Le 9 septembre 1993, Yasser ARAFAT, au nom de l’OLP, a reconnu formellement l’existence de l’Etat d’Israël. Rabin, lui, n’a reconnu que ...l’OLP comme représentant du peuple palestinien, et non l’Etat palestinien.
Les accords d’Oslo 1 signés le 13.03.93 était une déclaration de principe d’arrangements intérimaires qui engageait un processus sur la voie de l’AUTONOMIE, à la suite d’une transition à l’issue de laquelle il pourrait être envisagé , peut-être, la création d’un Etat palestinien.
Ce processus était de 5 ans, puis a été reporté à 8 ans.
Dans le cadre d’Oslo, il a été créé et reconnu une Autorité palestinienne qui exerçait son administration sur une partie du territoire.
Cela devait permettre le retrait des militaires israéliens de cette zone. Mais ce qui ne les empêchait pas d’intervenir quand ils le souhaitaient...
A OSLO 2, on a parlé du redéploiement des forces israéliennes...
Cela devait permettre à 95 % de la population d’être gérée par l’Autorité ; zones A et B
- une zone A comprenant, depuis 1994, Gaza ainsi que les villes de Jéricho, Jénine, Qalqilya, Ramallah, Tulkarem, Naplouse, Bethléem (la ville d’Hébron fera l’objet d’un accord distinct en janvier 1997) sur laquelle l’Autorité palestinienne exerce une juridiction civile incluant les pouvoirs de police ; passée de 18 à 17 %/ du territoire, sous autorité palestinienne
- une zone B comprenant les autres zones de Cisjordanie (autres bourgades et camps de réfugiés) dans laquelle l’Autorité nationale palestinienne exerce des compétences civiles, la sécurité intérieure étant exercée conjointement avec l’armée israélienne ; passé de 25 % à 22% du territoire et 70 % de la population
- une zone C incluant les colonies israéliennes implantées en Cisjordanie, à Gaza (démantelées depuis 2005) et à Jérusalem-Est, la vallée du Jourdain (zone militaire) qui reste sous le contrôle de l’État hébreu.
Les zones A et B représentent, à ce jour, respectivement 18 % et 22 % des territoires, contre 60 % pour la zone C. L’Autorité palestinienne, composée du Conseil législatif (composé de 88 membres : 37 pour Gaza et 51 pour la Cisjordanie) et du Conseil national palestinien, qui est l’organe politique représentatif du peuple palestinien, n’exerce donc que des compétences limitativement définies, qui ne sont effectives que sur un territoire morcelé.
Après ces étapes, on envisageait la création d’un Proto Etat, qui fut sans cesse repoussée...pour ne jamais réellement discuté de ce que pourrait-être un Etat palestinien sur les questions de : la population, des territoires, des frontières, de sa reconnaissance.
LE MENSONGE D’OSLO
Il faut en finir avec ce mythe…
OSLO a failli aux quatre niveaux des conditions posées pour une reconnaissance d’un Etat palestinien: définition des territoires, de la population (réfugiés), Structures de l’Etat (démoli par Sharon) reconnaissance.
Le mur a ajouté un problème sur la question des frontières puisqu’il déborde de celles, potentielles, de 1967 (la ligne verte) pour englober les colonies).
Le but de l’extension des colonies à l’est de Jérusalem est de couper la Cisjordanie en trois : Nord, Sud, Gaza.
Les colonies, le mur c’est la politique du fait accompli car on ne reviendra pas sur ces amputations du territoire palestinien : il a été amputé, déjà, de 15 % sur les 22% restant de ce qui était la portion accordée par l’ONU lors du partage proposé en 1947 : 43 % de la Palestine pour une majorité de la population de la Palestine : 1314 000 “ arabes” et 10 000 juifs , contre 56 % à Israël pour 668 000 habitants
... Ce qui était déjà une injustice.
Toutes les discussions, menées depuis 1993, n’ont jamais abouties, et ont repoussé aux calendes palestiniennes l’issue du processus pour la reconnaissance d’un Etat palestinien.
On s’est servi du Hamas, on l’a instrumentalisé, pour réclamer la sécurité contre la Paix. On a détruit les structures palestiniennes, sans doute assassiné son Président Yasser Arafat, pour dire aujourd’hui qu’il n’est plus possible de discuter puisqu’il n’y a pas d’interlocuteur…
Les deux partis principaux en Palestine, le Fatah et le Hamas se sont réconciliés en avril 2014 et rejoint dans le même gouvernement. Trois mois après Israël bombardait Gaza, pour dissoudre cette « dangereuse union » (aux yeux du gouvernement israélien). Comme cela s’est fait à chaque fois que la paix et la reconnaissance étaient en vue, comme à Taba, où on était sur le point de signer, et Sharon est allé sur l’esplanade des mosquées déclenchant la deuxième intifada… et faisant échouer el processus. Et c’est comme ça depuis Oslo.
Aujourd'hui, avec Netanyahou, tout le monde sait qu’Israël ne veut pas d’un Etat palestinien. Il affirmé clairement ce que nous savions depuis longtemps : le but est de chasser les “ Arabes” de la “ Terre promise”. Ce n’est guère possible, alors on se contentera du statu – quo à l’abri du mur et du contrôle des bantoustans (comme en Afrique du Sud) où vivent les Palestiniens. Les autorités israéliennes essaieront même d’y pousser les “arabes israéliens”...
Mais paradoxalement, “Bibi” condamne sa revendication d’un Etat juif... et prépare l’horizon, très lointain sans doute, où les populations de Palestine devront vivre ensemble, avec les mêmes droits, sur toute la terre de Palestine.
Si la perspective de 2 Etats, me parait encore plus irréaliste, il faut néanmoins admettre que c’est aux seuls Palestiniens de décider ce qui est bon pour eux et des modalités de leur lutte pour leurs droits. La revendication de deux Etats peut-être l’un de ces moyens pour leur reconnaissance.
Nous n’avons pas à juger mais à comprendre et aider à la satisfaction de leurs justes revendications, notamment avec la campagne du BDS...
Allain Graux
Le 18 mars 2015
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