GAZA et la PALESTINE
Depuis le cessez le feu
« Lorsque les rumeurs de cessez-le-feu ont commencé à circuler en octobre, cela ressemblait à un rêve lointain. Nous nous accrochions à n’importe quelle lueur d’espoir, même si au fond de nous, nous avions peur d’y croire. Depuis deux ans, nous entendions parler de « cessez-le-feu » qui ne duraient jamais.
Alors lorsque l’annonce a finalement eu lieu, les rues se sont remplies de youyous et d’acclamations. Mais malgré cela, la peur s’est glissée dans mon cœur que ce calme ne soit qu’une pause avant une autre série d’attaques.
Mes craintes étaient justifiées. Les attaques meurtrières quotidiennes d’Israël se sont poursuivies ; plus de 400 personnes ont été tuées depuis lors par son armée.
Le 20 novembre, Israël a frappé plus près de mon cœur. L’armée israélienne a bombardé la maison de la famille Abu Shawish dans le camp de réfugié·es de Nuseirat, dans le centre de Gaza. Mon amie Batoul Abu Shawish a perdu toute sa famille – ses sœurs Habiba, 11 ans, et Tima, 16 ans ; ses frères Youssef, 14 ans, et Mohammed, 18 ans ; et sa mère, Sahar, 43 ans, et son père, Rami, 50 ans. Ils ont été massacré.es malgré le fait que la famille n’avait aucune affiliation politique ; ils étaient tous.tes des civil.es. Batoul doit maintenant faire face toute seule au génocide.
Les bombardements israéliens continuent, tout comme la mort massive par d’autres moyens : des bâtiments effondrés, des bombes non explosées, des inondations, l’hypothermie, la famine et la maladie – toutes des créations de la stratégie génocidaire israélienne. Nous continuons à lutter, sans abri ni nourriture, sans chauffage ni électricité et sans eau potable. La situation est si mauvaise que l’hiver lui-même tue les gens[1].
En novembre, les regards du monde entier ont commencé à se détourner, l’intérêt au niveau international a diminué parce que le public s’est facilement laissé convaincre que la guerre avait pris fin. Gaza est devenue pour la plupart invisible, car d’autres actualités et d’autres « points sensibles » ont capté les projecteurs des médias. Et récemment la capture incroyable de Nicolas Maduro, Président de fait du Venezuela et de son épouse, par le gouvernement des Etats-Unis d’Amérique. Ce même gouvernement qui arme et soutient celui d’Israël qui opprime et massacre massivement les Palestiniens, opère un génocide de fait à Gaza, avec plus de 70 000 morts, détruit et expulse les Palestiniens des camps de Cisjordanie, soutient la folie colonisatrice des colons extrémistes.
Et aussi, dans le sud d’Israël, toute la région du Néguev, on estime que 11 000 structures ont été démolies au cours des deux dernières années, dont 2 500 maisons d’habitation, déplaçant des milliers de personnes.
Israël continue de violer le cessez-le-feu :
- en limitant drastiquement l’entrée du nombre négocié de camions d’aide pour approvisionner l’enclave en médicaments et tentes, matériel d’abri de secours et mobile homes nécessaires.
- en freinant l’accès aux organisations internationales qui tentent de venir en aide à la population de Gaza. Et même en adoptant de nouvelles règles qui rendent impossible l’enregistrement de 37 ONGs,
Dont Save the Children, Médecins du Monde, Médecins sans frontière. Elles devront quitter Gaza avant le 1iermars et être remplacées par des ONG américaines qui ont déjà montré leur inefficacité et même leur dangerosité.
- en maintenant la frontière de Rafah fermée. Il n’y a aucune possibilité de voyager à l’extérieur à moins de payer une somme exorbitante aux profiteurs de guerre liés à Israël et que vous acceptiez de ne jamais revenir. Plus de 16 000 personnes qui ont besoin d’une évacuation médicale d’urgence sont empêchées par Israël de partir ; plus de 1 000 patient.es sont mort.es en attendant une autorisation de partir.
Une vague de lois visent les Palestiniens, parallèlement à des discussions ouvertes sur le « transfert de population ». Les sondages montrant que la plupart des Israéliens juifs sont favorables à l’expulsion des Palestiniens du pays.
L’objectif final est l’extermination de toute vie palestinienne à Gaza, la colonisation totale de la Palestine mandataire.
Allain Louis Graux
Le 7 janvier 2026
[1] Source : Média Palestine :
Salah al-Mabhouh, Palestinien déplacé, est assis près du feu avec son fils Abdul-Razzaq à côté de leur tente dans le camp d’al-Bureij, dans le centre de la bande de Gaza, le 24 décembre 2025-
Par Eman Abu Zayed - autrice palestinienne de Gaza.
[Abdel Kareem Hana/AP]
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