En 2020, l’espérance de vie à la naissance atteint 79,2 ans pour les hommes et 85,3 ans pour les femmes, selon l’Insee.
On parle souvent d'EVSI à la naissance et d'EVSI à 65 ans.
Cet indicateur fait partie de la famille des « espérances de santé », et plus précisément des espérances de vie sans incapacité (permanentes ou temporaires, c'est-à-dire « sans être limitée dans ses activités quotidiennes »).
Cet indice traduit le nombre d'années que l'on peut espérer vivre en bonne santé ou en étant bien soigné, c'est-à-dire « sans incapacité au sein de l'espérance de vie ». En Europe et Amérique du Nord il n'y a pas de lien direct et général entre incapacité et espérance de vie ; ainsi bien que mesurant l'incapacité de différente manières, toutes les études montrent que les femmes développent plus d'incapacité que les hommes, mais qu'elles vivent néanmoins plus âgées.
« L’espérance de vie dite « sans incapacité » est logiquement plus courte que l’espérance de vie tout court. Si l’on prend en compte l’incapacité « sévère » – on ne considère alors que les personnes qui déclarent une limitation « forte » –2, elle est – à la naissance – de 77,9 ans pour les femmes et de 73,8 ans pour les hommes. Soit 7,4 années de moins que l’espérance de vie tout court pour les femmes et 5,5 pour les hommes : on a là une mesure de la durée, généralement en fin de vie, passée en mauvaise santé, avec une incapacité sévère. Il faut rester prudent en comparant les deux grandeurs souvent mélangées dans le débat public : l’une (l’espérance de vie) est calculée à partir de l’âge des décès constatés, l’autre (la bonne santé) résulte de la déclaration des intéressés.
- Au cours de la décennie 2010, les femmes et les hommes ont gagné 1,8 année d’espérance de vie sans incapacité sévère.
- La crise sanitaire n’a eu que peu d’impact sur l’incapacité sévère en 2020 : l’espérance de vie a diminué d’une demi-année (l’ensemble des décès a augmenté de 9 %). » L’épidémie de covid-19 a fait perdre environ une demi-année de vie aux Français.
Depuis le début des années 2010 cependant, les progrès semblent moins rapides. Entre 2011 et 2015 chez les femmes, et entre 2014 et 2016 chez les hommes, l’espérance de vie a stagné. On peut imaginer qu’elle plafonnera bien un jour, mais nul ne sait quand (voir notre article). Depuis 2016, les progrès ont repris...
https://www.observationsociete.fr/population/lesperance-de-vie-en-bonne-sante-progresse-2.html
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L’espérance de vie à la naissance :
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(Insee) |
Union européenne |
France |
|
|
2019 |
2020 |
2020 |
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Femmes |
84 |
85,1 |
|
|
Hommes |
78,5 |
79,1 |
|
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En BONNE |
SANTE |
|
|
|
Femmes |
65,1 |
65,9 |
77,9 |
|
Hommes |
64,2 |
64,4 |
73,8 |
En 2017, l'espérance de vie en bonne santé s'élève à 64,9 ans pour les femmes. Entre 2016 et 2017, cet indicateur a progressé de 0,8 ans (tandis que l’espérance de vie à la naissance est restée stable, atteignant 85,3 ans). L'évolution est très différente pour les hommes : leur espérance de vie en bonne santé a reculé de 0,1 ans pour redescendre à 62,6 ans en 2017 (tandis que leur espérance de vie à la naissance passait de 79,3 ans en 2016 à 79,5 ans en 2017).
D'après un article du Monde, l’espérance de vie en bonne santé en 2016 est en dessous de la moyenne européenne (64,1 ans chez les femmes et 62,7 chez les hommes alors que la moyenne en Europe est respectivement de 64,2 et 63,5 ans.
Entre un cadre et un ouvrier, vous avez six années d'écart d'espérance de vie". Une étude de l'INSEE, publiée en 2016, montre qu'à 35 ans, un ouvrier peut espérer vivre encore un peu plus de 42 ans, contre 49 ans pour un cadre. Mais cela ne vaut que pour les hommes. L'écart entre les femmes ouvrières et les femmes cadres est plus réduit. Une femme ouvrière vit même un peu plus longtemps qu'un homme cadre.
Une étude de l'INSEE publiée en 2018 confirme également que "entre les 5% les + riches et les 5% les + pauvres, c'est 13 années d'écart d'espérance de vie". Les plus pauvres ont en effet une espérance de vie beaucoup plus réduite que celle des plus riches. Cet écart est bien de 13 ans entre les hommes les plus aisés et les plus pauvres. "Parmi les 5% les plus aisés, l'espérance de vie à la naissance des hommes est de 84,4 ans contre 71,7 parmi les 5% les plus pauvres", précise l'étude. Cet écart est en revanche de huit ans entre les femmes les plus aisées et les plus pauvres.
Mais tous ces chiffres sont variables : en France, des disparités d’espérance de vie sans incapacité sont observées selon les territoires. Des chercheurs de l’Ined, de l’Université de Strasbourg et de l’ORS Ile-de-France se sont penchés sur cette question et ont réalisé la première comparaison départementale à partir de l’enquête Vie Quotidienne et Santé (VQS) de la DREES. Ils mettent en évidence des écarts notables d’un département à l’autre.
L’espérance de vie sans incapacité à 60 ans varie de 11 à 18 ans selon le département et le sexe des personnes.
L'EVSI devient l'un des indicateurs les plus pertinents pour orienter rationnellement les politiques de gestion des réformes du système de retraite, en particulier regard des marges de manœuvre sur les durées de cotisation et des limites d'âge de départ à la retraite (d'un point de vue statistique, lorsque l'âge d'une personne atteint ou dépasse l'ESVI, la probabilité qu'elle soit au chômage pour inaptitude devient quasi certaine, elle ne peut plus cotiser).
La notion de santé étant complexe et multiple (santé physique, mentale, affective, sensorielles, cognitives, sexuelle...), les critères de calcul de l'espérance de vie en bonne santé sont plus difficiles à mesurer de façon constante dans le temps, que ceux de l'espérance de vie sans incapacité ou de l'espérance de vie.
En France, si l'espérance de vie en bonne santé s'élève à 64,5 ans pour les femmes et 63,4 ans pour les hommes, les chiffres dans la moyenne européenne est de 64 ans pour les femmes et 63,5 pour les hommes.
Un autre mode de calcul du gouvernement consiste à ne prendre en compte que les personnes âgées de plus de 65 ans et de calculer leur espérance vie en bonne santé. Elle est de 11,2 ans pour les femmes et 10,2 pour les hommes. Cette méthode ne prend pas en compte les personnes déjà malades ou en perte d'autonomie avant 65 ans.
Or plus on prolonge le durée du travail, en particulier pour certaines catégories de travailleurs, la pénibilité, on a plus de risque de tomber malade et de voir réduire son espérance de vie...
Allain Graux
Le 11.02.2022
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