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Photo Omar Al-Qattaa / AFP
C’est le grand jour de la libération des 48 otages israéliens dont 28 dépouilles, et 1968 prisonniers palestiniens sur 11 056, dont 3 544 sont en détention administrative, c’est-à-dire sans jugement ; 1 716 Palestiniens originaires de Gaza devaient ainsi être transférés à l’hôpital Nasser de Khan Younès, le même jour. En Cisjordanie, à Ramallah, c’est une explosion de joie et de pleurs qui a accompagné l’arrivée des premiers bus du Comité international de la Croix-Rouge transportant les 88 détenus libérés lundi de la prison israélienne d’Ofer, portant le pull en molleton gris des services pénitentiaires israéliens. Au moins 154 détenus pour crimes de sang sont expulsés contre leur gré en Égypte ; ils ne retrouveront pas leurs familles… Dans un communiqué, les brigades Ezzedine al-Qassam, la branche militaire du Hamas, ont insisté sur les « brimades, tortures et exécutions » subies par les captifs palestiniens[1]. « L’un d’eux a décrit à Al Jazeera comment les Israéliens tiraient sur les prisonniers avec des balles en caoutchouc, qui lui ont laissé des « profondes blessures vers les parties génitales et dans le dos ». D’autres étaient électrocutés, a-t-il également rapporté, qualifiant les prisons d’« abattoirs »[2].
Photo-REUTERS- SHhr Torem - Place des Otages à Tel Aviv.
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Sur la place des Otages de Tel Aviv, 65 000 personnes se sont rassemblées devant des écrans géants pour assister à la libération des vingt Israéliens revenus de Gaza après 738 jours de captivité. La chanson Habayta (« à la maison » en hébreu) était jouée en boucle dans les haut-parleurs[3].
A Gaza, des foules immenses, une cohue de véhicules, de cyclistes, de charrettes, de piétons ,hommes, femmes et enfants à Gaza pour retrouver le plus souvent leur maison ou leur appartement transformé en un tas de décombres. Dans les ruines, ils peinent à reconnaître leur quartier. Certains installent leur tente de toile, d’autres repartent là où il y a des commerces, de l’eau. Cette fois sans craindre les bombes et missiles. Les armes se sont tues, mais les soldats et les chars ne sont pas loin, la menace est toujours présente. Une force internationale de stabilisation de la communauté internationale devrait être mise en place de manière transitoire. L'Europe est déjà présente pour une mission de surveillance au poste-frontière de Rafah, à laquelle participent des gendarmes français.
Un plan de reconstruction et d’avenir pour Gaza est en discussion à Charm el-Cheikh (Egypte), en présence de dirigeants de plus de 20 pays et du secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres. Les représentants des pays arabes ont menacé de ne pas venir si Netanyahou était présent. "Le sommet vise à mettre fin à la guerre dans la bande de Gaza, à renforcer les efforts pour instaurer la paix et la stabilité au Moyen-Orient, et à ouvrir une nouvelle page de sécurité et de stabilité régionale", a annoncé samedi la présidence égyptienne au deuxième jour de cessez-le-feu entre Israël et le Hamas. Un "document mettant fin à la guerre dans la bande de Gaza" doit être signé pendant le sommet[4].
La deuxième phase du plan Trump prévoyait un retrait partiel de ce territoire mais il apparaît que Netanyahou n’y est pas disposé…
Trump a prononcé un discours à la Knesset, vivement applaudi, son nom acclamé par les familles des otages et la foule qui les soutiennent.
« Rivalisant d’indécence Donald Trump et Benyamin Netanyahou se sont mutuellement - et longuement - congratulés hier, devant la Knesset, le parlement israélien. L’un remerciant le « meilleur allié » de toute l’histoire d’Israël, l’autre vantant les mérites de son hôte du jour et l’utilisation des armes états-uniennes pour conduire le génocide (terme non employé, évidemment) à Gaza.
Mais, ‘’derrière son intervention, aux airs parfois potaches malgré la gravité du moment, se dessine tout le projet du locataire de la Maison Blanche, qui n’est pas pour déplaire à son fidèle allié : instaurer « la paix par la force » au Moyen Orient pour en faire une place de profits juteux, avec « Bibi » comme relais. Exit donc la reconnaissance de la Palestine ou la fin de l’occupation israélienne. « Je ne parle pas d’un seul État, de double État ou de deux États. Nous parlons de la reconstruction de Gaza », a évacué Trump dans l’avion qui le ramenait d’Égypte hier soir. Il avait sans doute en tête de juteux profits immobiliers...
À la Knesset, deux députés courageux, le communiste Ayman Odeh et le membre de Hadash, Ofer Cassif, ont brandi face à lui un message : « Reconnaissez la Palestine ! » Immédiatement éjectés. Leurs voix n’en portent pas moins, relayées ces dernières semaines par des centaines de milliers de manifestants à travers le monde. La libération des derniers otages israéliens et celle des prisonniers palestiniens hier devraient être synonymes d’un espoir véritable. Celui de la garantie de la fin définitive des bombardements, bien sûr, mais aussi de la fin de l’apartheid et de la naissance, enfin, d’un État palestinien’’. (L’Humanité du 14/10/25.
Pas un mot pour le respect des droits des Palestiniens à l’autodétermination.
Donald Trump a assuré au sommet, que la « deuxième phase » de l’accord avait déjà commencé. Autrement dit, la guerre génocidaire telle qu’Israël la mène depuis plus de deux ans est terminée. Mais personne ne sait si la paix va advenir, ni surtout comment.
Mais !
La droite extrême a juré de nettoyer la bande de Gaza de ses habitants palestiniens et d’y rétablir les colonies
« S’il [Netnayahou] signe plus que le cessez-le-feu, c’est-à-dire l’accord global qui va être discuté au sommet de Charm el-Cheikh, cela signifiera qu’il accepte la fin de la guerre, et donc l’éclatement de sa coalition, décrypte le chercheur Menachem Klein[5]. Car la droite suprémaciste veut la reprendre une fois les otages israéliens rentrés. Mais comment contrer l’allié états-unien qui assure que « la guerre est finie » ? Deux injonctions contradictoires.
Le bilan total s’élève à 67 869 morts et au moins 170 105 blessés, selon les dernières estimations.
Allain Louis Graux ( 14.10.25.)
[1] Source : l’Humanité – 13.10.25 - Vadim Kamenka : De Ramallah à Khan Younès et jusqu’à Tel-Aviv, des scènes de liesse pour le retour des otages et des prisonniers.
[2] Médiapart – 13.10.25- Gwenaelle Lenoir et Clothilde Mraffko. Prisonniers et otages libérés, Trump porté aux nues en Israël.
[3] Source : l’Humanité – 13.10.25 – Vadim Kamenka - De Ramallah à Khan Younès et jusqu’à Tel-Aviv, des scènes de liesse pour le retour des otages et des prisonniers.
[4] Source : Franceinfo – AFP- 13.10.25 -
[5] Source : Médiapart – 13.10.25- Gwenaelle Lenoir et Clothilde Mraffko - Prisonniers et otages libérés, Trump porté aux nues en Israël.
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