Allain Graux

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Photos manifestation anti Otan

Mercredi 17 juin 2009

ANALYSE DES RESULTATS DES ELECTIONS EUROPEENNES DU 7 JUIN 2009

 

EN FRANCE

Avec 59,35 % d’abstentions (57,21 % en 2004), c’est le résultat le plus impressionnant de ce scrutin qui ne semble pas avoir passionné une majorité d’électeurs alors que le pays est plongé dans une grave crise économique et sociale. Dès lors, il convient d’examiner qui s’est abstenu pour comprendre :

69 % d’ouvriers et 66 % d’employés, soit un dédain largement partagé par les classes populaires qui ne se sentent pas concernées ou motivées par un scrutin qui leur apparaît peu décisif pour apporter des solutions à leurs problèmes quotidiens d’emplois et de pouvoir d’achat

Le taux d’abstentions est encore plus élevé chez les artisans, commerçants, et chefs d’entreprises, la petite bourgeoisie : 77 %.

Les jeunes ont également boudé cette élection à 70 % (18-24 ans), 72 % pour les 25-34 ans). Pour les plus anciens (65 ans et +), le taux n’est que de 42 %.

Les partis qui en ont le plus pâti sont : l’extrême-gauche (68 %), le modem (66%) et le FN

( 65 %).

73 % des électeurs de Besancenot à la présidentielle se sont abstenus…Ce qui indique un électorat très peu constant pour la LCR-NPA. Alors que l’électorat du PCF est le plus mobilisé, rejoint par celui des Verts et de l’UMP.

Les choix des électeurs :

le mécontentement à l’égard des partis : 31 % ;

22 % estiment qu’il n’y a pas de différences entre les partis ;

59 % ont choisi en fonction des enjeux européens et 31 % en fonction des problèmes nationaux. Ce sont les électeurs du FN et du NPA qui se sont le plus déterminés pour des motivations nationales, à 70 et 65 %.

Contre la politique de Sarkozy : 45 % des électeurs.

- les champions sont ceux du Front de Gauche à 84 %, du NPA (79 %) et du PS (71 %). Soit la gauche, ce qui n’a rien d’étonnant.

 

L’abstention a dominé les résultats du scrutin dans l’ensemble des pays européens (57 %), particulièrement dans les pays de l’ex-bloc de l’Est, chez les nouveaux entrants, Bulgarie et Roumanie.

 

Les résultats des partis politiques en  France

 

L’UMP qui regroupe quasiment toute la droite, est en tête avec 27,9 % et 29 sièges. En 2004, elle ne rassemblait que 16,64 % des suffrages avec17 sièges.

Le parti présidentiel n’a pas fait campagne, évitant ainsi toute débat sur les problèmes qui fâchent. Il a rassemblé son camp, à la différence d’une gauche éparpillée. En poussant les électeurs du PS dans les bras de Cohn-Bendit et José Bové, Sarkozy a réussit une excellente opération. Ses discours empruntent aux socialistes, aux altermondialistes, aux écologistes, mais pour l’application des mesures évoquées, il y a loin de la coupe aux lèvres. Nul doute que le Président va utiliser la crise et se croire autoriser à accentuer ses réformes de remise en cause du modèle républicain et social français.

 

Le PS ne rassemble que 16, 50 % des suffrages exprimés et n’obtient que 14 sièges au lieu de

28,89 % et 31 sièges en 2004. Il a perdu des voix dont bénéficie principalement Europe-écologie ; le transfert est évident, mais il en perd également en direction du Modem et du Parti de Gauche (Front de Gauche), et au profit du camp de l’abstention.

Effondrement  spectaculaire de plus de 40 % dans 12 villes dont : Rennes - 47,73 %,  Montpellier - 45,28 %,  Paris - 45,33 %, Nantes - 48,85 %, Grenoble - 47,50 %, Toulouse - 47,77 %.

37 % des personnes interrogées estiment que le PS n’est pas assez à gauche ;

La cacophonie à sa tête, avec la trahison de certains dirigeants ralliés à Sarkozy, le brouillage idéologique au parlement européen où ses députés votent majoritairement avec la droite alors qu’il tient un langage gauchi en France, a écarté une grande majorité d’électeurs sensibilisés par la mode écologique.

Pour les électeurs de gauche, en particulier les classes populaires, l’Europe n’apparaît pas comme le lieu qui offre une solution a à leurs problèmes d’emplois, de salaire, de protection sociale, mais c’est plutôt le problème.

 

Les Verts d’Europe écologie font jeu égal avec le PS, avec 16, 30 % et  14 sièges. C’est la grande surprise de ce scrutin. Ils ont bénéficié d’un courant porteur en raison de la crise écologique et attiré l’électorat urbain du PS, les couches sociales moyennes, une partie de l’électorat centriste du modem. Si le scrutin semble montrer un déplacement de l’électorat vers l’écologie et le centre, le vote vert est loin d’être stabilisé, à la différence de l’électorat de gauche. Ce succès ne garantit pas leur implantation politique et leurs divergences coutumières pourraient prochainement réapparaître lors des élections locales et nationales, au moment des alliances…

 

Le Modem est le grand perdant avec le PS, il recule de 11,96 % en 2004 à 8,50 % et 6 sièges.

Le dérapage de François Bayrou à la télévision aura coûté cher à son mouvement. Mais cela démontre l’instabilité caractéristique de son électorat oscillant de gauche à droite. Comme cela s’était produit aux élections législatives qui ont suivi la présidentielle, la baudruche s’est dégonflée, mais avec 8,5 % des voix, c’est encore un niveau trop élevé d’électeurs trompés par un discours qui ne correspond pas à la réalité d’une orientation politique nettement libérale et de droite

 

Le Front de GAUCHE améliore le score de 5,24 % du seul PCF en 2004, avec 6,5 % et 5 sièges (dont 1 député d’outre-mer du parti communiste réunionnais).

En 2004, le PCF n’atteignait pas les 5 % dans 55 départements ; en 2009 le FdG n’est minoritaire du seuil des 5 % que dans 28 départements (dont seulement pour 2 et 10 voix dans deux). Si la fuite est stoppée par la stratégie unitaire du Front de Gauche, les bastions du PCF continuent leur lent déclin en voix (l’Allier, le Cher, le 93, le Nord, le Pas de Calais). Sans doute une résultante de la démographie pour un parti qui n’arrive plus à renouveler son potentiel militant dans la jeunesse. Jacky Hénin a été élu grâce à la progression du Front en Normandie, alors qu’il a perdu des voix dans son fief du Pas-de-Calais… Le FdG progresse notablement dans les secteurs où le PCF  apparaît le plus ouvert, comme à Vierzon. Le PG et autres partenaires du Front apportent ce renouvellement dans les lieux d’implantation du Parti de Gauche : dans l’Essonne, à Paris, le Sud-Ouest, le Centre grâce à ADS.

Evolution du vote PCF/FdG entre 2004 et 2009 (% de progression du nombre de voix) La   progression en voix touche 85 départements sur 96.

Sud-ouest :       + 31,38 % -  8,15 % : 1 siège – Jean Luc Mélenchon (PG)

Est :                  + 30,41 % -  3,72 % : une forte progression en voix pour un résultat qui paraît médiocre (2,91% à 3,72 %) - la Bourgogne dépasse les 5,20% grâce à la Nièvre.

Sud-Est :           + 23,80 % -  5,9 % (9,44 % en Corse) :

                                                           1 siège  - Marie Christine Vergiat (associative)

Centre :             + 23,57 % -  8,07 % : (allier 12 %, Limousin : +10%). Paradoxalement un très bon   résultat et  pas de siège à cause d’un mode de scrutin dit régional, très injuste.

Ouest :              +    9,82 % -  4,58 % pour 4,10 % en 2004, le Fdg est distancé par le NPA (5,13%)

Ile de France :   +    6,96 % -  6,32 % : 1 élu : Patrick Le Hyaric

Nord -Ouest:     -     3,03 % -  6,88 % (6,8% en 2004) : 1 siège – K Jacky Hénin.

Outre-mer :                          - 21,10 %                 1 siège – Elie Hoareau

Il est aussi intéressant de noter que si le décrochage du vote est d’un rapport de 1 à 4 dans les quartiers populaires et de 1 à 2 dans les quartiers dits bourgeois, dans le Sud-Ouest, là où le FdG obtient ses meilleurs résultats, la participation a progressé de 6 %...

 

Le Front National passe de 9,81 % en 2004 à 6,30 % et n’obtient que 3 sièges au lieu de 7.

Il réalise encore des résultats dans la France rurale, dans l’Est et le Nord-Ouest. Il est en recul et a perdu des voix, mais il reste un vrai danger dans cette période troublée par la crise. Si on totalise les voix de Libertas avec celle de l’extrême-droite, on arrive à un total de 11,93%, voisin de celui de la gauche de gauche.

 

Le NPA, a lui seul n’obtient que 4,90 %, soit plus que les 3,3 % de la coalition LCR-LO de 2004, mais moins que le Front de Gauche. Il recueille vraisemblablement une partie des voix de LO qui ne rassemble que 1,2 % des voix, soit la moitié des voix obtenues habituellement par Arlette Laguiller.

 

Libertas qui regroupe les « villiéristes » du MPF et les chasseurs du CPNT font un piètre résultat avec 4,80 % et 1 siège. En matière électorale, les votent ne s’additionnent pas mathématiquement. En 2004, le MPF avait totalisé 6,67 % des voix et le CPNT 1,73%, soit 8,40 %.

 

 

Voix de la majorité de DROITE :        34, 61%             

UMP :                   27,87 % + Libertas 4,80 %

Voix de l’opposition de droite :            15,58 %

MODEM :             8,45 %

FN et ext-droite :   7,13 %

TOTAL :                                                  50, 19 %

  

Voix de GAUCHE :                                39,27 %

-PS :                                  16,48 %

-Verts :                              16,28 %          32 ,76 %

Gauche de GAUCHE

- Front de Gauche :            6,5 %

- NPA                                  4,88 %

                                                                  11,38 %

- LO                                     1,20 %          12,58 %

 

TOTAL GAUCHE                                  45,34 %

Toutes les listes perdent des voix sur le premier tour de 2007 :

6 millions pour l’UMP et le PS ;

5 millions pour le Modem ;

3 millions pour le FN ;

650 000 pour le NPA ;

400 000 pour De Villiers ;

300 000 pour LO

------------------------------------

Seules deux listes progressent :

- 1 700 000 pour les Verts et 407 604 pour le Front de Gauche, par rapport aux élections présidentielles.

- Le Front de gauche progresse de 141 308 sur le score du PCF aux élections européennes de 2004

 

 

Ce décompte fait apparaître que : si l’UMP est loin d’être majoritaire en France, l’opposition de gauche est dans une fourchette assez traditionnelle de sa représentativité, autour de 45 % à 47 %, près du résultat de Ségolène Royal à l’élection présidentielle de 2007.

L’opposition globale est cependant nettement majoritaire. Ce qui ne sera pas sans conséquence lors du prochain scrutin régional à deux tours où l’UMP ne disposera pas de réserves…

Il y a un grand écart entre la représentation politique et la rage sociale que provoque la crise économique dans les entreprises…

 

LE FRONT de GAUCHE a réussi son pari en passant devant le NPA, alors que ce dernier était donné largement en tête au début d’une campagne médiatique qui le favorisait alors qu’elle ignorait systématiquement le rassemblement unitaire du PCF, du Parti de Gauche, de la Gauche Unitaire dissidente du NPA et d’autres formations et associations de l’écologie, personnalités de l’altermondialisme, du mouvement républicain, de syndicalistes. Le résultat peut paraître décevant en regard des efforts déployés, du programme liant le social à l’écologie, pour une alternative non productiviste de l’économie, pour la satisfaction des besoins sociaux, en coopération avec les peuples, qui n’a pas pu être suffisamment expliqué. Ce n’est pas le FDG qui a fait la percée espérée, mais c’est cependant une bonne base pour le rassemblement de la gauche de gauche et pour offrir une réponse crédible aux défis économiques, sociaux et environnementaux à la fois. Sa tâche principale sera de convaincre les classes populaires et la jeunesse que cette alliance correspond à un véritable renouvellement à gauche. La direction du PCF devra tirer tous les enseignements de ce demi-succès, pour aller plus loin, en finir avec les « valises de plomb » d’un passé qui pèse encore et d’un avenir qui n’apparaît pas clairement dans les esprits. L’extraordinaire potentiel militant des communistes ne suffira pas à conserver une forte identité qu’ils doivent aujourd’hui dépasser pour continuer d’exister. Beaucoup sentent que le Front est l’outil de ce renouveau, « avec » d’autres, et non « autour » d’eux-mêmes.

L’abstention populaire a frappé les bastions communistes traditionnels mais de nouveaux électeurs sont venus compenser ce fait. Il s’agit donc de la création d’un électorat Front de Gauche et non d’une simple addition d’électorats préexistants. Si la carte électorale recoupe en partie celle du PCF, elle n’est pas identique. Des progressions importantes ont été obtenues, dans le Sud-Ouest, 30,41 % dans l’Est. Seul le Nord-Ouest est en recul, là où l’unité a été plus difficile à se réaliser…En Ile de France, le 93 enregistre une perte de 1999 voix  alors que dans l’Essonne, le fief du Parti de Gauche, la progression est de 4108 voix, à Paris : + 2873 voix.

Cela démontre que grâce à la stratégie unitaire l’alliance permet de gagner de nouveaux électeurs et d’inverser les rapports de force politiques.

Enfin si le Front de Gauche avait réussi à réunir l’ensemble de la Gauche de Gauche jusqu’au NPA, il aurait changé le paysage politique avec plus de 12 %  et il aurait obtenu 12 députés au lieu de 5…(qui sait ce que la dynamique unitaire aurait pu faire ?)

Ceux qui ont refusé cette stratégie portent une lourde responsabilité…

 

Plus généralement, avec cette abstention massive, En France et en Europe, des décisions seront prises par un parlement européen qui ne représentera que 25 % de la population. Les trois-quarts des Européens n’auront pas de représentants au parlement pour appliquer des traités qui ont été rejetés par la majorité de ceux qui ont pu s’exprimer.

La dérive libérale de la social-démocratie a provoqué son effondrement presque partout en Europe et favorisé la montée de l’extrême-droite parce qu’elle n’offre pas d’alternatives claires au néolibéralisme. Ce qui est particulièrement inquiétant. Le « Manifesto » du PSE n’apportait aucune réponse crédible aux inquiétudes des salariés et il s’inscrivait dans la stratégie de Lisbonne et de son corollaire, le traité du même nom, en alliance avec la droite. Il ne remettait pas en cause les directives européennes qui ont imposé la concurrence libre et non faussée et conduit à la destruction des Services publics : et pour cause, elles ont été votées par le PSE…

Les Verts ont profité de cet écroulement dans un contexte d’inquiétude des peuples, face aux défis écologiques qui sont posés à la planète pour l’avenir de l’espèce humaine. Pourtant, ils votent aussi  largement avec le PPE au parlement européen…Leur succès pourrait bien se terminer en eau de boudin ! Les Verts risquent de se trouver dans la même contradiction que les socialistes dans la mesure où ils votent les mêmes textes avec la droite. Quelle sera leur politique au parlement ? Leurs 48 députés voteront-ils avec les 33 de la GUE, la Gauche unie européenne ? S’ils veulent  appliquer leur programme, ils devront passer des compromis avec la majorité de droite, comme lorsqu’ils ont appuyé les directives sur la concurrence dans le domaine de l’énergie et des transports (favorisant les transports routiers polluants des Polonais…).

Ils ont en commun avec le FDG, le souhait de gouverner autrement, mais en ont-ils la volonté ?

Leur percée aura au moins eu le mérite de porter la dimension écologique de la résolution des problèmes sur le devant de la scène. Ils ont provoqué cette prise de conscience. Ils doivent comprendre que l’environnement ne peut pas être dissocié de la question sociale et donc que le système capitaliste dont le but est l’accumulation et le profit dans le cadre d’une compétition globalisée, n’est pas le bon outil pour y répondre. La planification écologique et sociale n’est pas compatible avec le libéral Cohn-Bendit…

 

REVONS d’un modèle de dépassement du capitalisme, d’un développement ou l’Indice du Progrès Humain remplacera le PIB …

 Allain Graux

Le 17 juin 2009

- Publié dans : politique
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Mardi 26 mai 2009

 

LES ELECTIONS EUROPEENNES DU 7 JUIN 2009

 

Les prochaines élections européennes, le 7 juin, vont se dérouler dans un contexte de crise : économique, financière, sociale, écologique.

C’est une crise à l’échelle du système qui l’a engendrée, une crise globale du capitalisme capitaliste. Ce n’est pas la première, mais cette fois elle atteint des dimensions qui remettent en cause le système lui-même, un système qui s’est construit sur la marchandisation de toutes les activités humaines dont on mesure aujourd’hui les tragiques dégâts sociaux et environnementaux.

Les fermetures d’entreprises et les plans de licenciement se multiplient, le chômage explose à un rythme qui conduira un million de travailleurs au pôle emploi d’ici à la fin de l’année.

Que fait le gouvernement Fillion- Sarkozy, que font les dirigeants de l’Europe, face à cette situation dramatique ?

Ils ont offert des milliards d’Euros aux banques et aux spéculateurs et n’ont donné que des miettes pour soutenir l’activité industrielle, aider les travailleurs privés d’emplois.

Nicolas Sarkozy s’obstine à poursuivre les politiques libérales qui ont conduit à ce désastre :

Il s’est présenté comme le président du pouvoir d’achat, il a fait le contraire.

Il disait vouloir aller chercher la croissance avec les dents : nous sommes en récession.

Il a liquidé les 35 heures,

Il a supprimé des postes dans les services publics, il a réduit la protection sociale.

Il voulait étendre les prêts hypothécaires et les produits financiers, c’est justement cette politique là - celle des fameux « subprime et des hedge fund » qui a déclenché la crise. Quelle vision économique éclairée du chef de l’Etat !

Ses réformes, à l’éducation nationale comme à l’hôpital sont contestées par le monde de la recherche comme par les grands médecins qui savent combien ces services publics sont essentiels, combien il manque de personnel alors qu’il veut supprimer un fonctionnaire sur deux. Comment assurer une politique de qualité de l’enseignement et de santé dans ces conditions ? Contrairement aux déclarations faites par les ministres, notre enseignement public est excellent et nos services de santé sont enviés par Obama qui veut s’en inspirer. Alors pourquoi cette politique ? Pourquoi ces mensonges sur l’efficacité de nos services publics?

 

Par ailleurs, on veut nous faire croire qu’il n’y a pas d’argent. Alors pourquoi le donner aux plus riches ?  En 2008 les 756 contribuables les plus favorisés se sont vus restituer 381 000 € par personne grâce au bouclier fiscal, soit trente années de SMIC. Par contre, des miettes pour les smicards  et seulement 1% pour les petites retraites.

Pour calmer le sentiment de révolte qui monte, on parade, on camouffle la réalité des faits avec des promesses et des vantardises, par exemple en fanfaronnant à ce G20 qui a accouché d’une souris :

Où est la loi pour plafonner les rémunérations incroyables des dirigeants ?

Où sont les mesures contraignantes pour supprimer les paradis banquiers et fiscaux ?

 

Cette politique néolibérale ne tombe pas du ciel, elle a été décidée de traité en traité par le Conseil des chefs de gouvernement, mise en œuvre de directive en directive par la Commission de l’Union européenne, approuvée par la majorité de droite de l’Assemblée européenne avec l’aide de la social-démocratie et des Verts qui votent 97 % des textes avec le PPE.

La fameuse concurrence libre et non faussée que les peuples français et néerlandais ont refusé en 2005 lors du vote contre le TCE, ou plus récemment les Irlandais contre le traité de Lisbonne, s’impose néanmoins et sert de paravent, de prétexte à la privatisation de nos services publics, au mépris des intérêts de la population. Les droits et la protection des salariés sont sans cesse remis en cause : réforme du code du travail, instauration des franchises médicales, réforme des retraites, toutes ces mesures sont appliquées, avec des modalités différentes dans chaque pays.

L’Europe sociale est toujours promise et jamais mise en œuvre. La BCE a trouvé de l’argent pour les banques et les spéculateurs mais ne fait rien pour l’emploi.

Face à la mondialisation capitaliste, l’Europe devrait être la solution. Or, elle est devenue le problème. Au lieu d’être un bouclier, elle a été le cheval de Troie des politiques libérales dont on mesure aujourd’hui toutes les conséquences.

 

Malgré ses conséquences tragiques, la droite, aidée par les sociaux-libéraux et les Verts, est très enthousiaste pour faire du traité de Lisbonne le fondement de la politique européenne. Il est le frère jumeau de feu le TCE refusé par le vote démocratique des peuples français et néerlandais. Le droit de choisir à nouveau nous a été refusé. Seuls les irlandais ont pu exprimer leur choix et l’ont refusé, mais ils doivent revoter à l’automne et jusqu’à ce que le oui s‘ensuive, un texte modifié qui revient sur le droit à l’avortement pour satisfaire les pires réactionnaires et conservateurs irlandais et polonais.

On s’étonne du taux d’abstention des électeurs, mais pourquoi seraient-ils inciter à voter alors que l’on bafoue leur vote quand ils s’expriment dans un sens contraire à la volonté des libéraux de droite comme de gauche ?

La Stratégie de Lisbonne qui inspire les libéraux, est entièrement assise sur la compétition, la guerre économique, qui conduit à toutes les réformes antisociales des pays de l’UE, à l’inégalité de la répartition des revenus. En outre ce système de compétition outrancier conduit à l’affrontement, entre les personnes, les collectivités, les entreprises, les communautés, les nations. C’est une violence morale qui s’exerce à chaque instant de la vie et peut conduire aux pires excès et à la guerre entre les peuples. L’homme n’est pas fait que de consommation et n’est pas réduit aux échanges marchands, il est avant tout un être social, destiné à vivre avec les autres, en société. Le système d’affrontement basé sur le culte de la performance et l’obsession de la rentabilité maximale, à la domination du « meilleur », du fort sur le faible, conduit à la dissociation des liens humains qui caractérisent notre espèce, il conduit à la « Dissociété ». Car si l’on vit dans une société de compétition généralisée où tout le monde est censé se conduire en prédateur, en s’efforçant d’être le meilleur, alors, l’autre, même semblable, votre copain de travail, votre voisin, votre allié, reste un rival potentiellement inquiétant, par le seul fait qu’il n’est pas soi, il devient l’étranger angoissant et menaçant.

 

L’EUROPE QUE NOUS VOULONS

C’est une Europe efficace contre la crise, l’Europe de l’emploi pour tous

Nous proposons un vaste plan de relance de l’activité. Soit la mise en œuvre, sous contrôle public et citoyen, d’un plan de développement des infrastructures européennes et d’activités socialement utiles et respectueuses de l’environnement. Il ne s’agit pas de relancer l’économie par n’importe quel moyen, oubliant au passage la gravité de la crise écologique. Il s’agit fondamentalement de rompre avec la logique du profit pour imposer une dynamique fondée sur la satisfaction des besoins sociaux, la réduction des inégalités liées à la mise en œuvre des impératifs écologiques.

Nous avons pour objectif :

l’Europe des 35 heures sans perte de salaire,

l’interdiction des licenciements boursiers,

       - l’instauration d’un bouclier social, d’une sécurité sociale professionnelle.

Nous proposons un salaire minimum européen qui serait en France de 1 600 € net.

Nous avons aussi pour objectif :

- la réduction des gaz à effet de serre qu’il faudrait diviser par quatre d’ici 2050 et le développement des énergies renouvelables.

Nous voulons dessiner les traits d’une économie humaine, une économie qui inscrit la production et la distribution des biens dans les instruments de l’alliance, de la coopération entre les humains. Une Europe sociale, écologique et démocratique, avec des services publics de qualité.

 

Les libéraux, de droite et de gauche, prétendent adapter les humains aux contraintes d’une économie mondialisée. Mais si l’économie est inhumaine, c’est l’économie et non l’humanité qui doit s‘adapter. Le financement de l’économie et la distribution des revenus doivent redevenir des biens publics dont l’organisation relève de délibérations démocratiques. Cela signifie construire une démocratie effective des citoyens, en France et en Europe, une démocratie qui ne se limite pas aux bulletins de vote et à la porte des entreprises. Il est paradoxal que dans notre république, le citoyen devienne sujet du patron de droit divin quand il en franchit le seuil.

 

Une Europe de l’harmonisation sociale et fiscale

L’Europe doit mettre en place des critères de convergence sociaux pour réduire les inégalités en harmonisant vers le haut les conditions sociales, en empêchant le dumping.

L’amélioration, l’extension, et la démocratisation des services publics nécessitent l’adoption d’un cadre juridique européen qui définisse et garantisse leur existence pour les protéger, en particulier : la santé, l’éducation, la Poste, les transports, l’énergie, les télécommunications, l’eau. Ils doivent être étendus à l’ensemble de l’Europe dans une logique de coopération et non de compétition marchande.

Une Europe de l’égalité, aussi entre les femmes et les hommes.

Une Europe qui lutte contre les violences et la traite des êtres humains.

L’Egalité des droits passe par la limitation des revenus démesurés, par l’impôt régulateur sur les plus hauts revenus.

Une Europe, Force de la Paix et de la coopération entre les peuples.

Les Etats européens doivent mettre en œuvre une politique de défense indépendante de celle de l’Otan, à l’inverse de ce que vient de faire Sarkozy et de ce qui est préconisé par le traité de Lisbonne qui affirme que : « l’Otan reste, pour les Etats qui en sont membres, le fondement de leur défense collective et l’instance de sa mise en oeuvre. » Le traité de Lisbonne aggraverait notre dépendance à l’égard de l’Otan sous direction américaine.

 

Il se prépare aussi un traité honteux, passé sous silence, voté le 26 mars 2009 par le PPE et le PSE et les Verts au parlement européen : le traité transatlantique. Il s’agit d’ici 2015 de construire un véritable marché transatlantique intégré, fruit du travail du Conseil économique transatlantique, qui conseillé entre autres par le monde de l’entreprise, veillerait à l’harmonisation des législations pour :

 « faciliter l’approfondissement du marché transatlantique. »

Ce traité devra être ratifié d’ici 2012 et devrait comprendre la création d’un CPT (Conseil Politique Transatlantique, chargé de coordonner systématiquement la politique étrangère et la sécurité. C’est sans doute pour le cas où quelque chose échapperait encore à l’Otan. Nous serions soumis entièrement à la puissance « étatsunienne ».

Il faut organiser un nouvel internationalisme : celui de la coopération entre les peuples souverains, seule manière réaliste d’éviter l’affrontement des nationalismes où nous conduit inéluctablement la mondialisation libérale.

 

Comme le disait la Boétie :

« Ils ne sont grands que parce que nous sommes à genoux ».

Voter et faire voter le 7 juin c’est se donner une chance de dire dans les urnes ce que nous avons exprimé dans la rue.

Sanctionner l’Europe libérale et sanctionner Sarkozy, c’est la même chose. Car que dit le Conseil européen face à la crise :

« La crise fait ressortir la nécessité de poursuivre et d’accélérer les réformes structurelles »

Que répond Sarkozy en écho : « Nous devons profiter de la crise pour accélérer les changements structurels ». C’est à dire continuer les réformes et les politiques qui nous ont mener dans le mur, remis en cause notre modèle de progrès social et républicain.

 Profitons de ces élections pour accélérer le départ de Sarkozy, pour proposer d’autres alternatives. C’est ce que propose le Front de Gauche : un programme politique pour changer d’Europe avec pour stratégie l’unité populaire.

C’est aussi l’occasion d’arrêter la ratification du traité de Lisbonne, de confirmer notre Non à cette Europe là en envoyant un maximum de députés qui pourront faire entendre la volonté populaire. Pour cela on ne peut pas compter sur la droite qui a rédigé le traité ni sur le PS, ni sur les Verts dont le vote a permis sa ratification sans consultation populaire. Seul le Front de Gauche regroupe les forces parlementaires qui s’opposent au traité de Lisbonne.

Le vote pour l’assemblée européenne ne doit pas être négligé, le parlement est la seule institution de l’UE qui soit issue du suffrage universel. C’est dire l’importance d’un tel vote et du débat citoyen que la campagne peut créer, que vous pouvez porter. Le parlement dispose de la possibilité d’approuver ou non les directives et projets de la Commission, il a pu la faire reculer et s’opposer par exemple à la directive Bolkestein, à la directive portuaire, à celle sur le temps de travail rejetée le 17 décembre. Ceci grâce à l’action courageuse des députés du groupe de la Gauche Unie Européenne, avec le soutien de la mobilisation populaire et des syndicats.

L’exercice du suffrage universel est un droit d’expression démocratique. Il permettra à votre vote pour le Front de gauche, lié à la mobilisation populaire, de s’opposer à la droite, sans compromis avec la gauche qui gouverne l’UE avec Barroso. Le Front de Gauche se veut un front populaire, un rassemblement ouvert aux militants de toute la gauche, aux syndicalistes, aux altermondialistes, aux écologistes, face à la gauche qui renonce et face à celle qui divise.

Je m’adresse aux électeurs du PS, du PRG, du MRC, qui en 2005 on su transgresser les frontières politiques pour former ce rassemblement extraordinaire qui a permis la victoire du NON. Les électeurs du PRG, du MRC, n’ont pas de liste, ni ceux de la Fédération. Ceux du PS se demandent quelle est la position réelle du PS sur l’Europe, qui prétend vouloir une Europe sociale et vote avec ceux du PSE qui soutiennent Baroso au Parlement européen. A tous ceux là, nous disons : TRANSGRESSEZ !

Vous avez le FRONT de Gauche pour changer d’Europe et combattre la politique de Sarkozy.

 

Allain GRAUX

  Le 26.05 .2009

 

 

 

 

 

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Mercredi 29 avril 2009

LA CRISE ! Pas pour tout le monde …et comment en finir.

La crise qui s’est étendue au monde entier à partir de l’éclatement de la bulle financière des subprime et autres hedge found est sans doute la plus grave crise économique depuis un siècle.

Or, « l’histoire prouve qu’il n’a rien de bon à attendre des crises ; elles enfantent plus sûrement des Hitler ou des Staline que des Gandhi ».*

Si cette récession ne va pas améliorer le sort des salariés des pays les plus riches, elle risque de provoquer des explosions de colère et de violence dans nombre de pays du Sud. Des émeutes de la faim se sont déjà produites ici ou là.

Cependant si la dépression économique ne signifie pas la fin du capitalisme, elle marque la fin de l’économie dérégulée et l’achèvement de l’ère de l’ultralibéralisme, la mise en cause du capitalisme mafieux et de la globalisation financière.

Les oracles libéraux n’ont plus bonne presse, par exemple les programmes des gourous économiques de Reagan, Thatcher, Blair, Bush et …Sarkozy, comme : 

Friedrich Von Hayek : déréglementer, privatiser, limiter la démocratie, supprimer les subventions au logement et le contrôle des loyers, diminuer les aides contre le chômage, réduire les dépenses de la sécurité sociale, casser le pouvoir syndical…* (1960 : Constitution de la liberté)

Milton Friedman : «  le libre marché est un système scientifique parfait dans lequel des particuliers agissant dans leur propre intérêt créent, pour tous, le plus d’avantages possibles. » (Capitalisme et liberté). Selon lui le rôle de l’Etat se limite à ses pouvoirs régaliens, à faire régner l’ordre, respecter les contrats privés et favoriser la concurrence (libre et non faussée bien sûr !)

Cela ne vous rappelle rien ? Ne retrouve t-on pas la trame du TCE*, du traité de Lisbonne, de la Stratégie de Lisbonne, et le sens profond des réformes sarkozistes ? D’autant plus que pour Friedman : « Un nouveau gouvernement jouit d’une période de grâce de six à neuf mois au cours de laquelle il peut opérer des changements fondamentaux. S‘il n’en profite pas pour agir avec détermination, une telle occasion ne se représentera plus ». N’est-ce pas la signification de la frénésie réformiste sarkoziste ? En même temps, le nouveau gouvernement doit développer une campagne médiatique en matraquant sans cesse que toutes les difficultés proviennent du fait que le marché n’est pas assez libre, que ce sont les services publics qui coûtent trop cher, sont en déficit, etc…

C’est ainsi que notre souverain président applique systématiquement la doctrine libérale faite de compétitivité, de discipline budgétaire (enfin là pas trop), de réforme fiscale (en faveur des plus riches, voire le bouclier…), de réduction des dépenses publiques (Suppression d’un poste de fonctionnaire sur deux), de privatisations massives du secteur public (les autoroutes, GDF, EDF, La Poste, la SNCF, demain l’hôpital) ; mais reconnaissons que d’autres, à gauche et à droite, s’y étaient employés avant lui. Et il a laissé aux banquiers toute licence pour jouer avec l’argent des contribuables.  Aujourd’hui, il dit le contraire mais c’est ce qu’il a fait, sans contrôle, sans contrepartie et c’est ce qu’il encourageait quand il voulait étendre les prêts hypothécaires et les produits financiers, causes de la bulle spéculative aux Etats-Unis (ainsi q’en Espagne).

Cette politique économique a été menée systématiquement depuis 1980 par les organismes financiers et les principaux gouvernements occidentaux, les Etats-Unis en tête, avec le concours du FMI, de la Banque mondiale et de l’OMC, avec le brillant succès que l’on connaît. Outre la crise actuelle, les inégalités ont atteint des niveaux jamais connus auparavant : la fortune des trois individus les plus riches de la planète dépasse les revenus cumulés de la totalité des habitants des 48 pays les plus pauvres…

 Entre 1936 et 1939, la rémunération moyenne des 150 dirigeants les mieux payés des 50 plus grandes entreprises américaines représentait 82 fois le salaire moyen. Entre 60 et 69, il était tombé à 39. Depuis l’ère Reagan, il a culminé à  367 fois au début des années 2000. En France, en 2007, la rémunération moyenne d’un PDG n’est que de 4, 7 millions d’Euros pour les patrons du Cac 40, soit 308 années de SMIC…*

Il y a trente ans un patron français gagnait en moyenne environ quarante fois le salaire moyen d’un ouvrier ; en 2002, il gagnait mille fois plus.

Et n’oublions pas le poids de l’empreinte écologique des pays riches sur la planète, fruit du système productiviste. Si les trente pays les plus développés représentent 20 % de la population mondiale, ils produisent et consomment 85 % des produits chimiques synthétiques, 80 % de l’énergie fossile, 40 % de l’eau douce, les émissions de gaz à effet de serre y sont dix fois plus élevées.

*Paul Ariès « Leur récession n’est pas notre croissance.. » La Décroissance- Lyon- octobre 2008.

*TCE : traité Constitutionnel Européen

* Alternatives économique – janvier 2009

Les Fonds rapaces

Il y a des fonds d’investissements qui disposent de capitaux colossaux et dont les dirigeants sont devenus les vrais maîtres de la planète. Ces private équities et leverage buy-out (LVO)* sont peu connus du grand public. Ils disposent d’une puissance financière qui dépasse les 1100 milliards d’Euros, collectées auprès des banques, des assurances, des fonds de pension et des avoirs des riches. Leur spécialité : les rachats d’entreprises. En 2007, ils contrôlaient 800 sociétés, un salarié américain sur quatre et près d’un Français sur douze. La France est devenue leur première cible avec 1600 entreprises, juste après les Etats-Unis et la Grande-Bretagne. Des enseignes comme Dim, Quick, Buffalo Gril, les Pages Jaunes, Afflelou…Leur méthode est simple et digne des lois de la jungle, du renard libre dans le poulailler libre :  Pour acquérir une société, le fonds engage 30 % de sa valeur sur ses fonds propres et emprunte les 70 % restant aux banques, en profitant du faible taux d’intérêt actuel. Pendant trois à quatre ans, il « réorganise » l’entreprise, rationalise la production, développe les activités, et capte tout ou partie des profits pour payer les intérêts… de sa propre dette. A la suite de quoi il revend l’entreprise 2 à 3 fois plus cher qu’il ne l’a acheté, assez souvent à un autre fonds qui va faire la même chose…C’est un taux de retour sur investissement de 300 % minimum : qui dit mieux ? Mais, qu’arrive-il aux salariés de ces entreprises ? Ont-ils gagné 300 fois leur salaire de base ? Que nenni ! Les grands principes pour arriver à ces résultats fabuleux : réduction de l’emploi, compression des salaires, augmentation des cadences, délocalisation. Ce sont nos gouvernants qui encouragent ces pratiques et qu’ils appellent la modernisation de l’économie…

  • Pe et Lvo : « capital non côté et acquisition par emprunt »…

Et la part des salaires ?

En 1980, le partage de la valeur ajoutée s’établissait en France, à 69 % pour les salaires, et à 31 % pour les profits. Depuis tous les gains de productivité ont bénéficié aux seuls profits. Après l’application des politiques de rigueur, de précarité, de développement du chômage, de réduction des dépenses publiques, la part des salaires en 1995 ne constituait plus que 60 % de la valeur ajoutée. Résultat : près de 20 millions de sans-emploi et plus de 40 millions de pauvres dans l’Union européenne.

En Europe, c’est la stratégie de Lisbonne qui inspire nos libéraux. Elle est entièrement assise sur la compétition, la guerre économique qui conduit à toutes les réformes antisociales des pays de l’UE, à l’inégalité de la répartition des revenus. En outre ce système de compétition outrancier conduit à l’affrontement, entre les personnes, les collectivités, les entreprises, les communautés, les nations. C’est une violence morale qui s’exerce à chaque instant de la vie et peut conduire aux pires excès et à la guerre entre les peuples. L’homme n’est pas fait que de consommation et n’est pas réduit aux échanges marchands, il est avant tout un être social, destiné à vivre avec les autres, en société. Le système d’affrontement basé sur le culte de la performance et l’obsession de la rentabilité maximale, à la domination du « meilleur », du fort sur le faible, conduit à la dissociation des liens humains qui caractérisent notre espèce, il conduit à la « Dissociété »*. Car si l’on vit dans une société de compétition généralisée où tout le monde est censé se conduire en prédateur, en s’efforçant d’être le meilleur, alors, l’autre, même semblable, votre copain de travail, votre voisin, votre allié, reste un rival potentiellement inquiétant, par le seul fait qu’il n’est pas soi, il devient l’étranger angoissant et menaçant.

L’Europe que nous voulons, c’est une Europe efficace contre la crise, une Europe de l’emploi pour tous.

Cette Europe là nécessite un vaste plan de relance de l’activité. Soit la mise en œuvre, sous contrôle public et citoyen, d’un plan de développement des infrastructures européennes et d’activités socialement utiles et respectueuses de l’environnement. Il ne s’agit pas de relancer l’économie par n’importe quel moyen, oubliant au passage la gravité de la crise écologique. Il s’agit fondamentalement de rompre avec la logique du profit pour imposer une dynamique fondée sur la satisfaction des besoins sociaux, la réduction des inégalités liées à la mise en œuvre des impératifs écologiques.

Une Europe qui aurait pour objectif : l’Europe des 35 heures sans perte de salaire, l’interdiction des licenciements boursiers, l’instauration d’une sécurité sociale professionnelle.

 Une Europe qui aurait pour objectif la réduction des gaz à effet de serre qu’il faudrait diviser par quatre d’ici 2050 et le développement des énergies renouvelables.

Une Europe qui dessinerait les traits d’une économie humaine, une économie qui inscrit la production et la distribution des biens dans les instruments de l’alliance, de la coopération entre les humains.

Les libéraux, de droite comme de gauche, prétendent adapter aux humains les contraintes d’une économie mondialisée. En énonçant cela, ils reconnaissent implicitement l’incompatibilité de la mondialisation libérale avec l’humanité. Mais si l’économie est inhumaine, c’est l’économie et non l’humanité qui doit s‘adapter. Le financement de l’économie et la distribution des revenus doivent redevenir des biens publics dont l’organisation relève de délibérations démocratiques. Cela signifie construire une démocratie effective des citoyens, en France et en Europe, une démocratie qui ne se limite pas aux bulletins de vote et à la porte des entreprises. Il est paradoxal que dans notre république, le citoyen devienne sujet du patron de droit divin quand il en franchit le seuil.

Le vote pour l’assemblée européenne ne doit pas être négligé, le parlement est la seule institution de l’UE qui soit issue du suffrage universel. C’est dire l’importance d’un tel vote et du débat citoyen que la campagne peut créer, que vous pouvez porter. La politique sociale de l’Europe ressort toujours des autres instances de l’UE, qui décident, imposent leurs choix, sauf quand le parlement qui dispose de la possibilité d’approuver ou non les directives et projets de la Commission, a pu la faire reculer et s’opposer par exemple à la directive Bolkestein, à la directive portuaire, à celle sur le temps de travail rejetée le 17 décembre. Ceci grâce à l’action courageuse des députés de la GUE, avec le soutien de la mobilisation populaire et des syndicats.

L’exercice du suffrage universel est un droit d’expression démocratique. Il doit permettre à un vote qui rassemble, face à la gauche du compromis et à celle qui divise, de battre la droite et d’envoyer à Strasbourg et Bruxelles, des députés qui proposent de véritables alternatives au libéralisme.

Allain GRAUX

 Le 28.04.2009

Ref : -Le Krach parfait d’ Ignacio Ramonet (Galilée)

            -La Dissociété – le socialisme néomoderne de Jacques Généreux (le seuil)

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Lundi 6 avril 2009

J’étais à Strasbourg.

 

Tous les dirigeants de la gauche de gauche de Côte d’or, avec des militants du PCF, du Parti de Gauche, du NPA, de Solidarités 21, du Mouvement de la Paix, des syndicalistes et même des socialistes, rassemblés dans le collectif pour la paix, étaient samedi dans le bus qui emmenait ces militants manifester contre l’OTAN à Strasbourg. L’ambiance était enjouée, pleine d’empathie et de sympathie.

A 25 kilomètres de la capitale alsacienne, le car est dévié sur de petites routes. A chaque rond-point il faut négocier avec les policiers qui indiquent la route à suivre. La police est omniprésente, jusque sur les toits des châteaux d’eau et des silos, bloquant le moindre chemin. Le bus se retrouve à la frontière allemande, sur le Rhin, bloqué par la polizei. On nous renvoie d’où nous sommes venus. Là, un gradé nous bloque car la route est interdite au plus de 7,5T ! Plus loin, ce n’est pas autorisé. On se croirait dans un gag de Raymond Devos. Finalement, c’est un gendarme qui intervient auprès de l’officier pour lui dire de laisser passer le bus, aujourd’hui, on n’applique pas le code de la route…Nous finissons par arriver près du lieu de rassemblement, un immense terrain vague où il semble évident que tous les manifestants n’ont pas pu accéder. Beaucoup de jeunes vêtus de noirs et portant cagoules sont présents. Derrière un bouquet d’arbres s’élève une colonne de fumée. Des hélicoptères tournent dans le ciel. Quelque chose tombe de l’un d’eux. Aussitôt une nouvelle colonne de fumée noire, très épaisse, s’élève. On entend des détonations. De la fumée, des gaz, envahissent le lieu du rassemblement. Les rumeurs courent, c’est l’hôtel Ibis qui brûle.

Les haut-parleurs nous invitent à partir.

C’est un départ impromptu, avant que le meeting prévu ait pu se tenir.

Une première évidence :

beaucoup de manifestants pacifistes n’ont pas pu rejoindre le lieu de rassemblement qui était déjà investi par les anarchistes autonomes.

Des bus ont été égarés pour qu’ils ne puissent pas rejoindre Strasbourg.

Alors que nous avons déjà pu constater une présence d’une ampleur extraordinaire des forces de  l’ordre, rien n’a été fait pour isoler les casseurs des manifestants pacifistes.

 Pour sortir de la nasse, ce n’est pas évident, le passage est très étroit et rétréci encore par la présence de plusieurs véhicules de CRS qui barrent la moitié du chemin. Et aussitôt des cagoulés armés de grands bâtons attaquent les policiers, tapant sur les fourgons, jetant des pavés et des pierres. Les flics s’enfuient.

Cette violente agression était parfaitement inutile, mais prévisible. Que faisaient ces policiers sur la route d’évacuation du terrain ? Ils constituaient une véritable provocation. Pourquoi vouloir fermer la voie de dégagement du rassemblement ?

J’aperçois Francis Wurtz, député européen du PCF, qui répond à une interview de Léo, un dirigeant de la gauche autrichienne, du réseau de la Charte pour une autre Europe.

Tant bien que mal, la manifestation s’organise. Les militants se regroupent derrière leurs bannières et banderoles, défilent dans le calme, canalisés et dirigés vers un quartier périphérique de Strasbourg  par les nombreux barrages policiers qui bloquent tous les accès. C’est une zone qui paraît vide, près du port fluvial, avec de nombreuses usines.

Nous passons devant un bureau de poste, une église et arrivons devant une voie ferrée et un tunnel. Là, nous sommes bloqués. Derrière, s’élève un panache de fumée. La sono nous informe qu’il faut attendre que les pompiers aient terminés d’éteindre l’incendie d’un immeuble. Des gens s’assoient sur la chaussée, d’autres circulent. On attend patiemment, dans le calme.

Je vais voir ce qui se passe au bout du tunnel qui est barré par un grillage derrière lequel sont stationnés deux cars de CRS. La grande échelle des pompiers s’élève au milieu de la route devant un immeuble où de la fumée s’échappe du dernier étage. Je ne vois pas de pompiers, seulement des policiers.

Réflexion : comment ce feu a-t-il pris au dernier étage ?  Les casseurs ne sont tout de même pas montés là-haut pour mettre le feu comme ça !

Je rencontre Michel Soudais, de Politis, et une autre amie journaliste. Je me dis que l’on ne voit pas les grandes chaînes de la télé.

Au bout d’un long moment, la sono nous dit que suite à des négociations, nous allons pouvoir passer. Les policiers qui étaient sur la voie ferrée, au-dessus du pont, se retirent, mais en fait le tunnel est toujours barré. Les cagoulés en profitent pour grimper sur le ballast et aller attaquer les forces de police. Les policiers reviennent chassant les casseurs qui se mêlent aux pacifistes. On entend l’explosion des tirs de grenades lacrymogènes. Puis ce sont les gaz qui arrivent et des cailloux. Incroyable ! Les flics nous balancent des cailloux. Ils ne font pas le détail, ils arrosent la foule qui reflue. Mais derrière, sur l’avenue par laquelle nous sommes venus, la route est barrée et les policiers nous arrosent également. Panique générale. Le camion de la CGT nous demande de le suivre le long de la voie ferrée. C’est alors que de violents affrontements éclatent sur le remblai, car les CRS envoient à nouveau des bombes lacrymogènes sur le convoi. Des vagues de casseurs cagoulés vont à l’assaut, les tirs répondent. Les manifestants sont scindés. Beaucoup n’on pas pu suivre le camion. C’est un véritable piège, une souricière dans laquelle nous ont conduit les forces de police, sans possibilité d’évacuation. Je suis gazé, asphyxié, je pleure, comme beaucoup d’autres manifestants.

A nouveau je reflue vers la l’avenue et nous sommes à nouveau bombardés par la police, à tirs tendus, de grenades qui explosent au milieu de nous et de balles de flash-ball. Je suis coincé contre un mur, en larmes, étouffant, avec la présidente d’Attac 21. Nous sommes séparés de nos amis, dispersés. Un jeune militant libertaire de Dijon nous aide, il a du chlorure de sodium qu’il nous verse sur les pupilles. Soulagement. Nous nous réfugions dans la cour d’une usine. Nous profitons d’un instant de calme pour essayer de passer à nouveau le long de la voie ferrée avec deux amis dijonnais, puisque nous ne pouvons pas revenir sur nos pas. Cette fois le passage est dégagé.

Nous retrouvons la route, et d’autres manifestants qui reviennent également. Nous passons devant l’Eglise dont la porte a été défoncée, la porte vitrée de la poste a volé en éclats, les arrêts de bus, les cabines téléphoniques ont été détruites. Plus loin, des wagons ont été tirés au milieu de la route. Des tas de palettes ont été répandus sur la chaussée. Les panneaux de signalisation et de publicité, les feux tricolores, ont été arrachés. Tout cela s’est produit derrière nous. Par qui ? Alors que nous avions vu tant de forces de police déployées, partout, plus nombreuses que les manifestants …

Au pont, nous sommes dirigés le long de la voie d’eau par un barrage de police. Des groupes de manifestants pacifistes, très dispersés refluent calmement, pour revenir vers les bus. Regardant vers le pont, je vois deux canons à eau prendre position alors que d’autres groupes arrivent tranquillement. Ils arrosent. Pourquoi ? Il n’y avait aucun incident, les gens rentraient tranquillement. Comme pour me punir de cette pensée, nous sommes à nouveau bombardés de bombes lacrymogènes par les flics du pont. Pourquoi ? Il ne se passait rien !

 

Au pont de l’Europe, le camion du Mouvement de la Paix propose de le suivre pour aller au Jardin, lieu prévu pour le meeting de fin, ou de rentrer. L’immense majorité des troupes préfère revenir vers les cars. Et le camion finit par en faire autant.

Les Dijonnais se regroupent peu à peu et décident de rester ensemble, d’éviter la dispersion pour retrouver notre bus garé fort justement là où il nous avait déposé à midi. En face dans les fourrés, on distingue des casques noirs et des canons de fusils. Des petits groupes de CRS sont embusqués tout le long du parcours de retour.

Pendant plus d’une heure, les groupes de manifestants dispersés au fil des évènements, rentrent vers leurs véhicules.

Conclusion

 Il apparaît d’évidence que tout a été fait pour que cette manifestation autorisée ne puisse pas avoir lieu : 

en empêchant le rassemblement, égarant les cars ;

en changeant à la dernière minute le parcours autorisé par la préfecture ;

La manifestation n’a jamais pu s’organiser et se structurer, permettant ainsi aux casseurs de se mêler aux pacifistes.

Les forces de  police ont tronçonné la manifestation en plusieurs groupes qui ont été l’objet d’attaques par des tirs de grenades lacrymogène et de flash-balls dont l’objectif évident était de faire peur, d’impressionner les manifestants pour les inciter à ne plus revenir manifester.

Les autorités ont laissé se rassembler et agir des groupes de Blacks-Blocks, d’autonomes anarchistes, arrivés dès jeudi. Le déploiement massif et inégalé des forces de l’ordre permettait d’interdire l’accès de ces casseurs à la manifestation et d’éviter les graves  incidents et les destructions qu’ils ont causés.

Le but était manifestement de dénaturer le caractère pacifiste de la manifestation.

C’est un quartier populaire qui a subi ces dommages alors que le centre-ville était hyper protégé et inaccessible, souvent au mépris des droits des citoyens de Strasbourg.

 

Les plus hautes autorités de l’Etat portent une lourde responsabilité dans les incidents qui se sont produits et qui auraient pu être encore plus dramatiques sans la solidarité et la sagesse des forces militantes présentes.

Pour le moins une commission d’enquête devrait éclaircir ces responsabilités et pour le plus, devant la gravité de la situation engendrée par les directives données aux forces de l’ordre par le ministère de l’intérieur, nous devons exiger la démission de la ministre de l’intérieur, Madame Alliot-Marie.

 

Cette volonté d’empêcher une manifestation pourtant autorisée, en utilisant tous les moyens est à rapprocher de la politique répressive et de la « judiciarisation » mises en œuvre par le gouvernement de Monsieur Sarkozy à l’égard de tous les opposants, les syndicalistes qui manifestent, les militants de RESF qui ont été victimes des mêmes mesures à Vichy, les jeunes des quartiers populaires, les militants politiques qui utilisent pourtant le propre langage du président :

« Casse toi, pov’con ! »

 

Allain GRAUX

  Le 6.04.2009

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Mercredi 25 mars 2009

En France, le marché de l’eau représente 23 millions d’abonnés.

60 % des communes représentant 80 % de la population ont délégué leur gestion pour 416 milliards d’euros.

Pour l’assainissement, 50 % de la population est en gestion déléguée.

En 2005, 20 576  communes sont en gestion déléguée, 15 841 en régie publique.

 

Lors du renouvellement des contrats (12 000), le petit négociateur local n’a aucun poids pour renégocier les prix face à une puissante multinationale liée aux autres par des contrats de non-agression…Une unique réponse dans 31 % des appels d’offre rend totalement illusoire la concurrence. Dans 95 % des cas, le même délégataire est reconduit après la fin d’un contrat.

Ces contrats à long terme sont de véritables rentes de situation :

Véolia : de 10 à 20 % ; en 1997, 4,5 milliards de profits. En 2000, entre 8,4 et 16,8 milliards de francs…

 

 

Distribution déléguée : trois entreprises se partagent le marché

 

Véolia Water (ex-Générale des eaux)

56 %51 % + 5 % (part de l'entreprise dans les filiales communes)

Suez Lyonnaise des eaux

29 %24 % + 5 % (part de l'entreprise dans les filiales communes

SAUR

13 %

Une dizaine d'entreprises locales

2 %

Source : avis du conseil de la concurrence 31 mai 2000

 

Le Prix de l’eau

La Cour des comptes a étudié pour la période 1995-2002 la gestion des services publics d'eau et d'assainissement de plus de 200 communes et établissements publics intercommunaux. En ce qui concerne le prix de l'eau, la Cour constate d'abord l'existence d'écarts très importants - de 1 à 4 d'une commune à l'autre - sans que les raisons de telles disparités soient parfaitement claires. En comparant gestion directe et gestion déléguée de l'eau, la Cour observe ensuite que le principe de l'équilibre budgétaire du système de régie permet uniquement le financement des investissements déjà inscrits au budget, et que l'existence d'une comptabilité analytique ou d'un contrôle de gestion est trop rare, ce qui entraîne fréquemment la majoration du prix de l'eau par des charges indues. Du côté de la délégation, le prix est affecté notamment par diverses clauses défavorables aux usagers.

 

Des prix systématiquement abusifs sur les grandes villes. 

L’étude constate que le prix de l'eau est largement surfacturé sur toutes les agglomérations de plus de 300 000 habitants et sur la moitié des agglomérations comprises entre 100 000 et 300 000 habitants. Cette surfacturation a un impact économique très important. En effet, selon l'INSEE, les agglomérations urbaines de plus de 100.000 habitants regroupent 27 millions de français. Une petite moitié de la population est donc exposée à une politique tarifaire le plus souvent abusive. Les marges nettes sur chiffre d'affaires dégagées par les services d'eau sont impressionnantes puisque, elles oscillent entre 26 et 42%, 59% pour le SEDIF (Ile de France). Elles sont au minimum deux à trois fois supérieures aux taux de marges nettes des autres secteurs industriels déjà considérés comme profitables. (Enquête UFC – Que Choisir)

Le prix de l’eau et de l’assainissement est de 2,75 € en moyenne, mais il peut varier de 1,90 à 4,10 € (dans le Morbihan). La confusion permet d’entretenir l’ambiguïté sur le vrai tarif de l’eau et de pratiquer une gestion occulte. Le prix a progressé de 2,4 % entre 2001 et 2004.                                                                                  

En Bourgogne, le tarif facturé moyen de 3 € le m3, l’eau est la plus chère du bassin : 3,32 €  le m3 à DIJON - 3,41 € à Beaune pour 120 m3 consommés.                                                                                                                                                     Toutes les enquêtes le confirment, le tarif du m3 d’eau est en moyenne 20 à 25 % plus élevé en gestion privée qu’en régie. Cela permet aux grands groupes de réaliser de juteux bénéfices  et des marges allant de 40 à 55 %.

 (Selon Que Choisir 2007).                                                                                                                                           

Dans toutes les renégociations intervenues ces dernières années, les tarifs ont pu être baissés jusqu’à 30 % et plus  Quant au retour en régie, Ils ont toujours permis une baisse significative des tarifs  de 15 à 30 %,  (44 % en régie intercommunale) en améliorant la qualité du service et les investissements.                                                                                                                          A Grenoble la reprise en régie directe a permis de réduire le montant à 0,75 € le m3.   

Quatre raisons pour le retour en régie :

éthique : pour vivre ensemble, gérons nos biens communs en commun comme l’eau, le soleil, le savoir ensemble.   

Ecologique : léguer à nos descendants une eau de bonne qualité et les savoirs qui leur permettront de préserver l’eau. La privatisation de l’eau, c’est aussi la privatisation des savoirs.

Sociale : pour que la facture de l’eau soit moins lourde aux ménages.

Altermondialiste : pour lutter contre le pillage des ressources naturelles de la planète par les multinationales.

 

 

 

 

                                                                                             

Répartition de la consommation d’eau par secteur d’activités
 68% pour l’agriculture
 24% pour l’eau potable
 5% pour l’industrie (hors énergie)
 3% pour la production d’énergie162 litres/jour : consommation moyenne d’eau par habitant (de 118 litres/jour pour le Nord-Pas-de-Calais à 259 litres/jour pour la Corse).

Les agriculteurs et les industriels paient moins cher que les ménages. Pourtant les pollutions agricoles et industrielles nécessitent plus de traitement. Mais en France, plus on consomme et moins on paye, ce qui est un encouragement à la surconsommation.

  •  
    •  
      • 42 % de la facture revient au service de distribution d'eau
      • 31 % de la facture revient au service de collecte et de traitement des eaux usées
      • 17 % de la facture revient aux agences de l'eau (1,6 % pour la redevance " préservation des ressources " et 15,4 % pour la redevance " pollution ")
      • 10 % sont des taxes (Fonds National de Développement des Adductions d'Eau = 2 centimes/m3, Voies Navigables de France, et Taxes sur la Valeur Ajoutée à 5,5 %)

 


REVENIR EN REGIE

 

Inverser la tendance : c’est un choix politique.

Les bonnes (ou mauvaises) raisons avancées et imposées par les marchands pour ne rien changer sont :

le savoir faire technique ;

la maîtrise de l’ingénierie financière qui permet d’investir dans un marché mondial en pleine expansion ;

l’infrastructure reste propriété publique.

la gestion privée évite la responsabilité aux élus.

La procédure de changement de gestion serait trop compliqué pour changer sans le savoir faire technique et financier.

 

Les contre-arguments

L’histoire démontre que l’hégémonie du privé repose sur la pratique de la corruption, depuis les droits d’entrée versés aux municipalités depuis 1953ce sont 40 années de financement par des pots de vin aux communes et aux partis politiques.

Les tarifs du privé sont plus élevés que ceux du public. Ceux qui défendent le privé le font par dogmatisme, celui de faire le plus de bénéfices possibles, mais ils se vantent rarement du montant de ces bénéfices…Le service public défend l’intérêt général, celui de la planète et de la biodiversité.

La concurrence est absente.

Les sociétés multinationales financent leurs autres activités avec les super bénéfices prélevés sur la distribution et l’assainissement de l’eau, comme la communication : TF1, radios, téléphonie …C’est une affaire de tuyaux !

De plus en plus de villes et de communes  reviennent à une gestion publique, de toutes tendances politiques : Grenoble, Cherbourg, Varages, Neufchateau, Castres (UMP), Lagarde, Venelles (UMP).

 

Les moyens du passage en régie.

Le Syndicat intercommunal est un outil pour le passage en régie, pour rationaliser la gestion. Il peut gérer aussi  la collecte des déchets, la propreté urbaine, les transports.

Les salariés, qui possèdent le savoir-faire sont intéressés et peuvent être repris par la régie.

L’instauration de compteurs différenciés, de réseaux différenciés selon les types de consommation et les usages, domestiques, agricoles ou industriels.

Prime à la consommation selon un tarif progressif, adaptée aux revenus et pour les familles.

Plus on consomme, plus on paye, avec une mutualisation selon la géographie et la pollution (agricole, industrielle).

Pour sortir, on peut s’acquitter des investissements par l’emprunt, sur le budget annexe de l’assainissement.

       -      La loi permet un délai de transition et d’adaptation d’un an à la rupture du contrat.

 

LA NÉCESSAIRE MOBILISATION

Depuis le début des années 1980, les citoyens de notre pays ont été progressivement dépossédés de la gestion de l'eau.

Dans de nombreuses villes, les maires, sous la pression des grands groupes, ont délégué la gestion des services d'eau et d'assainissement.

Des contrats léonins ont été signés, le plus souvent pour une durée de trente, voire quarante ans.

L’action des citoyens  peut changer les choses ; on doit agir pour contrôler la gestion de l’eau !

1) Écrire au maire ou au président de la communauté de communes pour lui demander quel est le mode de gestion de l'eau.

Si le mode pratiqué est la délégation :

- Connaître la date d'échéance des contrats (Eau potable et Assainissement)

- Se procurer à la mairie (service des gestions déléguées) tous les documents relatifs au service délégué de gestion de l'eau qui sont par définition publics :

a) contrats de délégation (Eau potable et Assainissement) ;

b) tous les avenants de ces contrats ;

c) le budget annexe établi en début d'année d'exploitation et le même budget en fin d'année d'exploitation ;

d) les comptes d'exploitation ;

e) l'avis du contrôle financier ;

f) les rapports annuels du prix et de la qualité de l'eau établis par le responsable de la collectivité (loi Barnier) ;

g) les rapports sanitaires, notamment ceux établis par la DASS (Direction des affaires sanitaires et sociales) ;

h) les audits éventuels sur la gestion du service public de l'eau ;

i) les rapports éventuels de la Cour des comptes ;

j) consulter les délibérations du conseil municipal et les avis de la Commission consultative des services publics locaux (CCSPL) si elle existe.

En cas de refus de communication de ces documents, qui sont tous des documents accessibles au public, le plus souvent de nature administrative, faire appel à la CADA (Commission d'accès aux documents administratifs).

(D'après la fiche de l'association E.A.U.)

 

 LES PROPOSITIONS D'ATTAC

 

 

Face à l'évolution très inquiétante du contexte mondial du marché de l'eau, les citoyens doivent absolument reprendre en main la gestion de ce bien commun de l'humanité !

 

a) L'accès à l’eau doit être un droit humain fondamental reconnu par tous pour qu'aucun être humain sur notre terre ne puisse être privé d'eau et qu'aucune coupure d'eau ne soit effective par manque de moyens financiers de la part des usagers.

 

b) L'eau est un bien patrimonial de l'humanité, que nous recevons en héritage et que nous devons laisser en l'état pour nos descendants.

 

c) Chaque habitant de cette terre, devra disposer gratuitement de 40 litres d'eau par jour. C'est le minimum vital préconisé par l'OMS et déjà mis en pratique par l'Afrique du Sud et le pays de Flandre, en Belgique, ainsi que par la commune de Neufchâteau, dans les Vosges ; nous utilisons entre 150 et 200 litres d'eau potable par jour et par personne, alors que 40 litres sont nettement suffisants pour l'hygiène personnelle et la cuisson des aliments ; c'est une véritable hérésie que d'utiliser de l'eau potable pour arroser nos pelouses ou laver nos voitures.

 

d) Les services de l'eau et de l'assainissement doivent être impérativement publics et gérés avec la participation active et directe des citoyens/usagers, afin d'empêcher les dérives financières dont est responsable la gestion privée, car une bonne partie des sommes payées par les usagers servent à rémunérer des sociétés de capitaux et à verser des dividendes à leurs actionnaires ; nous affirmons que seule une gestion publique via des régies bien administrées peut assurer un bon service public de l'eau pour tous et permettre la pratique d'une démocratie participative effective.

 

e) Nous devons réformer en profondeur toutes les pratiques agricoles et industrielles grosses consommatrices de la ressource ; ces pratiques conduisent de manière inacceptable à la surconsommation et au gaspillage de l'eau par son affectation à des utilisations en totale contradiction avec des objectifs de préservation de la ressource pour les générations à venir.

 

f) Le droit à l'eau et la gestion publique des services d'eau doivent être inscrits dans les constitutions nationales, comme l'a fait l'Uruguay en octobre 2004.

 

g)  Se mobiliser sur deux fronts pour obtenir des résultats :

• convaincre les responsables des collectivités locales de ne pas reconduire les contrats à l'échéance de ceux-ci ;

• démontrer, par une expertise adéquate, aux mêmes responsables que seule la rupture unilatérale des contrats peut provoquer un changement substantiel dans la gestion de l'eau.

 

 Extraits de la plate-forme issue des États généraux de l'eau du grand Sud-Ouest

(Toulouse, 8 décembre 2007)

 

«... 3.1. Maîtrise des coûts.

c) Déconnecter la rémunération du délégataire des volumes vendus.

ci)   Établir les tarifs sur les bases d'un fonctionnement optimal du service (rendement du réseau, qualité de l'eau…).

cii) Suppression des tarifs dégressifs pour les gros consommateurs et mise en place d'une tarification progressive au-delà de 300 m3 annuels par logement pour encourager les économies de consommation d'eau.

ciii) Suppression des dépôts de garantie et limitation de la part fixe aux frais de facturation, d'amortissement compteur et de relevé de compteur.

civ) Négociation et rédaction d'un règlement de service entre les élus et les associations d'usagers.

 

3.2. Développer l'information et l'éducation des usagers et des élus.

- Participation des associations d'usagers au Conseil d'administration ou au Conseil d'exploitation selon le mode de régie choisi.

Mise en place d'une CCSPL (Commission consultative des services publics locaux) dans toutes les communes ou intercommunalités, en conformité avec la loi.

- Mise en place, conformément aux dispositions prévues par le Code général des collectivités territoriales (CGCT), d'une commission de contrôle financier (CCF) des services publics locaux.

 

4.1. Faire respecter la réglementation.

- Systématiser les périmètres de protection des zones de captage d'eau potable  (64 % d'entre eux ne bénéficient d'aucune protection réglementaire, pourtant recommandée d'après une loi datant de 1964).

- Faire respecter les débits réservés pour le maintien en bonne santé des écosystèmes aquatiques et les besoins en eau potable.

 

4.2. Instaurer un contrôle effectif des ressources en eau.

- Privilégier la protection des eaux brutes (superficielles et profondes) et la prévention des pollutions sur leur traitement technique. Dans ce sens, privilégier une agriculture respectueuse de l'environnement et économe en eau.

- Les besoins en irrigation doivent être compatibles avec la nature du réseau hydrologique et du climat local, et les choix de soutenir tel ou tel type de cultures faits en conséquence.

Appliquer le principe de non contamination par la promotion et le développement de techniques d'assainissement écologique : toilettes sèches, filtres plantés, récupération des eaux de pluie...

- Proscrire l'utilisation de pesticides pour l'usage communal.

 

5. Favoriser les actions de solidarité internationale.

Favoriser les actions de solidarité internationale en faveur de l'action à l'eau et à l'assainissement dans le cadre de budgets de coopération décentralisée prévus par la loi depuis 1992 en s'opposant à leur financement par le prélèvement de 1 % sur les budgets d'eau et d'assainissement des collectivités territoriales et des agences de l'eau, préconisé par l'application de la loi « Oudin-Santini » de janvier 2005. »

 

  LES BONNES ADRESSES

Les liens utiles pour s’informer et agir

Ci-dessous une série de liens vers des sites ou des blogs d’associations et de personnalités offrant des analyses et des propositions intéressantes sur la question de la gestion de l’eau.                                                                                   Nous proposons aussi quelques liens vers des sites institutionnels qui ont mis en ligne des documents utiles.             Cette liste n’est pas exhaustive et en cas d’oubli, nous la complèterons sur proposition des internautes qui nous écriront pour signaler une source supplémentaire.

1 Les associations      

- sur le Site de ACME (Association pour un Contrat Mondial de l’eau), des infos générales sur la question de l’eau en France et dans le monde, plusieurs articles sur le SEDIF. www.acme-eau.org,
- sur le Site de E.A.U (Elus Association Usagers), des propositions intéressantes d’une association s’inscrivant dans la continuité de "l’appel de Varages" de 2005 : -www.france-libertés.fr/IMG/pdf/appel_de_Varages.pdf,

contact asseau@orange.fr,
- sur le Site de France Liberté, des infos générales sur la question de l’eau en France et dans le monde, mais pas seulement, puisque l’association fondée par Madame Danielle Mitterrand s’investit sur d’autres questions.
- sur le Site d’ATTAC, des initiatives intéressantes à suivre : www.france.attac.org
- sur le Site d’UFC Que Choisir, deux enquêtes sur les tarifs de l’eau en 2006 et 2007 qui ont dévoilé pour le grand public une situation scandaleuse.

- www.remunicpalisation.org : ce site permet de découvrir les villes, qui partout dans le monde, délaissent le modèle de la gestion privée o pour se tourner vers la gestion publique.

2 Les institutions                                                                                                      -- - sur le Site du SEDIF (Syndicat des Eaux d’Ile-de-France), on trouve le fonctionnement du SEDIF, le territoire, les équipements (le site est assez bien fait d’ailleurs) ainsi que les documents officiels concernant la réflexion sur le choix à réaliser en 2008-2010. Le SEDIF joue la transparence. C’est bien. Profitons-en.
 sur le Site d’Eau de Paris (société de gestion de l’eau de la ville de Paris), où l’on trouve le fonctionnement, le territoire, les équipements et les étapes vers la remunicipalisation décidée et à mettre en oeuvre d’ici 2009.
 sur le Site de la régie de la Ville de Grenoble, beaucoup d’informations utiles concernant une expérience réussie de retour en gestion publique de l’eau.
 sur le Site de la Ville de Varage dans le Var), dont le maire a été de 2001 à 2008 Michel Partage, on trouve une mine d’informations très utiles au sujet notamment de l’expérience de cette petite ville qui a décidé de revenir en gestion publique, et qui l’a fait.

3 Les organisations politiques                                                                                                          Site du Parti Communiste Français, des prises de position sur la question de l’eau.

4 Les personnalités                                                                                                            

 sur le Blog de Marc Laimé, rédacteur au Monde Diplomatique, très actif sur la question de l’eau.

 

Et pour toute question sur les contrats :

 linosse@wanadoo.fr

attacfr@attac.org - www.france.attac.org

 

REFERENCES :

-Le Monde diplomatique : www.monde-diplomatique.fr/carnet/2008-03-19-La-marchandisation-de-leau

-Manière de voir 65 : la ruée vers l’eau (sept-octobre 2002)

-Roger Lenglet et Jean-Luc Touly, L’Eau de Vivendi, Alias éd., Paris, 2003. Comment les multinationales ont acquis le droit de pomper dans les nappes phréatiques appartenant au domaine public, de distribuer et de commercialiser l’eau.

-Ricardo Petrella (sous la direction de), L’Eau, res publica ou marchandise ?, La Dispute, Paris, 2003. L’état des questions, des luttes et des propositions autour de l’« or bleu ». Et aussi Le Manifeste de l’eau. Pour un contrat mondial, Editions Labor, Bruxelles, 1998

-  Main basse sur l’eau des villes, par Marc Laimé

-  Manifestes pour l’eau publique – Fondation Copernic – Editions Syllepse

 

 Allain GRAUX                              

Collectif EAU 21 – 3 Impasse du Vauloin - 21370 Lantenay                                                                                                       E mail : eau21@orange.fr


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Mercredi 25 mars 2009

 Sous l’égide de l’ONU, la communauté internationale a célébré la journée mondiale de l’eau le 20 mars 2008. En effet, 1,5 milliards d’être humains n’ont pas accès à l’eau potable, 50 000 personnes, dont la moitié d’enfants, meurent chaque jour en raison des problèmes de santé liés à l’eau.

Une ressource qui devient rare.

L’eau douce ne représente que 3 % des ressources dont les 2/3 sont constituées en glace, elles devraient diminuer de

80 % pour chaque habitant en l’espace d’une vie humaine. Entre 1960 et 2025, elles pourraient passer de 3 430 m3 à seulement 667 ; or le seuil d’alerte est fixé à 2 000 mètre cubes.

L’eau c’est aussi un enjeu stratégique majeur pour un grand nombre de pays et de peuples. Son accaparement  met en péril la paix et la stabilité du monde. C’est le cas :

Au Proche-Orient ou Israël occupe illégalement le plateau du Golan Syrien, capte les eaux du Jourdain au détriment de la Cisjordanie. (Un israélien consomme quatre fois plus d’eau qu’un Palestinien.)

La Turquie retient en amont, par des barrages, l’eau du Tigre et de l’Euphrate, au préjudice des besoins des pays avals comme la Syrie et l’Irak.

En Asie centrale, dans la Vallée de Fergana.

En Chine, avec le gigantesque barrage des Trois Gorges, avec ceux prévus sur le Mékong au désavantage de la Thaïlande, du Laos, du Cambodge, du Vietnam.

En Amérique latine avec les convoitises sur l'aquifère Guaraní, de l’Argentine, du Brésil, du Paraguay et de l’Uruguay. La captation des eaux du fleuve frontière Rio Bravo entre le Mexique et  les Etats-Unis.

En Amérique du Nord où les Etats-Unis souhaitent transférer sur leur territoire les immenses réserves aquifères du Canada.

En Afrique Subsaharienne, en Libye et en Egypte, entre l’Afrique du Sud et ses voisins.

 


 La question de l’approvisionnement en eau est liée aux questions écologiques du réchauffement climatique et des pollutions industrielles et agricoles.

Le changement climatique affecte les précipitations et le cycle hydrologique et par conséquent la disponibilité des eaux de surface, l’humidité des sols et l’alimentation des nappes souterraines. Il pourrait provoquer des catastrophes naturelles de grande ampleur et en conséquence de grands vagues de réfugiés environnementaux (c’est déjà le cas au Bangladesh, au Proche et Moyen-Orient). Le rendement des cultures est menacé tant dans les pays développés que ceux en voie de développement. Trois milliards de personnes sont exposées aux menaces de pénurie d’eau.

Si la population du globe a été multipliée par trois au XX° Siècle, la demande en eau a été multipliée par sept et la surface des terres irriguées par six…

Plus d’un tiers des terres du globe arides ou semi-arides manquent d’eau.

Elle ne doit évidemment pas être polluée par l’utilisation outrancière d’engrais et de pesticides qui polluent les nappes et les rivières. Elle ne doit pas être prélevée outrageusement par l’irrigation de cultures industrielles inadaptées comme le coton qui a tari la mer d’Aral, le maïs qui assèche le Sud de la France. L’arrachage des arbres en Australie a provoqué la remontée et la salinisation des nappes. L’Australie souffre actuellement d’une redoutable sécheresse qui a diminué considérablement ses ressources vivrières.

La construction non maîtrisée de grands barrages a souvent des conséquences néfastes pour les populations ; elle entraîne la perte de terres agricoles (5000 000 ha en Inde entre 1950 et 1973), le déplacement des habitants, la réduction des nappes phréatiques.

Dans les pays en voie de développement, 90 % des eaux résiduaires et 70 % des déchets industriels sont rejetés sans traitement préalable dans les eaux de surface. Ce qui entraîne la mort de cinq millions de personnes par an, de maladies liées à la pollution de l’eau.

 

La consommation

La consommation journalière varie de 900 litres par personne aux Etats-Unis pour 10 à 30 litres dans les pays africains. Les pays d’Afrique du Nord et du Proche-Orient vivent dans des conditions qui handicapent leur développement économique et social avec moins de 2 000 m3 par habitant et par an.

L’agriculture consomme 70 % des ressources aquifères, suivie de l’industrie (20%). Les usagers urbains ne représentent qu’une faible proportion de la consommation globale.

Si l’eau est indispensable aux cultures vivrières qui font aujourd’hui défaut, en particulier dans les pays pauvres où la population est en majorité paysanne, l’agriculture doit être adaptée aux ressources en eau pour ne pas épuiser les nappes phréatiques, les rivières et les lacs par des cultures inappropriées : les golfes dans le désert, le coton dans les régions désertiques, le maïs, etc.…

 

Histoire d’eau

Depuis la plus haute antiquité, l’eau est au cœur des pratiques sociales, religieuses, économiques et sanitaires.

Les Gaulois révéraient en Belenos le dieu de l’eau et de la santé. Cette vénération continua avec la conquête romaine. En trempant leurs corps dans les sources pour retrouver la santé, ou en pratiquant le bain dans les thermes urbains, les gallo-romains partageaient l’eau en se conformant aux normes sociales, autant pour la propreté que la distraction. Les nombreux aqueducs amenaient l’eau aux fontaines où elle était fournie gratuitement et en abondance. Ce n’était pas un produit marchand mais un don de la  nature.

Entre le XII° et le XVII° siècle, dans la chrétienté, le rapport au corps change : l’eau reste sacrée, mais seules comptent les eaux du ciel pour le baptême, le bénitier, l’absolution. Les bains privés ou publics sont progressivement pourchassés, voire interdit. L’eau devient redoutable, elle passe pour affaiblir, dégrader, tuer les imprudents qui se livrent à des ablutions prolongées. Louis XIV ne prendra qu’un seul bain de toute sa vie…

En 1860, la révolution scientifique pasteurienne met en évidence les germes pathologiques qu’elle est susceptible de contenir.

Désormais la question de la qualité de l’eau s’ajoute à celle de la quantité.

Cette fois, c’est dans le cadre d’une économie marchande, de type capitaliste, que l’eau est distribuée, non seulement dans les fontaines publiques, mais par les robinets de chaque logement. Laïcisée, elle se transforme en un produit de type industriel scientifique et technique. En France, de quelques litres par habitant et par jour, la distribution passe à la fin du XX° siècle, à 200 litres par habitant et par jour dont moins de 10 % est destinée au corps et à la toilette.

Les trois dimensions symboliques de la vie humaine : sacrée, sociale et économique, restent présentes. L’eau est inscrite à ce titre au patrimoine mondial de l’humanité. Encore faut-il que chaque être humain ait accès à ce patrimoine.

(Chapitre écrit suivant l’article de J.P. Goubert « une amie de longue date… » .publié par Manière de voir 65- sept.oct.2002)

        

Accès et distribution à l’eau

La philosophie des multinationales de l’eau :

Rareté : devenue un bien économique à valeur marchande, la rareté intéresse au plus haut point les groupes capitalistes.

Pollution : si l’eau est sale, je la dépollue, si elle est propre je la vends propre, si elle est abondante je la raréfie par un système de péage.

Discrimination : je la vends cher à ceux qui peuvent payer cher.

Mais d’où viennent-elles ces firmes ?

En France, la gestion publique de l’eau a été confiée aux communes en 1789. C’est un héritage de la révolution française. Il a été remis en cause au XIX° siècle avec la possibilité de la déléguer au privé.

Les multinationales de l’eau

En 1853 fut créée par décret impérial la Compagnie Générale des Eaux. Elle fournissait alors de l'eau à Lyon. L'entreprise devenue Vivendi a entamé une diversification de ses activités au début des années 1980, en investissant dans la gestion des déchets, l'énergie, les transports, la construction, l'immobilier, la communication : c'est-à-dire dans la délégation de services publics et dans les commandes des pouvoirs publics.


En 2002, Vivendi environnement se dégage de Vivendi Universal et en 2003 devient Véolia Environnement. Puis en 2005, l'eau, la propreté, les services énergétiques et le transport sont rassemblées sous un nom commun : VEOLIA.

Ce groupe représente 36,5 % du marché mondial et français.

 

Le 2 février 1880, la Société Lyonnaise des Eaux et de l'Eclairage naît à Paris.
À l’origine, une institution bancaire, le Crédit Lyonnais fonde la SLEE (Société Lyonnaise des Eaux et de l'Eclairage), pour « l’obtention, l’achat, la prise à bail et l’exploitation, en France et à l’étranger, de toute concession et entreprise relative à l’eau et à l’éclairage ». Au début du XXe siècle, en France, de grandes villes comme Bordeaux (1913) concèdent leur service de l’eau à la Lyonnaise des Eaux. À cette même époque, l'éclairage urbain au gaz est l'activité principale de la Lyonnaise des Eaux.

Après la Première Guerre mondiale, l'entreprise investit dans l'énergie. En 1946, la nationalisation des secteurs du gaz et de l'électricité change la stratégie. La Lyonnaise des Eaux se repositionne sur les services d’eau. L’entreprise investit dans le traitement des eaux usées. Elle poursuit en parallèle sa politique d’acquisition de sociétés : Eaux de Calais, (1954), Eaux de Douai (1959) et signe des contrats de concession avec des villes importantes comme Soissons (1962) et Carcassonne (1964).

Lyonnaise des Eaux se désengage des Pompes funèbres générales en 1996 et fusionne un an plus tard avec Suez (19 juin 1997). Le nouveau groupe se recentre progressivement sur deux pôles : l'énergie et l'environnement. LA Lyonnaise des Eaux appartient désormais à ce second pôle. Il représente 22% du marché.

 

La Société d’Aménagement Urbain et Rural (SAUR) a été créée en 1933.

C’est le troisième groupe français avec 16,5 % du marché et le quatrième mondial, devancé par l’allemand RWE. En 1984 : Le Groupe Bouygues se porte acquéreur de Saur dans une perspective de développement et de diversification de ses activités, avec la création de Coved pour le traitement des déchets. En 1997 : Intégration de CISE (filiale de la société Saint-Gobain) au sein du groupe SAUR, qui devient le troisième prestataire de services auprès des collectivités locales. En 2005, le groupe Bouygues négocie avec « PAI Partners » la cession du Groupe SAUR et n’en conserve que 10 %.

2006 : Retrait de Bouygues du capital de SAUR ; SAUR France absorbe la maison mère.

2007 : PAI Partners cède ses parts à 3 actionnaires français: la CDC, Caisse des Dépôts (47%), Séché Environnement (33%) et AXA (20%).

Le groupe SAUR est constitué de plusieurs filiales qui s’occupent chacune d’une mission bien spécifique :
-SAUR : gestion de l’eau et de l’assainissement

-STEREAU : conception et construction d’usines de traitement (1960)

-COVED : collecte et traitement des déchets

SAUR est un opérateur de gestion, déléguée des services d’eau ; elle dessert en eau potable et traite les eaux usées de 5,5 millions de consommateurs dans plus de 6 700 communes et agglomérations sur tout le territoire français. Pour cela, SAUR exploite 3 600 stations d’épuration et gère 200 000 km de réseaux.

 

Ces trois firmes forment un oligopole et ne sont pas vraiment en concurrence ; elles se partagent le marché. Leurs actionnaires sont souvent communs : Crédit Lyonnais, Crédit agricole, Axa, Suez. Elles sont présentes dans le bâtiment, les travaux publics, la communication (TFI, TPS, M6, Canal +). Car qui tient les médias tient les hommes politiques dont le rôle est important dans le partage des marchés. Dans le début des années 90, le nom de la Lyonnaise des Eaux ainsi que celui d’autres entreprises, a été cité dans des contentieux liés au financement de partis politiques.

 

Le marché

Le marché mondial, c’est plus de 1000 milliards de dollars ; il est détenu à 80 % par les sociétés multinationales françaises et leurs filiales. Alors que le marché américain est municipalisé à 89 % et desservi par 60 000 intervenants publics, en France 80 à 85 % des français consomment privé. En 1945, le rapport était inverse : 75 % relevait du publique et  25 % du privé  (31,6 % en 1954).

 

En France, il existe plusieurs modes de gestion des services d’eau et d’assainissement                                  - La régie : le service est directement géré par la collectivité (commune ou groupement) et dispose de l’autonomie financière.                                                                                                                                           - la gestion déléguée : les contrats signés entre les collectivités locales et les opérateurs d’eau répondent à une réglementation stricte.                                                                                                                                             - La concession : le service de l’eau est concédé à une société privée. Cette dernière construit les infrastructures et gère le service pour le compte de la collectivité. Les investissements réalisés reviennent ensuite de plein droit à la commune, à l’issue du contrat.
Généralement, ce type de contrat, en raison des investissements à amortir est de longue durée (20 - 25 ans)                                                                                                                                     - L’affermage : l’entreprise gère seulement le service, les investissements sont pris en charge par la collectivité. La durée du contrat est moyenne (10 – 15 ans)                                                                                                              - La gérance : le contrat ne porte que sur une partie spécifique du service ; la durée du contrat est généralement plus courte (moins de 7 ans).                                                                                                            

 

En France, le marché de l’eau représente 23 millions d’abonnés.

60 % des communes représentant 80 % de la population ont délégué leur gestion pour 416 milliards d’euros.

Pour l’assainissement, 50 % de la population est en gestion déléguée.

En 2005, 20 576  communes sont en gestion déléguée, 15 841 en régie publique.

 

Lors du renouvellement des contrats (12 000), le petit négociateur local n’a aucun poids pour renégocier les prix face à une puissante multinationale liée aux autres par des contrats de non-agression…Une unique réponse dans 31 % des appels d’offre rend totalement illusoire la concurrence. Dans 95 % des cas, le même délégataire est reconduit après la fin d’un contrat.

Ces contrats à long terme sont de véritables rentes de situation :

Véolia : de 10 à 20 % ; en 1997, 4,5 milliards de profits. En 2000, entre 8,4 et 16,8 milliards de francs…

 

 

Distribution déléguée : trois entreprises se partagent le marché

 

Véolia Water (ex-Générale des eaux)

56 %51 % + 5 % (part de l'entreprise dans les filiales communes)

Suez Lyonnaise des eaux

29 %24 % + 5 % (part de l'entreprise dans les filiales communes

SAUR

13 %

Une dizaine d'entreprises locales

2 %

Source : avis du conseil de la concurrence 31 mai 2000

 

Le Prix de l’eau

La Cour des comptes a étudié pour la période 1995-2002 la gestion des services publics d'eau et d'assainissement de plus de 200 communes et établissements publics intercommunaux. En ce qui concerne le prix de l'eau, la Cour constate d'abord l'existence d'écarts très importants - de 1 à 4 d'une commune à l'autre - sans que les raisons de telles disparités soient parfaitement claires. En comparant gestion directe et gestion déléguée de l'eau, la Cour observe ensuite que le principe de l'équilibre budgétaire du système de régie permet uniquement le financement des investissements déjà inscrits au budget, et que l'existence d'une comptabilité analytique ou d'un contrôle de gestion est trop rare, ce qui entraîne fréquemment la majoration du prix de l'eau par des charges indues. Du côté de la délégation, le prix est affecté notamment par diverses clauses défavorables aux usagers.

 

Des prix systématiquement abusifs sur les grandes villes. 

L’étude constate que le prix de l'eau est largement surfacturé sur toutes les agglomérations de plus de 300 000 habitants et sur la moitié des agglomérations comprises entre 100 000 et 300 000 habitants. Cette surfacturation a un impact économique très important. En effet, selon l'INSEE, les agglomérations urbaines de plus de 100.000 habitants regroupent 27 millions de français. Une petite moitié de la population est donc exposée à une politique tarifaire le plus souvent abusive. Les marges nettes sur chiffre d'affaires dégagées par les services d'eau sont impressionnantes puisque, elles oscillent entre 26 et 42%, 59% pour le SEDIF (Ile de France). Elles sont au minimum deux à trois fois supérieures aux taux de marges nettes des autres secteurs industriels déjà considérés comme profitables. (Enquête UFC – Que Choisir)

Le prix de l’eau et de l’assainissement est de 2,75 € en moyenne, mais il peut varier de 1,90 à 4,10 € (dans le Morbihan). La confusion permet d’entretenir l’ambiguïté sur le vrai tarif de l’eau et de pratiquer une gestion occulte. Le prix a progressé de 2,4 % entre 2001 et 2004.                                                                                  

En Bourgogne, le tarif facturé moyen de 3 € le m3, l’eau est la plus chère du bassin : 3,32 €  le m3 à DIJON - 3,41 € à Beaune pour 120 m3 consommés.                                                                                                                                                     Toutes les enquêtes le confirment, le tarif du m3 d’eau est en moyenne 20 à 25 % plus élevé en gestion privée qu’en régie. Cela permet aux grands groupes de réaliser de juteux bénéfices  et des marges allant de 40 à 55 %.

 (Selon Que Choisir 2007).                                                                                                                                           

Dans toutes les renégociations intervenues ces dernières années, les tarifs ont pu être baissés jusqu’à 30 % et plus  Quant au retour en régie, Ils ont toujours permis une baisse significative des tarifs  de 15 à 30 %,  (44 % en régie intercommunale) en améliorant la qualité du service et les investissements.                                                                                                                          A Grenoble la reprise en régie directe a permis de réduire le montant à 0,75 € le m3.   

Quatre raisons pour le retour en régie :

éthique : pour vivre ensemble, gérons nos biens communs en commun comme l’eau, le soleil, le savoir ensemble.   

Ecologique : léguer à nos descendants une eau de bonne qualité et les savoirs qui leur permettront de préserver l’eau. La privatisation de l’eau, c’est aussi la privatisation des savoirs.

Sociale : pour que la facture de l’eau soit moins lourde aux ménages.

Altermondialiste : pour lutter contre le pillage des ressources naturelles de la planète par les multinationales.


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Vendredi 21 novembre 2008

La situation politique à Madagascar vue par un opposant au régime du Président Ravalomanana

 

Selon  Maurice BERANTO, dirigeant du FIDEM (Rassemblement des démocrates de Madagascar)

Maurice Beranto est un architecte qui partage son activité professionnelle entre sa patrie malgache et la France où il a vécu pendant vingt-sept ans. Il est arrivé en France en juin 1968, au lendemain des évènements de mai :

« J’ai vu la ville de Paris bitumer les rues pavées du quartier latin et constaté que les rands bâtiments entourés de cars de police, sur les quais de Seine n’étaient pas un hôtel de police , mais la faculté de Jussieu. »

En 2001/2002, il était présent à Madagascar lors de la grave crise*qui a secoué le pays à l’occasion de l’élection présidentielle. Le président actuel Marc Ravolomanana s’était autoproclamé vainqueur. L’ancien président, Didier Ratsiraka, après des affrontements violents avec les partisans de Ravalomanana a dû quitter le pouvoir et se réfugier en France Le deuxième tour des élections présidentielles n’a jamais eu lieu. Depuis le Président a été réélu en décembre 2006 avec 54,79 % des voix et a conforté un pouvoir qui, à l’image de celui de son prédécesseur, devient de plus en plus personnel et autoritaire. Il a étendu son empire économique et ne tolère aucune opposition organisée, la moindre manifestation est réprimée et plusieurs « meneurs » ont été emprisonnés…

 

AG : Que représentez-vous face au pouvoir du parti présidentiel, le TIM ? Comment espérez-vous contester et vaincre le pouvoir actuel alors que se présentaient 14 candidats aux dernières élections présidentielles. Le second, Jean Lahiniriko, n’a obtenu que 11,65 % des suffrages. L’opposition extrêmement divisée semble incapable de se rassembler.

MB : Tout d’abord, je voudrais dire comme militant politique que le pouvoir de Ravalomanana est le résultat de la faillite des intellectuels et des partis politiques. Il est le fruit d’une véritable régression. Les faits aujourd’hui me confortent dans cette analyse. La majorité des personnalités politiques ont été derrière la majorité présidentielle pour le candidat Ravalomanana pour des raisons d’opportunité diverses mais liées à la carrière et aux rentes de situation. Les partis politiques sont rejetés par l’opinion publique. Or, dans le monde, ce sont des hommes issus des partis qui dirigent. Actuellement, il faut réhabiliter cette mauvaise image des partis politiques.

Pour ma part, avec d’autres, j’essaie de créer un front autour de l’ancien Président de la République Albert Zafy* élu en 1993 et destitué en 96 sous la pression de l’AREMA, le parti de Ratsiraka. En 1989, Albert Zafy fit partie du mouvement de l'opposition des Forces Vives et devint le leader du parti UNDD*. Il tenta de renverser le président  Ratsiraka. En 1993, l'opposition le désigna comme candidat face à Didier Ratsiraka et il a battu ce dernier au deuxième tour avec 53 % des voix.

Candidat en 1982, Il n’avait pas pu se présenter, il fallait être membre du Front National pour la Révolution. Il n’avait pas d’équipe. Déjà les partis étaient très faibles et le seul fait d’être diplômé paraissait suffisant pour se présenter aux suffrages des citoyens. Il se posait aussi la question du financement, souvent parallèle…

Quand Ratsiraka est revenu au pouvoir en 1997*, il soumet au peuple un référendum pour une République humaniste et écologique. Mais ce furent seulement des mots, il livre le pays au libéralisme le plus sauvage.

Après le régime Ratsiraka, puis avec Ravalomanana, le pays est à reconstruire, la République est à refonder. Actuellement, nous constituons une nouvelle équipe pour  rassembler les partis d’opposition, construire une base politique.

AG : L’UNDD est un Front, quelle est votre organisation ?

MB : Je suis membre du FIDEM, le Rassemblement des démocrates de Madagascar qui a pour objectif la République sociale et avec comme pratique l’éducation populaire.

La colonie a voulu détruire le Fokolona, nos communautés populaires de gestion collective et démocratique des villages. Le pouvoir sous Ratsiraka avait mis en place un projet financé par la Banque Mondiale, le programme urbain de lutte contre la pauvreté, qui a consisté à apprendre aux maires les principes de la gestion communale…Cela alors que la démocratie existait dans les Fokolona, c’est quelque chose qui était inhérent, né avec eux, où la pratique était la discussion collective. Les bases de la démocratie existaient dans les communes malgaches, c’est sur ces bases que nous souhaitons nous appuyer pour bâtir un régime démocratique et authentiquement républicain. Il faut retrouver ces valeurs - le teny le rana – la décision collective.

Notre parti, ses principes, occupent une place importante dans l’esprit des gens mais nous n’avons pas d’élus car les élections ne sont pas libres. En décembre 2002, j’étais candidat député à Mahanjaga. Je n’ai pas pu voter le jour du scrutin car on ne m’a pas inscrit sur la liste électorale…

Nous sommes une petite formation,  un parti d’influence sur les actions de groupe, plus que de masse. Nous participons donc à ce mouvement lancé en mars dernier par le Président Zafy. Il n’y a pas que le FIDEM, mais aussi le Leader-Fanilo, le RPSD, le RPSD Vaovao, l’AKFM, « Ny Fihavanantsika », le VVSV, le PSDUM, l’USDUM, l’AREMA, le RDMM, le PDM..., comme il y a des opposants comme le général Ferdinand Razakarimanana ».

Après décembre 2006, depuis les élections présidentielles un grand pas a été fait. En 2003, la seule possibilité était de nous regrouper autour d’un candidat. Depuis nous avons instruit une autre démarche pour réhabiliter la pratique politique.

En mars 2006, vingt-cinq partis ont signé dina politika, un pacte républicain. Tous ont participé à la rédaction de la Charte des Partis signée en Août 2006, de l’extrême gauche à la droite, sur des valeurs républicaines communes. Face à la constitution de ce Front, Ravalomanana a eu peur, il a avancé les élections en décembre 2006 au lieu de mai 2007. Il nous a pris de vitesse alors que nous tentions un regroupement des sensibilités de la Gauche malgache. Notre but était de présenter un candidat unique, mais ils ont tous été candidats…sur les 14 prétendants, onze étaient pourtant signataires de la Charte !

Notre parti regroupe entre autres, des médecins, des ingénieurs, des intellectuels et cadres. Le Front de la gauche est encore informel, il regroupe six à sept formations avec des personnalités indépendantes.

C’est un problème car Ravalo s’appuie sur cette dispersion de personnalités …qu’il finance ! Ou sur lesquels s’abat la répression s’ils n’acceptent pas d’être corrompu. Cependant, il ne faut pas oublier que ce sont les dirigeants précédents qui ont tué la démocratie à Madagascar et que nous n’arrivons plus à sortir de ce système de pouvoir autoritaire et corrompu jusqu’à l’outrance.

Il n’est pas prévu d’élections avant 2011, mais je suis convaincu que le mandat du président n’ira pas à son terme.

AG : Qu’envisagez-vous comme action pour renverser le pouvoir actuel ?

MB : Nous voulons préparer l’alternative pour être prêts le moment venu, car toutes les conditions sont réunies pour une révolte populaire. Il existe un fort mécontentement général et le fossé existe toujours entre les « côtiers » et  ceux des « Hautes Terres »*. Trois côtiers seulement sont présents au gouvernement sur vingt-deux ministres.

Il n’est que de lire les journaux : la Tribune, l’Express, la Gazette, la Vérité, pour constater ce profond mécontentement face à Ravalomanana. Il apparaît de plus en plus comme un « danseur du ventre », un illusionniste qui a endormi tout le monde, même Koffy Annam !

L’opposition se rassemble, elle n’est plus aussi dispersée et nous voulons créer une plateforme, un programme commun.

AG : Que pensez-vous du maire de Tana, Andry Nirina RAJOELINA, qui est présenté comme une solution possible pour battre le président ?

MB : Il est le dirigeant d’une entreprise de Télécom et il n’a aucun profil politique. Les gens croient que le scénario de 2001 avec Ravalomanana peut se renouveler. Je ne pense pas que ce soit possible.

Zafy bien qu’il se soit dégagé de la politique, car il est âgé de 82 ans, il représente un point d’ancrage, un fédérateur. Il avait lancé un appel au rassemblement autour du CRN en mars 2008.*

La plateforme élaborée en juillet 2007 a été incluse dans cet appel du Président Zafy.

Cependant nous manquons de moyens d’expression pour développer nos idées et notre action, les réunions politiques sont interdites et le pouvoir exerce des pressions sur les gens pour empêcher toute contestation. Nous devons affronter la corruption et la répression.

Par exemple, certains journaux critiques comme « La Gazette » sont interdits dans les avions d’Air Madagascar. Néanmoins nous menons des actions d’harcèlement dans toutes les villes ; nous avons tissé des réseaux dans 37 d’entre elles.

AG : Je sais que l’essentiel de l’action politique a lieu dans les centres urbains, et principalement dans la capitale où Ravalomanana a fait l’essentiel de son score, plus de 75 %des voix. En dehors de Tana, il n’est majoritaire que dans le district de Majunga, mais qu’en est-il dans les campagnes ? Les paysans représentent encore 80 % de la population malgache.

MB : Nous intervenons dans les campagnes à travers des associations dont une se trouve à l’est de Tana. Le pouvoir a crée une association qui veut régenter les campagnes. Les paysans sont venus nous voir. Ils ont créé une organisation de résistance au pouvoir : Tan Lavatna Anryna (Une région qui est loin du roi). Même à Tana, il y a des « régions loin du roi » : ce sont les quartiers populaires complètement délaissés.

Madagascar est un pays riche de ses ressources, mais qui est très pauvre. Les contrats passés avec les multinationales sont opaques. Elles bénéficient de passe-droits, ont leurs entrées par une porte spéciale pour bénéficier de services dont ne disposent pas les nationaux.

Air Madagascar et la JIRAMA (Eaux et Electricité) ont été donné a à des sociétés  allemandes déficitaires pour une poignée de Francs malgaches. Alors que le SMIG est à 60 000Ar  (26 €/mois).

Le développement n’est pas au service du peuple qui ne jouit pas de la satisfaction de ses besoins fondamentaux.

Les richesses minières de Madagascar encore largement inexploitées sont livrées au pillage de groupes étrangers, notamment canadien. Nous produisons 4 tonnes de saphir, de l’or, des pierres précieuses. A Fort- Dauphin, il a fallu dix-sept ans pour que le projet d’extraction de l’Ilménite* démarre, avec le groupe canadien Rio Tinto. Jusqu’à maintenant ils n’ont rien produit.

L’école publique est désertée. Les élèves s’y entassent souvent à 120 par classe, pour un instituteur du primaire*. Les enseignants sont insuffisamment payés, ils touchent à peine le SMIG. Ce sont les parents qui se cotisent pour les rétribuer s’ils veulent que les maîtres restent à l’école au lieu de chercher un boulot compensatoire. Cela contribue à encourager la prolifération d’écoles privées qui ne sont pas toutes confessionnelles.

En ce qui concerne la formation des élites, toutes les disciplines existent à Mada mais de valeur inégale. L’inexploitation des talents a conduit à une moins bonne formation.

Pour accéder aux hôpitaux publics, il faut payer comme sous le régime de Ratsiraka. Les soins ont été gratuits jusqu’en 1980, avant le tournant libéral. Les Réunionnais venaient se faire soigner à Mada. La bascule a eu lieu cinq ans après 1972. Les médecins pour vivre décemment doivent exercer deux, voire trois boulots.

AG : une question importante concerne la paysannerie malgache et l’environnement du pays : c’est la culture sur brûlis qui conduit à la déforestation.

MB : Sur cette question, il  y a une avancée*. C’est financé par la communauté internationale et ça fonctionne. Mais il ne suffit pas d’interdire, il faut donner une alternative aux cultures sur brûlis. C’est encouragé par le pouvoir  parce que cela amène des sous, des investissements américains notamment.

 Nous avons des problèmes avec la question de la propriété des terres et du foncier. Au tribunal, 70 % des litiges concernent le foncier. Les propriétés individuelles ancestrales ainsi que les propriétés communales ne sont pas répertoriées. Pour les paysans, la terre appartient à ceux qui y vivent depuis la nuit des temps et la travaillent ; c’est le Tanin-drazana, la terre des ancêtres.

AG : Nous avons constaté que les conditions de logement et d’hygiène étaient déplorables dans les quartiers populaires de Tana. On voit des chantiers de grande construction, les hôtels pour accueillir les réunions internationales, construits par les chinois, pour la conférence de l’OEA en 2009.  Est-ce qu’il y a des logements sociaux, des HLM malgaches ?

MB : Les derniers logements sociaux construits datent de l’avant 71, comme la cité des 67 ha dans le quartier du COUM.

Il faudra au moins cinq ans pour changer réellement les choses dans ce pays.

 

Propos recueillis par Allain Louis Graux, (journaliste, « Les Pays des mille et une nuits » – agence Orient-presse)

Le 30 sept. 2008 à Antananarivo.

 

 

*Albert Zafy (1927- ) a été président de la République de Madagascar de 1993 à 1996.Né à Ambilobe, dans l'ex-province de Diégo Suarez, il est professeur en Médecine (cardiologue). Il a été Ministre dans le Gouvernement du Général Gabriel Ramanantsoa. Elu en 1993, Zafy n'a pas supporté les critiques de l'opposition et décida que le Premier ministre ne sera plus élu par l'Assemblée nationale mais nommé par le président en personne. Il nomma donc le président de la Haute Cour Constitutionnelle (HCC) Norbert Ratsirahonana Premier ministre (5 juin 1996). Il perdit sa popularité et fut destitué par l'Assemblée nationale le 5 septembre 1996[1]. Il a été battu par Didier Ratsiraka lors de l'élection présidentielle du 31 janvier 1997. Il termine troisième lors de l'élection présidentielle du 16 décembre 2001 que Marc Ravalomanana remporta au final. Et devient depuis un des chefs les plus virulents de l'opposition malgache avec son mouvement le CRN (Comité de réconciliation nationale).

 

*Ratsiraka, en tête des 15 candidats, est élu en novembre 1996 avec 50.7 % des voix. Il est dénoncé pour irrégularité par Albert Zaffy, mais prend le pouvoir en février 97.

Entre 97 et 2001, il suit les recommandations de réformes « d’ajustements structurels » du FMI et de la Banque  Mondiale, comme de rendre payants les soins hospitaliers et l’école et il se lance dans la privatisation des entreprises, rompant avec ses idéaux socialistes qui avaient présidé à ses mandats précédents de 1975 à 1991. Mais il ne suffit pas de privatiser pour sortir du sous-développement. La privatisation de la Solima (carburants) débouche sur une augmentation massive su prix des carburants. En fait les projets n’aboutissent pas, restent dans les cartons des ministères et les crédits sont détournés, les aides disparaissent sans que les travaux et les réformes se réalisent, ce qui provoqua la faillite et la chute du régime.

 

*l’UNDD, Union Pour le Développement Démocratique, parti radical de gauche de l’ex-président Albert Zaffy.

 

* Le pouvoir colonial s’était appuyé sur les côtiers pour mâter l’aristocratie de l’ethnie merina dont étaient issus les souverains malgaches qui, avaient conquis et unifié le pays Depuis l’indépendance, le pouvoir politique à Mada se partageait entre les ethnies dites côtières d’origine africaine et celles des Hauts – plateaux d’origine asiatique. Le Président était côtier et le premier ministre des Hauts-plateaux. Ravalomanana a rompu avec cet équilibre ethnique entre les 18 tribus de Madagascar

 

Albert Zafy tente de rassembler l’Opposition /  La Tribune : samedi, 8 mars 2008 / Eugène R.

Dans leurs discours d’ouverture, le Pr Zafy et son lieutenant Dr Emmanuel Rakotovahiny ont persisté et signé que le CRN ne reconnaît pas le régime en place. « Un régime dirigé par un homme qui veut installer une monarchie à Madagascar. », a martelé le Pr Zafy.

L’Alliance impossible

Des dirigeants politiques présents hier ont observé que l’invitation du CRN et de son président Zafy Albert s’inscrit en même temps dans le cadre des tentatives de rassemblement pour une opposition unique face au régime Ravalomanana. Jusqu’à présent, toutes ces tentatives ont échoué. Le CRN a refusé d’adhérer à la plateforme des partis d’opposition mise en place par Roland Ratsiraka, Jean Lahiniriko et Herizo Razafimahaleo après les présidentielles de décembre 2006 car il a boycotté toutes les élections organisées dans le pays depuis l’accession de Ravalomanana au pouvoir. Comment peut-on imaginer une cohabitation entre le Pr Zafy Albert et ses amis qui ne reconnaissent pas jusqu’à présent Ravalomanana comme président de la République d’une part et d’autre part les Marson Evariste, Henri Lecacheur, Pierre Tsiranana, Daniel Ramaromisa... qui étaient à l’époque membres actifs du KMMR (« Komity Manohana an’i Marc Ravalomanana ») ? Et actuellement, des opposants comme Marson Evariste incitent les électeurs à se rendre aux urnes, mais à voter blanc le 16 mars prochain alors que le CRN prône purement et simplement l’abstention. Tout ceci pour faire comprendre qu’une cohabitation ou une alliance s’avère impossible entre certains opposants.

 

* Andry Nirina RAJOELINA

LES résultats des élections municipales du 12 décembre dernier à Antananarivo n’ont pas réellement été une surprise pour les observateurs avertis de la vie politique malgache.
En effet, ils s’inscrivent dans le processus du changement des mentalités et de comportement de la population tananarivienne qui, il a à peine plus de 2 mois, avait exprimé son ras-le-bol de la misère, des pratiques dictatoriales du Parti TIM au pouvoir, des entorses multiples à la démocratie, en s’abstenant en masse de voter aux élections législatives du 27 octobre 2007. Ce jour-là, 75% des électeurs avaient boudé les urnes : du jamais vu lors de tous les scrutins qui ont jalonné l’histoire de la Grande Ile et de sa capitale !
Les résultats du scrutin du 12 décembre sont sans appel.
Nombre d’électeurs inscrits : 620.631
Votants : 273.164
Blancs et nuls : 4.250
Suffrages exprimés : 268.914

 Rakotomalala Rafalimanana Hery (TIM) 87.124 (32,40%)

 Rajoelina Andry Nirina (Independant-Tanora MalagasyVonona) 170.281 (63,32%)

 

Le choix du Président-fondateur du TIM s’est porté sur le Président de la délégation spéciale d’Antananarivo nommé à ce poste il y a 8 mois pour défendre les couleurs du Parti lors des Municipales du 12 décembre. Selon Marc Ravalomanana, le PDS Hery Rafalimanana avait à son actif les rénovations des infrastructures entreprises par le pouvoir central, à Antananarivo, pour la tenue des 7èmes Jeux des Iles de l’Océan Indien.
Malheureusement pour lui, les jets d’eau, les jardins et autres gazons, les nouvelles avenues ouvertes à la circulation n’ont pu occulter l’aggravation des problèmes sociaux affrontés par la majorité des habitants de la capitale : stagnation du niveau de vie, inflation, chômage, délestages quotidiens de jour comme de nuit, alors que dans un discours public, le Président Ravalomanana avait annoncé une augmentation de 15% des factures de la JIRAMA, afin, disait-il, de « supprimer les délestages » etc...
Dès l’ouverture de la campagne électorale, Marc Ravalomanana et son Gouvernement furent sur le pied de guerre face à l’affluence monstre constatée lors du premier meeting public convoqué par le candidat Andry Rajoelina. Des manœuvres en tous genres furent utilisées pour déstabiliser ce candidat dont le succès risquait de déjouer les plans du pouvoir : propos diffamatoires, tripatouillage des listes électorales, interdiction de meeting dans les sites appartenant à la Commune, menaces et provocations, etc...

Témoignages du lundi 17 décembre 2007

 

*L’école : 10 à 110 élèves par  classe en deux session le même jour. J’ai pu voir à Daraina , une école privée financée par les parents où les enfants s’entassaient à 107 dans une paillote sombre, sans éclairage…

NDLA

 

*L’ilménite est un minerai utilisé pour les composants électroniques.

 

Le cobalt de Toamasina.

La structure du projet Ambatovy fait appel à une prouesse technologique de haut niveau.
Le minerai, de la terre contenant près de 1% de nickel et 0,10% de cobalt en moyenne, sera extrait à Ambatovy Moramanga, à 220 kilomètres de Toamasina. Il sera acheminé jusqu'à l'usine de Toamasina par un pipeline long de 220 kilomètres sous forme de pulpe, mélange boueux contenant 40% d'eau. Cette matière semi liquide sera pompée et conduite dans un pipeline depuis la rivière Mangoro, située à 28 kilomètres de la mine.

Les résidus seront ensuite stockés dans un parc géant spécialement aménagé à cet effet.
Ce parc a une taille capable de contenir les 125 millions de tonnes de terre en provenance de la mine pendant 30 années, la durée prévue du projet. 60 000 tonnes de nickel et 5 600 tonnes de cobalt devront ensuite être exportées à partir du port de Toamasina.

Actuellement, près de 8 000 ouvriers sont enregistrés dont environ 600 expatriés.

La grande majorité de ces personnes travaillent pour les dizaines de grandes entreprises chargées de construire les différentes infrastructures. Mais cet effectif de la main-d'oeuvre pourra doubler dans les mois à venir et atteindre le pic de 20 000 personnes. L'arrivée prochaine de 5 000 ouvriers étrangers constitue un des moments importants du projet.

(selon l’Express de Madagascar)

 

Dynatec, une société américano-canadienne et Somotimo-corporation, une société de courtage japonaise, prévoient d’exploiter ces mineras pendant 27 ans. Ce site recèle 30 ans des besoins mondiaux en nickel, 5 % des réserves mondiales et 10% des réserves mondiales en cobalt. Une dizaine d’autres minerais sont présents sur le site, du zinc et du cuivre, dont la production est estimée de 1 à 2 tonnes /jour.

Lors des réunions avec la population concernée, une question revenait sans cesse : l’exposition permanente au nickel et au cobalt est-elle dangereuse pour la santé ?

Les investisseurs ont affirmé que non, pourtant la directive de l’OMS sur le nickel est provisoire en l’absence d’informations sur sa nocivité. Ils affirment aussi que l’impact sur les nappes phréatiques, les rivières et les sources seront peu importants, et que les zones d’exploitation seront reboisées au fur et à mesure. Ce produit présent dans l’air ambiant est cancérigène en milieu professionnel et les environnementalistes estiment que le nickel assèche le sol. Les paysans malgaches en craignent les effets après 27 ans d’exploitation…

Quand on constate comme je l’ai vu, l’énormité des excavations pour installer le pipe-line qui transportera les boues, la déforestation, la défiguration de la nature, on reste perplexe sur c les bonnes intentions exprimées par les exploitants…

Allain Graux

 

Ressources pétrolières et minières à Madagascar

Les réserves pétrolières en offshore de Madagascar se trouvent dans les bassins de Mahajanga et de Morondava la ou 90% des efforts de pêche crevettière se concentrent. L’exploitation pétrolière aura des impacts environnementaux sur cette zone et des conflits entre la filière crevettière et le secteur pétrolier, pourraient en résulter. Jusqu à preuve du contraire, les crevettes font partie des premiers produits d exportation du pays. Qits minerals madagascar (QMM) dans l’exploitation de l’Ilménite à Tolagnaro, de la société d’état KRAOMA pour le chrome, de sheritt-DYNATEC dans l’extraction de cobalt et de nickel, Madagascar oil et EXXON mobil concernant l’exploitation pétrolière.

Les pollutions des eaux, les stockages des produits dangereux, la pollution de l’air sont les principales menaces que peuvent représenter ces activités. L’Etat malagasy ne dispose pas actuellement des capacités suffisantes pour effectuer toutes les contrôles de pollution nécessaires.

(Pakysse)

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Lundi 21 juillet 2008

LES MOTS :

Le retard français

Il s’agit d’une légende utilisée par la majorité de droite et le Medef pour imposer des réformes rétrogrades jugées indispensables pour éviter le naufrage de l’économie française. Car si on observe les chiffres publiés par le FMI ou l’INSEE, on constate que les performances françaises sont tout à fait honorables.
Le PIB*réel par habitant : il n’a été supérieur en Allemagne que pendant deux ans (2006/2007) sur les dix dernières années. En 2008, il est égal (1,8). Si on prend le PIB tout court, l’écart est nettement favorable à la France : 2,3% an contre 1,5% en RFA. Quant à la zone euro, sa moyenne est identique à celle de la France sur les 20 dernières années...
Il paraît encore plus surprenant de constater que l’écart avec les Etats-Unis n’est que de 0,1% sur les dix dernières années. Cet écart devrait être rapidement comblé en faveur de la France en 2008/09, selon les prévisions du FMI.
L’Allemagne
est souvent citée comme performante grâce aux réformes entreprises par Schröder. En fait, c’est le renoncement à cette politique qui permet le retour à la croissance, en particulier les hausses salariales obtenues par d’importants mouvements sociaux, la pression syndicale et politique de Die Linke* sur le SPD et Angela Merkel. Ce qui sera d’ailleurs profitable à l’économie de la France. La période restrictive précédente avait entraîné la croissance européenne vers le bas, l’Allemagne pesant le quart de l’économie de la zone euro.
La dette
.* Les actifs, (la richesse que détient l’État) sont positifs: ils représentent 37% du PIB. La France peut donc s’endetter comme n’importe quelle entreprise, financer un plan de relance comme Sarkozy l’a fait avec le paquet fiscal. Malheureusement, ce cadeau de 14 milliards aux plus riches n’a pas provoqué le choc escompté sur la croissance.
La dette publique a augmenté avec la globalisation ; depuis1980, elle est passée de 20,7% à 63,9% du PIB. Elle serait trop lourde, il faudrait donc la limiter à 60%, réduire les dépenses publiques, le nombre de fonctionnaires (enseignants, personnel de santé. Quel progrès social !). C’est stupide, l’Allemagne est au-dessus de 60%, la Belgique à 84,9%, l’Italie au-dessus de 100%, la moyenne européenne à 68%, les Etats-Unis à 62,2% et le Japon à 180%... Elle a fortement progressé pendant les années de faible croissance, particulièrement entre 91 et 96, (années où Sarkozy fut ministre du budget en 93 et 95). Elle a été réduite de 2,5% sous la Gauche plurielle, entre 98 et 2001, grâce à la croissance impulsée par le gouvernement Jospin. Car c’est la faiblesse de la croissance qui génère L’endettement : la France consomme beaucoup moins qu’elle produit et ne vit pas à crédit.
La dette publique n’est pas la dette de la France : la dette est la contrepartie des actifs (les biens publics) qui eux sont bien réels. De plus, pour s’endetter l’Etat émet des bons du trésor qui sont achetés par ceux qui peuvent épargner, les plus aisés. Ils appartiennent à la même génération que celle qui emprunte. On ne lègue donc pas que la dette aux enfants puisqu’ils héritent aussi des titres. En réalité, le transfert est nul entre génération. Le transfert s’opère entre classes sociales car tous les contribuables paient les intérêts de la dette (15% des dépenses de l’Etat) alors que les intérêts profitent aux détenteurs des Bons du Trésor. Avec la diminution de l’impôt sur le revenu (progressif) dont bénéficient largement les plus riches, c’est une redistribution fiscale inversée qui s’opère.
Quant aux dépenses publiques (52,37% en 2007), ce monstre du loch Ness brandit pour justifier tous les sacrifices et les coupes sombres dans les services publiques et la protection sociale, elles n’ont augmenté que de 0,59% de PIB en 22 ans. Difficile d’y voir l’explosion de la dette!
Auparavant, l’accroissement des dépenses de l’Etat, toujours inférieure au taux de croissance de l’économie (sauf en 2002 et 2003), compensait la faiblesse de l’activité économique, pour la relancer. La nouveauté, c’est que ce mécanisme compensateur est grippé depuis 2002, année d’arrivée de la droite au pouvoir et de la croissance molle avec une moyenne de 1,8%...Les Français en paient les conséquences en terme de chômage et de précarité.
En fait, comme pour les détenteurs de capital la volonté d’épargner est supérieure à la volonté d’investir, l’argent trouve toujours à se placer auprès de l’Etat au lieu de s’investir dans les entreprises. Surtout quand on constate que le taux d’intérêt est passé au-dessus du taux de croissance depuis 1980. Il est donc devenu plus intéressant de gérer des titres de rente ou de spéculer que d’investir. Ce dont souffre la France ce n’est pas de la dette ou du déficit public de l’Etat, mais du manque d’investissement.
Le modèle anglais
: la GB qui n’est pas dans la zone euro n’a jamais respecté le pacte de stabilité européen qui fixe le déficit budgétaire à 3%. Pour relancer son activité et rectifier les aberrations du Thatchérisme, Tony Blair a créé 560 000 emplois publics dans la santé et l’éducation, accroissant de 5 points  la part des dépenses publiques dans le PIB.Les recettes fiscales engrangées ont permis alors de réduire le taux d’endettement. En France, la redistribution se fait à l’inverse, en direction de catégories qui épargnent au lieu d’investir.

 LES MAUX

La pauvreté
Le seuil du taux de pauvreté en France est fixé à 60 % du revenu médian, soit 817 €/mois en 2005.
Cette année là, 12,1% de la population, soit 7,1 millions de personnes étaient considérées comme pauvres. Depuis la situation se dégrade encore : l’écart entre le niveau de vie médian et le seuil de pauvreté s’accroît depuis le retour de la droite au pouvoir! Le nombre des pauvres les plus pauvres vivant avec moins de 40 % du revenu médian a augmenté de 14% entre 2002 et 2005. Parmi eux, le nombre des travailleurs pauvres, ceux qui ont un emploi, a crû de 21% entre 2003 et 2005 (1,53 millions en 2005)...
Pour remédier à cette situation, le gouvernement s’est fixé un objectif : réduire la pauvreté d’un tiers en cinq ans grâce au RSA du bon Monsieur Hirsch. Et pour être sûr du bon résultat il vient d’adopter un nouvel indicateur : le taux de pauvreté ancré dans le temps. Ce nouvel indice est calculé, non en fonction d’une base annuelle à 60 % du salaire médian mais de l’indice de l’année précédente augmenté de l’inflation. Comme l’inflation augmente moins vite que le revenu médian...
Concrètement cela signifie que si le taux de pauvreté ne baisse que de 3 % entre 2000 et 2005, le nouvel indice, lui, diminue de 22 % pendant la même période. Si vous pensez manipulation, vous avez raison...C’est ce que pense aussi l’ONPES* car :
la pauvreté est un phénomène relatif ...qui doit prendre en compte l’évolution du niveau de vie de l’ensemble de la population, Ce qui se fait partout dans les Etats de l’UE.
On peut aussi se rendre compte de cette
triste évolution sociale de la cinquième puissance mondiale avec ces quelques chiffres:
Minimas sociaux :
nombre d’allocataires de 2002 à 2005 : + 4,6%.
Taux de renoncement aux soins pour raisons financières, à 2004
: + 13%
Taux de demandeurs d’emplois non indemnisés
par l’Unedic ou par l’Etat : de 39,9 en 2001 à 40,3 en 2006,
Ces trois indices de l’ONPES qui s’ajoutent à ceux de l’indice de pauvreté décrivent tout l’aspect de la politique de régression sociale menée par la droite, non justifiée par l’état réel des performances économiques et de la qualité des travailleurs français dont on sait qu’ils sont les plus productifs au monde.

LE RSA
L’objectif de ce dispositif  destiné à assurer un complément de revenu aux chômeurs qui reprennent un emploi afin qu’ils gagnent davantage en travaillant plutôt que de rester au chômage, est louable en soi. Encore qu’il serait préférable d’augmenter le SMIC et des bas salaires vraiment trop bas. Il ne paraît pas logique – qui plus est dans un système capitaliste libéral - que ce soit la collectivité qui assure des revenus suffisants aux travailleurs pour reproduire leur force de travail. Ce devrait être aux entreprises de le faire. On me dira que : vous comprenez, la concurrence internationale...
Faire le ménage, servir dans un bar, et tous les métiers mal payés de ce type, ce ne sont pas des activités concurrentielles. Et puis, que veut-on faire : concurrencer les salariés chinois ou indiens? Ramener notre niveau social à celui de ces pays? Comment -être compétitifs avec le Vietnam où le salaire mensuel de l’ouvrier moyen est de 22$ ? Nous ne sommes pas prêts d’y arriver, c’est peine perdue. Et quelle peine! C’est là tout le sens des réformes de régression sociale mises en œuvre dans le cadre de la fameuse concurrence libre et… faussée par les gouvernements européens et la Commission de l’UE, appliquées aujourd’hui à la France, dernier carré de la résistance, par Nicolas Sarkozy, François Fillion et consorts.
Revenons en au RSA: il devrait faire disparaître à terme le RMI, l’API (allocation de parent isolé),
La PPE*(la prime pour l’emploi) et l’intéressement. Les travailleurs des classes modestes devraient pâtir de ce redéploiement, car ils ne toucheront plus la PPE, sans pour autant avoir droit au RSA. Même chose pour les rmistes et apistes s’ils ne retrouvent pas un emploi. En outre les fonds prévus seront insuffisants pour financer le surcoût du RSA et les mesures indispensables d’accompagnement social comme la formation et les contrats aidés.
En fait le RSA, à partir d’un bon principe, revient à faire financer les pauvres par d’autres pauvres
. En outre, il ne manquera pas de créer des effets d’aubaine pour les entreprises et pèsera inévitablement sur les bas salaires.
Avec le RMI*, il s’agissait d’assurer un revenu à ceux dont les ressources étaient inexistantes, aux handicapés, aux invalides du travail, etc...La protection par la société devenait un droit, dans des conditions de solidarité et non de charité. Il est sans nul doute nécessaire d’améliorer le volet insertion, mais on en peut pas s’appuyer sur une supposée paresse congénitale des travailleurs pour imposer à tous des mesures uniformes d’emploi. Dans tous les cas il est nécessaire de prévoir des parcours spécifiques.

Le chômage et la Flexisécurité.
Toute la politique du gouvernement vise à obliger les chômeurs à accepter n’importe quel emploi diminution, puis suppression des allocations au troisième refus, sous des conditions d’acceptation qui constituent un véritable retour à la condition salariale du XIX° siècle et au carnet de travail, une atteinte à la dignité et à la liberté des salariés. Les chômeurs sont devenus suspects, des coupables en puissance, alors qu’un sur deux n’est pas indemnisé.
Le taux officiel de chômage en France est actuellement de 7,8%, celui des femmes est de 8,4%; des moins de 25 ans de 18,9%. Le nombre officiel est de 1 905 000 (Insee), le nombre réel de 3 069 300 (UNEDIC, mars 2008), sans compter les emplois partiels, aidés, en formation etc...4,5 millions de sous-employés précaires.
Si le taux de chômage diminue, c’est dû essentiellement au départ en retraite des générations du baby boom. Il faut beaucoup moins de création d’emplois pour satisfaire l’arrivée des jeunes sur le marché du travail. En outre, la France perd des emplois industriels : baisse de -2,6 % de la production selon l’indice INSEE.
La baisse du pouvoir d’achat qui n’est pas dû uniquement à la hausse des prix mais à la faiblesse du niveau des salaires et à la baisse de la protection sociale (franchises médicales, etc...), entraîne une faiblesse de la consommation à laquelle s’ajoute celle des exportations. De ce fait les entreprises investissent peu et n’embauchent pas. Il n’y a que 400 000 emplois disponibles, essentiellement dans les secteurs du bâtiment, de la restauration et du commerce, sous-payés, pénibles, souvent occupés par des travailleurs sans papiers pour ces raisons. Ce qui ne peut pas satisfaire la demande des 3 millions de chômeurs réels. Ce n’est pas parce qu’on diminuera les indemnités de ces chômeurs qu’ils retrouveront des emplois stables qui n’existent pas. Sur 10 embauches, 8 sont précaires.
La Flexicurité.
L’accord sur la modernisation du marché du travail du 11 janvier 2008 signé par certains syndicats* est à cet égard une vaste duperie. L’idée de lier la flexibilité des emplois, avec peu de règles limitant les licenciements et une forte sécurité de revenu grâce à des allocations chômage élevées était séduisante. Hélas, contrairement au Danemark souvent cité en référence, les allocations chômages sont faibles. Et pourquoi vouloir « flexibiliser » un marché du travail déjà très flexible avec 2,5 millions de salariés en CDD, où près de 900 000 salariés en CDI sont licenciés chaque année, souvent à titre personnel (¾ des effectifs). En réalité, il s’agissait pour le MEDEF de diminuer le coût de ces licenciements, car le noyau dur du salariat français est constitué de salariés en CDI avec plus de quinze ans d’ancienneté, chers à licencier et qui n’hésitent pas à contester devant les prud’hommes. D’où l’autre volet : le licenciement dit à l’amiable.
L’accord a fait naître un nouveau contrat de travail qui n’est ni un CDI ni vraiment un CDD. Sa durée est « incertaine ». Il sera plus difficile pour un salarié de contester un licenciement en justice.
Le travail de codification, supposé neutre, a eu en réalité pour principal objet d’adapter l’architecture et la philosophie du code du travail au projet politique de l’UMP. Censé être réalisé à droit constant, il supprime des dispositions, met en cause l’unité du droit du travail, déclasse et fragilise des garanties sociales. Pour le MEDEF, il s’agit de généraliser la précarité à des couches du salariat qui bénéficient encore d’emplois stables, sans améliorer la sécurité pour les autres. On peut citer la clause particulièrement scandaleuse selon laquelle en cas de rupture due à la survenance d’une inaptitude d’origine non professionnelle, l’entreprise puisse échapper au paiement des indemnités de licenciement. Le frein pour « virer » sans indemnité les salariés malades a été levé.
Le système mit en place ne pourra qu’accentuer les fluctuations de l’emploi, substituer des emplois fermes en emplois précaires. Mais il ne pourra pas en soi créer de nouveaux emplois.

Destiné en principe à clarifier le droit et à en faciliter la compréhension, le nouveau code se traduit par une inflation du nombre d’articles et suit un ordonnancement incompréhensible. En juillet, le projet de loi sur « les droits et devoirs des demandeurs d’emploi » est qualifiée de loi médiatique visant à stigmatiser les chômeurs par la députée Vert Martine Billard.Tout chômeur inscrit depuis plus de six mois à l’ANPE sera sanctionné si il refuse une offre raisonnable d’emploi compatible avec ses qualifications, située à moins d’une heure ou 30 km de son domicile, sans distinction du milieu, rural ou urbain !
-         
après trois mois il ne pourra pas refuser un poste rémunéré à 95 % se son salaire, à 85 % au bout de six mois. Ce qui va provoquer une tendance à la baisse salariale. Mais n’est-ce pas le but recherché ?
-         
La radiation est automatique après deux refus. Sur 625 000 inscrits radiés en 2007, dont 184 000 touchaient une indemnité, seulement 10 000 l’on été pour insuffisance de recherche et 15 000 pour refus. Ce n’est donc pas dans le refus de recherche ou d’emploi que se situe le problème : 25 000 sur 625 000. Pour 4% de chômeurs professionnels, on va pénaliser tous les chômeurs.
-         
La contrepartie serait l’accompagnement, un suivi individuel renforcé. Avec quels moyens ?
Une récente étude de la CFDT-ANPE démontre que le personnel en nombre insuffisant ne permet pas de réaliser un suivi personnalisé mis en œuvre depuis… 2006 et qui reste très virtuel. .

Restait alors à
liquider les 35 heures sous le prétexte de travailler plus pour gagner plus, C’est chose faite et en réalité on va travailler beaucoup plus et gagner moins. C’est un retour là encore au XIX° siècle.
Première étape
 : l’exonération des cotisations sociales et la défiscalisation pour faire croire qu’il était nécessaire d’augmenter le gâteau de la production avant d’en augmenter les parts. Mais il ne suffit pas de vouloir travailler plus pour pouvoir le faire. C’est le patron qui en décide, pas le salarié. Les bénéfices de cette mesure seront injustement répartis et renforceront les inégalités entre les salariés et la solidarité devant le chômage, ce sera le chacun pour soi. Les plus bas salaires perdent leur prime pour l’emploi, leur remise éventuelle d’impôt. Les femmes à temps partiel verront leurs heures complémentaires moins revalorisées, confinées dans le salariat d’appoint ou la pauvreté.
Seconde étape
 : le rachat des journées de RTT, soit un allongement de la durée réelle du travail pour des heures supplémentaires subventionnées.
Restaient à mettre en œuvre l’étape suivante pour parachever le chef-d’œuvre de remise en cause progressive des 35 heures dont la majorité de droite ne pouvait pas se débarrasser de front. C’est chose faite avec la nouvelle loi qui permet à chaque entreprise de « négocier » le temps de travail, au détriment de la loi, des accords de branche et des conventions collectives qui en France ont caractère de loi extensive. On pourra travailler 282 jours au lieu de 218, avec un maximum de 235 à défaut d’accord. Pour les cadres et VRP ce sera la suppression de tous les jours fériés payés sauf le 1° mai et un ou deux jours de plus…

Les entreprises pourront porter leur contingent d’heures supp. de 220 à 405 par an : 10 heures de travail par jour et 48 h. par semaine. Quel progrès. C’est à peu près ce que j’effectuais en 1963 ! Et plus de repos compensateur. Pourtant, selon un sondage des Echos, 79 % des salariés du secteur privé ne sont pas intéressés par le rachat de leurs jours de RTT.

Les modalités du passage aux 35 heures s’étaient traduites par une intensification importante du travail pour compenser l’augmentation du salaire horaire. Dorénavant il faudra travailler vite et plus longtemps, au détriment de la santé des salariés, de leur temps de repos, de loisirs, de famille. Les effets sur l’emploi vont être désastreux avec le ralentissement prévu de la conjoncture. Pour les trois derniers trimestres cumulés, l’INSEE ne prévoit que 0,4 % de croissance, 0,3 % en 2009. La subvention de l’allongement de la durée du travail va inciter les entreprises à embaucher le moins possible

Pendant ce même temps, les négociations sur la pénibilité entreprises pour compenser l’allongement de la durée du travail (retraites et 35 heures), ont capoté suite à la mauvaise volonté manifeste du MEDEF d’aboutir à un accord dont les modalités financières du départ progressif ne seraient pas prises en charge par l’Etat à hauteur de 40 % des salaires versés.

Cet accord faisait pourtant partie intégrante de la réforme des retraites initiée par Fillon en 2003…

L’idée répandue est que la panne de croissance, le fameux déclin français serait dû à la faiblesse du taux d’emploi des seniors et à la charge jugée excessive du financement des retraites.

l fallait donc augmenter la durée de cotisation à 41 ans - c’est chose faite - voire 42 ans. Le MEDEF, lui, préconise de reculer l’âge de la retraite à 63 ans.

Pourtant la réalité est tout autre :

-         
le taux d’activité des seniors plafonne à 37,8 % malgré la loi Balladur qui a porté la durée des cotisations à 40 ans. La responsabilité en incombe aux entreprises qui se débarrassent de leurs vieux salariés qui coûtent trop cher en salaires et ancienneté, sans être suffisamment productifs (pensent-ils !).
-         
L’âge moyen du départ en retraite dans le privé est de 58,9 ans, avec une durée moyenne de cotisation de 37 annuités.
Dans ces conditions, l’allongement de la durée de cotisation revient à chaque fois à écarter un grand nombre de salariés du bénéfice d’une retraite à taux plein, en raison de la décote par annuité manquante.

L’allongement de la durée de cotisation a pour but d’éviter d’augmenter les cotisations patronales.

Le financement des régimes des retraites par répartition relève du partage car il s’appuie sur des cotisations basées sur le salaire. Selon le rapport du COR* en 2003, la part du PIB nécessaire pour équilibrer le régime doit croître de 6,5 % d’ici à 2040, soit de 12 à 18, 5 % du PIB, sous l’hypothèse d’une croissance de 1,75% et d’un taux de fécondité de 1,8.

Il s’agit donc d’un choix de la société française sur le mode de financement et de type de financement. Celui d’allonger la durée de cotisation aboutira à réduire le montant des pensions déjà entamé par les réformes Balladur et Fillon.

Il existe d’autres solutions :
-          Le relèvement des cotisations sociales et l’élargissement de l’assiette de financement.
Selon le COR il suffirait d’une hausse de 0,37 points par an jusqu’en 2040, à répartir entre salariés et employeurs, pour assurer le niveau des pensions sans affecter le taux de remplacement.

-         
La taxation des stock-options rapporterait 3 à 4 milliards par an.
-         
La création d’une CSG entreprise basée sur la valeur ajoutée, incluant salaires et profits.
-         
On peut aussi augmenter légèrement la CSG.
-         
Prélever des  cotisations sur l’intéressement et la participation.
La combinaison de ces mesures permettrait de répartir l’effort de financement d’une manière plus juste et plus équitable. Ce n’est pas la voie choisie par le gouvernement Sarkozy-Fillon, sans véritable concertation.

Ceci d’autant plus que l’effort à produire est relatif en fonction des critères suivants : l’hypothèse démographique retenue par le COR était basse. L’évolution de la population active est revue à la hausse avec un taux de fécondité proche de 2 enfants par femme, l’immigration est plus importante que prévu (solde de +100 000/an au lieu de 50 000). La France gagne chaque année 350 000 habitants et pourrait atteindre les 70 millions en 2050. Ce qui réduit le besoin de financement de 2 à 5 points de PIB supplémentaires, en fonction de sa croissance d’ici 2050. Le taux de croissance potentiel est supérieur à 3 %, il pourrait donc être amélioré par une politique d’investissements massifs dans les secteurs innovants. Cela engendrerait une hausse de la masse salariale, donc des recettes de cotisations à la sécu comme pour les caisses de retraite.

Le choix qui devrait s’imposer, ce sont des mesures justes et équitables pour :

-         
maintenir le droit à la retraite à 60 ans à taux plein ;
-         
garantir un taux de replacement du salaire de 75 %  et un minimum garanti au SMIC pour les plus basses retraites.
En refusant ces solutions et en créant et creusant le déficit, tant pour le régime des retraites que la celui de la sécurité sociale, le gouvernement prépare le terrain pour en finir avec le système par répartition, pour s’appuyer sur des systèmes à plusieurs vitesses reposant sur trois piliers :
-         
un strict minimum public ; la charité au lieu de la solidarité.
-         
un complément s’appuyant sur les mutuelles et financé par les salariés, dont le montant sera variable selon le taux de prise en charge des entreprises. Fini l’égalité.
-         
Un supplément pour ceux qui en ont les moyens, de s’assurer auprès des compagnies d’assurances qui lorgnent depuis longtemps sur les milliards que représentent les fonds de la protection sociale.
Ce système qui existe aux Etats-Unis est le plus cher au monde, ne fonctionne pas, et laisse des millions de gens sans couverture sociale, sans soins…

Les mesures démagogiques
.
Le président du pouvoir d’achat
ne veut surtout pas augmenter les salaires. C’est ce que nous venons de démontrer. Donc, face à la hausse des prix alimentaires et de l’énergie (pétrole, électricité, gaz) provoquée par la crise financière mondiale et la spéculation sur l’immobilier, le pétrole, les céréales, Monsieur Sarkozy refuse de donner un coup de pouce au SMIC. Il prétend augmenter les revenus par le travailler plus, limiter l’inflation par le contrôle des prix et le développement  des discounters. C’est-à-dire que les travailleurs les plus pauvres doivent se contenter de produits de moins bonne qualité, voire à la limite des périmés dans les hards discounts, notamment pour les banlieues…
Cette concurrence renforcée qui ferait baisser les prix est un autre mythe. Ce n’est pas durable et c’est limité. Quand le plus gros a mangé les petits, les prix augmentent à nouveau…

Le recours aux compléments salariaux (heures supp., RTT, participation et intéressement exonérés de cotisation) se substitue à la progression générale des salaires, au blocage du taux horaire. Dans ces conditions, avec les gains de productivité, la part du gâteau profitera uniquement aux revenus du capital qui ont déjà repris 10 % sur la part des salaires dans le PIB sur les 20 dernières années.
On peut ajouter aussi la généralisation du livret A à toutes les banques, toujours au nom de la libre concurrence imposée par la Commission européenne. Cela va faire reculer le financement du logement social assuré par les caisses d’Epargne et supprimer la garantie d’accès à l’épargne populaire pour les petits épargnants. Seule La Poste sera tenu de le faire. Pour le plus grand profit des banques qui chercheront à capter les plus gros épargnants. La Poste déficitaire, il n’y aura plus que d’achever sa privatisation déjà en cours. Fini les bureaux de poste dans les villages, les comptes bancaires pour les plus démunis etc…
Ajoutons encore :
-
La disparition du service bien utile de la Direction de la Concurrence, de la Consommation et de la répression des fraudes DGCCRF), par sa fusion avec le Conseil de la Concurrence…
-
Les mesures de Christine Boutin pour supprimer à terme la loi SRU qui oblige les villes à construire 20% de logements sociaux.
-
La dépénalisation du droit des affaires, par une législation sur ordonnance pour substituer  de simples sanctions commerciales aux condamnations pénales…On durcit la répression de la petite délinquance dans le même temps où l’on allège celle des cols blancs…
 -
De nouveaux cadeaux fiscaux aux entreprises en créant de nouvelles niches pour 106 millions au moment où il prétend les supprimer …pour les simples  contribuables (assurance-vie etc…). Ces nouveaux cadeaux s’ajoutent aux exonérations de cotisations sociales patronales dont le montant scandaleux s’élève à 32 milliards en 2008 (contre 28 en 2007). Soit plus 12 % !
-La réforme de la carte scolaire vide un peu plus les établissements des quartiers des élèves issus des classes moyennes, selon la conclusion d’un rapport d’octobre 2007 non publié par le gouvernement (Le Monde). Le processus d’assouplissement renforce la ghettoïsation des milieux les plus défavorisés et aboutit à un résultat inverse de l’objectif proclamé.


Toute la politique de Sarkozy ne vise pas à revaloriser le travail, mais à le dévaluer.
L’ensemble des « réformes »constitue une remise en cause du droit social à l’échelon européen aligné sur la doctrine anglo-saxonne des ères Thatcher et Reagan. L’Etat sacrifie peu à peu ses fonctions sociales : éducation, santé, assistance, protection sociale, pour réduire son rôle à celui de la répression pour les mettre en œuvre et contrôler la population: réformes de la justice, développement de la police, lois répressives sur l’immigration, une réforme de l’armée destinée à assumer la police internationale sous contrôle de la puissance dominante, les Etats-Unis, en réintégrant l’Otan.

Le modèle, c’est la concurrence avec les travailleurs les moins favorisés, à l’Est et dans le monde, un modèle où l’on travaille douze heures par jour jusqu’à plus de 65 ans, de nuit, le dimanche, sans salaire minimum, (il est remis en cause par la BCE).

Ce serait l’adaptation au modernisme, en fait de sont de vieilles idées, celles du vieux patronat, le plus réactionnaire. Cette  restauration conservatrice n’est pas une révolution économique, mais le retour à un capitalisme radical régit par la finance, dont le but unique est le profit maximum.

La stratégie présidentielle est d’avancer sur tous les terrains en même temps, par touches progressives, mais en maintenant un rythme très élevé. Cette logique, fondée sur des postulats néo-libéraux a des limites : l’emploi stagne, le pouvoir d’achat régresse, la dette se gonfle. L’accumulation de ces faits marque clairement le contenu de classe de la politique sarkozienne. Elle brise la solidarité nationale, l’équité de la redistribution des revenus, elle défend les avantages du capital contre ceux du travail, poursuit inexorablement le désengagement de l’Etat du Service Public. Les inégalités se creusent.
Pour dissimuler ces faits, le discours officiel brandit le péril d’une mondialisation menaçante, et propose des mesures protectionnistes qui ne seront jamais mises en œuvre. Le Président se sert démagogiquement des faits divers pour asseoir des mesures répressives et moralisatrices : contre les pédophiles, l’immigration illégale, etc…
Pendant ce temps les profits des multinationales et les dividendes des actionnaires augmentent toujours plus vite. :
- Cappegemini, Unibail-Rodamco : + 40% - Sanofi-Aventis : +18.3 % - Lafarge : +33% - etc…
On verse des sommes folles aux actionnaires au lieu de les investir dans la recherche, l’éducation, la formation, les salaires, l’emploi, les techniques et matériaux écologiques, pour dynamiser le développement.
En 2006, sur 97 milliards de bénéfices nets, les groupes du CAC 40, ont reversé 40% de dividendes, rachetés 8 milliards de leurs propres actions pour en faire monter les cours ; 80% de ces profits proviennent des délocalisations dans la zone dollar au détriment des productions nationales ou européennes.
Les richesses produites dans l’industrie en 2007 ont augmenté de 3,3 %, les profits de 7,4 %, le salaire brut de 1,4%...* (Comptes de l’Industrie du 3/04/08)

Si l’on en croît l’opinion publique exprimée par les sondages, la crédibilité politique de Sarkozy et du gouvernement Fillon est en chute libre. Cependant la réplique populaire n’est pas à la hauteur de cette situation catastrophique pour la majorité des citoyens de notre beau pays. Le manque de perspectives, d’alternative crédible ne permet pas d’exprimer le rejet de façon globale.
Il est plus que temps d’y réfléchir et d’organiser la réplique unitaire, l’instrument politique dont les masses ont un cruel besoin.

  Allain GRAUX
Le 20 juillet 2008


*PIB : produit Intérieur Brut
*ONPES : Observatoire national de la pauvreté et de l’exclusion sociale.

*PPE : un impôt négatif discutable, une trappe à bas salaires mises en place par le gouvernement Jospin, suite au refus du conseil Constitutionnel de varier la CSG
*RMI : Revenu minimum d’insertion créé par Michel Rocard (PS) en 1988.
*Dette: lire le Monde diplomatique de juillet 2008 : l’épouvantail de la dette publique (Bruno Tinel et Franck Van de Velde)*
. Quatre confédérations syndicales (CFDT, FO, CFTC, CFE-CGC) sur  huit, et trois organisations patronales (MEDEF, CGPME, UPA) ont fait leur l’accord interprofessionnel sur « la modernisation du marché du travail »; la CGT, n’a pas signé.
En France, à cause d’une loi Fillon du 4 mai 2004, on prétend qu’un accord est « majoritaire » quand il obtient la signature d’une majorité de syndicats même si ces syndicats représentent une minorité de salariés par rapport à ceux qui ne signent pas l’accord. En fait c’est un vote « par ordre » et non pas « par tête » comme avant la Révolution française. C’est comme au temps où le clergé et la noblesse l’emportaient par deux voix contre une, contre le tiers-état. C’est la procédure antidémocratique que Fillon a imaginé pour fausser les négociations syndicales : c’est purement archaïque, scandaleux, mais c’est hélas, comme cela que la droite fait fonctionner notre pays. C’est comme si, pour adopter une loi au Parlement, on comptait le nombre de groupes parlementaires qui la votent et non pas le nombre de députés. Dans la métallurgie, par exemple, FO, CFTC et CGC signent les accords avec l’UIMM, tandis que CGT et CFDT les refusent : ces accords sont réputés « majoritaires » alors que FO, CGC, CFTC représentent moins de 20 % des voix aux élections professionnelles de la branche et CFDT et CGT qui représentent 80 % sont minoritaires.

Pourquoi parle-t-on de 4 syndicats sur 5 alors qu’il y en a huit dans le pays ? Pas parce qu’ils ont obtenu plus de voix de la part des salariés ! Justement non, ça n’a rien à voir avec les voix qu’ils ont obtenues, ni avec l’audience réelle qui est la leur. C’est seulement parce qu’ils figurent sur une « liste » d’un vieil « arrêté » datant de 1966 ! À l’époque, cinq syndicats ont été retenus sur une liste officielle : CGT, CFDT, FO, CFTC, CGC. La liste de ces cinq syndicats qui sont seuls à bénéficier d’une « présomption irréfragable de représentativité » n’a jamais été mise à jour : ainsi ni la FSU, ni l’UNSA, ni Solidaires n’y figurent. Pourtant ces syndicats sont devenus plus représentatifs que la CFTC ou la CGC par exemple. S’en tenir aux « cinq » syndicats « officiellement représentatifs » de la liste pour déterminer si un accord est majoritaire ou non, est donc une fiction. Mais ça ne fait rien, la mystification est reprise sans le moindre état d’âme. (Gérard Filoche)
*COR : Conseil d’Orientation des retraite

REF :
-         
alternatives économiques ;
-         
le Monde diplomatique ;
-         
Fondation Copernic ; Attac ;
-         
Le Monde, Libération, l’Humanité ;
-         
Economistes : Liêm Hoang Ngoc,
-         
Chercheurs : Michel Husson (IRES)
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Vendredi 27 juin 2008

 A la veille d’occuper la présidence tournante de l’Union Européenne, Nicolas Sarkozy a prononcé à la Knesset, (le parlement israélien) et devant les représentants de l’autorité palestinienne, des discours qui paraissent plein de bon sens pour, enfin, aboutir à une paix juste sur ces terres ensanglantées depuis si longtemps :

- « la création d’un Etat palestinien indépendant, moderne, démocratique et fiableil ne peut pas y avoir de paix sans l’arrêt total et immédiat de la colonisation…sans que soit résolu le problème des réfugiés palestiniens…pas de paix sans reconnaissance de Jérusalem comme capitale de deux Etats. »

- pas de paix non plus si les Palestiniens ne combattent pas eux-mêmes le terrorisme. »

Mais au-delà des mots et de la posture, quels sont les moyens proposés pour mettre réellement en œuvre les conditions de la paix ?

 Un Etat palestinien indépendant, démocratique et fiable.

La démocratie : fin 2005, des élections, dont l’UE, comme l’ex-président Carter ont reconnu qu’elles s’étaient déroulées régulièrement (sans être libres car les territoires étaient occupés par l’armée israélienne), on porté le Hamas au pouvoir (à cause de la corruption de nombreux responsables du Fatah). Ce résultat ne convenant pas au gouvernement américain, l’UE a bloqué l’aide économique qui permet à la structure administrative palestinienne de survivre…

Bel exemple de respect de la volonté populaire !

Un Etat fiable. : Israël, depuis Oslo, n’a eu de cesse de détruire toute l’infrastructure de l’autorité, suite à la provocation de Sharon sur l’esplanade des mosquées et la reprise de l’Intifada. Un geste délibéré pour ne pas permettre aux négociations de Taba entre Arafat, Barak et Clinton d’aboutir. Depuis, la colonisation (qui n’a jamais cessée*) a mangé, mité le territoire palestinien telle une hydre, le réduisant à une peau de chagrin trouée,  coupé de routes isolant les villes et les villages (plus de 600 barrages et postes de contrôle qui asphyxient toutes les possibilités de développement économique), enfermé derrière le mur.

Jérusalem : tout est organisé dans la partie Est, pour rendre la vie quotidienne des Palestiniens impossible et les obliger à partir. Comme ils s’obstinent à rester en dépit de tout, on détruit leurs maisons ou on les expulse au moindre prétexte.

De quel Etat, réduit à des bantoustans, peut-il s’agir dans ces conditions ?

 Et les attentats ? Le terrorisme ? Sarkozy a dit aussi qu’il ne fallait pas parler avec le Hamas, organisation terroriste. Ce en quoi il s’aligne sur la position américaine alors qu’Ehoud Olmert lui-même vient de signer un accord avec le Hamas pour arrêter le blocus de Gaza en échange de la cessation des tirs de fusées Kassam.

Il est nécessaire de rappeler que le Hamas n’a pas toujours été une organisation utilisant les actes terroristes, qu’il a été utilisé par Israël contre le Fatah, pour diviser l’unité de la résistance. Cet objectif réalisé, le gouvernement de l’Etat juif se retourne aujourd’hui contre lui et emploie des méthodes … terroristes : attentats ciblés, assassinats, bombardements, etc… un terrorisme d’Etat qui tue bien plus de gens, de civils innocents, des enfants que les attentats suicides des milices du Hamas, mais aussi celles du Fatah et du Djihad. Or on discute avec Abou Mazen…

Auparavant, la France avait refusé cette décision de l’Union européenne, distinguant entre le Hamas et son organisation militaire Azzedine el Kassam…(héros et symbole de la résistance palestinienne, tué en 1936)

Pour aboutir à la paix il faudra bien discuter avec tous ceux qui se battent.

On aurait aussi bien pu refuser de discuter avec Begin, Sharon, Rabin, Shamir, tous des anciens terroristes devenus premier ministre de l’Etat israélien…

Quels sont les moyens dont on dispose pour trouver une solution équitable à la résolution du conflit palestinien ?

-          Il ne faut pas compter sur le gouvernement américain qui se sert d’Israël comme pion et gendarme sur l’échiquier de sa stratégie pour le Grand Moyen Orient. Son influence est pourtant décisive. Mais pour espérer une évolution du soutien inconditionnel des Américains à Israël, il faudra attendre le résultat de l’élection présidentielle de novembre 2008. Et ce ne sont pas les récentes déclarations de Barak Obama sur Jérusalem, capitale indivise de l’Etat Juif, qui vont aider à trouver la bonne solution…

-          Et l’Union Européenne ?

Sa capacité de pression est bien plus importante qu’on ne le pense généralement car l’UE représente 54 % des échanges économique de l’Etat d’Israël, auxquels on peut ajouter les accords universitaires dont la rupture au moment d’Oslo avaient été décisifs pour amener Israël à la table des négociations…On l’oublie souvent !

Le rôle et l’importance de l’aide européenne à la Palestine.*)

L’UE verse chaque année plus de 550 millions d’Euro aux Palestiniens sous forme d’aides, administrative, technique, alimentaire, sanitaire, éducative, aux réfugiés (par l’intermédiaire de l’UNWRA*). L’aide directe a été interrompue au 1/01/2006, à la suite des élections législatives gagnées par le Hamas. Elle a repris en juillet 2007. Cette suspension a entraîné une profonde déstructuration des institutions palestiniennes que l’Europe avait contribué à mettre sur pieds depuis plus de 10 ans. Pour néanmoins pallier à ces conséquences, il fut mis en place le 16 juin 2006, le Mécanisme International Temporaire (MIT). Il avait pour but de soutenir uniquement la présidence et les notables politiquement acceptables.

Il est à noter que c’est la Palestine qui reçoit la plus importante aide au monde versée par l’UE ( 4 à 5 fois plus que tout autre Etat). Les frais facturés par l’ONU représentent environ 7 % des dépenses effectuées. Il faut aussi savoir que le transfert des fonds sur des comptes chèques passent par les banques israéliennes qui prélèvent leurs agios au passage… Ce qui signifie que les contribuables européens financent les banques et donc le trésor israélien.

C’est aussi un cas unique de constater que les filets de sécurité sociale mis en œuvre dans d’autres pays sort des critères de besoin pour s’appliquer à des interdits politiques.

Le Mécanisme mit en place n’a pas empêché la dégradation accélérée des conditions de vie de la population et n’a pas permis de mettre en œuvre pratiquement et durablement un quelconque projet d’infrastructure ou de développement. Il a également fait le jeu de la radicalisation et des tensions internes qui ont conduit à la scission entre la bande de Gaza et la Cisjordanie. En mettant en place le MIT, l’UE a favorisé l’aide humanitaire au détriment des objectifs politiques à long terme, apportant ainsi un soutien indirecte à la politique israélienne d’occupation et d’annexion des territoires. Avec votre argent…

Communiqué de presse de Véronique De Keyser - Députée européenne belge (PS)

L'Union européenne a une très lourde responsabilité dans la détérioration dramatique de la situation à Gaza déclare l'eurodéputée Véronique De Keyser

 "Il y a des mois qu'à chaque séance plénière les députés européens interpellent Xavier Solana et Benita Ferrero Waldner pour leur demander de reprendre l'aide directe à la Palestine, de reconnaître enfin le gouvernement d'unité nationale, de ne pas exclure du jeu le Hamas et de cesser  jouer un ministre contre un autre, en vain!  Nous les avons pressés, d'agir, car nous savions que le temps était compté, qu'avec ce gouvernement, Mahmoud Abbas jouait sa dernière carte, qu'il fallait faire vite.  Il fallait dialoguer avec les modérés, sous peine de n'avoir plus en face de nous que des extrémistes", déclare l'eurodéputée Véronique De Keyser, qui fut chef de la mission électorale de l'U.E en Palestine en 2OO6, et est l'une des signataires de l'appel des "quarante cinq" au Parlement européen.  Cet appel, qui demandait il y a quelques semaines, la reprise de l'aide directe à la Palestine et la reconnaissance du gouvernement d'unité nationale, amenait également quarante cinq eurodéputés signataires  à parrainer les quarante cinq parlementaires du Conseil législatif palestinien emprisonnés par Israël. Des eurodéputés n'avaient d'ailleurs pas hésité à rencontrer  Ismaïl Haniyeh.

Mais les appels du Parlement européen n'ont jamais été entendus.  Pas plus que le réquisitoire accablant de la Banque mondiale ou le rapport de Soto, Représentant spécial des Nations Unies, qui vient d'être rendu public.  En ne s'écartant jamais du carcan du Quartet, dominé par les Etats-Unis, l'Union Européenne rendait inéluctable la faillite du gouvernement d'unité nationale. Ce gouvernement répondait aux exigences du Quartet, mais il ne pouvait se passer ni de l'aide ni de la légitimité internationale. « Aux Etats-Unis, comme en Israël, comme sur les bancs des extrémistes en Palestine, on guettait sa chute et nous le savions parfaitement. Mais nous avons fait le jeu des extrémistes et précipité la guerre civile » a déclaré la députée qui a appris avec consternation l'annonce du Président Abbas d'une dissolution du gouvernement.

"Si l'avenir de la Palestine est sombre, la crédibilité de l'Europe dans la région l'est encore davantage. Comment pourrons-nous nous placer encore comme les chantres de la démocratie, si nous n'avons respecté ni les résultats sortis des urnes en 2OO6, ni l'autorité d'un gouvernement d'unité nationale qui représentait 98% de l'opinion publique palestinienne et dont nous avons étroitement parrainé la composition? Louis Michel a décidé de suspendre l'aide humanitaire à Gaza. C'est tout aussi dramatique qu'inacceptable. Je réclame le déploiement immédiat d'une force d'interposition internationale." a conclu Véronique de Keyser. ( Bruxelles, le 14 juin 2007)

Comment cela se passe-t-il au parlement européen ?

De 2001 à 2005, une grand nombre de parlementaires étaient opposés à l’aide pour Arafat accusé de corruption. En fait, ce n’est pas Arafat lui-même qui était corrompu, mais il devait répondre à la nécessité de s’assurer des appuis en « arrosant »son entourage. Il s’en ait résulté une exigence de contrôles des fonds européens assortie de mesures plus drastiques que celles en vigueur dans les pays de l’UE…Le commissaire anglais Chris Patten a néanmoins maintenu l’aide pour appuyer Arafat, malgré une campagne anti Fatah qui a perduré pendant quatre années au parlement. C’est ce qui a conduit, par usure, au blocage des fonds lors de l’élection du Hamas.

 ( NDLA : alors que la motivation initiale de la suspension était la corruption et que le Hamas a gagné …grâce à « l’honnêteté » de ses candidats…)

 LES OBJECTIFS DE L’AIDE

C’était la mise en place d’institutions destinées à perdurer pour les ministères palestiniens du futur Etat. Wolfenson*, l’envoyé du quartet a tenté vainement de mettre en œuvre la « feuille de route ». Il a constaté qu’il était utilisé comme un alibi, que la feuille de route était un mythe. Il pensait que le développement économique était une solution pour aboutir à un règlement politique. Il s’est heurté aux « barrages israéliens au propre comme au figuré…( voir ci-dessous…)

Gaza - 25-10-2005 -Wolfenson : Le retrait d'Israël n'est pas vrai - Par IPC  
James Wolfenson, l'envoyé du Quartet international, chargé d'appliquer le plan de désengagement israélien, a critiqué Israël indiquant que: "malgré le retrait israélien de la Bande de Gaza, Israël évitait de déterminer son contrôle sur les villes évacuées de la Bande de Gaza".
Wolfenson a envoyé un message pendant la semaine passée aux ministres des Affaires étrangères du Quartet, disant que Israël "embarrasse" les négociations pour l'ouverture du passage de Rafah.
Le message est comprit dans un rapport sur sa dernière visite au Proche- Orient.
Au début de ce rapport Wolfenson indique qu'il est démoralisé parce que les issues principales n'ont pas été résolues, notamment celles concernant le mouvement libre des palestiniens. Il ajoute que sans ces solutions l'économie palestinienne ne développera jamais.
Le rapport indique aussi qu'Israël a refusé la suggestion présentée par Wolfenson au Quartet et à la Banque internationale, concernant la détermination d'une période limite pour résoudre les issues en suspens en ce qui concerne l'ouverture des passages.
D'autre part, Wolfenson a critiqué l'Autorité Nationale palestinienne, particulièrement en ce qui concerne la crise économique dans leurs régions à cause de l'augmentation des salaires des employées de la section public et le désordre interne.
Il a appelé Israël à commencer des négociations urgentes sur le mouvement des palestiniens, et sur les passages disant que"je suis sur que l'activité économique est la bon solution pour garantir la sécurité pour les deux parties".
De plus, les barrières militaires israéliennes distribuées en Cisjordanie et la nécessité des permissions demandées par les citoyens pour qu'ils puissent se déplacer librement entre les villes, forment un grand obstacle devant le développement économique.
Il convient de dire que, en ce qui concerne les barrières sécuritaires, l'armée israélienne avait stoppé à une des barrières, le premier ministre palestinien Ahmed Qurei pour un heure, car il n'avait pas la permission nécessaire pour passer la barrière, selon le journal d'Yedot Ahranoth.
  Source : www.ipc.gov.ps/

 

Il n’est pas possible de mettre en œuvre des réformes économique dans un Etat qui n’existe pas et ne peut pas exister dans le contexte actuel.

Infrastructures :

Sur ce qui avait été détruit en 2002 : pylônes, eau, énergie, écoles, hôpitaux, nous avons essayé un suivi pour la reconstruction. Ce qui a été possible pour les écoles ne l’est pas pour d’autres questions comme l’eau. Par exemple :  la construction d’une station d’épuration dans le nord de la bande de Gaz ( par l’agence française de développement)

Montant du projet :

12 millions d’euros en subvention

Bénéficiaire :

Autorité Palestinienne

Structure d’exécution :

Palestinian Water Authority (PWA)

Durée du projet :

Mars 2006 – juin 2011

Objectif

La station d’épuration de Beit Lahia, située au nord de la bande de Gaza, reçoit les eaux usées des municipalités de Jabalia, Beit Lahia et Beit Hanoun, soit 190 000 habitants. Conçue pour traiter 5 000 m3/j, elle fonctionne aujourd’hui à près de trois fois sa capacité nominale. Faute d’exutoire les effluents de la station se sont répandus par sur les terrains alentour et ont formé un lac qui couvre aujourd’hui une superficie de 30 hectares.

Malgré des mesures d’urgence entreprises par la Palestinian Water Authority (PWA), la situation est très préoccupante : les capacités de stockage des eaux sont arrivées à leur limite ; une digue de remblai sur l’un des bassins périphériques s’est rompue en avril 2007 causant la mort de plusieurs personnes. La présence d’une étendue d’eaux usées entraîne des odeurs et la prolifération de moustiques et rend la zone insalubre. Enfin, les infiltrations de ces eaux dans la nappe ont entraîné une forte dégradation de sa qualité.

Le projet a un double objectif : prévenir les risques humains, environnementaux et sanitaires induits par les équipements actuels de traitement ; aménager et mettre en service un dispositif d'assainissement couvrant de manière satisfaisante l'ensemble des besoins de la zone nord de Gaza.

 Ce projet est complètement bloqué par Israël : les tuyaux, matériaux nécessaires à sa réalisation pourraient être utilisés par les terroristes pour fabriquer des missiles…

L’occupation, les démolitions et la reconstruction.

« Jamais on ne devrait payer pour reconstruire une maison détruite par l’armée israélienne. Sauf à envoyer la facture au démolisseur. En effet, Israë, paissance occupante, bafoue le droit international, les conventions de Genève, qui interdisent de tels actes. Il faudra donc demander à Israël des réparation pour toutes ces destructions illégales, car il n’est pas légitime de payer pour Israël. Elles ont toutes été enregistrées.

C’est L’UE qui paye aussi le fuel qui entre à Gaza pour alimenter la centrale électrique, et au prix fort à la société DOR, y compris les taxes pour le trésor israélien. Ceci alors que les médias disent souvent : Israël ravitaille à nouveau la centrale…Israël livre le fuel, mais c’est le contribuable européen qui paye…

Pourquoi l’UE donne t-elle de l’argent ?

L’UE donne de l’argent comme substitut à son impuissance politique, pour ne pas être accusée de ne rien faire, pour avoir bonne conscience.

Depuis 2000, l’appui budgétaire se résume à une aide humanitaire pour la sécurité alimentaire, maintenant la survie en ce qui concerne Gaza où le degré de malnutrition de certaines couches sociales est proche de celui des zones du Sahel.

Si l’Europe continue à payer pour cette politique israélienne, pourquoi cette politique ne continuerait-elle pas ?Mais il faut savoir que cette aide ne contribue pas au processus de paix. Le programme d’aide nuit à la reprise des négociations.

De plus, l’édification du mur correspond plus à un objectif économique (étrangler toutes possibilités de développement autonome de la Palestine) que sécuritaire. Il s’agit d’annexer les meilleures terres, s’accaparer la vallée du Jourdain, obliger les habitants à partir.

Sans ressources économique : pas d’ Etat ! »

Accords et négociations.

Depuis Oslo qui prévoyaient une mise en œuvre échelonnée des accords, tout s’est arrêté à la première étape. Il en est toujours ainsi avec Israël : tout accord est échelonné, réversible, conditionnel : on libère des prisonniers que l’on arrête à nouveau, on ouvre des check-points que l’on referme bientôt…Ce sont des faux-semblants.

Exemple : les accords de Rafah en novembre 2005. Les conditions de leur mise en oeuvre n’ont jamais été réunies malgré l’obstination des Américains eux-mêmes… C’est Ha’Aretz qui le dit, pas moi…

Le précédent de Rafah Meron Benvenisti - Ha’aretz (publié le vendredi 18 novembre 2005)

"S’il a fallu aussi impérativement l’intervention personnelle de Condoleeza Rice pour parvenir à un fragile arrangement technique, quelles sont les chances de voir une réelle avancée du processus de paix ?"Le ministre de la Défense, Shaul Mofaz, devait soit déborder d’ironie soit s’abandonner à une bonne dose d’illusion pour qualifier le diktat du « Passage de Rafah » de « nouvelle étape dans la série des dispositions qui fondent la confiance face aux Palestiniens ». Les vingt semaines d’obstination israélienne sur des dispositions dont tout le but était de montrer aux Palestiniens qui était le maître, ont fait sortir de ses gonds même un Juif chaleureux et sage comme James Wolfensohn*. Le ministre de la Défense et ses subordonnés n’ont pas hésité à recourir à divers modes de harcèlement et à porter aux Palestiniens des coups économiques dévastateurs. Maintenant que Condoleeza Rice a décidé de lui démontrer qui était vraiment le maître, Mofaz

s’incline mais essaie d’expliquer sa soumission comme un consentement au besoin américain d’un résultat. Les Palestiniens ne l’intéressent pas ; s’il avait voulu des relations établissant la confiance avec eux, il aurait depuis longtemps approuvé les arrangements de l’accord de Rafah sans les fortes pressions américaines. www.haaretz.co.il/hasite/pages/ShArtPE.jhtml?itemNo=684420

Sur les 100 modifications prévues pour l’application de la feuille de route*, quatorze réserves ont été communiquées aux américains, pas à l’UE.

USA - 30-04-2003
Feuille de route : Texte Intégral - Par Quartet  
Ce nouveau plan de paix a été élaboré par le Quartet, rassemblant les Etats-Unis, l'Union européenne, la Russie et les Nations unies. Ce document, officiellement transmis, le 30 avril, au gouvernement israélien et à l'Autorité palestinienne, constitue, selon les auteurs "un élément crucial des efforts internationaux pour promouvoir une paix globale" dans la région.
Le Quartet présente aujourd'hui au gouvernement d'Israël et à l'Autorité palestinienne une feuille de route pour la réalisation de la vision, partagée par les Etats-Unis, l'Union européenne, la Fédération de Russie et les Nations Unies, de deux Etats, Israël et la Palestine, vivant côte à côte dans la paix et la sécurité. Les membres du Quartet ouvreront avec les parties et avec les acteurs-clés de la région pour l'exécution de cette feuille de route, dans la logique de cette vision. (...)
Le but est un règlement définitif et complet du conflit israélo-palestinien d'ici à 2005, conformément au discours du 24 juin du président Bush, qui reçut l'approbation de l'Union européenne, de la Russie et des Nations unies, exprimée par les déclarations officielles du Quartet, le 15 juillet et le 17 septembre. (...)
Le plan a fixé un calendrier réaliste pour son exécution. Néanmoins, reposant sur des mesures concrètes, sa progression nécessitera et dépendra des efforts de bonne foi faits par les parties, et de leur observation de chacune des obligations exposées ci-dessous

La mise en oeuvre par Weissglas, ne s’est que partiellement opérée qu’après l’évacuation de Gaza, le 20/02/2004, seulement l’ouverture de l’entrée par l’Egypte. La reconstruction et l’ouverture des frontières, du port, de l’aéroport, le passage de 400 camions, n’ont jamais été  réalisés.

Voici par ailleurs ce que pensait ce conseiller de Sharon :

www.haaretz.com/hasen/pages/ShArtVty.jhtml?sw=gideon&itemNo=684258

Cela faisait longtemps qu’on n’avait pas ri comme ça au sein de l’ « équipe Hamas ».

L’équipe que dirige le conseiller du Premier Ministre, Dov Weissglas, et à laquelle participent le chef d’état-major, le chef des Services de la Sécurité Générale (Shabak), des généraux et de hauts fonctionnaires, s’est réunie pour discuter avec la Ministre des Affaires étrangères, Tzipi Livni, des modalités de réponse à la victoire du Hamas aux élections. Tous étaient d’accord sur la nécessité d’imposer un siège économique à l’Autorité Palestinienne et comme d’habitude, c’est Dov Weissglas qui a trouvé le bon mot : « C’est comme un rendez-vous chez la diététicienne. Les Palestiniens vont maigrir comme il faut mais ils ne mourront pas », a plaisanté le conseiller et, selon ce qui a été rapporté, les participants se sont tordus de rire. D’ailleurs, pourquoi ne pas éclater d’un rire sain et libérateur en entendant une aussi heureuse plaisanterie ? Peut-être Dov Weissglas la racontera-t-il à son amie Condoleezza Rice et qu’elle aussi rira bien. Sauf que cette fois le witz de Weissglas était particulièrement vulgaire. Tout comme le rire retentissant qu’il a provoqué, il a une fois encore dévoilé à quel point l’ivresse du pouvoir d’Israël lui fait perdre la raison et altère complètement sa moralité.

Le retrait des colonies créées depuis 2000 n’a jamais eu un seul début d’exécution, en dehors de Gaza, donné comme un os à ronger aux américains, à l’UE, à l’opinion internationale, comme un ulcère dont on se débarrasse. Malgré la feuille de route, Israël relance la colonisation à Jérusalem-Est   - (‘LEMONDE.FR avec AFP et Reuters | 01.06.08 | 19h01 )

La feuille de route devenue lentement caduque a été abandonnée, comme les accords d’Oslo et tous les accords

L’UE considérait cette initiative politique comme positive, à condition que :

-ce soit une étape vers la reconnaissance de deux Etats en Palestine ;

-qu’ il n’y ai pas de déplacement ou la création de nouvelles colonies vers la Cisjordanie ;

-que soit effectué le transfert des responsabilités à l’autorité palestinienne ;

- que Gaza soit reconstruit.

Ces conditions n’ont jamais été respectées, mises en œuvre, et …sont tombées dans l’oubli. Mais les Israéliens, eux , n’oublient pas qu’on les oublie…

 Conséquences de cette attitude ?

Les négociations ne peuvent plus se faire qu’avec une partie des Palestiniens. Il devient très difficile de trouver des Palestiniens qui acceptent de négocier, car qu’ils soient d’un parti ou d’un autre, ils constatent que les accords ne sont jamais concrétisés pratiquement, qu’ils sont toujours remis en cause.

 Le travail des fonctionnaires européens en Palestine et le parlement européen.

Jérusalem - 18-12-2005 - Rapport de l'Union Européenne sur Jérusalem-Est *
Par Responsables de mission à Jérusalem et Ramallah
Les ministres des Affaires étrangères de l'Union européenne ont jugé inopportun de cautionner ou de publier ce rapport accusant Israël de renforcer sa domination sur la ville de Jérusalem-Est, alors qu'en novembre, les chefs de la diplomatie de l'Union européenne avaient indiqué qu'une "analyse détaillée de l'UE concernant Jérusalem-Est annexée" serait "adoptée et rendue publique" le 12 décembre. Voici donc ce rapport si dérangeant !   Jérusalem-Est est d'une importance centrale pour les Palestiniens en termes politiques, économiques, sociaux et religieux.
1. Plusieurs politiques israéliennes liées réduisent la possibilité de conclure un accord de statut final sur Jérusalem, et démontrent une intention claire de la part des Israéliens de transformer l'annexion de Jérusalem-Est en fait accompli.
• le presque achèvement de la barrière autour de Jérusalem-Est, loin de la Ligne Verte,
• la construction et l'expansion des colonies illégales, par des entités privées et le gouvernement israélien, à l'intérieur et autour de Jérusalem-Est;
• la démolition des maisons Palestiniennes construites sans permis (qui sont presque impossibles à obtenir);
• une application plus stricte des règles séparant les Palestiniens habitant à Jérusalem-Est de ceux habitant en Cisjordanie, y compris une réduction des permis de travail;
• une politique d'imposition, de dépenses et de permis de construire discriminatoires par la municipalité de Jérusalem
2. Le plan pour l'expansion de la colonie de Ma'aleh Adumim dans le prétendu secteur "E1", à l'est de Jérusalem, menace d'achever l'encerclement de la ville par des colonies Juives, divisant la Cisjordanie en deux secteurs géographiques séparés.
La prolongation proposée de la barrière de Jérusalem-Est pour former une bulle autour de la colonie de Ma'aleh Adumim aurait le même effet. 2004 a vu presque tripler le nombre de démolitions de bâtiments palestiniens à Jérusalem-Est.
On s'attend à un nombre semblable de démolitions en 2005.
La publication d'ordres de démolition contre 88 maisons dans le quartier Silwan a attiré beaucoup d'attention en juin.
3. Quand la barrière sera terminée, Israël contrôlera l'accès à Jérusalem-Est, la coupant de ses villes satellites palestiniennes que sont Bethlehem et Ramallah, et du reste de la Cisjordanie. Ceci aura des conséquences économiques, sociales et humanitaires graves pour les Palestiniens.
En appliquant rigoureusement des politiques sur la résidence et le statut d'identité, Israël pourra finalement achever l'isolement de Jérusalem-Est - le centre politique, social, commercial et d'infrastructure de la vie palestinienne.
4. Les actions d'Israël à Jérusalem sont en violation de ses engagements envers la Feuille de Route et du droit international. Nous et d'autres parmi la communauté internationale avons été clairs sur nos inquiétudes à de
nombreuses occasions, avec des effets variables.
Les Palestiniens, sans exception, sont profondément alarmés au sujet de Jérusalem Est. Ils craignent qu'Israël "partent avec", sous la couverture du désengagement.
Les actions israéliennes risquent également de radicaliser la population palestinienne jusqu'ici relativement tranquille à Jérusalem Est.
Des déclarations claires de la part de l'Union Européenne et du Quartet pour que Jérusalem reste une question à négocier entre les deux parties, et qu'Israël devrait renoncer aux mesures destinées à anticiper ces négociations, seraient opportunes. Nous devrions également soutenir des activités culturelles, politiques et économiques palestiniennes à Jérusalem Est.

 Ce rapport, entériné par les consuls généraux de l’UE, a reçu une diffusion mais n’a jamais été publié ni adopté, pour ne pas gêner les élections et le processus de paix…Quel hypocrisie !

Le concept de processus, en lui même, signifie qu’Israël par son attitude ne veut pas réellement la Paix mais utiliser ce procédé pour sans cesse rééchelonner les accords.

 Et l’UE, les pays occidentaux en général, culpabilisés par leur sentiment de responsabilité à l’égard de la Shoah qui s’est déroulée en Europe pendant la seconde guerre mondiale, n’osent pas, ne veulent pas dire le respect du droit international, des conventions, des résolutions de l’ONU à Israël, craignant d’être accusés d’antisémitisme par un pays qui a une conduite, à bien des égards, d’épuration ethnique.

Ils disposent pourtant de tous les moyens pour obliger Israël à mettre en œuvre et respecter les accords. Il y manque la volonté politique.

 

Allain Graux
 le 27-06-08

REF :

*- voir le rappel historique de la colonisation et ses conséquences – Allain Graux – http:

*- selon le témoignage d’un fonctionnaire de l’UE qui est resté en poste 3 ans à Jérusalem Est

* -L'UNWRA SALUE UNE DONATION DE 76 MILLIONS DE DOLLARS DE L'UNION EUROPÉENNE
New York, Mar  1 2006  5:00PM

L'agence des Nations Unies pour les réfugiés palestiniens a salué aujourd'hui la donation annoncée par l'Union européenne à ses activités dans le domaine de l'éducation, de la santé, et de l'assistance humanitaire, d'un montant de 76 millions de dollars.
Cette contribution permettra à l'Office de secours et de travaux des Nations Unies pour les réfugiés de Palestine dans le Proche-Orient (<"http://www.un.org/unrwa/index.html">UNWRA de poursuivre sans interruption ses opérations humanitaires d'urgence auprès des réfugiés palestiniens, a déclaré Karen Koning AbuZayd, directrice de l'agence, dans un <" http://www.un.org/unrwa/news/releases/pr-2006/hqg03-06.pdf ">communiqué publié hier à Gaza.
L'UNWRA est présente dans cinq zones d'opération : Bande de Gaza et Cisjordanie, Jordanie, Liban et Syrie.
Selon l'agence des Nations Unies, les contributions de l'Union européenne se sont élevées l'année dernière à 75,5 millions de dollars.

* La feuille de route : http://www.ism-france.org/news/article.php?id=303&type=analyse&lesujet=Initiatives%20de%20Paix

* Rapport de l’UE sur Jéruslem-Est :http://www.ism-france.org/news/article.php?id=3985&type=analyse&lesujet=Rapports

 

 

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Lundi 23 juin 2008

LA REFORME DES INSTITUTIONS

 

Les Français sont des champions en matière de constitution : ils en ont usé douze entre 1791 et 1875 et deux autres depuis la troisième république (mis à part l’épisode de l’Etat français de Pétain). Si la V°, adoptée par référendum régit notre destin national depuis cinquante ans, elle a cependant été modifiée à vingt-trois reprises depuis le 4 octobre 1958.

La Constitution est le fondement du pacte républicain car elle organise l’exercice du pouvoir que les citoyens délèguent à leurs représentants par leurs votes. Pour la réformer on peut utiliser le référendum ou le vote du parlement réuni en Congrès.

Toute modification importante, les choix politiques de société, devraient être soumis au référendum. Ce fût le cas pour l’élection du Président de la République au suffrage universel en 1962 et le quinquennat en 2000.

Le vote par les parlementaires réunis en Congrès est logique pour des dispositions techniques : transcription de directives européennes dans le droit français par exemple.

Des réformes importantes comme :

-          la saisine du Conseil Constitutionnel par l’opposition, (sous Giscard d’Estaing) ;

-          la charte de l’environnement, la responsabilité pénale du président, l’interdiction de la peine de mort (sous Chirac) ;

ont été adoptées par le parlement réuni en Congrès.

 

L’objectif de la réforme Sarkozy est-il important ?  : il s’agit de conduire une réforme en profondeur pour accentuer la présidentialisation du régime, inaugurée par Chirac et Jospin avec le quinquennat et surtout la primauté de l’élection présidentielle sur les élections législatives. En effet, en France ce n’est pas l’exécutif qui dépend du législatif, c’est l’inverse ! Situation unique au monde qui doit donner des cauchemars post-mortem à Montesquieu : c’est le parlement qui doit son élection au président. L’élection des députés représentants de la nation, n’est plus qu’une formalité. Le débat démocratique tourne autour du choix d’un homme ou d’une femme auquel des citoyens éduqués abandonnent pour cinq ans les destinées d’un pays développé. Ce système est en fait une monarchie élective.

Fondé pour concrétiser les orientations du pouvoir, le comité Balladur a établi un rapport de 77 propositions dont la mise en œuvre conduirait à modifier ou créer 41 articles sur les 97 que comptent la Constitution. Ce qui n’est pas rien ! François Fillion n’a retenu que 33 articles dont 28 modifications. Si ce texte devait être adopté, il ne resterait que 31 articles sur les 92 de la Constitution d’origine. En fait, la version du gouvernement à vidé de leur substance les projets les plus démocratiques du comité Balladur. Par exemple, elle est truffée de renvois (sans doute une inspiration du Traité de Lisbonne…), à 7 lois organiques, 4 lois ordinaires et 4 modifications du règlement de l’Assemblée nationale, dont les modalités sont ignorées. Ainsi les parlementaires vont voter sur un texte dont ils ne connaissent pas toutes les dispositions, soit un vote en blanc !!!

 

La logique eut été de renforcer les pouvoirs du parlement. C’est ce que prétend le gouvernement. Qu’en est-il en réalité ?

Le rapport suggère que :

-          c’est le Président « qui définit, détermine la politique de la nation », le premier ministre se contentant de la conduire.

-          l’élément le plus pernicieux réside dans la capacité donnée au chef de l’Etat de se présenter devant les parlementaires, sans que cela donne lieu à un débat et un vote. Cela semble anodin. Cette disposition est cependant contraire au parlementarisme car elle remet en cause l’équilibre des pouvoirs exécutifs et législatifs puisque le Président dispose du droit de dissoudre l’Assemblée Nationale. Et ce droit qui n’existe pas dans le système présidentiel américain n’est pas remis en cause. Ce qui nous ramène à un régime identique à la Russie où les deux pouvoirs, législatifs et exécutifs n’expriment pas deux légitimités distinctes et complémentaires. Il est vain alors d’attendre un rôle quelconque de contre-pouvoir de députés qui se font élire sous la bannière du président qu’ils sont censés contrôler. Leurs nouvelles prérogatives, pour soi-disant rééquilibrer les pouvoirs, ne leur donnent en fait aucune légitimité ni réelle envie de le faire.

 

Pour contrebalancer les pouvoirs déjà exorbitants du Président, il serait nécessaire :

-          d’interdire tout cumul des mandats et les limiter à deux mandats consécutifs dans la même fonction, en particulier entre celle de parlementaire et toute responsabilité locale. Un député est l’élu de la nation, du peuple tout entier et non de son territoire ; il doit développer la recherche de l’intérêt général et non la sauvegarde d’intérêts particuliers ou de clocher.

C’est le sénateur qui représente le territoire ; mais du fait du mode de scrutin (un collège d’élus locaux), la droite est assurée de conserver la majorité des sièges à la chambre haute.

C’est pourquoi deux autres réformes devraient s’imposer :

-          l’élection des députés au scrutin proportionnel (avec éventuellement une disposition majoritaire comme pour les municipales ou les régionales). Cela permettrait la représentation démocratique de toutes les opinions.

-          la suppression du Sénat, anachronisme politique unique en son genre, ou son remplacement par une Assemblée citoyenne représentant les associations, les syndicats qui pourraient soumettre des projets de lois à l’Assemblée Nationale. Il aurait un rôle de contrôle pour l’exercice du droit à l’initiative législative citoyenne, la possibilité pour un certain nombre de citoyens ou des élus locaux, de proposer une loi.

Hélas, hélas, hélas, le non-cumul des mandats et l’introduction d’une dose de proportionnelle ont été retirés du projet Balladur…

En matière constitutionnelle, le sénat à un pouvoir de veto. Pour voter le texte du gouvernement les sénateurs de l’UMP ont affiché leur prix : rendre intouchable un mode d’élection, qui assure une majorité à la droite et leur réélection au Palais du Luxembourg. La droite sénatoriale veut même éviter une modeste loi qui multiplierait le nombre des délégués des conseils municipaux en fonction du nombre d’habitants de la commune.

 

Les droits des citoyens seraient élargis par :

-          la possibilité d’organiser des référendums d’initiative populaire. Fort bien ! Mais il est nécessaire de recueillir l’accord d’1/5 ° des parlementaires et de 10 % des citoyens, soit 4,5 millions d’électeurs. Le temps de les réunir et de vérifier les signatures, une législature se sera écoulée. Et si par miracle on y arrive, il faut que le projet soit déclaré recevable par la majorité du parlement…qui doit donner sa réponse dans le délai d’un an. Mission impossible !!! C’est de l’esbroufe.

-          L’instaurateur du défenseur des libertés : il existe déjà un médiateur.

-          Le droit de saisine du conseil constitutionnel. Ce projet est renvoyé à une loi organique qui n’existe pas encore …

le fameux article 49.3 qui permet au gouvernement de faire un passer à l’Assemblée nationale un texte sans voter. Les députés peuvent déposer une motion de censure, mais pour qu’elle soit adoptée, il faut qu’une partie des élus de la majorité se joignent à l’opposition. Ce ne s’est produit qu’une fois en 50 ans…La proposition de restreindre cette disposition est limitée aux sujets des lois de finances, à la sécurité sociale et un texte par session. Or, en réalité,  cela n’arrive qu’une fois par an …Et les sénateurs y sont opposés…

Les nominations présidentielles : un veto législatif permettrait de s’opposer à la volonté du président, mais les conditions autorisant sa mise en oeuvre sont hors de portés de la minorité parlementaire pour contrecarrer une nomination au conseil constitutionnel : il faudrait convaincre 11 sénateurs et 27 députés de la majorité actuelle, membres des deux commissions des lois…Encore une disposition inopérable !

 

Le tricotage ( ou tripotage ?) des circonscriptions électorales.

Actuellement le gouvernement étudie le redécoupage des circonscriptions. Ce qui était certes rendu nécessaire par l évolution démographique. Mais pourquoi prévoir de porter à 12 les députés représentant les Français de l’étranger dont on sait qu’ils votent majoritairement à droite, sans augmenter le nombre total de députés. Et donc en supprimant certains sièges dans des départements de gauche, la droite s’assure avant tout scrutin, un matelas d’une trentaine de circonscriptions…

L’article 25 ainsi rédigé :  « Pour assurer le respect de l’égalité du suffrage, la loi organique fixe les conditions dans lesquelles une commission indépendante, dont elle détermine la composition, rend un avis public sur les projets de loi tendant, pour une durée de dix ans, à délimiter les circonscriptions dans lesquelles sont élus les députés ou les sénateurs et à répartir les sièges entre ces dernières »

permettra de fixer la majorité présidentielle pour les 10 ans à venir. !!!

 

Quelques dispositions apporteraient un progrès démocratique sur la situation existante, comme :

-                      l’information du parlement sur les opérations militaires.

-                      des dispositions sur la cour des comptes, pour évaluer les politiques publiques, l’augmentation du nombre des commissions (de 6 à 8), le droit de résolution sur tous les sujets, la fin de la présidence du Conseil Supérieur de la magistrature par le Président,

-                      La limitation à deux mandats présidentiels consécutifs.

-                      La fixation de la taille du Gouvernement qui apparaît plus comme un gadget que comme un progrès démocratique. Mais pourquoi pas ?

-                      L’interdiction du droit de grâce à titre collectif..

-                      L’encadrement de l’article 16 (pouvoirs exceptionnels) ; il est vrai qu’avec l’extension de ses pouvoirs le chef de l’Etat n’a plus besoin de pouvoirs exceptionnels…

-                      et diverses aménagements de la procédure réglementaire du parlement.

 

Le projet Balladur, bien qu’insuffisant, comportait un certain équilibre en comparaison des propositions Fillion-Sarkozy. Elles apparaissent comme bancales dans leur mauvaise imitation de certaines dispositions empruntées à la république étatsusienne, mais comportent une véritable cohérence quant à leurs objectifs :

-                      renforcer le pouvoir présidentiel ;

-                s’orienter vers le bipartisme en niant l’expression représentative d’une large partie de l’opinion et des parlementaires

 

Il est possible de faire échouer ce coup de force, comme il était possible de faire échouer le vote du traité de Lisbonne, si tous les parlementaires de Gauche s’opposent à ce projet liberticide, en votant Non au parlement réuni en Congrès en plein mois de juillet, en période de vacances…, car pour modifier la Constitution il est nécessaire de réunir la majorité des 3/5°.

 

Une VI° République, sociale et démocratique.

 

Le parlement doit retrouver sa légitimité et son rôle de souverain. Tous les pouvoirs ne doivent pas être confiés à un seul. L’équilibre et la séparation des pouvoirs doivent-être respectés, la diversité des opinions, équitablement représentée à l’Assemblée nationale.

Les citoyens doivent pouvoir participer aux choix décisifs de notre société : les traités internationaux - comme celui de l’Europe-, la guerre, l’eau, l’énergie nucléaire, les services publics de la santé, de l’éducation, des transports publics, les OGM, les médias publics, le droit de vote des résidents étrangers…

Les citoyens doivent le rester en franchissant la porte des entreprises et non devenir des sujets livrés aux puissances d’argent. La représentation syndicale exprimée et garantie par le vote des salariés.

« Cette démarche implique une refondation républicaine de la démocratie. L'intérêt général doit s'imposer par l'intervention d'une société mobilisée et de citoyens motivés. Ce choix de société s'oppose au modèle de la « démocratie » libérale ne reconnaissant que l'arbitrage entre intérêts particuliers. Il s'oppose aussi aux nationalismes et aux communautarismes qui nient l’existence même d’un intérêt général. »

Revenons à Condorcet et au fondement de notre République ; avec l’Egalité sociale, Condorcet défend une idée complète et moderne de la République.

« L’esprit actuel de la nation française est l’amour de l’égalité et l’indépendance personnelle, la haine de toute autorité qui présente la moindre apparence d’arbitraire et de perpétuité, le désir de toutes les institutions nouvelles pour favoriser les classes les plus pauvres et les plus nombreuses, et celui de fraterniser avec les hommes de tous les pays qui aiment la liberté, ou qui veulent la recouvrer.»

 

En France, le processus constituant doit solder le déni démocratique de la Ve République. face à la personnalisation outrancière du pouvoir, la VIe République doit rendre au peuple sa souveraineté.

« Mais la souveraineté du peuple ne doit pas s’exprimer lors de l’élection des représentants pour s’éclipser  ensuite quand ils gouvernent. La refondation républicaine du pays suppose que l’intervention populaire se poursuive et se conjugue avec le gouvernement, grâce à de nouveaux processus permettant d’associer la population à la définition du bien commun. Pour que les citoyens soient partie prenante de la définition des objectifs prioritaires de la Nation, le  travail législatif doit être préparé et accompagné par la présentation publique et la discussion argumentée des principales lois dans des ateliers civiques, dont le cadre d’organisation pourrait être les circonscriptions électorales. )

« Le projet républicain appelle nécessairement la REPUBLIQUE SOCIALE. Elle peut et doit servir de socle à la formulation d’un grand projet alternatif global qui recouvre la nature et le fonctionnement des institutions, un ordre public social, le renouveau des Services publics, le développement de l’Etat-protecteur, d’une véritable propriété sociale, la construction d’une nouvelle synthèse entre l’identité nationale et l’internationalisme. »

(Le manifeste de PRS)

 

Allain GRAUX

le 22 juin 2008

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