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Un pays à la dérive, mais doté de catapultes électromagnétiques. 

 

 

 

Accrochez-vous bien : fin 2025, la France aborde 2026 sans budget approuvé, mais avec un nouveau porte-avions en construction et une dette abyssale. L'ironie est à son comble dans notre cher pays, où l'on peut se passer de loi de finances et, simultanément, lancer fièrement la construction d'un navire de guerre de 310 mètres.

Bien que la France ne dispose – pour l'instant – d'aucun budget validé, elle trouve tout de même le moyen de s'offrir un jouet à 10,2 milliards d'euros : un porte-avions « nouvelle génération » prévu pour 2038. Et ce, alors que la dette publique frôle les 3 500 milliards d'euros, soit 117 % du PIB.

Bienvenue en France, pays des paradoxes budgétaires !

Budget 2026 : Blocus parlementaire et solution de fortune

La France entame donc l'année 2026 les poches vides et les mains liées. Faute d'accord entre les députés et le Sénat au sein de la commission mixte, aucun budget 2026 ne pouvait être adopté avant le 31 décembre.

Pour éviter l'effondrement de l'État le 1er janvier (le cauchemar d'une paralysie des services publics à l'américaine, que notre Constitution vise précisément à éviter), le gouvernement a mis en place une solution d'urgence : une « loi spéciale » adoptée à la hâte pour assurer un financement temporaire. Précisons qu'il ne s'agit pas d'un véritable budget (Emmanuel Macron lui-même le reconnaît ; ce pacte législatif « n'est pas un budget » et « ne résout pas les problèmes de déficit », créant ainsi des « problèmes de priorités pour le pays »).

En clair, cette loi spéciale autorise uniquement le recouvrement des impôts existants et permet à l'administration de fonctionner en janvier, en limitant les dépenses au strict minimum. Pendant ce temps, les décisions politiques majeures sont suspendues.

Cette situation absurde a un air de déjà-vu : l'année dernière, une loi spéciale similaire avait déjà permis de gagner du temps jusqu'à l'adoption d'un budget en février. Mais le scénario se répète en 2025, signe d'une démocratie budgétaire au point mort. Le Parlement est de facto paralysé, et le pouvoir exécutif menace une fois de plus d'invoquer le tristement célèbre article 49.3 (une disposition constitutionnelle permettant au gouvernement français de voter une loi sans vote parlementaire) pour le contraindre à agir début 2026. Car, faute de budget voté, le gouvernement devra assumer ses responsabilités et imposer la loi de finances par la force, en vertu de l'article 49.3, à moins de laisser le pays à la dérive pendant des mois.

L'ombre de l'article 49.3 – cet instrument honni par l'opposition – plane donc sur le mois de janvier, seul moyen de remettre la France sur les rails budgétaires (ou plutôt, de la remettre dans son sillage).

Ironie amère : pour financer correctement nos forces armées en 2026, il faudra peut-être torpiller le débat parlementaire. Dans une République si fière de son Parlement, le voilà de nouveau, l'arme de dissuasion politique utilisée pour gouverner.

La première torpille a mis fin au débat parlementaire…

Alors que Bercy (le ministère français de l'Économie) s'affaire à l'établissement des comptes prévisionnels mensuels, un autre événement fait grand bruit : Emmanuel Macron a officiellement lancé le projet du nouveau porte-avions français. Profitant d'une visite de dernière minute aux troupes françaises stationnées aux Émirats arabes unis (on se demande bien ce qu'elles y font…), le président a confirmé la construction du successeur tant attendu du Charles de Gaulle.

Le PANG (pour Next Generation Aircraft Carrier), son nom de code, entrera en service en 2038 et mesurera 310 mètres de long pour un déplacement de 80 000 tonnes. Avec ses 2 000 marins et ses 30 avions de chasse embarqués, ce géant à propulsion nucléaire ambitionne de maintenir la France dans le cercle très fermé des puissances aéronavales. Le prix du prestige : 10,2 milliards d'euros, un prix exorbitant…

À l'inverse, en mai 2025, la Corée du Sud a officiellement abandonné son projet de porte-avions CVX. Non seulement pour des raisons budgétaires, mais aussi parce que les stratèges sud-coréens ont tiré les leçons de la guerre en Ukraine. Missiles de précision, drones kamikazes, saturation des défenses : les grands navires sont devenus vulnérables.

Au lieu d’investir 5 milliards de dollars dans un symbole flottant, la Corée a opté pour un navire de commandement capable de diriger des essaims de drones, moins prestigieux mais plus agile, mieux adapté aux menaces actuelles.

Bien sûr, on nous dira que la construction du PANG était prévue de longue date, approuvée par la loi sur la programmation militaire, et même incluse (avec un modeste acompte) dans la loi de finances 2025. Et alors ? Voir le gouvernement débloquer des milliards pour un navire amiral militaire tout en étant incapable d’allouer un seul euro aux dépenses civiles pour la nouvelle année est sidérant.

À Washington, un blocage budgétaire paralyse les agences fédérales ; à Paris, nous continuons d’annoncer fièrement un navire de guerre de haute technologie, « garant de notre puissance », alors même que nous ne parvenons pas à équilibrer les comptes publics. Où est la solution ?

Tag(s) : #Actualité politique et sociale, #POLITIQUE, #actualité, #politique
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