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L'Union Européenne, c’était un grand espoir de paix et de prospérité pour les peuples. Là ! Au lieu de favoriser l’activité, sa transformation en harmonie sociale et fiscale, avec les nouvelles exigences environnementales, en faisant le choix de mettre la Grèce sous tutelle politique et économique, en proposant un nouveau traité libéral, Merkel, Sarkozy et les gouvernements de l’Union européenne, ont joué avec le feu.

A la mesure de la crise, quelques milliards de plus ou de moins comptent finalement fort peu et ne changeront pas grand chose pour les Grecs, car ce n’est pas eux qui bénéficieront de cet argent. l'essentiel de cet accord repose sur les conditions politiques imposées à Athènes. Les gouvernants européens ont exigé de la Grèce que ses finances publiques soient désormais mises à la disposition de ses créanciers. Ils ont ainsi exigé que la priorité soit constitutionnellement donnée au remboursement de la dette. L'aide versée à la Grèce sera désormais retenue sur un compte bloqué, versé aux échéances des créances et réservé à ce seul effet. Voilà qui permet de relativiser le raccourci trop souvent employé de « sauvetage de la Grèce ». Qui est ici sauvé ? Le peuple grec est soumis à la paupérisation, la baisse des salaires  de la retraite, des allocations sociales, que les services publics sont privatisés et que le droit du travail est laminé, au manque de perspectives d’avenir et à l'absence d'emploi ?  Les créanciers, dont certains jouaient encore ces derniers jours à acheter à prix cassé des titres dont, malgré les décotes annoncées, tireront un large bénéfice garanti par les grands argentiers européens. De plus, la Commission va établir une « présence renforcée et permanente sur le sol grec » afin de « développer sa capacité à fournir et à coordonner une assistance technique». En clair, les commissaires de Bruxelles vont se charger eux-mêmes de ce que les fonctionnaires européens appellent non sans dédain « la construction de l'Etat grec», au mépris de sa souveraineté qu’ils ont par ailleurs bafoué depuis l’indépendance de l’Etat grec. En 1831, les grandes puissances d'alors jugèrent déjà les Grecs trop « immatures » pour se gouverner eux-mêmes. On leur envoya un roi bavarois accompagné d'une armée de fonctionnaires allemands. Le résultat fut un désastre économique et politique qui les conduisit dans les bras du fascisme.

Les plans de sauvetage s’enchaînent et les sommes versées aux banques permettent utilement de « sauver » les plus-values des créanciers. Comme un symbole, cet accord est signé au moment où le Mécanisme européen de stabilité (MES) est soumis en France au vote de l’Assemblée nationale. La situation actuelle de la Grèce témoigne de l’efficacité future du MES. Il a pour vocation de généraliser les méthodes employées par la Troïka (BCE, FMI et Union européenne) dans ces pays. Ce mécanisme prolonge le Fonds européen de stabilité financière (FESF) qui a permis de mettre en œuvre les différents « sauvetages » européens. Devant le risque d’un défaut de la Grèce,  d’une cessation brutale du paiement, les membres de la zone euro se sont accordés à contrevenir à l’interdiction, par le Traité de Lisbonne, de « solidarité financière » entre États européens. Les plans de « sauvetage » successifs ont en effet permis de recapitaliser les banques nationales, et de racheter des volumes importants d’obligations aux créanciers des pays en difficulté, évitant ainsi de lourdes pertes…. aux banques.

   

Le MES est une escroquerie                                                                                                      C’est la socialisation des pertes des spéculateurs et des banques, au détriment des revenus et de la protection sociale des peuples européens. Le coût des « sauvetages » repose en effet sur les fonds fournis par les États, ainsi que sur leurs garanties vis-à-vis des marchés financiers.

- Les interventions du MES seront conditionnées à la mise en place de mesures d’austérité généralisées telles que celles qui ont déjà laminé l’économie grecque.

- Les interventions du MES seront l’occasion pour les banques de se rémunérer grassement, en empruntant à taux préférentiel auprès de la BCE puis en prêtant au MES.

Pourquoi les Etats ne pourraient-ils pas emprunter directement à 1% auprès de la BCE ?

Cela permettrait de ne pas dépendre des marchés financiers. Mais pourquoi l’oligarchie dirigeante renoncerait-elle à son idéologie libérale dont elle est l’ardente servante ?

Le MES plongera l’Europe toute entière au fond du gouffre, en généralisant des politiques d’austérité engendrant une récession généralisée.

 

L'accord européen n’a en réalité qu’un seul but : mettre la dette grecque à l'abri des élections prévues en avril prochain et qui risquent, à l'évidence, de balayer les forces politiques de la droite coupable du drame et du PASOK (socialistes) qui sont les responsables de la situation tragique du pays. Il faut empêcher qu'un gouvernement issu de ces élections ne fût tenté de couper franchement le nœud gordien qui garrotte le pays depuis trois ans. La montée de la vraie gauche, de Synapismos et du Parti communiste Grec, malgré leurs divergences et leur regrettable absence d’unité, ne peut qu’inquiéter les milieux politiques et financiers. Il fallait « neutraliser » la démocratie, l'empêcher d'agir pour l'empêcher de nuire. Une telle dérive européenne n'est pas une surprise : elle est le fruit d'une école de pensée. Celle qui, considérant que le peuple est en permanence soumis « aux plus bas instincts », il ne peut être l'artisan de la politique économique, fût-ce par ses représentants. Une telle pensée a conduit à l'indépendance stricte des banques centrales et à la constitution de la Commission et des instances bureaucratiques européennes[1].

 

En France aussi, nous votons en avril. En France aussi, Sarkozy et toute la droite libérale, y compris le prétendu centriste Bayrou, est très pressée de légiférer avant les échéances électorales

 

« Le peuple, écrivait Bakounine, peut se tromper souvent et beaucoup, mais il n'existe personne au monde qui puisse corriger ses erreurs et réparer le mal qui en résulte toujours que lui-même ».

 

Demain, des révolutions citoyennes peuvent balayer les apprentis sorciers qui nous gouvernent, avec le risque toujours présent que dans ses soubresauts, la révolte populaire ne se fourvoie dans l’obscurantisme de la peste brune que l’on voit déjà à l’œuvre en Hongrie.

Allain Graux

 Le 24.02.2012

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[1]Romaric Godin

Tag(s) : #union européenne

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