La soi – disant volte-face de Jean-Luc Mélenchon selon France info
Le candidat de La France insoumise a défendu, dans le passé, des positions sur la Russie qui divergent de celles de la majorité des candidats à l'élection présidentielle. En témoigne cette déclaration dans l'émission "On n'est pas couché" sur France 2 en 2016. Fin 2015, Vladimir Poutine avait décidé d'intervenir militairement en Syrie pour soutenir Bachar Al-Assad, le président du pays, au nom de la lutte contre le terrorisme. A la question posée par la journaliste Léa Salamé, "êtes-vous favorable aux bombardements russes en Syrie ?", Jean-Luc Mélenchon avait répondu par l'affirmative, expliquant que c'était la solution pour Vladimir Poutine "de régler le problème et d'éliminer Daech".
Depuis le début de la campagne, le leader de La France insoumise a multiplié les sorties ambiguës à propos de la politique expansionniste de Vladimir Poutine. Sur France Inter, le 3 janvier, le député des Bouches-du-Rhône considérait la Russie comme "un partenaire". Avant d'ajouter : "Je ne suis pas d'accord pour que l'on en fasse un ennemi, je ne suis pas d'accord avec le fait que l'on ait trahi la parole que l'on avait donnée aux dirigeants russes."
A G : en quoi s’agit-il d’une ambiguité ? Mélenchon parle de Daech, pas des populations civiles massacrées par Bachar. Il aurait fallu, certes être plus précis. JLM, par régler le problème, voulait dire que puisque personne n’intervenait, ce sont les Russes qui allaient régler le problème. Ca ne signifiait pas qu’il était d’accord avec la façon de le régler.
"Nous avons fait entrer dix pays dans l'Otan à l'Est, ce qui a été ressenti comme une menace par la Russie. Nous avons le devoir de faire en sorte que l'Ukraine n'entre pas dans l'Otan parce que sinon, il est normal que les Russes disent 'nous nous sentons menacés', surtout quand on installe des batteries de missiles antimissiles en Pologne."
AG : C’est une réalité. Comment les États-Unis avaient-ils réagi quand Kroutchev avaient installé des missiles à Cuba, pays sous blocus américain ?
Par ailleurs, l’entrée prématurée de ces pays dans l’UE, a été une énorme bêtise, d’un point de vue économique comme politique.
L'exacerbation des tensions latentes entre le parti au pouvoir pro-russe et l'opposition pro-occidentale s'est déchaînée après la décision du gouvernement ukrainien d'« interrompre les préparatifs » de la signature d'un accord d'association et de libre-échange avec l'Union européenne (UE) , un accord qui devait être signé au sommet de Vilnius et qui prévoyait l'intégration de l'Ukraine, de la Moldavie, de la Géorgie et de l'Ukraine selon les accords du sommet de Prague en 2009.....(L'UKRAINE ET LA MYOPIE GEOPOLITIQUE DE BIDEN PAR Germán Gorraiz López -TELESUR )
Jean-Luc Mélenchon, le 3 janvier 2022 sur France Inter
Sur la mobilisation des troupes russes à la frontière ukrainienne, Jean-Luc Mélenchon est même allé plus loin, dans une interview accordée au Monde, le 18 janvier. "Les Russes mobilisent à leurs frontières ? Qui ne ferait pas la même chose avec un voisin pareil, un pays lié à une puissance qui les menace continuellement ?" avait-il lancé, en rappelant aussi, sur TF1, que la France devait être "non alignée, ce qui signifie que ni les Russes ne doivent entrer en Ukraine, ni les Américains ne doivent annexer l'Ukraine dans l'Otan".
Ag : cette position n’est-elle pas la plus raisonnable qui soit ? Une position de neutralité.
Des positions qui ont radicalement changé depuis le début de l'invasion russe en Ukraine. Le député a en effet fustigé cette attaque dans un communiqué, critiquant avec virulence une opération militaire "de pure violence manifestant une volonté de puissance sans mesure". Et d'ajouter : "La Russie prend la responsabilité d'un recul terrible de l'histoire. Elle crée le danger immédiat d'un conflit généralisé qui menace toute l'humanité."
AG : En quoi est-ce un changement de position ? JLM, au contraire, démontre qu’il condamne les agressions guerrières, qu’il est un partisan de la paix, qu’il est conscient des menaces qui pèsent d’un embrasement général.
L'"insoumis" continue toutefois de pointer la responsabilité supposée de l'Otan dans le conflit : "Si vous me demandez de détailler les causes qui nous ont conduits à cette situation, alors je vous dirai que le refus obstiné de discuter de cette présence de l'Otan à la porte de la Russie est la cause profonde du sentiment qu'a eu Monsieur Poutine du sentiment que nous nous apprêtons à l'agresser", a-t-il déclaré jeudi 24 février sur France 2, en mettant au défi quiconque de "prouver qu'[il] avai[t] déjà soutenu Poutine".
AG _ Là encore n’est ce pas une réalité ? Le souhait et les pressions américaine de ses alliés européens dans l’Otan ont été ressentis comme une menace pour Poutine. Il suffit de regarder la carte des bases de l’Otan autour de la Russie, ainsi que les missiles placés en Pologne et les Pays Baltes (pays membres de l’OTAN)
«En 2017, l'OTAN renforçait sa présence sur le flanc est de son territoire avec l'opération «présence avancée rehaussée», qui consiste dans le déploiement de quatre bataillons multinationaux dans les pays baltes (Estonie, Lettonie et Lituanie) et en Pologne. La France, présente en Estonie avec 300 soldats, participe avec les autres États membres de l'OTAN à ce déploiement ».
- Par voie de communiqué, l’Estonie, la Lettonie et la Lituanie, ont indiqué qu'ils allaient envoyer des missiles Javelin et Stinger de fabrication américaine, après en avoir reçu l'autorisation de Washington en début de semaine, selon une information rapportée par le quotidien américain « The Wall Street Journal[1] ».
Ce qui prouve qu’il y avait déjà des missiles dans ces pays...
« Le concept de protection des compatriotes russes à l'étranger est régulièrement invoqué par le Kremlin pour légitimer ses interventions extérieures. Ainsi, en 2008, le ministre des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, pointait l'existence d'un «nettoyage ethnique» visant les russes en Géorgie, avant que l'armée de Moscou n'intervienne dans ce pays.
En 2014, les «little green men» –des soldats sans signalement d'appartenance nationale– envahissaient la Crimée, territoire située en Ukraine majoritairement russophone - (Territoire russe donnée à l’Ukraine par Staline) - suivi bientôt par des soldats en uniforme de Moscou. L'annexion de ce territoire fut précédée d'un référendum organisé par la Russie et non reconnu par l'Occident[2].
Si la protection des populations russophones présentes dans les pays limitrophes de la Russie est évoquée par le Kremlin pour justifier ses actions, certains auteurs, considèrent plutôt que le rapprochement de l'OTAN avec ces pays et la possible adhésion de ceux-ci à l'Alliance atlantique ont poussé Moscou à intervenir militairement. De fait, ces dits pays sont devenus instables et, en tant que tel, «indigestes» pour l'Alliance. Depuis la fin de la Guerre froide, aucun déploiement de cette ampleur n'a eu lieu au sein de l'Alliance atlantique. Cette décision d'envoyer des troupes aux frontières de la Russie s'est faite en réponse à un sentiment d'insécurité au sein de ces pays[3]. »
Le 26.02.2022
[1]https://www.aa.com.tr/fr/monde/les-pays-baltes-annoncent-l-envoi-de-missiles-antichars-et-antia%C3%A9riens-en-ukraine-/2482111
[2]https://mirmandepatrimoines.photo/2019/07/29/la-pointe-avancee-de-l%ca%bcotan-dans-les-pays-baltes-une-epine-pour-moscou/
[3]http://www.slate.fr/story/180159/otan-pays-baltes-tensions-moscou-russie-kremlin-armee-militaires
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