Mardi en soirée, quelques 200 missiles iraniens ont été interceptés par le Dôme de fer israélien. Deux personnes ont été blessées légèrement et un Palestinien a été tué à Jéricho en Cisjordanie, par des éclats des missiles hypersoniques. Des navires américains ont aussi tiré une dizaine de missiles intercepteurs en soutien à Israël.
L’opération Promesse honnête 2 » est "terminée", a fait savoir Téhéran dans la nuit, indiquant par là que sa riposte restait limitée à cette action qui visait « les trois principales bases aériennes militaires du régime sioniste, le Mossad centre de la terreur, la base aérienne de Nevatim pour les avions F-35 et la base aérienne de Hatzerim », et mettant en garde Israël contre des représailles. Elles ne manqueront pas de se produire, les dirigeants Israéliens étudient sans doute la nature de l’intervention à effectuer contre l’Iran. Ils sont assurés cette fois du soutien du gouvernement américain, les États-Unis ayant fait part de discussions avec Israël sur la réponse à apporter. Elle pourrait cette fois viser les installations nucléaires iraniennes, bête noire du gouvernement israélien comme de l’administration étasunienne. Une nouvelle escalade guerrière contre laquelle Antonio Guterres, le secrétaire général des Nations unies.
Chacun est dans son rôle dans cet implacable jeu de dupes dont les peuples paient le prix fort, en particulier les Palestiniens et les Libanais.
Le Conseil de sécurité de l’ONU doit se réunir en urgence mercredi 2 octobre pour discuter de l’escalade des hostilités au Moyen-Orient, a annoncé mardi la présidence suisse du Conseil, alors que le contre-amiral Daniel Hagari, porte-parole de l’armée israélienne déclarait : « L’armée de l’Air continue de fonctionner à pleine capacité et cette nuit, nous allons continuer de frapper au Moyen-Orient avec force comme c’est le cas depuis un an[1]».
D’ailleurs, mercredi matin, le Liban a été de nouveau ciblé, l'armée israélienne a annoncé avoir frappé des "cibles terroristes du Hezbollah" dans la banlieue sud de Beyrouth[2]. Tsahal avait demandé hier aux habitants du quartier d'évacuer les lieux. Un million de gens sont ainsi chassés de leurs résidences depuis le début de l’offensive israélienne, errant sur les routes, à la recherche d’un abri, fuyant vers la Syrie qui est aussi bombardée comme espace de transit pour le transport des armes iraniennes vers le Hezbollah libanais.
Le ministre français des Affaires étrangères, dit croire qu’une solution diplomatique reste possible, qu’elle peut se fonder sur l’application de la résolution 1701 de l’ONU, qui date de 2006. Ce texte interdit la présence de milices au sud du fleuve Litani, une disposition que ne respecte pas le Hezbollah et nécessite le déploiement de l’armée libanaise et de la Finul dans cette zone. Pour l’instant, la FINUL se contente d’observer les affrontements depuis ses bases. L’armée libanaise qui se limite à 4 000 hommes sous équipés, impuissante, ne peut que regarder.
Lundi, Beyrouth s’est dit prêt à appliquer la résolution.
Ce rappel au droit international oublie que ce qui déstabilise la région, c’est avant tout le non-respect des résolutions de l’ONU par Israël, qui viole le cessez-le-feu au Liban du Sud, a annexé le plateau du Golan, occupe illégalement la Cisjordanie et Jérusalem-est, organise un blocus contre Gaza et interdit le droit au retour des Palestiniens.
Allain Graux
Le 2 octobre 2024
[1] Source : l’Humanité – 2.10.24 : Menaces de riposte, Conseil de sécurité de l’ONU… Les répliques au lendemain des frappes de l’Iran sur Israël
[2] Source : France info – Pierre Godon, Clément Parrot (France Télévisions) – publié le 2.10 2024 - Guerre au Proche-Orient : l'attaque de l'Iran contre Israël risque "d'embraser" tout le Moyen-Orient.
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