutes les agglomérations de plus de 300 000 habitants et sur la moitié des agglomérations comprises entre 100 000 et 300 000 habitants. Cette surfacturation a un impact économique très important. En effet, selon l'INSEE, les agglomérations urbaines de plus de 100.000 habitants regroupent 27 millions de français. Une petite moitié de la population est donc exposée à une politique tarifaire le plus souvent abusive. Les marges nettes sur chiffre d'affaires dégagées par les services d'eau sont impressionnantes puisque, elles oscillent entre 26 et 42%, 59% pour le SEDIF (Ile de France). Elles sont au minimum deux à trois fois supérieures aux taux de marges nettes des autres secteurs industriels déjà considérés comme profitables. (Enquête UFC – Que Choisir)

Le prix de l’eau et de l’assainissement est de 2,75 € en moyenne, mais il peut varier de 1,90 à 4,10 € (dans le Morbihan). La confusion permet d’entretenir l’ambiguïté sur le vrai tarif de l’eau et de pratiquer une gestion occulte. Le prix a progressé de 2,4 % entre 2001 et 2004.                                                                                  

En Bourgogne, le tarif facturé moyen de 3 € le m3, l’eau est la plus chère du bassin : 3,32 €  le m3 à DIJON - 3,41 € à Beaune pour 120 m3 consommés.                                                                                                                                                     Toutes les enquêtes le confirment, le tarif du m3 d’eau est en moyenne 20 à 25 % plus élevé en gestion privée qu’en régie. Cela permet aux grands groupes de réaliser de juteux bénéfices  et des marges allant de 40 à 55 %.

 (Selon Que Choisir 2007).                                                                                                                                           

Dans toutes les renégociations intervenues ces dernières années, les tarifs ont pu être baissés jusqu’à 30 % et plus  Quant au retour en régie, Ils ont toujours permis une baisse significative des tarifs  de 15 à 30 %,  (44 % en régie intercommunale) en améliorant la qualité du service et les investissements.                                                                                                                          A Grenoble la reprise en régie directe a permis de réduire le montant à 0,75 € le m3.   

Quatre raisons pour le retour en régie :

éthique : pour vivre ensemble, gérons nos biens communs en commun comme l’eau, le soleil, le savoir ensemble.   

Ecologique : léguer à nos descendants une eau de bonne qualité et les savoirs qui leur permettront de préserver l’eau. La privatisation de l’eau, c’est aussi la privatisation des savoirs.

Sociale : pour que la facture de l’eau soit moins lourde aux ménages.

Altermondialiste : pour lutter contre le pillage des ressources naturelles de la planète par les multinationales.


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