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A la veille d’occuper la présidence tournante de l’Union Européenne, Nicolas Sarkozy a prononcé à la Knesset, (le parlement israélien) et devant les représentants de l’autorité palestinienne, des discours qui paraissent plein de bon sens pour, enfin, aboutir à une paix juste sur ces terres ensanglantées depuis si longtemps :

- « la création d’un Etat palestinien indépendant, moderne, démocratique et fiableil ne peut pas y avoir de paix sans l’arrêt total et immédiat de la colonisation…sans que soit résolu le problème des réfugiés palestiniens…pas de paix sans reconnaissance de Jérusalem comme capitale de deux Etats. »

- pas de paix non plus si les Palestiniens ne combattent pas eux-mêmes le terrorisme. »

Mais au-delà des mots et de la posture, quels sont les moyens proposés pour mettre réellement en œuvre les conditions de la paix ?

 

Un Etat palestinien indépendant, démocratique et fiable.

La démocratie : fin 2005, des élections, dont l’UE, comme l’ex-président Carter ont reconnu qu’elles s’étaient déroulées régulièrement (sans être libres car les territoires étaient occupés par l’armée israélienne), on porté le Hamas au pouvoir (à cause de la corruption de nombreux responsables du Fatah). Ce résultat ne convenant pas au gouvernement américain, l’UE a bloqué l’aide économique qui permet à la structure administrative palestinienne de survivre…

Bel exemple de respect de la volonté populaire !

Un Etat fiable. : Israël, depuis Oslo, n’a eu de cesse de détruire toute l’infrastructure de l’autorité, suite à la provocation de Sharon sur l’esplanade des mosquées et la reprise de l’Intifada. Un geste délibéré pour ne pas permettre aux négociations de Taba entre Arafat, Barak et Clinton d’aboutir. Depuis, la colonisation (qui n’a jamais cessée*) a mangé, mité le territoire palestinien telle une hydre, le réduisant à une peau de chagrin trouée,  coupé de routes isolant les villes et les villages (plus de 600 barrages et postes de contrôle qui asphyxient toutes les possibilités de développement économique), enfermé derrière le mur.

Jérusalem : tout est organisé dans la partie Est, pour rendre la vie quotidienne des Palestiniens impossible et les obliger à partir. Comme ils s’obstinent à rester en dépit de tout, on détruit leurs maisons ou on les expulse au moindre prétexte.

De quel Etat, réduit à des bantoustans, peut-il s’agir dans ces conditions ?

 

Et les attentats ? Le terrorisme ? Sarkozy a dit aussi qu’il ne fallait pas parler avec le Hamas, organisation terroriste. Ce en quoi il s’aligne sur la position américaine alors qu’Ehoud Olmert lui-même vient de signer un accord avec le Hamas pour arrêter le blocus de Gaza en échange de la cessation des tirs de fusées Kassam.

Il est nécessaire de rappeler que le Hamas n’a pas toujours été une organisation utilisant les actes terroristes, qu’il a été utilisé par Israël contre le Fatah, pour diviser l’unité de la résistance. Cet objectif réalisé, le gouvernement de l’Etat juif se retourne aujourd’hui contre lui et emploie des méthodes … terroristes : attentats ciblés, assassinats, bombardements, etc… un terrorisme d’Etat qui tue bien plus de gens, de civils innocents, des enfants que les attentats suicides des milices du Hamas, mais aussi celles du Fatah et du Djihad. Or on discute avec Abou Mazen…

Auparavant, la France avait refusé cette décision de l’Union européenne, distinguant entre le Hamas et son organisation militaire Azzedine el Kassam…(héros et symbole de la résistance palestinienne, tué en 1936)

Pour aboutir à la paix il faudra bien discuter avec tous ceux qui se battent.

On aurait aussi bien pu refuser de discuter avec Begin, Sharon, Rabin, Shamir, tous des anciens terroristes devenus premier ministre de l’Etat israélien…

Quels sont les moyens dont on dispose pour trouver une solution équitable à la résolution du conflit palestinien ?

-          Il ne faut pas compter sur le gouvernement américain qui se sert d’Israël comme pion et gendarme sur l’échiquier de sa stratégie pour le Grand Moyen Orient. Son influence est pourtant décisive. Mais pour espérer une évolution du soutien inconditionnel des Américains à Israël, il faudra attendre le résultat de l’élection présidentielle de novembre 2008. Et ce ne sont pas les récentes déclarations de Barak Obama sur Jérusalem, capitale indivise de l’Etat Juif, qui vont aider à trouver la bonne solution…

-          Et l’Union Européenne ?

Sa capacité de pression est bien plus importante qu’on ne le pense généralement car l’UE représente 54 % des échanges économique de l’Etat d’Israël, auxquels on peut ajouter les accords universitaires dont la rupture au moment d’Oslo avaient été décisifs pour amener Israël à la table des négociations…On l’oublie souvent !

 

 

Le rôle et l’importance de l’aide européenne à la Palestine.*)

L’UE verse chaque année plus de 550 millions d’Euro aux Palestiniens sous forme d’aides, administrative, technique, alimentaire, sanitaire, éducative, aux réfugiés (par l’intermédiaire de l’UNWRA*). L’aide directe a été interrompue au 1/01/2006, à la suite des élections législatives gagnées par le Hamas. Elle a repris en juillet 2007. Cette suspension a entraîné une profonde déstructuration des institutions palestiniennes que l’Europe avait contribué à mettre sur pieds depuis plus de 10 ans. Pour néanmoins pallier à ces conséquences, il fut mis en place le 16 juin 2006, le Mécanisme International Temporaire (MIT). Il avait pour but de soutenir uniquement la présidence et les notables politiquement acceptables.

Il est à noter que c’est la Palestine qui reçoit la plus importante aide au monde versée par l’UE ( 4 à 5 fois plus que tout autre Etat). Les frais facturés par l’ONU représentent environ 7 % des dépenses effectuées. Il faut aussi savoir que le transfert des fonds sur des comptes chèques passent par les banques israéliennes qui prélèvent leurs agios au passage… Ce qui signifie que les contribuables européens financent les banques et donc le trésor israélien.

C’est aussi un cas unique de constater que les filets de sécurité sociale mis en œuvre dans d’autres pays sort des critères de besoin pour s’appliquer à des interdits politiques.

Le Mécanisme mit en place n’a pas empêché la dégradation accélérée des conditions de vie de la population et n’a pas permis de mettre en œuvre pratiquement et durablement un quelconque projet d’infrastructure ou de développement. Il a également fait le jeu de la radicalisation et des tensions internes qui ont conduit à la scission entre la bande de Gaza et la Cisjordanie. En mettant en place le MIT, l’UE a favorisé l’aide humanitaire au détriment des objectifs politiques à long terme, apportant ainsi un soutien indirecte à la politique israélienne d’occupation et d’annexion des territoires. Avec votre argent…

 

Communiqué de presse de Véronique De Keyser - Députée européenne belge (PS)

L'Union européenne a une très lourde responsabilité dans la détérioration dramatique de la situation à Gaza déclare l'eurodéputée Véronique De Keyser

 "Il y a des mois qu'à chaque séance plénière les députés européens interpellent Xavier Solana et Benita Ferrero Waldner pour leur demander de reprendre l'aide directe à la Palestine, de reconnaître enfin le gouvernement d'unité nationale, de ne pas exclure du jeu le Hamas et de cesser  jouer un ministre contre un autre, en vain!  Nous les avons pressés, d'agir, car nous savions que le temps était compté, qu'avec ce gouvernement, Mahmoud Abbas jouait sa dernière carte, qu'il fallait faire vite.  Il fallait dialoguer avec les modérés, sous peine de n'avoir plus en face de nous que des extrémistes", déclare l'eurodéputée Véronique De Keyser, qui fut chef de la mission électorale de l'U.E en Palestine en 2OO6, et est l'une des signataires de l'appel des "quarante cinq" au Parlement européen.  Cet appel, qui demandait il y a quelques semaines, la reprise de l'aide directe à la Palestine et la reconnaissance du gouvernement d'unité nationale, amenait également quarante cinq eurodéputés signataires  à parrainer les quarante cinq parlementaires du Conseil législatif palestinien emprisonnés par Israël. Des eurodéputés n'avaient d'ailleurs pas hésité à rencontrer  Ismaïl Haniyeh.

Mais les appels du Parlement européen n'ont jamais été entendus.  Pas plus que le réquisitoire accablant de la Banque mondiale ou le rapport de Soto, Représentant spécial des Nations Unies, qui vient d'être rendu public.  En ne s'écartant jamais du carcan du Quartet, dominé par les Etats-Unis, l'Union Européenne rendait inéluctable la faillite du gouvernement d'unité nationale. Ce gouvernement répondait aux exigences du Quartet, mais il ne pouvait se passer ni de l'aide ni de la légitimité internationale. « Aux Etats-Unis, comme en Israël, comme sur les bancs des extrémistes en Palestine, on guettait sa chute et nous le savions parfaitement. Mais nous avons fait le jeu des extrémistes et précipité la guerre civile » a déclaré la députée qui a appris avec consternation l'annonce du Président Abbas d'une dissolution du gouvernement.

"Si l'avenir de la Palestine est sombre, la crédibilité de l'Europe dans la région l'est encore davantage. Comment pourrons-nous nous placer encore comme les chantres de la démocratie, si nous n'avons respecté ni les résultats sortis des urnes en 2OO6, ni l'autorité d'un gouvernement d'unité nationale qui représentait 98% de l'opinion publique palestinienne et dont nous avons étroitement parrainé la composition? Louis Michel a décidé de suspendre l'aide humanitaire à Gaza. C'est tout aussi dramatique qu'inacceptable. Je réclame le déploiement immédiat d'une force d'interposition internationale." a conclu Véronique de Keyser. ( Bruxelles, le 14 juin 2007)

 

Comment cela se passe-t-il au parlement européen ?

De 2001 à 2005, une grand nombre de parlementaires étaient opposés à l’aide pour Arafat accusé de corruption. En fait, ce n’est pas Arafat lui-même qui était corrompu, mais il devait répondre à la nécessité de s’assurer des appuis en « arrosant »son entourage. Il s’en ait résulté une exigence de contrôles des fonds européens assortie de mesures plus drastiques que celles en vigueur dans les pays de l’UE…Le commissaire anglais Chris Patten a néanmoins maintenu l’aide pour appuyer Arafat, malgré une campagne anti Fatah qui a perduré pendant quatre années au parlement. C’est ce qui a conduit, par usure, au blocage des fonds lors de l’élection du Hamas.

 ( NDLA : alors que la motivation initiale de la suspension était la corruption et que le Hamas a gagné …grâce à « l’honnêteté » de ses candidats…)

 

LES OBJECTIFS DE L’AIDE

C’était la mise en place d’institutions destinées à perdurer pour les ministères palestiniens du futur Etat. Wolfenson*, l’envoyé du quartet a tenté vainement de mettre en œuvre la « feuille de route ». Il a constaté qu’il était utilisé comme un alibi, que la feuille de route était un mythe. Il pensait que le développement économique était une solution pour aboutir à un règlement politique. Il s’est heurté aux « barrages israéliens au propre comme au figuré…( voir ci-dessous…)

Gaza - 25-10-2005 -Wolfenson : Le retrait d'Israël n'est pas vrai - Par IPC  
James Wolfenson, l'envoyé du Quartet international, chargé d'appliquer le plan de désengagement israélien, a critiqué Israël indiquant que: "malgré le retrait israélien de la Bande de Gaza, Israël évitait de déterminer son contrôle sur les villes évacuées de la Bande de Gaza".
Wolfenson a envoyé un message pendant la semaine passée aux ministres des Affaires étrangères du Quartet, disant que Israël "embarrasse" les négociations pour l'ouverture du passage de Rafah.
Le message est comprit dans un rapport sur sa dernière visite au Proche- Orient.
Au début de ce rapport Wolfenson indique qu'il est démoralisé parce que les issues principales n'ont pas été résolues, notamment celles concernant le mouvement libre des palestiniens. Il ajoute que sans ces solutions l'économie palestinienne ne développera jamais.
Le rapport indique aussi qu'Israël a refusé la suggestion présentée par Wolfenson au Quartet et à la Banque internationale, concernant la détermination d'une période limite pour résoudre les issues en suspens en ce qui concerne l'ouverture des passages.
D'autre part, Wolfenson a critiqué l'Autorité Nationale palestinienne, particulièrement en ce qui concerne la crise économique dans leurs régions à cause de l'augmentation des salaires des employées de la section public et le désordre interne.
Il a appelé Israël à commencer des négociations urgentes sur le mouvement des palestiniens, et sur les passages disant que"je suis sur que l'activité économique est la bon solution pour garantir la sécurité pour les deux parties".
De plus, les barrières militaires israéliennes distribuées en Cisjordanie et la nécessité des permissions demandées par les citoyens pour qu'ils puissent se déplacer librement entre les villes, forment un grand obstacle devant le développement économique.
Il convient de dire que, en ce qui concerne les barrières sécuritaires, l'armée israélienne avait stoppé à une des barrières, le premier ministre palestinien Ahmed Qurei pour un heure, car il n'avait pas la permission nécessaire pour passer la barrière, selon le journal d'Yedot Ahranoth.
  Source : www.ipc.gov.ps/

 

Il n’est pas possible de mettre en œuvre des réformes économique dans un Etat qui n’existe pas et ne peut pas exister dans le contexte actuel.

Infrastructures :

Sur ce qui avait été détruit en 2002 : pylônes, eau, énergie, écoles, hôpitaux, nous avons essayé un suivi pour la reconstruction. Ce qui a été possible pour les écoles ne l’est pas pour d’autres questions comme l’eau. Par exemple :  la construction d’une station d’épuration dans le nord de la bande de Gaz ( par l’agence française de développement)

 

Montant du projet :

12 millions d’euros en subvention

Bénéficiaire :

Autorité Palestinienne

Structure d’exécution :

Palestinian Water Authority (PWA)

Durée du projet :

Mars 2006 – juin 2011

 

Objectif

La station d’épuration de Beit Lahia, située au nord de la bande de Gaza, reçoit les eaux usées des municipalités de Jabalia, Beit Lahia et Beit Hanoun, soit 190 000 habitants. Conçue pour traiter 5 000 m3/j, elle fonctionne aujourd’hui à près de trois fois sa capacité nominale. Faute d’exutoire les effluents de la station se sont répandus par sur les terrains alentour et ont formé un lac qui couvre aujourd’hui une superficie de 30 hectares.

Malgré des mesures d’urgence entreprises par la Palestinian Water Authority (PWA), la situation est très préoccupante : les capacités de stockage des eaux sont arrivées à leur limite ; une digue de remblai sur l’un des bassins périphériques s’est rompue en avril 2007 causant la mort de plusieurs personnes. La présence d’une étendue d’eaux usées entraîne des odeurs et la prolifération de moustiques et rend la zone insalubre. Enfin, les infiltrations de ces eaux dans la nappe ont entraîné une forte dégradation de sa qualité.

Le projet a un double objectif : prévenir les risques humains, environnementaux et sanitaires induits par les équipements actuels de traitement ; aménager et mettre en service un dispositif d'assainissement couvrant de manière satisfaisante l'ensemble des besoins de la zone nord de Gaza.

 

Ce projet est complètement bloqué par Israël : les tuyaux, matériaux nécessaires à sa réalisation pourraient être utilisés par les terroristes pour fabriquer des missiles…

L’occupation, les démolitions et la reconstruction.

« Jamais on ne devrait payer pour reconstruire une maison détruite par l’armée israélienne. Sauf à envoyer la facture au démolisseur. En effet, Israë, paissance occupante, bafoue le droit international, les conventions de Genève, qui interdisent de tels actes. Il faudra donc demander à Israël des réparation pour toutes ces destructions illégales, car il n’est pas légitime de payer pour Israël. Elles ont toutes été enregistrées.

C’est L’UE qui paye aussi le fuel qui entre à Gaza pour alimenter la centrale électrique, et au prix fort à la société DOR, y compris les taxes pour le trésor israélien. Ceci alors que les médias disent souvent : Israël ravitaille à nouveau la centrale…Israël livre le fuel, mais c’est le contribuable européen qui paye…

Pourquoi l’UE donne t-elle de l’argent ?

L’UE donne de l’argent comme substitut à son impuissance politique, pour ne pas être accusée de ne rien faire, pour avoir bonne conscience.

Depuis 2000, l’appui budgétaire se résume à une aide humanitaire pour la sécurité alimentaire, maintenant la survie en ce qui concerne Gaza où le degré de malnutrition de certaines couches sociales est proche de celui des zones du Sahel.

Si l’Europe continue à payer pour cette politique israélienne, pourquoi cette politique ne continuerait-elle pas ?Mais il faut savoir que cette aide ne contribue pas au processus de paix. Le programme d’aide nuit à la reprise des négociations.

De plus, l’édification du mur correspond plus à un objectif économique (étrangler toutes possibilités de développement autonome de la Palestine) que sécuritaire. Il s’agit d’annexer les meilleures terres, s’accaparer la vallée du Jourdain, obliger les habitants à partir.

Sans ressources économique : pas d’ Etat ! »

Accords et négociations.

Depuis Oslo qui prévoyaient une mise en œuvre échelonnée des accords, tout s’est arrêté à la première étape. Il en est toujours ainsi avec Israël : tout accord est échelonné, réversible, conditionnel : on libère des prisonniers que l’on arrête à nouveau, on ouvre des check-points que l’on referme bientôt…Ce sont des faux-semblants.

Exemple : les accords de Rafah en novembre 2005. Les conditions de leur mise en oeuvre n’ont jamais été réunies malgré l’obstination des Américains eux-mêmes… C’est Ha’Aretz qui le dit, pas moi…

Le précédent de Rafah Meron Benvenisti - Ha’aretz (publié le vendredi 18 novembre 2005)

"S’il a fallu aussi impérativement l’intervention personnelle de Condoleeza Rice pour parvenir à un fragile arrangement technique, quelles sont les chances de voir une réelle avancée du processus de paix ?"Le ministre de la Défense, Shaul Mofaz, devait soit déborder d’ironie soit s’abandonner à une bonne dose d’illusion pour qualifier le diktat du « Passage de Rafah » de « nouvelle étape dans la série des dispositions qui fondent la confiance face aux Palestiniens ». Les vingt semaines d’obstination israélienne sur des dispositions dont tout le but était de montrer aux Palestiniens qui était le maître, ont fait sortir de ses gonds même un Juif chaleureux et sage comme James Wolfensohn*. Le ministre de la Défense et ses subordonnés n’ont pas hésité à recourir à divers modes de harcèlement et à porter aux Palestiniens des coups économiques dévastateurs. Maintenant que Condoleeza Rice a décidé de lui démontrer qui était vraiment le maître, Mofaz

s’incline mais essaie d’expliquer sa soumission comme un consentement au besoin américain d’un résultat. Les Palestiniens ne l’intéressent pas ; s’il avait voulu des relations établissant la confiance avec eux, il aurait depuis longtemps approuvé les arrangements de l’accord de Rafah sans les fortes pressions américaines. www.haaretz.co.il/hasite/pages/ShArtPE.jhtml?itemNo=684420

Sur les 100 modifications prévues pour l’application de la feuille de route*, quatorze réserves ont été communiquées aux américains, pas à l’UE.

USA - 30-04-2003
Feuille de route : Texte Intégral - Par Quartet  
Ce nouveau plan de paix a été élaboré par le Quartet, rassemblant les Etats-Unis, l'Union européenne, la Russie et les Nations unies. Ce document, officiellement transmis, le 30 avril, au gouvernement israélien et à l'Autorité palestinienne, constitue, selon les auteurs "un élément crucial des efforts internationaux pour promouvoir une paix globale" dans la région.
Le Quartet présente aujourd'hui au gouvernement d'Israël et à l'Autorité palestinienne une feuille de route pour la réalisation de la vision, partagée par les Etats-Unis, l'Union européenne, la Fédération de Russie et les Nations Unies, de deux Etats, Israël et la Palestine, vivant côte à côte dans la paix et la sécurité. Les membres du Quartet ouvreront avec les parties et avec les acteurs-clés de la région pour l'exécution de cette feuille de route, dans la logique de cette vision. (...)
Le but est un règlement définitif et complet du conflit israélo-palestinien d'ici à 2005, conformément au discours du 24 juin du président Bush, qui reçut l'approbation de l'Union européenne, de la Russie et des Nations unies, exprimée par les déclarations officielles du Quartet, le 15 juillet et le 17 septembre. (...)
Le plan a fixé un calendrier réaliste pour son exécution. Néanmoins, reposant sur des mesures concrètes, sa progression nécessitera et dépendra des efforts de bonne foi faits par les parties, et de leur observation de chacune des obligations exposées ci-dessous

La mise en oeuvre par Weissglas, ne s’est que partiellement opérée qu’après l’évacuation de Gaza, le 20/02/2004, seulement l’ouverture de l’entrée par l’Egypte. La reconstruction et l’ouverture des frontières, du port, de l’aéroport, le passage de 400 camions, n’ont jamais été  réalisés.

Voici par ailleurs ce que pensait ce conseiller de Sharon :

www.haaretz.com/hasen/pages/ShArtVty.jhtml?sw=gideon&itemNo=684258

Cela faisait longtemps qu’on n’avait pas ri comme ça au sein de l’ « équipe Hamas ».

L’équipe que dirige le conseiller du Premier Ministre, Dov Weissglas, et à laquelle participent le chef d’état-major, le chef des Services de la Sécurité Générale (Shabak), des généraux et de hauts fonctionnaires, s’est réunie pour discuter avec la Ministre des Affaires étrangères, Tzipi Livni, des modalités de réponse à la victoire du Hamas aux élections. Tous étaient d’accord sur la nécessité d’imposer un siège économique à l’Autorité Palestinienne et comme d’habitude, c’est Dov Weissglas qui a trouvé le bon mot : « C’est comme un rendez-vous chez la diététicienne. Les Palestiniens vont maigrir comme il faut mais ils ne mourront pas », a plaisanté le conseiller et, selon ce qui a été rapporté, les participants se sont tordus de rire. D’ailleurs, pourquoi ne pas éclater d’un rire sain et libérateur en entendant une aussi heureuse plaisanterie ? Peut-être Dov Weissglas la racontera-t-il à son amie Condoleezza Rice et qu’elle aussi rira bien. Sauf que cette fois le witz de Weissglas était particulièrement vulgaire. Tout comme le rire retentissant qu’il a provoqué, il a une fois encore dévoilé à quel point l’ivresse du pouvoir d’Israël lui fait perdre la raison et altère complètement sa moralité.

Le retrait des colonies créées depuis 2000 n’a jamais eu un seul début d’exécution, en dehors de Gaza, donné comme un os à ronger aux américains, à l’UE, à l’opinion internationale, comme un ulcère dont on se débarrasse. Malgré la feuille de route, Israël relance la colonisation à Jérusalem-Est   - (‘LEMONDE.FR avec AFP et Reuters | 01.06.08 | 19h01 )

La feuille de route devenue lentement caduque a été abandonnée, comme les accords d’Oslo et tous les accords

L’UE considérait cette initiative politique comme positive, à condition que :

-ce soit une étape vers la reconnaissance de deux Etats en Palestine ;

-qu’ il n’y ai pas de déplacement ou la création de nouvelles colonies vers la Cisjordanie ;

-que soit effectué le transfert des responsabilités à l’autorité palestinienne ;

- que Gaza soit reconstruit.

Ces conditions n’ont jamais été respectées, mises en œuvre, et …sont tombées dans l’oubli. Mais les Israéliens, eux , n’oublient pas qu’on les oublie…

 

Conséquences de cette attitude ?

Les négociations ne peuvent plus se faire qu’avec une partie des Palestiniens. Il devient très difficile de trouver des Palestiniens qui acceptent de négocier, car qu’ils soient d’un parti ou d’un autre, ils constatent que les accords ne sont jamais concrétisés pratiquement, qu’ils sont toujours remis en cause.

 

Le travail des fonctionnaires européens en Palestine et le parlement européen.

 

Jérusalem - 18-12-2005 - Rapport de l'Union Européenne sur Jérusalem-Est *
Par Responsables de mission à Jérusalem et Ramallah
Les ministres des Affaires étrangères de l'Union européenne ont jugé inopportun de cautionner ou de publier ce rapport accusant Israël de renforcer sa domination sur la ville de Jérusalem-Est, alors qu'en novembre, les chefs de la diplomatie de l'Union européenne avaient indiqué qu'une "analyse détaillée de l'UE concernant Jérusalem-Est annexée" serait "adoptée et rendue publique" le 12 décembre. Voici donc ce rapport si dérangeant !   Jérusalem-Est est d'une importance centrale pour les Palestiniens en termes politiques, économiques, sociaux et religieux.
1. Plusieurs politiques israéliennes liées réduisent la possibilité de conclure un accord de statut final sur Jérusalem, et démontrent une intention claire de la part des Israéliens de transformer l'annexion de Jérusalem-Est en fait accompli.
• le presque achèvement de la barrière autour de Jérusalem-Est, loin de la Ligne Verte,
• la construction et l'expansion des colonies illégales, par des entités privées et le gouvernement israélien, à l'intérieur et autour de Jérusalem-Est;
• la démolition des maisons Palestiniennes construites sans permis (qui sont presque impossibles à obtenir);
• une application plus stricte des règles séparant les Palestiniens habitant à Jérusalem-Est de ceux habitant en Cisjordanie, y compris une réduction des permis de travail;
• une politique d'imposition, de dépenses et de permis de construire discriminatoires par la municipalité de Jérusalem
2. Le plan pour l'expansion de la colonie de Ma'aleh Adumim dans le prétendu secteur "E1", à l'est de Jérusalem, menace d'achever l'encerclement de la ville par des colonies Juives, divisant la Cisjordanie en deux secteurs géographiques séparés.
La prolongation proposée de la barrière de Jérusalem-Est pour former une bulle autour de la colonie de Ma'aleh Adumim aurait le même effet. 2004 a vu presque tripler le nombre de démolitions de bâtiments palestiniens à Jérusalem-Est.
On s'attend à un nombre semblable de démolitions en 2005.
La publication d'ordres de démolition contre 88 maisons dans le quartier Silwan a attiré beaucoup d'attention en juin.
3. Quand la barrière sera terminée, Israël contrôlera l'accès à Jérusalem-Est, la coupant de ses villes satellites palestiniennes que sont Bethlehem et Ramallah, et du reste de la Cisjordanie. Ceci aura des conséquences économiques, sociales et humanitaires graves pour les Palestiniens.
En appliquant rigoureusement des politiques sur la résidence et le statut d'identité, Israël pourra finalement achever l'isolement de Jérusalem-Est - le centre politique, social, commercial et d'infrastructure de la vie palestinienne.
4. Les actions d'Israël à Jérusalem sont en violation de ses engagements envers la Feuille de Route et du droit international. Nous et d'autres parmi la communauté internationale avons été clairs sur nos inquiétudes à de
nombreuses occasions, avec des effets variables.
Les Palestiniens, sans exception, sont profondément alarmés au sujet de Jérusalem Est. Ils craignent qu'Israël "partent avec", sous la couverture du désengagement.
Les actions israéliennes risquent également de radicaliser la population palestinienne jusqu'ici relativement tranquille à Jérusalem Est.
Des déclarations claires de la part de l'Union Européenne et du Quartet pour que Jérusalem reste une question à négocier entre les deux parties, et qu'Israël devrait renoncer aux mesures destinées à anticiper ces négociations, seraient opportunes. Nous devrions également soutenir des activités culturelles, politiques et économiques palestiniennes à Jérusalem Est.

 

Ce rapport, entériné par les consuls généraux de l’UE, a reçu une diffusion mais n’a jamais été publié ni adopté, pour ne pas gêner les élections et le processus de paix…Quel hypocrisie !

Le concept de processus, en lui même, signifie qu’Israël par son attitude ne veut pas réellement la Paix mais utiliser ce procédé pour sans cesse rééchelonner les accords.

 

Et l’UE, les pays occidentaux en général, culpabilisés par leur sentiment de responsabilité à l’égard de la Shoah qui s’est déroulée en Europe pendant la seconde guerre mondiale, n’osent pas, ne veulent pas dire le respect du droit international, des conventions, des résolutions de l’ONU à Israël, craignant d’être accusés d’antisémitisme par un pays qui a une conduite, à bien des égards, d’épuration ethnique.

Ils disposent pourtant de tous les moyens pour obliger Israël à mettre en œuvre et respecter les accords. Il y manque la volonté politique.

 

Allain Graux

  le 27-06-08

REF :

*- voir le rappel historique de la colonisation et ses conséquences – Allain Graux – http:

*- selon le témoignage d’un fonctionnaire de l’UE qui est resté en poste 3 ans à Jérusalem Est

* -L'UNWRA SALUE UNE DONATION DE 76 MILLIONS DE DOLLARS DE L'UNION EUROPÉENNE
New York, Mar  1 2006  5:00PM

L'agence des Nations Unies pour les réfugiés palestiniens a salué aujourd'hui la donation annoncée par l'Union européenne à ses activités dans le domaine de l'éducation, de la santé, et de l'assistance humanitaire, d'un montant de 76 millions de dollars.
Cette contribution permettra à l'Office de secours et de travaux des Nations Unies pour les réfugiés de Palestine dans le Proche-Orient (<"http://www.un.org/unrwa/index.html">UNWRA de poursuivre sans interruption ses opérations humanitaires d'urgence auprès des réfugiés palestiniens, a déclaré Karen Koning AbuZayd, directrice de l'agence, dans un <" http://www.un.org/unrwa/news/releases/pr-2006/hqg03-06.pdf ">communiqué publié hier à Gaza.
L'UNWRA est présente dans cinq zones d'opération : Bande de Gaza et Cisjordanie, Jordanie, Liban et Syrie.
Selon l'agence des Nations Unies, les contributions de l'Union européenne se sont élevées l'année dernière à 75,5 millions de dollars.

* La feuille de route : http://www.ism-france.org/news/article.php?id=303&type=analyse&lesujet=Initiatives%20de%20Paix

* Rapport de l’UE sur Jéruslem-Est :http://www.ism-france.org/news/article.php?id=3985&type=analyse&lesujet=Rapports

 

 

Tag(s) : #union européenne

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