Overblog Tous les blogs Top blogs Photographie
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

La gouvernance

Ces bonnes manières sont une incontestable avancée démocratique qu’il convient de vérifier dans les faits. Un gouvernement « technique » ne peut que satisfaire les dirigeants du FMI et de la Banque mondiale pour lesquels « la bonne gouvernance » ne peut-être, en particulier pour ces pays en voie de développement, mais pas seulement, qu’un travail d’experts œuvrant pour le bien commun. Encore faudrait-il s’entendre sur la notion de « bien commun ». Pas sûr que ce soit la même pour le paysan et l’ouvrier que pour le fonctionnaire de ces institutions, parangons du capitalisme libéral. Ainsi pour nombre de pays, le choix du libre-échange ou du protectionnisme ne procède plus d’une décision souveraine politique, mais d’un impératif de bonne gestion selon des critères définis par ces institutions, c’est-à-dire capitalistes et libéraux. Or, le choix, avec des ressources limitées, n’est-ce pas de répondre à la question : qu’est-ce qui est le plus important ? Qu’est-ce qui est bien ? Faut-il y répondre uniquement sur ces critères d’expert scientifique, ou y introduire des réponses humaines, celles du Bien commun au sens du « Buen Vivir » ? Et là, ce ne sont pas de questions scientifiques dont il s’agit, d’autant moins que l’économie n’est pas une science. La science peut expliquer ce qui existe, comment les choses fonctionnent, elle ne peut pas dire ce qui doit être dans le futur. Cela, c’est du domaine de l’idéologie. Ou de la religion...Et finalement les soi-disant experts se transforment en idéologues qui imposent leur vision de l’avenir.

 

De la corruption au « bon droit ».

La corruption est souvent l’apanage des gouvernements et des élites des pays en voie de développement. Ce serait comme une tare congénitale dont il faudrait les guérir par l’application du bon droit, et pour obtenir les crédits nécessaires à leur développement.

Mais, on s’aperçoit que la corruption est un phénomène largement partagé ; elle ne touche pas que les pays dits du Sud. Elle est présente partout, et ce sont les pays du nord et leurs multinationales qui corrompent les dirigeants du Sud. Pour un corrompu, il faut un corrupteur.

Mais le thème de la corruption, c’est aussi devenu une arme politique employée contre les adversaires. En particulier par les corrupteurs qui disposent des moyens financiers et médiatiques pour la mettre en action.

On l’a vue au Brésil contre Lula et contre Dilma, on la constate en Israël avec Netanyahou, et on pourrait en multiplier les exemples. Ils sont nombreux en France, de Cahusac à Fillon en passant par Balkany, Marine le Pen, et contre Jean Luc Mélenchon et la France Insoumise. Là il s’agit d’associer les malversations à une personnalité politique pour démolir un courant adverse.

La mise en exergue médiatique de tout cela conduit à ne plus parler que de cela et convaincre ainsi l’opinion que « si l’on parvenait à éradiquer la fraude, la triche et la corruption [1] », le monde irait mieux. Certes, mais est-ce suffisant pour changer le monde ? Pour que les pauvres soient plus riches et vivent mieux, que la répartition des richesses soit plus équitable et surtout selon le libre choix de peuples souverains.

L’indignation du « brave peuple », face aux pratiques frauduleuses conduit à troquer les objectifs politiques pour des objectifs moraux. Avant les militants luttaient, maintenant ils se contentent de s’indigner. « Ils fondaient des organisations pour prendre le pouvoir, les voici qui se contentent de signer des pétitions [2]

S’il faut se montrer droit et juste, montrer l’exemple, il faut aussi choisir son camp et pas celui de l’adversaire de classe, qui lui ne se sert de la morale que pour faire entrer la pratique des dominants dans la loi, tout en exigeant la plus grande sévérité pour les forfaits commis par le populaire. Par exemple contre les fraudeurs de la sécurité sociale, une infime partie de la fraude fiscale et sociale des entreprises.

Pour changer le monde, il ne s’agit pas seulement de le sermonner.

Il ne suffit pas de s’indigner, mais de de se rassembler, s’organiser et agir.

 

    Allain Graux

Le 18 septembre 2019

Librement inspiré de l’article cité en référence dans le Monde diplomatique

[1] Le Monde diplomatique – Sermonner le monde ou le changer -  Benoit Bréville et Renaud Lambert – Sept.2019

[2] ibid

 

 

 

 

Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :