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 Elle pourrait l’emporter les 10 et 18 septembre.

Le « peuple n’a pas voulu que deux jours de bonheur et de liberté lui soient retirés après avoir perdu deux années de retraite heureuse. Cet été, le rapport des sénateurs en a ajouté une couche : ainsi donc, 211 milliards sont déversés aux entreprises sans exigences quand le RSA ou les indemnités chômage sont liés à des efforts vérifiés avec scrupule. Le peuple se donne rendez-vous à lui-même, mercredi 10 et jeudi 18. Nul ne sait ni l’ampleur ni vraiment ce qu’il va se passer : cela aussi est le signe d’une profonde nouveauté d’où tout peut sortir. ( Regards du 8 sept. ). »

C’est pourquoi, à l’approche de la journée « Bloquons tout » le sort de François Bayrou apparaît scellé dans tous les esprits, lesquels s’échauffent quant au jour d’après. Les soutiens d’Emmanuel Macron s’affairent autour d’une hypothèse qui leur permettrait d’arrimer le Parti socialiste (PS) à un futur accord de non-censure, afin de voter le budget d’ici à la fin de l’année et d’éviter une nouvelle dissolution. Une solution Barnier et Bayrou, élargie  grâce à ceux qui au PS refusent l’alliance globale de la gauche dans le NFP qui avait permis de gagner – relativement- les élections de 2024, mais pas le pouvoir. Si cela fonctionnait avec Hollande et Glucksmann, ce serait un suicide pour la gauche, mais aussi pour cette sensibilité qui verrait son avenir en commun avec les débris du macronisme… pas sûr que Glucksmann veuille s’engager dans cette voie, il espère plutôt être le recours pour se présenter aux présidentielles de 2027. Or, il ne peut pas le faire en secourant un macronisme haï par les électeurs des classes populaires de gauche.

Les soutiens d’une solution de gouvernement avec le PS, comme le courant Hollande,  misent sur Bernard Cazeneuve, et se refusent à parler de crise de régime.

Quel nouveau premier ministre ? Les paris sont ouverts…

La nomination de Michel Barnier, dont le camp politique avait rassemblé 7,41 % des suffrages exprimés aux législatives de 2024, puis celle de François Bayrou, ont encore aggravé cette crise à combustion lente.

Si Macron écarte systématiquement l’idée de nommer à Matignon une personne issue du camp politique arrivé en tête de ces élections, à savoir le Nouveau Front populaire (NFP), c’est évidemment pour conserver l’essentiel de son projet, à une ou deux virgules près. Donc, de droite ou de gauche, le nouveau , s’il y a un nouveau, sera de DROCHE…

La Vème, un système de monarchie élective dépassé.  

Depuis 2017, les mots « référendum » et « proportionnelle » ont été maintes fois prononcés, comme autant de « on verra » lancés pour couper court à une conversation pénible. Rien n’y a changé : ni le mouvement des « gilets jaunes », ni la crise sanitaire, ni les échecs électoraux, ni la mobilisation contre la réforme des retraites, ni l’arrivée du Rassemblement national (RN) aux portes du pouvoir... Le président de la République a continué de profiter, comme si de rien n’était, d’un système centralisé, archaïque et inadapté à la situation politique actuelle, en gouvernant à coups de 49.3, sans majorité parlementaire.

Le président de la République a de nouveau fragilisé le système et permis à LR, puis à une autre personnalité minoritaire de se projeter à Matignon, ouverts à des thèmes qui remettent en cause nos droits fondamentaux. Oublieux des voix qui lui ont permis d’être élu à deux reprises face à Marine Le Pen, indifférent à celles qui ont offert à ses député·es la possibilité de sauver quelques sièges à l’Assemblée nationale, le chef de l’État n’a cessé de balayer les résultats des différents scrutins, préférant donner des gages à l’extrême droite plutôt qu’à celles et ceux lui ayant fait barrage. En nommant Bruno Retailleau au ministère de l’intérieur, il a de nouveau alimenté la grande machine de banalisation du RN, qui en est sorti politiquement renforcé malgré les ennuis judiciaires de sa cheffe de file.

Le concept de majorité relative n’a aucun sens.

Pour les juristes Denis Baranger, Olivier Beaud, Bruno Daugeron et Jean-Marie Denquin « aucun parti n’a gagné les élections, car aucun n’a eu la majorité absolue des sièges… De nouvelles pratiques constitutionnelles vont devoir se mettre en place : si une coalition fondée sur un accord de gouvernement se dégage, le président devra lui confier Matignon. » Respublica - 07.2025.

Le Nouveau Front Populaire, n’a que 182 élus. On est bien loin de la majorité de 289 voix à l’assemblée nationale. Il pourrait gouverner, pour certains points, par décret et utiliser le 49-3 à répétition sur le projet de loi de finances et pour le projet de loi de financement de la Sécurité sociale, mais aurait du mal à résister aux motions de censure. Et sur tous les autres projets de loi, le gouvernement n’a droit qu’à un 49-3 par session.

Au sein du NFP, le manque d’unité interne : pas moins de huit candidats déclarés prêts à être Premier ministre, ce qui est un record historique dans la même alliance!

Alors quoi ?

Pourquoi Mélenchon pousse à la destitution de Macron

Macron ne démissionnera pas car il sait que ce serait reconnaître son échec et donc de sortir largement perdant d’une nouvelle élection dont le RN sortirait gagnant s’il n’y a pas d’unité à Gauche.

C’est pourquoi Mélenchon pousse à la destitution, car lui – ou un -e autre candidat-e- pourrait se retrouver face au RN au second tour, et donc être élu. Par rejet de l’extrême-droite comme ce fut le cas pour Macron.

Jean-Luc Mélenchon et Marine Le Pen ont bien perçu les enjeux, et ils livrent chacun leur discours de candidat à la fonction présidentielle, estimant que l’un ou l’autre en sortira vainqueur, immédiatement ou comme opposant principal ensuite.

À la braderie de Lille, Jean-Luc Mélenchon a assuré avec raison : non, la dette n’est pas un cataclysme. Un Etat ne rembourse jamais, il fait rouler la dette et paye seulement les intérêts. Plus ou moins cher… Et c’est sous Macron que la dette a le plus augmenté : « Sous la présidence Emmanuel Macron, la France a connu une accélération inédite de sa dette publique. Entre 2017 et 2024, l’endettement global est passé d’environ 2 321 à plus de 2 920 milliards d’euros, soit près de 600 milliards de hausse en sept ans d’après l’Insee. Le ratio dette/PIB, déjà élevé avant la crise du Covid-19, a bondi pour s’établir autour de 110 % du produit intérieur brut[1]. »

Mélenchon n’a pas décliné le programme comme Marine Le Pen, mais affirmé le projet, tout changer : l’alternative ! la rupture. Tous les mots qui furent prononcés sonnaient juste. Il a parlé de la France, du bonheur et du vivant, avec son talent d’orateur habituel. Mais il y avait un trou béant dans son discours stratégique : la politique. On fait comment pour écrire cette autre page ? Il a agoni et moqué les  partenaires de gauche, hier encore si chéris.

Alors, lui seul et les insoumis, vont régler la question ?

Qui peut le croire ?

Macron, le principal responsable de cette situation de crise, plutôt que de repenser ce système en profondeur et de mettre en place des leviers pour le démocratiser, continue ses petits calculs dans l’espoir de garder la main sur une monarchie républicaine devenue impuissante. Au risque de se la faire arracher par l’extrême droite qui, elle, saura quoi faire pour lui redonner toute sa force. Et l’utiliser à son profit.

On est prévenu : il faudra et il y aura un débouché politique à ce moment de rejet et de colère. Si la gauche n’est pas au rendez-vous… le RN, lui, est prêt.

La riposte est populaire

Le mouvement du 10 septembre possède en son sein la partie syndicale la plus revendicative de la CGT et de Sud, et les AG territoriales sous forme d’assemblées populaires de résistance interviennent sur des revendications de gauche, avec une forte inclination pour une démocratie plus directe et moins bureaucratique, alternative. Cependant, les centrales restent à l’extérieur, préférant lancer un mouvement de grèves sous son contrôle pour le 18. Nous ne sommes pas dans un cadre d’unité regroupant partis, associations et syndicats, mais la dynamique populaire pourrait l’emporter sur les calculs de chacun. Des « réformistes » commencent cependant à distiller une petite ritournelle pernicieuse pour endormir l’action sociale, du genre : « si le gouvernement tombe le 8 septembre, il ne sert à rien de se mobiliser puisque nous n’aurons plus d’interlocuteur en face de nous pour négocier… donc ne bougeons surtout pas avant qu’un nouveau gouvernement soit désigné ! ». Soit, surtout la peur que le PS version droite soit dépassé par un mouvement populiste de gauche radicale de forte ampleur…

Si Macron dissout pour la deuxième fois le parlement. Alors, au second tour des législatives, le bloc union de toutes les droites (RN compris) pourrait être majoritaire pour mener une austérité à la Bayrou avec en plus le programme de Patrick Martin, le patron des patrons du MEDEF ! Et un Retailleau nommé premier ministre, sans doute le seul susceptible d’obtenir un pacte (masqué) avec Marine le Pen si son illégitimité de cinq ans est confirmée.

   Allain GRAUX

Le 8 septembre 2025

 

[1] https://www.centpourcentpme.fr/dette-de-macron-quel-montant-analyse-et-chiffres-cles/

Tag(s) : #Actualité politique et sociale
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