Démonstration de force, remise en question de l’accord entre les Kurdes et le régime de Damas… Ce qui se cache derrière la bataille d’Alep
« L’armée syrienne a pris le contrôle des quartiers kurdes de la ville du nord. Ces affrontements compliquent, voire remettent en cause l’accord signé en mars visant à l’intégration des Forces kurdes et les discussions sur un système décentralisé.
S’il fallait un exemple de la façon dont le nouveau pouvoir syrien, dirigé par l’ancien djihadiste Ahmed Al Charaa, entendait résoudre la question des minorités dans le pays, ce qui vient de se passer à Alep en a livré un aperçu. Les combats dans cette grande ville du nord sont le troisième épisode de violences contre des minorités, après des massacres d’Alaouites sur la côte, en mars dernier, et des combats avec les Druzes dans le Sud, en juillet.
Ces affrontements, les plus intenses à Alep depuis la chute de Bachar Al Assad en décembre 2024, ont fait au moins 21 morts parmi les civils depuis mardi, et provoqué le déplacement d’environ 155 000 personnes, qui ont quitté les quartiers à majorité kurde de Cheikh Maqsoud et d’Achrafieh.
Ces combats ont éclaté alors que l’accord conclu en mars, pour intégrer les institutions de l’administration autonome kurde et les FDS au sein du nouvel État, n’est toujours pas appliqué. Les Kurdes, fer de lance de la lutte contre les djihadistes du groupe « État islamique » en Syrie, réclament notamment un système de gouvernance décentralisé, ce que rejette Damas.
Les États-Unis et l’Union européenne, en pleine phase de normalisation de leurs relations avec le nouveau pouvoir syrien, multiplient les déclarations, mais les Kurdes pourraient bien être les laissés-pour-compte de cette realpolitik. (Comme ils le furent avec les Palestiniens en 1920 : des cocus de la politique colonialiste –occidentale - Allain Graux ). Les bases de l’État islamique ont été bombardées ces derniers jours dans la vallée de l’Euphrate.
Vendredi, la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a rencontré le dirigeant Ahmad Al Charaa à Damas, plus pour s’inscrire dans la juteuse reconstruction du pays que pour protéger les minorités. Quant aux États-Unis, ils demandent un « retour au dialogue » tout en saluant Ahmed Al Charaa « qui travaille à stabiliser le pays ». « Pierre Barbancey - L’Humanité).
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