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Vote favorable pour l’admission de la Palestine au statut d’État membre de l’Assemblée générale de l’ONU. et l'UNRWA incendiée à Jérusalem

La résolution, présentée par les Emirats arabes unis, qui "établit que l'État de Palestine devrait être autorisé à déposer sa candidature d'adhésion au statut de membre" de l’ONU et "recommande que le Conseil de sécurité réexamine la question favorablement", a recueilli 143 voix favorables sur les 193 pays membres, dont celle de la France. Paris rompt publiquement avec la position des Etats-Unis."Il est temps d'inscrire l'action des Nations unies dans la perspective d'un règlement du conflit israélo-palestinien, sur la base de la solution des deux États. Celle-ci est la seule à même de répondre aux besoins de sécurité d'Israël, ainsi qu'aux aspirations légitimes des Palestiniens à un État", a déclaré Nicolas de Rivière, ambassadeur de France. Neuf pays ont voté contre, dont les États-Unis et Israël. Furieux, Gilad Erdan le représentant de l’État hébreu a hurlé sans honte : "Vous déchiquetez la charte des Nations unies de vos propres mains", en broyant la couverture du document avec une déchiqueteuse à papier, ajoutant : "Aujourd'hui, vous accueillez un État terroriste dans vos rangs. Vous avez ouvert les Nations unies au nazisme moderne". 25 pays se sont abstenus, tels le Royaume-Uni, l'Allemagne, l'Italie ou l'Ukraine. Une victoire incontestable pour l’Autorité palestinienne, même si elle n’est que symbolique, car si le nombre de votes favorables dépasse les 2/3 de voix nécessaires à l’admission en tant qu’État membre est atteinte, les États-Unis ont prévenu qu’ils opposeraient leur veto à la reconnaissance nécessaire par le Conseil de sécurité. Une parfaite contradiction avec l’affirmation maintes fois arguée de la création d’un État palestinien à côté de celui d’Israël. L'Australie, État habituellement aligné sur les positions américaines, a également soutenu l'adhésion de la Palestine à l'ONU.

Ces changements peuvent paraîtres modestes, mais sont significatifs de l’évolution de l’opinion internationale. Depuis le blocage américain de l'adhésion de la Palestine à l'ONU au Conseil de sécurité le 18 avril, "la Barbade, la Jamaïque et Trinité-et-Tobago sont venus s'ajouter à la liste des pays qui ont reconnu de façon bilatérale l’État palestinien, soit 144 à ce jour.

En outre cette résolution ouvre de nouveaux droits, au-delà du statut actuel d’État observateur :

Le texte octroie, "à titre exceptionnel et sans que cela constitue un précédent", une série de "droits protocolaires et privilèges supplémentaires" aux Palestiniens à partir de l'Assemblée générale de l'ONU. La mission palestinienne pourra désormais siéger à l'Assemblée générale parmi les États membres par ordre alphabétique, plutôt que d'occuper son siège actuel d'observateur au fond de l'hémicycle. Les diplomates palestiniens auront aussi le droit de présenter des propositions et des amendements, ils pourront être élus à des postes officiels dans l'ensemble de l'Assemblée et dans les commissions, et ils auront le droit de s'exprimer sur les questions relatives au Moyen-Orient. Ils pourront aussi faire des déclarations au nom de groupes de nations au sein de l'assemblée. Cependant, le droit de vote a été abandonné pour permettre de rallier le plus grand nombre de soutiens à la résolution. Cela donne aux Palestiniens les airs d'un membre de l'ONU, mais sans les attributs fondamentaux d'un véritable membre, à savoir le droit de vote et le droit de se présenter au Conseil de sécurité", résume Richard Gowan, directeur des Nations unies à l'International Crisis Group, dans le Guardian.

Le sénateur américain Républicain Mitt Romney a menacé : "Notre législation mettrait fin au financement des contribuables américains à l'ONU si celle-ci accorde des droits et des privilèges supplémentaires à l'Autorité palestinienne et à l'OLP". Si Trump remportait la victoire aux présidentielles en novembre 2024.

L’UNRWA attaquée à Jérusalem

L’organisation humanitaire de l’ONU a fermé temporairement son quartier général de Jérusalem-Est après deux incendies criminels, jeudi 9 mai, et des manifestions de l’extrême droite israélienne. Parallèlement, d’autres manifestations, en faveur d’un cessez-le-feu, se multiplient à Tel-Aviv. Le 9 mai, un cortège de plusieurs milliers de personnes a défilé à l’appel du mouvement Standing Together, qui réunit juifs israéliens et Palestiniens d’Israël, derrière le slogan « à Rafah comme à Sdérot, les enfants méritent de vivre ». Les rassemblements du samedi soir rue Kaplan à Tel-Aviv exigent la fin de la guerre, la libération des otages, la chute du gouvernement – qui est resté sourd à la demande des manifestants de ne pas envahir Rafah.

Un des meneurs des manifestations contre l’UNRWA n’est autre qu’un adjoint au maire de la ville, Arieh King, activiste d’extrême droite, connu pour ses campagnes en faveur de la judéisation de la partie arabe de la cité et ses invocations à enterrer vivants les Palestiniens de Gaza faits prisonniers (le tweet a ensuite été retiré).

Charles Enderlin, ancien correspondant de France 2 à Jérusalem. A déclaré : « Essayer d’incendier le QG de l’UNRWA à Jérusalem, c’est s’attaquer à toute l’assistance apportée aux Palestiniens, non seulement dans la bande de Gaza, mais en Cisjordanie, Nous voyons aussi cette logique à l’œuvre dans les attaques de convois apportant l’aide à Gaza. Des dizaines de camions, venant de Jordanie et empruntant des voies détournées pour éviter que les groupes d’extrême droite s’en prennent à eux, ont été pris d’assaut. Haaretz note que la plupart des protestataires sont des colons d’extrême droite de Cisjordanie bien connus, qui « arrivent en voiture ou dans des cars[1] ».

Ici, tout le monde, même chez les militaires, voit que la guerre est une impasse et qu’elle est perdue.

(Ori Goldberg, commentateur politique israélien)

 

 

 

[1] Source : Mediapart - Israël en pleine confusion après des attaques antipalestiniennes et des manifestations pour une trêve

Gwenaelle Lenoir - 10 mai 2024.

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