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L’ABSTENTION ET LE VOTE FN

 

Pour le moins autant que le vote FN, l’abstention de plus en plus massive du vote populaire est un phénomène inquiétant pour les partis de gauche car cet électorat constitue le corpus de son influence électorale.

Aux élections régionales du 14 mars 2010, c’est dans les cantons historiquement les plus frontistes que l’abstention a été la plus forte (par rapport à l’influence FN de la présidentielle de 2002).

 

 2002                                                                                                   2007

Présidentielles

Jacques Chirac :     5 665 855 - 19,88 %                        N.Sarkozy : 11448 663 – 31,18%

Jean-Marie Le Pen : 4 804 713 - 16,86 %                                                3834 530 – 10,44%

Bruno Megret         :    667 026 -  2,34 %

Total ext-droite     :                    19,20 %                                                                                        - 8,76 %

 

Abstention : 28,40% des inscrits.                                                               16,23%               -12,17%

 

LEGISLATIVES

Majorité présidentielle : 43,31%                                                         45,57%                               +2,26 %

FN                                     11,34%                                                           4,29%                                -7,05

Ext-droite                           1,33%     =12,67                                          0,39%  =4,68%                  -0.94%  = -8%

Gauche parlementaire :  37,26%                                                         35,56%                                -1,70%

LCR 1,27 +LO 1,20 +EG 0,32 =2,79%                                                 3,41%         

Remarques :

-          L’iniquité du mode de scrutin majoritaire à deux tours qui donne 63 % des députés à la majorité présidentielle alors qu’elle  n’a obtenue que 43,31% des voix au 1e tour.

-          Les petites formations sont défavorisées

-          L’abstention a progressé de 4 % aux législatives entre 2002 et 2007 et le vote FN a baissé de 8%, siphonné par l’UMP. Soit 0,76 % de moins que la perte à l’élection présidentielle. Alors que l’abstention avait régressé de plus de 12 % entre les scrutins présidentiels de 2002 et 2007.

De 1986 à 2010, l’abstention aux régionales est passée de 22,07% à 48,79 % !!!

Le vote extrême droite a progressé parallèlement jusqu’en 2004 où il atteint 16,11 %. S’il apparaît reflué en 2010, cela s’explique par l’élection de Sarkozy en 2007 où Le Pen était tombé à 10, 44 % et  à 4,29 % aux législatives. Depuis cette élection, le vote populiste de droite est remonté à plus de 12 %.  Tous les électeurs déçus par Le Président Sarkozy ne sont cependant pas revenus au FN, ils se sont abstenus massivement ainsi que ceux de droite comme de gauche.

 

On observe que, si l’abstention a baissé entre les élections présidentielles de 2002 et 2007  (-12,17 %),

Elle n’a baissé que de 1,70% pour les législatives, où le taux reste élevé avec plus de 35 %.

Le vote FN a baissé, aspiré par le candidat droitier Nicolas Sarkozy, alors qu’il progressait avec l’abstention aux  élections locales…

Les élections qui mobilisent le plus l’électorat sont les élections municipales et les élections présidentielles. Ce sont celles où l’enjeu est national ou concerne directement les citoyens.

Celles qui recueillent le moins de participation sont les élections cantonales, avec un taux record de 55,68 % au 1e tour en 2011.

La Droite, divisée par l’apparition du Modem, est passée de près de 45 % aux régionales de 86 à moins de 40 % en 2010 où elle a cependant regagnée une partie de l’électorat FN, un électorat devenu très poreux entre FN et UMP depuis 2007.

La gauche a profité de cette situation, seulement, aux élections locales. Il faut noter la progression des Verts avec la création d’Europe écologie depuis les européennes, sans cependant obtenir le bon résultat de 1992.

Il faut noter l’apparition du Front de gauche depuis les européennes et sa progression régulière autour de 6 à 7% ; ce qui a permis d’enrayer le déclin du PCF, avec un Parti de Gauche qui s’affirme de plus en plus. Avec cette apparition du FDG sur la scène électorale, les partis classés à l’extrême gauche (LO et NPA ex LCR) refluent, après avoir vu leur score progressé jusqu’en 2004.

CANTONALES

Résultats nationaux2011

Le Front National voit son score augmenter sur les régionales de 2010, passant de 12,19 à 15,06 %, alors que le taux d’abstention est plus important et que la droite parlementaire perd 8 % des voix, certes sur un scrutin partiel qui ne représente que la moitié des électeurs. Néanmoins, ces résultats indiquent la tendance :

-          une progression du FN et de l’abstention,

-          la porosité entre les voix de la droite extrême des franges de l’UMP et de l’extrême-droite, indiquée par l’amélioration des résultats de la droite au second tour avec une concomitance d’une baisse correspondante de ceux du FN.

·         2008 : Perte du Fn juste un an après son effondrement aux présidentielles de 2007. Son électorat récupéré par l’UMP n’est pas encore déçu par la politique de Sarkozy.

·         2001 – L’extrême-droite était divisée entre Fn et MNR

Plus le taux d’abstention s’élève et plus le score de l’extrême-droite grimpe…

Ce pendant, dans son étude du 15 avril 2010, le journal l’Humanité relève que ce sont dans les cantons historiquement les plus frontistes que l’abstention a été la plus forte au premier tour des régionales, comparativement avec, la présidentielle de 2002. C’est une indication, conjoncturelle, mais peut-on comparer une élection à fort enjeu comme une présidentielle, avec une élection régionale traditionnellement faible pour son nombre de votants ? Mais ce qu’indiquent les résultats et que relève aussi l’Huma, c’est un regain du FN consécutif de la « déception d’une partie de l’électorat siphonnée en 2007 par Nicolas Sarkozy». Ce qui se confirme un an plus tard aux élections cantonales. Parallèlement, « c’est également dans ces cantons que le niveau de l’UMP est le plus en retrait par rapport aux résultats de Sarkozy en 2007.

 

LES ELECTIONS EUROPEENNES

Élections européennes de 1994 en France

Le taux d'abstention s'élevait à 47,29 %.

Élections européennes de 1999 en France

Le taux d'abstention s'élevait à 53 %.

 

La participation, n'a elle quasiment jamais cessé de baisser en France, tout comme dans bon nombre d'États membres, car ce sont des élections sans enjeu national.

1999 : les voix de l’extrême droite se divise entre le FN : 6,77, le MNR de Mégret 3.28, le CPNT 5,69 (chasseurs, parti qui sert à convertir des voix de gauche en voix extrêmes…).

2009 : Libertas (CPNT + MPF de De Villiers (droite extrême ralliée à l’UMP)

 

Au fil des années, depuis 1970, la dégradation de la participation électorale est évidente. Elle est particulièrement importante pour les élections européennes dont le taux dépasse les 50 % depuis 1989, et les élections locales qui atteignent un record en 2010 avec 53,67 % aux régionales et 55,58 % aux cantonales de 2011.

L’année 1988 est particulière pour les cantonales, car c’était une année présidentielle et législative. On a voté pour 3 scrutins : le 31 mars pour les cantonales  le 24 avril pour les présidentielles, en juin pour les législatives.

Pour les élections législatives, on est passé de 18 % de moyenne dans les années 70  à près de 40 % d’abstention en 2007. C’est pourtant une élection majeure, décisive pour la gouvernance du pays.

Les présidentielles résistent mieux à cette érosion, mais elles ont subi aussi une dégradation sauf en 2007 où les électorats de gauche comme de droite se sont particulièrement mobilisés pour un enjeu de pouvoir très idéologiquement politisé.

On peut en tirer la leçon que les électeurs se mobilisent pour de véritables enjeux de société, quand ils n’ont pas l’impression que voter à droite ou à gauche signifie la même chose.

Ce ne sont pas les seules raisons de la baisse de la participation, c’est une indication sur les motivations citoyennes. Les autres raisons de la désaffection sont à rechercher dans l’évolution de la société, des couches sociales et des organisations qui les représentent.

 

 SUITE : lire les causes de l'abstention



[1] 2001 est à comparer avec 2008 et 2004 avec 2011, (mêmes cantons en jeu)

Abstentions

11 856 841

55,68

 

10 502 432

55,23

Votants

9 439 097

44,32

 

8 513 399

44,77

Blancs et nuls

278 493

2,95

 

603 513

7,09

Exprimés

9 160 604

97,05

 

7 909 826

92,91

CANTONALES [1]1°tour

2001

2004

2008

2011

ABSTENTION

34,52 %

33,51 %

35,11%

55,68 %

Extrême - droite

  9,90 %*

12,49 %

   5*     %

15,21%

années

1970

1973

1974

1978

1981

1986

1984

1988

1989

1992

1993

1994

Euro

 

 

 

 

 

 

43,30

 

51,2

 

 

47,29

Canto

38,23

45,56

 

 

 

 

 

51

 

29,30

 

39,5

Région

 

 

 

 

 

22,07

 

 

 

31,40

 

 

Légis

 

18,80

 

17,22

29,67

21,50

 

34,26

 

 

91,08

 

Présid

 

 

15,77

 

18,91

 

 

18,65

 

 

 

 

années

1995

1997

1998

1999

2001

2002

2004

2007

2008

2009

2010

2011

Euro

 

 

 

53

 

 

57,24

 

 

59,37

 

 

Canto

 

 

39,60

 

34,52

 

33 ,51

 

35,11

 

 

55,58

Région

 

 

42,30

 

 

 

39,16

 

 

 

53,67

 

Légis

 

32,08

34,26

 

 

35,56

 

39,56

 

 

 

 

Présid

21,62

 

 

 

 

28,40

 

16,23

 

 

 

 

Abstention

14 578 609

35,58

                                                Abstention

17 363 796

39,56%

+3,98%

blancs et nuls

1 143 830

2,79

                                    dont blancs et nuls

501 931

  1,89%

 

 

 

 

                                                     Votants

26 524 983 

60,44%

 

PARTIS

1986

1992

1998

2004

2010

FN et ext- droite

9,65

13,85

15,15

16,11

12,31

Droite

Modem

44,70

37,07

36,95

34,47

39,95

  5,12

Gauche

 Verts

Ext-gauche

 

42,93

 

(1.14)

44,45

(14,55)

(1,25)

41,28

(2,90)

4,35)

40,16

(2.25)

(4,95)

53,72

(12,19)

(3,54)

(FDG 5,94)

ABSTENTION

22,07

31,40

42,30

34,34

48,79

Tag(s) : #politique