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Photos manifestation anti Otan

politique

Lundi 19 octobre 2009

LES VERITABLES OBJECTIFS DE LA REFORME TERRITORIALE

 

Il est légitime de penser que depuis la régionalisation initiée par Gaston Deferre aux prémices de l’ère Mitterrand, beaucoup de lois se sont empilées et ont pu compliquer le paysage de nos territoires :

- Communes, conseillers municipaux élus au scrutin proportionnel de liste (sauf – de 3500 hab.)

- communautés de communes, d’agglomération, représentants désignés par les conseils municipaux.

- communauté de Pays, qui dépassent les limites des cantons et départements. (Vocation économique)

- cantons réunis dans les Conseils généraux dont les conseillers sont élus au scrutin uninominal à 2 tours.

- Conseils régionaux dont les conseillers sont élus au scrutin proportionnel à deux tours aux modalités proches de celles des conseils municipaux des villes avec une prime aux listes majoritaires qui contraignent au rassemblement ou à la fusion entre les deux tours.

- Les circonscriptions législatives dont les députés sont élus au scrutin uninominal à 2 tours.

- les sénateurs sont élus soient sur des listes à la proportionnelle, soit au choix par un collège d’élus (conseillers municipaux, régionaux, généraux)

Ce maillage du territoire mérite sans doute un peu de clarté et une réforme.

Jospin voulait compléter la réforme des communautés de communes par un scrutin démocratique qui permettrait d’élire directement leurs représentants. Il n’a pas été réélu, il n’a pas pu la mettre en œuvre et la droite - au pouvoir sans discontinuer depuis 2002 - s’est bien gardée d’améliorer la démocratie communale.

 

Les conseils généraux : faut-il les supprimer ?

Ils existent depuis la révolution française et sont avec le droit communal, un des piliers de la démocratie locale à la française. Sont-ils pourtant adaptés à l’évolution démographique et économique des territoires ?

Pour ma part, je pense que la forme canton est dépassée, particulièrement en ville, où ils ne signifient rien pour le citoyen. Mais il me paraît utile de maintenir les Conseils généraux dont le rôle social est particulièrement important. Leurs représentants pourraient être élus par un scrutin proportionnel identique à celui des conseillers régionaux. Ce serait rationnel, simple et plus démocratique.

Est-ce dans ce sens que s’oriente Nicolas Sarkozy ? Et bien non ! Il souhaite (et quand il souhaite, c’est qu’il décide …) que les futurs conseillers territoriaux soient élus à un tour à la proportionnelle en zone urbaine et au scrutin uninominal en zone rurale.

S’il propose un mécanisme totalement étranger à la tradition française, c’est plus pour tenter de cumuler au profit de son camp, les avantages des deux méthodes en restreignant les inconvénients.

Avec le scrutin uninominal à un tour, c’est le candidat qui emporte le plus de voix qui emporte le siège. Le parti arrivé deuxième est minoré et les autres n’ont rien…ou presque, cela dépend de la répartition géographique. Un petit parti bien implanté dans une localité peut l’emporter au détriment d’un autre qui aurait recueilli plus de voix nationalement mais pas assez dans chaque circonscription pour être élu.

Avec le scrutin proportionnel à un tour, tous les partis peuvent être représentés en fonction de leur influence. Cependant cela dépend du seuil minimum fixé pour l’attribution des sièges et à la taille de la circonscription, car plus le seuil est élevé et le nombre de circonscriptions important, plus l’accès des petits partis aux sièges se révèle malaisé.

Voila le but premier de l’opération :

Choisir des modes de scrutin qui reviendraient à favoriser outrageusement les grands partis : l’UMP et le PS. L’UMP pourrait récupérer des sièges, là où elle est actuellement minoritaire.

Le calcul du Président s’appuie sur la domination de l’UMP qui a aggloméré la droite autour du noyau RPR et qui table sur la division de la gauche ainsi réduite à l’impuissance, alors qu’elle est actuellement largement majoritaire dans les villes, les cantons et les régions.

Dans les huit cantonales qui ont eu lieu après les Européennes, perdues par le PS, l’UMP totalise 29,68 % des suffrages progressant de trois points, malgré les avancées du Front de Gauche. La faille de l’UMP c’est précisément le deuxième tour, car elle est isolée, elle fait le plein dès le premier tour… Donc Sarkozy supprime le 2° tour. Il a encore accentué le rassemblement dans cette perspective, avec le ralliement du CPNT et Du Vicomte De Villiers.

Le PS, lui, est passé de 29,89 % là où il était présent, à 25,51 % des suffrages, avec une image très détériorée dans l’opinion publique.

 

Avec la suppression de la moitié des élus départementaux et régionaux actuels, la réforme proposée par Sarkozy engage un processus qui vise à supprimer l’essentiel des communes en les regroupant et de tous les départements, à dépecer le territoire en quelques grandes régions (une quinzaine et onze métropoles).

Cette réforme, avec la suppression d’élus de proximité, éloignerait encore plus les édiles des citoyens, restreignant la démocratie locale.

On supprime certaines attributions comme « la compétence générale », ce qui ne permettra plus aux départements et régions de mener des politiques volontaristes. Aussi l’interdiction des financements croisés, et l’obligation pour les communes de financer elles-mêmes au moins 50 % d’un projet. L’Etat ne paiera plus, il se défaussera sur les collectivités locales, ce qui provoquera une nouvelle augmentation des impôts locaux, moins redistributifs, plus injustes que l’impôt proportionnel sur le revenu  qu’il diminue au profit des plus riches.

 

La suppression de la taxe professionnelle

La réforme  territoriale s’articule avec la suppression de la taxe professionnelle qui va priver les collectivités locales de leurs ressources et donc de leur autonomie budgétaire. Elles ne voteront plus que leurs dépenses étant dotées de compensations gouvernementales d’ailleurs insuffisantes.

Les entreprises seront les grandes bénéficiaires avec 11,7 milliards d’euros d’allégements en 2010 et de 6 milliards les années suivantes.

« A la TP va se substituer une "contribution économique territoriale" (CET), assise sur le foncier bâti professionnel et sur la valeur ajoutée. Ainsi, dans le cas de cette PME, seule la valeur locative de l'usine rentrerait désormais dans le calcul de la taxe, plus celle des machines. La nouvelle formule favorise les grandes entreprises dites "de réseaux" (opérateurs télécoms, groupes énergétiques ou de transport ferroviaire qui réalisent des investissements massifs), qui se verront du coup imposer une taxe forfaitaire d'environ 1,5 milliard d'euros.
Les entreprises de main d'œuvre, qui seraient en revanche pénalisées, bénéficient d'aménagements : un abattement de 1.000 euros pour celles dont le chiffre d'affaires ne dépasse pas 2 millions d'euros et une augmentation des montants versés progressive sur 5 ans, aucune société ne devant voir sa cotisation grimper de plus de 500 euros ou 10% en 2010. 

En 2011, le manque à gagner (environ 10 milliards d'euros sur la base des chiffres de 2008) sera principalement compensé par le versement aux collectivités du produit de diverses taxes et par une dotation budgétaire. »* (Les Echos -16.10.09)

 

La taxe carbone

Elle relèvera d’une même démarche de ponction des revenus du travail au bénéfice du capital. Cet impôt coutera 2 milliards aux entreprises qui bénéficieront d’un allègement de 5 milliards au titre de…la réforme de la taxe professionnelle !

La taxe générale sur les activités polluantes qui devait décourager l’incinération et l’enfouissement des déchets est réduite d’un tiers dans le budget 2010…

Les droits à polluer (*voir mon article précédent sur la taxe carbone) : sur les 3500 entreprises françaises les plus polluantes, 90 % d’entre elles sont exemptées puisque leurs quotas d’émissions carbone leurs sont attribuées gratuitement…

Par contre le citoyen pauvre paiera, car le chèque vert forfaitaire ne compensera pas les dépenses supplémentaires pour ceux qui n’ont pas les moyens d’acheter une nouvelle voiture, de réaliser des travaux d’isolation ou changer sa chaudière à fioul ou au gaz. Cela leur coûtera de 135 à 190 € par an.

Pour la bonne cause ?

Alors pourquoi annoncer la baisse des bonus automobiles mais pas la hausse des malus ?

Pourquoi la SNCF abandonne - t’elle toute une partie du fret  au profit du transport routier ?

Pourquoi ne pas instaurer une taxe carbone aux transports routiers à nos frontières et développer le transport des marchandises par le rail ?

Pourquoi l’Etat sarkozien s’est-il retiré du financement des transports collectifs ?

 

Quelles réformes ?

Il faut une véritable politique globale de planification écologique, locale, nationale et européenne, assurée, garantie par des débats et des choix citoyens véritablement démocratiques, pour promouvoir une relocation des productions, produire autrement pour consommer mieux et différemment.

 

Allain Graux

Le 16.10.09

 

 

 

 

 

 

 


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Vendredi 18 septembre 2009

HORTEFEUX

Je reviens sur l’affaire Hortefeux puisque ce monsieur qui a tenu des propos à penchant raciste lors de l’université d’été de l’UMP n’a pas cru bon de s’excuser pour cette attitude indigne d’un ministre d’une République qui a proclamé les Droits universels de l’homme, il y a plus de deux cent ans.

Revenons sur le contexte : un marocain du nom d’Amine est au milieu d’un groupe de personnalités. Une participante :

      - il est catholique, il mange du cochon et il boit de la bière.

Brice Hortefeux :

il ne correspond pas du tout au prototype.

Une femme :

c’est notre petit arabe….

Ces propos se mêlent d’attouchements, de tâtonnements, effleurement du visage. Tout juste si on ne lui demande de montrer ses dents, ou de baisser son caleçon pour voir s’il est circoncis… Au-delà des propos condescendants de bons bourgeois gaulois, ce comportement est en soi déjà scandaleux et démontre ce que représentent les français dont les origines sont situées au Sud, pour les dirigeants de l’UMP.

C’est ce que nous pouvons constater en regardant la vidéo tournée, non par des amateurs, mais par des journalistes professionnels de la chaîne Public Sénat.

Et arrive le bouquet final, ces mots prononcés par Monsieur Hortefeux :

-Il en faut toujours un. Quand il y en a un, ça va. C’est quand il y en a beaucoup qu’il y a des problèmes. Allez, bon courage …

Et de jeter des regards en coin vers les caméras. Leur présence à ce rassemblement UMP est naturelle ; il ne s’agissait pas de vidéos volées comme on l’a entendu ici où là. On ne peut pas évoquer le prétexte de la diffusion sur Internet de vidéos sans contrôle prises par n’importe qui, c’étaient des propos délibérés, tenus devant des objectifs officiels. Ceci est d’autant plus grave et inquiétant qu’un ministre puisse s’octroyer impunément de tels droits.

Pensez-vous vraiment qu’il parlait des Auvergnats, comme il l’affirmé pour sa défense ? Et même s’il s’était agit des auvergnats cela n’aurait pas été plus brillant ni moins scandaleux de stigmatiser une catégorie de français. Une plaisanterie ? Allons donc ! Il avait déjà évoqué les auvergnats à propos de Fadela Amara, native de Clermont-Ferrand, en indiquant que ce n’était pas évident qu’elle soit une compatriote…

Tout cela vaut son Le Pen et ses dérapages délibérés. Mais n’ont-ils pas tous deux la même origine…politique : l’extrême-droite.

Gênée, la direction de La chaîne de télé, n’a pas voulu diffuser cette séquence. N’est-ce pas parce que les propos étaient scandaleux ? Sinon pourquoi la censurer ? Il a fallu le courage civique des journalistes pour faire connaître aux français, les limites que certains dirigeants de l’UMP accordent à la citoyenneté française.

Monsieur le ministre de l’intérieur a menti. Dans n’importe quelle démocratie, cela aurait entraîné sa démission immédiate.

En France le coup de force permanent de l’oligarchie au pouvoir prime le droit et le respect que l’on doit à tous les hommes.

 

    Allain GRAUX

Le 18 septembre 2009

 

 

 

 


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Mercredi 2 septembre 2009

LE RECHAUFFEMENT CLIMATIQUE ET LE MARCHE DU CARBONE.

 

Depuis 90 ans le taux de co², dans l’atmosphère a augmenté de plus de 14%, contribuant principalement au réchauffement climatique*, avec d’autres gaz à effet de serre comme le méthane. Les activités humaines sont responsables de l’aggravation de cette situation, en particulier avec l’utilisation toujours croissante des combustibles fossiles (charbon, pétrole, gaz). La crise climatique s’inscrit dans le cadre d’une profonde crise écologique globale. Elle s’ajoute et contribue à la dégradation de l’environnement : la déforestation, l’épuisement et la pollution des sols, de l’eau (engrais chimiques et pesticides) et de l’air. La dégradation des écosystèmes a des conséquences sur la qualité de la vie humaine et à terme sur son existence.

Le GIEC* avertit les Etats : « un changement climatique non atténué conduirait vraisemblablement, à long terme, à dépasser les capacités d’adaptation des systèmes naturels, gérés et humains. »

Cette urgence planétaire a conduit les nations à tenter de relever ce défi en créant un marché du carbone, comme instrument pour réguler les émissions de gaz à effet de serre. C’était l’enjeu des fameux accords de Kyoto (1997) signés par 172 pays dont les objectifs n’ont été fixés que pour la période 2005 à 2012. Les Etats-Unis, principal pollueur, n’ont pas signé ce traité. Ce protocole a autorisé la construction d’un marché des permis et crédits d’émission du carbone comptabilisés en tonnes équivalent de 5,2% pour 38 pays industrialisés. Les objectifs européens de - 20% pour 2020 sont insuffisants, il faudrait, selon le GIEC, réduire les émissions de 40 % d’ici 2020.

Le marché du carbone.

Il s’agit bien d’un marché et vu l’importance du problème, on ne peut que s’étonner de voir le marché capitaliste et boursier employé comme outil de régulation, alors que ce même marché est responsable de la grave crise économique que nous subissons. Ainsi il est donné des droits d’émission, des droits à polluer en fait, aux Etats qui les redistribuent aux entreprises industrielles et électriques, pour fixer par incitation, la quantité de pollution à ne pas dépasser. Les Etats doivent atteindre le plafond fixé pour 2012. Les entreprises peuvent échanger (En Europe, les crédits-carbone) et revendre les crédits qu’ils n’ont pas utilisé ou en acheter pour avoir le droit de polluer plus…Si une entreprise n’a pas respecté son objectif, elle peut s’en sortir en achetant les droits vendus par des entreprises qui ont réalisé mieux que leurs objectifs.

Le marché carbone européen est évalué à 100 milliards de dollars en 2008. Le prix de la tonne carbone qui s’est effondré en 2007 illustre l’échec de la réduction des émissions par ce système. Pourtant on veut l’ouvrir aux Etats-Unis, en Australie et le mondialiser à Copenhague…

Les entreprises peuvent aussi obtenir des droits à bas coûts pour des émissions évitées, en investissant dans des pays étrangers, et les revendre sur le marché du carbone. En Europe de l’Est (ex-soviétique), aux industries archaïques et très polluantes, les industriels occidentaux ont utilisé les MOC (Mise en œuvre conjointe), pour les moderniser à bas-coût.

Dans les pays du Sud en voie de développement : les entreprises peuvent financer des projets additionnels, c’est-à-dire des projets qui n’auraient pas eu lieu en l’absence de ce mécanisme (remplacer le charbon par une énergie renouvelable, etc…). Ces MDP (Mécanisme de Développement Propre), une fois validés par l’ONU, donnent lieu à l’attribution de certificats de réduction d’émission. Ces crédits URCE * qui peuvent être négociés sur les marchés européens et mondiaux, permettent aux pays riches d’acheter des droits à polluer à bon marché et éviter les coûts de passage à une production sobre en carbone. Deux tiers des MDP ne fournissent aucune réduction des droits d’émission. Par contre certains projets ont des conséquences dramatiques pour les populations autochtones :

-          4 barrages sur des territoires indigènes au Panama ;

-          A Okhla en Inde, la construction d’un incinérateur dans une zone habitée ;

-          En Indonésie, l’expulsion de paysans pour produire de l’huile de palme, agro-carburant contestable qui diminue les surfaces cultivées vivrières  qui assuraient l’alimentation  autonome des populations.

-          Un autre effet pervers des MDP qui incite les responsables politiques à maintenir au niveau le plus bas possible les normes nationales en matière de réglementation environnementales, de manière à favoriser la qualification MDP.

-          La répartition est inéquitable : les projets concernent prioritairement l’Asie (66%), l’Amérique Latine (30%) au détriment de l’Afrique (3%).

Grâce à ce mécanisme, l’industrie occidentale a pu acheter des droits à bas prix et éviter les coûts de passage à une production pauvre en carbone.

Dans le cadre d’une régulation par le marché, c’est le consommateur final qui paie parce que tout coût supplémentaire est répercuté sur les prix. L’efficacité est nulle : soit que les droits sont distribués gratuitement par les Etats (Dans le cadre de la concurrence mondiale, libre et non faussée…) ; s’ils sont payants, soit une écotaxe, ils sont répercutés sur les prix. Dans l’Union européenne, selon Greenpeace, 90 % des entreprises ont été exemptées de droits payants…

Et puis, pour la finance internationale tout est bon pour spéculer, y compris le marché du carbone, le premier fonds spéculatif (Hedge Fund) a été lancé en janvier 2009 à Londres, avec pour opérateur la firme CF Partners, et la banque Fortis pour l’administrer (domiciliée au Luxembourg…). Le marché européen à chuté à nouveau pour atteindre 8€ la tonne en avril 2009…et comporte nombre de bad carbon et  junk carbon (carbone pourri)…

 

La Contribution Climat-énergie ou taxe carbone.

D’ici à 2050, la France s’est engagée à diviser par quatre ses émissions de gaz à effet de serre.

Outre les droits d’émission, le gouvernement veut instaurer une taxe pour infléchir le comportement des acteurs économiques : ménages, entreprises, acteurs publics. Cela permettrait de prendre en compte dans les prix ce qu’on appelle les externalités, c’est-à-dire la quantité de carbone émise par les biens et les services commercialisés au long de leur cycle de vie, depuis leur production jusqu’à leur élimination.

Le marché carbone ne couvre que 38% du total des émissions. De plus les activités de services, non couvertes par le marché : transports, logements, continuent d’augmenter fortement.

Avec une taxe le gouvernement fixe un prix pour le Co². La commission Rocard l’a évaluée à 32 € la tonne ; elle devrait atteindre 100 € en 2030…

Le principe d’une taxe écologique peut-être une bonne solution pour inciter les acteurs à des économies d’énergie, à la sobriété, pour dégager des ressources nouvelles pour financer des politiques publiques de reconversion des industries les plus polluantes, de soutien à l’agriculture paysanne, de développement des transports publics, et de mise aux normes des logements sociaux, la participation au fonds mondial de lutte contre le changement climatique dans le cadre de l’ONU.

Mais hélas, ce n’est pas le chemin emprunté par le gouvernement Sarkozy. En seraient exonérés :

-          les secteurs d’activité aujourd’hui soumis au système des quotas, dont on a analysé que le système de marchandisation n’apportait pas l’amélioration souhaitable pour réduire les émissions de gaz à effet de serre. Arcelor- Mittal dispose de 8 millions de quotas d’émission pour continuer à polluer tranquille…

Par ailleurs :

-          Rien n’est envisagé pour réduire le transport routier des marchandises comme de mettre les camions sur les trains ;

-          Rien pour les usages agricoles ;

-          Rien ou de manière insuffisante pour le chauffage domestique (aides pour changer les modes de chauffage des maisons individuelles et des immeubles collectifs anciens). Rien ou peu, pour imposer des normes obligatoires sur les constructions neuves de mise en œuvre de matériaux isolants et de modes énergétiques renouvelables (solaire, géothermie).

-          Rien pour la recherche publique de nouvelles technologies non polluantes.

La taxe envisagée rapporterait 8 milliards d’euros à l’Etat (0,4% du PIB). Elle signifierait une hausse du carburant et du fioul qui s’ajouterait à la TIPP, soit un coût moyen de 300 € par ménage. Mais ce sont les

35 % de familles les plus pauvres qui dépensent en proportion le plus d’énergie (transport travail, école, chauffage…).

Le gouvernement veut se servir de cet impôt pour renflouer les caisses de l’Etat au détriment des ménages et des collectivités locales. Il promet un chèque vert pour compenser la perte, mais il veut aussi supprimer la taxe professionnelle, ce qui privera de ressources les communes qui …augmenteront encore les impôts locaux !

Le système prévu par Sarkozy-Fillon est une arnaque verte soutenue par Cohn-Bendit et certains roses.

Lors du « Grenelle de l’environnement », il était question d’abaisser les cotisations sociales sur le travail. C’est ce qu’ont choisi de faire les Allemands. Cela permettrait de décourager l’usage d’énergies fossiles importées et de diminuer le coût du travail local. Donc de relocaliser la production, au lieu d’importer des produits et marchandises depuis l’autre bout du monde.

 

Pour un  financement public.

« La réduction des émissions à la source suppose des réglementations et des normes contraignantes, décidées démocratiquement et sur la base d’une coopération internationale, sou l’autorité de la Convention des Nations Unies sur les changements climatiques (CCNUCC), sur la base  des contributions historiques et actuelles au réchauffement et en fonction de la capacité à payer*. »

Le Fonds mondial pour le climat devra renforcer le droit des peuples à la souveraineté alimentaire et énergétique. Il doit prendre la forme de subventions et non de prêts, par des sources de financement indépendantes du marché et la levée des brevets sur les technologies appropriées.

De nombreux experts préconisent l’instauration d’une taxe mondiale globale comme seule solution réaliste et efficace, régulant le marché et permettant les transferts de richesses nécessaires au financement de la lutte et à la transition vers une nouvelle économie écologiquement viable.

 

Quel système économique et politique pour répondre à la crise mondiale dont la crise écologique est un des éléments ?

Il s’agit de transformer nos systèmes de production et de consommation par une planification écologique de l’économie. Il est nécessaire aussi de mettre un frein à la libre circulation des capitaux et des marchandises qui provoque le pillage des pays en voie de développement en les obligeant à produire pour l’exportation au détriment de leurs nécessités vivrières, ce qui induit des transports polluants et des délocalisations.

C’est une répartition équitable des richesses qui permettra d’exiger des comportements plus écologiques.

Dans la crise actuelle, on a beau accuser la spéculation, les paradis fiscaux, (sans prendre les véritables moyens pour les juguler), la dépression, « la menace d’effondrement  qui pèse sur l’économie capitaliste mondiale, n’est pas due au manque de contrôle, elle est due à l’incapacité du capitalisme de se reproduire. Il ne se perpétue et ne fonctionne que sur des bases fictives de plus en plus précaires…la restructuration écologique ne peut qu’aggraver la crise du système. Il est impossible d’éviter une catastrophe climatique sans rompre radicalement avec les méthodes et la logique économique qui y mènent depuis cent cinquante ans.

…La décroissance (au sens d’une économie économiquement écologique -NDLA) est donc un impératif de survie. Mais elle suppose une autre économie, un autre style de vie, une autre civilisation, d’autres rapports sociaux. En leur absence, l’effondrement ne pourrait être évité qu’à force de restrictions, rationnements, allocations autoritaires de ressources caractéristiques d’une économie de guerre. La sortie du capitalisme aura donc lieu d’une façon ou d’une autre, civilisée ou barbare. »*

Tout est dit, le plus tôt sera le mieux pour sortir de ce système qui en s’autodétruisant, entraîne l’humanité à sa propre disparition.

 

La conférence de Copenhague

La 15° Conférence des parties (CDP) se réunira au Danemark en décembre 2009 pour négocier la suite du protocole de Kyoto. Elle portera sur la détermination des objectifs nationaux de réduction des émissions, les outils à mettre ne place, les compensations entre pays.

 Ce sera un moment décisif pour l’avenir de l’humanité.  Des réunions de l’OMC, des G20, G8, tendront à délégitimer et marginaliser le rôle de l’ONU pour marchandiser les droits d’émission sous l’égide de la Banque mondiale, sans permettre d’engager une véritable dynamique positive de réduction des émissions de gaz à effet de serre.

A moins que la mobilisation des citoyens ne pousse les différents Etats à la révision à la hausse de leurs engagements, soit :

- réduction de 40 % entre 1990 et 2020 et 90 % d’ici 2050, sur chaque territoire.

Cela implique 

-          l’abandon des mécanismes MOC et MDP.

-          La reconnaissance de la dette écologique des pays du Nord.

-          Un système de financement public pour la lutte contre le changement climati.que

 

Allain GRAUX

Le 2.09.2009

 

* L’élévation du niveau de la mer a été de 1,8mm par an de 1961 à 2003, elle serait de 20 à 60 cm au cours du XXI° siècle. Elle pourrait atteindre 1,90 m avec la fonte des calottes glaciaires ; avec tous les problèmes que cela entraîne : inondations, famines, migrations de populations, guerres).

* GIEC : Groupe d’experts Intergouvernemental sur l’évolution du Climat.

* URCE : Unité Certifié des Droits d’Emission

* Attac et les Amis de la terre

* Ecologica – André Gorz


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Lundi 10 août 2009

Après avoir touché 5,1 milliards d’euros d’aide de l’Etat, la BNP qui a réalisé 3 milliards de profits en un semestre s’apprête à en verser un de bonus pour ses 17 000 salariés, soit 58 000 euros pour chacun. Chouette ! Evidemment c’est un peu de notre argent qu’ils vont se partager, puisque la situation s’est très nettement améliorée grâce à nos impôts. Ah mais non ! Le bonus c’est pour les traders…

Les dirigeants de la BNP affirment qu’ils respectent rigoureusement les accords du G20 de Londres d’avril dernier, à la différence de ces « salauds d’américains » qui eux…font la même chose avec l’argent qu’Obama leur a généreusement offert. Et puis aussi Barclays en G.B. (3,48 milliards d’euros de bénéf en six mois !) alors que la récession et le chômage frappent des millions de britanniques. Le Royaume-Uni, n’était-ce pas ce système économique que l’on nous présentait comme un modèle dont les socialistes français devraient bien s’inspirer pour faire moderne ? ( ou MODEM !)

Et Sarko, il avait bien dit qu’après le G20 tout allait changer. On avait sûrement mal compris. Enfin pas nous, pas moi en tous cas, j’avais dit et répété à l’envie pendant la campagne des européennes que ce G20 avait accouché d’une souris. En fait il s’agissait d’un gros rat. La récente réunion du G20  n’amorçait en rien une « reconstruction du monde ». Et ce n’est peut être pas un hasard si elle a été suivie dans la foulée par celle de l’OTAN, le bras armé de l’impérialisme contemporain, et par le renforcement de son engagement militaire en Afghanistan. La guerre permanente du « Nord » contre le « Sud » doit continuer.( Samir Amin)

Vous savez ce que cela signifie ces milliards d’euros : des milliers d’années de SMIC français…

Et pendant ce temps-là, dans notre belle France « moins touchée par la crise » grâce à la bienveillante politique de notre chef suprême, on perd tout de même deux mille emplois par jour. Ce sont toujours ces américains qui chez Molex veulent fermer l’usine, liquidant les 283 salariés de l’entreprise. On apprend sur France-Inter, par le ministre Estrosi que, grâce à lui, tout va s’arranger : il va trouver des repreneurs. Du coup prétextant des incidents entre un cadre étatsunien et des salariés excédés, la direction retourne chez l’oncle Sam et déclare que de repreneurs il n’y a point. En fait ils profitent de la crise pour fermer un site concurrent.

Cette histoire se répète tous les jours, Alcatel–Lucent (1000 emplois supprimés), chez Continental, chez Vigimark où les salariés en colère sont réprimés à coups de bâtons et de lacrymos, chez Sanofi-Aventis (pourtant avec la grippe H1N1, la pharmacie ça marche, non !), et même sur le caillou calédonien, ce n’est pas nickel. Là, on colle carrément le leader syndical en prison pour un an. Ca fera toujours un indépendantiste canaque de moins sur le terrain.

Et puis, ça y est, on va pouvoir travailler le dimanche, payé double, çà mettra du beurre dans les épinards. Pas si vite ! Ca dépend où, là c’est payé double et là non ! Ah bon ! Mais la république française, l’égalité la liberté etc… ? Parlons-en d’égalité ! Le rapport Cotis, du directeur de l’Insee confirme que la plupart des salariés français ont bien un pouvoir d’achat en berne. Les inégalités on explosé ces dernières années du fait d’une hausse spectaculaire des très hauts salaires. Le 1% des salariés les mieux payés ont accaparé un point supplémentaire de toute la masse salariale pour eux tout seul. Le financement de la protection sociale a basculé des cotisations patronales versées par l’employeur en plus du salaire brut, vers les cotisations salariales, aboutissant à un écart croissant entre salaires bruts et salaires nets. Et à l’augmentation des profits fabuleux que se partagent les hauts dirigeants et les actionnaires…Les cotisations patronales ont baissé depuis 25 ans. Le rapport stigmatise l’impact du développement des emplois proches du SMIC, lié aux allégements massifs des cotisations patronales, entrainant des formes précaires d’emplois : temps partiel, intérim, CDD. Ces emplois qui en temps de crise sont les premiers à être supprimés. Le revenu salarial moyen des français stagne depuis plusieurs années ; la moitié des salariés touchent moins de 1 350 € mensuels. Par contre les revenus des plus riches ont gagné en plus l’équivalent d’un semestre de revenus d’un smicard entre 1997 et 2005, soit + 16 %  pour les plus de 40 370 euros. Et ce ne sont que des moyennes. L’Insee ne dit pas grand chose des écarts pour les 1 % les plus riches, ceux qui touchent le pactole…

Mais qui avait donc dit qu’il serait le président du pouvoir d’achat ?

Les bénéfices des bénéficiaires se portent bien, merci pour eux. Sanofi qui licencie a augmenté son chiffre d’affaires de 14,5 %, EDF est en hausse de 8,2 %, mais on augmente ses tarifs ce mois-ci, pour mieux préparer la privatisation totale sans doute. Comme celle de la Poste qui liquide ses bureaux de campagne et de proximité, ses centres de tri, ses postiers.

On veut même faire payer les paysans producteurs de fruits.

Et puis, on va aussi payer la taxe carbone pour compenser la suppression de la taxe professionnelle des entreprises : + 300 € en moyenne par ménage. Les plus pénalisés seront les banlieusards, les campagnards, les prisonniers de leur mode de chauffage au fioul (ceux qui n’on pas les moyens d’en changer ou d’isoler), et aussi les communes qui percevaient la taxe professionnelle et devront augmenter les impôts locaux. Les gagnants seront les entreprises, pas forcément le climat. Les exonérations sociales des entreprises ont atteint 260,6 milliards entre 91 et 2008. Et les exportations de capitaux s’emballent : 160 milliards d’euros au titre des investissements à l’étranger en 2008, générant des délocalisations et donc des transports accrus et des pollutions au Sud hors normes environnementales du Nord…ne  vaudrait-il pas mieux inciter les entreprises à investir en France dans un nouveau mode de développement non polluant.

Et le Sud, non seulement il crève de faim, mais on va aussi l’asphyxier par cette politique. Alors les immigrés affrontent tous les dangers pour venir en occident, à la recherche de moyens pour nourrir leurs familles, éduquer leurs enfants, se soigner. Ces enfants d’immigrés, en France, on les emprisonne cet été. Bonnes vacances pour la petite Veta, cinq ans, qui attend en centre de rétention, avec sa mère, d’être expulsée vers le Philippines. Les parents travaillaient en France depuis cinq ans et avaient demandé une demande de régularisation. Les parents on été séparés. Ainsi pour remplir leur quota d’expulsions, les préfets peuvent puiser dans les listes de demandeurs d’asiles ou de papiers de ces gens qui bâtissent vos immeubles, les autoroutes, ramassent les poubelles, font la plonge dans les restaurants pour des salaires de misère, sans droits sociaux puisqu’ils n’ont pas de papiers. Ils pèsent ainsi sur le marché du travail. Alors on fait semblant de s’émouvoir et on expulse. Ca fait des voix en moins pour le FN et des voix en plus pour l’UMP. Alors les sans, se cachent encore plus, « clandestinent »davantage. Il faut savoir que les revenus que les émigrés envoient dans leur pays sont plus importants que l’aide fournie par les Etats. Diminuer la présence des étrangers, c’est diminuer cet apport et augmenter l’immigration clandestine. Si on régularisait les travailleurs, donnait des visas, ils pourraient rentrer au pays et revenir. Clandestins, ils restent en France !!!

 

Cette société libérale, capitaliste, marche sur la tête non ! Au lieu de marcher avec sa tête. En fait le système ne fonctionne plus, il entraîne la misère, les inégalités en France, en  Europe, dans le monde entier. La compétition pour le profit maximum est la seule logique de ce système, qui devient dès lors agressif pour les individus comme pour les Etats, augmentant les risques de confrontation. Ce système, pas même retapé, avant même la fin de la crise (qui n’est qu’au début de ses effets), reproduit déjà ce qui a provoqué cette énième crise. Ce système s’autodétruit mais il détruit la planète entière avec lui. Il porte en germe la fin du genre humain.

Il est vraiment temps d’en changer. La crise actuelle n’est donc ni une crise financière, mais la crise du capitalisme impérialiste, dont le pouvoir exclusif et suprême risque d’être remis en question, cette fois encore, à la fois par les luttes de l'ensemble des classes populaires et par celles des peuples et nations dominées.

Mais ces luttes parviendront-elles à converger pour ouvrir la voie - ou - des voies alternatives ? Où demeureront-elles séparées les unes des autres et seront de ce fait inefficaces, laissant l’initiative au capital ? Les pouvoirs en place n’envisagent rien d’autre que la restauration du système tel qu’il était avant son effondrement financier. La question n’est-elle pas : Sortir de la crise du capitalisme ou sortir du capitalisme en crise?

Il n’y aura de sortie du capitalisme que lorsque, que dans la mesure où les deux dimensions du même défi s’articuleront l’une avec l’autre : le social et l’écologique. Il n’est pas « certain » que cela arrive, auquel cas le capitalisme sera « dépassé » par la destruction de la civilisation (au-delà du malaise dans la civilisation pour employer les termes de Freud), et peut être de la vie sur la planète.

Une gauche authentique doit avoir l'audace de l’envisager et d’en prendre les moyens, par la nationalisation et la socialisation, par l'approfondissement de la pratique démocratique. La crise en cours permet de concevoir la cristallisation possible d'un front des forces sociales et politiques rassemblant toutes les victimes du pouvoir exclusif des oligarchies qui représentent les multinationales et la finance internationale.

 

Ne peut-on pas envisager de produire mieux, autrement, ce qui est utile au bien de tous, en partageant nos ressources équitablement, nos biens communs, en travaillant en coopération, développant la culture, l’instruction, la protection sociale ?

C’est ce que nous proposons au Parti de Gauche.

 

Allain Graux

7 Aôut 2009

 

PS- Samir Amin (économiste) me pardonnera quelques emprunts à ces idées :

Sortir de la crise du capitalisme ou sortir du capitalisme en crise (ed Le Temps des Cerises, Paris 2009).

 

 

 

 

Par Allain GRAUX
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Mercredi 17 juin 2009

ANALYSE DES RESULTATS DES ELECTIONS EUROPEENNES DU 7 JUIN 2009

 

EN FRANCE

Avec 59,35 % d’abstentions (57,21 % en 2004), c’est le résultat le plus impressionnant de ce scrutin qui ne semble pas avoir passionné une majorité d’électeurs alors que le pays est plongé dans une grave crise économique et sociale. Dès lors, il convient d’examiner qui s’est abstenu pour comprendre :

69 % d’ouvriers et 66 % d’employés, soit un dédain largement partagé par les classes populaires qui ne se sentent pas concernées ou motivées par un scrutin qui leur apparaît peu décisif pour apporter des solutions à leurs problèmes quotidiens d’emplois et de pouvoir d’achat

Le taux d’abstentions est encore plus élevé chez les artisans, commerçants, et chefs d’entreprises, la petite bourgeoisie : 77 %.

Les jeunes ont également boudé cette élection à 70 % (18-24 ans), 72 % pour les 25-34 ans). Pour les plus anciens (65 ans et +), le taux n’est que de 42 %.

Les partis qui en ont le plus pâti sont : l’extrême-gauche (68 %), le modem (66%) et le FN

( 65 %).

73 % des électeurs de Besancenot à la présidentielle se sont abstenus…Ce qui indique un électorat très peu constant pour la LCR-NPA. Alors que l’électorat du PCF est le plus mobilisé, rejoint par celui des Verts et de l’UMP.

Les choix des électeurs :

le mécontentement à l’égard des partis : 31 % ;

22 % estiment qu’il n’y a pas de différences entre les partis ;

59 % ont choisi en fonction des enjeux européens et 31 % en fonction des problèmes nationaux. Ce sont les électeurs du FN et du NPA qui se sont le plus déterminés pour des motivations nationales, à 70 et 65 %.

Contre la politique de Sarkozy : 45 % des électeurs.

- les champions sont ceux du Front de Gauche à 84 %, du NPA (79 %) et du PS (71 %). Soit la gauche, ce qui n’a rien d’étonnant.

 

L’abstention a dominé les résultats du scrutin dans l’ensemble des pays européens (57 %), particulièrement dans les pays de l’ex-bloc de l’Est, chez les nouveaux entrants, Bulgarie et Roumanie.

 

Les résultats des partis politiques en  France

 

L’UMP qui regroupe quasiment toute la droite, est en tête avec 27,9 % et 29 sièges. En 2004, elle ne rassemblait que 16,64 % des suffrages avec17 sièges.

Le parti présidentiel n’a pas fait campagne, évitant ainsi toute débat sur les problèmes qui fâchent. Il a rassemblé son camp, à la différence d’une gauche éparpillée. En poussant les électeurs du PS dans les bras de Cohn-Bendit et José Bové, Sarkozy a réussit une excellente opération. Ses discours empruntent aux socialistes, aux altermondialistes, aux écologistes, mais pour l’application des mesures évoquées, il y a loin de la coupe aux lèvres. Nul doute que le Président va utiliser la crise et se croire autoriser à accentuer ses réformes de remise en cause du modèle républicain et social français.

 

Le PS ne rassemble que 16, 50 % des suffrages exprimés et n’obtient que 14 sièges au lieu de

28,89 % et 31 sièges en 2004. Il a perdu des voix dont bénéficie principalement Europe-écologie ; le transfert est évident, mais il en perd également en direction du Modem et du Parti de Gauche (Front de Gauche), et au profit du camp de l’abstention.

Effondrement  spectaculaire de plus de 40 % dans 12 villes dont : Rennes - 47,73 %,  Montpellier - 45,28 %,  Paris - 45,33 %, Nantes - 48,85 %, Grenoble - 47,50 %, Toulouse - 47,77 %.

37 % des personnes interrogées estiment que le PS n’est pas assez à gauche ;

La cacophonie à sa tête, avec la trahison de certains dirigeants ralliés à Sarkozy, le brouillage idéologique au parlement européen où ses députés votent majoritairement avec la droite alors qu’il tient un langage gauchi en France, a écarté une grande majorité d’électeurs sensibilisés par la mode écologique.

Pour les électeurs de gauche, en particulier les classes populaires, l’Europe n’apparaît pas comme le lieu qui offre une solution a à leurs problèmes d’emplois, de salaire, de protection sociale, mais c’est plutôt le problème.

 

Les Verts d’Europe écologie font jeu égal avec le PS, avec 16, 30 % et  14 sièges. C’est la grande surprise de ce scrutin. Ils ont bénéficié d’un courant porteur en raison de la crise écologique et attiré l’électorat urbain du PS, les couches sociales moyennes, une partie de l’électorat centriste du modem. Si le scrutin semble montrer un déplacement de l’électorat vers l’écologie et le centre, le vote vert est loin d’être stabilisé, à la différence de l’électorat de gauche. Ce succès ne garantit pas leur implantation politique et leurs divergences coutumières pourraient prochainement réapparaître lors des élections locales et nationales, au moment des alliances…

 

Le Modem est le grand perdant avec le PS, il recule de 11,96 % en 2004 à 8,50 % et 6 sièges.

Le dérapage de François Bayrou à la télévision aura coûté cher à son mouvement. Mais cela démontre l’instabilité caractéristique de son électorat oscillant de gauche à droite. Comme cela s’était produit aux élections législatives qui ont suivi la présidentielle, la baudruche s’est dégonflée, mais avec 8,5 % des voix, c’est encore un niveau trop élevé d’électeurs trompés par un discours qui ne correspond pas à la réalité d’une orientation politique nettement libérale et de droite

 

Le Front de GAUCHE améliore le score de 5,24 % du seul PCF en 2004, avec 6,5 % et 5 sièges (dont 1 député d’outre-mer du parti communiste réunionnais).

En 2004, le PCF n’atteignait pas les 5 % dans 55 départements ; en 2009 le FdG n’est minoritaire du seuil des 5 % que dans 28 départements (dont seulement pour 2 et 10 voix dans deux). Si la fuite est stoppée par la stratégie unitaire du Front de Gauche, les bastions du PCF continuent leur lent déclin en voix (l’Allier, le Cher, le 93, le Nord, le Pas de Calais). Sans doute une résultante de la démographie pour un parti qui n’arrive plus à renouveler son potentiel militant dans la jeunesse. Jacky Hénin a été élu grâce à la progression du Front en Normandie, alors qu’il a perdu des voix dans son fief du Pas-de-Calais… Le FdG progresse notablement dans les secteurs où le PCF  apparaît le plus ouvert, comme à Vierzon. Le PG et autres partenaires du Front apportent ce renouvellement dans les lieux d’implantation du Parti de Gauche : dans l’Essonne, à Paris, le Sud-Ouest, le Centre grâce à ADS.

Evolution du vote PCF/FdG entre 2004 et 2009 (% de progression du nombre de voix) La   progression en voix touche 85 départements sur 96.

Sud-ouest :       + 31,38 % -  8,15 % : 1 siège – Jean Luc Mélenchon (PG)

Est :                  + 30,41 % -  3,72 % : une forte progression en voix pour un résultat qui paraît médiocre (2,91% à 3,72 %) - la Bourgogne dépasse les 5,20% grâce à la Nièvre.

Sud-Est :           + 23,80 % -  5,9 % (9,44 % en Corse) :

                                                           1 siège  - Marie Christine Vergiat (associative)

Centre :             + 23,57 % -  8,07 % : (allier 12 %, Limousin : +10%). Paradoxalement un très bon   résultat et  pas de siège à cause d’un mode de scrutin dit régional, très injuste.

Ouest :              +    9,82 % -  4,58 % pour 4,10 % en 2004, le Fdg est distancé par le NPA (5,13%)

Ile de France :   +    6,96 % -  6,32 % : 1 élu : Patrick Le Hyaric

Nord -Ouest:     -     3,03 % -  6,88 % (6,8% en 2004) : 1 siège – K Jacky Hénin.

Outre-mer :                          - 21,10 %                 1 siège – Elie Hoareau

Il est aussi intéressant de noter que si le décrochage du vote est d’un rapport de 1 à 4 dans les quartiers populaires et de 1 à 2 dans les quartiers dits bourgeois, dans le Sud-Ouest, là où le FdG obtient ses meilleurs résultats, la participation a progressé de 6 %...

 

Le Front National passe de 9,81 % en 2004 à 6,30 % et n’obtient que 3 sièges au lieu de 7.

Il réalise encore des résultats dans la France rurale, dans l’Est et le Nord-Ouest. Il est en recul et a perdu des voix, mais il reste un vrai danger dans cette période troublée par la crise. Si on totalise les voix de Libertas avec celle de l’extrême-droite, on arrive à un total de 11,93%, voisin de celui de la gauche de gauche.

 

Le NPA, a lui seul n’obtient que 4,90 %, soit plus que les 3,3 % de la coalition LCR-LO de 2004, mais moins que le Front de Gauche. Il recueille vraisemblablement une partie des voix de LO qui ne rassemble que 1,2 % des voix, soit la moitié des voix obtenues habituellement par Arlette Laguiller.

 

Libertas qui regroupe les « villiéristes » du MPF et les chasseurs du CPNT font un piètre résultat avec 4,80 % et 1 siège. En matière électorale, les votent ne s’additionnent pas mathématiquement. En 2004, le MPF avait totalisé 6,67 % des voix et le CPNT 1,73%, soit 8,40 %.

 

 

Voix de la majorité de DROITE :        34, 61%             

UMP :                   27,87 % + Libertas 4,80 %

Voix de l’opposition de droite :            15,58 %

MODEM :             8,45 %

FN et ext-droite :   7,13 %

TOTAL :                                                  50, 19 %

  

Voix de GAUCHE :                                39,27 %

-PS :                                  16,48 %

-Verts :                              16,28 %          32 ,76 %

Gauche de GAUCHE

- Front de Gauche :            6,5 %

- NPA                                  4,88 %

                                                                  11,38 %

- LO                                     1,20 %          12,58 %

 

TOTAL GAUCHE                                  45,34 %

Toutes les listes perdent des voix sur le premier tour de 2007 :

6 millions pour l’UMP et le PS ;

5 millions pour le Modem ;

3 millions pour le FN ;

650 000 pour le NPA ;

400 000 pour De Villiers ;

300 000 pour LO

------------------------------------

Seules deux listes progressent :

- 1 700 000 pour les Verts et 407 604 pour le Front de Gauche, par rapport aux élections présidentielles.

- Le Front de gauche progresse de 141 308 sur le score du PCF aux élections européennes de 2004

 

 

Ce décompte fait apparaître que : si l’UMP est loin d’être majoritaire en France, l’opposition de gauche est dans une fourchette assez traditionnelle de sa représentativité, autour de 45 % à 47 %, près du résultat de Ségolène Royal à l’élection présidentielle de 2007.

L’opposition globale est cependant nettement majoritaire. Ce qui ne sera pas sans conséquence lors du prochain scrutin régional à deux tours où l’UMP ne disposera pas de réserves…

Il y a un grand écart entre la représentation politique et la rage sociale que provoque la crise économique dans les entreprises…

 

LE FRONT de GAUCHE a réussi son pari en passant devant le NPA, alors que ce dernier était donné largement en tête au début d’une campagne médiatique qui le favorisait alors qu’elle ignorait systématiquement le rassemblement unitaire du PCF, du Parti de Gauche, de la Gauche Unitaire dissidente du NPA et d’autres formations et associations de l’écologie, personnalités de l’altermondialisme, du mouvement républicain, de syndicalistes. Le résultat peut paraître décevant en regard des efforts déployés, du programme liant le social à l’écologie, pour une alternative non productiviste de l’économie, pour la satisfaction des besoins sociaux, en coopération avec les peuples, qui n’a pas pu être suffisamment expliqué. Ce n’est pas le FDG qui a fait la percée espérée, mais c’est cependant une bonne base pour le rassemblement de la gauche de gauche et pour offrir une réponse crédible aux défis économiques, sociaux et environnementaux à la fois. Sa tâche principale sera de convaincre les classes populaires et la jeunesse que cette alliance correspond à un véritable renouvellement à gauche. La direction du PCF devra tirer tous les enseignements de ce demi-succès, pour aller plus loin, en finir avec les « valises de plomb » d’un passé qui pèse encore et d’un avenir qui n’apparaît pas clairement dans les esprits. L’extraordinaire potentiel militant des communistes ne suffira pas à conserver une forte identité qu’ils doivent aujourd’hui dépasser pour continuer d’exister. Beaucoup sentent que le Front est l’outil de ce renouveau, « avec » d’autres, et non « autour » d’eux-mêmes.

L’abstention populaire a frappé les bastions communistes traditionnels mais de nouveaux électeurs sont venus compenser ce fait. Il s’agit donc de la création d’un électorat Front de Gauche et non d’une simple addition d’électorats préexistants. Si la carte électorale recoupe en partie celle du PCF, elle n’est pas identique. Des progressions importantes ont été obtenues, dans le Sud-Ouest, 30,41 % dans l’Est. Seul le Nord-Ouest est en recul, là où l’unité a été plus difficile à se réaliser…En Ile de France, le 93 enregistre une perte de 1999 voix  alors que dans l’Essonne, le fief du Parti de Gauche, la progression est de 4108 voix, à Paris : + 2873 voix.

Cela démontre que grâce à la stratégie unitaire l’alliance permet de gagner de nouveaux électeurs et d’inverser les rapports de force politiques.

Enfin si le Front de Gauche avait réussi à réunir l’ensemble de la Gauche de Gauche jusqu’au NPA, il aurait changé le paysage politique avec plus de 12 %  et il aurait obtenu 12 députés au lieu de 5…(qui sait ce que la dynamique unitaire aurait pu faire ?)

Ceux qui ont refusé cette stratégie portent une lourde responsabilité…

 

Plus généralement, avec cette abstention massive, En France et en Europe, des décisions seront prises par un parlement européen qui ne représentera que 25 % de la population. Les trois-quarts des Européens n’auront pas de représentants au parlement pour appliquer des traités qui ont été rejetés par la majorité de ceux qui ont pu s’exprimer.

La dérive libérale de la social-démocratie a provoqué son effondrement presque partout en Europe et favorisé la montée de l’extrême-droite parce qu’elle n’offre pas d’alternatives claires au néolibéralisme. Ce qui est particulièrement inquiétant. Le « Manifesto » du PSE n’apportait aucune réponse crédible aux inquiétudes des salariés et il s’inscrivait dans la stratégie de Lisbonne et de son corollaire, le traité du même nom, en alliance avec la droite. Il ne remettait pas en cause les directives européennes qui ont imposé la concurrence libre et non faussée et conduit à la destruction des Services publics : et pour cause, elles ont été votées par le PSE…

Les Verts ont profité de cet écroulement dans un contexte d’inquiétude des peuples, face aux défis écologiques qui sont posés à la planète pour l’avenir de l’espèce humaine. Pourtant, ils votent aussi  largement avec le PPE au parlement européen…Leur succès pourrait bien se terminer en eau de boudin ! Les Verts risquent de se trouver dans la même contradiction que les socialistes dans la mesure où ils votent les mêmes textes avec la droite. Quelle sera leur politique au parlement ? Leurs 48 députés voteront-ils avec les 33 de la GUE, la Gauche unie européenne ? S’ils veulent  appliquer leur programme, ils devront passer des compromis avec la majorité de droite, comme lorsqu’ils ont appuyé les directives sur la concurrence dans le domaine de l’énergie et des transports (favorisant les transports routiers polluants des Polonais…).

Ils ont en commun avec le FDG, le souhait de gouverner autrement, mais en ont-ils la volonté ?

Leur percée aura au moins eu le mérite de porter la dimension écologique de la résolution des problèmes sur le devant de la scène. Ils ont provoqué cette prise de conscience. Ils doivent comprendre que l’environnement ne peut pas être dissocié de la question sociale et donc que le système capitaliste dont le but est l’accumulation et le profit dans le cadre d’une compétition globalisée, n’est pas le bon outil pour y répondre. La planification écologique et sociale n’est pas compatible avec le libéral Cohn-Bendit…

 

REVONS d’un modèle de dépassement du capitalisme, d’un développement ou l’Indice du Progrès Humain remplacera le PIB …

 Allain Graux

Le 17 juin 2009


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Mardi 26 mai 2009

 

LES ELECTIONS EUROPEENNES DU 7 JUIN 2009

 

Les prochaines élections européennes, le 7 juin, vont se dérouler dans un contexte de crise : économique, financière, sociale, écologique.

C’est une crise à l’échelle du système qui l’a engendrée, une crise globale du capitalisme capitaliste. Ce n’est pas la première, mais cette fois elle atteint des dimensions qui remettent en cause le système lui-même, un système qui s’est construit sur la marchandisation de toutes les activités humaines dont on mesure aujourd’hui les tragiques dégâts sociaux et environnementaux.

Les fermetures d’entreprises et les plans de licenciement se multiplient, le chômage explose à un rythme qui conduira un million de travailleurs au pôle emploi d’ici à la fin de l’année.

Que fait le gouvernement Fillion- Sarkozy, que font les dirigeants de l’Europe, face à cette situation dramatique ?

Ils ont offert des milliards d’Euros aux banques et aux spéculateurs et n’ont donné que des miettes pour soutenir l’activité industrielle, aider les travailleurs privés d’emplois.

Nicolas Sarkozy s’obstine à poursuivre les politiques libérales qui ont conduit à ce désastre :

Il s’est présenté comme le président du pouvoir d’achat, il a fait le contraire.

Il disait vouloir aller chercher la croissance avec les dents : nous sommes en récession.

Il a liquidé les 35 heures,

Il a supprimé des postes dans les services publics, il a réduit la protection sociale.

Il voulait étendre les prêts hypothécaires et les produits financiers, c’est justement cette politique là - celle des fameux « subprime et des hedge fund » qui a déclenché la crise. Quelle vision économique éclairée du chef de l’Etat !

Ses réformes, à l’éducation nationale comme à l’hôpital sont contestées par le monde de la recherche comme par les grands médecins qui savent combien ces services publics sont essentiels, combien il manque de personnel alors qu’il veut supprimer un fonctionnaire sur deux. Comment assurer une politique de qualité de l’enseignement et de santé dans ces conditions ? Contrairement aux déclarations faites par les ministres, notre enseignement public est excellent et nos services de santé sont enviés par Obama qui veut s’en inspirer. Alors pourquoi cette politique ? Pourquoi ces mensonges sur l’efficacité de nos services publics?

 

Par ailleurs, on veut nous faire croire qu’il n’y a pas d’argent. Alors pourquoi le donner aux plus riches ?  En 2008 les 756 contribuables les plus favorisés se sont vus restituer 381 000 € par personne grâce au bouclier fiscal, soit trente années de SMIC. Par contre, des miettes pour les smicards  et seulement 1% pour les petites retraites.

Pour calmer le sentiment de révolte qui monte, on parade, on camouffle la réalité des faits avec des promesses et des vantardises, par exemple en fanfaronnant à ce G20 qui a accouché d’une souris :

Où est la loi pour plafonner les rémunérations incroyables des dirigeants ?

Où sont les mesures contraignantes pour supprimer les paradis banquiers et fiscaux ?

 

Cette politique néolibérale ne tombe pas du ciel, elle a été décidée de traité en traité par le Conseil des chefs de gouvernement, mise en œuvre de directive en directive par la Commission de l’Union européenne, approuvée par la majorité de droite de l’Assemblée européenne avec l’aide de la social-démocratie et des Verts qui votent 97 % des textes avec le PPE.

La fameuse concurrence libre et non faussée que les peuples français et néerlandais ont refusé en 2005 lors du vote contre le TCE, ou plus récemment les Irlandais contre le traité de Lisbonne, s’impose néanmoins et sert de paravent, de prétexte à la privatisation de nos services publics, au mépris des intérêts de la population. Les droits et la protection des salariés sont sans cesse remis en cause : réforme du code du travail, instauration des franchises médicales, réforme des retraites, toutes ces mesures sont appliquées, avec des modalités différentes dans chaque pays.

L’Europe sociale est toujours promise et jamais mise en œuvre. La BCE a trouvé de l’argent pour les banques et les spéculateurs mais ne fait rien pour l’emploi.

Face à la mondialisation capitaliste, l’Europe devrait être la solution. Or, elle est devenue le problème. Au lieu d’être un bouclier, elle a été le cheval de Troie des politiques libérales dont on mesure aujourd’hui toutes les conséquences.

 

Malgré ses conséquences tragiques, la droite, aidée par les sociaux-libéraux et les Verts, est très enthousiaste pour faire du traité de Lisbonne le fondement de la politique européenne. Il est le frère jumeau de feu le TCE refusé par le vote démocratique des peuples français et néerlandais. Le droit de choisir à nouveau nous a été refusé. Seuls les irlandais ont pu exprimer leur choix et l’ont refusé, mais ils doivent revoter à l’automne et jusqu’à ce que le oui s‘ensuive, un texte modifié qui revient sur le droit à l’avortement pour satisfaire les pires réactionnaires et conservateurs irlandais et polonais.

On s’étonne du taux d’abstention des électeurs, mais pourquoi seraient-ils inciter à voter alors que l’on bafoue leur vote quand ils s’expriment dans un sens contraire à la volonté des libéraux de droite comme de gauche ?

La Stratégie de Lisbonne qui inspire les libéraux, est entièrement assise sur la compétition, la guerre économique, qui conduit à toutes les réformes antisociales des pays de l’UE, à l’inégalité de la répartition des revenus. En outre ce système de compétition outrancier conduit à l’affrontement, entre les personnes, les collectivités, les entreprises, les communautés, les nations. C’est une violence morale qui s’exerce à chaque instant de la vie et peut conduire aux pires excès et à la guerre entre les peuples. L’homme n’est pas fait que de consommation et n’est pas réduit aux échanges marchands, il est avant tout un être social, destiné à vivre avec les autres, en société. Le système d’affrontement basé sur le culte de la performance et l’obsession de la rentabilité maximale, à la domination du « meilleur », du fort sur le faible, conduit à la dissociation des liens humains qui caractérisent notre espèce, il conduit à la « Dissociété ». Car si l’on vit dans une société de compétition généralisée où tout le monde est censé se conduire en prédateur, en s’efforçant d’être le meilleur, alors, l’autre, même semblable, votre copain de travail, votre voisin, votre allié, reste un rival potentiellement inquiétant, par le seul fait qu’il n’est pas soi, il devient l’étranger angoissant et menaçant.

 

L’EUROPE QUE NOUS VOULONS

C’est une Europe efficace contre la crise, l’Europe de l’emploi pour tous

Nous proposons un vaste plan de relance de l’activité. Soit la mise en œuvre, sous contrôle public et citoyen, d’un plan de développement des infrastructures européennes et d’activités socialement utiles et respectueuses de l’environnement. Il ne s’agit pas de relancer l’économie par n’importe quel moyen, oubliant au passage la gravité de la crise écologique. Il s’agit fondamentalement de rompre avec la logique du profit pour imposer une dynamique fondée sur la satisfaction des besoins sociaux, la réduction des inégalités liées à la mise en œuvre des impératifs écologiques.

Nous avons pour objectif :

l’Europe des 35 heures sans perte de salaire,

l’interdiction des licenciements boursiers,

       - l’instauration d’un bouclier social, d’une sécurité sociale professionnelle.

Nous proposons un salaire minimum européen qui serait en France de 1 600 € net.

Nous avons aussi pour objectif :

- la réduction des gaz à effet de serre qu’il faudrait diviser par quatre d’ici 2050 et le développement des énergies renouvelables.

Nous voulons dessiner les traits d’une économie humaine, une économie qui inscrit la production et la distribution des biens dans les instruments de l’alliance, de la coopération entre les humains. Une Europe sociale, écologique et démocratique, avec des services publics de qualité.

 

Les libéraux, de droite et de gauche, prétendent adapter les humains aux contraintes d’une économie mondialisée. Mais si l’économie est inhumaine, c’est l’économie et non l’humanité qui doit s‘adapter. Le financement de l’économie et la distribution des revenus doivent redevenir des biens publics dont l’organisation relève de délibérations démocratiques. Cela signifie construire une démocratie effective des citoyens, en France et en Europe, une démocratie qui ne se limite pas aux bulletins de vote et à la porte des entreprises. Il est paradoxal que dans notre république, le citoyen devienne sujet du patron de droit divin quand il en franchit le seuil.

 

Une Europe de l’harmonisation sociale et fiscale

L’Europe doit mettre en place des critères de convergence sociaux pour réduire les inégalités en harmonisant vers le haut les conditions sociales, en empêchant le dumping.

L’amélioration, l’extension, et la démocratisation des services publics nécessitent l’adoption d’un cadre juridique européen qui définisse et garantisse leur existence pour les protéger, en particulier : la santé, l’éducation, la Poste, les transports, l’énergie, les télécommunications, l’eau. Ils doivent être étendus à l’ensemble de l’Europe dans une logique de coopération et non de compétition marchande.

Une Europe de l’égalité, aussi entre les femmes et les hommes.

Une Europe qui lutte contre les violences et la traite des êtres humains.

L’Egalité des droits passe par la limitation des revenus démesurés, par l’impôt régulateur sur les plus hauts revenus.

Une Europe, Force de la Paix et de la coopération entre les peuples.

Les Etats européens doivent mettre en œuvre une politique de défense indépendante de celle de l’Otan, à l’inverse de ce que vient de faire Sarkozy et de ce qui est préconisé par le traité de Lisbonne qui affirme que : « l’Otan reste, pour les Etats qui en sont membres, le fondement de leur défense collective et l’instance de sa mise en oeuvre. » Le traité de Lisbonne aggraverait notre dépendance à l’égard de l’Otan sous direction américaine.

 

Il se prépare aussi un traité honteux, passé sous silence, voté le 26 mars 2009 par le PPE et le PSE et les Verts au parlement européen : le traité transatlantique. Il s’agit d’ici 2015 de construire un véritable marché transatlantique intégré, fruit du travail du Conseil économique transatlantique, qui conseillé entre autres par le monde de l’entreprise, veillerait à l’harmonisation des législations pour :

 « faciliter l’approfondissement du marché transatlantique. »

Ce traité devra être ratifié d’ici 2012 et devrait comprendre la création d’un CPT (Conseil Politique Transatlantique, chargé de coordonner systématiquement la politique étrangère et la sécurité. C’est sans doute pour le cas où quelque chose échapperait encore à l’Otan. Nous serions soumis entièrement à la puissance « étatsunienne ».

Il faut organiser un nouvel internationalisme : celui de la coopération entre les peuples souverains, seule manière réaliste d’éviter l’affrontement des nationalismes où nous conduit inéluctablement la mondialisation libérale.

 

Comme le disait la Boétie :

« Ils ne sont grands que parce que nous sommes à genoux ».

Voter et faire voter le 7 juin c’est se donner une chance de dire dans les urnes ce que nous avons exprimé dans la rue.

Sanctionner l’Europe libérale et sanctionner Sarkozy, c’est la même chose. Car que dit le Conseil européen face à la crise :

« La crise fait ressortir la nécessité de poursuivre et d’accélérer les réformes structurelles »

Que répond Sarkozy en écho : « Nous devons profiter de la crise pour accélérer les changements structurels ». C’est à dire continuer les réformes et les politiques qui nous ont mener dans le mur, remis en cause notre modèle de progrès social et républicain.

 Profitons de ces élections pour accélérer le départ de Sarkozy, pour proposer d’autres alternatives. C’est ce que propose le Front de Gauche : un programme politique pour changer d’Europe avec pour stratégie l’unité populaire.

C’est aussi l’occasion d’arrêter la ratification du traité de Lisbonne, de confirmer notre Non à cette Europe là en envoyant un maximum de députés qui pourront faire entendre la volonté populaire. Pour cela on ne peut pas compter sur la droite qui a rédigé le traité ni sur le PS, ni sur les Verts dont le vote a permis sa ratification sans consultation populaire. Seul le Front de Gauche regroupe les forces parlementaires qui s’opposent au traité de Lisbonne.

Le vote pour l’assemblée européenne ne doit pas être négligé, le parlement est la seule institution de l’UE qui soit issue du suffrage universel. C’est dire l’importance d’un tel vote et du débat citoyen que la campagne peut créer, que vous pouvez porter. Le parlement dispose de la possibilité d’approuver ou non les directives et projets de la Commission, il a pu la faire reculer et s’opposer par exemple à la directive Bolkestein, à la directive portuaire, à celle sur le temps de travail rejetée le 17 décembre. Ceci grâce à l’action courageuse des députés du groupe de la Gauche Unie Européenne, avec le soutien de la mobilisation populaire et des syndicats.

L’exercice du suffrage universel est un droit d’expression démocratique. Il permettra à votre vote pour le Front de gauche, lié à la mobilisation populaire, de s’opposer à la droite, sans compromis avec la gauche qui gouverne l’UE avec Barroso. Le Front de Gauche se veut un front populaire, un rassemblement ouvert aux militants de toute la gauche, aux syndicalistes, aux altermondialistes, aux écologistes, face à la gauche qui renonce et face à celle qui divise.

Je m’adresse aux électeurs du PS, du PRG, du MRC, qui en 2005 on su transgresser les frontières politiques pour former ce rassemblement extraordinaire qui a permis la victoire du NON. Les électeurs du PRG, du MRC, n’ont pas de liste, ni ceux de la Fédération. Ceux du PS se demandent quelle est la position réelle du PS sur l’Europe, qui prétend vouloir une Europe sociale et vote avec ceux du PSE qui soutiennent Baroso au Parlement européen. A tous ceux là, nous disons : TRANSGRESSEZ !

Vous avez le FRONT de Gauche pour changer d’Europe et combattre la politique de Sarkozy.

 

Allain GRAUX

  Le 26.05 .2009

 

 

 

 

 


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Mercredi 29 avril 2009

LA CRISE ! Pas pour tout le monde …et comment en finir.

La crise qui s’est étendue au monde entier à partir de l’éclatement de la bulle financière des subprime et autres hedge found est sans doute la plus grave crise économique depuis un siècle.

Or, « l’histoire prouve qu’il n’a rien de bon à attendre des crises ; elles enfantent plus sûrement des Hitler ou des Staline que des Gandhi ».*

Si cette récession ne va pas améliorer le sort des salariés des pays les plus riches, elle risque de provoquer des explosions de colère et de violence dans nombre de pays du Sud. Des émeutes de la faim se sont déjà produites ici ou là.

Cependant si la dépression économique ne signifie pas la fin du capitalisme, elle marque la fin de l’économie dérégulée et l’achèvement de l’ère de l’ultralibéralisme, la mise en cause du capitalisme mafieux et de la globalisation financière.

Les oracles libéraux n’ont plus bonne presse, par exemple les programmes des gourous économiques de Reagan, Thatcher, Blair, Bush et …Sarkozy, comme : 

Friedrich Von Hayek : déréglementer, privatiser, limiter la démocratie, supprimer les subventions au logement et le contrôle des loyers, diminuer les aides contre le chômage, réduire les dépenses de la sécurité sociale, casser le pouvoir syndical…* (1960 : Constitution de la liberté)

Milton Friedman : «  le libre marché est un système scientifique parfait dans lequel des particuliers agissant dans leur propre intérêt créent, pour tous, le plus d’avantages possibles. » (Capitalisme et liberté). Selon lui le rôle de l’Etat se limite à ses pouvoirs régaliens, à faire régner l’ordre, respecter les contrats privés et favoriser la concurrence (libre et non faussée bien sûr !)

Cela ne vous rappelle rien ? Ne retrouve t-on pas la trame du TCE*, du traité de Lisbonne, de la Stratégie de Lisbonne, et le sens profond des réformes sarkozistes ? D’autant plus que pour Friedman : « Un nouveau gouvernement jouit d’une période de grâce de six à neuf mois au cours de laquelle il peut opérer des changements fondamentaux. S‘il n’en profite pas pour agir avec détermination, une telle occasion ne se représentera plus ». N’est-ce pas la signification de la frénésie réformiste sarkoziste ? En même temps, le nouveau gouvernement doit développer une campagne médiatique en matraquant sans cesse que toutes les difficultés proviennent du fait que le marché n’est pas assez libre, que ce sont les services publics qui coûtent trop cher, sont en déficit, etc…

C’est ainsi que notre souverain président applique systématiquement la doctrine libérale faite de compétitivité, de discipline budgétaire (enfin là pas trop), de réforme fiscale (en faveur des plus riches, voire le bouclier…), de réduction des dépenses publiques (Suppression d’un poste de fonctionnaire sur deux), de privatisations massives du secteur public (les autoroutes, GDF, EDF, La Poste, la SNCF, demain l’hôpital) ; mais reconnaissons que d’autres, à gauche et à droite, s’y étaient employés avant lui. Et il a laissé aux banquiers toute licence pour jouer avec l’argent des contribuables.  Aujourd’hui, il dit le contraire mais c’est ce qu’il a fait, sans contrôle, sans contrepartie et c’est ce qu’il encourageait quand il voulait étendre les prêts hypothécaires et les produits financiers, causes de la bulle spéculative aux Etats-Unis (ainsi q’en Espagne).

Cette politique économique a été menée systématiquement depuis 1980 par les organismes financiers et les principaux gouvernements occidentaux, les Etats-Unis en tête, avec le concours du FMI, de la Banque mondiale et de l’OMC, avec le brillant succès que l’on connaît. Outre la crise actuelle, les inégalités ont atteint des niveaux jamais connus auparavant : la fortune des trois individus les plus riches de la planète dépasse les revenus cumulés de la totalité des habitants des 48 pays les plus pauvres…

 Entre 1936 et 1939, la rémunération moyenne des 150 dirigeants les mieux payés des 50 plus grandes entreprises américaines représentait 82 fois le salaire moyen. Entre 60 et 69, il était tombé à 39. Depuis l’ère Reagan, il a culminé à  367 fois au début des années 2000. En France, en 2007, la rémunération moyenne d’un PDG n’est que de 4, 7 millions d’Euros pour les patrons du Cac 40, soit 308 années de SMIC…*

Il y a trente ans un patron français gagnait en moyenne environ quarante fois le salaire moyen d’un ouvrier ; en 2002, il gagnait mille fois plus.

Et n’oublions pas le poids de l’empreinte écologique des pays riches sur la planète, fruit du système productiviste. Si les trente pays les plus développés représentent 20 % de la population mondiale, ils produisent et consomment 85 % des produits chimiques synthétiques, 80 % de l’énergie fossile, 40 % de l’eau douce, les émissions de gaz à effet de serre y sont dix fois plus élevées.

*Paul Ariès « Leur récession n’est pas notre croissance.. » La Décroissance- Lyon- octobre 2008.

*TCE : traité Constitutionnel Européen

* Alternatives économique – janvier 2009

Les Fonds rapaces

Il y a des fonds d’investissements qui disposent de capitaux colossaux et dont les dirigeants sont devenus les vrais maîtres de la planète. Ces private équities et leverage buy-out (LVO)* sont peu connus du grand public. Ils disposent d’une puissance financière qui dépasse les 1100 milliards d’Euros, collectées auprès des banques, des assurances, des fonds de pension et des avoirs des riches. Leur spécialité : les rachats d’entreprises. En 2007, ils contrôlaient 800 sociétés, un salarié américain sur quatre et près d’un Français sur douze. La France est devenue leur première cible avec 1600 entreprises, juste après les Etats-Unis et la Grande-Bretagne. Des enseignes comme Dim, Quick, Buffalo Gril, les Pages Jaunes, Afflelou…Leur méthode est simple et digne des lois de la jungle, du renard libre dans le poulailler libre :  Pour acquérir une société, le fonds engage 30 % de sa valeur sur ses fonds propres et emprunte les 70 % restant aux banques, en profitant du faible taux d’intérêt actuel. Pendant trois à quatre ans, il « réorganise » l’entreprise, rationalise la production, développe les activités, et capte tout ou partie des profits pour payer les intérêts… de sa propre dette. A la suite de quoi il revend l’entreprise 2 à 3 fois plus cher qu’il ne l’a acheté, assez souvent à un autre fonds qui va faire la même chose…C’est un taux de retour sur investissement de 300 % minimum : qui dit mieux ? Mais, qu’arrive-il aux salariés de ces entreprises ? Ont-ils gagné 300 fois leur salaire de base ? Que nenni ! Les grands principes pour arriver à ces résultats fabuleux : réduction de l’emploi, compression des salaires, augmentation des cadences, délocalisation. Ce sont nos gouvernants qui encouragent ces pratiques et qu’ils appellent la modernisation de l’économie…

  • Pe et Lvo : « capital non côté et acquisition par emprunt »…

Et la part des salaires ?

En 1980, le partage de la valeur ajoutée s’établissait en France, à 69 % pour les salaires, et à 31 % pour les profits. Depuis tous les gains de productivité ont bénéficié aux seuls profits. Après l’application des politiques de rigueur, de précarité, de développement du chômage, de réduction des dépenses publiques, la part des salaires en 1995 ne constituait plus que 60 % de la valeur ajoutée. Résultat : près de 20 millions de sans-emploi et plus de 40 millions de pauvres dans l’Union européenne.

En Europe, c’est la stratégie de Lisbonne qui inspire nos libéraux. Elle est entièrement assise sur la compétition, la guerre économique qui conduit à toutes les réformes antisociales des pays de l’UE, à l’inégalité de la répartition des revenus. En outre ce système de compétition outrancier conduit à l’affrontement, entre les personnes, les collectivités, les entreprises, les communautés, les nations. C’est une violence morale qui s’exerce à chaque instant de la vie et peut conduire aux pires excès et à la guerre entre les peuples. L’homme n’est pas fait que de consommation et n’est pas réduit aux échanges marchands, il est avant tout un être social, destiné à vivre avec les autres, en société. Le système d’affrontement basé sur le culte de la performance et l’obsession de la rentabilité maximale, à la domination du « meilleur », du fort sur le faible, conduit à la dissociation des liens humains qui caractérisent notre espèce, il conduit à la « Dissociété »*. Car si l’on vit dans une société de compétition généralisée où tout le monde est censé se conduire en prédateur, en s’efforçant d’être le meilleur, alors, l’autre, même semblable, votre copain de travail, votre voisin, votre allié, reste un rival potentiellement inquiétant, par le seul fait qu’il n’est pas soi, il devient l’étranger angoissant et menaçant.

L’Europe que nous voulons, c’est une Europe efficace contre la crise, une Europe de l’emploi pour tous.

Cette Europe là nécessite un vaste plan de relance de l’activité. Soit la mise en œuvre, sous contrôle public et citoyen, d’un plan de développement des infrastructures européennes et d’activités socialement utiles et respectueuses de l’environnement. Il ne s’agit pas de relancer l’économie par n’importe quel moyen, oubliant au passage la gravité de la crise écologique. Il s’agit fondamentalement de rompre avec la logique du profit pour imposer une dynamique fondée sur la satisfaction des besoins sociaux, la réduction des inégalités liées à la mise en œuvre des impératifs écologiques.

Une Europe qui aurait pour objectif : l’Europe des 35 heures sans perte de salaire, l’interdiction des licenciements boursiers, l’instauration d’une sécurité sociale professionnelle.

 Une Europe qui aurait pour objectif la réduction des gaz à effet de serre qu’il faudrait diviser par quatre d’ici 2050 et le développement des énergies renouvelables.

Une Europe qui dessinerait les traits d’une économie humaine, une économie qui inscrit la production et la distribution des biens dans les instruments de l’alliance, de la coopération entre les humains.

Les libéraux, de droite comme de gauche, prétendent adapter aux humains les contraintes d’une économie mondialisée. En énonçant cela, ils reconnaissent implicitement l’incompatibilité de la mondialisation libérale avec l’humanité. Mais si l’économie est inhumaine, c’est l’économie et non l’humanité qui doit s‘adapter. Le financement de l’économie et la distribution des revenus doivent redevenir des biens publics dont l’organisation relève de délibérations démocratiques. Cela signifie construire une démocratie effective des citoyens, en France et en Europe, une démocratie qui ne se limite pas aux bulletins de vote et à la porte des entreprises. Il est paradoxal que dans notre république, le citoyen devienne sujet du patron de droit divin quand il en franchit le seuil.

Le vote pour l’assemblée européenne ne doit pas être négligé, le parlement est la seule institution de l’UE qui soit issue du suffrage universel. C’est dire l’importance d’un tel vote et du débat citoyen que la campagne peut créer, que vous pouvez porter. La politique sociale de l’Europe ressort toujours des autres instances de l’UE, qui décident, imposent leurs choix, sauf quand le parlement qui dispose de la possibilité d’approuver ou non les directives et projets de la Commission, a pu la faire reculer et s’opposer par exemple à la directive Bolkestein, à la directive portuaire, à celle sur le temps de travail rejetée le 17 décembre. Ceci grâce à l’action courageuse des députés de la GUE, avec le soutien de la mobilisation populaire et des syndicats.

L’exercice du suffrage universel est un droit d’expression démocratique. Il doit permettre à un vote qui rassemble, face à la gauche du compromis et à celle qui divise, de battre la droite et d’envoyer à Strasbourg et Bruxelles, des députés qui proposent de véritables alternatives au libéralisme.

Allain GRAUX

 Le 28.04.2009

Ref : -Le Krach parfait d’ Ignacio Ramonet (Galilée)

            -La Dissociété – le socialisme néomoderne de Jacques Généreux (le seuil)


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Lundi 6 avril 2009

J’étais à Strasbourg.

 

Tous les dirigeants de la gauche de gauche de Côte d’or, avec des militants du PCF, du Parti de Gauche, du NPA, de Solidarités 21, du Mouvement de la Paix, des syndicalistes et même des socialistes, rassemblés dans le collectif pour la paix, étaient samedi dans le bus qui emmenait ces militants manifester contre l’OTAN à Strasbourg. L’ambiance était enjouée, pleine d’empathie et de sympathie.

A 25 kilomètres de la capitale alsacienne, le car est dévié sur de petites routes. A chaque rond-point il faut négocier avec les policiers qui indiquent la route à suivre. La police est omniprésente, jusque sur les toits des châteaux d’eau et des silos, bloquant le moindre chemin. Le bus se retrouve à la frontière allemande, sur le Rhin, bloqué par la polizei. On nous renvoie d’où nous sommes venus. Là, un gradé nous bloque car la route est interdite au plus de 7,5T ! Plus loin, ce n’est pas autorisé. On se croirait dans un gag de Raymond Devos. Finalement, c’est un gendarme qui intervient auprès de l’officier pour lui dire de laisser passer le bus, aujourd’hui, on n’applique pas le code de la route…Nous finissons par arriver près du lieu de rassemblement, un immense terrain vague où il semble évident que tous les manifestants n’ont pas pu accéder. Beaucoup de jeunes vêtus de noirs et portant cagoules sont présents. Derrière un bouquet d’arbres s’élève une colonne de fumée. Des hélicoptères tournent dans le ciel. Quelque chose tombe de l’un d’eux. Aussitôt une nouvelle colonne de fumée noire, très épaisse, s’élève. On entend des détonations. De la fumée, des gaz, envahissent le lieu du rassemblement. Les rumeurs courent, c’est l’hôtel Ibis qui brûle.

Les haut-parleurs nous invitent à partir.

C’est un départ impromptu, avant que le meeting prévu ait pu se tenir.

Une première évidence :

beaucoup de manifestants pacifistes n’ont pas pu rejoindre le lieu de rassemblement qui était déjà investi par les anarchistes autonomes.

Des bus ont été égarés pour qu’ils ne puissent pas rejoindre Strasbourg.

Alors que nous avons déjà pu constater une présence d’une ampleur extraordinaire des forces de  l’ordre, rien n’a été fait pour isoler les casseurs des manifestants pacifistes.

 Pour sortir de la nasse, ce n’est pas évident, le passage est très étroit et rétréci encore par la présence de plusieurs véhicules de CRS qui barrent la moitié du chemin. Et aussitôt des cagoulés armés de grands bâtons attaquent les policiers, tapant sur les fourgons, jetant des pavés et des pierres. Les flics s’enfuient.

Cette violente agression était parfaitement inutile, mais prévisible. Que faisaient ces policiers sur la route d’évacuation du terrain ? Ils constituaient une véritable provocation. Pourquoi vouloir fermer la voie de dégagement du rassemblement ?

J’aperçois Francis Wurtz, député européen du PCF, qui répond à une interview de Léo, un dirigeant de la gauche autrichienne, du réseau de la Charte pour une autre Europe.

Tant bien que mal, la manifestation s’organise. Les militants se regroupent derrière leurs bannières et banderoles, défilent dans le calme, canalisés et dirigés vers un quartier périphérique de Strasbourg  par les nombreux barrages policiers qui bloquent tous les accès. C’est une zone qui paraît vide, près du port fluvial, avec de nombreuses usines.

Nous passons devant un bureau de poste, une église et arrivons devant une voie ferrée et un tunnel. Là, nous sommes bloqués. Derrière, s’élève un panache de fumée. La sono nous informe qu’il faut attendre que les pompiers aient terminés d’éteindre l’incendie d’un immeuble. Des gens s’assoient sur la chaussée, d’autres circulent. On attend patiemment, dans le calme.

Je vais voir ce qui se passe au bout du tunnel qui est barré par un grillage derrière lequel sont stationnés deux cars de CRS. La grande échelle des pompiers s’élève au milieu de la route devant un immeuble où de la fumée s’échappe du dernier étage. Je ne vois pas de pompiers, seulement des policiers.

Réflexion : comment ce feu a-t-il pris au dernier étage ?  Les casseurs ne sont tout de même pas montés là-haut pour mettre le feu comme ça !

Je rencontre Michel Soudais, de Politis, et une autre amie journaliste. Je me dis que l’on ne voit pas les grandes chaînes de la télé.

Au bout d’un long moment, la sono nous dit que suite à des négociations, nous allons pouvoir passer. Les policiers qui étaient sur la voie ferrée, au-dessus du pont, se retirent, mais en fait le tunnel est toujours barré. Les cagoulés en profitent pour grimper sur le ballast et aller attaquer les forces de police. Les policiers reviennent chassant les casseurs qui se mêlent aux pacifistes. On entend l’explosion des tirs de grenades lacrymogènes. Puis ce sont les gaz qui arrivent et des cailloux. Incroyable ! Les flics nous balancent des cailloux. Ils ne font pas le détail, ils arrosent la foule qui reflue. Mais derrière, sur l’avenue par laquelle nous sommes venus, la route est barrée et les policiers nous arrosent également. Panique générale. Le camion de la CGT nous demande de le suivre le long de la voie ferrée. C’est alors que de violents affrontements éclatent sur le remblai, car les CRS envoient à nouveau des bombes lacrymogènes sur le convoi. Des vagues de casseurs cagoulés vont à l’assaut, les tirs répondent. Les manifestants sont scindés. Beaucoup n’on pas pu suivre le camion. C’est un véritable piège, une souricière dans laquelle nous ont conduit les forces de police, sans possibilité d’évacuation. Je suis gazé, asphyxié, je pleure, comme beaucoup d’autres manifestants.

A nouveau je reflue vers la l’avenue et nous sommes à nouveau bombardés par la police, à tirs tendus, de grenades qui explosent au milieu de nous et de balles de flash-ball. Je suis coincé contre un mur, en larmes, étouffant, avec la présidente d’Attac 21. Nous sommes séparés de nos amis, dispersés. Un jeune militant libertaire de Dijon nous aide, il a du chlorure de sodium qu’il nous verse sur les pupilles. Soulagement. Nous nous réfugions dans la cour d’une usine. Nous profitons d’un instant de calme pour essayer de passer à nouveau le long de la voie ferrée avec deux amis dijonnais, puisque nous ne pouvons pas revenir sur nos pas. Cette fois le passage est dégagé.

Nous retrouvons la route, et d’autres manifestants qui reviennent également. Nous passons devant l’Eglise dont la porte a été défoncée, la porte vitrée de la poste a volé en éclats, les arrêts de bus, les cabines téléphoniques ont été détruites. Plus loin, des wagons ont été tirés au milieu de la route. Des tas de palettes ont été répandus sur la chaussée. Les panneaux de signalisation et de publicité, les feux tricolores, ont été arrachés. Tout cela s’est produit derrière nous. Par qui ? Alors que nous avions vu tant de forces de police déployées, partout, plus nombreuses que les manifestants …

Au pont, nous sommes dirigés le long de la voie d’eau par un barrage de police. Des groupes de manifestants pacifistes, très dispersés refluent calmement, pour revenir vers les bus. Regardant vers le pont, je vois deux canons à eau prendre position alors que d’autres groupes arrivent tranquillement. Ils arrosent. Pourquoi ? Il n’y avait aucun incident, les gens rentraient tranquillement. Comme pour me punir de cette pensée, nous sommes à nouveau bombardés de bombes lacrymogènes par les flics du pont. Pourquoi ? Il ne se passait rien !

 

Au pont de l’Europe, le camion du Mouvement de la Paix propose de le suivre pour aller au Jardin, lieu prévu pour le meeting de fin, ou de rentrer. L’immense majorité des troupes préfère revenir vers les cars. Et le camion finit par en faire autant.

Les Dijonnais se regroupent peu à peu et décident de rester ensemble, d’éviter la dispersion pour retrouver notre bus garé fort justement là où il nous avait déposé à midi. En face dans les fourrés, on distingue des casques noirs et des canons de fusils. Des petits groupes de CRS sont embusqués tout le long du parcours de retour.

Pendant plus d’une heure, les groupes de manifestants dispersés au fil des évènements, rentrent vers leurs véhicules.

Conclusion

 Il apparaît d’évidence que tout a été fait pour que cette manifestation autorisée ne puisse pas avoir lieu : 

en empêchant le rassemblement, égarant les cars ;

en changeant à la dernière minute le parcours autorisé par la préfecture ;

La manifestation n’a jamais pu s’organiser et se structurer, permettant ainsi aux casseurs de se mêler aux pacifistes.

Les forces de  police ont tronçonné la manifestation en plusieurs groupes qui ont été l’objet d’attaques par des tirs de grenades lacrymogène et de flash-balls dont l’objectif évident était de faire peur, d’impressionner les manifestants pour les inciter à ne plus revenir manifester.

Les autorités ont laissé se rassembler et agir des groupes de Blacks-Blocks, d’autonomes anarchistes, arrivés dès jeudi. Le déploiement massif et inégalé des forces de l’ordre permettait d’interdire l’accès de ces casseurs à la manifestation et d’éviter les graves  incidents et les destructions qu’ils ont causés.

Le but était manifestement de dénaturer le caractère pacifiste de la manifestation.

C’est un quartier populaire qui a subi ces dommages alors que le centre-ville était hyper protégé et inaccessible, souvent au mépris des droits des citoyens de Strasbourg.

 

Les plus hautes autorités de l’Etat portent une lourde responsabilité dans les incidents qui se sont produits et qui auraient pu être encore plus dramatiques sans la solidarité et la sagesse des forces militantes présentes.

Pour le moins une commission d’enquête devrait éclaircir ces responsabilités et pour le plus, devant la gravité de la situation engendrée par les directives données aux forces de l’ordre par le ministère de l’intérieur, nous devons exiger la démission de la ministre de l’intérieur, Madame Alliot-Marie.

 

Cette volonté d’empêcher une manifestation pourtant autorisée, en utilisant tous les moyens est à rapprocher de la politique répressive et de la « judiciarisation » mises en œuvre par le gouvernement de Monsieur Sarkozy à l’égard de tous les opposants, les syndicalistes qui manifestent, les militants de RESF qui ont été victimes des mêmes mesures à Vichy, les jeunes des quartiers populaires, les militants politiques qui utilisent pourtant le propre langage du président :

« Casse toi, pov’con ! »

 

Allain GRAUX

  Le 6.04.2009


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Lundi 21 juillet 2008

LES MOTS :

Le retard français

Il s’agit d’une légende utilisée par la majorité de droite et le Medef pour imposer des réformes rétrogrades jugées indispensables pour éviter le naufrage de l’économie française. Car si on observe les chiffres publiés par le FMI ou l’INSEE, on constate que les performances françaises sont tout à fait honorables.
Le PIB*réel par habitant : il n’a été supérieur en Allemagne que pendant deux ans (2006/2007) sur les dix dernières années. En 2008, il est égal (1,8). Si on prend le PIB tout court, l’écart est nettement favorable à la France : 2,3% an contre 1,5% en RFA. Quant à la zone euro, sa moyenne est identique à celle de la France sur les 20 dernières années...
Il paraît encore plus surprenant de constater que l’écart avec les Etats-Unis n’est que de 0,1% sur les dix dernières années. Cet écart devrait être rapidement comblé en faveur de la France en 2008/09, selon les prévisions du FMI.
L’Allemagne
est souvent citée comme performante grâce aux réformes entreprises par Schröder. En fait, c’est le renoncement à cette politique qui permet le retour à la croissance, en particulier les hausses salariales obtenues par d’importants mouvements sociaux, la pression syndicale et politique de Die Linke* sur le SPD et Angela Merkel. Ce qui sera d’ailleurs profitable à l’économie de la France. La période restrictive précédente avait entraîné la croissance européenne vers le bas, l’Allemagne pesant le quart de l’économie de la zone euro.
La dette
.* Les actifs, (la richesse que détient l’État) sont positifs: ils représentent 37% du PIB. La France peut donc s’endetter comme n’importe quelle entreprise, financer un plan de relance comme Sarkozy l’a fait avec le paquet fiscal. Malheureusement, ce cadeau de 14 milliards aux plus riches n’a pas provoqué le choc escompté sur la croissance.
La dette publique a augmenté avec la globalisation ; depuis1980, elle est passée de 20,7% à 63,9% du PIB. Elle serait trop lourde, il faudrait donc la limiter à 60%, réduire les dépenses publiques, le nombre de fonctionnaires (enseignants, personnel de santé. Quel progrès social !). C’est stupide, l’Allemagne est au-dessus de 60%, la Belgique à 84,9%, l’Italie au-dessus de 100%, la moyenne européenne à 68%, les Etats-Unis à 62,2% et le Japon à 180%... Elle a fortement progressé pendant les années de faible croissance, particulièrement entre 91 et 96, (années où Sarkozy fut ministre du budget en 93 et 95). Elle a été réduite de 2,5% sous la Gauche plurielle, entre 98 et 2001, grâce à la croissance impulsée par le gouvernement Jospin. Car c’est la faiblesse de la croissance qui génère L’endettement : la France consomme beaucoup moins qu’elle produit et ne vit pas à crédit.
La dette publique n’est pas la dette de la France : la dette est la contrepartie des actifs (les biens publics) qui eux sont bien réels. De plus, pour s’endetter l’Etat émet des bons du trésor qui sont achetés par ceux qui peuvent épargner, les plus aisés. Ils appartiennent à la même génération que celle qui emprunte. On ne lègue donc pas que la dette aux enfants puisqu’ils héritent aussi des titres. En réalité, le transfert est nul entre génération. Le transfert s’opère entre classes sociales car tous les contribuables paient les intérêts de la dette (15% des dépenses de l’Etat) alors que les intérêts profitent aux détenteurs des Bons du Trésor. Avec la diminution de l’impôt sur le revenu (progressif) dont bénéficient largement les plus riches, c’est une redistribution fiscale inversée qui s’opère.
Quant aux dépenses publiques (52,37% en 2007), ce monstre du loch Ness brandit pour justifier tous les sacrifices et les coupes sombres dans les services publiques et la protection sociale, elles n’ont augmenté que de 0,59% de PIB en 22 ans. Difficile d’y voir l’explosion de la dette!
Auparavant, l’accroissement des dépenses de l’Etat, toujours inférieure au taux de croissance de l’économie (sauf en 2002 et 2003), compensait la faiblesse de l’activité économique, pour la relancer. La nouveauté, c’est que ce mécanisme compensateur est grippé depuis 2002, année d’arrivée de la droite au pouvoir et de la croissance molle avec une moyenne de 1,8%...Les Français en paient les conséquences en terme de chômage et de précarité.
En fait, comme pour les détenteurs de capital la volonté d’épargner est supérieure à la volonté d’investir, l’argent trouve toujours à se placer auprès de l’Etat au lieu de s’investir dans les entreprises. Surtout quand on constate que le taux d’intérêt est passé au-dessus du taux de croissance depuis 1980. Il est donc devenu plus intéressant de gérer des titres de rente ou de spéculer que d’investir. Ce dont souffre la France ce n’est pas de la dette ou du déficit public de l’Etat, mais du manque d’investissement.
Le modèle anglais
: la GB qui n’est pas dans la zone euro n’a jamais respecté le pacte de stabilité européen qui fixe le déficit budgétaire à 3%. Pour relancer son activité et rectifier les aberrations du Thatchérisme, Tony Blair a créé 560 000 emplois publics dans la santé et l’éducation, accroissant de 5 points  la part des dépenses publiques dans le PIB.Les recettes fiscales engrangées ont permis alors de réduire le taux d’endettement. En France, la redistribution se fait à l’inverse, en direction de catégories qui épargnent au lieu d’investir.

 LES MAUX

La pauvreté
Le seuil du taux de pauvreté en France est fixé à 60 % du revenu médian, soit 817 €/mois en 2005.
Cette année là, 12,1% de la population, soit 7,1 millions de personnes étaient considérées comme pauvres. Depuis la situation se dégrade encore : l’écart entre le niveau de vie médian et le seuil de pauvreté s’accroît depuis le retour de la droite au pouvoir! Le nombre des pauvres les plus pauvres vivant avec moins de 40 % du revenu médian a augmenté de 14% entre 2002 et 2005. Parmi eux, le nombre des travailleurs pauvres, ceux qui ont un emploi, a crû de 21% entre 2003 et 2005 (1,53 millions en 2005)...
Pour remédier à cette situation, le gouvernement s’est fixé un objectif : réduire la pauvreté d’un tiers en cinq ans grâce au RSA du bon Monsieur Hirsch. Et pour être sûr du bon résultat il vient d’adopter un nouvel indicateur : le taux de pauvreté ancré dans le temps. Ce nouvel indice est calculé, non en fonction d’une base annuelle à 60 % du salaire médian mais de l’indice de l’année précédente augmenté de l’inflation. Comme l’inflation augmente moins vite que le revenu médian...
Concrètement cela signifie que si le taux de pauvreté ne baisse que de 3 % entre 2000 et 2005, le nouvel indice, lui, diminue de 22 % pendant la même période. Si vous pensez manipulation, vous avez raison...C’est ce que pense aussi l’ONPES* car :
la pauvreté est un phénomène relatif ...qui doit prendre en compte l’évolution du niveau de vie de l’ensemble de la population, Ce qui se fait partout dans les Etats de l’UE.
On peut aussi se rendre compte de cette
triste évolution sociale de la cinquième puissance mondiale avec ces quelques chiffres:
Minimas sociaux :
nombre d’allocataires de 2002 à 2005 : + 4,6%.
Taux de renoncement aux soins pour raisons financières, à 2004
: + 13%
Taux de demandeurs d’emplois non indemnisés
par l’Unedic ou par l’Etat : de 39,9 en 2001 à 40,3 en 2006,
Ces trois indices de l’ONPES qui s’ajoutent à ceux de l’indice de pauvreté décrivent tout l’aspect de la politique de régression sociale menée par la droite, non justifiée par l’état réel des performances économiques et de la qualité des travailleurs français dont on sait qu’ils sont les plus productifs au monde.

LE RSA
L’objectif de ce dispositif  destiné à assurer un complément de revenu aux chômeurs qui reprennent un emploi afin qu’ils gagnent davantage en travaillant plutôt que de rester au chômage, est louable en soi. Encore qu’il serait préférable d’augmenter le SMIC et des bas salaires vraiment trop bas. Il ne paraît pas logique – qui plus est dans un système capitaliste libéral - que ce soit la collectivité qui assure des revenus suffisants aux travailleurs pour reproduire leur force de travail. Ce devrait être aux entreprises de le faire. On me dira que : vous comprenez, la concurrence internationale...
Faire le ménage, servir dans un bar, et tous les métiers mal payés de ce type, ce ne sont pas des activités concurrentielles. Et puis, que veut-on faire : concurrencer les salariés chinois ou indiens? Ramener notre niveau social à celui de ces pays? Comment -être compétitifs avec le Vietnam où le salaire mensuel de l’ouvrier moyen est de 22$ ? Nous ne sommes pas prêts d’y arriver, c’est peine perdue. Et quelle peine! C’est là tout le sens des réformes de régression sociale mises en œuvre dans le cadre de la fameuse concurrence libre et… faussée par les gouvernements européens et la Commission de l’UE, appliquées aujourd’hui à la France, dernier carré de la résistance, par Nicolas Sarkozy, François Fillion et consorts.
Revenons en au RSA: il devrait faire disparaître à terme le RMI, l’API (allocation de parent isolé),
La PPE*(la prime pour l’emploi) et l’intéressement. Les travailleurs des classes modestes devraient pâtir de ce redéploiement, car ils ne toucheront plus la PPE, sans pour autant avoir droit au RSA. Même chose pour les rmistes et apistes s’ils ne retrouvent pas un emploi. En outre les fonds prévus seront insuffisants pour financer le surcoût du RSA et les mesures indispensables d’accompagnement social comme la formation et les contrats aidés.
En fait le RSA, à partir d’un bon principe, revient à faire financer les pauvres par d’autres pauvres
. En outre, il ne manquera pas de créer des effets d’aubaine pour les entreprises et pèsera inévitablement sur les bas salaires.
Avec le RMI*, il s’agissait d’assurer un revenu à ceux dont les ressources étaient inexistantes, aux handicapés, aux invalides du travail, etc...La protection par la société devenait un droit, dans des conditions de solidarité et non de charité. Il est sans nul doute nécessaire d’améliorer le volet insertion, mais on en peut pas s’appuyer sur une supposée paresse congénitale des travailleurs pour imposer à tous des mesures uniformes d’emploi. Dans tous les cas il est nécessaire de prévoir des parcours spécifiques.

Le chômage et la Flexisécurité.
Toute la politique du gouvernement vise à obliger les chômeurs à accepter n’importe quel emploi diminution, puis suppression des allocations au troisième refus, sous des conditions d’acceptation qui constituent un véritable retour à la condition salariale du XIX° siècle et au carnet de travail, une atteinte à la dignité et à la liberté des salariés. Les chômeurs sont devenus suspects, des coupables en puissance, alors qu’un sur deux n’est pas indemnisé.
Le taux officiel de chômage en France est actuellement de 7,8%, celui des femmes est de 8,4%; des moins de 25 ans de 18,9%. Le nombre officiel est de 1 905 000 (Insee), le nombre réel de 3 069 300 (UNEDIC, mars 2008), sans compter les emplois partiels, aidés, en formation etc...4,5 millions de sous-employés précaires.
Si le taux de chômage diminue, c’est dû essentiellement au départ en retraite des générations du baby boom. Il faut beaucoup moins de création d’emplois pour satisfaire l’arrivée des jeunes sur le marché du travail. En outre, la France perd des emplois industriels : baisse de -2,6 % de la production selon l’indice INSEE.
La baisse du pouvoir d’achat qui n’est pas dû uniquement à la hausse des prix mais à la faiblesse du niveau des salaires et à la baisse de la protection sociale (franchises médicales, etc...), entraîne une faiblesse de la consommation à laquelle s’ajoute celle des exportations. De ce fait les entreprises investissent peu et n’embauchent pas. Il n’y a que 400 000 emplois disponibles, essentiellement dans les secteurs du bâtiment, de la restauration et du commerce, sous-payés, pénibles, souvent occupés par des travailleurs sans papiers pour ces raisons. Ce qui ne peut pas satisfaire la demande des 3 millions de chômeurs réels. Ce n’est pas parce qu’on diminuera les indemnités de ces chômeurs qu’ils retrouveront des emplois stables qui n’existent pas. Sur 10 embauches, 8 sont précaires.
La Flexicurité.
L’accord sur la modernisation du marché du travail du 11 janvier 2008 signé par certains syndicats* est à cet égard une vaste duperie. L’idée de lier la flexibilité des emplois, avec peu de règles limitant les licenciements et une forte sécurité de revenu grâce à des allocations chômage élevées était séduisante. Hélas, contrairement au Danemark souvent cité en référence, les allocations chômages sont faibles. Et pourquoi vouloir « flexibiliser » un marché du travail déjà très flexible avec 2,5 millions de salariés en CDD, où près de 900 000 salariés en CDI sont licenciés chaque année, souvent à titre personnel (¾ des effectifs). En réalité, il s’agissait pour le MEDEF de diminuer le coût de ces licenciements, car le noyau dur du salariat français est constitué de salariés en CDI avec plus de quinze ans d’ancienneté, chers à licencier et qui n’hésitent pas à contester devant les prud’hommes. D’où l’autre volet : le licenciement dit à l’amiable.
L’accord a fait naître un nouveau contrat de travail qui n’est ni un CDI ni vraiment un CDD. Sa durée est « incertaine ». Il sera plus difficile pour un salarié de contester un licenciement en justice.
Le travail de codification, supposé neutre, a eu en réalité pour principal objet d’adapter l’architecture et la philosophie du code du travail au projet politique de l’UMP. Censé être réalisé à droit constant, il supprime des dispositions, met en cause l’unité du droit du travail, déclasse et fragilise des garanties sociales. Pour le MEDEF, il s’agit de généraliser la précarité à des couches du salariat qui bénéficient encore d’emplois stables, sans améliorer la sécurité pour les autres. On peut citer la clause particulièrement scandaleuse selon laquelle en cas de rupture due à la survenance d’une inaptitude d’origine non professionnelle, l’entreprise puisse échapper au paiement des indemnités de licenciement. Le frein pour « virer » sans indemnité les salariés malades a été levé.
Le système mit en place ne pourra qu’accentuer les fluctuations de l’emploi, substituer des emplois fermes en emplois précaires. Mais il ne pourra pas en soi créer de nouveaux emplois.

Destiné en principe à clarifier le droit et à en faciliter la compréhension, le nouveau code se traduit par une inflation du nombre d’articles et suit un ordonnancement incompréhensible. En juillet, le projet de loi sur « les droits et devoirs des demandeurs d’emploi » est qualifiée de loi médiatique visant à stigmatiser les chômeurs par la députée Vert Martine Billard.Tout chômeur inscrit depuis plus de six mois à l’ANPE sera sanctionné si il refuse une offre raisonnable d’emploi compatible avec ses qualifications, située à moins d’une heure ou 30 km de son domicile, sans distinction du milieu, rural ou urbain !
-         
après trois mois il ne pourra pas refuser un poste rémunéré à 95 % se son salaire, à 85 % au bout de six mois. Ce qui va provoquer une tendance à la baisse salariale. Mais n’est-ce pas le but recherché ?
-         
La radiation est automatique après deux refus. Sur 625 000 inscrits radiés en 2007, dont 184 000 touchaient une indemnité, seulement 10 000 l’on été pour insuffisance de recherche et 15 000 pour refus. Ce n’est donc pas dans le refus de recherche ou d’emploi que se situe le problème : 25 000 sur 625 000. Pour 4% de chômeurs professionnels, on va pénaliser tous les chômeurs.
-         
La contrepartie serait l’accompagnement, un suivi individuel renforcé. Avec quels moyens ?
Une récente étude de la CFDT-ANPE démontre que le personnel en nombre insuffisant ne permet pas de réaliser un suivi personnalisé mis en œuvre depuis… 2006 et qui reste très virtuel. .

Restait alors à
liquider les 35 heures sous le prétexte de travailler plus pour gagner plus, C’est chose faite et en réalité on va travailler beaucoup plus et gagner moins. C’est un retour là encore au XIX° siècle.
Première étape
 : l’exonération des cotisations sociales et la défiscalisation pour faire croire qu’il était nécessaire d’augmenter le gâteau de la production avant d’en augmenter les parts. Mais il ne suffit pas de vouloir travailler plus pour pouvoir le faire. C’est le patron qui en décide, pas le salarié. Les bénéfices de cette mesure seront injustement répartis et renforceront les inégalités entre les salariés et la solidarité devant le chômage, ce sera le chacun pour soi. Les plus bas salaires perdent leur prime pour l’emploi, leur remise éventuelle d’impôt. Les femmes à temps partiel verront leurs heures complémentaires moins revalorisées, confinées dans le salariat d’appoint ou la pauvreté.
Seconde étape
 : le rachat des journées de RTT, soit un allongement de la durée réelle du travail pour des heures supplémentaires subventionnées.
Restaient à mettre en œuvre l’étape suivante pour parachever le chef-d’œuvre de remise en cause progressive des 35 heures dont la majorité de droite ne pouvait pas se débarrasser de front. C’est chose faite avec la nouvelle loi qui permet à chaque entreprise de « négocier » le temps de travail, au détriment de la loi, des accords de branche et des conventions collectives qui en France ont caractère de loi extensive. On pourra travailler 282 jours au lieu de 218, avec un maximum de 235 à défaut d’accord. Pour les cadres et VRP ce sera la suppression de tous les jours fériés payés sauf le 1° mai et un ou deux jours de plus…

Les entreprises pourront porter leur contingent d’heures supp. de 220 à 405 par an : 10 heures de travail par jour et 48 h. par semaine. Quel progrès. C’est à peu près ce que j’effectuais en 1963 ! Et plus de repos compensateur. Pourtant, selon un sondage des Echos, 79 % des salariés du secteur privé ne sont pas intéressés par le rachat de leurs jours de RTT.

Les modalités du passage aux 35 heures s’étaient traduites par une intensification importante du travail pour compenser l’augmentation du salaire horaire. Dorénavant il faudra travailler vite et plus longtemps, au détriment de la santé des salariés, de leur temps de repos, de loisirs, de famille. Les effets sur l’emploi vont être désastreux avec le ralentissement prévu de la conjoncture. Pour les trois derniers trimestres cumulés, l’INSEE ne prévoit que 0,4 % de croissance, 0,3 % en 2009. La subvention de l’allongement de la durée du travail va inciter les entreprises à embaucher le moins possible

Pendant ce même temps, les négociations sur la pénibilité entreprises pour compenser l’allongement de la durée du travail (retraites et 35 heures), ont capoté suite à la mauvaise volonté manifeste du MEDEF d’aboutir à un accord dont les modalités financières du départ progressif ne seraient pas prises en charge par l’Etat à hauteur de 40 % des salaires versés.

Cet accord faisait pourtant partie intégrante de la réforme des retraites initiée par Fillon en 2003…

L’idée répandue est que la panne de croissance, le fameux déclin français serait dû à la faiblesse du taux d’emploi des seniors et à la charge jugée excessive du financement des retraites.

l fallait donc augmenter la durée de cotisation à 41 ans - c’est chose faite - voire 42 ans. Le MEDEF, lui, préconise de reculer l’âge de la retraite à 63 ans.

Pourtant la réalité est tout autre :

-         
le taux d’activité des seniors plafonne à 37,8 % malgré la loi Balladur qui a porté la durée des cotisations à 40 ans. La responsabilité en incombe aux entreprises qui se débarrassent de leurs vieux salariés qui coûtent trop cher en salaires et ancienneté, sans être suffisamment productifs (pensent-ils !).
-         
L’âge moyen du départ en retraite dans le privé est de 58,9 ans, avec une durée moyenne de cotisation de 37 annuités.
Dans ces conditions, l’allongement de la durée de cotisation revient à chaque fois à écarter un grand nombre de salariés du bénéfice d’une retraite à taux plein, en raison de la décote par annuité manquante.

L’allongement de la durée de cotisation a pour but d’éviter d’augmenter les cotisations patronales.

Le financement des régimes des retraites par répartition relève du partage car il s’appuie sur des cotisations basées sur le salaire. Selon le rapport du COR* en 2003, la part du PIB nécessaire pour équilibrer le régime doit croître de 6,5 % d’ici à 2040, soit de 12 à 18, 5 % du PIB, sous l’hypothèse d’une croissance de 1,75% et d’un taux de fécondité de 1,8.

Il s’agit donc d’un choix de la société française sur le mode de financement et de type de financement. Celui d’allonger la durée de cotisation aboutira à réduire le montant des pensions déjà entamé par les réformes Balladur et Fillon.

Il existe d’autres solutions :
-          Le relèvement des cotisations sociales et l’élargissement de l’assiette de financement.
Selon le COR il suffirait d’une hausse de 0,37 points par an jusqu’en 2040, à répartir entre salariés et employeurs, pour assurer le niveau des pensions sans affecter le taux de remplacement.

-         
La taxation des stock-options rapporterait 3 à 4 milliards par an.
-         
La création d’une CSG entreprise basée sur la valeur ajoutée, incluant salaires et profits.
-         
On peut aussi augmenter légèrement la CSG.
-         
Prélever des  cotisations sur l’intéressement et la participation.
La combinaison de ces mesures permettrait de répartir l’effort de financement d’une manière plus juste et plus équitable. Ce n’est pas la voie choisie par le gouvernement Sarkozy-Fillon, sans véritable concertation.

Ceci d’autant plus que l’effort à produire est relatif en fonction des critères suivants : l’hypothèse démographique retenue par le COR était basse. L’évolution de la population active est revue à la hausse avec un taux de fécondité proche de 2 enfants par femme, l’immigration est plus importante que prévu (solde de +100 000/an au lieu de 50 000). La France gagne chaque année 350 000 habitants et pourrait atteindre les 70 millions en 2050. Ce qui réduit le besoin de financement de 2 à 5 points de PIB supplémentaires, en fonction de sa croissance d’ici 2050. Le taux de croissance potentiel est supérieur à 3 %, il pourrait donc être amélioré par une politique d’investissements massifs dans les secteurs innovants. Cela engendrerait une hausse de la masse salariale, donc des recettes de cotisations à la sécu comme pour les caisses de retraite.

Le choix qui devrait s’imposer, ce sont des mesures justes et équitables pour :

-         
maintenir le droit à la retraite à 60 ans à taux plein ;
-         
garantir un taux de replacement du salaire de 75 %  et un minimum garanti au SMIC pour les plus basses retraites.
En refusant ces solutions et en créant et creusant le déficit, tant pour le régime des retraites que la celui de la sécurité sociale, le gouvernement prépare le terrain pour en finir avec le système par répartition, pour s’appuyer sur des systèmes à plusieurs vitesses reposant sur trois piliers :
-         
un strict minimum public ; la charité au lieu de la solidarité.
-         
un complément s’appuyant sur les mutuelles et financé par les salariés, dont le montant sera variable selon le taux de prise en charge des entreprises. Fini l’égalité.
-         
Un supplément pour ceux qui en ont les moyens, de s’assurer auprès des compagnies d’assurances qui lorgnent depuis longtemps sur les milliards que représentent les fonds de la protection sociale.
Ce système qui existe aux Etats-Unis est le plus cher au monde, ne fonctionne pas, et laisse des millions de gens sans couverture sociale, sans soins…

Les mesures démagogiques
.
Le président du pouvoir d’achat
ne veut surtout pas augmenter les salaires. C’est ce que nous venons de démontrer. Donc, face à la hausse des prix alimentaires et de l’énergie (pétrole, électricité, gaz) provoquée par la crise financière mondiale et la spéculation sur l’immobilier, le pétrole, les céréales, Monsieur Sarkozy refuse de donner un coup de pouce au SMIC. Il prétend augmenter les revenus par le travailler plus, limiter l’inflation par le contrôle des prix et le développement  des discounters. C’est-à-dire que les travailleurs les plus pauvres doivent se contenter de produits de moins bonne qualité, voire à la limite des périmés dans les hards discounts, notamment pour les banlieues…
Cette concurrence renforcée qui ferait baisser les prix est un autre mythe. Ce n’est pas durable et c’est limité. Quand le plus gros a mangé les petits, les prix augmentent à nouveau…

Le recours aux compléments salariaux (heures supp., RTT, participation et intéressement exonérés de cotisation) se substitue à la progression générale des salaires, au blocage du taux horaire. Dans ces conditions, avec les gains de productivité, la part du gâteau profitera uniquement aux revenus du capital qui ont déjà repris 10 % sur la part des salaires dans le PIB sur les 20 dernières années.
On peut ajouter aussi la généralisation du livret A à toutes les banques, toujours au nom de la libre concurrence imposée par la Commission européenne. Cela va faire reculer le financement du logement social assuré par les caisses d’Epargne et supprimer la garantie d’accès à l’épargne populaire pour les petits épargnants. Seule La Poste sera tenu de le faire. Pour le plus grand profit des banques qui chercheront à capter les plus gros épargnants. La Poste déficitaire, il n’y aura plus que d’achever sa privatisation déjà en cours. Fini les bureaux de poste dans les villages, les comptes bancaires pour les plus démunis etc…
Ajoutons encore :
-
La disparition du service bien utile de la Direction de la Concurrence, de la Consommation et de la répression des fraudes DGCCRF), par sa fusion avec le Conseil de la Concurrence…
-
Les mesures de Christine Boutin pour supprimer à terme la loi SRU qui oblige les villes à construire 20% de logements sociaux.
-
La dépénalisation du droit des affaires, par une législation sur ordonnance pour substituer  de simples sanctions commerciales aux condamnations pénales…On durcit la répression de la petite délinquance dans le même temps où l’on allège celle des cols blancs…
 -
De nouveaux cadeaux fiscaux aux entreprises en créant de nouvelles niches pour 106 millions au moment où il prétend les supprimer …pour les simples  contribuables (assurance-vie etc…). Ces nouveaux cadeaux s’ajoutent aux exonérations de cotisations sociales patronales dont le montant scandaleux s’élève à 32 milliards en 2008 (contre 28 en 2007). Soit plus 12 % !
-La réforme de la carte scolaire vide un peu plus les établissements des quartiers des élèves issus des classes moyennes, selon la conclusion d’un rapport d’octobre 2007 non publié par le gouvernement (Le Monde). Le processus d’assouplissement renforce la ghettoïsation des milieux les plus défavorisés et aboutit à un résultat inverse de l’objectif proclamé.


Toute la politique de Sarkozy ne vise pas à revaloriser le travail, mais à le dévaluer.
L’ensemble des « réformes »constitue une remise en cause du droit social à l’échelon européen aligné sur la doctrine anglo-saxonne des ères Thatcher et Reagan. L’Etat sacrifie peu à peu ses fonctions sociales : éducation, santé, assistance, protection sociale, pour réduire son rôle à celui de la répression pour les mettre en œuvre et contrôler la population: réformes de la justice, développement de la police, lois répressives sur l’immigration, une réforme de l’armée destinée à assumer la police internationale sous contrôle de la puissance dominante, les Etats-Unis, en réintégrant l’Otan.

Le modèle, c’est la concurrence avec les travailleurs les moins favorisés, à l’Est et dans le monde, un modèle où l’on travaille douze heures par jour jusqu’à plus de 65 ans, de nuit, le dimanche, sans salaire minimum, (il est remis en cause par la BCE).

Ce serait l’adaptation au modernisme, en fait de sont de vieilles idées, celles du vieux patronat, le plus réactionnaire. Cette  restauration conservatrice n’est pas une révolution économique, mais le retour à un capitalisme radical régit par la finance, dont le but unique est le profit maximum.

La stratégie présidentielle est d’avancer sur tous les terrains en même temps, par touches progressives, mais en maintenant un rythme très élevé. Cette logique, fondée sur des postulats néo-libéraux a des limites : l’emploi stagne, le pouvoir d’achat régresse, la dette se gonfle. L’accumulation de ces faits marque clairement le contenu de classe de la politique sarkozienne. Elle brise la solidarité nationale, l’équité de la redistribution des revenus, elle défend les avantages du capital contre ceux du travail, poursuit inexorablement le désengagement de l’Etat du Service Public. Les inégalités se creusent.
Pour dissimuler ces faits, le discours officiel brandit le péril d’une mondialisation menaçante, et propose des mesures protectionnistes qui ne seront jamais mises en œuvre. Le Président se sert démagogiquement des faits divers pour asseoir des mesures répressives et moralisatrices : contre les pédophiles, l’immigration illégale, etc…
Pendant ce temps les profits des multinationales et les dividendes des actionnaires augmentent toujours plus vite. :
- Cappegemini, Unibail-Rodamco : + 40% - Sanofi-Aventis : +18.3 % - Lafarge : +33% - etc…
On verse des sommes folles aux actionnaires au lieu de les investir dans la recherche, l’éducation, la formation, les salaires, l’emploi, les techniques et matériaux écologiques, pour dynamiser le développement.
En 2006, sur 97 milliards de bénéfices nets, les groupes du CAC 40, ont reversé 40% de dividendes, rachetés 8 milliards de leurs propres actions pour en faire monter les cours ; 80% de ces profits proviennent des délocalisations dans la zone dollar au détriment des productions nationales ou européennes.
Les richesses produites dans l’industrie en 2007 ont augmenté de 3,3 %, les profits de 7,4 %, le salaire brut de 1,4%...* (Comptes de l’Industrie du 3/04/08)

Si l’on en croît l’opinion publique exprimée par les sondages, la crédibilité politique de Sarkozy et du gouvernement Fillon est en chute libre. Cependant la réplique populaire n’est pas à la hauteur de cette situation catastrophique pour la majorité des citoyens de notre beau pays. Le manque de perspectives, d’alternative crédible ne permet pas d’exprimer le rejet de façon globale.
Il est plus que temps d’y réfléchir et d’organiser la réplique unitaire, l’instrument politique dont les masses ont un cruel besoin.

  Allain GRAUX
Le 20 juillet 2008


*PIB : produit Intérieur Brut
*ONPES : Observatoire national de la pauvreté et de l’exclusion sociale.

*PPE : un impôt négatif discutable, une trappe à bas salaires mises en place par le gouvernement Jospin, suite au refus du conseil Constitutionnel de varier la CSG
*RMI : Revenu minimum d’insertion créé par Michel Rocard (PS) en 1988.
*Dette: lire le Monde diplomatique de juillet 2008 : l’épouvantail de la dette publique (Bruno Tinel et Franck Van de Velde)*
. Quatre confédérations syndicales (CFDT, FO, CFTC, CFE-CGC) sur  huit, et trois organisations patronales (MEDEF, CGPME, UPA) ont fait leur l’accord interprofessionnel sur « la modernisation du marché du travail »; la CGT, n’a pas signé.
En France, à cause d’une loi Fillon du 4 mai 2004, on prétend qu’un accord est « majoritaire » quand il obtient la signature d’une majorité de syndicats même si ces syndicats représentent une minorité de salariés par rapport à ceux qui ne signent pas l’accord. En fait c’est un vote « par ordre » et non pas « par tête » comme avant la Révolution française. C’est comme au temps où le clergé et la noblesse l’emportaient par deux voix contre une, contre le tiers-état. C’est la procédure antidémocratique que Fillon a imaginé pour fausser les négociations syndicales : c’est purement archaïque, scandaleux, mais c’est hélas, comme cela que la droite fait fonctionner notre pays. C’est comme si, pour adopter une loi au Parlement, on comptait le nombre de groupes parlementaires qui la votent et non pas le nombre de députés. Dans la métallurgie, par exemple, FO, CFTC et CGC signent les accords avec l’UIMM, tandis que CGT et CFDT les refusent : ces accords sont réputés « majoritaires » alors que FO, CGC, CFTC représentent moins de 20 % des voix aux élections professionnelles de la branche et CFDT et CGT qui représentent 80 % sont minoritaires.

Pourquoi parle-t-on de 4 syndicats sur 5 alors qu’il y en a huit dans le pays ? Pas parce qu’ils ont obtenu plus de voix de la part des salariés ! Justement non, ça n’a rien à voir avec les voix qu’ils ont obtenues, ni avec l’audience réelle qui est la leur. C’est seulement parce qu’ils figurent sur une « liste » d’un vieil « arrêté » datant de 1966 ! À l’époque, cinq syndicats ont été retenus sur une liste officielle : CGT, CFDT, FO, CFTC, CGC. La liste de ces cinq syndicats qui sont seuls à bénéficier d’une « présomption irréfragable de représentativité » n’a jamais été mise à jour : ainsi ni la FSU, ni l’UNSA, ni Solidaires n’y figurent. Pourtant ces syndicats sont devenus plus représentatifs que la CFTC ou la CGC par exemple. S’en tenir aux « cinq » syndicats « officiellement représentatifs » de la liste pour déterminer si un accord est majoritaire ou non, est donc une fiction. Mais ça ne fait rien, la mystification est reprise sans le moindre état d’âme. (Gérard Filoche)
*COR : Conseil d’Orientation des retraite

REF :
-         
alternatives économiques ;
-         
le Monde diplomatique ;
-         
Fondation Copernic ; Attac ;
-         
Le Monde, Libération, l’Humanité ;
-         
Economistes : Liêm Hoang Ngoc,
-         
Chercheurs : Michel Husson (IRES)

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Vendredi 27 juin 2008

 A la veille d’occuper la présidence tournante de l’Union Européenne, Nicolas Sarkozy a prononcé à la Knesset, (le parlement israélien) et devant les représentants de l’autorité palestinienne, des discours qui paraissent plein de bon sens pour, enfin, aboutir à une paix juste sur ces terres ensanglantées depuis si longtemps :

- « la création d’un Etat palestinien indépendant, moderne, démocratique et fiableil ne peut pas y avoir de paix sans l’arrêt total et immédiat de la colonisation…sans que soit résolu le problème des réfugiés palestiniens…pas de paix sans reconnaissance de Jérusalem comme capitale de deux Etats. »

- pas de paix non plus si les Palestiniens ne combattent pas eux-mêmes le terrorisme. »

Mais au-delà des mots et de la posture, quels sont les moyens proposés pour mettre réellement en œuvre les conditions de la paix ?

 Un Etat palestinien indépendant, démocratique et fiable.

La démocratie : fin 2005, des élections, dont l’UE, comme l’ex-président Carter ont reconnu qu’elles s’étaient déroulées régulièrement (sans être libres car les territoires étaient occupés par l’armée israélienne), on porté le Hamas au pouvoir (à cause de la corruption de nombreux responsables du Fatah). Ce résultat ne convenant pas au gouvernement américain, l’UE a bloqué l’aide économique qui permet à la structure administrative palestinienne de survivre…

Bel exemple de respect de la volonté populaire !

Un Etat fiable. : Israël, depuis Oslo, n’a eu de cesse de détruire toute l’infrastructure de l’autorité, suite à la provocation de Sharon sur l’esplanade des mosquées et la reprise de l’Intifada. Un geste délibéré pour ne pas permettre aux négociations de Taba entre Arafat, Barak et Clinton d’aboutir. Depuis, la colonisation (qui n’a jamais cessée*) a mangé, mité le territoire palestinien telle une hydre, le réduisant à une peau de chagrin trouée,  coupé de routes isolant les villes et les villages (plus de 600 barrages et postes de contrôle qui asphyxient toutes les possibilités de développement économique), enfermé derrière le mur.

Jérusalem : tout est organisé dans la partie Est, pour rendre la vie quotidienne des Palestiniens impossible et les obliger à partir. Comme ils s’obstinent à rester en dépit de tout, on détruit leurs maisons ou on les expulse au moindre prétexte.

De quel Etat, réduit à des bantoustans, peut-il s’agir dans ces conditions ?

 Et les attentats ? Le terrorisme ? Sarkozy a dit aussi qu’il ne fallait pas parler avec le Hamas, organisation terroriste. Ce en quoi il s’aligne sur la position américaine alors qu’Ehoud Olmert lui-même vient de signer un accord avec le Hamas pour arrêter le blocus de Gaza en échange de la cessation des tirs de fusées Kassam.

Il est nécessaire de rappeler que le Hamas n’a pas toujours été une organisation utilisant les actes terroristes, qu’il a été utilisé par Israël contre le Fatah, pour diviser l’unité de la résistance. Cet objectif réalisé, le gouvernement de l’Etat juif se retourne aujourd’hui contre lui et emploie des méthodes … terroristes : attentats ciblés, assassinats, bombardements, etc… un terrorisme d’Etat qui tue bien plus de gens, de civils innocents, des enfants que les attentats suicides des milices du Hamas, mais aussi celles du Fatah et du Djihad. Or on discute avec Abou Mazen…

Auparavant, la France avait refusé cette décision de l’Union européenne, distinguant entre le Hamas et son organisation militaire Azzedine el Kassam…(héros et symbole de la résistance palestinienne, tué en 1936)

Pour aboutir à la paix il faudra bien discuter avec tous ceux qui se battent.

On aurait aussi bien pu refuser de discuter avec Begin, Sharon, Rabin, Shamir, tous des anciens terroristes devenus premier ministre de l’Etat israélien…

Quels sont les moyens dont on dispose pour trouver une solution équitable à la résolution du conflit palestinien ?

-          Il ne faut pas compter sur le gouvernement américain qui se sert d’Israël comme pion et gendarme sur l’échiquier de sa stratégie pour le Grand Moyen Orient. Son influence est pourtant décisive. Mais pour espérer une évolution du soutien inconditionnel des Américains à Israël, il faudra attendre le résultat de l’élection présidentielle de novembre 2008. Et ce ne sont pas les récentes déclarations de Barak Obama sur Jérusalem, capitale indivise de l’Etat Juif, qui vont aider à trouver la bonne solution…

-          Et l’Union Européenne ?

Sa capacité de pression est bien plus importante qu’on ne le pense généralement car l’UE représente 54 % des échanges économique de l’Etat d’Israël, auxquels on peut ajouter les accords universitaires dont la rupture au moment d’Oslo avaient été décisifs pour amener Israël à la table des négociations…On l’oublie souvent !

Le rôle et l’importance de l’aide européenne à la Palestine.*)

L’UE verse chaque année plus de 550 millions d’Euro aux Palestiniens sous forme d’aides, administrative, technique, alimentaire, sanitaire, éducative, aux réfugiés (par l’intermédiaire de l’UNWRA*). L’aide directe a été interrompue au 1/01/2006, à la suite des élections législatives gagnées par le Hamas. Elle a repris en juillet 2007. Cette suspension a entraîné une profonde déstructuration des institutions palestiniennes que l’Europe avait contribué à mettre sur pieds depuis plus de 10 ans. Pour néanmoins pallier à ces conséquences, il fut mis en place le 16 juin 2006, le Mécanisme International Temporaire (MIT). Il avait pour but de soutenir uniquement la présidence et les notables politiquement acceptables.

Il est à noter que c’est la Palestine qui reçoit la plus importante aide au monde versée par l’UE ( 4 à 5 fois plus que tout autre Etat). Les frais facturés par l’ONU représentent environ 7 % des dépenses effectuées. Il faut aussi savoir que le transfert des fonds sur des comptes chèques passent par les banques israéliennes qui prélèvent leurs agios au passage… Ce qui signifie que les contribuables européens financent les banques et donc le trésor israélien.

C’est aussi un cas unique de constater que les filets de sécurité sociale mis en œuvre dans d’autres pays sort des critères de besoin pour s’appliquer à des interdits politiques.

Le Mécanisme mit en place n’a pas empêché la dégradation accélérée des conditions de vie de la population et n’a pas permis de mettre en œuvre pratiquement et durablement un quelconque projet d’infrastructure ou de développement. Il a également fait le jeu de la radicalisation et des tensions internes qui ont conduit à la scission entre la bande de Gaza et la Cisjordanie. En mettant en place le MIT, l’UE a favorisé l’aide humanitaire au détriment des objectifs politiques à long terme, apportant ainsi un soutien indirecte à la politique israélienne d’occupation et d’annexion des territoires. Avec votre argent…

Communiqué de presse de Véronique De Keyser - Députée européenne belge (PS)

L'Union européenne a une très lourde responsabilité dans la détérioration dramatique de la situation à Gaza déclare l'eurodéputée Véronique De Keyser

 "Il y a des mois qu'à chaque séance plénière les députés européens interpellent Xavier Solana et Benita Ferrero Waldner pour leur demander de reprendre l'aide directe à la Palestine, de reconnaître enfin le gouvernement d'unité nationale, de ne pas exclure du jeu le Hamas et de cesser  jouer un ministre contre un autre, en vain!  Nous les avons pressés, d'agir, car nous savions que le temps était compté, qu'avec ce gouvernement, Mahmoud Abbas jouait sa dernière carte, qu'il fallait faire vite.  Il fallait dialoguer avec les modérés, sous peine de n'avoir plus en face de nous que des extrémistes", déclare l'eurodéputée Véronique De Keyser, qui fut chef de la mission électorale de l'U.E en Palestine en 2OO6, et est l'une des signataires de l'appel des "quarante cinq" au Parlement européen.  Cet appel, qui demandait il y a quelques semaines, la reprise de l'aide directe à la Palestine et la reconnaissance du gouvernement d'unité nationale, amenait également quarante cinq eurodéputés signataires  à parrainer les quarante cinq parlementaires du Conseil législatif palestinien emprisonnés par Israël. Des eurodéputés n'avaient d'ailleurs pas hésité à rencontrer  Ismaïl Haniyeh.

Mais les appels du Parlement européen n'ont jamais été entendus.  Pas plus que le réquisitoire accablant de la Banque mondiale ou le rapport de Soto, Représentant spécial des Nations Unies, qui vient d'être rendu public.  En ne s'écartant jamais du carcan du Quartet, dominé par les Etats-Unis, l'Union Européenne rendait inéluctable la faillite du gouvernement d'unité nationale. Ce gouvernement répondait aux exigences du Quartet, mais il ne pouvait se passer ni de l'aide ni de la légitimité internationale. « Aux Etats-Unis, comme en Israël, comme sur les bancs des extrémistes en Palestine, on guettait sa chute et nous le savions parfaitement. Mais nous avons fait le jeu des extrémistes et précipité la guerre civile » a déclaré la députée qui a appris avec consternation l'annonce du Président Abbas d'une dissolution du gouvernement.

"Si l'avenir de la Palestine est sombre, la crédibilité de l'Europe dans la région l'est encore davantage. Comment pourrons-nous nous placer encore comme les chantres de la démocratie, si nous n'avons respecté ni les résultats sortis des urnes en 2OO6, ni l'autorité d'un gouvernement d'unité nationale qui représentait 98% de l'opinion publique palestinienne et dont nous avons étroitement parrainé la composition? Louis Michel a décidé de suspendre l'aide humanitaire à Gaza. C'est tout aussi dramatique qu'inacceptable. Je réclame le déploiement immédiat d'une force d'interposition internationale." a conclu Véronique de Keyser. ( Bruxelles, le 14 juin 2007)

Comment cela se passe-t-il au parlement européen ?

De 2001 à 2005, une grand nombre de parlementaires étaient opposés à l’aide pour Arafat accusé de corruption. En fait, ce n’est pas Arafat lui-même qui était corrompu, mais il devait répondre à la nécessité de s’assurer des appuis en « arrosant »son entourage. Il s’en ait résulté une exigence de contrôles des fonds européens assortie de mesures plus drastiques que celles en vigueur dans les pays de l’UE…Le commissaire anglais Chris Patten a néanmoins maintenu l’aide pour appuyer Arafat, malgré une campagne anti Fatah qui a perduré pendant quatre années au parlement. C’est ce qui a conduit, par usure, au blocage des fonds lors de l’élection du Hamas.

 ( NDLA : alors que la motivation initiale de la suspension était la corruption et que le Hamas a gagné …grâce à « l’honnêteté » de ses candidats…)

 LES OBJECTIFS DE L’AIDE

C’était la mise en place d’institutions destinées à perdurer pour les ministères palestiniens du futur Etat. Wolfenson*, l’envoyé du quartet a tenté vainement de mettre en œuvre la « feuille de route ». Il a constaté qu’il était utilisé comme un alibi, que la feuille de route était un mythe. Il pensait que le développement économique était une solution pour aboutir à un règlement politique. Il s’est heurté aux « barrages israéliens au propre comme au figuré…( voir ci-dessous…)

Gaza - 25-10-2005 -Wolfenson : Le retrait d'Israël n'est pas vrai - Par IPC  
James Wolfenson, l'envoyé du Quartet international, chargé d'appliquer le plan de désengagement israélien, a critiqué Israël indiquant que: "malgré le retrait israélien de la Bande de Gaza, Israël évitait de déterminer son contrôle sur les villes évacuées de la Bande de Gaza".
Wolfenson a envoyé un message pendant la semaine passée aux ministres des Affaires étrangères du Quartet, disant que Israël "embarrasse" les négociations pour l'ouverture du passage de Rafah.
Le message est comprit dans un rapport sur sa dernière visite au Proche- Orient.
Au début de ce rapport Wolfenson indique qu'il est démoralisé parce que les issues principales n'ont pas été résolues, notamment celles concernant le mouvement libre des palestiniens. Il ajoute que sans ces solutions l'économie palestinienne ne développera jamais.
Le rapport indique aussi qu'Israël a refusé la suggestion présentée par Wolfenson au Quartet et à la Banque internationale, concernant la détermination d'une période limite pour résoudre les issues en suspens en ce qui concerne l'ouverture des passages.
D'autre part, Wolfenson a critiqué l'Autorité Nationale palestinienne, particulièrement en ce qui concerne la crise économique dans leurs régions à cause de l'augmentation des salaires des employées de la section public et le désordre interne.
Il a appelé Israël à commencer des négociations urgentes sur le mouvement des palestiniens, et sur les passages disant que"je suis sur que l'activité économique est la bon solution pour garantir la sécurité pour les deux parties".
De plus, les barrières militaires israéliennes distribuées en Cisjordanie et la nécessité des permissions demandées par les citoyens pour qu'ils puissent se déplacer librement entre les villes, forment un grand obstacle devant le développement économique.
Il convient de dire que, en ce qui concerne les barrières sécuritaires, l'armée israélienne avait stoppé à une des barrières, le premier ministre palestinien Ahmed Qurei pour un heure, car il n'avait pas la permission nécessaire pour passer la barrière, selon le journal d'Yedot Ahranoth.
  Source : www.ipc.gov.ps/

 

Il n’est pas possible de mettre en œuvre des réformes économique dans un Etat qui n’existe pas et ne peut pas exister dans le contexte actuel.

Infrastructures :

Sur ce qui avait été détruit en 2002 : pylônes, eau, énergie, écoles, hôpitaux, nous avons essayé un suivi pour la reconstruction. Ce qui a été possible pour les écoles ne l’est pas pour d’autres questions comme l’eau. Par exemple :  la construction d’une station d’épuration dans le nord de la bande de Gaz ( par l’agence française de développement)

Montant du projet :

12 millions d’euros en subvention

Bénéficiaire :

Autorité Palestinienne

Structure d’exécution :

Palestinian Water Authority (PWA)

Durée du projet :

Mars 2006 – juin 2011

Objectif

La station d’épuration de Beit Lahia, située au nord de la bande de Gaza, reçoit les eaux usées des municipalités de Jabalia, Beit Lahia et Beit Hanoun, soit 190 000 habitants. Conçue pour traiter 5 000 m3/j, elle fonctionne aujourd’hui à près de trois fois sa capacité nominale. Faute d’exutoire les effluents de la station se sont répandus par sur les terrains alentour et ont formé un lac qui couvre aujourd’hui une superficie de 30 hectares.

Malgré des mesures d’urgence entreprises par la Palestinian Water Authority (PWA), la situation est très préoccupante : les capacités de stockage des eaux sont arrivées à leur limite ; une digue de remblai sur l’un des bassins périphériques s’est rompue en avril 2007 causant la mort de plusieurs personnes. La présence d’une étendue d’eaux usées entraîne des odeurs et la prolifération de moustiques et rend la zone insalubre. Enfin, les infiltrations de ces eaux dans la nappe ont entraîné une forte dégradation de sa qualité.

Le projet a un double objectif : prévenir les risques humains, environnementaux et sanitaires induits par les équipements actuels de traitement ; aménager et mettre en service un dispositif d'assainissement couvrant de manière satisfaisante l'ensemble des besoins de la zone nord de Gaza.

 Ce projet est complètement bloqué par Israël : les tuyaux, matériaux nécessaires à sa réalisation pourraient être utilisés par les terroristes pour fabriquer des missiles…

L’occupation, les démolitions et la reconstruction.

« Jamais on ne devrait payer pour reconstruire une maison détruite par l’armée israélienne. Sauf à envoyer la facture au démolisseur. En effet, Israë, paissance occupante, bafoue le droit international, les conventions de Genève, qui interdisent de tels actes. Il faudra donc demander à Israël des réparation pour toutes ces destructions illégales, car il n’est pas légitime de payer pour Israël. Elles ont toutes été enregistrées.

C’est L’UE qui paye aussi le fuel qui entre à Gaza pour alimenter la centrale électrique, et au prix fort à la société DOR, y compris les taxes pour le trésor israélien. Ceci alors que les médias disent souvent : Israël ravitaille à nouveau la centrale…Israël livre le fuel, mais c’est le contribuable européen qui paye…

Pourquoi l’UE donne t-elle de l’argent ?

L’UE donne de l’argent comme substitut à son impuissance politique, pour ne pas être accusée de ne rien faire, pour avoir bonne conscience.

Depuis 2000, l’appui budgétaire se résume à une aide humanitaire pour la sécurité alimentaire, maintenant la survie en ce qui concerne Gaza où le degré de malnutrition de certaines couches sociales est proche de celui des zones du Sahel.

Si l’Europe continue à payer pour cette politique israélienne, pourquoi cette politique ne continuerait-elle pas ?Mais il faut savoir que cette aide ne contribue pas au processus de paix. Le programme d’aide nuit à la reprise des négociations.

De plus, l’édification du mur correspond plus à un objectif économique (étrangler toutes possibilités de développement autonome de la Palestine) que sécuritaire. Il s’agit d’annexer les meilleures terres, s’accaparer la vallée du Jourdain, obliger les habitants à partir.

Sans ressources économique : pas d’ Etat ! »

Accords et négociations.

Depuis Oslo qui prévoyaient une mise en œuvre échelonnée des accords, tout s’est arrêté à la première étape. Il en est toujours ainsi avec Israël : tout accord est échelonné, réversible, conditionnel : on libère des prisonniers que l’on arrête à nouveau, on ouvre des check-points que l’on referme bientôt…Ce sont des faux-semblants.

Exemple : les accords de Rafah en novembre 2005. Les conditions de leur mise en oeuvre n’ont jamais été réunies malgré l’obstination des Américains eux-mêmes… C’est Ha’Aretz qui le dit, pas moi…

Le précédent de Rafah Meron Benvenisti - Ha’aretz (publié le vendredi 18 novembre 2005)

"S’il a fallu aussi impérativement l’intervention personnelle de Condoleeza Rice pour parvenir à un fragile arrangement technique, quelles sont les chances de voir une réelle avancée du processus de paix ?"Le ministre de la Défense, Shaul Mofaz, devait soit déborder d’ironie soit s’abandonner à une bonne dose d’illusion pour qualifier le diktat du « Passage de Rafah » de « nouvelle étape dans la série des dispositions qui fondent la confiance face aux Palestiniens ». Les vingt semaines d’obstination israélienne sur des dispositions dont tout le but était de montrer aux Palestiniens qui était le maître, ont fait sortir de ses gonds même un Juif chaleureux et sage comme James Wolfensohn*. Le ministre de la Défense et ses subordonnés n’ont pas hésité à recourir à divers modes de harcèlement et à porter aux Palestiniens des coups économiques dévastateurs. Maintenant que Condoleeza Rice a décidé de lui démontrer qui était vraiment le maître, Mofaz

s’incline mais essaie d’expliquer sa soumission comme un consentement au besoin américain d’un résultat. Les Palestiniens ne l’intéressent pas ; s’il avait voulu des relations établissant la confiance avec eux, il aurait depuis longtemps approuvé les arrangements de l’accord de Rafah sans les fortes pressions américaines. www.haaretz.co.il/hasite/pages/ShArtPE.jhtml?itemNo=684420

Sur les 100 modifications prévues pour l’application de la feuille de route*, quatorze réserves ont été communiquées aux américains, pas à l’UE.

USA - 30-04-2003
Feuille de route : Texte Intégral - Par Quartet  
Ce nouveau plan de paix a été élaboré par le Quartet, rassemblant les Etats-Unis, l'Union européenne, la Russie et les Nations unies. Ce document, officiellement transmis, le 30 avril, au gouvernement israélien et à l'Autorité palestinienne, constitue, selon les auteurs "un élément crucial des efforts internationaux pour promouvoir une paix globale" dans la région.
Le Quartet présente aujourd'hui au gouvernement d'Israël et à l'Autorité palestinienne une feuille de route pour la réalisation de la vision, partagée par les Etats-Unis, l'Union européenne, la Fédération de Russie et les Nations Unies, de deux Etats, Israël et la Palestine, vivant côte à côte dans la paix et la sécurité. Les membres du Quartet ouvreront avec les parties et avec les acteurs-clés de la région pour l'exécution de cette feuille de route, dans la logique de cette vision. (...)
Le but est un règlement définitif et complet du conflit israélo-palestinien d'ici à 2005, conformément au discours du 24 juin du président Bush, qui reçut l'approbation de l'Union européenne, de la Russie et des Nations unies, exprimée par les déclarations officielles du Quartet, le 15 juillet et le 17 septembre. (...)
Le plan a fixé un calendrier réaliste pour son exécution. Néanmoins, reposant sur des mesures concrètes, sa progression nécessitera et dépendra des efforts de bonne foi faits par les parties, et de leur observation de chacune des obligations exposées ci-dessous

La mise en oeuvre par Weissglas, ne s’est que partiellement opérée qu’après l’évacuation de Gaza, le 20/02/2004, seulement l’ouverture de l’entrée par l’Egypte. La reconstruction et l’ouverture des frontières, du port, de l’aéroport, le passage de 400 camions, n’ont jamais été  réalisés.

Voici par ailleurs ce que pensait ce conseiller de Sharon :

www.haaretz.com/hasen/pages/ShArtVty.jhtml?sw=gideon&itemNo=684258

Cela faisait longtemps qu’on n’avait pas ri comme ça au sein de l’ « équipe Hamas ».

L’équipe que dirige le conseiller du Premier Ministre, Dov Weissglas, et à laquelle participent le chef d’état-major, le chef des Services de la Sécurité Générale (Shabak), des généraux et de hauts fonctionnaires, s’est réunie pour discuter avec la Ministre des Affaires étrangères, Tzipi Livni, des modalités de réponse à la victoire du Hamas aux élections. Tous étaient d’accord sur la nécessité d’imposer un siège économique à l’Autorité Palestinienne et comme d’habitude, c’est Dov Weissglas qui a trouvé le bon mot : « C’est comme un rendez-vous chez la diététicienne. Les Palestiniens vont maigrir comme il faut mais ils ne mourront pas », a plaisanté le conseiller et, selon ce qui a été rapporté, les participants se sont tordus de rire. D’ailleurs, pourquoi ne pas éclater d’un rire sain et libérateur en entendant une aussi heureuse plaisanterie ? Peut-être Dov Weissglas la racontera-t-il à son amie Condoleezza Rice et qu’elle aussi rira bien. Sauf que cette fois le witz de Weissglas était particulièrement vulgaire. Tout comme le rire retentissant qu’il a provoqué, il a une fois encore dévoilé à quel point l’ivresse du pouvoir d’Israël lui fait perdre la raison et altère complètement sa moralité.

Le retrait des colonies créées depuis 2000 n’a jamais eu un seul début d’exécution, en dehors de Gaza, donné comme un os à ronger aux américains, à l’UE, à l’opinion internationale, comme un ulcère dont on se débarrasse. Malgré la feuille de route, Israël relance la colonisation à Jérusalem-Est   - (‘LEMONDE.FR avec AFP et Reuters | 01.06.08 | 19h01 )

La feuille de route devenue lentement caduque a été abandonnée, comme les accords d’Oslo et tous les accords

L’UE considérait cette initiative politique comme positive, à condition que :

-ce soit une étape vers la reconnaissance de deux Etats en Palestine ;

-qu’ il n’y ai pas de déplacement ou la création de nouvelles colonies vers la Cisjordanie ;

-que soit effectué le transfert des responsabilités à l’autorité palestinienne ;

- que Gaza soit reconstruit.

Ces conditions n’ont jamais été respectées, mises en œuvre, et …sont tombées dans l’oubli. Mais les Israéliens, eux , n’oublient pas qu’on les oublie…

 Conséquences de cette attitude ?

Les négociations ne peuvent plus se faire qu’avec une partie des Palestiniens. Il devient très difficile de trouver des Palestiniens qui acceptent de négocier, car qu’ils soient d’un parti ou d’un autre, ils constatent que les accords ne sont jamais concrétisés pratiquement, qu’ils sont toujours remis en cause.

 Le travail des fonctionnaires européens en Palestine et le parlement européen.

Jérusalem - 18-12-2005 - Rapport de l'Union Européenne sur Jérusalem-Est *
Par Responsables de mission à Jérusalem et Ramallah
Les ministres des Affaires étrangères de l'Union européenne ont jugé inopportun de cautionner ou de publier ce rapport accusant Israël de renforcer sa domination sur la ville de Jérusalem-Est, alors qu'en novembre, les chefs de la diplomatie de l'Union européenne avaient indiqué qu'une "analyse détaillée de l'UE concernant Jérusalem-Est annexée" serait "adoptée et rendue publique" le 12 décembre. Voici donc ce rapport si dérangeant !   Jérusalem-Est est d'une importance centrale pour les Palestiniens en termes politiques, économiques, sociaux et religieux.
1. Plusieurs politiques israéliennes liées réduisent la possibilité de conclure un accord de statut final sur Jérusalem, et démontrent une intention claire de la part des Israéliens de transformer l'annexion de Jérusalem-Est en fait accompli.
• le presque achèvement de la barrière autour de Jérusalem-Est, loin de la Ligne Verte,
• la construction et l'expansion des colonies illégales, par des entités privées et le gouvernement israélien, à l'intérieur et autour de Jérusalem-Est;
• la démolition des maisons Palestiniennes construites sans permis (qui sont presque impossibles à obtenir);
• une application plus stricte des règles séparant les Palestiniens habitant à Jérusalem-Est de ceux habitant en Cisjordanie, y compris une réduction des permis de travail;
• une politique d'imposition, de dépenses et de permis de construire discriminatoires par la municipalité de Jérusalem
2. Le plan pour l'expansion de la colonie de Ma'aleh Adumim dans le prétendu secteur "E1", à l'est de Jérusalem, menace d'achever l'encerclement de la ville par des colonies Juives, divisant la Cisjordanie en deux secteurs géographiques séparés.
La prolongation proposée de la barrière de Jérusalem-Est pour former une bulle autour de la colonie de Ma'aleh Adumim aurait le même effet. 2004 a vu presque tripler le nombre de démolitions de bâtiments palestiniens à Jérusalem-Est.
On s'attend à un nombre semblable de démolitions en 2005.
La publication d'ordres de démolition contre 88 maisons dans le quartier Silwan a attiré beaucoup d'attention en juin.
3. Quand la barrière sera terminée, Israël contrôlera l'accès à Jérusalem-Est, la coupant de ses villes satellites palestiniennes que sont Bethlehem et Ramallah, et du reste de la Cisjordanie. Ceci aura des conséquences économiques, sociales et humanitaires graves pour les Palestiniens.
En appliquant rigoureusement des politiques sur la résidence et le statut d'identité, Israël pourra finalement achever l'isolement de Jérusalem-Est - le centre politique, social, commercial et d'infrastructure de la vie palestinienne.
4. Les actions d'Israël à Jérusalem sont en violation de ses engagements envers la Feuille de Route et du droit international. Nous et d'autres parmi la communauté internationale avons été clairs sur nos inquiétudes à de
nombreuses occasions, avec des effets variables.
Les Palestiniens, sans exception, sont profondément alarmés au sujet de Jérusalem Est. Ils craignent qu'Israël "partent avec", sous la couverture du désengagement.
Les actions israéliennes risquent également de radicaliser la population palestinienne jusqu'ici relativement tranquille à Jérusalem Est.
Des déclarations claires de la part de l'Union Européenne et du Quartet pour que Jérusalem reste une question à négocier entre les deux parties, et qu'Israël devrait renoncer aux mesures destinées à anticiper ces négociations, seraient opportunes. Nous devrions également soutenir des activités culturelles, politiques et économiques palestiniennes à Jérusalem Est.

 Ce rapport, entériné par les consuls généraux de l’UE, a reçu une diffusion mais n’a jamais été publié ni adopté, pour ne pas gêner les élections et le processus de paix…Quel hypocrisie !

Le concept de processus, en lui même, signifie qu’Israël par son attitude ne veut pas réellement la Paix mais utiliser ce procédé pour sans cesse rééchelonner les accords.

 Et l’UE, les pays occidentaux en général, culpabilisés par leur sentiment de responsabilité à l’égard de la Shoah qui s’est déroulée en Europe pendant la seconde guerre mondiale, n’osent pas, ne veulent pas dire le respect du droit international, des conventions, des résolutions de l’ONU à Israël, craignant d’être accusés d’antisémitisme par un pays qui a une conduite, à bien des égards, d’épuration ethnique.

Ils disposent pourtant de tous les moyens pour obliger Israël à mettre en œuvre et respecter les accords. Il y manque la volonté politique.

 

Allain Graux
 le 27-06-08

REF :

*- voir le rappel historique de la colonisation et ses conséquences – Allain Graux – http:

*- selon le témoignage d’un fonctionnaire de l’UE qui est resté en poste 3 ans à Jérusalem Est

* -L'UNWRA SALUE UNE DONATION DE 76 MILLIONS DE DOLLARS DE L'UNION EUROPÉENNE
New York, Mar  1 2006  5:00PM

L'agence des Nations Unies pour les réfugiés palestiniens a salué aujourd'hui la donation annoncée par l'Union européenne à ses activités dans le domaine de l'éducation, de la santé, et de l'assistance humanitaire, d'un montant de 76 millions de dollars.
Cette contribution permettra à l'Office de secours et de travaux des Nations Unies pour les réfugiés de Palestine dans le Proche-Orient (<"http://www.un.org/unrwa/index.html">UNWRA de poursuivre sans interruption ses opérations humanitaires d'urgence auprès des réfugiés palestiniens, a déclaré Karen Koning AbuZayd, directrice de l'agence, dans un <" http://www.un.org/unrwa/news/releases/pr-2006/hqg03-06.pdf ">communiqué publié hier à Gaza.
L'UNWRA est présente dans cinq zones d'opération : Bande de Gaza et Cisjordanie, Jordanie, Liban et Syrie.
Selon l'agence des Nations Unies, les contributions de l'Union européenne se sont élevées l'année dernière à 75,5 millions de dollars.

* La feuille de route : http://www.ism-france.org/news/article.php?id=303&type=analyse&lesujet=Initiatives%20de%20Paix

* Rapport de l’UE sur Jéruslem-Est :http://www.ism-france.org/news/article.php?id=3985&type=analyse&lesujet=Rapports

 

 


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