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Tout le monde s'emballe sur les prix, alimentaires en particulier, qui se sont emballés...Certes il y a la hausse du coût du pétrole, des matières premières, la Chine, l'Inde, etc...

La hausse du coût des carburants relève de la spéculation, car la pénurie ne se situe pas au niveau des producteurs mais des raffineurs, donc des compagnies pétrolières qui n’ont pas investi dans le raffinage. La spéculation leur procure des profits sans précédents que l’on pourrait taxer utilement à la fois pour trouver des recettes au budget déficitaire de l’Etat et pour aider les ménages à se chauffer.

Par ailleurs, il s’agit d’un réajustement mondial entre le Nord et le Sud. Faut-il regretter que les Chinois puissent manger du pain et de la viande ? Ne faut-il pas aussi se pencher sur les questions de l’agriculture mondiale pour permettre à chaque pays de développer ses cultures vivrières afin de nourrir sa population sans dépendre des prix mondiaux imposés par les multinationales de l’agroalimentaire ?

Les prix augmentent : 14 % sur les pâtes, 17 à 40 % sur les yaourts, 44 % sur le jambon. Des hausses qui touchent le porte-monnaie des plus démunis. Ce dérapage n’est pas dû à la seule inflation mondiale, certains en  profitent au passage. Profiter est bien le mot, il est même très faible quand on constate les profits fabuleux des multinationales, que ce soit dans l'énergie, les matières première ou l'alimentaire.

Le gouvernement de « ce bon M. Fillion » mène l’enquête pour constater ce que nous avons tous constaté : les prix montent ! Ce sont les couches sociales les plus défavorisées qui sont atteintes dans leurs conditions d’existence, car elles ne disposent d’aucune marge. Ne pas pouvoir se nourrir ! Quelque chose qui est inimaginable pour la cinquième puissance mondiale.

Cependant s’ils n’en mourraient pas tous, tous étaient atteints. La baisse du pouvoir d’achat, ça concerne tous les salariés y compris les classes moyennes. Car il n’y a pas que les prix de l’alimentaire et des carburants qui grimpent, il y a aussi les loyers : 5,7 % en 2007, les franchises médicales, les mutuelles, les transports, l’électricité, le gaz.

 

Logement

-          1 million de personnes sans logement personnel : 100 000 en camping, 40 000 dans des cabanes,…

Les dépenses de logement représentent : 50 % du revenu dans le parc privé – 28 % dans le parc social ; pour des

revenus équivalents à un smic pour un célibataire et  1,5 smic pour un couple avec deux enfants.

-          1,3 millions de personnes sont en attente d’un logement social.

source : www.fondation-abbe-pierre.fr

-          Les produits alimentaires représentent 15 % du budget moyen des ménages ; d’autant plus  que l’on se situe en dessous

de la moyenne.

 

Le gouvernement pourrait prendre des mesures immédiates pour aider ceux qui souffrent le plus de l’inflation :

-          baisser la TVA sur les fruits et les légumes, la viande et les produits laitiers ;

-          rétablir la compensation flottante sur le prix des carburants ; détaxer le fioul pour le chauffage et favoriser davantage le remplacement des chaudières par des modes de chauffage alternatifs.

-          augmenter  l’aide au logement ;

Il n’a plus de sous paraît-il ! Evidemment il a tout donné aux plus riches : 15 milliard de cadeaux fiscaux, sans que pour autant cela profite à l’économie. Après avoir bénéficié du départ en retraite des baby boomers, l’indice du chômage repart aussi à la hausse en janvier.

Le gouvernement pourrait trouver des recettes en taxant la spéculation sur les loyers, les compagnies pétrolières, les super-profits en général. Mais il préfère exonérer les entreprises des charges sociales et fiscales pour les heures supplémentaires (dont seulement 1/3 des salariés peuvent profiter) qui représentent un effet d’aubaine pour les patrons et creusent le déficit du budget de l’Etat de la sécurité sociale.

Et les salaires !

Comment se fait-il que personne dans les médias ne parlent d'un réajustement nécessaire et justifié pour les revenus salariés, les retraites et les pensions? La part des salaires par rapport au capital a baissé de 10 points en 20 ans. N'est ce pas là une piste pour augmenter le pouvoir d'achat des salariés?

Mais non, le Smic a été comprimé, les salaires stagnent, les pensions dans la fonction publique sont limitées à 0,8 % alors que l’inflation en 2007 dépasse les 2 %, les retraites limitées à 1,1 %.

Au lieu de cela, j'entends des propositions pour aller faire ses courses chez les discounters, ne plus acheter de produits de marque qui seraient nuisibles pour la santé. Les pauvres seraient responsables de la baisse de leur pouvoir d'achat et de leur paupérisation! Alors que l'on sait très bien que depuis 30 ans les inégalités se renforcent : les riches s'enrichissent avec l'augmentation de leur capital et de ses intérêts (qui ne sont pas les nôtres)et  les classes salariées s'appauvrissent : chômage de masse, stagnation des salaires, remise en cause de la protection sociale ( qui est un salaire différé).

Réglementer les prix, OK! Et baissons la TVA sur les produits alimentaires, taxons les hausses injustifiées. Mais Fillion ne veut-il pas, après les élections, augmenter la TVA - dite sociale – de 5 %.

Vouloir faire baisser les coûts en achetant à bas prix, c'est aussi peser sur les revenus des travailleurs qui produisent, c'est délocaliser...Augmenter l'intéressement plutôt que les salaires c'est rendre ce dernier aléatoire et le faire dépendre de plus en plus du profit. Et puis l'actionnariat"populaire"c'est inciter les travailleurs actionnaires, les retraités des fonds de pension à exiger un rapport des dividendes toujours plus important, donc à peser sur leurs propres salaires et revenus, la variable ajustable préféré des patrons ... et entraîner les localisations et le chômage. Un cycle infernal dont seraient finalement responsables les seuls salariés? Allons donc !

 

QUELQUES DONNEES

-          le SMIC : 1 280 € pour 35h.

-          le RMI   : 440.86€ (une personne seule)- Nbre de rmistes :  1.176 000

-          Chômage : 8,3 % - moins de 25 ans : 19,1 % -

-          Nbre officiel : 1 942 000 – Nbre total réel : 3108 300

-          INFLATION : 3° tri 2007 : 2,6 %

-          Les fonds spéculatifs : 194.5 milliards de $ en 2007, soit + 54 % par rapport à 2006…

Rendement de 10.2 % à 25 % …

source : Alternatives économiques- Insee. février 2007.

 

C’est tout le système néolibéral auquel souscrit le gouvernement Sarkozy-Fillion qui est la cause de tous ces dérèglements économiques que nous subissons.

Depuis le virage économique de 1983, l’acte unique et le Grand marché ( la concurrence libre et non faussée) de 1986, aggravé par le récent traité européen de Lisbonne, les crises économiques, financières et sociales se succèdent. Le modèle néolibéral exerce une pression constante, par la concurrence et la compétition, sur les prix et donc les coûts. De ce fait toute demande de négociation sur le pouvoir d’achat est renvoyée à la seule question des prix. La baisse des prix que l’on sert au consommateur est celle qui fait baisser le salaire de l’ouvrier…qui n’aurait plus comme perspective que de faire ses courses chez Lidl, l’extrémité la plus féroce de la concurrence. De ce cycle infernal résulte une pression permanente sur le pouvoir d’achat qui déprime la consommation et la demande globale.

Une autre solution présentée aux salariés, c’est l’endettement. D’où l’abondance des cartes de crédits des supermarchés, à des taux exorbitants (18 %) et les crédits à taux variables pour le logement (Voir la crise des subprime aux Etats-Unis qui a entraîné la crise bancaire mondiale).

  • Le taux d’endettement des ménages aux Etats- Unis atteint 120% et 140% en Grande – Bretagne…Il est de 68% en France et il progresse…

Autre piste, on voudrait aussi imiter les pays anglo-saxons qui ont capté les énormes masses salariales des systèmes de retraite pour les verser au marché via les fonds de pension. Une réussite particulière pour les retraités quand les marchés compromis dans la spéculation plongent. En attendant, on cherche un substitut au salaire direct en émettant l’idée de distribuer des stock-options à tous les salariés ( du privé seulement en fait ).

Tout pour ne pas augmenter les salaires !

En prime, si j’ose dire, avec ces instruments financiers, ce sont les salariés et retraités qui réclameront du rendement et se surexploiteront eux-mêmes. Mouiller le salariat dans la finance est un piège suprême et raffiné.

Les salariés se rebiffent.

Apparemment  les salariés ne sont guère sensibles aux propositions patronales et gouvernementales. Les grèves pour l’augmentation des salaires éclatent un peu partout, y compris - événement considérable – chez les caissières ses supermarchés.

On peut citer : Snecma, MBDA-F (EADS), L’Oréal, BNP-Paribas, CEA Marcoule, Carrefour Marseille, Prisma Presse, Les bus CVIF en île de France, RTM à Marseille, Air France. Et bien d’autres sur tout le territoire.

La CGT et la CFDT appellent à une nouvelle mobilisation les 22 et 24 mars dans la grande distribution.

Nul doute qu’une majorité d’électeurs enverront aussi le signe de leur mécontentement avec leur bulletin de vote contre tous ceux qui se font les chantres de la politique du gouvernement et pas du seul Président Sarkozy. 

Car Fillion et Sarkozy et tout ce gouvernement, c’est bonnet blanc et blanc bonnet ! Tous coupables…

Allain Graux

 le 27.02.08

REF : Alternatives économiques- Le Monde diplomatique,(F. Lordon)- février 2008.

 

Tag(s) : #politique