CONTRAIREMENT À CERTAINES AFFIRMATIONS RAPIDES, LA DÉFORMATION ENTRE LES VOIX EXPRIMÉES DANS LES URNES ET LES SIÈGES OBTENUS DANS L’HÉMICYCLE N’A PAS DISPARU EN 2022.
On sait qu’au premier tour, la gauche rassemblée dans la Nouvelle Union populaire écologique et sociale (Nupes) a légèrement devancé, ou au minimum fait jeu égal avec la majorité sortante réunie dans Ensemble. Avec une proportionnelle intégrale, ces deux coalitions auraient eu un poids équivalent à l’Assemblée, autour de 150 députés.
Dans la réalité, Ensemble a obtenu 245 sièges, c’est-à-dire plus d’une centaine de plus que la Nupes. CE QUI SIGNIFIE QUE LE CAMP MACRONISTE BÉNÉFICIE TOUJOURS D’UNE SURREPRÉSENTATION CONSIDÉRABLE, TANDIS QUE LA NUPES SOUFFRE DE SOUS-REPRÉSENTATION – mais dans des proportions plus réduites.
Le RN, lui, aurait obtenu entre 109 et 132 sièges selon que la proportionnelle aurait été intégrale ou avec seuil, étant donné la concurrence de Reconquête, le parti d’Éric Zemmour, qui a plafonné à 4,2 % des suffrages exprimés. Mais dans les deux cas, l’extrême droite aurait été encore plus présente.
ll ne manquerait pas « seulement » une quarantaine de sièges à Emmanuel Macron pour gouverner, mais au moins une centaine, voire davantage.
...dans le système actuel, le gain ou la perte d’une circonscription dépend parfois de très faibles déplacements de suffrages. Dans une cinquantaine de circonscriptions, l’issue du duel s’est par exemple jouée à moins de 500 voix – et dans treize d’entre elles, à moins de 100 voix. C’est le genre de phénomène qui nourrit des distorsions entre les votes exprimés et la quantité de sièges obtenus.
IL S’AGIT DU MODE DE SCRUTIN QUI DÉFORME LE MOINS L’EXPRESSION DU SUFFRAGE.
Source : MEDIAPART
extraits de : Avoir un vrai scrutin proportionnel ? par Fabien Escalona
/image%2F0553981%2F20241201%2Fob_5aff00_20230605-144504.jpg)