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LE CESSEZ LE FEU EST ACQUIS A GAZA

Un accord a été trouvé entre le Hamas et Israël, mercredi, sur la première phase du plan de paix de Donald Trump. Le principal négociateur du Hamas, Khalil al-Hayya, a déclaré, dans un discours diffusé par la chaîne Al Jazeera, que son mouvement avait reçu des garanties des Etats-Unis et d'autres médiateurs selon lesquelles la guerre avec Israël avait pris fin.

Pour la signature de l'accord de cessez-le-feu, Trump assure qu'il y aura un "désarmement" du Hamas et un retrait des troupes israéliennes dans une prochaine phase de ce texte. "Personne ne sera forcé de partir. Non, c'est même le contraire", a-t-il assuré à propos de la bande de Gaza.

Le gouvernement israélien a officiellement approuvé la première phase du plan de paix de Donald Trump, dans la nuit de jeudi à vendredi, malgré l’opposition des ministres d’extrême-droite Smotricht et Ben Gvir.

"Tous les otages, vivants et décédés, seront libérés [au plus tard] 72 heures [après l'entrée en vigueur du cessez-le-feu], ce qui amène au lundi 13". Dans les 24 heures suivant l'entrée en vigueur du cessez-le-feu. L'armée israélienne a commencé à se retirer de certaines zones, mais elle gardera le contrôle de 53% du territoire de la bande de Gaza. Selon les déclarations de la porte- parole israélienne.

Des scènes de joie à Gaza et en Israël. A Khan Younès, dans le sud du territoire palestinien, des Gazaouis ont applaudi, chanté et dansé à l'annonce de l'accord, selon des journalistes. Sur la "place des otages" à Tel-Aviv, des centaines de personnes se sont rassemblées jeudi, beaucoup arborant un autocollant avec l'inscription "Ils reviennent", d'autres s'embrassant et se félicitant.

Des Israéliens célèbrent l'accord entre leur gouvernement et le Hamas, le 9 octobre 2025, à Tel-Aviv. (JOHN WESSELS - AFP)

Il faut reconnaître à Trump le mérite d’avoir réussi à « faire plier un allié difficile et désormais isolé » comme l’écrit David E. Sanger dans l’édition du New-York Times du 8 octobre 2025,  après avoir été le déclencheur des hostilités en obtenant lors de son précédent mandat la signature des accords d’Abraham normalisant les relations entre Israël, les Émirats arabes unis et le Bahreïn, suivi par le Soudan et le Maroc.

Mais Nétanyahou avait fini par dépasser les bornes, et Trump et son entourage ont saisi l’occasion de le mettre au pas, car il contrariait ses efforts pour obtenir le prix Nobel de la paix ... et surtout pour arriver à stabiliser le Moyen-Orient pour se consacrer aux problème de sa rivalité avec la Chine. L’ampleur des destructions à Gaza scandalisant le monde entier, et la décision du premier ministre israélien de bombarder les négociateurs du Hamas au Qatar, pays médiateur allié des Etats-Unis, choquant la Maison-Blanche.  

C’est la crainte de voir l’Arabie saoudite rejoindre ces accords qui avait poussé le Hamas à commettre la terrible attaque du 7 octobre 2023. Si l’accord de cesser le feu et de libération des otages se conclut sans accroc par des accords de paix, L’Arabie saoudite pourrait à son tour normaliser ses relations avec Israël. Les milieux d’affaires poussent le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane, dans ce sens.

« Trump, qui ne s’excuse jamais, a forcé Nétanyahou à présenter ses excuses aux autorités qataries, et a même publié des photos de l’appel. Il a aussi contraint Nétanyahou à accepter le plan en 20 points, dont le dirigeant israélien pensait que le Hamas ne l’accepterait jamais[1] ».

Le Hamas et d’autres milices ont commis une terrible erreur stratégique le 7 octobre 2023 en attaquant Israël et massacrant 1240 personnes dont de nombreux civils. Gaza a payé un terrible prix par des représailles vengeresses disproportionnées qui ont détruits l’enclave à 90% et provoqué plus de 67000 morts recensés. Le mouvement islamiste, a lui-même payé un prix très lourd, avec l’assassinat de ses principaux dirigeants, l’anéantissement quasi complet de ses fédayins. Un affaiblissement aussi de ses principaux soutiens, le Hezbolah au Liban, en Syrie avec la chute d’Assad  provoquée en partie par le retrait des milices libanaises, du Yémen, de l’Iran soumis à des bombardements contre ses installations nucléaires et des assassinats de chefs des Gardiens de la Révolution tué toute une génération de scientifiques et d’officiers iraniens.  

Cependant un obstacle demeure : La reconnaissance et la création de l’Etat palestinien auquel les populations des pays arabes demeurent fortement attachées alors que Netanyahou y est formellement opposé ainsi que la majorité des juifs israéliens.

Pour Israël, la brutalité génocidaire de la riposte par un gouvernement de sionistes suprémacistes de l’extrême-droite, a entaché durablement son image à l’international. Elle a placé le pays dans une position paradoxale : plus puissant que jamais, mais aussi encore plus isolé. L’image d’Israël entachée pour longtemps.

La population israélienne est aussi fortement divisée.

Les plus proches alliés d’Israël, l’UE, les Etats libéraux occidentaux appellent à la création d’un État palestinien, malgré l’absence de plan concret concernant l’emplacement d’un tel État et de qui le dirigerait.

Dans la liste des prisonniers devant être libérés, le nom de Marwan Barghouti, «  surnommé le Mandela palestinien », ne figure pas, Netanyahou l’a fait retirer[2] car il ne veut pas d’interlocuteur palestinien crédible face à lui, susceptible de représenter un Etat palestinien, comme le fut Mandela en Afrique du Sud.

Demeurent donc les inconnues de l’après

Pour Nétanyahou, l’objectif de la guerre ne sera pas atteint tant que tous les auteurs des attaques du 7 Octobre n’auront pas été éliminés et que ne sera pas écarté l’éventualité de la création d’un Etat  palestinien indépendant qui contrarierait le projet sioniste expansionniste du grand Israël.

 

On ignore comment et qui va mettre en place un gouvernement provisoire de “technocrates”, faire en sorte que les autorités du pays soient purgées des sympathisants du Hamas qui ne renoncera pas à exister au moins politiquement. L’hypothèse de l’ancien premier ministre anglais Tony Blair, sous la présidence d’un Conseil dirigé par Trump paraît parfaitement farfelue.

On ne sait pas non plus quel rôle va pouvoir jouer l’Autorité palestinienne, si tant est qu’elle en ait un, tant elle est discréditée et corrompue.

Et surtout dans ces beaux projets, personne ne parle de l’implication du peuple palestinien, de prendre son avis, de respecter son droit à l’autodétermination.

Sans cette implication, le risque sera toujours présent d’une nouvelle explosion, de sa violence, si l’occupation continue, avec des projets d’annexion, de disparition de l’existence même de la civilisation palestinienne.

Allain Louis Graux

Le 10 octobre 2025

 

 

 

[1] David E. Sanger dans l’édition du New-York Times du 8 octobre 2025. « Donald Trump touche du doigt son grand succès diplomatique  au Moyen-Orient » (Courrier international du 9.10.25).

[2] Pierre Haski , France Inter à 8h15 le 10.10.25.

Tag(s) : #ISRAEL, #PALESTINE, #PAIX, #géopolitique, #international
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