Overblog Tous les blogs Top blogs Photographie
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

Depuis août 1914, l’histoire nous a appris que l’on sait comment commence une guerre mais jamais comment elle finit.

L’histoire, en particulier celle du XXe siècle, nous enseigne que la guerre est un révélateur politique.

Dans son écrasante majorité, le personnel politique français pousse à la guerre à outrance, sauf les altermondialistes dont l’Union populaire. Car a guerre en Ukraine est de nouveau un affrontement entre nations impérialistes. Et dans ce contexte, la nation redevient un concept politique majeur.

La classe politique française est-elle « à la hauteur » de cet événement historique ? L’émotion, partagée par tous, s’accompagne de l’irresponsabilité qui prédomine chez un grand nombre de dirigeants face au dérapage toujours possible du recours à l’atome. Or, le « principe de responsabilité » nécessite de chercher à imposer un cessez-le feu, et encore plus à empêcher coûte que coûte l’extension du conflit. Mais comment ?

Il faut impérativement créer les conditions pour ouvrir une conférence de paix et de sécurité en Europe. Une organisation internationale existe exclusivement à cette fin : il s’agit de l’Organisation pour la Sécurité et la Coopération en Europe (OSCE). « L’OSCE est un acteur essentiel de la sécurité paneuropéenne, en sa qualité de seule institution où la Russie, les États-Unis, le Canada, tous les pays d’Europe et d’Asie centrale, peuvent dialoguer directement dans un cadre multilatéral et sur un pied d’égalité. ». Cette conférence doit être agréée par l’ONU, ce qui ne devrait pas créer de difficultés.

Il ne s’agit pas d’une recette miracle, mais il faut poser un cadre de négociation acceptable pour toutes les parties concernées, pour une désescalade militaire afin d’éviter le pire, déjà à l’œuvre pour les populations ukrainiennes bombardées.

Poutine est responsable de l’ouverture des hostilités et son armée écrase les villes ukrainiennes, c’est un fait indéniable. Et il faut le prendre très au sérieux lorsqu’il active sa force nucléaire.

Or, la volonté occidentale est de « viser Poutine » et de « faire effondrer la Russie » comme l’a déclaré Bruno Le Maire, numéro deux du gouvernement français et numéro un des va-t-en-guerre. Cette hypothèse est très aléatoire, bien qu’il faille saluer les opposants russes qui risquent courageusement leur liberté pour s’opposer au dictateur. Ils sont malheureusement trop peu nombreux pour provoquer cet effondrement.

Qu’est-ce qui renforce Poutine et sa clique d’oligarques ?

Qu’est-ce qui peut les affaiblir ?

Les « poses » et les actes bellicistes ne renforcent ils pas le discours poutinien. Mais alors que faire ?

L’ouverture d’une négociation internationale n’accentuerait-il pas les contradictions d’intérêts entre Poutine et une fraction de l’Oligarchie qui exploite économiquement la Russie. Surtout si les sanctions frappent en priorité les oligarques personnellement et non le peuple russe.

Le numéro deux du secteur pétrolier russe Loukili a appelé le 3 mars à mettre fin rapidement au conflit en Ukraine. « Nous prônons un arrêt rapide du conflit armé et soutenons sans réserve son règlement via un processus de négociation et des moyens diplomatiques », a ainsi indiqué le conseil d’administration de Loukoïl dans un communiqué (de source russe, interdite en France).

La posture guerrière, renforce au contraire le bloc militaro-industriel qui est la base du pouvoir poutinien.

L’ambiguïté de la politique nationale et européenne.

Deux instances nous imposent la politique de l’Europe : l’OTAN pour les questions purement militaires et la Commission européenne pour les questions civiles. Le couple Jens Stoltenberg pour l’OTAN et Ursula von der Leyen pour la Commission européenne. Le chef d’orchestre est Joe Biden, grand patron de l’OTAN. Macron, malgré d’indéniables efforts, en tant que Président français et président pour six mois seulement du Conseil de l’UE, ne fait que de la « figuration intelligente » face à ce trio de « poids lourds ». Il cause et il a raison de le faire, mais pour quel effet jusque là. Car qui dirige réellement la manœuvre en ces temps de guerre ? Et que devient le principe républicain du « peuple souverain » français, jadis incarné par le Général de Gaulle, mais aussi par Chirac et De Villepin face à l’invasion de l’Irak sous de faux prétextes !

Le porte-avions Charles de Gaulle est seul au large de Chypre et sous commandement OTAN...

Seul Mélenchon ne participe pas à l’hystérie ambiante qui ne peut conduire qu’au désastre, accompagné de quelques personnalités et de loin du candidat communiste.

Le reste de l’arc politique français, s’est engagé sur la route de l’agressivité, du plus guerrier, du plus OTAN qui seule nous protégerait ! Mais n’est-ce pas l’inverse ?

La paix en Europe doit revenir, par la négociation internationale sous l’égide de l’OSCE parrainée par l’ONU.

Cette politique là ne risque pas de déclencher le feu apocalyptique.

 

 Allain Graux

7 mars 2022

Tag(s) : #POLITIQUE, #PAIX
Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :