Les efforts diplomatiques ne contribueront guère à mettre fin à la guerre à Gaza, estime Politico, à Bruxelles, d’autant que des “poids lourds” du continent européen – l’Allemagne, l’Italie, la Grèce, les Pays-Bas – ne suivront pas l’initiative française.
“Emmanuel Macron espère montrer que les acteurs internationaux peuvent s’allier pour contrebalancer le soutien de Trump à la guerre menée par Israël à Gaza et accentuer la pression en faveur de la paix. Certains comparent déjà son initiative à celle de Jacques Chirac, qui s’était opposé à la guerre en Irak en 2003 – un désaccord déjà exprimé dans un discours historique devant l’Assemblée générale des Nations unies.”
A la déclaration de reconnaissance de l’Etat de Palestine, Netanyahou menace : « La réponse à cette tentative de nous imposer un État terroriste sera donnée à mon retour des États-Unis. Soyez patients », ose-t-il. Laissera-t-on ce criminel de guerre dérouler sans encombre son discours, vendredi, à la tribune de l’ONU, malgré le mandat d’arrêt international délivré contre lui ? Netanyahou espère sans doute obtenir le feu vert de Trump pour accentuer le colonisation de la Cisjordanie, obtenir le feu vert à Gaza pour en expulser la population, préparer l’annexion de toute la Palestine historique. Il n'y aura pas d'Etat palestinien à l'ouest du Jourdain ! J'ai empêché pendant des années la création de cet Etat !" a lancé le Premier ministre israélien, dans une vidéo diffusée dimanche sur ses réseaux sociaux, désignant aussi bien la Cisjordanie que la bande de Gaza, à l'ouest du fleuve mentionné. Avant d'assurer qu'Israël va "continuer à implanter des colonies juives en Cisjordanie".
Le président américain, de plus en plus impopulaire aux Etats-Unis comme dans le monde, tout comme son homologue israélien, se laissera t-il embarqué, piégé, isolé avec son homologue israélien ?
Après avoir franchi le pas de la reconnaissance, les États concernés ne peuvent plus rester l’arme au pied. Chaque minute qui passe engendre des victimes supplémentaires. L’impunité comme la duplicité doivent prendre fin. Il faut agir ! Imposer les plus fermes sanctions, maintenant. Il s’agit de la survie de tout un peuple.
« À cette heure, Israël étend encore ses opérations militaires à Gaza dans l’objectif déclaré de détruire le Hamas. Mais ce sont les vies de centaines de milliers de personnes, blessées, affamées (…) qui sont en train d’être détruites. Rien, rien ne justifie plus la poursuite de la guerre à Gaza. Tout commande d’y mettre un terme définitif maintenant, à défaut de l’avoir fait plus tôt, pour sauver des vies », a déclaré Emmanuel Macron. « le temps est venu d’arrêter la guerre, les bombardements à Gaza, les massacres et les populations en fuite ». « Le temps de la paix est venu[1] », a-t-il ajouté, avant d’être applaudi par l’auditoire.
On ne peut qu’approuver cette déclaration qui aurait dû être tenu bien plus tôt.
Dimanche, le Royaume-Uni, le Canada, l’Australie et le Portugal ont déjà reconnu L’Etat de Palestine. Et lundi, outre la France, Andorre, la Belgique, le Luxembourg, Malte et Saint-Marin se sont joint au mouvement. Soit 158 Etats sur les 193 membres des Nations unies qui reconnaissent désormais cet Etat, dont de grandes puissances, comme la Chine, l'Inde et la Russie (depuis 1988), mais aussi la quasi-totalité des pays africains et sud-américains, ainsi qu'un nombre croissant de pays en Europe. Cependant, ni le Canada, ni le Royaume-Uni, ni même la France n'ont annoncé l'ouverture d'une ambassade ou encore la reconnaissance d'une capitale palestinienne par exemple.
Les dirigeants de ces pays semblent afficher leur soutien à une solution à deux Etats. La France entend "maintenir une pression sur Israël pour que cessent ces opérations et pour que l'aide humanitaire puisse à nouveau entrer librement" dans l'enclave palestinienne[2].
Cependant, les dirigeants européens prétendent imposer « leurs » conditions au peuple palestinien, en prévoyant : "la tenue d'élections générales en 2026 auxquelles le Hamas ne pourra participer, et la démilitarisation de l'Etat palestinien", précise le Canada. La France suit cette ligne et explique qu'elle n'ouvrira pas d'ambassade en Palestine tant que les otages capturés lors du 7-Octobre ne seront pas libérés. "Cette condition est la première d'une série de préalables que nous allons défendre au sein du processus de paix", avait posé Emmanuel Macron dans un entretien diffusé dimanche par la chaîne américaine CBS.
La reconnaissance n'est pas l'indépendance, c'est un pas en avant qui permet d'affirmer l'existence de la nation Palestinienne face à un Etat, Israël qui nie son existence même et veut en effacer toutes traces : un ethnicide qui s'joute au génocide en cours à Gaza.
Ne baissons pas les bras, la lutte continue.
Allain Louis Graux
le 23 septembre 2025
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