Le journaliste et traducteur Ibrahim Badra décrit les ravages commis par les robots explosifs de l’armée israélienne dans sa conquête de la ville de Gaza. « Un chantage sans début ni fin, sans intrigue ni logique. »
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Gaza aujourd’hui représente une extension directe du massacre de Sabra et Chatila, dans les camps du Liban il y a quarante-trois ans : la mentalité est la même (plus de 3 000 Palestinien·nes et Libanais·es avaient été tué·es), mais les outils se sont modernisés et sophistiqués. Tuer n’est pas seulement l’apanage des armes à feu et des couteaux : c’est une activité organisée autour des drones, d’avions de combat performants, de robots explosifs et d’algorithmes qui identifient les cibles à distance, réduisant les êtres humains à des nombres dans une base de données.
Imaginez une petite machine sur des chenilles, comme un minitank, transportant une charge explosive dans son ventre et une caméra de précision dans son œil. Elle entre dans les ruines et les tentes comme un serpent de métal, guidée à distance par des soldats grâce à une caméra, puis explose instantanément, faisant s’écrouler les pierres des maisons sur leurs habitant·es, et détruisant tout autour.
Ce sont des monstres de fer sans âme, envoyés pour écraser tout ce qui restait de vivant. Ce ne sont pas que des machines, mais des outils silencieux de mort, des armes démoniaques destinées à l’anéantissement de Gaza.
C’est le chantage ultime. Un chantage sans début ni fin, sans intrigue ni logique, une vente aux enchères de nos âmes, de nos vies, de notre humanité : tuer, tuer, tuer…
Depuis deux ans, nous sommes exterminés et brûlés par l’intelligence artificielle et toutes sortes d’armes perfectionnées. Nous sommes devenus des cobayes pour tester de nouvelles méthodes de mise à mort, jusqu’à ce que notre ville devienne la plus grande plateforme d’exécution de l’histoire.
Pensez-vous que notre extermination adviendra sans que vous soyez maudits ? Nous attendons, et si nous restons en vie, nous serons là pour témoigner. Ibrahim Badra
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