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"Dans la même journée, Emmanuel Macron a réfuté le terme de suspension au profit d’un « décalage dans le temps » et Sébastien Lecornu a affirmé que la réforme des retraites… serait bien suspendue via le budget de la Sécurité sociale. Poussés à clarifier leur stratégie, Matignon et l’Élysée ont choisi deux voies contraires."
... Emmanuel Macron a ainsi seulement pointé un relèvement progressif de l’âge légal de départ, avec une borne « des 63 ans au 1er janvier 2027 (…) décalée au 1er janvier 2028, avec un financement par des économies ». Des « perspectives de référendum sont possibles, encore faut-il qu’on sache sur quoi », a-t-il poursuivi."
Les retraites, pour les gens, ce n'est pas une question de sémantique, mais de vie - et pour certains de mort ! Et pas de vagues promesses. S'il doit y avoir un référendum sur cette question , Macron sait bien qu'il le perdra. Donc, il n'y en aura pas.
Il devrait partir à l'échéance de mai, comme le réclame Edouard Philippe. C'est bien la première fois que je suis d'accord avec ce réactionnaire de la droite! LFI réclame la démission ou la destitution immédiate. Ce serait la meilleure solution : demander au peuple de juger par son vote.
La dissolution de l'Assemblée risque de ramener 200 députés RN, ajouterait au danger de remise en cause des droits des citoyens et humains et de la démocratie républicaine. Changer des système républicain oui, pour plus de droits et de progrès, pas pour la régression.

Je fais mien cet article de Roger Martelli dans Regards, au sujet d'un sondage Ipsos pour Le Monde, le Cevipof et les fondations Montaigne et Jean Jaurès; c'est- à-dire plusieurs médias d'obédiences différentes, ce qui lui donne de la crédibilité. Ses résultas incitent à une sérieuse réflexion et à la conclusion de Martelli que je partage...

« Fractures françaises : l’extrême droitisation des préférences partisanes », titre Le Monde, pour présenter la dernière livraison de l’enquête conduite depuis 12 ans par l’institut de sondage Ipsos, pour Le Monde, le Cevipof et les fondations Montaigne et Jean Jaurès. Ainsi, on ne croit pas (à 58%) que renvoyer les immigrés règlera les problèmes de l’économie, mais on estime pourtant massivement (65%) qu’il y a trop d’immigration et que « l’on ne se sent plus chez soi comme avant » (63%). On peut juger qu’il « faut prendre aux riches pour donner aux pauvres » (61%), mais on convient à 49% que « plus il y a de riches, plus cela profite à l’ensemble de la société ». Il y a du mécontentement (53%) et même une colère croissante (43% contre 31% en 2021). Mais quand il faut trouver des solutions, on dit sans broncher qu’il « faut un vrai chef en France pour remettre de l’ordre » (85%). À 65%, on continue de dire que le régime démocratique « est le meilleur possible », mais sans confiance dans les institutions censées les faire vivre. Les dirigeants politiques sont jugés corrompus (68%) et les acteurs politiques ne penseraient qu’à leurs intérêts personnels (87%). Quant aux partis, ils sont au fond du trou : 10% de confiance. Qu’ils dégagent tous, donc ? Peut-être, mais quand il s’agit de passer aux travaux pratiques, tout le monde n’est pas désigné pour prendre la porte.  On n’aime pas les partis politiques, mais on place au-dessus du lot le RN, ce parti attrape-tout, qui rassure les patrons tentés par « l’ordre » et qui attire les moins lotis, pouvant penser que la mise à l’écart des « assistés » grossira la part qui leur sera attribuée. 22% des sondés se disent sympathisants du RN, contre 8% pour le PS, LFI, Renaissance ou LR. On finit même par considérer que le RN est « capable de gouverner le pays » (47%) et que la société qu’il prône est « celle dans laquelle on souhaite vivre » (38%). Au total, le RN serait moins « dangereux pour la démocratie » (48%) que LFI (64%) !  Au fond, une fois de plus, nous constatons que la colère conduit au ressentiment, si s’efface la conviction que l’on peut envisager une société sans clivages et sans mépris de classes, une société de justice et de partage. La colère sans l’espérance pousse à la désignation des boucs émissaires. Au bout du compte, elle nourrit la résignation devant les capitulations démocratiques.

Le sondage d’Ipsos renvoie à sa manière à ce que nous ont dit les évolutions électorales. Depuis 2017, la droite macroniste a réussi à repousser un grand nombre de celles et ceux qui avaient cru aux vertus du « et de droite et de gauche ». Mais sur les 14% perdus par la droite présidentielle entre 2017 et 2022, la gauche a récupéré 4% et l’extrême droite plus de 10%. En scrutin législatif, si la gauche a gagné un peu plus de six points entre 2014 et 2024, l’extrême droite a de son côté progressé de 20 points ! La colère est là, mais la gauche reste rivée au-dessous du tiers des exprimés.

Inutile de se voiler la face : l’accession au pouvoir du RN est devenue une possibilité tangible. On ne l’interrompra pas en courant derrière lui, comme le fait une grande partie de la droite. La gauche ne retrouvera pas ses couleurs en lorgnant vers le centre et en renonçant à changer la donne en profondeur. Elle n’y parviendra pas en additionnant les combats « anti », en jouant la surenchère, en cultivant l’inquiétude et la colère et en levant le poing.

Le sondage ne nous dit pas comment faire barrage à ce qui n’est à ce jour qu’un possible. Mais il incite à penser que la gauche a encore du chemin à faire et qu’il vaudrait mieux qu’elle réfléchisse de conserve, plutôt que de s’invectiver. (Roger Martelli dans Regards du 19 octobre 2025.)

Le PS est le cocu de l'aventure de la non censure dont on comprend bien qu'il craignait une dissolution qui ne serait pas plus avantageuse pour Macron que pour lui ...

Allain Louis Graux, le 22.10.202

Tag(s) : #Actualité politique et sociale, #POLITIQUE, #SOCIAL, #actualité, #publication
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