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Sur ARTE : un documentaire : « Israël et les Palestiniens » a été diffusé mardi 16 septembre. J’ai trouvé l’émission intéressante, bien qu’en désaccord sur certaines interprétations des faits, notamment la période Ehud Olmert où un accord de paix aurait pu être signé avec la reconnaissance de l’Etat de Palestine. Une occasion ratée, l’Autorité palestinienne n’y croyait pas, elle préférait attendre le remplacement du premier ministre, accusé de corruption. …
Ci-dessous, je rappelle cette page de l’histoire de la Palestine, en 2008, quand le gouvernement israélien proposait la paix, un plan pour la reconnaissance de l’Etat Palestinien. C’est aussi à la fin de cette période, que Benjamin Netanyahou, opposé à tout Etat palestinien, est devenu Premier ministre pour la première fois. Il l’est à nouveau et mène la guerre en Palestine et dans tout le Moyen-Orient, commet un génocide à Gaza avec un bilan de 65 000 morts dont 2 tiers de femmes et d’enfants, un véritable ethnocide, avec le concours des Etats-Unis d’Amérique, la complicité ou le silence des Etats européens, en toute impunité jusqu’à ce jour.
Mais le vent se lève avec de nouveaux actes de reconnaissance de l’Etat de Palestine, notamment de la France et d’autres Etats européens lors de la 80e assemblée générale de l’ONU du 9 au 23 septembre 2025 à New York. Ils s’ajouteront aux 148 pays qui ont déjà reconnus la Palestine. Ces reconnaissances s’additionneront à la condamnation d’Israël par la Cour international de justice (CIJ) et la CPI – la Cour pénale internationale – depuis Le 21 novembre 2024, à la suite d'une enquête pour crimes de guerre et crimes contre l'humanité, aux mandats d’arrêt contre Benjamin Netanyahou, le Premier ministre d'Israël, et Yoav Gallant, l'ancien ministre de la Défense d'Israël du cabinet de guerre israélien, alléguant leur responsabilité dans le crime de guerre de famine comme méthode de guerre et les crimes contre l'humanité, de meurtre, de persécution et d'autres actes inhumains pendant la guerre à Gaza.
La Commission de l’UE commence à proposer des sanctions contre Israël[1], bien que cela reste insuffisant pour obtenir un cessez-le-feu, et que l’unanimité est loin d’être acquise. L’Etat d’apartheid raciste israélien devrait être boycotté, comme ce fut le cas pour l’Afrique du Sud, les envois d’armes stoppés, toutes les relations, diplomatiques, économiques, culturelles, sportives, suspendues.
Les Etats arabes, plus ou moins complices d’Israël devraient renoncer aux accord d’Abraham, rompre leurs relations avec le gouvernement assassin d’Israël.
La pression doit s’exercer aussi contre le président américain Donald Trump, pour le faire renoncer à son soutien indéfectible à Israël, Etat fauteur de guerre.
Ce sont les conditions pour obtenir une paix juste et durable, avec l’appui et la mobilisation des peuples du monde.
EHUD OLMERT : UN PLAN DE PAIX ET DE RECONNAISSANCE DE L’ETAT PALESTINIEN.
Ehud Olmert est né le 30 septembre 1945 à Binyamina en Palestine mandataire. Diplômé de psychologie, de philosophie, puis de droit de l'université hébraïque de Jérusalem, il travaille brièvement comme avocat avant d'entrer en politique.
Membre du Likoud, il est maire de Jérusalem de 1993 à 2003. Il est ensuite vice-Premier ministre et ministre des Finances du gouvernement d'Ariel Sharon et devient membre du parti Kadima à sa création.
Ehud Olmert est élu pour la première fois à la Knesset en 1973, il est réélu sept fois consécutivement tout en occupant des postes importants. En 1988, il devient ministre sans portefeuille dans le gouvernement d'Yitzhak Shamir puis ministre de la Santé de 1990 à 1992. Ehud Olmert exerce deux mandats de maire de Jérusalem, de 1993 à 2003. En 1999, il tente de défier Ariel Sharon pour prendre la tête du Likoud, mais il est largement battu. En 2003, il quitte la mairie de Jérusalem pour entrer dans le deuxième gouvernement d'Ariel Sharon en tant que vice-Premier ministre et ministre du Commerce et de l'Industrie. Le 7 août 2005, Ehud Olmert est nommé ministre des Finances après la démission de Benjamin Netanyahou pour protester contre l'application du plan de désengagement dans la bande de Gaza. Ehud Olmert, qui était opposé à tout retrait des territoires conquis depuis la guerre des Six Jours et qui avait voté contre les accords de Camp David en 1978, change d'avis et soutient le retrait : « J'avais voté contre Menahem Begin […] Je lui avais dit que c'était une erreur historique […] Il avait raison et j'avais tort.
Le 4 janvier 2006, Ehud Olmert est désigné Premier ministre par intérim d'Israël. Le 16 janvier 2006, il est désigné président par intérim de Kadima en vue des élections législatives du 28 mars suivant. À partir de janvier 2006, il assure l'intérim à la tête du gouvernement de l'État d'Israël en raison de l'hospitalisation d'Ariel Sharon. En avril, Ehud Olmert de devenir Premier ministre de plein exercice. Il forme un gouvernement de coalition à la suite de la courte victoire aux élections législatives du parti centriste Kadima qu’il a créé avec Tipi Livni,
Il déclare au journal Haaretz, le 24 janvier 2006 : « Le choix entre permettre aux Juifs de vivre dans toutes les parties de la Terre d'Israël, et de vivre dans un État avec une majorité juive, nous amène à rendre des portions de la Terre d'Israël. » Il indique aussi qu'il souhaite la fixation de frontières définitives avec les Palestiniens.
Lors des élections du 28 mars 2006, Kadima obtient 29 sièges sur les 120 que compte la Knesset, devenant le premier parti d'Israël en nombre de députés. Olmert est confirmé au poste de Premier ministre et forme un gouvernement de coalition avec les travaillistes (20 sièges) et les élus du parti des retraités (7 sièges). Il y associe également le Shass.
Ehud Olmert lance, le 12 juillet 2006 une offensive de grande ampleur sur le Liban. Il déclenche le 12 juillet 2006 une offensive sur le Liban, causant environ 1 200 morts et un million de réfugiés, en réaction à des incidents frontaliers avec le Hezbollah. La raison invoquée est la capture par le Hezbollah de soldats israéliens « égarés » en territoire libanais. Cette guerre se solde par la mort d'environ 1 200 civils libanais et entre 68 et 330 combattants du Hezbollah selon les sources, 110 soldats israéliens, 2 civils employés des Nations unies, 4 casques bleus des Nations unies et 50 civils ressortissants de pays tiers. Ehud Olmert sort très affaibli à l'issue de cette guerre. Il est très critiqué en Israël. Il fait assassiner Imad Moughniyah, un des dirigeants du Hezbollah, à Damas en février 2008, et le reconnaît seize ans plus tard[2].
Il est le premier chef de gouvernement israélien à avoir admis implicitement qu'Israël était doté de l'arme nucléaire, lors d'une interview accordée le 11 décembre 2006 par une télévision allemande[3].
Mis en cause dans des affaires de corruption, le 21 septembre 2007, Ehud Olmert annonce sa démission après l'élection de Tzipi Livni à le tête de Kadima. Son successeur, Benyamin Netanyahou, est élu par la nouvelle Knesset.
Ehud Olmert est inculpé, le 30 août 2009, pour « fraude », « abus de confiance », « enregistrement de faux documents » et « dissimulation de revenus frauduleux », fait unique pour un ancien Premier ministre israélien[4]. Le 15 avril 2010, il est accusé d'avoir reçu un pot-de-vin de 3,5 millions de shekels alors qu'il était maire de Jérusalem (1993-2003)[5]. Il est condamné, le 24 septembre 2012, à un an de prison avec sursis et à 75 300 shekels (15 000 euros) d'amende. Le 29 décembre 2015, la Cour suprême d'Israël condamne définitivement Ehud Olmert à 18 mois de prison ferme pour corruption.
Il entre à la prison Maasiyahu, à Ramla, le 15 février 2015[6].
Plan de paix[7]
Août 2008, Olmert propose la création d’un État palestinien dans l’intégralité de la Bande de Gaza et dans 93 % de la Cisjordanie, avec un corridor routier qui lie les deux territoires.
Il dévoile, le 12 août 2008, les contours de son « plan de paix ». Ça ressemble à celui proposé par un de ses prédécesseurs, l’ancien Premier ministre travailliste et ministre de la Défense Ehud Barak, présenté à Yasser Arafat en la présence de Bill Clinton à Camp David en l’an 2000, juste avant l’éclatement de la deuxième Intifada.
[1]https://www.franceinfo.fr/monde/palestine/gaza/guerre-a-gaza-la-commission-europeenne-propose-de-sanctionner-israel-en-taxant-davantage-ses-produits-importes-dans-l-ue_7497523.html
Une mesure limitée qui se contente en réalité de passer les produits israéliens aux tarifs standards de l’Organisation mondiale du commerce (OMC) et toucherait seulement 37 % des échanges en valeur. La mesure concerne principalement l’agriculture ; le puissant secteur pharmaceutique, qui bénéficie d’un régime de faveur à 0 % à l’OMC, n’est pas concerné.
[2] Israël est responsable de l'assassinat de Imad Moghniyé, reconnaît Ehud Olmert », L'Orient-Le Jour, 29 septembre 2024.
[3] « Le lapsus d'Ehud Olmert sur l'arme nucléaire » [archive], rfi.fr, 12 décembre 2006.
[4] « Israël : Ehoud Olmert inculpé pour corruption » [archive], Le Figaro, 30 août 2009
[5] Scandale immobilier: Olmert suspect n°1
[6] Le Figaro.fr avec AFP, « VIDÉO - Israël : l'ex-premier ministre Ehud Olmert entre en prison pour corruption » - 15 février 2016.
[7] Source : UJFP.
Dans son plan, Olmert propose la création d’un État palestinien dans l’intégralité de la Bande de Gaza et dans 93 % de la Cisjordanie, avec un corridor routier qui lie les deux territoires. Tous les colons israéliens se trouvant sur le territoire de ce futur État palestinien seraient évacués. À premier coup d’œil un tel plan peut paraître raisonnable. Cependant :
- Le corridor routier serait placé sous souveraineté israélienne, avec la promesse d’Olmert que l’armée israélienne n’y établira pas de point de contrôle. Compte tenu de l’expérience des Palestiniens en la matière, leur méfiance est compréhensible.
- Jérusalem resterait annexé à Israël et les Palestiniens doivent se contenter d’établir leur capitale à Ramallah, autre point de discorde majeur. Olmert propose le droit au retour des réfugiés palestiniens… mais uniquement dans le futur État palestinien.
- Quant aux colons évacués, ils ne seront pas nécessairement rapatriés en Israël. Au contraire, ils seront incités à élire domicile dans les grands blocs de colonies situés dans la partie de la Cisjordanie qui, elle, seraient annexée à Israël. Ces zones comptent parmi les plus fertiles de la région, avec les plus nombreuses sources d’eau. Olmert offre aux Palestiniens en échange de ces territoires perdus une superficie équivalente de terres… en zone aride dans le désert du Néguev !
Un traité de paix s’établit entre deux États souverains ou entre deux peuples souverains. Pourtant, Olmert conditionne son plan de paix à des modifications politiques profondes. Il exige de l’Autorité palestinienne des réformes internes et somme le président Mahmoud Abbas de reprendre le contrôle de la Bande de Gaza aux islamistes du Hamas (pourtant majoritaires aux dernières élections législatives).
On est loin de la reconnaissance du droit à l’autodétermination du peuple palestinien.
Un tel procédé bafoue le droit dans la plus pure tradition colonialiste. Les Palestiniens n’ont pas tardé à réagir au plan de « paix » d’Olmert. Saeb Erekat, un des principaux négociateurs palestiniens, l’a qualifié de « ridicule » tandis qu’Abou Rdaïnah, porte-parole de Mahmoud Abbas, a rappelé la position traditionnelle de l’OLP et de l’Autorité palestinienne en la matière.
Dans le documentaire « Israël et les Palestiniens » présentée le mardi 16 septembre 2025, on voit Abbas demandé la remise de la carte du plan proposé pour étude par ses cartographes. Olmert refuse, il ne veut la remettre qu’après sa signature immédiate. Dans ces conditions les négociations qui étaient sur une bonne voie pour la reconnaissance de l’Etat palestinien, échouent[1].
En effet, Les Palestiniens ne peuvent pas accepter « qu’un État palestinien avec une continuité territoriale, avec la sainte Jérusalem comme capitale, sans colonies, et sur les frontières du 4 juin 1967. » Côté israélien, le commentaire d’Idan Kveiler en dit long sur la crédibilité d’Olmert auprès du peuple israélien. Selon ce spécialiste politique de Galeï Tsahal, la radio militaire, Olmert « n’arrive même pas à trouver de majorité pour faire passer de simples décisions budgétaires. Alors pour un tel plan de paix, il n’a aucune chance d’obtenir le soutien de la Knesset. »
En 2024, alors que la guerre fait rage à Gaza, Ehud Olmert propose un plan de paix israélo-palestinien, de concert avec Nasser al-Qidwa, ancien ministre de l'Autorité palestinienne[2].
Partisan de la fin de l'occupation israélienne de la Cisjordanie, Ehud Olmert estime qu’Israël risque d’être condamné par la justice internationale et met en garde contre l’isolement du pays. Il appelle à « cesser le combat à Gaza et se débarrasser de Netanyahu[3] ».
En 2025, il estime dans une tribune publiée par Le Monde, que "Israël commet bien des crimes de guerre à Gaza"[4].
Les États-Unis et Israël continuent pourtant à manœuvrer, car leurs intérêts politiques et économiques – qui se rejoignent sur bien des points – nécessitent cette séquence génocidaire, mais également la mise au pas de toute opposition régionale et mondiale.
Allain Louis Graux
le 18 septembre 2025.
[1] SOURCES : émission
https://www.youtube.com/watch?v=nTE4ty9K41I&list=PLCwXWOyIR22sJuXP2uEHrMB-UDHI4BbTz&index=1
https://www.youtube.com/watch?v=XxqjHeCOYVQ
https://www.youtube.com/watch?v=nTE4ty9K41I&list=PLCwXWOyIR22sJuXP2uEHrMB-UDHI4BbTz
[2] « Ehoud Olmert et Nasser Al-Qidwa : « Notre plan décrit les éléments nécessaires pour permettre une paix israélo-palestinienne pérenne » », Le Monde, 5 octobre 2024.
[3] Par Times of Israel Staff, « Ehud Olmert : « Il faut cesser le combat à Gaza et se débarrasser de Netanyahu ».
[4] « Ehoud Olmert : « Israël commet bien des crimes de guerre à Gaza » », Le Monde, 4 juin 2025.
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