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France inter « L’invité de 8h 20 » , en l’occurrence 2 invités :  

Dov Alfon, directeur sortant de Libération, ex-directeur du quotidien israélien Haaretz, et Denis Charbit, professeur de science politique à l'Open University of Israel, auteur de "Yitzhak Rabin, la paix assassinée ?"(JC Lattès), décryptent la guerre menée par Israël au Liban.

 

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Trump veut sortir du conflit avec l'Iran. Netanyahou à des objectifs différents : renverser le régime iranien, une obsession, et éliminer les proxys iraniens : Hamas et Hezbollah. ( Allain)

Le combat de Benyamin Nétanyahou contre l'Iran est "une obsession" et "une constante idéologique", affirme, sur France Inter, vendredi 10 avril, Dov Alfon, directeur sortant de Libération et ancien directeur du quotidien israélien Haaretz. Il confie avoir rencontré Benyamin Nétanyahou il y a 20 ans, quand il était encore ministre des Finances. Dix minutes après le début de leur entretien sur "son projet, d'ailleurs très réussi, de tourner Israël en empire technologique", le ministre lui a dit "parlons quand même Iran", raconte le journaliste.

Pour Denis Charbit, également sur France Inter, le Premier ministre israélien "a un objectif idéologique très clair : il veut laisser son nom dans l'histoire comme celui qui a transformé de fond en comble le Moyen-Orient". Et le professeur de science politique à l'Open University of Israel d'ajouter : "Mais l'histoire est rebelle aux intentions des hommes politiques, aussi imbus d'eux-mêmes qu'ils sont, voire mégalomanes, à savoir qu'ils se retrouvent avec une situation qui est mi-figue, mi-raisin." Des élections législatives auront lieu fin octobre en Israël. "Ce sera le va-tout définitif pour pour Benyamin Nétanyahou", affirme l'auteur de Yitzhak Rabin, la paix assassinée (JC Lattès).

Les négociations vont "se jouer sur des narratifs"

Le Premier ministre israélien a demandé, jeudi soir, des négociations avec le Liban deux jours après l'avoir pilonné , justifiant qu'il visait des cibles du Hezbollah, et exclu de la trêve annoncé par l'Iran et les États-Unis . "La séquence des dernières 48 heures sont assez simples, c'est Donald Trump qui a dit quelque chose", estime Dov Alfon. "Nétanyahou n'a reculé que trois fois ces dernières années, et ces trois fois étaient après un appel de Donald Trump", souligne le journaliste, citant Gaza, la guerre des 12 jours en Iran et enfin le Liban.

Des pourparlers entre le Liban et Israël doivent se tenir la semaine prochaine à Washington, selon un responsable américain. " Nétanyahou va tenter de dire que le gouvernement libanais a consenti à des négociations à cause de ce baroud d'honneur de 48 heures durant lequel le Liban a été pilonné, alors qu'on sait parfaitement que le président libanais exhortait le gouvernement israélien à des négociations directes ou indirectes avant même le début de la guerre", explique Denis Charbit. "Ça va se jouer sur des narratifs", assure-t-il. "Le bilan des pertes israéliennes s'élève à une trentaine, ce n'est pas un bilan très lourd en 40 jours de guerre, mais c'est la société israélienne qui voit bien que l'usage de la force comme une fin en soi, sans aboutir à un résultat tangible, ça reste un échec", poursuit-il.

Le rôle de l'antisémitisme en Europe

Selon Dov Alfon, Benyamin Nétanyahou a encore "une botte secrète dont on ne parle pas" qui est "l'antisémitisme en Europe". "Pour lui, plus il y a d'antisémitisme en Europe, plus des jeunes français, et pas seulement des jeunes, des familles entières de juifs, se sentent isolés, menacés en France et vont rejoindre le seul pays refuge qui est dans leur culture", affirme l'ancien directeur de Libération. Dans le même temps, il note "un exil politique qui ne dit pas son nom" avec des Israéliens "d'un milieu socio-économique extrêmement élevé, qui font exactement le chemin inverse, qui arrivent à Paris".

Dov Alfon raconte qu'il a quitté Israël il y a 12 ans, "pas par hasard", mais en se disant "je quitte ce pays, sur l'analyse qu'il va dans une direction que je vois moi, et je ne peux pas absolument pas accepter" qui est celle imposée désormais par le gouvernement d'extrême droite de Benyamin Nétanyahou. "Si, pour survivre dans cette région, Israël a besoin d'être aussi cruel que le Hamas ou le Hezbollah, ce projet n'avait pas de sens", lance le journaliste qui affirme qu'il ne va pas retourner vivre en Israël.

Au contraire, Denis Charbit assure qu'il sera "le dernier à quitter Israël si les circonstances politiques le justifiaient, sans avoir auparavant géré un combat de résistance contre la dérive antidémocratique et belliqueuse dans laquelle Netanyahou nous a entraîné notamment ces trois dernières années

 

Tag(s) : #ISRAEL, #PAIX, #PALESTINE, #géopolitique, #international
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