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Partenariat Air Madagascar avec Air Austral

Signé en octobre 2017, un partenariat stratégique entre Air Madagascar et Air Austral prévoyait un plan en deux phases d’une durée de dix ans pour relancer la compagnie aérienne nationale malgache. La compagnie réunionnaise entrait à hauteur de 49 % dans le capital d’Air Madagascar. Le plan prévoit une première phase de redressement d’une durée de trois ans (2017-2020) et une deuxième phase de croissance, tablant sur un taux de rentabilité de 4,6%. A la signature du contrat, l’Etat malgache devait honorer des dettes d’un montant de 88 millions de dollars US. Mais, il est apparu que 7 millions de dollars n’avaient pas été intégrés dans les estimations initiales. En outre, le président malgache alors en place, s’était engagé à ne pas ouvrir l’espace aérien à d’autres compagnies. Mais, Rajoelina veut développer le tourisme, avec un objectif de 800 000 touristes par an. Il a donc ouvert l’espace à Ethiopian Airlines avec une ligne sur le Kenya, avec la suppression de l’une des deux dessertes hebdomadaires d’Air Madagascar sur la France. On ne peut que s’interroger sur ce choix, les touristes viennent surtout de France, ils sont plutôt rares en provenance de Nairobi ! Par ailleurs, Air Austral est devenu un monopole de fait sur les relations entre la Réunion et la Grande Ile ; cette compagnie en a profité pour terriblement augmenter ses tarifs, depuis le retrait de Corsair sur cette destination. Par ailleurs, les taxes d’aéroport ont triplé, payables en devises ! Des choix peu compréhensibles et contradictoires avec l’objectif du développement touristique.

A cela s’ajoute le procès entre Air France et Air Madagascar, pour une location-vente de deux coûteux et peu rentables airbus 340, dont la compagnie malgache n’a pas réglé toutes les échéances. Elle vient de perdre son litige en octobre 2019.

 La compagnie (Air Madagascar) a évité un crash spectaculaire, à la fin du mois de septembre, lorsque l'équipe de direction a soumis discrètement au gouvernement le dépôt de bilan d'Air Madagascar. Le président malgache Andry Rajoelina, dit TGV, a déployé un parachute pour l'entreprise publique. Il a ordonné au ministre des transports Joël Randriamandranto de se coordonner avec son homologue des finances, Richard Randriamandrato, afin d'injecter les fonds nécessaires au sauvetage de la compagnie [...] Mais cette manne ne sera certainement pas suffisante pour pallier les 46 millions € qu'Air Madagascar devrait payer à Air France à la suite du verdict tombé le 17 octobre au soir dans le procès qui opposait les deux compagnies aériennes pour une affaire de leasing de deux A340.

Le secrétaire général de la présidence Valéry Ramonjavelo avait échoué à attirer les investissements de Qatar Airways dans la compagnie nationale malgache (LOI nº1506). Un second échec, après les tentatives des autorités de séduire Turkish Airlines.

La filiale d'Air Madagascar aux commandes des vols intérieurs, Tsaradia, ne serait guère en meilleure santé financière que sa maison mère[1].

Les bureaux d’Air Austral ont été scellés le 13 novembre 2019, tant à Mayotte qu’à La Réunion, après la visite inopinée de l’autorité française de la concurrence, faisant suite à la plainte déposée par Corsair. Un vol de Toamasina à l’île de La Réunion coûte actuellement plus de 500 euros (2 millions d’ariary). Cette tarification d’Air Austral fait grincer des dents également à Mayotte où la compagnie réunionnaise avec une de ses filiales a un quasi-monopole du trafic. Air Austral est suspectée d'avoir mis en œuvre des pratiques anticoncurrentielles dans le secteur du transport aérien de passagers inter-îles confirme l’autorité de la concurrence[2].

C’est dans ce contexte qu’Andry Rajoelina et son conseiller officieux Maminiaina Ravatomanga alias Mamy souhaitent lâcher Air Austral en plein vol, selon la formule employée par « La lettre de l’Océan Indien ».

 

La téléphonie, Huawei, Mamy et la présidence...

En septembre 2019, Stéphanie Delmotte, Directeur de Cabinet civil d’Andry Rajoelina, a été remerciée et remplacée par Lova Hasinirina Ranoromaro. Une femme connue dans le monde des télécommunications en tant que cadre au sein d’Orange Madagascar. La raison de cette décision présidentielle reste dans le secret total.

Cependant, on apprend que Mamy s’intéresserait aussi aux projets du Chinois Huawei à Madagascar. Y aurait-il un rapport de cause à effet ? En particulier pour un contrat de surveillance confié à Huawei pour 50 millions de dollars US. Le milliardaire a démenti toute implication, dans une lettre du 6 septembre adressée au site Africa intelligence, publiée par Gazy Patriot. Il y défend la politique d’investissements privés par le gouvernement Rajoelina afin de développer des projets d’envergure sans que cela soit supporté par le contribuable[3].

 

L’Attribution des contrats miniers à Madagascar

Mercredi 6 novembre 2019, en conseil des ministres, le gouvernement a annoncé suspendre pour une durée indéterminée le troisième plus grand projet minier du pays. La société minière australienne Base Toliara, avait obtenu son permis d’exploitation d’ilménite et de zircon en 2012, soit un an après le gel de l’octroi de permis miniers. Depuis 2011, la délivrance des permis miniers est théoriquement gelée... Cependant depuis ces deux dernières années, plus d’une dizaine de permis ont été octroyés...

Juste au même moment, par un pur hasard, Transparency International Initiative Madagascar rendait public les résultats préliminaires de son étude sur les risques de corruption dans le processus d’obtention de ces précieux permis. Le gouvernement, par pure coïncidence - les élections municipales devant avoir lieu le 27 novembre - précise que c’est en raison de « mésententes entre le projet et les communautés locales » mais aussi « par manque de clarté sur les bénéfices que pourrait en tirer le pays ».

« On a découvert que le gel des permis miniers favorisait la négociation entre les promoteurs de projets et les décideurs politiques. Parce que l’octroi des permis miniers passe désormais à travers des paiements de facilitation et des pots-de-vin.

Donc il y a un risque élevé de corruption, explique Christian Ihariantsoa, en charge du « secteur minier » au sein de l’ONG[4].

Tag(s) : #AFRIQUE, #MADAGASCAR
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