EXODE ISRAELIEN : ruée vers les passeports étrangers.
Depuis deux ans, environ 84 000 Israéliens ont quitté le pays quand 56 000 personnes y ont immigré. « Ceux qui partent sont des startupers ou des intellectuels. Ceux qui arrivent sont massivement des religieux ». Et le mouvement s’accélère :
En 2024, ils étaient plus de 82.000 contre environ 55.000 en 2023.
« Ces départs sont principalement motivés par la hausse du coût de la vie en Israël et l'arrivée du gouvernement de coalition d'extrême droite de Benyamin Netanyahou en 2022, couplée à la réforme judiciaire que Netanyahou tente de faire passer depuis 2023. «Les Israéliens libéraux laïques quittent de plus en plus le pays ».
Le 12 mai dernier, le journal israélien de gauche Haaretz publiait une enquête sur ce départ croissant de dizaines de milliers d'Israéliens, en s'appuyant sur une étude de la société Ci Marketing qui révèle que, parmi les personnes restées au pays, 40% songeraient, elles aussi, à préparer leurs valises. Selon un rapport publié en mars 2025 par l'Institute for Jewish Policy Research, centre d'études et groupe de réflexion basé à Londres, 630.000 Israéliens juifs expatriés vivraient aujourd'hui en dehors d'Israël, aux États-Unis, au Canada, en Allemagne ou au Royaume-Uni, qui abritent les populations les plus importantes.
Selon le Bureau central des statistiques israélien, la population du pays a passé le cap des 10 millions d'habitants, avec un taux de croissance démographique de seulement 1,1% en 2024, contre 1,6% en 2023. Parmi les départs récents, environ 15% concernaient les nouveaux immigrants arrivés entre 2019 et 2023.
Les Haredim (juifs religieux traditionnels)représentent actuellement environ 12,6% de la population totale d'Israël, avec un taux de croissance annuel de 4%, soit plus du double de celui de la population générale (1,9%)[1].
Lire aussi :
L’enquête de Josepf Confavreux dans Mediapart du 6 octobre 2025 : En Israël, le consentement à l’anéantissement de Gaza.
« L’acceptation sociale de l’ignominie commise à Gaza n’est qu’une nouvelle preuve de la propension du vernis de civilisation et d’humanité à craquer par temps de guerre. Mais elle résonne d’autant plus dans un pays fondé sur la mémoire d’un génocide.
B’Tselem », célèbre organisation de lutte pour les droits humains qui a publié il y a quelques mois un rapport intitulé « Notre génocide ». Agar oscille entre colère et désespoir. « Mon grand-père est venu en Palestine dans les années 1930. Toute sa famille est restée en Pologne et a été exterminée à Auschwitz. Ce pays s’est bâti sur cette mémoire, sur le “plus jamais ça”. Quand j’étais écolière, c’était le cœur de l’enseignement. Comment est-il possible que ce soit les enfants de cette éducation qui commettent un génocide à Gaza ? »
[1] Source : Slate – Sophie Boutière-Damahi – édité par Émile Vaizand – 17 juin 2025 : Israël confronté à un exil massif de ses citoyens, «un véritable tournant culturel et démographique ».
Lire aussi l’Humanité du 7.10.25.
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