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reportages

Vendredi 21 novembre 2008

La situation politique à Madagascar vue par un opposant au régime du Président Ravalomanana

 

Selon  Maurice BERANTO, dirigeant du FIDEM (Rassemblement des démocrates de Madagascar)

Maurice Beranto est un architecte qui partage son activité professionnelle entre sa patrie malgache et la France où il a vécu pendant vingt-sept ans. Il est arrivé en France en juin 1968, au lendemain des évènements de mai :

« J’ai vu la ville de Paris bitumer les rues pavées du quartier latin et constaté que les rands bâtiments entourés de cars de police, sur les quais de Seine n’étaient pas un hôtel de police , mais la faculté de Jussieu. »

En 2001/2002, il était présent à Madagascar lors de la grave crise*qui a secoué le pays à l’occasion de l’élection présidentielle. Le président actuel Marc Ravolomanana s’était autoproclamé vainqueur. L’ancien président, Didier Ratsiraka, après des affrontements violents avec les partisans de Ravalomanana a dû quitter le pouvoir et se réfugier en France Le deuxième tour des élections présidentielles n’a jamais eu lieu. Depuis le Président a été réélu en décembre 2006 avec 54,79 % des voix et a conforté un pouvoir qui, à l’image de celui de son prédécesseur, devient de plus en plus personnel et autoritaire. Il a étendu son empire économique et ne tolère aucune opposition organisée, la moindre manifestation est réprimée et plusieurs « meneurs » ont été emprisonnés…

 

AG : Que représentez-vous face au pouvoir du parti présidentiel, le TIM ? Comment espérez-vous contester et vaincre le pouvoir actuel alors que se présentaient 14 candidats aux dernières élections présidentielles. Le second, Jean Lahiniriko, n’a obtenu que 11,65 % des suffrages. L’opposition extrêmement divisée semble incapable de se rassembler.

MB : Tout d’abord, je voudrais dire comme militant politique que le pouvoir de Ravalomanana est le résultat de la faillite des intellectuels et des partis politiques. Il est le fruit d’une véritable régression. Les faits aujourd’hui me confortent dans cette analyse. La majorité des personnalités politiques ont été derrière la majorité présidentielle pour le candidat Ravalomanana pour des raisons d’opportunité diverses mais liées à la carrière et aux rentes de situation. Les partis politiques sont rejetés par l’opinion publique. Or, dans le monde, ce sont des hommes issus des partis qui dirigent. Actuellement, il faut réhabiliter cette mauvaise image des partis politiques.

Pour ma part, avec d’autres, j’essaie de créer un front autour de l’ancien Président de la République Albert Zafy* élu en 1993 et destitué en 96 sous la pression de l’AREMA, le parti de Ratsiraka. En 1989, Albert Zafy fit partie du mouvement de l'opposition des Forces Vives et devint le leader du parti UNDD*. Il tenta de renverser le président  Ratsiraka. En 1993, l'opposition le désigna comme candidat face à Didier Ratsiraka et il a battu ce dernier au deuxième tour avec 53 % des voix.

Candidat en 1982, Il n’avait pas pu se présenter, il fallait être membre du Front National pour la Révolution. Il n’avait pas d’équipe. Déjà les partis étaient très faibles et le seul fait d’être diplômé paraissait suffisant pour se présenter aux suffrages des citoyens. Il se posait aussi la question du financement, souvent parallèle…

Quand Ratsiraka est revenu au pouvoir en 1997*, il soumet au peuple un référendum pour une République humaniste et écologique. Mais ce furent seulement des mots, il livre le pays au libéralisme le plus sauvage.

Après le régime Ratsiraka, puis avec Ravalomanana, le pays est à reconstruire, la République est à refonder. Actuellement, nous constituons une nouvelle équipe pour  rassembler les partis d’opposition, construire une base politique.

AG : L’UNDD est un Front, quelle est votre organisation ?

MB : Je suis membre du FIDEM, le Rassemblement des démocrates de Madagascar qui a pour objectif la République sociale et avec comme pratique l’éducation populaire.

La colonie a voulu détruire le Fokolona, nos communautés populaires de gestion collective et démocratique des villages. Le pouvoir sous Ratsiraka avait mis en place un projet financé par la Banque Mondiale, le programme urbain de lutte contre la pauvreté, qui a consisté à apprendre aux maires les principes de la gestion communale…Cela alors que la démocratie existait dans les Fokolona, c’est quelque chose qui était inhérent, né avec eux, où la pratique était la discussion collective. Les bases de la démocratie existaient dans les communes malgaches, c’est sur ces bases que nous souhaitons nous appuyer pour bâtir un régime démocratique et authentiquement républicain. Il faut retrouver ces valeurs - le teny le rana – la décision collective.

Notre parti, ses principes, occupent une place importante dans l’esprit des gens mais nous n’avons pas d’élus car les élections ne sont pas libres. En décembre 2002, j’étais candidat député à Mahanjaga. Je n’ai pas pu voter le jour du scrutin car on ne m’a pas inscrit sur la liste électorale…

Nous sommes une petite formation,  un parti d’influence sur les actions de groupe, plus que de masse. Nous participons donc à ce mouvement lancé en mars dernier par le Président Zafy. Il n’y a pas que le FIDEM, mais aussi le Leader-Fanilo, le RPSD, le RPSD Vaovao, l’AKFM, « Ny Fihavanantsika », le VVSV, le PSDUM, l’USDUM, l’AREMA, le RDMM, le PDM..., comme il y a des opposants comme le général Ferdinand Razakarimanana ».

Après décembre 2006, depuis les élections présidentielles un grand pas a été fait. En 2003, la seule possibilité était de nous regrouper autour d’un candidat. Depuis nous avons instruit une autre démarche pour réhabiliter la pratique politique.

En mars 2006, vingt-cinq partis ont signé dina politika, un pacte républicain. Tous ont participé à la rédaction de la Charte des Partis signée en Août 2006, de l’extrême gauche à la droite, sur des valeurs républicaines communes. Face à la constitution de ce Front, Ravalomanana a eu peur, il a avancé les élections en décembre 2006 au lieu de mai 2007. Il nous a pris de vitesse alors que nous tentions un regroupement des sensibilités de la Gauche malgache. Notre but était de présenter un candidat unique, mais ils ont tous été candidats…sur les 14 prétendants, onze étaient pourtant signataires de la Charte !

Notre parti regroupe entre autres, des médecins, des ingénieurs, des intellectuels et cadres. Le Front de la gauche est encore informel, il regroupe six à sept formations avec des personnalités indépendantes.

C’est un problème car Ravalo s’appuie sur cette dispersion de personnalités …qu’il finance ! Ou sur lesquels s’abat la répression s’ils n’acceptent pas d’être corrompu. Cependant, il ne faut pas oublier que ce sont les dirigeants précédents qui ont tué la démocratie à Madagascar et que nous n’arrivons plus à sortir de ce système de pouvoir autoritaire et corrompu jusqu’à l’outrance.

Il n’est pas prévu d’élections avant 2011, mais je suis convaincu que le mandat du président n’ira pas à son terme.

AG : Qu’envisagez-vous comme action pour renverser le pouvoir actuel ?

MB : Nous voulons préparer l’alternative pour être prêts le moment venu, car toutes les conditions sont réunies pour une révolte populaire. Il existe un fort mécontentement général et le fossé existe toujours entre les « côtiers » et  ceux des « Hautes Terres »*. Trois côtiers seulement sont présents au gouvernement sur vingt-deux ministres.

Il n’est que de lire les journaux : la Tribune, l’Express, la Gazette, la Vérité, pour constater ce profond mécontentement face à Ravalomanana. Il apparaît de plus en plus comme un « danseur du ventre », un illusionniste qui a endormi tout le monde, même Koffy Annam !

L’opposition se rassemble, elle n’est plus aussi dispersée et nous voulons créer une plateforme, un programme commun.

AG : Que pensez-vous du maire de Tana, Andry Nirina RAJOELINA, qui est présenté comme une solution possible pour battre le président ?

MB : Il est le dirigeant d’une entreprise de Télécom et il n’a aucun profil politique. Les gens croient que le scénario de 2001 avec Ravalomanana peut se renouveler. Je ne pense pas que ce soit possible.

Zafy bien qu’il se soit dégagé de la politique, car il est âgé de 82 ans, il représente un point d’ancrage, un fédérateur. Il avait lancé un appel au rassemblement autour du CRN en mars 2008.*

La plateforme élaborée en juillet 2007 a été incluse dans cet appel du Président Zafy.

Cependant nous manquons de moyens d’expression pour développer nos idées et notre action, les réunions politiques sont interdites et le pouvoir exerce des pressions sur les gens pour empêcher toute contestation. Nous devons affronter la corruption et la répression.

Par exemple, certains journaux critiques comme « La Gazette » sont interdits dans les avions d’Air Madagascar. Néanmoins nous menons des actions d’harcèlement dans toutes les villes ; nous avons tissé des réseaux dans 37 d’entre elles.

AG : Je sais que l’essentiel de l’action politique a lieu dans les centres urbains, et principalement dans la capitale où Ravalomanana a fait l’essentiel de son score, plus de 75 %des voix. En dehors de Tana, il n’est majoritaire que dans le district de Majunga, mais qu’en est-il dans les campagnes ? Les paysans représentent encore 80 % de la population malgache.

MB : Nous intervenons dans les campagnes à travers des associations dont une se trouve à l’est de Tana. Le pouvoir a crée une association qui veut régenter les campagnes. Les paysans sont venus nous voir. Ils ont créé une organisation de résistance au pouvoir : Tan Lavatna Anryna (Une région qui est loin du roi). Même à Tana, il y a des « régions loin du roi » : ce sont les quartiers populaires complètement délaissés.

Madagascar est un pays riche de ses ressources, mais qui est très pauvre. Les contrats passés avec les multinationales sont opaques. Elles bénéficient de passe-droits, ont leurs entrées par une porte spéciale pour bénéficier de services dont ne disposent pas les nationaux.

Air Madagascar et la JIRAMA (Eaux et Electricité) ont été donné a à des sociétés  allemandes déficitaires pour une poignée de Francs malgaches. Alors que le SMIG est à 60 000Ar  (26 €/mois).

Le développement n’est pas au service du peuple qui ne jouit pas de la satisfaction de ses besoins fondamentaux.

Les richesses minières de Madagascar encore largement inexploitées sont livrées au pillage de groupes étrangers, notamment canadien. Nous produisons 4 tonnes de saphir, de l’or, des pierres précieuses. A Fort- Dauphin, il a fallu dix-sept ans pour que le projet d’extraction de l’Ilménite* démarre, avec le groupe canadien Rio Tinto. Jusqu’à maintenant ils n’ont rien produit.

L’école publique est désertée. Les élèves s’y entassent souvent à 120 par classe, pour un instituteur du primaire*. Les enseignants sont insuffisamment payés, ils touchent à peine le SMIG. Ce sont les parents qui se cotisent pour les rétribuer s’ils veulent que les maîtres restent à l’école au lieu de chercher un boulot compensatoire. Cela contribue à encourager la prolifération d’écoles privées qui ne sont pas toutes confessionnelles.

En ce qui concerne la formation des élites, toutes les disciplines existent à Mada mais de valeur inégale. L’inexploitation des talents a conduit à une moins bonne formation.

Pour accéder aux hôpitaux publics, il faut payer comme sous le régime de Ratsiraka. Les soins ont été gratuits jusqu’en 1980, avant le tournant libéral. Les Réunionnais venaient se faire soigner à Mada. La bascule a eu lieu cinq ans après 1972. Les médecins pour vivre décemment doivent exercer deux, voire trois boulots.

AG : une question importante concerne la paysannerie malgache et l’environnement du pays : c’est la culture sur brûlis qui conduit à la déforestation.

MB : Sur cette question, il  y a une avancée*. C’est financé par la communauté internationale et ça fonctionne. Mais il ne suffit pas d’interdire, il faut donner une alternative aux cultures sur brûlis. C’est encouragé par le pouvoir  parce que cela amène des sous, des investissements américains notamment.

 Nous avons des problèmes avec la question de la propriété des terres et du foncier. Au tribunal, 70 % des litiges concernent le foncier. Les propriétés individuelles ancestrales ainsi que les propriétés communales ne sont pas répertoriées. Pour les paysans, la terre appartient à ceux qui y vivent depuis la nuit des temps et la travaillent ; c’est le Tanin-drazana, la terre des ancêtres.

AG : Nous avons constaté que les conditions de logement et d’hygiène étaient déplorables dans les quartiers populaires de Tana. On voit des chantiers de grande construction, les hôtels pour accueillir les réunions internationales, construits par les chinois, pour la conférence de l’OEA en 2009.  Est-ce qu’il y a des logements sociaux, des HLM malgaches ?

MB : Les derniers logements sociaux construits datent de l’avant 71, comme la cité des 67 ha dans le quartier du COUM.

Il faudra au moins cinq ans pour changer réellement les choses dans ce pays.

 

Propos recueillis par Allain Louis Graux, (journaliste, « Les Pays des mille et une nuits » – agence Orient-presse)

Le 30 sept. 2008 à Antananarivo.

 

 

*Albert Zafy (1927- ) a été président de la République de Madagascar de 1993 à 1996.Né à Ambilobe, dans l'ex-province de Diégo Suarez, il est professeur en Médecine (cardiologue). Il a été Ministre dans le Gouvernement du Général Gabriel Ramanantsoa. Elu en 1993, Zafy n'a pas supporté les critiques de l'opposition et décida que le Premier ministre ne sera plus élu par l'Assemblée nationale mais nommé par le président en personne. Il nomma donc le président de la Haute Cour Constitutionnelle (HCC) Norbert Ratsirahonana Premier ministre (5 juin 1996). Il perdit sa popularité et fut destitué par l'Assemblée nationale le 5 septembre 1996[1]. Il a été battu par Didier Ratsiraka lors de l'élection présidentielle du 31 janvier 1997. Il termine troisième lors de l'élection présidentielle du 16 décembre 2001 que Marc Ravalomanana remporta au final. Et devient depuis un des chefs les plus virulents de l'opposition malgache avec son mouvement le CRN (Comité de réconciliation nationale).

 

*Ratsiraka, en tête des 15 candidats, est élu en novembre 1996 avec 50.7 % des voix. Il est dénoncé pour irrégularité par Albert Zaffy, mais prend le pouvoir en février 97.

Entre 97 et 2001, il suit les recommandations de réformes « d’ajustements structurels » du FMI et de la Banque  Mondiale, comme de rendre payants les soins hospitaliers et l’école et il se lance dans la privatisation des entreprises, rompant avec ses idéaux socialistes qui avaient présidé à ses mandats précédents de 1975 à 1991. Mais il ne suffit pas de privatiser pour sortir du sous-développement. La privatisation de la Solima (carburants) débouche sur une augmentation massive su prix des carburants. En fait les projets n’aboutissent pas, restent dans les cartons des ministères et les crédits sont détournés, les aides disparaissent sans que les travaux et les réformes se réalisent, ce qui provoqua la faillite et la chute du régime.

 

*l’UNDD, Union Pour le Développement Démocratique, parti radical de gauche de l’ex-président Albert Zaffy.

 

* Le pouvoir colonial s’était appuyé sur les côtiers pour mâter l’aristocratie de l’ethnie merina dont étaient issus les souverains malgaches qui, avaient conquis et unifié le pays Depuis l’indépendance, le pouvoir politique à Mada se partageait entre les ethnies dites côtières d’origine africaine et celles des Hauts – plateaux d’origine asiatique. Le Président était côtier et le premier ministre des Hauts-plateaux. Ravalomanana a rompu avec cet équilibre ethnique entre les 18 tribus de Madagascar

 

Albert Zafy tente de rassembler l’Opposition /  La Tribune : samedi, 8 mars 2008 / Eugène R.

Dans leurs discours d’ouverture, le Pr Zafy et son lieutenant Dr Emmanuel Rakotovahiny ont persisté et signé que le CRN ne reconnaît pas le régime en place. « Un régime dirigé par un homme qui veut installer une monarchie à Madagascar. », a martelé le Pr Zafy.

L’Alliance impossible

Des dirigeants politiques présents hier ont observé que l’invitation du CRN et de son président Zafy Albert s’inscrit en même temps dans le cadre des tentatives de rassemblement pour une opposition unique face au régime Ravalomanana. Jusqu’à présent, toutes ces tentatives ont échoué. Le CRN a refusé d’adhérer à la plateforme des partis d’opposition mise en place par Roland Ratsiraka, Jean Lahiniriko et Herizo Razafimahaleo après les présidentielles de décembre 2006 car il a boycotté toutes les élections organisées dans le pays depuis l’accession de Ravalomanana au pouvoir. Comment peut-on imaginer une cohabitation entre le Pr Zafy Albert et ses amis qui ne reconnaissent pas jusqu’à présent Ravalomanana comme président de la République d’une part et d’autre part les Marson Evariste, Henri Lecacheur, Pierre Tsiranana, Daniel Ramaromisa... qui étaient à l’époque membres actifs du KMMR (« Komity Manohana an’i Marc Ravalomanana ») ? Et actuellement, des opposants comme Marson Evariste incitent les électeurs à se rendre aux urnes, mais à voter blanc le 16 mars prochain alors que le CRN prône purement et simplement l’abstention. Tout ceci pour faire comprendre qu’une cohabitation ou une alliance s’avère impossible entre certains opposants.

 

* Andry Nirina RAJOELINA

LES résultats des élections municipales du 12 décembre dernier à Antananarivo n’ont pas réellement été une surprise pour les observateurs avertis de la vie politique malgache.
En effet, ils s’inscrivent dans le processus du changement des mentalités et de comportement de la population tananarivienne qui, il a à peine plus de 2 mois, avait exprimé son ras-le-bol de la misère, des pratiques dictatoriales du Parti TIM au pouvoir, des entorses multiples à la démocratie, en s’abstenant en masse de voter aux élections législatives du 27 octobre 2007. Ce jour-là, 75% des électeurs avaient boudé les urnes : du jamais vu lors de tous les scrutins qui ont jalonné l’histoire de la Grande Ile et de sa capitale !
Les résultats du scrutin du 12 décembre sont sans appel.
Nombre d’électeurs inscrits : 620.631
Votants : 273.164
Blancs et nuls : 4.250
Suffrages exprimés : 268.914

 Rakotomalala Rafalimanana Hery (TIM) 87.124 (32,40%)

 Rajoelina Andry Nirina (Independant-Tanora MalagasyVonona) 170.281 (63,32%)

 

Le choix du Président-fondateur du TIM s’est porté sur le Président de la délégation spéciale d’Antananarivo nommé à ce poste il y a 8 mois pour défendre les couleurs du Parti lors des Municipales du 12 décembre. Selon Marc Ravalomanana, le PDS Hery Rafalimanana avait à son actif les rénovations des infrastructures entreprises par le pouvoir central, à Antananarivo, pour la tenue des 7èmes Jeux des Iles de l’Océan Indien.
Malheureusement pour lui, les jets d’eau, les jardins et autres gazons, les nouvelles avenues ouvertes à la circulation n’ont pu occulter l’aggravation des problèmes sociaux affrontés par la majorité des habitants de la capitale : stagnation du niveau de vie, inflation, chômage, délestages quotidiens de jour comme de nuit, alors que dans un discours public, le Président Ravalomanana avait annoncé une augmentation de 15% des factures de la JIRAMA, afin, disait-il, de « supprimer les délestages » etc...
Dès l’ouverture de la campagne électorale, Marc Ravalomanana et son Gouvernement furent sur le pied de guerre face à l’affluence monstre constatée lors du premier meeting public convoqué par le candidat Andry Rajoelina. Des manœuvres en tous genres furent utilisées pour déstabiliser ce candidat dont le succès risquait de déjouer les plans du pouvoir : propos diffamatoires, tripatouillage des listes électorales, interdiction de meeting dans les sites appartenant à la Commune, menaces et provocations, etc...

Témoignages du lundi 17 décembre 2007

 

*L’école : 10 à 110 élèves par  classe en deux session le même jour. J’ai pu voir à Daraina , une école privée financée par les parents où les enfants s’entassaient à 107 dans une paillote sombre, sans éclairage…

NDLA

 

*L’ilménite est un minerai utilisé pour les composants électroniques.

 

Le cobalt de Toamasina.

La structure du projet Ambatovy fait appel à une prouesse technologique de haut niveau.
Le minerai, de la terre contenant près de 1% de nickel et 0,10% de cobalt en moyenne, sera extrait à Ambatovy Moramanga, à 220 kilomètres de Toamasina. Il sera acheminé jusqu'à l'usine de Toamasina par un pipeline long de 220 kilomètres sous forme de pulpe, mélange boueux contenant 40% d'eau. Cette matière semi liquide sera pompée et conduite dans un pipeline depuis la rivière Mangoro, située à 28 kilomètres de la mine.

Les résidus seront ensuite stockés dans un parc géant spécialement aménagé à cet effet.
Ce parc a une taille capable de contenir les 125 millions de tonnes de terre en provenance de la mine pendant 30 années, la durée prévue du projet. 60 000 tonnes de nickel et 5 600 tonnes de cobalt devront ensuite être exportées à partir du port de Toamasina.

Actuellement, près de 8 000 ouvriers sont enregistrés dont environ 600 expatriés.

La grande majorité de ces personnes travaillent pour les dizaines de grandes entreprises chargées de construire les différentes infrastructures. Mais cet effectif de la main-d'oeuvre pourra doubler dans les mois à venir et atteindre le pic de 20 000 personnes. L'arrivée prochaine de 5 000 ouvriers étrangers constitue un des moments importants du projet.

(selon l’Express de Madagascar)

 

Dynatec, une société américano-canadienne et Somotimo-corporation, une société de courtage japonaise, prévoient d’exploiter ces mineras pendant 27 ans. Ce site recèle 30 ans des besoins mondiaux en nickel, 5 % des réserves mondiales et 10% des réserves mondiales en cobalt. Une dizaine d’autres minerais sont présents sur le site, du zinc et du cuivre, dont la production est estimée de 1 à 2 tonnes /jour.

Lors des réunions avec la population concernée, une question revenait sans cesse : l’exposition permanente au nickel et au cobalt est-elle dangereuse pour la santé ?

Les investisseurs ont affirmé que non, pourtant la directive de l’OMS sur le nickel est provisoire en l’absence d’informations sur sa nocivité. Ils affirment aussi que l’impact sur les nappes phréatiques, les rivières et les sources seront peu importants, et que les zones d’exploitation seront reboisées au fur et à mesure. Ce produit présent dans l’air ambiant est cancérigène en milieu professionnel et les environnementalistes estiment que le nickel assèche le sol. Les paysans malgaches en craignent les effets après 27 ans d’exploitation…

Quand on constate comme je l’ai vu, l’énormité des excavations pour installer le pipe-line qui transportera les boues, la déforestation, la défiguration de la nature, on reste perplexe sur c les bonnes intentions exprimées par les exploitants…

Allain Graux

 

Ressources pétrolières et minières à Madagascar

Les réserves pétrolières en offshore de Madagascar se trouvent dans les bassins de Mahajanga et de Morondava la ou 90% des efforts de pêche crevettière se concentrent. L’exploitation pétrolière aura des impacts environnementaux sur cette zone et des conflits entre la filière crevettière et le secteur pétrolier, pourraient en résulter. Jusqu à preuve du contraire, les crevettes font partie des premiers produits d exportation du pays. Qits minerals madagascar (QMM) dans l’exploitation de l’Ilménite à Tolagnaro, de la société d’état KRAOMA pour le chrome, de sheritt-DYNATEC dans l’extraction de cobalt et de nickel, Madagascar oil et EXXON mobil concernant l’exploitation pétrolière.

Les pollutions des eaux, les stockages des produits dangereux, la pollution de l’air sont les principales menaces que peuvent représenter ces activités. L’Etat malagasy ne dispose pas actuellement des capacités suffisantes pour effectuer toutes les contrôles de pollution nécessaires.

(Pakysse)


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Lundi 25 juin 2007
LA TURQUIE et l’UNION EUROPEENNE


ATATURK.jpg

 

                                                                                              ATATURK

La Turquie revient à la une de l’actualité au moment où la question de l’union politique européenne est relancée par l’élection présidentielle française. La volonté de la chancelière allemande d’obtenir une unité que certains Etats refusent toujours n’est pas étrangère aux questions que posent l’adhésion de ce pays. Elle ajoute une divergence supplémentaire à toutes celles qui sont en débat entre les 27 pays membres.
La Turquie dont le modèle républicain et laïc, imposé par Atatürk est directement inspiré de la révolution jacobine française, doit-elle élire son président au suffrage universel direct. Comme en France ! En dehors de l’aspect concernant l’évolution des institutions, régime parlementaire ou présidentiel, ce qui est en jeu c’est quelle sera l’orientation d’une Turquie dirigée par Recep Tayyip Erdogan, premier ministre d’un parti musulman qui veut faire élire président Abdullah Gül, un intégriste issu de ses rangs. Or si la population turque est musulmane à 95 %, elle n’est pas pour autant islamiste et encore moins intégriste : 80 % des Turcs rêvent de la liberté à l’européenne, pour des raisons différentes, voire opposées, entre Kurdes, laïcs, milieu des affaires, ou paysans misérables d’Anatolie. Même les Islamistes sont pro-européens. L’armée garante de la révolution kémaliste qui a brisé les archaïsmes religieux a fait invalider l’élection à la présidence du candidat islamiste par un parlement majoritairement AKP1.
Les laïcs, opposition minoritaire et disparate2, emmenée par le Parti Républicain du Peuple, ont manifesté dans la rue pour garder les valeurs républicaines, mais par ailleurs ils s’opposent aux généraux dont ils jugent l’influence incompatible avec une évolution démocratique du pays.
Les exigences de Bruxelles ont représenté un levier sans pareil pour mettre en oeuvre des réformes qui ont changé 40 % de la Constitution de 1982 issue du coup d’Etat militaire de 1980. Cependant il n’y a pas eu de coupure avec le rôle décisif qu’exercent encore les généraux au travers du Conseil National de Sécurité3. Ce qui est essentiel pour les démocrates laïcs et aussi pour les islamistes. Nombre de réformes votées sont peu appliquées dans la réalité :
-         comme le respect des droits des femmes toujours victimes de violences conjugales ;
-         comme le respect des droits de s’éduquer ou d’être informé dans leur langue par les Kurdes.
L’article 302 du code pénal sur la diffamation en public de l’identité turque ou 305 sur la protection des valeurs de l’Etat permettent des interprétations qui n’ont que de lointains rapports avec l’exercice de la liberté d’expression.
C’est toute l’ambiguïté de la Turquie : pont entre l’Orient et l’Occident, entre les cultures, où se mélangent les peuples et les influences modernes ou traditionalistes, à cheval sur l’Europe et l’Asie, entre autoritarisme et démocratie. la Turquie est à l’image de ces deux visages, le musulman conservateur avec ses minarets et ses femmes voilées, et son volet moderne à l’occidental, vêtures et belles voitures, les souks et les quartiers d’affaires d’Istanbul où s’élèvent les gratte-ciels des sociétés multinationales.
Pourquoi entrer dans l’Union européenne ?
Les élites turques se sentent de longue date pleinement européennes. Mustapha Kemal disait :
« la civilisation, c’est l’Occident, le monde moderne dont la Turquie doit faire partie si elle veut survivre. »
Dès 1963 De Gaulle et Adenauer saluaient la vocation européenne d’une Turquie que l’on qualifiait en 1920 d’homme malade de l’Europe...
Pour la Turquie progressiste, L’UE représente un avenir, une garantie de l’évolution démocratique du pays. Les laïcs démocrates ont conscience que l’islamisation provoquerait un rejet définitif des opinions européennes à l’égard de l’adhésion de la Turquie.
Le parti au pouvoir qui se présente comme modéré, s’il ne peut pas faire appliquer la Charia et a du renoncer a criminaliser l’adultère, s’attaque néanmoins aux signes laïcs, s’essayant à leur remise en cause par les pressions exercées. Le gouvernement a réussi par exemple, paradoxalement en utilisant la réglementation européenne sur l’hygiène, à interdire presque totalement l’élevage des porcs et leur commercialisation.
La crise institutionnelle turque s’inscrit en contrepoint de la crise institutionnelle européenne :
- l’Europe. est-elle une simple zone de libre échange comme le souhaite le Royaume-Uni, la Pologne?
- ou l’UE. doit-elle se doter d’institutions politiques pour devenir un super Etat fédéral, ou une confédération d’Etats ?
Selon l’orientation choisie, on peut donner une réponse à la question de l’adhésion de la Turquie à l’UE. S’il s’agit d’une simple zone économique, inutile de poursuivre sur le chemin de l’adhésion inauguré par l’accord d’association du 12 septembre1963, poursuivi par l’Union douanière entrée en vigueur le 1.01.96, le Partenariat pour l’adhésion conclu en 2000 sous la présidence française, révisé en 2003, conforté par la clause de Rendez-vous de 2004.
Pour les Turcs c’est le choix entre la démocratie libérale à l’occidentale ou la tentation islamiste, le rejet vers un Moyen-Orient au coeur des conflits qui agitent le monde : la Palestine, l’Irak, la Syrie, l’Iran, dont la question kurde est un élément. Etre rejetés, c’est aussi se confronter avec la Russie, pour l’influence sur les républiques turcomènes de l’Asie central soviétique.
Pour l’UE, intégrer la Turquie c’est aussi intégrer toutes ces questions. Mais c’est également en favorisant l’évolution démocratique de ce pays, l’arrimer à l’Occident et jouer un rôle éminent, plus important dans l’apaisement de ces conflits qui de toutes façons concernent son Sud méditerranéen.
La Turquie, ce serait aussi le pays le plus peuplé de l’UE avec 86 millions d’habitants en 2020, donc un poids majeur au parlement européen, d’une nation ...musulmane. Ce que les laudateurs des « racines chrétiennes » de l’Europe ne sont pas près d’accepter.
Ce sera aussi une lourde facture à payer, en plus de celle des pays de l’Est, elle pourrait s’élever à 28 milliards d’euros par an en 2025.
L’armée perdra irrémédiablement son pouvoir en cas d’adhésion à l’UE. Elle n’y est donc pas très favorable et bloque en particulier le règlement de la question de Chypre et de son occupation illégale qui est une autre condition de l’adhésion.
Les islamistes ont intérêt à l’adhésion car elle ferait sauter le verrou militaire qui à leurs yeux les empêche d’étendre leur influence religieuse et politique, un intérêt commun avec les laïcs, mais pour des raisons diamétralement opposées...
Quelque soit le choix des citoyens et des Etats de l’UE, l’entrée de la Turquie n’est pas pour demain, elle se profile à l’horizon de 2020. Mais l’Union a en mains les meilleures raisons de favoriser tous les rapprochements possibles et prévenir le « choc des civilisations entre Islam et Occident ».

 

1AKP : Parti de la Justice et du développement (islamiste)
2Nota : Si les élections législatives de 2002 ont donné la majorité absolue à l’AKP avec
364 sièges sur 550 grâce au scrutin uninominal à un tour, ce parti n’a cependant recueilli
que 34,2 %. Le seul autre parti a réussi à franchir le seuil minimum de 10 % pour être
représenté au parlement est le CHP ( Parti Républicain du Peuple) avec 19 % des voix.
C’est le parti d’Atatürk, laïc et affilié à l’internationale socialiste).
3Le conseil national de Sécurité (MGK) : le vrai pouvoir politique en Turquie est entre les
mains du MGK et dans son secrétariat qui regroupe le président de la République, le
 
Premier ministre et les ministres de la défense, de l’intérieur, de la Justice, les chefs des
trois armées, ainsi que le chef de l’Etat-major.
·          ALTERNANCE : depuis 25 ans, le gouvernement sortant n’a jamais gagné
·          une élection, faisant de l’instabilité gouvernementale la véritable faiblesse de ce
·          pays et la marque de la profonde insatisfaction d’électeurs (majoritaire
·          ment conservateurs) face à la médiocrité de l’offre politique de partis corsetés
·          par l’armée. Qu’en sera-t-il cette fois-ci ?
·          Au cas ou l’AKP s’emparerait de la présidence, le risque d’un coup
·          d’Etat militaire est réel. La seule réponse possible, c’est l’Union de
·          l’opposition autour du Parti Républicain du Peuple.

 

TURQUIE
Un Etat laïc pour un pays musulman !!
Lors d’un voyage à Istanbul fin décembre 2001, j’avais rencontré Erol OSKORAY, directeur de la revue IDEA POLITIKA et conseiller du président du Parti Républicain du Peuple. Depuis, la revue d’Erol qui était déjà sous le coup de diverses inculpations qui pouvaient l’envoyer pour douze ans en prison, a été interdite...
Certains propos qu’il m’avait confié sont toujours d’actualité.
  interview-Erol-Oskoray-par-allain-GRAUX.JPG

(Mille et une Nuits
Erol OSKORAY : En Europe il y a deux pays qui sont laïcs : la France et la Turquie. Ces deux valeurs sont les plus fortes de notre système politique. En Turquie malheureusement cette République laïque, au lieu de devenir démocratique, est devenue autoritaire. Les institutions républicaines sont sous le contrôle de l’armée.
 
1001 Nuits : L’invention d’Ataturk pour imposer la République laïque?
E.O. Non ! On appelle le Kémalisme, selon Duverger :despotisme éclairé. Son but a toujours été de faire progresser le régime vers la démocratie. La Turquie est passé au pluralisme seulement en 1950, mais comme elle était le front avancé contre le bolchevisme, le système est resté sous contrôle américain. Durant la première guerre mondiale l’Occident voulait nous diviser, nous rejeter du continent. Il s’en est suivi une sorte de paranoïa avec des peurs qui se sont accumulées. Ce sentiment de crainte explique le problème des relations avec l’Europe. La Turquie a connu trois putsch, en 60, 71 et 1980. les militaires ont quitté le pouvoir mais ils ont établi la base de ce système qui repose sur leur contrôle de la constitution de 1982 par le biais du conseil national de sécurité.
1001 Nuits N’est- ce- pas ce système de pouvoir contrôlé par les militaires qui constitue un blocage pour permettre l’entrée de la Turquie dans l’Union européenne ?
E.O.  L’UE a demandé la liquidation totale du CNS ou qu’il devienne une sorte d’institution de conseil qui ne disposerait pas du pouvoir politique. A mon avis, tous les mois, c’est un coup d’Etat à l’encontre des mœurs démocratiques et parlementaires. Nous attendons tout de cette dynamique externe que représente l’UE
 
1001 Nuits Avez-vous néanmoins un espoir que ce problème se résolve rapidement ?  
E.O.
Oui, parce que le peuple turc connaît les rouages de la démocratie, il connaît ses droits de citoyen dans la République, la laïcité est dans ses mœurs. Il y a des élections. Ce sont des choses nécessaires à l’exercice de la démocratie, mais pas suffisantes. Il y a tellement de blocages dans les superstructures de l’Etat que cette volonté de changement n’arrive pas à s’exprimer de manière positive pour et par le peuple.
 
1001 Nuits : Est-ce que les Turcs sont pour autant majoritairement favorables à cette entrée en Europe ?
E.O.Actuellement parmi les pays candidats à l’entrée dans l’U.E., la Turquie détient le plus fort pourcentage de personnes favorables avec 85%
 
1001 Nuits : Est-ce que cela s’exprime par une volonté populaire de changement démocratique ?
E.O Les Turcs sont à la recherche de nouveaux partis politiques, de nouveaux leaders, d’une nouvelle équipe pour amener ce pays au niveau européen. Pour en revenir à cette volonté populaire qui n’est pas reflétée par des partis politiques, c’est que d’un côté il y a des politiciens, de l’autre l’armée, en troisième des hommes d’affaires, tous plus ou moins corrompus, qui traitent avec les élites oligarchiques de l’Etat. 
-           
-          1001 Nuits : Un directeur de magasin m’a déclaré qu’il n’y avait pas de problème kurde est-il vrai ?!.
-          E.O Il y a un problème kurde. Les Turcs ont accepté, dans le cadre du protocole d’adhésion à l’U.E.,le droit à l’utilisation de leur culture, à l’enseignement de leur langue, tous ces droits pour une minorité que l’on ne veut pas reconnaître mais qui est une composante de l’unité nationale.
 
-          1001 NuitsEst-ce réellement la volonté des Etats-Unis de pousser la Turquie dans les bras de l’Europe 
-          EO : Les Etats-unis veulent que la Turquie rentre dans l’Union Européenne, c’était la politique de Clinton. Après la crise du Kosovo, l’Europe a constaté qu’elle devait compter avec la Turquie, force importante, majeure pour la politique dans les Balkans. La politique de Bush est celle que vous avez décrite, mais d’un autre côté il a aussi la volonté que la Turquie soit en Europe en restant une amie fidèle. La Turquie, parce que son influence s’étend effectivement jusqu’aux frontières de la Chine, peut avoir un rôle auprès de ses frères turcophones.
 
1001 Nuits : Il faut aussi convaincre les Européens ? 
E.O En ce qui concerne les droits de l’homme, la liberté de la presse, de l’opinion, les problèmes existent. On ne vous tue pas mais vous avez des procès. Cependant après le 11 septembre, les gens ont constaté qu’il y avait un pays musulman qui était aussi républicain et laïc. C’est le seul exemple. Toutes les religions ont les mêmes droits. Dans les quartiers vous pouvez voir ensemble, l’église, la synagogue et la mosquée.
 
1001 Nuit : Et la question de l’Arménie, le problème arménien !
E.O : Il faut le reconnaître comme vous reconnaissez aujourd’hui la torture et les exactions en Algérie. Cela va se régler. Mais la Turquie ne peut pas accepter le terme de génocide. On peut trouver une solution dans la reconnaissance des faits réels. Je ferai une critique à l’UE qui bombarde la Turquie de ces dossiers à résoudre. Les réactions ont été : « pourquoi ils demandent ça, ils nous veulent du mal ! »
 
Propos recueillis par Allain GRAUX 
 
Le 11 décembre 2001, Erol ozkoray , après la victoire de l’AKP aux élections, écrivait un article dans Libération dont vous trouverez ces extraits ci-dessous qui illustrent assez bien notre éclairage sur la question de la Turquie et de l’Europe :
 
« ...il s’agit des loups déguisés en agneaux ayant un but suprême et dissimulé, un vieux rêve de trente ans : celui de passer à une république islamique, sans oublier par ailleurs qu’il s’agit là des ennemis jurés de l’Occident et du monde chrétien.
...leur qualification d’islamistes modérés et de démocrates islamistes. erreur majeure, car dans une république laïque, il n’y a pas de place pour un islam politisé qui affrontera tôt ou tard les institutions laïques de l’Etat...
Les islamistes en Turquie appliquent la takiye, la dissimulation pour réaliser leur dessein politique machiavélique et suivent à la lettre la stratégie du FIS algérien : conquérir les mosquées, gagner les mairies et remporter les élections.
...le gouvernement islamiste est-il légitime ? La réponse est négative...Primo, la philosophie politique de ce parti est en contradiction totale avec les valeurs fondatrices de la République turque , la laïcité et le kémalisme...Secundo les islamistes représentent seulement 34 % de l’électorat... Tertio, leurs valeurs ne sont pas les mêmes que celles de la société turque dans son immense majorité.
..Pour défendre efficacement la laïcité, il faut une vraie démocratie. Ce manque amènera très rapidement les militaires turcs à entamer le bras de fer avec les islamistes.
..les islamistes en quête de légitimation, hypocritement et sournoisement, jouent à fond la carte européenne...L’union européenne doit-elle se laisser utiliser par ces islamistes internationaux....
Cette Turquie-là, autoritaire, oligarchique et maintenant islamiste, ne mérite pas d’obtenir une date d’ouverture des négociations...en revanche ...dès qu’elle remplira les critères démocratiques de Copenhague, elle rejoindra un jour l’UE.

 

) :Quelle est la situation politique de votre pays ?
Par allain GRAUX
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