Le dimanche 8 novembre, sur la place Murillo à La Paz, Les amautas, les sages spirituels Aymara ont préparé un autel avec des offrandes, pour célébrer - en présence des représentants des organisations sociales, associatives et politiques - un rituel traditionnel de gratitude à la "Pachamama", et demander à la divinité andine de donner de la force au nouveau Président de la Bolivie, tout comme l’avait fait Morales à Tiwanaku. Le Ko’a est exécuté sur un brasero où sont incinérés des représentations d’objets symboliquement liés au but de la cérémonie et de fœtus de lama. « C'est un acte qui se réalise de manière unique en Bolivie car il fusionne les actes formels avec nos coutumes et traditions et nos savoirs ancestraux», a expliqué Freddy Bobaryn, l'un des maillons du Mouvement pour le socialisme (MAS).
Cette cérémonie montre ainsi de manière forte et symbolique, la continuité de la politique bolivarienne de l’Etat plurinational inaugurée par l’ex-président Evo Morales en 2006, interrompue par le coup d’Etat et onze mois d’usurpation du pouvoir par la présidente autoproclamée Jeanine Añez.
C’est sans doute la première fois dans l’histoire que l’on observe la déroute aussi rapide d’un coup d’Etat défait dans les urnes, démocratiquement. Une majorité d’électeurs a condamné une gestion des putschistes, hâtive et maladroite, privatisant ou livrant les ressources naturelles et tout ce qu’ils pouvaient, réprimant et assassinant ceux qui protestaient contre le vol de l’argent public y compris pour l’achat des respirateurs afin de faire face à la pandémie.
La débandade de la droite est totale avec la libération des dirigeants et ministres du MAS réfugiés dans l’ambassade du Mexique, la fin des mises en examens par les tribunaux - y compris celle d’Evo Morales - et son retour triomphal en Bolivie le lundi 9 novembre. Il a été accueilli par des milliers de personnes après presqu’un an d'asile en Argentine. Une caravane populaire l’a accompagné depuis la frontière jusqu’à Oruro et son village, passant par Potosi et le salar d’Uyuni. Le long de la route, les communautés paysannes, les mineurs, les travailleurs d’une usine de transformation du quinoa attendaient Evo Morales en musique avec de la nourriture et de l'eau.
Mercredi 11 novembre, le président du Commonwealth des Tropiques, des ambassadeurs, des législateurs et des maires étaient présents avec Le Président de la République Luis Arce et le vice-président David Choquehuanca, à la réception organisée à Chimoré en son honneur par les Six Fédérations du Tropique de Cochabamba et le maire de Villa Tunari[1]. Cette réception, avec la présence de Luis Arce infirme les propos sur une éventuelle distanciation entre l’ancien et le nouveau président.
Morales a déclaré que la Bolivie reprendra une croissance économique avec un sens social sous le nouveau gouvernement du président Luis Arce, Il a également défendu l'exploitation du lithium par le gouvernement au lieu de la laisser à l'initiative privée comme le voulait le gouvernement de facto de Jeanine Áñez.
C’est Evo Morales qui a dirigé la campagne du MAS depuis son exil argentin ; il est toujours le chef politique du MAS-IPSP. Ce sont ses partenaires qui sont au pouvoir Luis Arce ancien ministre de l’économie, Choquehuanca ancien ministre des affaires étrangères, le politologue et leader paysan Andrónico Rodríguez, un Quechua du Tropique de Cochabamba, élu président du Sénat.
Les relations diplomatiques avec le Venezuela ont été officiellement rétablies le 11 novembre, lors de la réception des lettres de créance de l’Ambassadeur Alexander Yáñez[2].
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[1] https://www.telesurtv.net/news/esperan-evo-chimore-miercoles-20201111-0011.html
[2] Source : TeleSur – 11/11/2020
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