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Selon le pacte de stabilité de l’Union Européenne, un Etat doit limiter le déficit budgétaire à 3% du PIB et la dette publique à 60% du PIB. Un Etat peut présenter un déficit budgétaire, c'est-à-dire dépenser plus que ce qu'il possède dans les caisses, à condition que cette somme ne dépasse pas l'équivalent de 3% de la richesse produite.
De nombreux États dépassent les 3% et les 60% car les recettes ne suivent pas, en raison de la politique libérale de baisse des impôts, et de la crise qui a engendré la récession de la croissance pour beaucoup de membres de l’Union (sauf la Pologne). La France atteint les 93% du PIB. La situation est pire en Allemagne (82%). Mais l’État le plus endetté en Europe est l'Italie. Sa dette colossale atteint 127% du PIB.

- En 2010, les déficits publics les plus élevés, par rapport au PIB, ont été observés en Irlande

(-32,4%), en Grèce (-10,5%), au Royaume-Uni (-10,4%), en Espagne (-9,2%), au Portugal

(-9,1%), en Pologne (-7,9%), en Slovaquie (-7,9%), en Lettonie (-7,7%), en Lituanie (-7,1%) et en France (-7%).
Les plus faibles déficits ont été enregistrés au Luxembourg (-1,7%), en Finlande (-2,5%) et au Danemark (-2,7%). L’Estonie (0,1%) a enregistré un léger excédent public en 2010 tandis que la Suède (0,0%) a été en équilibre.

- 14 Etats membres ont affiché un ratio de dette publique supérieur à 60% du PIB en 2010 :

La Grèce :142.8% - l'Italie: 119% - La Belgique : 96,8% - L’Irlande ; 96,2% - Le Portugal : 93% - L'Allemagne: 82,3% - La France: 81,7% - La Hongrie: 80,2% - Le Royaume-uni :80% - L'Autiche:72,3 % Malte :68% - Les Pays-Bas 62,7 % - Chypre: 60,8% - l'Espagne : 60,1  % ( source eurostat).

Le choc budgétaire exigé pour que la dette se stabilise à son niveau de 2010 est compris entre :

- 17 et 14 points de PIB pour la Grèce

- 10 et 12 points pour le Portugal et l’Espagne

- 20 à 22 points pour l’Irlande

- 5 à 7 points pou l’Italie

- 7 points pour la France

- 2,6 points pour l’Allemagne.

Pour l’ensemble des ces pays - sauf l’Allemagne – le choc d’ajustement est très élevé et rend improbable une stabilisation de la dette à son niveau de 2010... Leur impact cumulé risque de plonger la zone euro dans une profonde dépression et les objectifs de stabilisation de la dette ne seront pas réalisés[1].


Incohérence du système

La « crise » révèle l’incohérence du système néolibéral. On bricole des solutions avec la Grèce pour un déficit qui ramené à l’échelle des 27, ne représente que 3% du PIB de l’Union Européenne, soit 350 milliards de dettes pour 11 000 milliards d’Euros de PIB.

La Grèce n’est pas l’Etat le plus endetté mais il est celui dont les marchés jugent qu’il a le moins la capacité de rembourser ses créances et qui a donc vu ses taux d’intérêt augmenter. Ils étaient à 17,439 % au 15 juin. En juillet, ils dépassaient les 20% sur les obligations à 2 ans.

Cette hausse insensée, cumulée avec une politique drastique de baisse des revenus, des pensions de retraite, provoque la récession économique qui ne lui permet pas de rembourser. De plus, dans ce pays, il existe un large secteur d’économie informelle (travail noir petits boulots), de gros contribuables dont le principal secteur économique, le transport maritime, qui échappent où ne payent pas leurs impôts. Tout le monde sait que la Grèce ne pourra pas rembourser mais chacun fait semblant de ne pas le savoir, chaque pays de l’Union européenne cherche à tirer seul son épingle du jeu. Même l’éditorialiste de Bloomberg le dit : « même si la Grèce obtenait un plan de sauvetage et si son économie redémarrait, le gouvernement devrait dégager un excédent primaire-hors service de la dette- de 5% du PIB pendant au moins trois décennies pour ramener la dette au maximum de 60% du PIB autorisé par les règles de la zone euro. Un tel exploit fiscal est extrêmement rare, même sur 5 ans,et c'est encore plus vrai dans le cas de la Grèce."

La seule solution commune sur laquelle tous les dirigeants sont d’accord, c’est la mise en œuvre des politiques d’austérité pour faire payer la note de la spéculation et de la crise aux peuples. Or, la faillite est inéluctable.

 

Pourquoi emprunter sur les marchés et se livrer ainsi à la merci de la spéculation financière?

La Grèce ne le peut plus, c’est trop cher, les taux d’intérêt sont trop élevés. Devant l’ampleur du problème, les chefs d’Etat européens se réunissent toutes les semaines pour décréter de nouveaux plans. Ils se sont résolus, avec la BCE, à aménager la dette :

- racheter des titres qui ne valent plus que la moitié de leur valeur ;

- faire contribuer des banques qui avaient spéculé sur la dette, mais se sont fragilisées en détenant ces créances

- en réduisant la valeur du remboursement.

Ce gigantesque transfert des risques et des dettes du privé vers le public, se fera aux frais des contribuables européens, principalement de l’Allemagne et de la France. Il pourrait en coûter 2% du PIB allemand. On comprend les réticences de Mme Merkel pour faire avaler cette pilule amère à ses électeurs, alors que son parti, la CDU, a perdu régulièrement des voix dans les récents scrutins.

Le plan de juillet a accordé de nouveaux prêts et la création d’un organisme de mutualisation des risques. C’était une tentation irrésistible pour les banquiers et les financiers de transférer les risques sur le secteur public, d’autant plus qu’aucune contrainte n’étaient imposées aux banques européennes. Ces banques qui se sont gavées en empruntant à 1,5 % auprès de la BCE pour prêter aux Etats à 7, 8,15 %. Mais, on l’a vu, certaines comme la Société générale, sont attaquées à leur tour par les agences de notation et se trouvent aujourd’hui en difficultés par manque de liquidités.

La vraie question qui se pose sur leur rôle serait de mettre en place des mesures telles que : 

- Taxer les transactions financières[1] ; on en parle tout le temps, on ne le fait jamais.

-  Interdire la pratique des hedge funds (fonds spéculatifs qui gèrent 2044 milliards de dollars d’actifs).

 - Recapitaliser les banques défaillantes qui ont spéculé sur la dette des Etats, en les socialisant, soit les placer sous le contrôle des salariés, des citoyens, et des pouvoirs publics, sans indemnisation des gros actionnaires et créanciers qui ont accumulé des profits illégitimes en risquant les dépôts et l’épargne des clients et petits épargnants dont les fonds seraient garantis. Une simple nationalisation, temporaire, ne serait que mettre leur dette à la charge des contribuables, pour les reprivatiser dès qu’elles seraient devenues rentables pour la haute finance. Cependant, lorsque le gouvernement français a sauvé les banques[2] en leur versant des milliards d’Euros sous forme de garantie, prêts à faible coût, en empruntant, lui, sur les marchés, il a perdu l’occasion de prendre le contrôle de ces banques en y prenant une participation. Si l’Etat avait revendu ces actions après avoir sauvé les six principales banques françaises, il aurait empoché 5,8 milliards d’Euros. C’est la plus-value qui a été estimée par le Cour des comptes.

- Séparer les banques de dépôt des activités affaires.

- Création d’un pôle financier public transformant la politique et les critères du crédit.

- Transformer les missions de la BCE et de la Banque de France en créant un Fonds européen de développement social, économique et solidaire, de l’emploi. Afin de leur permettre de mettre la création monétaire du système bancaire au service des acteurs publics privés, au lieu de n’agir que pour juguler l’inflation et soutenir un Euro fort au seul profit des rentiers détenteurs de capitaux.

Pour émanciper les Etats et les services publics des marchés, il est indispensable de trouver d’autres moyens de financement, grâce à de nouveaux prélèvements. La BCE pourrait être utilisée pour contribuer au financement des dépenses publiques et créer de la monnaie au service de la croissance et de  l’emploi.

Ce sont des solutions de bon sens, proposées dans le programme du Front de gauche et par Attac.

 

L’inflation est-elle un danger ?

Quand la BCE rachètent aux banques, depuis début Août, les obligations du trésor public espagnol et italien, elle crée de la monnaie, pour sauver les banques. Mais elle n’y est pas véritablement parvenue. La fameuse note des Etats comme des banques s’est dégradée.  Si au lieu de racheter des titres déjà émis, elle se substituait au marché en créant de la monnaie pour assurer le besoin de financement des Etats, elle éviterait cette dégradation. Il en résulterait de l’inflation. Mais est-ce si grave ? Oui pour les salariés, si les revenus n’étaient pas revalorisés. Cette politique devrait donc être accompagnée d’une augmentation des salaires. Une inflation limitée et maîtrisée, dévaloriserait le stock et le poids de la dette, au détriment des rentiers et spéculateurs et non des salariés. En effet, la hausse probable des taux d’intérêt « incitera les entreprises, à distribuer moins de dividendes et à autofinancer davantage leurs investissements[3]. »

 

Europe fédérale et rôle de la BCE.

Certains dirigeants de la droite européenne avancent l’idée du fédéralisme. Mais de quoi s’agit-il ? Ce serait en fait imposer à tous les Etats, par le truchement de la constitutionnalisation de la règle d’or et d’une modification du traité de Lisbonne, la politique européenne d’austérité. En l’absence d’une véritable harmonisation sociale et fiscale, d’un véritable renforcement du pouvoir de l’assemblée européenne, ce serait une grave atteinte au droit démocratique des peuples de choisir librement leur politique économique et sociale. Ce serait soumettre les peuples européens au diktat des marchés. La France, les Pays-Bas, l’Irlande ont déjà refusés par référendum cette politique libérale. Un Etat fédéral européen nécessiterait la mise en œuvre de mesures d’harmonisation par le haut et non par le bas, pour empêcher le dumping social et fiscal et une concurrence libre et complètement faussée :

-  un Smic européen (salaire minimum adapté à chaque pays) ;

-  création de services publics européens (transports, énergie…) ;

-  harmonisation des systèmes de retraites vers le haut (60 ans à taux plein) ;

-  une fiscalité commune : TVA, taxe sur les sociétés et les dividendes ;

- une refonte des missions et des statuts de la BCE au profit de la croissance, du développement environnemental, de l’emploi. (Tels que suggérés plus haut).

Mais est-ce possible ?

Avec les dirigeants européens actuels, majoritairement libéraux, certes non. Mais il faut que la France donne le signal du changement aux peuples européens. Ils ne se résignent pas, ils résistent en Grèce comme au Portugal, les Espagnols avec les Indignés, les Irlandais, même les Anglais ont manifesté contre la rigueur ultra conservatrice de Cameron, les syndicats européens, la CES, condamnent les mesures d’austérité contre les peuples.

Il est nécessaire de tracer le chemin d’une autre voie pour la France comme pour l’Union européenne. La politique libérale soumise aux marchés financiers n’est pas une fatalité indépassable.

Ce système, injuste, inégalitaire, de régression économique et sociale, ne fonctionne pas et produit des crises de plus en plus graves. Nous constatons quotidiennement l’incapacité des gouvernements, qu’ils soient de droite et libéraux ou sociaux-libéraux, à trouver des solutions efficaces.

La France et l’Allemagne contribuent au FESF[4] avec 27,1% et 20,3% ; L’Espagne et l’Italie doivent y apporter 11,9 % et 17, 9 % des fonds. Comment le pourront-elles alors que ces pays sont eux-mêmes attaqués et en difficulté ? Les Etats-Unis sont aussi en crise avec un recul de leur PIB et du revenu des ménages.

Tout indique que cette crise financière est une crise du système capitaliste.

Elle risque d’entraîner les peuples dans une vaste déflagration mondiale, en aggravant les tensions entre  les pays. Cette crise économique, sociale, et financière, concerne principalement les Etats-Unis et l’Union européenne qui sont les principales puissances commerciales mondiales. Elle aura des répercussions sur la croissance mondiale, entraînant une grave dépression.

 

Changer de système.

Il ne suffira pas de réguler le système pour sortir de la récession qui est en cours.

J’ai présenté des solutions immédiates, pour parer à l’urgence. Mais pour éviter de tomber à nouveau dans le précipice sous l’avalanche des purges austères qui font penser aux saignées que pratiquaient jadis les médecins, il y a quelques siècles, solution qui affaiblissait et achevait généralement le malade, il faut aussi proposer un autre type de société, un autre mode de production et d’échanges, basé sur la coopération et non la compétition, entre les hommes et les peuples. La restructuration devrait être organisé dans un vaste projet de planification écologique, avec des unités productives relocalisées, respectant l’environnement, une distribution équitable du travail et des revenus, des services véritablement publics, un système économique socialisé et solidaire, ayant pour objectif la satisfaction des véritables besoins et l’émancipation des hommes et des femmes.

La mobilisation populaire est indispensable pour mettre en œuvre cette révolution citoyenne.

Il ne suffit pas de s’indigner ou de résister. Les citoyens doivent se convaincre qu’ils peuvent être les acteurs du changement et cesser de se soumettre par la résignation, au pouvoir d’une oligarchie qui repose sur un sentiment fataliste d’impuissance.

L’espérance, la confiance en une alternative crédible, peut-être le moteur d’une indispensable mobilisation populaire, pour éviter les errances d’un vote de désespoir ou d’une abstention désespérée. Seul le FRONT DE GAUCHE la propose dans son programme : L’humain d’abord. Ce n’est pas un recueil de solutions toutes faites, mais un outil qui offre des pistes destinées à être enrichies par les citoyens eux-mêmes pour peu qu’ils s’en emparent.

Tous ensemble nous pouvons  réenchanter l’avenir.



[1] 6 000 milliards de dollars sont échangés chaque jour sur les marchés.

[2] L’Etat a créé fin 2008 la Société de prise de participations de l’Etat (SPPE), qui a souscrit des titres de dettes subordonnées des six principales banques françaises pour un montant de 20 milliards d’euros, lesquels titres étaient rémunérés. Par ailleurs, l’Etat est entré au capital de la banque franco-belge Dexia à hauteur de 1 milliard d’euros (3 milliards si on prend en compte la participation de la Caisse des dépôts). Les banques ont remboursé 13, 5 milliards € au bout d’un an. Début 2011, les 20 milliards prêtés par l’Etat aux banques ont été remboursés par les banques. Enfin, 3ème forme du soutien : des prêts accordés aux banques au travers de la Société de financement de l’économie française (SFEF) également créée fin 2008 et qui emprunte sur les marchés avec la garantie de l’Etat, pour laquelle celui-ci se fait rémunérer. L’Etat a annoncé qu’il pourrait prêter aux banques à travers ce mécanisme jusqu’à 320 milliards d’euros ; au bout d’un peu plus d’un an, il avait prêté 77 milliards d’euros et le processus serait aujourd’hui en veille. L’Etat a fait valoir qu’il a avait fait un très bon placement en recapitalisant les banques et donnant sa garantie, puisqu’au total le dispositif lui aurait rapporté 2 milliards d’euros. (NDLA, au lieu de 5,8 milliards…)

[3] Alternatives économiques n°305-sept.2011- Et si l’inflation était une solution ? Denis Clerc.

[4] Fond européen de solidarité financière



[1] Source : Jacques Sapir- 04/04/2011- ( m-pep.org)

 

 

 

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