Les déclarations tonitruantes et d’apparence surprenantes de Trump, comme le voyage de Netanyahou à Jérusalem, celui du secrétaire d’Etat américain Marco Rubio au Moyen-Orient, les pressions exercées sur les alliés arabes de Washington pour qu’ils acceptent ses projets de transfert des Palestiniens de Gaza, les attaques de l’armée israélienne au Sud Liban, contre les populations des camps de réfugiés de Cisjordanie, en particulier à Jénine, tout montre qu’Israël veut reprendre la guerre au plus tôt, avec le plein assentiment de Washington. L’un comme l’autre a le même objectif : refaçonner le Moyen-Orient pour le soumettre à la volonté impériale en éliminant toutes les forces soutenues par l’Iran : Le Hamas en premier lieu, le Hezbollah, les Houttis yéménites, les chiites irakiens. Isoler l’Iran et se préparer à détruire son potentiel nucléaire, menace existentielle pour Israël, obstacle au re façonnage impérial.
« Le Hamas ne peut pas continuer à être une force militaire ou gouvernementale, (…) il doit être éliminé », a ainsi lancé Marco Rubio peu après sa rencontre avec Benyamin Netanyahou, dimanche après-midi.
Au même moment, le ministre israélien de la Défense, Israël Katz, exultait en informant qu’une cargaison de bombes de 907 kg MK-84 était arrivée en Israël, pour une valeur totale de 7,4 milliards de dollars. Ce n’est sans doute pas uniquement pour reconstituer les stocks, mais pour éventuellement parachever l’aplatissement de Gaza, provoquer une nouvelle Nakba afin d’échapper à un nouveau massacre pour ceux qui connaissent cette tragédie depuis octobre 2023, descendant de ceux qui ont été expulsés de leurs villes et villages de 1947 à 1949 et en 1967.
Le moindre prétexte concernant la libération des otages et prisonniers pourrait être utilisé pour interrompre un processus de paix dont ni les gouvernements d’extrême droite israélien et américain ne veulent.
Seule la crainte des réactions soulevées en Israël comme dans le monde par une interruption du cessez le feu a retenu le gouvernement israélien.
En outre, l’armée israélienne ne s’est toujours pas retirée du sud du Liban, malgré l’accord de cessez-le-feu passé avec le Hezbollah, et poursuit même ses frappes, continuant à tuer des civils. Dimanche 16 février, Netanyahou a annoncé qu’Israël « finira le travail » contre la menace iranienne avec le soutien des États-Unis. Marco Rubio a approuvé, soulignant que l’Iran des « ayatollahs » était la plus grande « source d’instabilité » dans la région.
La guerre est un moyen constamment employé par Israël pour étendre sa souveraineté depuis sa reconnaissance par l’ONU en 1948. Déjà, Moshé Dayan parlait de lignes de cessez-le-feu, pas de frontières. Israël n’a reconnu aucune définition de ses frontières, et pour cause…
« L’accalmie toute temporaire dans le génocide n’est pas due au fait que le monde y a mis fin. Il s’est arrêté parce que Trump voulait que les otages soient libérés pour sa propre image et permettre ensuite aux Israéliens de faire ce qu’ils veulent. (Ilan Pappe, historien israélien).
Allain Graux
Le 17.02.2025
/image%2F0553981%2F20241201%2Fob_5aff00_20230605-144504.jpg)