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SORTIR DE L’EURO ?

 

A lire les déclarations de Marine Le Pen lors de la conférence de presse donnée le 8 avril par le FN pour présenter son nouveau programme économique, on pourrait se demander s’il n’a pas adopté les thèmes programmatiques du Parti de Gauche, ou certains aspects des thèses défendues par les courants altermondialistes :

-          Protectionnisme, réindustrialisation, simplification fiscale.

-          La sortie de l’Euro constitue sa grande orientation nationale avec la préférence tout aussi nationale.

Parlons-en ! Pour éviter toute confusion à ce sujet.

Les faillites par endettement excessif de certains pays de l’Union européenne: Irlande, Grèce, Portugal, Espagne, ne sont pas les responsables de la crise mondiale, pas plus que l’Euro. C’est la crise mondiale qui est la cause de la crise de l’Euro.

Ce sont les spéculations du capitalisme financier qui ont provoqué une crise des finances publiques. Les dirigeants libéraux et socio-libéraux  des pays de l’UE, au lieu de se servir de l’Europe pour la protéger imposent une politique d’austérité, non sur les profits et dividendes, mais sur les salaires, allant jusqu’à vouloir institutionnaliser les plans d’ajustement structurel comme le FMI, par une rigueur budgétaire rendue obligatoire.

Si la circulation des capitaux reste libre, sortir de l’Euro ne règlera pas la question de la dérèglementation financière. Le FN ne remet pas en cause le marché et la libre circulation des capitaux, il propose juste un contrôle « temporaire » des changes! Or, s’il fallait en revenir au Franc, il y a une nécessité absolue de l’assortir d’un contrôle strict des mouvements de capitaux.

Nous ne devons pas nous laisser piéger par le tout ou rien des libéraux, camp auquel appartient Madame la fille Le Pen. Car le dilemme n’est pas entre sortir de l’Euro, voire de l’Europe, ou tout accepter : la politique de la Commission et les traités.

Il y a une autre solution et c’est celle que nous proposons et que nous appliquerons si le Front de Gauche vient à la direction du gouvernement de la France :

Cette solution, c’est la sortie du Traité de Lisbonne.

Rien n’oblige la France à respecter des dispositions de ce traité qui seraient contraire aux mesures prises par un gouvernement en rupture avec les orientations libérales de l’actuelle Commission européenne. Ce que Mme Thatcher fit en son temps, un gouvernement français qui en a la volonté peut aussi le faire. Mais il serait préférable de sortir de l’Euro plutôt que subir le diktat des marché. Ce qui n’est pas le cas du Front national, ni de l’UMP d’ailleurs, ni du PS non plus, ni d’Europe écologie…

Dans son discours, remarquable de simplicité faussement naïve, le FN développe l’argument selon lequel avec le retour au Franc, la France ne serait plus soumise aux injonctions de la Banque Centrale Européenne ; une politique nationale permettrait de disposer de marges nationales et de mener une politique nationale. Avec le FN, tout est national et même très nationaliste. Mais le rôle de la BCE n’est pas de créer de la monnaie, c’est votre banquier qui crée la monnaie, par un simple jeu d’écriture : 95 % de la monnaie qui circule émane des banques privées. La BCE ne crée aucune monnaie en dehors des pièces et des billets, elle prête aux banques. On peut et on doit donc créer un pôle public bancaire unique qui pourrait financer, sous conditions, les petites et moyennes entreprises, les commerçants et les artisans qui sont actuellement étranglés par les banquiers. Le FN propose aussi un pôle financier, mais à partir d’une fausse analyse économique.

Ce qu’il faut imposer, c’est la SOUVERAINETE POPULAIRE et non la souveraineté nationale, c’est-à-dire une politique où le peuple intervient dans le contrôle de la monnaie.

Le retour au Franc sans contrôle des changes serait le soumettre à la spéculation et aux dévaluations qui ne sont compétitives que pour les marchés, le peuple en subissant toujours les effets inflationnistes, les retours programmés à la rigueur et à de nouvelles dévaluations, aux guerres économiques et financières entre les pays qui seront toujours en compétition

(Autre acceptation du FN), au lieu d’organiser la coopération et la réglementation.

On doit donc sortir du carcan libéral d’une politique monétaire inadaptée à un pays particulier, sans sortir de l’UE ou de l’Euro, en faisant jouer son rôle à la Banque de France.

 

Restaurer le projet d’une Union européenne des peuples souverains et solidaires ;  œuvrer à une transformation de l’UE, non à sa destruction.

L’identité nationale du peuple français ne repose pas sur la monnaie, mais à des valeurs d’émancipation et de progrès social.

Le Parti de Gauche propose de bonnes et vraies solutions qui vont dans ce sens.

-    Un contrôle strict des mouvements de capitaux sur les placements financiers par la taxation des transactions (Taxe Tobbin).

-          L’interdiction des instruments financiers de type spéculatif ; (genre subprime, LBO, etc…)

-          La bonification des taux d’intérêt financés par les collectivités publiques pour soutenir les investissements.

Pour soutenir l’emploi et l’activité :

-          La hausse des bas salaires et des investissements publics écologiques et sociaux ;

-          La création d’emplois dans tous les services publics sinistrés : justice, éducation, santé, inspection du travail, Pôle emploi, Education nationale.

-          Un programme prioritaire de taux réduits directement financé par les banques publiques pour favoriser l’activité économique.

Ces mesures s’accompagnent :

-          De la restructuration et de la renationalisation de la dette.

            -    D’une réforme fiscale abolissant l’essentiel de la « dépense fiscale » : suppression des niches pour les riches, taxation des revenus financiers, exonérations inutiles…

En Europe, le PG propose :

-          Un nouveau statut pour la BCE.

-          L’abolition du dumping social.

-          Des taxes européennes compensatrices à l’importation de certains produits.

-          Une solidarité financière accrue avec les pays européens les moins avancés pour aller dans le sens de la convergence sociale et fiscale.

-          Un budget européen renforcé.

-          Le remplacement du pacte de stabilité par un pacte de solidarité.

 

   Allain Graux

 Le 11 avril 2011

 

 

 

Tag(s) : #politique