Overblog Tous les blogs Top blogs Photographie
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

Le Hamas, divisé entre sa direction à l’étranger et des commandants dispersés dans l’enclave, a fini par donner sa réponse vendredi 3 octobre au soir, via un communiqué diffusé sur sa chaîne Telegram.

Il s’est dit prêt à libérer tous les otages israéliens, vivants et morts, pour mettre fin à la guerre génocidaire d’Israël à Gaza et d’assurer le retrait des forces israéliennes.

Le mouvement palestinien évoque des «négociations par l’intermédiaire des médiateurs afin de discuter des détails de cet accord ».

Cette déclaration a été saluée par Donald Trump. « Sur la base de la déclaration qui vient d’être publiée par le Hamas, je crois qu’ils sont prêts pour une paix durable. Israël doit immédiatement arrêter le bombardement de Gaza, pour qu’on puisse sortir les otages rapidement et en sécurité !

Israël a pris acte de la réponse du mouvement palestinien et dit samedi se préparer « pour la mise en œuvre immédiate de la première étape du plan Trump pour la libération de tous les otages ». Sans cependant arrêter les bombardements. La Défense civile de Gaza a fait état d’un violent pilonnage israélien nocturne ayant fait six morts dans le territoire palestinien affamé et assiégé.

Le plan Trump, concocté sans les Palestinien·nes et présenté le 29 septembre, a proposé un cessez-le-feu sans garanties pour le Hamas qui devrait désarmer après la libération des otages et des prisonniers palestiniens et israéliens. Israël s’est d’ailleurs empressé de faire savoir qu’il conserverait le contrôle sécuritaire de la bande de Gaza, y compris en se maintenant sur le terrain.

Pour le reste du plan Trump en 20 points, le Hamas, s’est dit prêt à confier l’administration de Gaza à un organisme indépendant de technocrates palestiniens, « sur la base du consensus national palestinien et du soutien arabe et islamique » - sans mention donc du tandem Trump/Blair.

Il a en outre posé une condition sur les questions qui entourent « l’avenir de la bande de Gaza et les droits légitimes du peuple palestinien » qui devront être traitées « dans le cadre d’un cadre national palestinien global, auquel le Hamas participera et contribuera de manière responsable ».

La mise à l’écart du Hamas

Elle a été décidée sans négociations de terrain. « Ce parachutage de solutions politiques par le haut, on sait très bien que sur le long terme, ça ne fonctionne pas, remarque la chercheuse française Sarah Daoud. Ce n’est pas une solution pacifique. »

  • L’amnistie promise sous conditions à certains membres du mouvement islamiste palestinien – paraît difficile à jauger au regard de la longue histoire d’assassinats ciblés menés par Israël à l’étranger, dont celui du chef politique du Hamas, Ismaïl Haniyeh, le 31 juillet 2024 à Téhéran.

Les informations du renseignement français jugent que la poursuite des opérations militaires à Gaza engendre un renouvellement des forces du Hamas dans l’enclave, une stratégie guerrière qui est contradictoire avec les objectifs affichés du gouvernement israélien.

Pour Ayman Odeh, chef de file des députés communistes israéliens à la Knesset, le parlement israélien : « depuis que le Hamas a répondu positivement à la proposition, Netanyahou n’a pas dormi. La réponse de Trump le rend fou et il fera tout pour saboter l’accord et la fin de la guerre destructrice à Gaza. Car il n’a rien à offrir, si ce n’est davantage de destruction, de dévastation et de bombardements. Il ne doit pas être autorisé à agir ainsi[1]. »

Le mouvement islamiste semble prêt à abandonner une partie du terrain militaire, mais pas la souveraineté palestinienne.

« La raison de cet accueil conditionnel d’un plan qui répond à la plupart des exigences israéliennes, utilisant une formule du ” oui, mais ” sans acceptation ni rejets complets, est que le rejet équivaut à un suicide politique et militaire, car il offre à Israël une couverture régionale et internationale pour poursuivre son génocide avec une férocité accrue », estime Hani al Masri, directeur de Masarat, le Centre palestinien de recherche politique et d’études stratégiques, basé à Ramallah.

« À l’inverse, poursuit-il, une acceptation absolue signifie une reddition sans garanties quant à l’arrêt de la guerre, à la prévention des déplacements, au retrait et à la reconstruction. Le Hamas parie que la principale préoccupation de Trump est de réaliser un exploit personnel qui satisfasse son ego et augmente ses chances de remporter le prix Nobel de la paix. Cela peut se faire par un échange de prisonniers et un cessez-le-feu, tandis que les autres questions restent secondaires à ses yeux[2]. »

Des gazaouis reviennent d’un centre de distribution géré par la Fondation humanitaire pour Gaza (GHF) avec des colis d'aide humanitaire à Nuseirat, dans le centre de la bande de Gaza, le 30 septembre 2025. © Photo Eyad Baba / AFP

Gaza continue d’être néantisée, pierre après pierre, tuerie après tuerie, civil après civil, enfant après enfant – comme s’il s’agissait d’effacer d’une même foudre le présent, le passé, l’avenir... et l’intraitable réel. Cette aberration perdure dans l’indifférence ou la complicité des puissances et pouvoirs. Dès lors, les consciences restées saines éprouvent cette sidération : la terre palestinienne devient le signe d’un effondrement total de ce qui fait l’humain. Un Gouffre. Terrible emblème d’un monde aussi triste qu’abîmé. Patrick Chamoiseau

 

Allain Louis Graux

    Le 4.10.2025

 

 

 

 

 

 

[1] L’Humanité – ¨Pierre Barbancey – le 4.1025

[2] idem

Tag(s) : #ISRAEL, #PAIX, #PALESTINE, #géopolitique, #international
Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :