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Sans surprise, au total, 364 députés ont voté contre la confiance au gouvernement et 194 pour. Le Premier ministre doit désormais présenter sa démission au président de la République.

Comme attendu, François Bayrou a demandé aux députés la confiance, sans gros suspense sur le résultat. Comment jugez-vous son discours ?

INTERVIEW DE JEAN-LUC MÉLENCHON. (Le Parisien)

À son honneur : avoir demandé la confiance de l’Assemblée. C’est la première fois depuis cinq ans et quatre Premiers ministres… Pour sa honte : il cherche à déclencher une crise financière. Macron est maintenant en première ligne face au peuple.

Partagez-vous son constat sur la dette ?

Par pure manœuvre politicienne, François Bayrou a inventé un drame financier qui n’existe pas. Macron est complice : il l’a validé. Le catastrophisme du Premier ministre va provoquer une crise financière. Nous allons payer très cher son délire si les agences de notation financières le croient. Il faut arrêter avec ces surenchères d’affolement. La crise est ailleurs : le temps du libéralisme triomphant est fini. À présent, les Français ont besoin de visibilité. Il faut en finir avec l’imprévisibilité qui paralyse d’abord aussi bien les entrepreneurs que les milieux populaires : ils ont un besoin vital de pouvoir se projeter. Si les règles changent tout le temps, comment investir, consommer, envisager d’avoir des enfants ?

Jean-Luc Mélenchon était à l'Assemblée nationale ce lundi lors du discours de François Bayrou. LP/Olivier/Corsan

Mais que proposez-vous, sinon destituer le président ?

La France est dans un moment ultra-dégagiste : pétition anti loi Duplomb, « Bloquons tout », grève générale ! Les gens n’en peuvent plus de voir le « deux poids deux mesures » permanent. Les fortunes doivent payer leur part. Une relance écologique et sociale est urgente. Ouvrons-lui une issue positive avec un moment refondateur. Seule une élection présidentielle le serait. On aurait alors la perspective de changer de constitution pour empêcher les abus de pouvoir de la monarchie présidentielle et des privilégiés.

Le chef de l’État a pourtant dit lui-même qu’il voulait finir son mandat…

Et alors ? Le chaos du blocage, c’est Macron. Il doit partir. En restant après avoir perdu trois fois les élections, il provoquera une situation plus explosive encore qu’aujourd’hui. Je sais que, comme souvent, la vie imposera les solutions que nous proposons. Comme le référendum révocatoire pour destituer un élu quel qu’il soit.

« Un gouvernement dirigé par le PS est impossible sans alliance avec les macronistes et avec LR, avec qui ils feront leurs combines ! »

Jean-Luc Mélenchon

Le Parti socialiste, lui, défend la nomination d’un gouvernement de gauche. Vous pourriez le soutenir ?

Olivier Faure veut devenir Premier ministre. Sans même demander un avis aux autres partis à gauche ! Quel culot ! Mais il sait que nous refuserons sa tambouille ! Car un gouvernement dirigé par le PS est impossible sans alliance avec les macronistes et avec LR, avec qui ils feront leurs combines ! Olivier Faure trahit la parole donnée aux électeurs aux législatives dont le point numéro un du programme commun du NFP était la rupture avec le macronisme. Il veut faire croire à autre chose, une chimère d’alliance entre le peuple et les fortunes de France. C’est la fable : voyez mes ailes, je suis un oiseau, mais voyez mes pattes, je suis une souris. Ça reste une chauve-souris : ni oiseau ni souris !

Mais vous le censureriez s’il proposait la taxe Zucman sur les hauts patrimoines ?

Si le diable propose la taxe Zucman, on la votera ! C’est nous qui l’avons faite adopter avant tout le monde à l’Assemblée ! Un gouvernement PS seul, avec moins de 2 % à la présidentielle, c’est un thème de politique-fiction. Il se fera forcément avec les macronistes. Comment croire à une politique de gauche venant d’un gouvernement de coalition entre droite et sociaux-démocrates ? Le moment dégagiste est là. Il faut y répondre à temps pour qu’il ne surgisse pas dans le chaos.

C’est pour cela que vous soutenez le mouvement « Bloquons tout » du 10 septembre ?

Notre rôle est de nous mettre au service de l’action populaire citoyenne. Qu’il y ait des Insoumis partout, c’est certain, mais nous ne dirigeons ni la mobilisation ni les moyens d’action qui seront employés. Le 10 permettra de mesurer l’étendue des points de blocage populaires et syndicaux et surtout d’évaluer le degré de tension dans la société. J’insiste pour que les méthodes utilisées soient toujours non violentes. Autre chose nous nuirait.

Si une dissolution intervient, l’accord du Nouveau Front populaire serait réactivé ?

Glucksmann, Faure, Jadot veulent une coalition avec Macron. Pas nous. Face aux magouilles, nous proposons à ceux qui sont restés fidèles au vote des électeurs de faire l’unité populaire.

Vous voulez une présidentielle anticipée. Serez-vous candidat ?

Je suis un être humain. Trois fois candidat, je sais que c’est une position où on reçoit beaucoup de fiel. La haine de nos adversaires et la jalousie des partenaires sont usantes. En 2022, j’hésitais aussi. On a voté entre parlementaires Insoumis. Personne ne s’est proposé. Cette fois-ci, la coordination de notre mouvement fera une proposition. On ne manque pas de talents. Une évaluation sera faite collectivement et une candidature sera proposée, soyez-en sûr.

Ne faut-il pas une primaire ? La droite y réfléchit…

Certainement pas ! La primaire est utile pour la droite, nuisible pour la gauche. Même si on la gagnait, les autres partis de gauche ne respecteraient pas le résultat. Nous avons déjà largement gagné deux « primaires » sans eux : les premiers tours de l’élection en 2017 et 2022.

Marine Tondelier voit en vous une « machine à alimenter les divisions ». Que lui répondez-vous ?

C’est son jeu. Madame Tondelier nous a traités de « forceurs » quand on proposait à son parti de mener une liste unique aux européennes. C’est l’écologie venimeuse. Sa façon d’être unitaire, c’est de disqualifier les autres. Quelle comédie nuisible !

Divisée comme elle l’est, la gauche n’est-elle pas condamnée à perdre à la présidentielle ?

Non ! C’est le contraire. La fausse entente nous disqualifierait. En 2022, en allant au bout sans faux-semblant avec personne, nous sommes arrivés à 22 %. Je rappelle : François Mitterrand, en 1981, gagne avec, contre lui, un candidat PCF à presque 16 % et trois autres candidats de gauche. Il a gagné parce que les Français voulaient « le programme commun ». NOUS SERONS FACE AU RN AU SECOND TOUR DE LA PRESIDENTIELLE. ET ALORS LES FRANÇAIS CHOISIRONT UN PROGRAMME AUTANT QU’UNE PERSONNE.

AG

Être seul face au RN, c’est ce que j’ai écrit dans mon article publié hier 8 septembre avant le vote de confiance : https://allaingraux.over-blog.com/2025/09/la-dynamique-populaire.html

Le même objectif stratégique que celui utilisé par Macron…

Tag(s) : #Actualité politique et sociale, #POLITIQUE, #publication politique
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