Les résultats n’ont été proclamés par Tibisay Lucena, la présidente du Conseil national électoral (CNE) que vers 23h45. Mais dès 10h32, Henrique Capriles (HCR) annonçait qu’il respecterait le choix des électeurs en faveur du président sortant. Ce fût un soulagement, car l’inquiétude régnait à ce sujet dans les rangs chavistes. Si tout avait dit et fait pour éviter les provocations et les incidents qui auraient permis de contester le scrutin, la haine de certains partisans du représentant de la droite à l’égard de Chàvez était palpable, sous un masque d’apparence bienveillante mais pas toujours souriant. La veille, bien que cela soit interdit, les habitants des beaux quartiers d’Altamira et Chacao avaient fêté une victoire présumée et anticipée de leur favori, par des feux d’artifice et un concert de casseroles.
La tranquillité, le calme et le respect, que HCR a voulu montrer sur les étranges lucarnes, ne reflétaient pas l’ambiance que j’ai
constatée devant les centres de vote des secteurs bourgeois de la capitale où de longues files d’électeurs s’étiraient sur les trottoirs. Certains étaient venus dès 3 ou 4 heures du matin alors
que les bureaux n’ouvraient officiellement qu’à 7h. Ceux qui étaient prêts à fonctionner ont ouvert plus tôt, dès 6h. Un seul - à ma connaissance - a retardé son ouverture à cause d’un
défaut des machines à voter. Pourquoi venir si tôt alors que les bureaux ne ferment que lorsqu’il
n’y a plus personne où
que tous les inscrits ont voté, quelque soit l’heure ? Ce sont les rumeurs toujours, entretenues par la presse de droite, majoritaire à 95 %, qui excitent les classes bourgeoises opposées au
socialisme du XXI° siècle.
Ainsi ce couple de Français du Maroc devenus citoyens vénézuéliens, qui m’interpelle :
ce n’est pas la démocratie ici, il faut le dire. On attend depuis quatre heures et on ne peut pas s’exprimer. Si on parle, on vous coupe le cou me dit l’homme en faisant le signe avec sa main, tandis que sa femme opine du chef.
Je lui réponds que ce n’est pas ce que j’ai constaté depuis deux semaines que je parcours le pays, et où j’ai vu les affiches des deux camps se côtoyer, les colleurs et diffuseurs de tracts se respecter sans animosité visible.
J’ai vu de
véritables convois de voitures et camionnettes, de gens arborant les emblèmes et drapeaux de Capriles, juchés sur les plate-formes des pick-up aussi bien sur les étroites routes andines de Mérida
à Barinas, quoique moins dans les villes et villages du delta de l’Orénoque,
ou sur la côte. Force m’a été de constater, que partout dans les campagnes, la mobilisation populaire était très largement en faveur de Chàvez. Capriles mobilisant plus dans les grandes
villes, en particulier dans les arrondissements bourgeois de Caracas où il est le favori.
Cette presse avait entretenu le doute et même promis la victoire de Capriles alors que les instituts les plus sérieux donnaient un écart de 10 points en faveur de Chàvez. Capriles lui-même avait annoncé qu’il était en tête et qu’il allait gagner largement. Certes, si on se présente à une élection, en principe c’est pour gagner, mais la droite entendait entretenir un climat de confrontation utile pour dénoncer une éventuelle fraude si la victoire de Chàvez était étriquée. C’est pourquoi le Président avait demandé le 4 octobre, lors de son grand meeting à Caracas de se rendre aux urnes massivement avant midi :
Nous devons gagner avec une majorité écrasante…afin d’éviter toute contestation.
Devant une véritable marée rouge qui occupait les sept principales avenues du centre de la ville, malgré les averses tropicales, il avait déclaré, la veille à Valencia, vouloir donné davantage de pouvoir au peuple, pour que lui-même solutionne ses problèmes. C’était la réponse du berger à la bergère apriles dont les troupes avaient envahi l’avenue Bolivar le 30 septembre. Cette foule au teint clair de plusieurs centaines de milliers de personnes, avait crié : Chàvez, mon ami, il ne te reste plus qu’une semaine !
Le lendemain, le « très objectif journal de droite » El Universal dénonçait : anarchie et abus de pouvoir ont régné hier dans les rues de Caracas du fait de la fermeture des sept principales avenues durant toute la journée…Alors qu’il avait évidemment encensé la somptueuse manifestation en faveur de Capriles.
Dans les quartiers populaires.
Quelle différence avec la bonne humeur, la joie, la fraternité qui régnait devant les bureaux populaires.
Devant « El 23 de enero », celui où est venu voter Chàvez à 13h, la foule des partisans comme les files d’électeurs enjoués, était canalisée par d’importantes forces de
l’armée et de la milice bolivarienne. On distribuait des bouteilles d’eau, des oranges, des sièges étaient installés sous l’abri d’une toile pour patienter, on discutait, plaisantait, s’amusait,
abrités des ardeurs du soleil sous des parapluies.
Ceux qui avaient déjà voté étaient fiers de montrer leur doigt maculé d’encre, qu’ils arboraient comme un signe du triomphe de la
démocratie. Car, avant Chavez, ce n’était pas facile de voter, et surtout sans véritable choix entre une droite dominante et une social-démocratie si peu différente des libéraux. Personne
n’oublie ici, qu’elle a fait tirer sur la foule des manifestants en 1989.
Des militants chavistes distribuaient des fleurs pour accueillir le président sur son passage au moment où il allait se rendre au
bureau de vote. Toute la rue était rouge des maillots et des casquettes clamant Chàvez corazon de mi patria, le slogan du
candidat président. Des responsables du PSUV recueillaient des petits mots pour qu’ils soient remis au Président. Des personnalités, Maduro le conseiller, Cabello le Président de
l’Assemblée, le ministre de la défense, sont venus prendre un bain de foule.
Puis ce fût Chavez lui-même, acclamé par un tonnerre de hurlements. Tous voulaient le voir, le saluer.
Après son vote, les hauts-parleurs retransmirent ses réponses aux questions de la presse internationale. Au journaliste de Libération qui lui demandait, l’impudent, s’il avait envisagé sa succession, il répondit que la question de sa succession n’était pas une affaire de personne, mais celle, collective, de la volonté populaire qui pouvait s’exprimer par les nouvelles dispositions démocratiques.
Betilde, une abuela (grand-mère) très bien mise de sa personne, avec son joli tailleur, ses bagues et boucles d’oreilles, elle ressemble plus à une
bourgeoise des beaux quartiers qu’à une habitante des barrios. Elle me dit que grâce à la Mision Milagro, elle voit clair et a pu recevoir gratuitement des lunettes ; elle me fait un
grand sourire pour montrer ses dents bien soignées. Elle ajoute qu’elle est logée correctement grâce à la Mision Vivienda qui lui a attribué un appartement tout équipé et qu’elle peut
faire ses courses au Mercal. Elle me parle de ce qui s’est passé en 2002 avec PDVSA, l’entreprise pétrolière nationale utilisée par la droite et des syndicalistes corrompus pour faire tomber le
régime. Maintenant, PDVSA est au service du peuple. Betilde est très renseignée. Elle ajoute : Chàvez a été envoyé par Dieu pour combattre la pauvreté. Ici 95 % de la population est
chrétienne.
Betilde
Des frémissements et mouvements se produisent, ce sont des personnalités qui traversent la place, suivies par un cortège de supporters, Nicolas Maduro, le ministre des affaires étrangères, homme à la belle moustache serre des mains dont la mienne :
mucho gusto de la Francia
Ah si ! bienvenido, graçias.
Il est suivi du ministre des sports, très populaire, du candidat à la gobernation, el Negrito …Il se rendent à l’Ayutamiento (l’hôtel de ville), très applaudis.
C’est vers 19h45, que les premiers feux d’artifices et les cris de joie ont éclaté sur la place. Les clameurs faisaient suite aux rumeurs qui donnaient le Président Chàvez gagnant. Depuis la fin de l’après-midi, des partisans du « Comandante » se regroupaient autour du stand du PSUV où un écran de télévision diffusait des débats, et des résultats à la sortie des bureaux de vote. La victoire était attendue, mais l’anxiété des militants résultait surtout de l’importance de la participation et des points de différence entre les champions des deux camps : Chàvez pour la gauche, Henrique Capriles Radonsky pour la droite. Les cinq autres candidats comptent pour si peu qu’ils ne sont jamais évoqués,
Tout ce petit peuple s’est massé sur la Urdaneta qui mène à Miraflorès, dès les résultats estimés connus, pour manifester sa joie et entendre la déclaration du président depuis le balcon du palais présidentiel. Là, c’est une immense marée rouge, des couples de jeunes gens sur des motos pétaradantes, aux couleurs du Venezuela, d’autres sont juchés sur des pick-up arborant des drapeaux. Les canettes de Polarfont leur apparition, que l’on vide dans des gobelets pour récupérer immédiatement la bouteille et éviter la casse du verre. Des brochettes grillent sur un barbecue. C’est la fête, la joie, les bruits stridents des trompettes, à la mode sud-africaine, comme lors de la coupe du monde de foot, qui retentissent et assourdissent les tympans.
Nous ne pourrons pas atteindre Miraflorès tellement la foule est dense. C’est devant l’écran de télévision que j’écoute la déclaration du Président, dans son style inimitable de phrases sérieuses entrecoupées de slogans, après être rentré à l’hôtel par le dernier métro, gratuit pour les señors de plus de 64 ans…
Lundi, la presse accordait 54,42 % à Hugo Chavez contre 44,97 % à Henrique Capriles et 0,61 % seulement pour les cinq autres candidats.
Si Chàvez ne perd pas de voix, il en gagne moins que HCR et voit son pourcentage s’éroder. L’écart entre les deux factions reste néanmoins important, près de 10 points. Si le Président avait réussi 62,85 % en 2006, c’était contre la pâle figure d’une droite divisée, juste deux ans après le référendum révocatoire qu’il avait gagné largement avec 59,25 %. Manuel Rosales a d’ailleurs été contraint à la fuite suite à des affaires de corruption. Chàvez avait été élu pour la première fois en 1998 avec 56,2 % des voix.
L’autre motif de satisfaction de ce scrutin capital pour l’avenir du pays, et au-delà pour les gouvernements de gauche de l’Amérique latine, est le record de participation avec 80,9 % de votants. Ce qui rend la victoire du leader bolivarien d’autant plus importante, dans le sens qu’elle est obtenue largement sur une droite entièrement mobilisée. Ce qui rend vain et ajuste la crédibilité des médias qui prévoyaient un résultat serré, voire la victoire de la droite, à leur juste mesure de partialité…
Les résultats définitifs permettent à Chàvez de dépasser les 55,26 % contre 44,13% (6 499 575) à son adversaire Henrique Capriles Radonski. Il passe de 7 309 080 voix à 8 136 657, soit un gain de 827 577 électeurs sur 3 119 160 nouveaux inscrits. La droite passe de 4 292 466 à 6 499 575, un bénéfice de 2 207 109 voix. Cela constitue un progrès certain pour HCR qui a pu rassembler toute l’opposition derrière sa candidature lors des élections primaires du 12 février. Une vingtaine de partis l’ont soutenu, depuis la social démocratie d’Action Démocratique, en passant par les démocrates-chrétiens de la COPEI dont il est issu, jusqu’aux conservateurs et la droite la plus extrême. Le soutien de la presse écrite et des télévisions (Globo Vision, CNN), lui a permis de cristalliser l’opposition autour de sa figure avenante de joueur de base-ball. Il a présenté son programme comme étant de centre-gauche, n’osant pas s’opposer frontalement aux Missions très populaires mises en œuvre par le gouvernement bolivarien : les Missions seront améliorées et institutionnalisées – les Missions sont au peuple. Elles ne doivent pas être politisées. Derrière cette reconnaissance se cache la volonté d’en finir avec elles en les intégrant, comme les Conseils communaux, aux organes étatiques et sous le contrôle des politiciens. Mais les 1 237 articles du programme de la droite, el camino del progreso, n’ont pas convaincu la majorité du peuple des barrios et des campagnes qui a soutenu Chàvez. Ce programme, en réalité libéral, a été expliqué et dénoncé par un français, Romain Migus dans un livre et une brochure : El Nuevo Paquetazo made in USA…Ce document qui remet en cause toute la construction bolivarienne, élaboré en catimini par les conseillers des cinq partis des primaires, a immédiatement provoqué des désertions dès qu’il a été rendu public. En effet, Capriles entendait rétablir le privé dans tous les secteurs, économiques comme sociaux. Il prétendait, sans preuve, que les sociétés contrôlées par l’Etat avaient vu leur production chuter, dans la construction, la banque, l’alimentation. Mais un député du PSUV a fait observer que depuis ce contrôle, « on n’observe cette fois aucune des pénuries qui ont frappé le pays lors de chaque période électorale antérieure. Parce que les compagnies d’Etat comblent le vide créé par le secteur privé à des fins politiques ».
D’une manière très habile, ce programme sans remettre en cause formellement les missions d’aide publique, que ce soit dans les domaines de l’éducation, de la santé ou du logement, mais qui représentent une « lourde charge fiscale ». Il proposait un système mixte faisant appel à l’épargne volontaire individuelle, à la flexibilisation de la loi régissant l’industrie pétrolière « afin de promouvoir la compétition et la participation du privé. » Il prévoyait la fin des subventions agricoles, le gel des retraites et des salaires, l’augmentation des tarifs de l’électricité, de l’eau , du métro, du téléphone et des services subventionnés. Le programme d’austérité et de privatisations de l’Union européenne en quelque sorte !
Il a cependant réussi à convaincre des opposants de tous poils, les hésitants « chaca-chaca » qui apprécient les effets positifs du programme social de Chàvez, mais rejettent un pouvoir jugé trop personnel, des problèmes non réglés comme l’insécurité et une corruption qui subsiste encore malgré les efforts entrepris. Déjà, aux législatives de 2010, le MUDavait fait jeu presque égal avec le PSUV : 5,32 millions de voix contre 5,42. Un coup de semonce pour le Président qui a relevé le défit malgré un état de santé plus que préoccupant.
C’est avant tout parce qu’il a redistribué les revenus du pétrole en faveur des plus modestes, des plus pauvres :
la santé gratuite grâce aux dispensaires installés dans les quartiers populaires avec les 18 000 médecins cubains et les infirmières de la Mision Adentro. Après les charters pour La Havane, afin d’être opéré gratuitement de la cataracte, on peut recevoir gratuitement des lunettes dans les centres d’ophtalmologie comme je l’ai vu à Merida.
L’éducation gratuite des misions Ribas, Sucre, l’analphabétisme combattu avec la mision Robinson ; le matériel pédagogique vient de Cuba qui l’échange contre du pétrole. Les livres et même les ordinateurs distribués gratuitement aux élèves.
La mision Vivienda qui distribue des terrains pour la construction, des logements urbains et à la campagne, parfois tout équipés. Depuis son initiation la Gran Mision Vivienda (GMVV) 228 648 familles ont reçu leur logement « digne » depuis avril 2011. Ce sont les Conseils communaux, véritables organes de démocratie participative qui présentent les projets, recrutent les travailleurs, reçoivent les matériaux pour la construction et sélectionnent les bénéficiaires des programmes. Ce qui fait parfois des envieux et crée des jalousies opposantes…Les logements sont destinés à résorber les constructions précaires érigées sur les collines des barrios de Caracas et des grandes villes, mais aussi d’installer des communautés dans les villages ruraux. Ainsi les vallées andines se repeuplent d’agriculteurs qui cultivent les pommes de terre jusqu’à des altitudes de 3500 à 3800 m ou développent des coopératives de tourisme équitable. Hélas à Caracas, la plupart du temps, la libération de logis dans les bidonvilles profitent à de nouveaux arrivants qui s’y installent. Le programme prévoit 3 millions de logements neufs dont 350 000 sur deux ans.
Avec la réforme agraire, les paysans en coopérative ont pu cultiver 44% de produits supplémentaires, contribuant ainsi, outre à l’amélioration de leur situation personnelle, à celle de l’autonomie alimentaire recherchée par le gouvernement. De 2003 à 2006 le gouvernement a distribué plus de deux millions d’hectares à 160 000 familles paysannes. Elle s’est accompagnée de la Mision Agrovenezuela pour récupérer tous les pans de l’activité agricole.
Les farmapatria, 172 pharmacies de distribution de médicaments à des prix inférieurs de 30 à 40 % à ceux du marché privé.
Les supermarchés Mercal et mercalito, petits et grands qui proposent à des prix inférieurs à ceux des chaînes multinationales américaines, des produits de première nécessité et des appareils électroménagers. Le gran Supermercado Bicentenario a été inauguré le 8 août 2012, place Venezuela à Caracas, dans le cadre de la
Mision alimentation.
La Mision Amor Mayor (plus grand amour et la mission enfants du Venezuela). La première cible les personnes âgées et aide les 1500 543 citoyens qui n’ont jamais pu cotiser pour leur retraite. La seconde porte sur la redistribution de revenus à des adolescentes enceintes, à des mineurs en situation de pauvreté, et aux personnes handicapées.
Il faut ajouter à ce programme social, le nouveau code du travail qui réduit le temps de travail de 44 à 40 heures par semaine, étend le congé maternité de 18 à 26 semaines (6 mois et demi), rétablit l’ancien système d’indemnités de licenciements supprimé en 1997 par le gouvernement libéral, soit une prime correspondant à un mois de salaire par année d’ancienneté dans l’entreprise.
Mais ce n’est pas seulement pour la réduction incontestable des inégalités que Chàvez recueille l’assentiment de la majorité de ses concitoyens, c’est aussi pour sa politique d’indépendance à l’égard du grand voisin gringo du Nord du continent. Même si, pour nous français et européens, certains aspects spectaculaires comme les abrazos avec Ahmadinejad nous paraissent contestables.
Indépendance, réduction des inégalités, justice sociale, démocratie participative sont les mamelles auxquelles s’abreuvent les classes populaires et font la gloire et le charisme de Chàvez. En outre ses discours, son émission télévisée du dimanche allo presidente, ses qualités d’éducateur populaire, et il faut bien le dire un « populisme » - difficile à comprendre et à admettre pour nous, mais dans la tradition de ce pays – concourent à son succès, sur le chemin du socialisme bolivarien, celui du XXI° siècle. El pueblo abrio un camino, hay esperanza, déclarait Cabriles dimanche soir, paraphrasant son slogan de campagne – hay un camino – ce chemin, la majorité du peuple vénézuélien l’a indiscutablement choisi et ce n’est pas celui du retour au passé libéral, de la soumission aux intérêts du grand capital Etatsunien.
Chavez a reconnu les erreurs et proposé un programme pour les dépasser, résoudre les nombreux problèmes qui restent à surmonter, notamment, l’industrialisation pour l’après-pétrole, l’insécurité, la corruption, le système judiciaire tout en continuant à améliorer le sort des plus pauvres.
La question de l’inflation, qui a été réduite mais persiste à un taux élevé de 27, 4 % en 2011, est une préoccupation. L’indépendance de la banque centrale à l’égard du FMI, la coopération développée avec les autres pays dans les dispositifs tels que l’ALBA, le Mercosur et la création de la monnaie commune, le Sucre, devraient permettre de stabiliser la monnaie.
Le PSUV et les partis qui soutiennent le processus bolivarien devraient franchir un cap pour dépasser le stade de la simple machine électorale, s’organiser en véritables instruments d’éducation politique populaire.
Blanka Erkhout, vice-présidente de l’Assemblée nationale a déclaré à la journaliste de l’Humanité, Cathy Ceibe :
« Si nous n’inventons pas, nous répéterons les erreurs du passé. Notre socialisme repose sur l’acceptation de la diversité. Il ne peut y avoir de socialisme sans une profonde démocratie, le dialogue et la confrontation d’idées. Nous avons avancé en ce sens, malgré les conflits : l’opposition a réalisé un coup d’Etat, séquestré le président, organisé un coup d’Etat économique. Elle a piétiné la Constitution. Mais nous n’avons jamais renoncé à la démocratie. (ndla : Ces élections le prouvent). Tout le monde a bénéficié des avancées. Parler de socialisme, c’est parler de démocratie. Et c’est le peuple qui décide. »
Chàvez s’est engagé à remédier aux mauvais fonctionnements, les objectifs non aboutis, et l’inefficacité durant les 14 années de gestion.
« Sin duda he cometido errores, pero estoy totalmente dispueto a trabajar màs duro, a exigirle màs a mi équipo y darle màs poder al pueblo para hacer màs efficiente la gestion los 6 años(…) El proximo gobierno de Chàvez comienza el 8 de octubre, y ese nuevo gobierno de chàvez serà mucho mejor que los gobiernos antriores de Chàvez. » a t’il promis le 3 octobre à Maracay.
Sans doute, il a été commis des erreurs, mais je suis totalement disposé à travailler plus dur, à l’exiger de mon équipe et donner plus de pouvoir au peuple pour faire une meilleure gestion avec plus d’efficacité les six prochaines années. Le prochain gouvernement de Chàvez commence le 8 octobre, et ce nouveau gouvernement de Chàvez sera meilleur que les gouvernements antérieurs de Chàvez.
Chez les Warao du delta de l’Orénoque. Une population de pêcheurs cueilleurs.
Allain Graux
Le 16 octobre 2012 - (Venezuela : 27/09 au 8/10 /2012 – voyage précédent janvier 2006)
REFERENCES
- Barinas : ville où 3 partisans de Capriles ont été tués par des chavistes qui ont été arrêtés, sans que l’on sache si cela était l’acte de provocateurs ou de cinglés alcoolisés. Deux hommes sont morts aussi à Caracas, tués dans un bureau de vote par un électeur mécontent par le rejet de son vote jugé nul par la machine à voter.
Nota : les votes sont aussi vérifiés manuellement et les électeurs qui ont voté doivent tremper leur majeur dans de l’encre indélébile.
- Universal du 25 septembre : Chávez a des partisans et Capriles en a encore plus. Les effets politiques de l’élection du 7 octobre ne seront pas déterminés par le fait, aujourd’hui connu, que Henrique gagnera cette confrontation. (...) Si le CNE [Conseil national électoral] commet une fraude, ce qui suivra sera horrible. En quelques minutes, les rues du centre de Caracas se rempliront de gens célébrant le triomphe de Chávez. De l’autre côté de la ville, Capriles tiendra une conférence de presse et convoquera les Vénézuéliens dans la rue. En quelques heures, on aura deux masses humaines opposées et radicalisées dans chaque ville du Venezuela. Le 7 octobre sera un défi pour les Forces armées nationales, car la sécurité sera sérieusement compromise. »
- Fraude : le 15 septembre, l’argentin Carlos Álvarez, chef de la Mission d’observation électorale de l’Union des nations sud-américaines (Unasur), a déclaré : « Il est intéressant de souligner un élément que très peu connaissent, je parle surtout de ceux qui analysent la réalité depuis la désinformation ou les préjugés, c’est que le Venezuela possède aujourd’hui un dessystèmes électoraux les plus vigoureux et les plus avancés technologiquement de l’Amérique Latine, ce qui garantit la transparence, le contrôle et la surveillance du scrutin. (Venezuela Infos, «
- », Caracas)- Maurice Lemoine - Le Monde Diplo – 11.10.2012.-A ce propos, citons aussi l’ex-président Carter : « En réalité, sur les quatre-vingt-douze élections dont nous avons surveillé le déroulement, je dirais que le processus électoral du Venezuela est le meilleur du monde. (Business Wire, Agence France Presse, 22 septembre 2012.)
- Au Venezuela, l’importante classe bourgeoise criollo, descendant des conquérants espagnols et immigrants européens, se distingue des métis d’esclaves noirs et amérindiens par la couleur claire de leur peau. Elle est concentrée dans les zones urbaines.
- Le « caracazo » du 27 février 1989 qui fera 3000 morts, ordonné parle président social-démocrate Carlos Andres Perez. Ce qui provoquera « la prise de conscience politique » et l’engagement de l’officier Chàvez pour le peuple.
Les conseils communaux. Chavez faisait allusion à ses conseils qui sont les garants de l’expression d’une véritable démocratie participative. Le conseil communal rassemble des habitants volontaires en zone urbaine ou rurale, quelque soit leur opinion. Ils élisent en assemblée des représentants (porte-parole) qui traiteront des sujets d’intérêt pour la communauté au sein de différentes commissions (au moins sept) : santé, finances, production, infrastructures, culture, éducation, sport, etc. Il y a, au sein de la commission des finances, un élément essentiel : la banque communale (ou unité de gestion financière). C’est la banque qui reçoit les fonds des institutions de l’Etat, les comptes et le déroulement des projets étant surveillés par la communauté elle-même à travers le contrôle social, exercé par une (ou des) personne(s) élue(s) aussi par les membres du conseil eux-mêmes. La banque communale fonctionne comme une coopérative d’épargne et de crédit. Ces deux éléments , banque communale et contrôle social, sont capitaux pour l’avenir du conseil. La participation aux conseils communaux est totalement volontaire et n’est pas rémunérée.
Ils doublent les fonctions institutionnelles de l’Etat, dirigées par des politiciens qui détournaient souvent l’argent des projets on ne les faisaient pas aboutir. Ce sont, à la fois des instruments de démocratie directe et des moyens de lutte contre la corruption et le favoritisme, par les contrôles exercés à de multiples niveaux par les citoyens.
Ils ont nés par une loi du 7 avril 2006.
- Nicolàs Maduro : . ministre des Affaires étrangères depuis le 8 août 2006, il est désigné vice-président de la République le 7 octobre 2012 à la suite de la réélection d'Hugo Chavez à la présidence. C’est un successeur éventuel au président Chàvez. Il succède à Elisa Jaua qui a assuré la permanence à la tête de l’Etat pendant les trois opérations de Chàvez à Cuba. Diosdado Cabello, le président de l’Assemblée, figure aussi parmi les successeurs.
- Manuel Rosales : En avril 2002, il soutient le coup d’Etat de Pedro Carmona contre Chàvez. Le 9 août 2006, soutenu par huit partis, il est désigné candidat de l'opposition pour affronter le président sortant Hugo Chávez le 3 décembre à l’élection présidentielle.
Fin 2008, il est soupçonné d'importants faits de corruption. Il est appelé à comparaître devant la Commission Permanente de Contrôle du Parlement le 14 novembre, afin d'y répondre de plusieurs faits de corruption. Les soupçons concernent principalement : présomption d'évasion fiscale par le biais d'une loterie - la Lotería del Zulia, acquisition de biens et immeubles de manière irrégulière, donation présumée d'une camionnette inscrite au gouvernorat de l'État de Zulia à son complice le chef de la police d'état, nommé Jesús Cubillán. Dans le cas de la Lotería del Zulia, la fraude surpasserait les 19 millions de bolívars forts (plus de 5 millions et demi d'euros). Il refuse de se présenter devant la Commission. Avant les élections régionales et municipales, Hugo Chàvez avait déclaré : « D'où a-t-il sorti l'argent pour acheter 13 haciendas et des maisons aux États-Unis? C'est un voleur. Maintenant comment peut-on gouverner avec des voleurs comme Manuel Rosales? (…) on ne peut gouverner avec pareils gens. Moi je ne le peux pas.
Le 24 avril 2009, Interpol lance, à la demande de juges vénézuéliens, un mandat d'arrêt international à l'encontre de Manuel Rosales. En fuite au Pérou, celui-ci ne s'est pas présenté à la convocation des tribunaux.
Nuevo Tiempo, David de Lima (ex-gouverneur d’Anzoategui, l’avocat Hermann Escarrà. Par contre, les trois partis membres de l’internationale socialiste n’en disent rien ; et qui ne dit mot consent …
- En 2005, les secteurs stratégiques de l’économie ont été nationalisés : les banques, l’électricité, les télécommunications, l’acier. Le pétrole l’était déjà. En 2009, de petites entreprises jugées déterminantes pour la vie quotidienne ont été placées sous contrôle de l’Etat. Un réseau de compagnies publiques gèrent les biens de première nécessité : riz, café, huile, lait, et les proposent à des prix abordables, notamment dans la chaîne de magasins coopératifs Mercal.
- Le taux de pauvreté a baisse de 21% entre 1999 et 2010, passant de 48,6% à 27,8%. Il était de 70 % avant son arrivée au pouvoir en 1998…Le taux de grande pauvreté est tombée à de 22,2 % à 10,7% ( Chiffres de la Commission économique pour l’Amérique latine ( CEPA), « Panorama social de America Latina 2011 » Santiago (Chili) 2012. )
En France, toute proportion gardée, le taux de grande pauvreté est passé à 14,6 % …
- Analphabétisme : 98 % de la population a été alphabétisé grâce à la mision Robinson ( lancée en mai 2003)
- La « misión Ribas », lancée en novembre 2003, s’adresse aux cinq millions de vénézuéliens qui n’ont pas terminé leurs études secondaires. Deux ans de formation leur permet d’obtenir l’équivalent du baccalauréat et leur ouvre l’accès aux études supérieures. Quant à la « misión Sucre », elle permet aux bachelier de préparer l’entrée à l’université par une remise à niveau en 6 mois.
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