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Les Etats-Unis et l’Iran seraient parvenus à un accord de cesser le feu de 60 jours, y compris au Liban, et de réouverture d’Ormuz, qui devrait être signé vendredi. Mais Netanyahou fait déjà tout pour le saboter car il est en désaccord complet avec Trump, sur le nucléaire, comme le reste, et a bombardé le Liban cette nuit, comme tous les jours d’ailleurs, et ne veut pas se retirer. Electoralement, il lui faut une victoire, comme Trump, mais avec des objectifs différents, l’un a besoin d’un accord de paix, l’autre a besoin de la guerre et espère-t-il d’une victoire sur l’Iran et l’éradication du Hezbollah et du Hamas.

Avec l’Iran, les négociations doivent se poursuivre sur le nucléaire. Or, ce ne sera pas fait en 60 jours. Et ce n’est pas le premier accord de 60 jours ; donc les bombardements pourraient reprendre dans deux mois … si Trump n’est pas satisfait. En fait, il n’a rien gagné, on en revient à la situation précédent la guerre avec un détroit qui était ouvert et des conditions d’accord sur le nucléaire moins favorables que celui qui avait été signé par Obama.  

Une guerre pas tout à fait pour rien, car l’empire américain est affaibli, Israël isolé, l’Iran affaibli aussi, mais son régime plus radicalisé au détriment d’un peuple davantage persécuté.

Le monde est en crise énergétique et économique, les peuples toujours les victimes, des dirigeants des pays émergents conscients et revendiquant le multilatéralisme face à ce nouvel échec de l’empire américain. L’UE constate qu’elle doit compter sur elle-même, face à la Russie de Poutine qui est bloquée dans ses objectifs par le tenace et très actif président Zélinsky.

Personne , dans le monde, même Netanyahou, ne fait plus confiance au fantasque Donald Trump, même de plus en plus de citoyens américains.

La Chine, l’adversaire de Trump et son camp Maga, en sort renforcée…   

La situation n’est pas moins friable, instable. Il serait temps de parler sérieusement de Paix et de coopération plutôt que d’affrontement, en commençant par réformer les Nations Unies et leur fonctionnement, d’élargir le Conseil de sécurité, en finir avec un droit de veto qui date de la fin de la deuxième guerre mondiale où les alliés dominaient le monde et où les Etats-Unis pouvaient imposer leurs volontés face à l’ogre soviétique. Aujourd’hui, pour les libéraux occidentaux, les ogres sont le terrorisme islamique et la Chine…

Depuis les colonies se sont libérées, pas toujours les peuples, car dans beaucoup des nouveaux Etats du Tiers-monde ou Etats du Sud global, ce sont la dictature, la tyrannie, la guerre (Soudan, Yémen, RDC), qui a fait place à la souveraineté coloniale. Le néo-colonialisme, le néo-libéralisme des institutions internationales comme le FMI, la Banque mondiale règne toujours et des peuples sont toujours victimes de la famine, du manque de soins, d’éducation.

Le 16.06.26 - Allain Louis Graux.

Dans Regards le 17 juin, par Pablo Pillaud-Vivien

Donald Trump aime les images simples : guerres gagnées, ennemis humiliés, accords et contrats signés devant les caméras. Pourtant le président américain se trouve dans une situation paradoxale : jamais Washington n’a semblé aussi puissant, jamais les résultats obtenus n’ont paru aussi maigres.

L’Iran devait être une démonstration de force. Elle pourrait bien devenir le symbole des limites de ce second mandat. Un accord de paix extrêmement fragile est annoncé entre Washington et Téhéran. Donald Trump s’en félicite comme un succès historique. Mais au regard des objectifs de guerre, le constat est moins flatteur. Le régime des mollahs est toujours là. Rien ne permet même d’affirmer qu’il soit affaibli politiquement tandis que les ressources énergétiques iraniennes restent sous contrôle iranien. Les détails de l’accord demeurent flous. Les Européens parlent d’une désescalade plus que d’une paix durable. Après des mois de guerre, de destructions et de tensions internationales, le principal acquis semble être un retour progressif à la situation qui prévalait avant l’offensive américaine. Le détroit d’Ormuz doit encore être déminé et sécurisé, les échanges normalisés et les négociations poursuivies. Difficile d’y voir une victoire stratégique éclatante.

En Amérique du Sud, le tableau est différent. Trump peut revendiquer des résultats plus tangibles. L’enlèvement du président vénézuélien Nicolás Maduro en janvier a installé un gouvernement placé sous le contrôle direct de Washington. Les forces américaines interviennent désormais régulièrement sur le territoire vénézuélien. Le week-end dernier Donald Trump revendiquait une opération ayant conduit à la mort de Niño Guerrero, chef présumé d’un cartel lié au trafic de drogue. Les États-Unis commencent à récolter les fruits économiques de leur intervention. General Electric vient de signer un accord majeur pour la reconstruction du système électrique du Venezuela. Le pays n’est plus gouverné depuis Caracas mais sous l’œil attentif de Washington.

Donald Trump a entrepris d’étendre son pouvoir à l’ensemble du continent latino-américain. Depuis son retour au pouvoir, Washington dicte leur conduite à ses voisins. Menaces de sanctions, retraits de visas, accords militaires imposés, soutien assumé aux candidats conservateurs les plus favorables aux intérêts américains. L’administration américaine promet son aide politique et financière aux candidats de droite qui lui conviennent. L’Argentine ou le Honduras ont déjà connu ce scénario. La Colombie pourrait être la prochaine cible. Les États-Unis interviennent désormais à visage découvert. L’ingérence est devenue une politique revendiquée ; la soumission, la feuille de route. En mars, 17 pays ont rejoint plus ou moins librement le « Bouclier des Amériques », coalition sécuritaire voulue par Trump.

Parmi les vassaux, l’Europe a toute sa place. L’accord commercial conclu entre l’Union européenne et les États-Unis à l’été dernier a été voté ce mardi au Parlement européen : il confirme l’établissement d’une relation profondément asymétrique. Donald Trump sera reçu ce mercredi avec les honneurs à Versailles, comme si les menaces contre les alliés historiques et les violations répétées du droit international n’étaient que des désagréments passagers. Dans un monde régi par les rapports de force, beaucoup de gouvernements préfèrent céder.

Les États-Unis imposent leur volonté immédiate. Ils peuvent bombarder, menacer, sanctionner, faire pression. En revanche, ils peinent à transformer cette domination en succès politique. L’Iran n’est pas vaincu. Le Venezuela n’est pas stabilisé. L’Amérique latine obéit davantage qu’elle n’adhère.

Mais peut-être que cela leur suffit ? L’objectif n’est pas de construire un ordre stable mais de restaurer une hiérarchie, de rappeler au reste du monde qui commande. Sous cet angle, Trump est peut-être moins en échec qu’il n’y paraît. La diplomatie des accommodements, pas plus que la nostalgie du monde d’hier, ne sont en mesure de contester cette offensive.

Pablo Pillaud-Vivien

Le 18.06.26 : l’accord de paix entre les Etats-Unis et l’Iran est signé.

Selon les termes du texte signé mercredi soir, Téhéran s'engage à diluer ses stocks d'uranium hautement enrichi, tandis que Washington devra faciliter la mise en place d'un fonds de 300 milliards de dollars pour la reconstruction et le développement de l'Iran, en cas d'accord définitif. Selon le chef de l'équipe de négociation iranienne, Mohammad Bagher Ghalibaf, ce document en 14 points "acte l'échec des Etats-Unis". L'Iran a réitéré son intention de faire payer les navires par la suite. "L'Iran a un droit de souveraineté sur Ormuz et, bien sûr, nous percevrons une redevance pour ces services", a-t-il aussi déclaré[1].

Bien que le protocole d'accord prévoit la fin de la guerre sur tous les fronts de la région, y compris au Liban, quelques heures à peine après sa signature, un homme a été tué dans le sud du pays, lors d'une frappe israélienne dans le sud du pays, a annoncé l'Agence nationale d'information (Ani). Erreur, geste d’un soldat fanatique, tentative de sabotage d’Israël, les prochains jours le diront.

Malgré le cessez-le-feu conclu puis prolongé entre Beyrouth et Tel-Aviv, l’armée israélienne a intensifié ses opérations militaires au pays du cèdre ainsi que sa mainmise territoriale dans le sud. Selon le dernier bilan des autorités libanaises, plus de 3 800 Libanais ont été tués par les forces armées israéliennes depuis le 2 mars[2].

Maintenant que l’affaire iranienne lui paraît résolue, Trump va vouloir un nouveau succès en Amérique latine, après le Venezuela, où la situation lui est plus favorable. Il va s’attaquer à Cuba pour renverser le régime castriste, et en phase avec son secrétaire d’Etat Marco Rubio, fanatique anticastriste d’origine cubaine.

Allain Louis Graux

 

LES PEUPLES, “LES PLUS GRANDES VICTIMES DES GUERRES”

De manière subtile, Gideon Rachman souligne dans le Financial Times que l’un des signes de “l’absence de vainqueur incontestable dans cette guerre”, c’est “le mécontentement des tenants de la ligne dure de tous bords” – qu’il s’agisse des faucons américains, israéliens et même iraniens.

De manière fondamentale, la guerre contre l’Iran a montré une “vérité profonde sur la nature des conflits contemporains”, écrit un chercheur syrien dans le quotidien panarabe Al-Araby Al-Jadid.

“Dans un monde où la possibilité d’une occupation directe et d’une restructuration par la force des sociétés s’est amoindrie, il devient de plus en plus difficile pour les grandes puissances de traduire leur supériorité militaire en victoires politiques”, écrit-il.

“De plus, la question du vainqueur et du vaincu peut être trompeuse en soi, surtout si on limite notre réflexion et notre analyse aux États et aux régimes, et qu’on ignore les tragédies des peuples ; qui sont les plus grandes victimes des guerres et des conflits.”

États-Unis, Iran, Israël, Hezbollah, Hamas : cette guerre “est véritablement la guerre du Moyen-Orient que tout le monde a perdue”, écrivait le 9 juin le célèbre chroniqueur Thomas Friedman dans un article publié dans The New York Times, avant même l’annonce de l’accord entre Washington et Téhéran.

Julien Abiramia ( Courrier international – 18.06.26 )

 

[1] Source : Marie-Adélaïde Scigacz, Louis San - France Télévisions - le 18/06/2026.

[2] Source l’Humanité : Arthur Dumas – 18.06.26

Tag(s) : #GEOPOLITIQUE, #ISRAEL, #Monde, #PAIX, #PALESTINE, #géopolitique, #international
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