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Et des espoirs de paix en vue.

A quelques jours du retour de Donald Trump à la Maison Blanche, les discussions indirectes s’étaient intensifiées en vue d’une trêve associée à une libération d’otages retenus dans le territoire palestinien depuis l’attaque du Hamas contre Israël le 7 octobre 2023.
L’accord, sous les auspices du Qatar qui n’a pas ménagé ses efforts, de l’Egypte et des Etats-Unis, a été signé mercredi 15 janvier après 15 mois de bombardements, 465 jours d’une guerre qui a brûlé tous les recoins du territoire de Gaza, massacrant sans distinction 46 707 Palestiniens (au dernier recensement du ministère de la santé du Hamas),dont 70 % de femmes et d’enfants, blessant 110 265 personnes. Chiffres macabres auxquels il faut ajouter 11 000 disparus sous les décombres de 70 % des immeubles et infrastructures, dont les écoles et 80 % des hôpitaux. 
La majorité des habitants sont réfugiés sous des tentes, des abris précaires et inondés. La nourriture manque, l’eau est insuffisante, des bébés et enfants meurent de faim et de froid, les rares convois de ravitaillement étant bombardés par les forces armées israéliennes ou attaqués par des bandes criminelles. 

L’accord aurait pu advenir depuis 6 mois et aurait évité ainsi de nombreuses victimes et destructions supplémentaires, à Gaza comme en Cisjordanie et au Liban.
Gershon Baskin, initiateur et négociateur de discussions secrètes entre Israël et le Hamas, a rappelé que « l’accord conclu est sur la table depuis la fin du mois de mai. Nous, les peuples (israélien et palestinien), devons demander des comptes à ceux qui sont directement responsables du retard de l’accord jusqu’à l’arrivée de Donald Trump et de son ordre de ”faire en sorte que cela se réalise”. À quel point nos dirigeants peuvent-ils être cyniques ? C’est tout à fait honteux  ».

Le gouvernement israélien doit le valider  et ses ministres fascistes les plus extrémistes, Ben Gvir et Smotrich ont promis de s’y opposer. Itamar Ben Gvir était prêt à tout pour s’opposer par tous les moyens à la signature d’un accord pouvant ramener les captifs israéliens et instaurer un cessez-le-feu, même à révéler les pires secrets. Il a ainsi affirmé sur son compte X, accompagné d’une vidéo : « Au cours de l’année dernière, en utilisant notre pouvoir politique, nous avons réussi à empêcher cet accord d’aller de l’avant, à maintes reprises. » 
Mais Bibi le malin s’était assuré dès septembre, avant de s’y résoudre, de l’appui dans sa coalition, du parti « Nouvel Espoir » du ministre des Affaires étrangères Gideon Sa’ar.
Il faudra ensuite que les trois étapes prévues se déroulent sans heurt. Que Benyamin Netanyahou, une fois passée l’investiture de son ami Trump, qui lui a mis la pression, ne retourne pas sa veste au moindre prétexte. 

L’accord entrera en vigueur le dimanche 19 janvier, a précisé le premier ministre qatari :
- « La première phase de l’accord durera quarante-deux jours et comprendra un cessez-le-feu ainsi que le retrait des forces israéliennes vers l’est, loin des zones peuplées. Les forces israéliennes seront ensuite positionnées le long de la frontière de Gaza, ce qui permettra l’échange de prisonniers, ainsi que l’échange de corps et le retour des personnes déplacées dans leurs résidences. Cela facilitera aussi le transfert de personnes blessées pour pouvoir suivre des traitements. »
- Trente-trois otages, « dont des femmes civiles […], des enfants, des personnes âgées, des malades civils et des blessés », devraient être libérés en échange d’un millier de Palestiniens détenus par Israël, dont des dirigeants comme Marwan Barghouti, mais qui devront s’exiler à l’étranger !
Lors de la première phase, « il y aura aussi une livraison d’aide humanitaire partout dans la bande de Gaza ainsi que la réhabilitation des hôpitaux, centres de santé et autres, permettant l’entrée d’équipements de première nécessité notamment pour les personnes déplacées qui ont perdu leur logement des suites de la guerre. Des sources évoquent l’entrée de six cents camions de marchandises par jour.
Durant cette phase de six semaines, Israël négociera les modalités nécessaires pour parvenir à :
- la phase deux, soit la fin permanente de la guerre et le retrait de l’ensemble des troupes israéliennes de Gaza. Cette deuxième étape devra aussi marquer la libération des derniers otages encore en vie ainsi que le retour des corps de ceux qui sont morts. Sur 251 personnes enlevées le 7 octobre 2023, 94 sont toujours retenues en otages à Gaza, dont 34 sont mortes selon l’armée israélienne.
- La phase trois devra être celle du plan de reconstruction de la bande de Gaza anéantie par les bombes israéliennes et rendue inhabitable.


La question est de savoir si le cessez-le-feu survivra à la première phase de l’accord. Celle-ci est cruciale pour que la cessation des combats se transforme réellement en fin de la guerre. 
La communauté internationale, en particulier les riches pays arabes du golfe devront se montrer à la hauteur des enjeux de reconstruction tant pour le bâti de la bande de Gaza ravagée que via la reconnaissance de l’État palestinien alors que l’annexion de la Cisjordanie et la colonisation israélienne menacent toujours. Les sionistes au pouvoir ne sont pas prêts à renoncer aux objectifs de leur idéologie : coloniser l’ensemble de la Palestine, et même au-delà pour certains, désireux de s’emparer aussi au moins du Sud-Liban, d’une partie de la Syrie et de la Jordanie, voire même de l’Iraq.
Malgré l’affaiblissement du Hamas qui a perdu une grande partie de ses leaders mais aussi celui du Hezbollah libanais, le renversement de Bachar al Assad en Syrie, la destruction des bases armées, et de l’aviation syrienne, qui ont provoqué l’isolement de l’ennemi Iranien, les sionistes israéliens n’ont pas réalisé tous leurs objectifs de guerre. Ils seront donc tenté de la continuer ou de la reprendre au moindre prétexte.  

Car, malgré le cessez le feu annoncé hier, « des frappes israéliennes ont encore fait 7 morts à Gaza. Le bombardement d'une maison dans le quartier Rimal de Gaza-ville a fait cinq morts et plus de 10 blessés, selon la Défense civile gazaouie. Dans le centre de la même ville, deux personnes sont mortes dans une frappe visant un immeuble, a ajouté la même source » .  
Parmi eux, un journaliste, Aqel Hussein Salah, ciblé  ce mercredi 15 janvier, alors qu’il se trouvait dans le camp de réfugiés d’Al-Shati à l’ouest de la ville de Gaza. Encore un ! En quinze mois, l'armée israélienne a tué plus de 150 journalistes palestiniens, dénonce dans un communiqué l’ONG Reporters sans frontières. Qui ajoute : « Le cessez-le-feu doit permettre d’ouvrir l’accès du territoire aux journalistes. » La presse internationale est, depuis le 7-octobre, interdite à Gaza par Israël. 

Quel avenir pour la Palestine ? Des tas de problèmes à résoudre sans lesquelles la paix ne sera que précaire. La question de l’avenir du peuple palestinien reste entière. 
- Qui gouvernera ou administrera la bande de Gaza ? Israël ne veut évidemment plus du Hamas. 
L’autorité palestinienne, dévaluée et corrompue, contestée par les palestiniens, a souhaité en prendre le contrôle. Avec ou sans le Hamas, avec lequel elle a signé un accord sous les auspices du président chinois à Pékin ?
Les Américains, ceux de Biden - mais il ne sera plus là - proposent une force de paix de l’ONU.
Netanyahou n’envisage aucun avenir - en dehors du sien, suspendu aux tribunaux israéliens et à la menace d’une arrestation suite au mandat international lancé contre lui par la CPI. Il est depuis toujours opposé à la création d’un Etat israélien. Et quel Etat ? Unique, laïc, fédéral, indépendant, autonome, sur quel territoire ?
Les Etats arabes souhaitent s’entendre avec Trump pour une solution économique, une normalisation entamée sous son mandat par les accords d’Abraham, transformer le Nord de Gaza en zone de libre- échange (Gaza 2035) avec pourquoi pas un port méthanier pour exploiter le gaz palestinien.
S’ils ne sont pas désolés de l’isolement de l’Iran résultant de la guerre où leurs dirigeants se sont montrés peu enclins à un fort soutien en faveur des Palestiniens, à la différence de leurs populations, ils se trouvent à nouveau avec les mêmes questions posées sur l’avenir de la Palestine et de son peuple.

Car, sans solution d’une paix juste et équitable, reconnaissant les droits des Palestiniens à l’autodétermination, il n’y aura pas de paix durable.

Allain Louis GRAUX
      Le 16.01.2025 

jeudi 16 – 18h 30 - Le gouvernement israélien ne signe pas l’accord et le remet déjà en cause sou la pression de l’extrême droite tout en prétextant que le Hamas a présenté de nouvelles exigences :  
"Alors que l'incertitude demeure sur l'accord de cessez-le-feu, la branche armée du Hamas a averti Israël, jeudi 16 janvier, que la poursuite de ses bombardements aériens sur la bande de Gaza met en danger les otages. "A ce stade, toute agression, tout bombardement [sur Gaza] risque de transformer [les espoirs de libération de tel ou tel otage] en tragédie", a déclaré Abou Obeida, porte-parole des Brigades Ezzedine al-Qassam, affirmant que des bombardements israéliens avaient visé plus tôt dans la journée un endroit où se trouvait "une des prisonnières", sans en dire plus sur son sort. De son côté, l'armée israélienne a dit sur Telegram avoir frappé environ "50 cibles" sur les dernières 24 heures. 
Israël accuse le Hamas de remettre en cause "certains points" de l'accord. Les autorités israéliennes ont accusé le mouvement islamiste de provoquer "une crise de dernière minute" en revenant sur certains points de l'accord de cessez-le-feu, annoncé mercredi par les médiateurs qataris, égyptiens et américains. "Le cabinet de sécurité israélien ne se réunira pas avant que les médiateurs aient notifié Israël que le Hamas a accepté tous les éléments de l'accord", affirme un communiqué du bureau du Premier ministre israélien. Le texte accuse le Hamas de tenter "d'extorquer" des concessions supplémentaires. De son côté, le mouvement islamiste palestinien assure que ces accusations "n'ont aucun fondement". 
Des frappes israéliennes font 73 morts à Gaza. Parmi les personnes tuées figurent "20 enfants et 25 femmes" dans des bombardements ayant visé principalement Gaza-ville, mais aussi Khan Younès, a annoncé à l'AFP Mahmoud Bassal, porte-parole de la Défense civile. Selon lui, "230 personnes ont été blessées" dans ces bombardements qui "continuent"."
Source : Zoé Aucaigne, Alice Galopin
France Télévisions

 

Tag(s) : #ISRAEL, #PALESTINE, #PAIX
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