La censure
On veut nous censurer. La loi Yadan est faite pour nous clore le bec. Et ça peut nous faire penser à tous ces mots qui nous ont été interdits, à propos de la Palestine, mais que peu à peu des institutions respectables ont fait surgir . Avec les mots justes, se fixent les analyses, avec les mots justes, la vérité surgit et chaque fois nous devenons plus lucides.
Petit rappel :
En 1975, c’est l’assemble générale de l’ONU qui a fait scandale auprès des Européens en utilisant le mot jugé scandaleux de racisme, pour parler du sionisme.
En 2022, autre coup de tonnerre : c’est la très sérieuse et incontestée association Amnesty international qui utilisa la terme d’apartheid en une annonce fracassante : « Après un travail de recherche de près de quatre ans, nous publions notre rapport intitulé « L’Apartheid commis par Israël à l’encontre des Palestiniens. Un système cruel de domination et un crime contre l’humanité ».
Après le 7 Octobre , ce furent des institutions vénérables appartenant à l’ONU qui utilisèrent le terme infâmant de « génocide , ainsi que B’tselem, courageuse association israélienne des droits de l’homme. Ce terme, si violemment contesté fut illustré par les images terribles que de courageux journalistes palestiniens, menacés de mort , nous faisaient parvenir jour après jour.
Reste le mot de « nazisme , le tabou absolu. Mais y a quelques jours, un très très haut gradé israélien, le général Moshae Yaalon , a osé l’insinuer quand il a dit ceci : « L’idéologie de la « suprématie juive », devenue dominante au sein du gouvernement israélien, rappelle la doctrine raciale nazie. » Serait-ce l’amorce d’une prise de conscience des Israéliens ! elle arrivera forcément, cette prise de conscience et ce sera un tsunami.
Oui ! Combien de fois a-t-on bâillonné la vérité sur la Palestine ? Mais de mot à mot, la vérité finit toujours par se frayer le chemin.
Maintenant, ce sont certains slogans que la députée Yadan et plus de cent députés veulent empêcher.
Deux d’entre eux sont particulièrement ciblés :
« Free Palestine » et « From the river to the sea » : de la mer au Jourdain.
Il est dit dans le texte de loi que c’est une attaque contre Israël et contre les Juifs, car ces slogans signifieraient que l’on veut se débarrasser des Juifs israéliens. Les noyer dans la mer. Les anéantir en un gigantesque pogrom.
Sans doute certains le pensent-ils, quand ils crient : « Free Palestine ». On ne peut pas savoir. Les slogans ont comme caractéristique de ne contenir que peu de mots ; leur brièveté peut les rendre riches d’arrière-pensées. « Free Palestine » peut comporter tellement de significations : Nous, nous pensons : libérez la Palestine de la domination qu’elle subit. Libérez la Palestine des colonies et des prisons lieux de torture. Libérez la Palestine de l’oppression.
De même « From the river to the sea ». A cela près que cette formule fut d’abord utilisée dès le début du 20° siècle par les leaders sionistes eux-mêmes pour dire leur volonté prendre tout le territoire allant de la mer méditerranée à la rivière du Jourdain … Et même plus. Et d’ailleurs, ils l’ont fait, ils ont tout pris, from the river to the sea. Alors nous disons: pourquoi les Palestiniens n’auraient-ils pas le droit de reprendre la formule ? ? On fera quoi, de la mer à la rivière ? Et si on y établissait l’égalité entre tous les humains qui s’y trouvent ? Ne serait-ce pas une bonne idée ?
Oui, les slogans ont souvent de nombreuses significations parce que ce sont des raccourcis. Mais de là à les interdire, comme le veut madame Yadan ! Ca non ! Conservons-les. Répétons-les. Ils nous font du bien avec leurs phrases choc, leurs coups de fouet, avec leur rythme, leurs sonorités libératrices et fortes, qui nous touchent, nous émeuvent. Et d’ailleurs, ils sont si forts qu’ils franchissent les frontières, ils nous arrivent parfois en anglais, langue quasi universelle désormais, ils nous arrivent aussi en arabe : Tahya Tahya Falestine, ils sont comme des oiseaux porteurs de délivrance. Ils prouvent que la cause palestinienne a franchi tous les obstacles pour s’envoler dans le monde entier. Tant que les mêmes phrases seront scandées en Amérique comme en Asie comme en Europe, la Palestine existera et ne pourra pas mourir. Evelyne Reberg
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