Après le déclenchement d’un double 49.3 par le premier ministre, les députés sont appelés à se prononcer sur la motion de censure déposée et portée par une partie du NFP.
Les textes budgétaires nient le résultat des dernières législatives. Ils passeront néanmoins en force ... comme c’est l’habitude avec la minorité macroniste qui gouverne la France, grâce au soutien implicite du RN… et de toutes les forces « liberalo-compatibles » et réactionnaires de ce pays.
Le Nouveau Front populaire ne devrait pas faire le plein de ses voix puisque le PS a décidé de ne pas apporter les siennes aux textes déposés par LFI et soutenus par les écologistes et les communistes. L’unité de la gauche y survivra-t-elle ?
En tout cas, l’exécutif ne perd pas de temps pour pousser à l’éclatement. « Il faut que l’on écoute davantage le Parti socialiste », a lancé Gérald Darmanin sur France 5, « le Parti socialiste a rompu un accord avec La France insoumise, c’est ce qu’on attendait de lui depuis un certain temps » : Le piège n’est même pas camouflé !
Plusieurs élus écologistes, PCF, Génération.s ou membres de l’Après signalent enfin qu’ils refusent l’idée selon laquelle il existerait deux « gauches irréconciliables » et appellent le NFP à rester uni.
« Nous pouvons éviter le piège qui nous est tendu, proclamait le texte de fondation du Nouveau Front populaire (NFP). Nous ne voulons plus de la politique de casse sociale et anti-écologique d’Emmanuel Macron qui porte la responsabilité d’avoir mené l’extrême droite aux portes du pouvoir. Un autre chemin est possible. »
Un budget plus austéritaire que celui de Michel Barnier
« C’est le budget le plus austéritaire depuis 25 ans, se désole Éric Coquerel, président FI de la commission des Finances de l’Assemblée nationale. Par exemple, les socialistes se satisfont d’avoir réussi à préserver 4 000 emplois d’enseignants. Mais dans le même temps, l’Éducation nationale se voit imposer une baisse de son budget de 225 millions d’euros. Même chose pour les jours de carence des fonctionnaires qui sont conservés certes, mais au même moment, les plans de l’exécutif prévoient de baisser les indemnités maladies de 10 % pour un gain sur le dos de tous de 900 millions d’euros. »
Il n’y a qu’une seule réponse à apporter : renverser l’exécutif. Autant pour contrer le projet de société qu’il porte que pour refuser un énième déni démocratique. « Sous la pression d’une droite dure et des ultra-riches, les choix définitifs du gouvernement n’ont tenu aucun compte des propositions pour rendre le PLF et le PLFSS acceptables. Il a préféré faire le choix répétitif du 49.3 qui empêche de voter contre ces budgets qui vont faire très mal à la population sur le logement, l’éducation, la redistribution, l’écologie, la santé.
Contrairement à ce que répète le camp gouvernemental, une censure du gouvernement ne condamnerait pas le pays à vivre sans budget. « La loi spéciale en vigueur depuis le 1er janvier 2025 permet déjà au pays d’avoir un budget, relève Éric Coquerel. Par cette loi, qui nous permet de repartir avec le même budget qu’en 2024, l’État peut lever l’impôt, payer les fonctionnaires, investir sur le modèle de ce qui a été fait en 2024. On peut très bien passer l’année avec cette loi spéciale. Cela garantirait même un meilleur budget que celui de François Bayrou. »
[1] Composé avec plusieurs textes parus dans l’Humanité du 5 février 2025.
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