| Novembre 2009 | ||||||||||
| L | M | M | J | V | S | D | ||||
| 1 | ||||||||||
| 2 | 3 | 4 | 5 | 6 | 7 | 8 | ||||
| 9 | 10 | 11 | 12 | 13 | 14 | 15 | ||||
| 16 | 17 | 18 | 19 | 20 | 21 | 22 | ||||
| 23 | 24 | 25 | 26 | 27 | 28 | 29 | ||||
| 30 | ||||||||||
|
||||||||||
LES ELECTIONS EUROPEENNES DU 7 JUIN 2009
Les prochaines élections européennes, le 7 juin, vont se dérouler dans un contexte de crise : économique, financière, sociale, écologique.
C’est une crise à l’échelle du système qui l’a engendrée, une crise globale du capitalisme capitaliste. Ce n’est pas la première, mais cette fois elle atteint des dimensions qui remettent en cause le système lui-même, un système qui s’est construit sur la marchandisation de toutes les activités humaines dont on mesure aujourd’hui les tragiques dégâts sociaux et environnementaux.
Les fermetures d’entreprises et les plans de licenciement se multiplient, le chômage explose à un rythme qui conduira un million de travailleurs au pôle emploi d’ici à la fin de l’année.
Que fait le gouvernement Fillion- Sarkozy, que font les dirigeants de l’Europe, face à cette situation dramatique ?
Ils ont offert des milliards d’Euros aux banques et aux spéculateurs et n’ont donné que des miettes pour soutenir l’activité industrielle, aider les travailleurs privés d’emplois.
Nicolas Sarkozy s’obstine à poursuivre les politiques libérales qui ont conduit à ce désastre :
Il s’est présenté comme le président du pouvoir d’achat, il a fait le contraire.
Il disait vouloir aller chercher la croissance avec les dents : nous sommes en récession.
Il a liquidé les 35 heures,
Il a supprimé des postes dans les services publics, il a réduit la protection sociale.
Il voulait étendre les prêts hypothécaires et les produits financiers, c’est justement cette politique là - celle des fameux « subprime et des hedge fund » qui a déclenché la crise. Quelle vision économique éclairée du chef de l’Etat !
Ses réformes, à l’éducation nationale comme à l’hôpital sont contestées par le monde de la recherche comme par les grands médecins qui savent combien ces services publics sont essentiels, combien il manque de personnel alors qu’il veut supprimer un fonctionnaire sur deux. Comment assurer une politique de qualité de l’enseignement et de santé dans ces conditions ? Contrairement aux déclarations faites par les ministres, notre enseignement public est excellent et nos services de santé sont enviés par Obama qui veut s’en inspirer. Alors pourquoi cette politique ? Pourquoi ces mensonges sur l’efficacité de nos services publics?
Par ailleurs, on veut nous faire croire qu’il n’y a pas d’argent. Alors pourquoi le donner aux plus riches ? En 2008 les 756 contribuables les plus favorisés se sont vus restituer 381 000 € par personne grâce au bouclier fiscal, soit trente années de SMIC. Par contre, des miettes pour les smicards et seulement 1% pour les petites retraites.
Pour calmer le sentiment de révolte qui monte, on parade, on camouffle la réalité des faits avec des promesses et des vantardises, par exemple en fanfaronnant à ce G20 qui a accouché d’une souris :
Où est la loi pour plafonner les rémunérations incroyables des dirigeants ?
Où sont les mesures contraignantes pour supprimer les paradis banquiers et fiscaux ?
Cette politique néolibérale ne tombe pas du ciel, elle a été décidée de traité en traité par le Conseil des chefs de gouvernement, mise en œuvre de directive en directive par la Commission de l’Union européenne, approuvée par la majorité de droite de l’Assemblée européenne avec l’aide de la social-démocratie et des Verts qui votent 97 % des textes avec le PPE.
La fameuse concurrence libre et non faussée que les peuples français et néerlandais ont refusé en 2005 lors du vote contre le TCE, ou plus récemment les Irlandais contre le traité de Lisbonne, s’impose néanmoins et sert de paravent, de prétexte à la privatisation de nos services publics, au mépris des intérêts de la population. Les droits et la protection des salariés sont sans cesse remis en cause : réforme du code du travail, instauration des franchises médicales, réforme des retraites, toutes ces mesures sont appliquées, avec des modalités différentes dans chaque pays.
L’Europe sociale est toujours promise et jamais mise en œuvre. La BCE a trouvé de l’argent pour les banques et les spéculateurs mais ne fait rien pour l’emploi.
Face à la mondialisation capitaliste, l’Europe devrait être la solution. Or, elle est devenue le problème. Au lieu d’être un bouclier, elle a été le cheval de Troie des politiques libérales dont on mesure aujourd’hui toutes les conséquences.
Malgré ses conséquences tragiques, la droite, aidée par les sociaux-libéraux et les Verts, est très enthousiaste pour faire du traité de Lisbonne le fondement de la politique européenne. Il est le frère jumeau de feu le TCE refusé par le vote démocratique des peuples français et néerlandais. Le droit de choisir à nouveau nous a été refusé. Seuls les irlandais ont pu exprimer leur choix et l’ont refusé, mais ils doivent revoter à l’automne et jusqu’à ce que le oui s‘ensuive, un texte modifié qui revient sur le droit à l’avortement pour satisfaire les pires réactionnaires et conservateurs irlandais et polonais.
On s’étonne du taux d’abstention des électeurs, mais pourquoi seraient-ils inciter à voter alors que l’on bafoue leur vote quand ils s’expriment dans un sens contraire à la volonté des libéraux de droite comme de gauche ?
La Stratégie de Lisbonne qui inspire les libéraux, est entièrement assise sur la compétition, la guerre économique, qui conduit à toutes les réformes antisociales des pays de l’UE, à l’inégalité de la répartition des revenus. En outre ce système de compétition outrancier conduit à l’affrontement, entre les personnes, les collectivités, les entreprises, les communautés, les nations. C’est une violence morale qui s’exerce à chaque instant de la vie et peut conduire aux pires excès et à la guerre entre les peuples. L’homme n’est pas fait que de consommation et n’est pas réduit aux échanges marchands, il est avant tout un être social, destiné à vivre avec les autres, en société. Le système d’affrontement basé sur le culte de la performance et l’obsession de la rentabilité maximale, à la domination du « meilleur », du fort sur le faible, conduit à la dissociation des liens humains qui caractérisent notre espèce, il conduit à la « Dissociété ». Car si l’on vit dans une société de compétition généralisée où tout le monde est censé se conduire en prédateur, en s’efforçant d’être le meilleur, alors, l’autre, même semblable, votre copain de travail, votre voisin, votre allié, reste un rival potentiellement inquiétant, par le seul fait qu’il n’est pas soi, il devient l’étranger angoissant et menaçant.
L’EUROPE QUE NOUS VOULONS
C’est une Europe efficace contre la crise, l’Europe de l’emploi pour tous
Nous proposons un vaste plan de relance de l’activité. Soit la mise en œuvre, sous contrôle public et citoyen, d’un plan de développement des infrastructures européennes et d’activités socialement utiles et respectueuses de l’environnement. Il ne s’agit pas de relancer l’économie par n’importe quel moyen, oubliant au passage la gravité de la crise écologique. Il s’agit fondamentalement de rompre avec la logique du profit pour imposer une dynamique fondée sur la satisfaction des besoins sociaux, la réduction des inégalités liées à la mise en œuvre des impératifs écologiques.
Nous avons pour objectif :
l’Europe des 35 heures sans perte de salaire,
l’interdiction des licenciements boursiers,
- l’instauration d’un bouclier social, d’une sécurité sociale professionnelle.
Nous proposons un salaire minimum européen qui serait en France de 1 600 € net.
Nous avons aussi pour objectif :
- la réduction des gaz à effet de serre qu’il faudrait diviser par quatre d’ici 2050 et le développement des énergies renouvelables.
Nous voulons dessiner les traits d’une économie humaine, une économie qui inscrit la production et la distribution des biens dans les instruments de l’alliance, de la coopération entre les humains. Une Europe sociale, écologique et démocratique, avec des services publics de qualité.
Les libéraux, de droite et de gauche, prétendent adapter les humains aux contraintes d’une économie mondialisée. Mais si l’économie est inhumaine, c’est l’économie et non l’humanité qui doit s‘adapter. Le financement de l’économie et la distribution des revenus doivent redevenir des biens publics dont l’organisation relève de délibérations démocratiques. Cela signifie construire une démocratie effective des citoyens, en France et en Europe, une démocratie qui ne se limite pas aux bulletins de vote et à la porte des entreprises. Il est paradoxal que dans notre république, le citoyen devienne sujet du patron de droit divin quand il en franchit le seuil.
Une Europe de l’harmonisation sociale et fiscale
L’Europe doit mettre en place des critères de convergence sociaux pour réduire les inégalités en harmonisant vers le haut les conditions sociales, en empêchant le dumping.
L’amélioration, l’extension, et la démocratisation des services publics nécessitent l’adoption d’un cadre juridique européen qui définisse et garantisse leur existence pour les protéger, en particulier : la santé, l’éducation, la Poste, les transports, l’énergie, les télécommunications, l’eau. Ils doivent être étendus à l’ensemble de l’Europe dans une logique de coopération et non de compétition marchande.
Une Europe de l’égalité, aussi entre les femmes et les hommes.
Une Europe qui lutte contre les violences et la traite des êtres humains.
L’Egalité des droits passe par la limitation des revenus démesurés, par l’impôt régulateur sur les plus hauts revenus.
Une Europe, Force de la Paix et de la coopération entre les peuples.
Les Etats européens doivent mettre en œuvre une politique de défense indépendante de celle de l’Otan, à l’inverse de ce que vient de faire Sarkozy et de ce qui est préconisé par le traité de Lisbonne qui affirme que : « l’Otan reste, pour les Etats qui en sont membres, le fondement de leur défense collective et l’instance de sa mise en oeuvre. » Le traité de Lisbonne aggraverait notre dépendance à l’égard de l’Otan sous direction américaine.
Il se prépare aussi un traité honteux, passé sous silence, voté le 26 mars 2009 par le PPE et le PSE et les Verts au parlement européen : le traité transatlantique. Il s’agit d’ici 2015 de construire un véritable marché transatlantique intégré, fruit du travail du Conseil économique transatlantique, qui conseillé entre autres par le monde de l’entreprise, veillerait à l’harmonisation des législations pour :
« faciliter l’approfondissement du marché transatlantique. »
Ce traité devra être ratifié d’ici 2012 et devrait comprendre la création d’un CPT (Conseil Politique Transatlantique, chargé de coordonner systématiquement la politique étrangère et la sécurité. C’est sans doute pour le cas où quelque chose échapperait encore à l’Otan. Nous serions soumis entièrement à la puissance « étatsunienne ».
Il faut organiser un nouvel internationalisme : celui de la coopération entre les peuples souverains, seule manière réaliste d’éviter l’affrontement des nationalismes où nous conduit inéluctablement la mondialisation libérale.
Comme le disait la Boétie :
« Ils ne sont grands que parce que nous sommes à genoux ».
Voter et faire voter le 7 juin c’est se donner une chance de dire dans les urnes ce que nous avons exprimé dans la rue.
Sanctionner l’Europe libérale et sanctionner Sarkozy, c’est la même chose. Car que dit le Conseil européen face à la crise :
« La crise fait ressortir la nécessité de poursuivre et d’accélérer les réformes structurelles »
Que répond Sarkozy en écho : « Nous devons profiter de la crise pour accélérer les changements structurels ». C’est à dire continuer les réformes et les politiques qui nous ont mener dans le mur, remis en cause notre modèle de progrès social et républicain.
Profitons de ces élections pour accélérer le départ de Sarkozy, pour proposer d’autres alternatives. C’est ce que propose le Front de Gauche : un programme politique pour changer d’Europe avec pour stratégie l’unité populaire.
C’est aussi l’occasion d’arrêter la ratification du traité de Lisbonne, de confirmer notre Non à cette Europe là en envoyant un maximum de députés qui pourront faire entendre la volonté populaire. Pour cela on ne peut pas compter sur la droite qui a rédigé le traité ni sur le PS, ni sur les Verts dont le vote a permis sa ratification sans consultation populaire. Seul le Front de Gauche regroupe les forces parlementaires qui s’opposent au traité de Lisbonne.
Le vote pour l’assemblée européenne ne doit pas être négligé, le parlement est la seule institution de l’UE qui soit issue du suffrage universel. C’est dire l’importance d’un tel vote et du débat citoyen que la campagne peut créer, que vous pouvez porter. Le parlement dispose de la possibilité d’approuver ou non les directives et projets de la Commission, il a pu la faire reculer et s’opposer par exemple à la directive Bolkestein, à la directive portuaire, à celle sur le temps de travail rejetée le 17 décembre. Ceci grâce à l’action courageuse des députés du groupe de la Gauche Unie Européenne, avec le soutien de la mobilisation populaire et des syndicats.
L’exercice du suffrage universel est un droit d’expression démocratique. Il permettra à votre vote pour le Front de gauche, lié à la mobilisation populaire, de s’opposer à la droite, sans compromis avec la gauche qui gouverne l’UE avec Barroso. Le Front de Gauche se veut un front populaire, un rassemblement ouvert aux militants de toute la gauche, aux syndicalistes, aux altermondialistes, aux écologistes, face à la gauche qui renonce et face à celle qui divise.
Je m’adresse aux électeurs du PS, du PRG, du MRC, qui en 2005 on su transgresser les frontières politiques pour former ce rassemblement extraordinaire qui a permis la victoire du NON. Les électeurs du PRG, du MRC, n’ont pas de liste, ni ceux de la Fédération. Ceux du PS se demandent quelle est la position réelle du PS sur l’Europe, qui prétend vouloir une Europe sociale et vote avec ceux du PSE qui soutiennent Baroso au Parlement européen. A tous ceux là, nous disons : TRANSGRESSEZ !
Vous avez le FRONT de Gauche pour changer d’Europe et combattre la politique de Sarkozy.
Allain GRAUX
Le 26.05 .2009