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Amjad Aliwa, directeur des urgences de l'hôpital al-Chifa, a fait état de tirs israéliens sur « des milliers de citoyens » qui se précipitaient vers des camions d’aide humanitaire, dans le nord de ce territoire en proie à la famine. "On dénombre au moins 50 martyrs et plus de 120 blessés, incluant des femmes et des enfants"[1].

En fait, « Le bilan du massacre de la rue Al-Rashid à Gaza City s’élève désormais à 104 morts et 760 blessés », a déclaré le ministère de la santé du Hamas[2].

« Les camions sont pris d'assaut lorsqu'ils arrivent. Selon la version de l'armée israélienne, de nombreux Palestiniens sont morts, bousculés, piétinés et écrasés alors que les chauffeurs des 30 camions roulent pour s'extraire du chaos. Selon des témoins palestiniens, l'armée israélienne a tiré. "Les soldats et les tanks se sont mis à nous tirer dessus, les gens ont été touchés", témoigne un homme. L'armée israélienne reconnait avoir ouvert le feu près de l'un de ses barrages, alors que ses soldats étaient menacés. À un moment donné, les camions ont été dépassés, et leurs conducteurs, des civils gazaouis, ont foncé dans la foule. Ils ont fini par tuer des dizaines de personnes", a de son côté indiqué Avi Hyman, porte-parole de la Direction nationale de la diplomatie publique d'Israël. Selon l'armée, ces tirs n'expliqueraient pas le bilan de plus de 100 morts, avancé par le Hamas.

Aucun témoin indépendant n'était présent à Gaza lors du drame.[3] » "

Béligh Nabli, professeur des universités en droit public et spécialiste du Proche-Orient, rappelle qu’il existe des "précédents", où "les versions de l’armée israélienne, sur ce type de situation, ont été contredites par des enquêtes indépendantes". Il cite notamment l’hôpital Al-Chifa, présenté par l’armée israélienne comme le "quartier général du Hamas" et "qui s’est avéré comme étant un hôpital avec des civils à l’intérieur".

"Finalement, la vraie raison de ce drame, c’est le contexte dans lequel il s’inscrit, à savoir que les Gazaouis souffrent d'une situation de famine, et que cette famine n’est pas un phénomène naturel, ce n’est pas causé par une catastrophe naturelle. Elle est causée par un blocus contraire au droit international, constitutif d’un crime de guerre, un blocus assuré, imposé par l’armée israélienne", poursuit Béligh Nabli, qui estime "qu’en cela, sa responsabilité est première par rapport au drame, au-delà même de la version factuelle."[4]

La famine est causée par un blocus contraire au droit international.

Elle s’installe au Nord comme au Sud ; deux enfants en sont décédés «...morts au complexe médical d'Al-Chifa des suites de déshydratation et de malnutrition », selon le porte-parole du ministère palestinien de la Santé Ashraf Al-Quadra, directeur de l’hôpital Adwan, qui a annoncé mercredi soir que le bilan des enfants qui sont morts de faim, s'est alourdi à 6[5].

« Une nuée d’hommes, sacs à l’épaule, se bousculent dans le nord de la bande de Gaza. Autour des camions d’aide humanitaire, c’est la cohue. La localité de Jabaliya est en ruines. Alors que les combats semblent s’être éloignés, des dizaines de milliers de Gazaouis survivent ici. Dans la rue, des enfants se battent pour un bouillon dans lequel flottent quelques pommes de terre. "On n’a rien. Je n’ai rien mangé depuis deux jours"

La farine manque. Alors, dans un atelier, des habitants broient le fourrage donné habituellement aux animaux. Des denrées se marchandent encore sur quelques étals, mais loin des besoins des 200 000 à 300 000 personnes restées dans cette partie nord de Gaza. Il n’y a plus d’eau potable, seulement quelques citernes. "Les Israéliens bombardent les générateurs et les puits. On se bat pour un peu d’eau, de l’eau polluée, même pas bonne à boire", déplore un homme[6] ».

Cette tuerie, qu’hélas on ne peut pas qualifiée de sans précédent, a profondément émue et indignée les autorités dans le monde et l’opinion publique. Le président français, s’est déclaré indigner, exprimant ‘’sa plus ferme réprobation devant ces tirs et demande la vérité, la justice et le respect du droit international’’. Antonio Guterres réclame une enquête indépendante tandis que le Conseil de sécurité s’est réuni à huis clos pour en discuter.

 

[1] France télévision 29.02.

[2] Médiapart – 29.02.24 – et TeleSur.

[3] France info - 29.02

[4] France info – 29.02

[5] Des enfants meurent de faim à Gaza – TRT France 29.02.24.Information confirmée par the Times of Israel : https://fr.timesofisrael.com/liveblog_entry/deux-enfants-morts-de-malnutrition-dans-un-hopital-de-gaza-hamas/

La Croix/AFP : La guerre a fait plus de 30.000 morts à Gaza, bombardée par Israël

AFP, le 28/02/2024.

[6] Franceinfo - A. Vahramian, S. Yassine, M. Benoliel, H. Nalbandia (Guerre entre Israël et le Hamas : la famine pointe le bout de son nez dans le nord de Gaza)

Tag(s) : #PALESTINE
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