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Photos manifestation anti Otan

Jeudi 27 septembre 2007
Le Traité modificatif de l’UE est
inacceptable par la méthode de ratification
et pour son contenu !
 
Plusieurs centaines de pages avec 297 modifications des traités existants, douze protocoles et quelques dizaines de projets de déclarations ayant la même valeur juridique que les traités, tel se présente le « traité modificatif » de l’Union européenne.
 
Une fois de plus, une méthode à l’encontre de tout débat démocratique
Le Conseil Européen des 21 et 22 juin a reproduit les pires moments de la construction européenne en offrant le spectacle d’une négociation à huis clos dont, une fois de plus, les termes échappent aux citoyens de l’Union.
Un mois plus tard, la présidence portugaise remet un projet qui doit être adopté les 18 et 19 octobre par le Conseil. La rapidité avec laquelle cette affaire a été bâclée en dit long sur la conception de l’Europe et de la démocratie qui anime les dirigeants européens.
Nous assistons à la manifestation d’une volonté d’exclure les citoyens européens de tout débat sur l’avenir de l’Union. Le double non français et néerlandais a tellement effrayé les dirigeants européens qu’ils ne veulent plus prendre le moindre risque : tout doit être fait pour prendre de vitesse une éventuelle réaction citoyenne et éviter tout recourt à une ratification par référendum. En France, le Président de la République a décidé de procéder par la procédure parlementaire.
Les Attac d’Europe, et beaucoup d’autres mouvements, collectifs, associations, partis, préconisent qu’une « assemblée nouvelle et démocratique, élue directement par les citoyens de tous les États membres, soit mandatée pour élaborer un nouveau projet de traité, avec la participation effective des Parlements nationaux » et que « tout nouveau traité devra être soumis à référendum dans tous les États membres ».
 
Un contenu dans le prolongement des orientations antérieures
Le « traité modificatif » modifie les deux traités existant, le traité sur l’Union européenne (TUE) et le traité instituant la communauté européenne qui prend le nom de « Traité sur le fonctionnement de l’Union européenne » (TFUE). Rappelons que le traité sur l’Union européenne est le traité de Maastricht modifié par ceux d’Amsterdam et de Nice et que le traité instituant la communauté européenne est celui de Rome modifié par les traités successifs depuis 1957.
Le préambule du TUE a été modifié par l’ajout d’un considérant qui indique que l’Union doit s’inspirer de l’héritage religieux de l’Europe. Un concept inacceptable pour notre république laïque.
Concurrence
Le principe de concurrence reste présent dans nombre d’articles des traités, contrairement au battage médiatique autour du retrait obtenu par Sarkozy de la fameuse concurrence libre et non faussée. Un hommage en quelque sorte du vice à la vertu..
Citons par exemple l’article 105 maintenu dans le TFUE qui affirme « le principe d’une économie de marché ouverte où la concurrence est libre ». Le protocole n° 6 rappelle clairement le principe applicable en la matière : « le marché intérieur tel qu’il est défini à l’article [I-3] du traité sur l’Union européenne comprend un système garantissant que la concurrence n’est pas faussée ». L’article [I-3] porte sur les objectifs de l’Union. C’est ainsi que la concurrence non faussée est réintroduite dans les objectifs de l’Union d’où elle semblait avoir disparu.
Combattre ce traité, exiger un référendum
 
Le traité modificatif transfère l’essentiel du TCE dans les traités actuels. Comme l’a dit crûment Valéry Giscard d’Estaing « les gouvernements européens se sont ainsi mis d’accord sur des changements cosmétiques à la Constitution pour qu’elle soit plus facile à avaler ». Le terme « constitution » n’est plus employé et le texte aura donc une moindre portée symbolique.
Une disposition permet au Royaume-Uni d’être dispensé d’appliquer la Charte des droits fondamentaux. Cela peut être interprétée de deux façons :
-         la première, c’est que les droits sociaux au niveau européen, même réduits à portion congrue, ne sont pas obligatoires au même titre que les règles du marché intérieur. Le social serait donc en option et la concurrence obligatoire. C’est l’officialisation du dumping social.
-         La seconde, c’est que maintenant chaque pays pourrait choisir ce qui lui convient dans les décisions européennes. Une Europe à la carte s’instaurerait, avec ses inconvénients, l’accroissement de la concurrence entre les Etats, et ses avantages, le fait de pouvoir refuser d’appliquer une décision. Par exemple, le gouvernement français, qui affirme vouloir défendre les services publics, pourrait refuser d’appliquer la directive postale !
Au-delà, les raisons de fond du rejet du TCE demeurent pour ce traité. Marqué de bout en bout par le néolibéralisme, tant dans les principes qu’il promeut que dans les politiques qu’il prône. Les quelques points positifs ne remettent pas fondamentalement en cause le fonctionnement actuel de l’Union marqué par un profond déficit démocratique avec une confusion des pouvoirs qui voit l'organe exécutif de l'Union, la Commission, dotée de pouvoirs législatifs et judiciaires et qui fait du Conseil un organe législatif alors même qu'il est la réunion des exécutifs nationaux.
A ces raisons de fond vient s'ajouter la méthode employée qui confirme la volonté des gouvernements et de la Commission d’exclure les peuples et les citoyens du processus de construction de l’Union.
 
AGIR
Malgré la victoire du Non des peuples français et néerlandais, les mouvements sociaux européens n’ont pas été en capacité de peser sur la situation avec la même force symbolique que pour le TCE. Chaque mouvement est resté ancré dans sa réalité nationale au lieu de chercher à établir une conscience au niveau européen. Ce qui a permis aux gouvernements de reprendre l’initiative politique après avoir un instant été désarçonnés par les Non français et néerlandais et les oppositions réelles et manifestes mais non exprimées dans les urnes.
Le délai trop court, pour interdire tout débat public, ne permet pas de peser sur l’adoption de ce traité les 18 et 19 octobre, ou plus probablement en décembre après les élections polonaises, alors qu’il reprend à l’identique ou presque, en les aggravant parfois, les dispositions du TCE.
Seul point vraiment positif, l’avancée sur la codécision du parlement et de la commission.
 
Exiger la tenue d’un référendum.
Le TCE a été rejeté par un référendum. Le « traité modificatif » qui reprend l’essentiel de celui-ci doit être soumis directement au vote des citoyens par référendum.
Il est nécessaire de reconstruire un front large avec tous ceux qui à gauche s’étaient opposés au TCE et au-delà de l’ancien collectif du Non, avec tous ceux qui se sont engagés sur cette question du respect de la démocratie, en particulier avec le parti socialiste, les forces syndicales, pour exiger la tenue d’un référendum.
La date de ratification en France pourrait être en janvier, avant les élections municipales. Ce qui laisse peu de temps pour mobiliser l’opinion.
L’objectif des gouvernements de l’Union est de faire ratifier le Traité modificatif avant 2009, date des élections au parlement européen afin que le traité n’en soit pas l’enjeu.
Nous devons engager la bataille sur :
-         le mode ratification ;
-         l’absence de démocratie : l’élaboration en secret par la commission et les Chefs d’Etat.
-         un contenu qui reprend l’essentiel du TCE contre lequel une majorité de français a voté NON.
-         Proposer une alternative qui reprennent les initiatives
                   - Charte des Principes pour une autre Europe élaborée par le Réseau de la charte qui regroupe partis, associations, syndicats de la gauche européenne antilibérale.
                   - Les 10 propositions des Attac d’Europe.
- La charte des Collectifs pour une autre Europe.
Pour en revenir aux objectifs de l’origine de la construction européenne : construire un espace public européen, démocratique et social, pour en finir avec les guerres. Or cet espace de paix n’est plus garanti avec la concurrence de tous contre tous qui provoque la montée des nationalismes.
Il est nécessaire et possible de développer une nouvelle politique de coopération, y compris avec le Sud. Cependant l’espace de l’UE doit être clairement défini car un élargissement à l’infini, dans des conditions mal définies, remet en cause la perspective d’une Europe politique.
C’est aux citoyens des peuples européens de s’approprier les questions de la construction politique, économique et sociale, écologique de l’Europe.
 
le 27 septembre 2007
   Allain GRAUX
       
 
 
ANNEXE
Les principales dispositions modificatives du TFUE
 
Politique commerciale / circulation des capitaux
La politique commerciale de l’Union se fixe pour objectif « d’encourager l’intégration de tous les pays dans l’économie mondiale, y compris par la suppression progressive des obstacles au commerce international » (nouvel article 10A TUE). Cet objectif est affirmé de façon élargie par l’article 188 B du TFUE qui indique que l’Union « contribue (…) à la suppression progressive des restrictions aux échanges internationaux et aux investissements étrangers directs, ainsi qu’à la réduction des barrières douanières et autres ». Cet article modifie la rédaction actuelle dans le sens d’une encore plus grande libéralisation : les investissements étrangers directs et le« et autres » n’apparaissaient pas dans l’article initial. Cette dernière expression renvoie aux normes environnementales ou la protection des consommateurs qui sont la cible des politiques de libéralisation menées, en autres, par l’OMC.
L’unanimité des Etats est cependant requise pour la conclusion d’accords commerciaux dans « le domaine des services culturels et audiovisuels lorsque ces accords risquent de porter atteinte à la diversité culturelle et linguistique de l’Union » et « dans le domaine du commerce des services sociaux, d’éducation et de santé, lorsque ces accords risquent de perturber gravement l’organisation de ces services au niveau national ». Une question reste cependant sans réponse : qui va décider que les risques évoqués existent ?
Rôle de la BCE / politique économique
La stabilité des prix fait maintenant partie des objectifs de l’Union (art. 3 TUE modifié). On peut remarquer que dans le TUE actuel, la stabilité des prix n’apparaissait pas parmi les objectifs de l’Union.
Politique de sécurité et de défense
Le lien à l’OTAN est renforcé : « Les engagements et la coopération dans ce domaine demeurent conformes aux engagements souscrits au sein de l’Organisation du traité de l’Atlantique Nord, qui reste pour les Etats qui en sont membres, le fondement de leur défense collective et l’instance de sa mise en œuvre » (futur article 27-7 TUE).
Le militarisme est officiellement encouragé : « Les Etats membres s’engagent à améliorer progressivement leurs capacités militaires » (futur art. 27-3 TUE). Ce doit être d’ailleurs le seul endroit où le traité encourage les Etats à augmenter leurs dépenses publiques !
Les interventions militaires à l’étranger sont encouragées : « Toutes ces missions peuvent contribuer à la lutte contre le terrorisme, y compris par le soutien apporté à des pays tiers pour combattre le terrorisme sur leur territoire » (futur art. 28 TUE). Un tel article autorise, de fait, toutes les aventures militaires.
Charte des droits fondamentaux
La Charte des droits fondamentaux n’a pas été intégrée au traité modificatif : elle « sera proclamée solennellement par le Parlement européen, le Conseil et la Commission le jour de la signature » des deux traités modifiés, réécrit pour y intégrer son existence qui « a la même valeur juridique que les traités ». La Charte sera donc « juridiquement contraignante » (Déclaration 31). Tout le problème est de savoir jusqu’à quel point.
Les droits sociaux qui y sont contenus sont de très faible portée : le droit au travail et à l’emploi n’existe pas et seul apparaît le « droit de travailler »que nous avions dénoncé dans le TCE. Le droit à la protection sociale est remplacé par un simple « droit d’accès aux prestations de sécurité sociale et aux services sociaux » . Ce texte est ainsi en retrait par rapport à la Déclaration universelle des droits de l’homme et à la Constitution française.
D’autres sujets posent encore plus de problèmes. Le droit à l'avortement et à la contraception ne sont pas reconnus par la Charte. Dans ce cadre, on peut craindre que la réaffirmation du « droit à la vie » ne soit utilisée par certains pour les contester devant la Cour de justice. L’application des droits contenus dans cette Charte est renvoyée aux « pratiques et législations nationales ». Cette charte ne crée donc pas fondamentalement de droit social européen susceptible de rééquilibrer le droit de la concurrence et des limitations à ces droits peuvent être apportées si elles sont jugées « nécessaires ».
Ce texte est encore de trop pour certains gouvernements. Ainsi le Royaume-Uni a obtenu d’en être dispensé (Protocole n°7) et la Pologne et l’Irlande envisagent de faire de même.
Services publics
L’article 16 du traité instituant la communauté européenne reconnaît que les services d’intérêt économique général (SIEG) comme une « valeur commune de l’Union » et indique que l’Union et ses Etats membres « veillent à ce que ces services fonctionnent sur la bases de principes et dans des conditions qui leur permettent d’accomplir leurs missions ». Il devient l’article 14 du TFUE. La nouvelle rédaction évoque explicitement la nécessité pour l’Union et ses Etats membres d’assurer les conditions économiques et financières permettant au SIEG d’assurer leurs missions. De plus, une nouvelle phrase est rajoutée qui indique que « le Parlement européen et le Conseil (…) établissent ces principes et fixent ces conditions ».
Ces modifications sont positives. Elles ne touchent cependant pas à l’essentiel. En effet la mise en œuvre de cet article est explicitement soumise aux articles 86 et 87 du traité. Ces articles ont été conservés dans le TFUE. L’article 86 a une portée considérable, car il les soumet aux règles de la concurrence. La Commission a ainsi tout pouvoir pour ouvrir les services publics à la concurrence. Cet article fournit la base juridique à la libéralisation des services publics. L’article 87 rend, de fait, quasi impossible toute aide d’Etat pour des raisons d’intérêt général.
La référence aux articles 86 et 87 vide, de fait, le nouvel article 14 de toute portée opérationnelle pour développer les services publics.
Un arrêt de la Cour de justice (C-180-184/98) indique que « constitue une activité économique toute activité consistant à offrir des biens et des services sur un marché donné ». Avec ce type de définition, tout peut quasiment être considéré comme « une activité économique » et donc être soumis au droit de la concurrence et aux règles du marché intérieur.
Santé/sécurité sociale
L’article 18 modifié du TFUE porte sur le libre droit de circulation dans l’Union pour tout citoyen de l’Union. Un nouveau paragraphe 3 est créé. Il indique qu’à cet effet, « le Conseil, statuant conformément à une procédure législative spéciale, peut arrêter des mesures concernant la sécurité sociale ou la protection sociale ». La portée de cet article est certes limitée et l’unanimité des Etats sera nécessaire. Cependant la plus grande vigilance reste de mise quand on sait la propension de la Commission à se faufiler dans le moindre interstice juridique pour remettre en cause les politiques publiques.
L’article 42 modifié du TFUE porte sur les droits des travailleurs migrants en matière de sécurité sociale. La procédure de l’unanimité des Etats est remplacée par une procédure plus complexe qui permet à un Etat de bloquer momentanément un projet pendant quatre mois.
Transports
Le second alinéa de l’article 71 TFUE a été modifié. Sa rédaction actuelle prévoyait que l’unanimité des Etats était nécessaire pour adopter des mesures dont l’application était susceptible de porter atteinte au niveau de vie, à l’emploi ou l’exploitation des équipements de transport. La nouvelle rédaction indique simplement « il est tenu compte » ; un verrou protecteur du service public des transports saute.
Energie
Un titre spécifique est créé dans le TFUE (art. 1176 A). Il se situe « dans le cadre de l’établissement ou du fonctionnement du marché intérieur », c’est-à-dire de la libéralisation du marché de l’énergie. S’il indique vouloir « assurer la sécurité de l’approvisionnement énergétique (…) les économies d’énergie ainsi que le développement des énergies nouvelles et renouvelables », il persiste à vouloir « promouvoir l’interconnexion des réseaux énergétiques » alors même qu’elle peut avoir, et a déjà eu, des conséquences désastreuses avec la multiplication des problèmes créés par la libéralisation du secteur. Le droit à l’énergie n’est même pas mentionné alors même que la libéralisation du secteur s’attaque directement au service public de l’énergie.
Compétences réciproques entre l’Union et les Etats membres
Dans le cas des sujets relevant de la compétence partagée, le traité modificatif indique que « Les Etats membres exercent leur compétence dans la mesure où l’Union n’a pas exercé la sienne ». Il ne s’agit donc pas d’une compétence partagée avec les Etats membres mais d’une prééminence des actions de l’Union sur celles des Etats membres. La liste des domaines concernés par la « compétence exclusive » et la « compétence partagée » touche un nombre impressionnant des aspects de la vie quotidienne des habitants de l’Union, sans même y rajouter ceux pour lesquels « l’Union dispose d’une compétence pour mener des actions pour appuyer, coordonner ou compléter l’action des Etats membres ».
Les Etats gardent un droit de veto sur l’action extérieure de l’Union, et sur la politique étrangère et de sécurité commune. Une partie des politiques sociales et fiscales échappe au droit de l’Union, mais elles sont en pratique surdéterminées par les politiques économiques qui, elles, relèvent de l’Union
Les modifications institutionnelles
1) Droit d’initiative citoyenne
« Des citoyens de l’Union, au nombre d’un million au moins, ressortissants d’un nombre significatif d’Etats membres, peuvent prendre l’initiative d’inviter la Commission, dans le cadre de ses attributions, à soumettre une proposition appropriée sur des questions pour lesquelles ces citoyens considèrent qu’un acte juridique de l’Union est nécessaire aux fins de l’application des traités » (nouvel article. 8 B TUE).
Ce droit de pétition reste très sévèrement encadré. Il doit porter sur l’application des traités. Hors de question donc de demander une disposition qui les modifierait. De plus, c’est la Commission qui décide de l’opportunité ou pas de le faire.
2) Actes législatifs européens/rôle de la Commission
Ce sont les directives, règlements, décisions. Le rôle de la Commission est indiqué dans un nouvel article 9 D du TUE : « Un acte législatif de l'Union ne peut être adopté que sur proposition de la Commission sauf dans les cas où les traités en disposent autrement ». Quels sont ces cas ? Une certaine obscurité règne, en première lecture, sur cette notion de « procédure législative spéciale » qui apparaît assez régulièrement dans le traité modificatif. Dans ce cas, le rôle de la Commission n'est pas mentionné. Par ailleurs, le rôle de la Commission est accru puisqu’un acte législatif peut déléguer à la Commission le pouvoir de modifier « certains éléments non essentiels » de cet acte (nouvel article 249 B TFUE).
3) Rôle des Parlements nationaux et du Parlement européen
Les Parlements nationaux apparaissent à plusieurs reprises (nouvel article 8 C TUE, protocole n°1 et 2…), avec la volonté manifeste d’en renforcer le rôle.
L’article 7 du protocole n°2 indique la procédure qui leur permet de peser sur le processus législatif européen. Chaque Parlement national dispose de 2 voix. Deux cas de figures apparaissent. Dans le cas d’une procédure législative ordinaire, si une majorité des voix attribués aux Parlements nationaux donne un avis négatif, le projet doit être réexaminé. Dans les autres cas, un tiers des voix suffit (un quart dans le cas des questions de sécurité et de justice). L’avis négatif doit être motivé par le non-respect du principe de subsidiarité.
Le rôle du Parlement européen est accru par une augmentation significative des domaines relevant de la codécision avec le Conseil.
Enfin un Parlement national pourra bloquer une décision du Conseil qui transforme le mode d’adoption par ce dernier d’actes législatifs dans le cas où le Conseil décide de voter à la majorité qualifiée, alors que l'unanimité est requise par les traités, et dans le cas d'un passage d’une procédure législative spéciale à une procédure législative ordinaire (nouvel article 33-3 TUE).
4) Droit de recours individuel devant la Cour de justice
Il est restreint.
5) Les autres modifications
L’Union se voit doté d’une personnalité juridique ce qui lui permet de signer des accords internationaux au nom des Etats membres. La majorité qualifiée au Conseil passe à 50 % des Etats et 55 % de la population au 1er novembre 2014 avec des mesures transitoires complexes qui pourront durer jusqu’en 2017. Réduction du nombre de Commissaires avec là aussi une procédure de transition jusqu’au 31 octobre 2014. Création d’un poste de Président du Conseil européen pour un mandat de 2,5 ans renouvelable une fois et d’un Haut Représentant (le terme ministre a été rejeté) de l’Union pour les affaires étrangères.
 
 
Par Allain Louis Graux - Publié dans : politique
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Lundi 3 septembre 2007
La crise de l’immobilier s’ajoute aux crises précédentes du capitalisme financier
c’est une crise du système de la mondialisation néo-libérale.
Depuis les années 80 - début du néolibéralisme - il aura été difficile de passer plus de trois ans sans une crise financière majeure :
-1987 : krach des marché d’action ;
-1990 : krach des junk bonds (obligations pourries) et des caisses d’épargne américaines;
-1994 : krach obligataire américaine ;
-1997 : crise financière internationale depuis le Sud-est asiatique (Thaïlande, Corée, Hong- Kong) ; -1998 : Deuxième tranche de la crise financière avec la Russie et le Brésil ;
- 2001-2003 : éclatement de la bulle internet :
- 2007 : éclatement de la bulle immobilière.
A chaque fois ce sont les salariés qui ont réglé l’ardoise, car la crise des marchés financiers si elle frappe les banques, elle touche le crédit et l’investissement et donc l’emploi...
Comprendre la crise actuelle :
Aux Etats-Unis, la surconsommation des riches de plus en plus riches en regard de celle de pauvres de plus en plus pauvres, assèche leur épargne et ne permet plus de faire tourner l’économie. Il faut faire appel à l’épargne mondiale. Facile avec un dollar monnaie internationale. Et pour doper la consommation des classes modestes on utilise le crédit : des prêts à haut risque, à taux variable très élevés. On accorde des prêts immobiliers dit subprime en hypothéquant la propriété. En 2006, ils représentaient 40 % des crédits hypothécaires. Ces hypothèques deviennent des produits financiers, (titritisés : transformés en titres objets de spéculations qui rapportent d’autant plus que les risques sont plus élevés).Les courtiers ont appâté le chaland avec la règle des 2+28 : les deux premières années à un taux attirant et les 28 autres au taux plein et variable qui fait mal. Quand les ménages ne peuvent plus payer parce que les crédits variables ont augmenté ( de 6,3 à 11,25 % ), on vend la maison. ce qui fait grimper encore plus les prix. Mais quand les prix se retournent parce que l’offre de logements est trop importante, les prix se retournent et les hypothèques ne peuvent plus être remboursées par les banques : c’est la crise des liquidités. Plus de monnaie ! Pour les banques il s’agit d’obtenir des prêts entre elles. Mais personne ne veut plus, tellement les risques sont élevés sur un marché effondré. La solution est alors de liquider des actions du marché boursier pour obtenir des fonds. Le bourses baissent : c’est la crise, l’éclatement de la bulle immobilière, doublée par celle des private équity, ces fonds d’investissement qui rachètent des entreprises douteuses, les restructurent (en licenciant) pour les revendre au bout de trois ans avec plus-value. Ces fonds d’investissement fonctionnent aussi à la dette dont ils font payer le service par l’entreprise rachetée. Attirées par des profits fabuleux, les banques se sont précipitées pour financer ces opérations à des conditions d’emprunt ahurissantes. Mais quand la revente, le débouclage,devient impossible ou avec moins-value, tout le système s’effondre, banques inclues...
Tout le système capitaliste est menacé à terme s’il ne peut pas retrouver des liquidités* à tout moment. C’est pourquoi les banques centrales ont injecté des fonds pour refinancer les banques, éviter l’effondrement du crédit, donc de l’investissement, et une crise économique majeure de l’ensemble du système économique capitaliste mondial.
Qui va payer la facture ?
Comme toujours, ce sont les entreprises et les salariés qui vont se retrouver face à des crédits fermés, car pour restaurer les bilans des banques, la contraction du crédit sera générale.
La BCE soi-disant indépendante et garante de la stabilité des prix a injecté près de 300 milliards d’euros, soit douze fois le trou de la sécu (12 milliards). Ce qu’elle se refuse à faire habituellement pour éviter l’inflation ( limitation de la masse monétaire à 4,5 % par an, 2,5 % pour la croissance et 2 % pour l’inflation). Or la masse monétaire de la zone euro a augmenté en réalité de 10,9 % à juin 2007. Cet accroissement provient pour 69 % des actifs financiers qui sont une composante de la masse monétaire (avec la monnaie, les crédits bancaires et les dépôts des caisses d’épargne). L’inflation provient en réalité de ces actifs.
Le rôle de la BCE ne devrait-il pas être de financer des crédits d’investissements réels pour favoriser la création d’emplois, relancer l’économie ?
La nouvelle mode financière est à la transformation des produits pétroliers en produits financiers pour de nouvelles spéculations...et une prochaine crise...
Il faut mettre fin à la spéculation et à la libre circulation des capitaux, appliquer la taxe TOBBIN, produire autrement et mieux, dans un système d’échanges basé sur la solidarité et la coopération.
*La liquidité, c’est la capacité de réaliser des opérations financières sans délai ni coût important sur le marché. Les banques se prêtent de l’argent à un taux au jour le jour de 4 %. Quand le taux bondit à 4,7 , les transactions sont bloquées car elles ne peuvent plus gagner d’argent en empruntant elles–mêmes à ces taux élevés...

Allain GRAUX – le 3 septembre 2007.
 
REF : pour en savoir plus, lire :
-          Le Monde diplomatique de sept.07 - Frédéric Lordon : Quand la finance prend le monde en otage.
-          Alternatives économiques de sept.07 – Sandra Moatti : La mécanique de la crise.
- Publié dans : politique
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Mercredi 25 juillet 2007
14 avril 2006 - Ariel Sharon tombe dans le coma. Il est remplacé par Ehoud Olmert.
Ariel Sharon (en hébreu : אריאל שרון) est né le 26 février 1928 à Kfar Malal près de Jaffa en Palestine. Il est l'un des fondateurs du parti de droite Likoud et s'est illustré militairement au cours des guerres israélo-arabes de 1948-49, de Suez en 1956, des Six Jours en 1967 et du Kippour en 1973. À l'issue d'une longue carrière politique, il devient Premier ministre le 28 mars 2001 après le déclenchement de la seconde Intifada. Le recours à la force pour y mettre fin débouche sur des éliminations ciblées d’hommes politiques palestiniens et la mort de nombreux civils. À l'issue de la seconde Intifada, il met en œuvre le retrait israélien unilatéral de la Bande de Gaza. En novembre 2005, il demande la dissolution du parlement, crée son propre parti KADIMA avec le travailliste Shimon Pérès (actuel Président d’Israël) et prépare les élections anticipées de 2006. En décembre 2005 et janvier 2006, il est hospitalisé par deux fois à l'hôpital Hadassah Ein Karem de Jérusalem pour deux attaques cérébrales successives. Après près de 5 mois de coma, il est transféré le 28 mai 2006 au centre médical de longue durée Sheba de l'hôpital Tel Hashomer
 
-                      12 juillet-Août 2006 – Israël attaque le Liban, suite à la capture par le Hezbollah, de soldats israéliens qui avaient franchi la frontière libanaise : 1 300 morts libanais, 60 morts israéliens. Sous la pression internationale, l’armée israélienne est contrainte de se retirer sans avoir pu détruire les forces du Hezbollah qui bombardaient le territoire d’Israël avec des roquettes.
 
 
 
 
III - LEXIQUE
*YICHOUV : nom de la communauté juive de Palestine avant la création de l’Etat d’Israël, le Yichow devient l’embryon de l’Etat juif avec ses organisations : Conseil national (Vaad Leumi), armée ( Haganah, Palmah, l’Irgoun).
Cette communauté s’est étendue en hommes mais aussi en terres, les dounoums (1/10° d’ha) des propriétaires arabes qui passent de 204 000 à 1 802 000 en 50 ans, transformés en kibboutzim (collectifs) et mochavim (coopératives) qui progressent de 27 à 300 dans le même temps.
La régénérescence du peuple juif par le travail, promise par le sionisme, s’effectue à la campagne mais aussi à la ville, dans l’industrie et le commerce où la communauté prospère grâce à la formation, les moyens techniques, les capitaux venus de la diaspora.
Kibboutzim et Mochavim font la chasse à l’utilisation des ouvriers arabes. Sur les murs de Jérusalem et Tel-Aviv en 1909, on pouvait lire : « n’achetez pas de produits arabes ! » «achetez hébreu ! »
*HAMAS : Mouvement de la résistance islamique (Zèle en Arabe)
Il a été crée par la Société des Frères musulmans (d’origine égyptienne) après la première Intifada. La Société a bâti tout un réseau d’institutions sociales autour des mosquées. Son chef spirituel, le cheik Ahmad Yassine sera libéré, puis assassiné par l’armée israélienne. L’organisation est financée principalement par l’Arabie saoudite.
Alors que le Fatah s’achète une clientèle chez les notables, les Frères aident les fractions les plus pauvres de la population. Dans les année 70 à 80, ils sont relativement inertes dans le combat nationaliste ; si bien qu’ils jouissent d’une relative mansuétude de la part des services israéliens, jugés comme un contrepoids utile (à Israël) face à l’OLP... Mais en 80, la fraction du Djihad islamique de lance dans l’action violente.
Le Hamas va créer une branche militaire : les brigades Ezzedine Al Kassam. Il adopte une Charte le 18 Août 88 dans laquelle il affirme que La Palestine est une propriété religieuse qui ne peut être cédée ni négociée. Il condamne les accords d’Oslo et la Conférence de Madrid. Le dialogue avec le Fatah d’Arafat est difficile, et après la vague d’attentats suicides de 1996, les arrestations par l’Autorité s’amplifient ; en 97, elle ferme 16 bureaux et associations liées au Hamas.
Après la seconde Intifada, les attentats-suicides reprennent au printemps 2001 et trouvent un large appui parmi la population. En représailles, ses principaux chefs militaires sont assassinés.
Il gagnera les élections législatives en janvier 2006.
 
 
IV - MYTHES
La version du conflit qui irrigue nos médias veut nous faire croire que sa source se situe dans une haine irrationnelle des musulmans contre les juifs ou contre l’Occident : une guerre des religions, la guerre des civilisations.
-                      « la terre sans peuple pour un peuple sans terre » qui a occulté le nettoyage ethnique de 1948.
-                      le mythe du partage refusé par les seuls arabes :
        Ben Gourion en 1937 : « ...je ne vois pas la partition comme la solution finale de la question de la Palestine....après la formation d’une armée importante dans le cadre de l’établissement de l’Etat, nous abolirons la partition et nous nous étendrons à l’ensemble de la Palestine». Après 1947, il précise en de nombreuses occasions que les limites de l’Etat seraient déterminées par la fortune des armes. Le texte de la déclaration d’indépendance ne contient aucune mention, ni de la résolution de l’ONU, ni des frontières. Au même moment, les émissaires israéliens assurent au président américain que l’Etat d’Israël a été fondé « dans les frontières approuvées par l’Assemblée générale des Nations Unies ». La mystification devient le mythe...du refus des seuls Arabes.
-      Le mensonge de la nécessité de la guerre préventive de 1967 pour éviter un danger mortel à Israël. Ni Nasser, ni Lévy Eskhol ne la souhaitait. Itzhak Rabin a déclaré : « Je ne pense pas que Nasser voulait la guerre. Les deux divisions qu’il envoya dans le Sinaï, le 14 mai, n’auraient pas suffi pour lancer une offensive contre Israël. Il le savait et nous le savions ».
Ce bluff au risque d’extermination a été utilisé par le lobby militaire pour mettre la main sur la Cisjordanie, Jérusalem et le Golan.
-                      Le mensonge de la responsabilité arabe de la guerre de 1973. c’est Israël qui a refusé les propositions égyptiennes pour un règlement pacifique.
-                      Les attaques israéliennes ne seraient jamais que des ripostes. Or il y a bien plus de victimes palestiniennes que de victimes israéliennes et bien plus d’assassinats de Palestiniens dits ciblés par le terrorisme d’Etat Israélien que de tués israéliens par des actes terroristes (tout aussi condamnables quand il s’agit de civils innocents).
-                      Les offres « généreuses » faites aux Palestiniens depuis Oslo, alors que la colonisation n’a pas cessée, entraînant la « bantoustanisation » des territoires.
*Lire à ce sujet L’américain Norman Finkelstein ( Mythes et réalités du conflit israélo-palestinien).
 
-                      Le mythe mobilisateur...toute cette culture politique socialiste d’avant l’Etat n’était qu’une compensation psychologique octroyée au travailleur en contrepartie de son infériorité concrète. L’égalité au sein de la Histadrout, organisation sans pareille dans le monde ouvrier, à la fois centrale syndicale et géant économique qui, à la veille de l’indépendance, couvrait
25 % de l’économie nationale et contrôlait toute l’agriculture collectiviste..
Derrière tout cela, la réalité était celle d’une société banalement européenne. Il y avait des avocats qui gagnaient 1000 £ par an, quand l’ouvrier du bâtiment en récoltait à peine 60...Egalité et travail manuel y faisaient l’objet d’un véritable culte alors que dès la fin des années 20, ils avaient cessé de représenter un objectif véritable et une valeur en soi.
Le kibboutz : c’était pour le mouvement travailliste un extraordinaire alibi : grâce à lui, on pouvait se targuer d’une réalisation sans pareille dans être obligé de toucher à l’ensemble des structures sociales. Mais outre que le kibboutz n’a jamais regroupé qu’une minorité infime de la population juive de Palestine, sa fonction consistait essentiellement à la conquête de la terre.
Capital : 75 % de l’argent arrivé dans le pays provenait du capital privé.
Le sionisme des pères fondateurs était un nationalisme culturel :
...il n’était pas un luxe pour les Juifs mais une nécessité existentielle. C’était un nationalisme de survie, et cette survie exigeait la conquête de ce morceau de terre. Les Palestiniens ont payé, sans aucun doute le prix de cette conquête.
Le mouvement sioniste se trouvait au contraire (NDLA d’autres nationalismes), face à un peuple qu’il fallait sauver de la catastrophe et de l’extermination qui s’annonçaient : cet impératif lui a donné un caractère de moralité qu’un nationalisme tribal normal n’a pas.
...Voilà pourquoi le sionisme, tel qu’il naît en Europe et tel qu’il se matérialise en Palestine, est tout d’abord un nationalisme culturel, un nationalisme organique et un nationalisme à connotation religieuse, où la laïcité n’a jamais été que très superficielle.
...Ce socialisme-là ne pouvait pas se permettre le coût d’un changement social qui aurait nécessairement mis en cause la possibilité d’atteindre les objectifs nationaux. La solidarité nationale passait avant tout, et ce socialisme des pauvres devenait un socialisme national.
...S’il aura le courage ( Shimon Pérès ) de mettre fin au conflit, en démantelant au moins une partie des implantations juives en place. Pour faire la paix, il faudra voir une partie importante des colons quitter leurs foyers.
Zeev Sternhell ( professeur à l’université hébraïque de Jérusalem. (Le monde –21.05.1996)
Prémonitoire ! Le problème reste entier, onze ans plus tard ... en dehors de Gaza, les colonies se sont agrandies...
 
- L'unilatéralisme
C'est la conscience d'avoir été victime qui permet à Israël de devenir oppresseur du peuple palestinien. Le mot " Shoah " qui singularise le destin victimaire juif et banalise tous les autres (ceux du goulag, des Tsiganes, des Noirs esclavagisés, des Indiens d'Amériques) devient la légitimation d'un colonialisme, d'une apartheid et d'une ghettoïsation pour les palestiniens.
La conscience victimaire comporte évidemment une vision unilatérale de la situation et des événements.
Au départ du sionisme la formule "un peuple sans terre pour une terre sans peuple " a occulté le peuplement palestinien antérieur. Le droit des juifs à une nation a occulté le droit des palestiniens à leur nation. Le droit au retour des réfugiés palestiniens est vu aujourd'hui, non comme un droit symétrique è celui du retour de juifs qui n'ont jamais vécu en Palestine, mais à la fois comme un sacrilège et comme une demande de suicide démographique d'Israël. Alors qu'il aurait pu être considéré comme une réparation aux modalités négociables.
Il est horrible de tuer des civils selon un principe de culpabilité collective, comme le font les attentats-suicides, mais c'est un principe appliqué par Israël frappant, depuis le temps de Sabra et Chatila et du Liban Nord jusqu'à aujourd'hui et hélas probablement demain, des civils, femmes et enfants, et en détruisant la maison et les cultures des familles d'auteurs d'attentat. Les victimes civiles palestiniennes sont désormais quinze à vingt fois plus nombreuses que les victimes israéliennes. Est ce que la pitié doit être exclusivement réservée aux unes et non aux autres ?
Israël voit son terrorisme d'Etat contre les civils palestiniens comme auto-défense et ne voit que du terrorisme dans la résistance palestinienne.
Edgar Morin ( 2004)
- Réfugiés !
Pendant toute la seconde guerre mondiale, la Palestine a servi d’asile à de dizaines de milliers de personnes fuyant la guerre ou la répression. Mais avec l’arrivée des resc             apés de la Shoah, les réfugiés juifs prétendent « retourner » dans leur pays pour s’y substituer à la population locale ...
- EXPULSIONS :
« Il existait, non un master plan, d’expulsion des Palestiniens, mais une forte volonté de les faire partir qui s’affirme tout au long de la guerre....Ce qui s’est formé durant la guerre, c’est un consensus majoritaire prônant l’idée, que dans l’intérêt de l’Etat d’Israël, du point de vue sécuritaire et politique, le mieux était qu’un minimum d’Arabes restent dans l’Etat. ..Ben Gourion a t-il, stratégiquement, pensé, opérer un transfert, mais il ne l’a pas mis en oeuvre...dans certains cas il ordonne l’expulsion alors que dans d’autres il se tait....Bref, l’expulsion est organisée de manière chaotique...Ce qui est indiscutable, c’est que dans presque tous les cas, l’Etat d’Israël n’a pas permis aux réfugiés de revenir dans leur ville ou leur village. Or qu’est ce qu’une politique qui ne laisse pas les réfugiés rentrer chez eux, sinon une politique d’expulsion. » (Benny Morris)
 
- Colonies : 250 000 colons en Cisjordanie !
Près de 40 % des terres des colonies israéliennes en Cisjordanie ont été confisquées à des propriétaires fonciers palestiniens de façon totalement illégale selon un rapport publié par « La Paix maintenant », mouvement israélien opposé à la colonisation. (AFP – 21.11.06)
En fait, la colonisation est devenue un piège car le Grand Israël, par la simple évolution démographique comportera très prochainement une majorité de Palestiniens. A moins de les expulser tous !* « L’occupation a fini par envahir Israël. »
 
Colonies israéliennes – selon la feuille de route, Israël doit évacuer les colonies avancées illégales installées par des colons, avec la connaissance du gouvernement mais sans accord formel avant mars 2001. Le gouvernement estime que leur nombre est de 28. La Paix Maintenant en compte 53. En tout, il y en a plus de 100 si l’on ajoute ceux qui ont été érigés avant mars 2001. Le rapport Sasson du 9 mars 2005 a catalogué les emplois abusifs des fonds publics pour financer les colonies quoique la plus grande partie de l’information fût déjà connue. A la date de juin 2007, il n’y a pas eu grand progrès.  
- Etat Juif ou Etat Laïc et démocratique : voicil’opinion d’Anita Shapira, historienne du mouvement ouvrier Mapaï dans Juifs nouveaux, juifs anciens. A l’égard des nouveaux historiens, elle écrit : « Pour certains d’entre eux, la critique du passé et du présent constitue un point de départ pour un programme politique alternatif. Leur but, c’est un changement de la nature de l’Etat d’Israël : en abandonnant sa composante idéologique sioniste, il deviendrait unEtat laïc et démocratique sans caractère national prédominant, autrement dit ce ne serait plus l’Etat juif. L’abolition de la Loi du retour, qui accorde automatiquement la citoyenneté aux Juifs venant en Israël et souligne la différence entre le statut de ceux-ci dans le pays et celui des Arabes manifesterait ce changement. »
- La nature de l’Etat Juif : tout est dit, écrit par une idéologue du mouvement de la gauche radicale juive... :
sioniste avant d’être démocratique, théocratique avant d’être laïc.
Le sionisme entraînant la colonisation et le départ ( pour ne pas dire l’expulsion) des habitants arabes de la Palestine.
 
V – IDENTITE
CARTE d’IDENTITE d’ISRAEL
- Population : 7 100 000 hab. (fin 2006), dont 76 % de juifs et 20 % d'arabes israéliens, parmi lesquels on distingue une minorité chrétienne.
-
Densité : 299 hab./km².
-
Superficie : 20 770 km².
-
Capitale : Jérusalem (704 900 hab.).
-
Autres villes principales : Tel-Aviv (379 000 hab.), Haïfa (269 300 hab.), Rishon-Letzion (217 000 hab.), Beer-Sheva (185 500 hab.).
-
Régime politique : république parlementaire.
-
Président : Shimon PERES (Kadima – ex-travailliste)
-
Premier ministre : Ehoud Olmert. (Kadima- ex-Likoud)
-
Monnaie : nouveau shekel (NIS).
-
Langues officielles : l'hébreu et l'arabe.
CARTE d’IDENTITE des TERRITOIRES
 
- Population : 3 800 000 hab. (2006) – Cisjordanie : 2,4 – Bande de Gaza : 1.4
- Densité : 602 hab.
- croissance démographique : 3,3 % par an- espérance de vie : 73 ans -
-Alphabétisation : 89 %
- Religions : sunnites – Chrétiens : 2 %
- Superficie : Cisjordanie 5842 km2-Bande de Gaza : 365 km2
- Capitale : Jérusalem Est – provisoirement Ramallah
- Autres villes : Naplouse,Jénine, Tulkarem, Jericho, Betléem, Qalqiliya, Gaza
- Régime politique : république autonome
- Président : Mahmoud Abbas, dit Abou Mazen
- Premier ministre : Ismaël Haniyeh( Hamas) – Salam Fayyad : chef du cabinet d’urgence
- Langues : arabe
 
 
 
 
 
EAU 
L’eau est rare dans la région. Le travail de la société israélienne des eaux a rendu possible une forte densité de population et un niveau de vie élevé. Elle pompe l’eau du Lac de Galilée et la transporte vers les régions du centre et du sud d’Israël ainsi que vers des zones palestiniennes. En une journée, elle délivre une quantité d’eau égale à celle utilisée pour toute l’année 1948, mais ce n’est pas assez.
L’occupation des hauteurs du Golan ne sont pas seulement stratégiques militairement, mais aussi parce que c’est le réservoir des sources d’eau pour Israël et la Palestine.
Les aquifères qui alimentent la partie centrale d’Israël sont situées dans la Rive Ouest. Le Jourdain coule dans ce qui deviendrait une partie de la Palestine. Les deux parties ont besoin d’eau pour survivre et veulent s’assurer une fourniture en eau adéquate. Israël a réservé pour son propre usage un pourcentage élevé de l’eau des aquifères de la Rive Ouest.
 
Réflexions
Un Mouvement Républicain, laïc, socialiste, peut-il raisonnablement soutenir, aidé, approuvé, une telle politique qui nie les droits humains et politiques des Palestiniens Arabes ?
Il ne saurait être question de remettre en cause l’existence de l’Etat d’Israël que l’OLP et l’Autorité Palestinienne ont elles-mêmes reconnu.
Il ne s’agit pas de dire si l’avenir de la Palestine est d’être partagée entre deux Etats, un Palestinien et un Israélien. C’était le choix des Institutions internationales à un moment de l’histoire et il est approuvé aujourd’hui par une majorité de Palestiniens et d’Etats arabes. L’histoire dira si la solution du problème palestinien est dans ce partage ou si la Paix, finalement, serait plus viable dans la constitution d’un Etat pluriethnique, laïc et démocratique ... C’est aux peuples qui aujourd’hui s’affrontent de faire ce choix.
Ce que nous pouvons faire c’est aider à ce que les choix se fassent dans la Paix, par la négociation, dans le cadre d’une conférence internationale qui offre des garanties aux deux parties, regroupant les principaux acteurs en mesure de le faire : Les Etats-Unis, l’Union Européenne, les Etats Arabes, la Russie, Israël et les Palestiniens.
La sécurité et les droits des peuples doivent être au centre de ces négociations, sur la base des résolutions de l’ONU qui exigent le retour aux frontières de 1967, des accords d’Oslo et de Taba, en réglant le problème des colonies, en y ajoutant le principe du droit au retour des réfugiés.
Le problème est urgent, car un peuple souffre quotidiennement, humilié, discriminé, blessé, tué, et survit malgré tout dans des conditions tellement inimaginables que le désespoir de certains les conduit à des actes désespérés de suicide, tel Samson qui acculé à fait écrouler les colonnes du temple en entraînant dans la mort un maximum de Philistins.
Le problème est urgent car il s’agit non seulement de l’affrontement de deux peuples pour une même terre, mais aussi de la Paix mondiale, dans ce Moyen-Orient où l’impérialisme et l’intégrisme utilisent le concept erroné de guerre des civilisations pour se livrer des combats meurtriers qui menacent l’humanité.
 
 Allain Graux.
le 20 juillet 2007
 
Bibliographie
-                      le péché originel d’Israël – Dominique Vidal ( éditions de l’atelier)
-                      les 100 clés du Proche-orient – Alain Gresh et Dominique Vidal (Hachette littératures, collection Pluriel)
-                      Israël, Palestine, Vérités sur un conflit – Alain Gresh ( Hachette littératures, Pluriel)
-                      O Jérusalem ! – Daniel Collins et Dominique Lapierre.
Articles
Le Monde Diplomatique :
-                      Une fenêtre sur l’espoir Quadoura Farès député palestinien, et Amram Mitzna,maire de Haïfa- décembre 2003.
-                      Le grand dessein politicide d’Ariel Sharon, par Baruch Kimmerling, sociologue israélien - juin 2004.
-                      Abou Mazen : une chance pour la paix – Ussein Agha et Roibert Malley (E-U) - février 2005.
-                      Révoltes et refus en Terres d’Islam – Georges Corm (mars 2006).
-                      Comment l’occupation a transformé Israël. Meron Rapoport – Journaliste au Haaretz – juin 2007.
 
 
 
Le Collectif national pour une paix juste et durable entre Palestiniens et Israéliens rassemble plus de 30 organisations dont : Les Alternatifs, ATTAC, La FSU, la LCR, le MARS, le PCF, l’Union Syndicale Solidaires, les Verts
Par Allain Louis Graux - Publié dans : politique
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Lundi 25 juin 2007
LA TURQUIE et l’UNION EUROPEENNE


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                                                                                              ATATURK

La Turquie revient à la une de l’actualité au moment où la question de l’union politique européenne est relancée par l’élection présidentielle française. La volonté de la chancelière allemande d’obtenir une unité que certains Etats refusent toujours n’est pas étrangère aux questions que posent l’adhésion de ce pays. Elle ajoute une divergence supplémentaire à toutes celles qui sont en débat entre les 27 pays membres.
La Turquie dont le modèle républicain et laïc, imposé par Atatürk est directement inspiré de la révolution jacobine française, doit-elle élire son président au suffrage universel direct. Comme en France ! En dehors de l’aspect concernant l’évolution des institutions, régime parlementaire ou présidentiel, ce qui est en jeu c’est quelle sera l’orientation d’une Turquie dirigée par Recep Tayyip Erdogan, premier ministre d’un parti musulman qui veut faire élire président Abdullah Gül, un intégriste issu de ses rangs. Or si la population turque est musulmane à 95 %, elle n’est pas pour autant islamiste et encore moins intégriste : 80 % des Turcs rêvent de la liberté à l’européenne, pour des raisons différentes, voire opposées, entre Kurdes, laïcs, milieu des affaires, ou paysans misérables d’Anatolie. Même les Islamistes sont pro-européens. L’armée garante de la révolution kémaliste qui a brisé les archaïsmes religieux a fait invalider l’élection à la présidence du candidat islamiste par un parlement majoritairement AKP1.
Les laïcs, opposition minoritaire et disparate2, emmenée par le Parti Républicain du Peuple, ont manifesté dans la rue pour garder les valeurs républicaines, mais par ailleurs ils s’opposent aux généraux dont ils jugent l’influence incompatible avec une évolution démocratique du pays.
Les exigences de Bruxelles ont représenté un levier sans pareil pour mettre en oeuvre des réformes qui ont changé 40 % de la Constitution de 1982 issue du coup d’Etat militaire de 1980. Cependant il n’y a pas eu de coupure avec le rôle décisif qu’exercent encore les généraux au travers du Conseil National de Sécurité3. Ce qui est essentiel pour les démocrates laïcs et aussi pour les islamistes. Nombre de réformes votées sont peu appliquées dans la réalité :
-         comme le respect des droits des femmes toujours victimes de violences conjugales ;
-         comme le respect des droits de s’éduquer ou d’être informé dans leur langue par les Kurdes.
L’article 302 du code pénal sur la diffamation en public de l’identité turque ou 305 sur la protection des valeurs de l’Etat permettent des interprétations qui n’ont que de lointains rapports avec l’exercice de la liberté d’expression.
C’est toute l’ambiguïté de la Turquie : pont entre l’Orient et l’Occident, entre les cultures, où se mélangent les peuples et les influences modernes ou traditionalistes, à cheval sur l’Europe et l’Asie, entre autoritarisme et démocratie. la Turquie est à l’image de ces deux visages, le musulman conservateur avec ses minarets et ses femmes voilées, et son volet moderne à l’occidental, vêtures et belles voitures, les souks et les quartiers d’affaires d’Istanbul où s’élèvent les gratte-ciels des sociétés multinationales.
Pourquoi entrer dans l’Union européenne ?
Les élites turques se sentent de longue date pleinement européennes. Mustapha Kemal disait :
« la civilisation, c’est l’Occident, le monde moderne dont la Turquie doit faire partie si elle veut survivre. »
Dès 1963 De Gaulle et Adenauer saluaient la vocation européenne d’une Turquie que l’on qualifiait en 1920 d’homme malade de l’Europe...
Pour la Turquie progressiste, L’UE représente un avenir, une garantie de l’évolution démocratique du pays. Les laïcs démocrates ont conscience que l’islamisation provoquerait un rejet définitif des opinions européennes à l’égard de l’adhésion de la Turquie.
Le parti au pouvoir qui se présente comme modéré, s’il ne peut pas faire appliquer la Charia et a du renoncer a criminaliser l’adultère, s’attaque néanmoins aux signes laïcs, s’essayant à leur remise en cause par les pressions exercées. Le gouvernement a réussi par exemple, paradoxalement en utilisant la réglementation européenne sur l’hygiène, à interdire presque totalement l’élevage des porcs et leur commercialisation.
La crise institutionnelle turque s’inscrit en contrepoint de la crise institutionnelle européenne :
- l’Europe. est-elle une simple zone de libre échange comme le souhaite le Royaume-Uni, la Pologne?
- ou l’UE. doit-elle se doter d’institutions politiques pour devenir un super Etat fédéral, ou une confédération d’Etats ?
Selon l’orientation choisie, on peut donner une réponse à la question de l’adhésion de la Turquie à l’UE. S’il s’agit d’une simple zone économique, inutile de poursuivre sur le chemin de l’adhésion inauguré par l’accord d’association du 12 septembre1963, poursuivi par l’Union douanière entrée en vigueur le 1.01.96, le Partenariat pour l’adhésion conclu en 2000 sous la présidence française, révisé en 2003, conforté par la clause de Rendez-vous de 2004.
Pour les Turcs c’est le choix entre la démocratie libérale à l’occidentale ou la tentation islamiste, le rejet vers un Moyen-Orient au coeur des conflits qui agitent le monde : la Palestine, l’Irak, la Syrie, l’Iran, dont la question kurde est un élément. Etre rejetés, c’est aussi se confronter avec la Russie, pour l’influence sur les républiques turcomènes de l’Asie central soviétique.
Pour l’UE, intégrer la Turquie c’est aussi intégrer toutes ces questions. Mais c’est également en favorisant l’évolution démocratique de ce pays, l’arrimer à l’Occident et jouer un rôle éminent, plus important dans l’apaisement de ces conflits qui de toutes façons concernent son Sud méditerranéen.
La Turquie, ce serait aussi le pays le plus peuplé de l’UE avec 86 millions d’habitants en 2020, donc un poids majeur au parlement européen, d’une nation ...musulmane. Ce que les laudateurs des « racines chrétiennes » de l’Europe ne sont pas près d’accepter.
Ce sera aussi une lourde facture à payer, en plus de celle des pays de l’Est, elle pourrait s’élever à 28 milliards d’euros par an en 2025.
L’armée perdra irrémédiablement son pouvoir en cas d’adhésion à l’UE. Elle n’y est donc pas très favorable et bloque en particulier le règlement de la question de Chypre et de son occupation illégale qui est une autre condition de l’adhésion.
Les islamistes ont intérêt à l’adhésion car elle ferait sauter le verrou militaire qui à leurs yeux les empêche d’étendre leur influence religieuse et politique, un intérêt commun avec les laïcs, mais pour des raisons diamétralement opposées...
Quelque soit le choix des citoyens et des Etats de l’UE, l’entrée de la Turquie n’est pas pour demain, elle se profile à l’horizon de 2020. Mais l’Union a en mains les meilleures raisons de favoriser tous les rapprochements possibles et prévenir le « choc des civilisations entre Islam et Occident ».

 

1AKP : Parti de la Justice et du développement (islamiste)
2Nota : Si les élections législatives de 2002 ont donné la majorité absolue à l’AKP avec
364 sièges sur 550 grâce au scrutin uninominal à un tour, ce parti n’a cependant recueilli
que 34,2 %. Le seul autre parti a réussi à franchir le seuil minimum de 10 % pour être
représenté au parlement est le CHP ( Parti Républicain du Peuple) avec 19 % des voix.
C’est le parti d’Atatürk, laïc et affilié à l’internationale socialiste).
3Le conseil national de Sécurité (MGK) : le vrai pouvoir politique en Turquie est entre les
mains du MGK et dans son secrétariat qui regroupe le président de la République, le
 
Premier ministre et les ministres de la défense, de l’intérieur, de la Justice, les chefs des
trois armées, ainsi que le chef de l’Etat-major.
·          ALTERNANCE : depuis 25 ans, le gouvernement sortant n’a jamais gagné
·          une élection, faisant de l’instabilité gouvernementale la véritable faiblesse de ce
·          pays et la marque de la profonde insatisfaction d’électeurs (majoritaire
·          ment conservateurs) face à la médiocrité de l’offre politique de partis corsetés
·          par l’armée. Qu’en sera-t-il cette fois-ci ?
·          Au cas ou l’AKP s’emparerait de la présidence, le risque d’un coup
·          d’Etat militaire est réel. La seule réponse possible, c’est l’Union de
·          l’opposition autour du Parti Républicain du Peuple.

 

TURQUIE
Un Etat laïc pour un pays musulman !!
Lors d’un voyage à Istanbul fin décembre 2001, j’avais rencontré Erol OSKORAY, directeur de la revue IDEA POLITIKA et conseiller du président du Parti Républicain du Peuple. Depuis, la revue d’Erol qui était déjà sous le coup de diverses inculpations qui pouvaient l’envoyer pour douze ans en prison, a été interdite...
Certains propos qu’il m’avait confié sont toujours d’actualité.
  interview-Erol-Oskoray-par-allain-GRAUX.JPG

(Mille et une Nuits
Erol OSKORAY : En Europe il y a deux pays qui sont laïcs : la France et la Turquie. Ces deux valeurs sont les plus fortes de notre système politique. En Turquie malheureusement cette République laïque, au lieu de devenir démocratique, est devenue autoritaire. Les institutions républicaines sont sous le contrôle de l’armée.
 
1001 Nuits : L’invention d’Ataturk pour imposer la République laïque?
E.O. Non ! On appelle le Kémalisme, selon Duverger :despotisme éclairé. Son but a toujours été de faire progresser le régime vers la démocratie. La Turquie est passé au pluralisme seulement en 1950, mais comme elle était le front avancé contre le bolchevisme, le système est resté sous contrôle américain. Durant la première guerre mondiale l’Occident voulait nous diviser, nous rejeter du continent. Il s’en est suivi une sorte de paranoïa avec des peurs qui se sont accumulées. Ce sentiment de crainte explique le problème des relations avec l’Europe. La Turquie a connu trois putsch, en 60, 71 et 1980. les militaires ont quitté le pouvoir mais ils ont établi la base de ce système qui repose sur leur contrôle de la constitution de 1982 par le biais du conseil national de sécurité.
1001 Nuits N’est- ce- pas ce système de pouvoir contrôlé par les militaires qui constitue un blocage pour permettre l’entrée de la Turquie dans l’Union européenne ?
E.O.  L’UE a demandé la liquidation totale du CNS ou qu’il devienne une sorte d’institution de conseil qui ne disposerait pas du pouvoir politique. A mon avis, tous les mois, c’est un coup d’Etat à l’encontre des mœurs démocratiques et parlementaires. Nous attendons tout de cette dynamique externe que représente l’UE
 
1001 Nuits Avez-vous néanmoins un espoir que ce problème se résolve rapidement ?  
E.O.
Oui, parce que le peuple turc connaît les rouages de la démocratie, il connaît ses droits de citoyen dans la République, la laïcité est dans ses mœurs. Il y a des élections. Ce sont des choses nécessaires à l’exercice de la démocratie, mais pas suffisantes. Il y a tellement de blocages dans les superstructures de l’Etat que cette volonté de changement n’arrive pas à s’exprimer de manière positive pour et par le peuple.
 
1001 Nuits : Est-ce que les Turcs sont pour autant majoritairement favorables à cette entrée en Europe ?
E.O.Actuellement parmi les pays candidats à l’entrée dans l’U.E., la Turquie détient le plus fort pourcentage de personnes favorables avec 85%
 
1001 Nuits : Est-ce que cela s’exprime par une volonté populaire de changement démocratique ?
E.O Les Turcs sont à la recherche de nouveaux partis politiques, de nouveaux leaders, d’une nouvelle équipe pour amener ce pays au niveau européen. Pour en revenir à cette volonté populaire qui n’est pas reflétée par des partis politiques, c’est que d’un côté il y a des politiciens, de l’autre l’armée, en troisième des hommes d’affaires, tous plus ou moins corrompus, qui traitent avec les élites oligarchiques de l’Etat. 
-           
-          1001 Nuits : Un directeur de magasin m’a déclaré qu’il n’y avait pas de problème kurde est-il vrai ?!.
-          E.O Il y a un problème kurde. Les Turcs ont accepté, dans le cadre du protocole d’adhésion à l’U.E.,le droit à l’utilisation de leur culture, à l’enseignement de leur langue, tous ces droits pour une minorité que l’on ne veut pas reconnaître mais qui est une composante de l’unité nationale.
 
-          1001 NuitsEst-ce réellement la volonté des Etats-Unis de pousser la Turquie dans les bras de l’Europe 
-          EO : Les Etats-unis veulent que la Turquie rentre dans l’Union Européenne, c’était la politique de Clinton. Après la crise du Kosovo, l’Europe a constaté qu’elle devait compter avec la Turquie, force importante, majeure pour la politique dans les Balkans. La politique de Bush est celle que vous avez décrite, mais d’un autre côté il a aussi la volonté que la Turquie soit en Europe en restant une amie fidèle. La Turquie, parce que son influence s’étend effectivement jusqu’aux frontières de la Chine, peut avoir un rôle auprès de ses frères turcophones.
 
1001 Nuits : Il faut aussi convaincre les Européens ? 
E.O En ce qui concerne les droits de l’homme, la liberté de la presse, de l’opinion, les problèmes existent. On ne vous tue pas mais vous avez des procès. Cependant après le 11 septembre, les gens ont constaté qu’il y avait un pays musulman qui était aussi républicain et laïc. C’est le seul exemple. Toutes les religions ont les mêmes droits. Dans les quartiers vous pouvez voir ensemble, l’église, la synagogue et la mosquée.
 
1001 Nuit : Et la question de l’Arménie, le problème arménien !
E.O : Il faut le reconnaître comme vous reconnaissez aujourd’hui la torture et les exactions en Algérie. Cela va se régler. Mais la Turquie ne peut pas accepter le terme de génocide. On peut trouver une solution dans la reconnaissance des faits réels. Je ferai une critique à l’UE qui bombarde la Turquie de ces dossiers à résoudre. Les réactions ont été : « pourquoi ils demandent ça, ils nous veulent du mal ! »
 
Propos recueillis par Allain GRAUX 
 
Le 11 décembre 2001, Erol ozkoray , après la victoire de l’AKP aux élections, écrivait un article dans Libération dont vous trouverez ces extraits ci-dessous qui illustrent assez bien notre éclairage sur la question de la Turquie et de l’Europe :
 
« ...il s’agit des loups déguisés en agneaux ayant un but suprême et dissimulé, un vieux rêve de trente ans : celui de passer à une république islamique, sans oublier par ailleurs qu’il s’agit là des ennemis jurés de l’Occident et du monde chrétien.
...leur qualification d’islamistes modérés et de démocrates islamistes. erreur majeure, car dans une république laïque, il n’y a pas de place pour un islam politisé qui affrontera tôt ou tard les institutions laïques de l’Etat...
Les islamistes en Turquie appliquent la takiye, la dissimulation pour réaliser leur dessein politique machiavélique et suivent à la lettre la stratégie du FIS algérien : conquérir les mosquées, gagner les mairies et remporter les élections.
...le gouvernement islamiste est-il légitime ? La réponse est négative...Primo, la philosophie politique de ce parti est en contradiction totale avec les valeurs fondatrices de la République turque , la laïcité et le kémalisme...Secundo les islamistes représentent seulement 34 % de l’électorat... Tertio, leurs valeurs ne sont pas les mêmes que celles de la société turque dans son immense majorité.
..Pour défendre efficacement la laïcité, il faut une vraie démocratie. Ce manque amènera très rapidement les militaires turcs à entamer le bras de fer avec les islamistes.
..les islamistes en quête de légitimation, hypocritement et sournoisement, jouent à fond la carte européenne...L’union européenne doit-elle se laisser utiliser par ces islamistes internationaux....
Cette Turquie-là, autoritaire, oligarchique et maintenant islamiste, ne mérite pas d’obtenir une date d’ouverture des négociations...en revanche ...dès qu’elle remplira les critères démocratiques de Copenhague, elle rejoindra un jour l’UE.

 

) :Quelle est la situation politique de votre pays ?
Par allain GRAUX - Publié dans : reportages
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Lundi 25 juin 2007
ELECTIONS LEGISLATIVES : LE DEUXIEME TOUR
 

Sursaut à gauche : au 2° tour la Gauche a fait jeu égal avec la Droite.

 
 


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Bien que Ségolène royal ne soit majoritaire que dans 191 circonscriptions, la Gauche l’emporte dans 227 :
-          Le PS et ses alliés du PRG et du MRC avec 205 sièges.
-          Le PCF qui résiste bien grâce à sa bonne implantation locale avec 18 sièges : 15 + 3 apparentés des territoires d’outre-mer.
-          Les Verts gagnent un siège avec 4 élus.
Cependant les dirigeants du PS commettraient une grave erreur s’ils pensaient avoir gagné en passant de 149 sièges à 198. Le Président est largement majoritaire avec 345 sièges dont 315 pour la seule UMP ( 22 au Nouveau Centre, 1 au MPF et 7 DVD)
Bien que l’abstention dépasse 40 %, ce vote du 2° tour a vu les électeurs de Gauche se mobiliser davantage que ceux de Droite. C’était un sursaut réflexe face aux graves menaces qui pèsent sur leur pouvoir d’achat et leur protection sociale, en particulier le projet de TVA sociale et le forfait santé très justement dénoncés par Laurent Fabius.
L’abstentionnisme est plus marqué à droite ; certains électeurs ont cru la victoire acquise, d’autres qui avaient voté Sarkozy sont revenus vers le camp de gauche, et les électeurs du FN se sont très largement abstenus au-delà des 50 %.
Les candidats de la Gauche ont bénéficié d’un très bon report de 90 % des électeurs de la gauche antilibérale et de 55 % de ceux du MoDem. Les voix de l’autre gauche représentaient près de 12 % de l’électorat pour seulement 7,63 % au MoDem. Il est donc faux de considérer que l’alliance du PS avec le centre ferait gagner la Gauche
Ce qui fait gagner la Gauche se sont des propositions claires sur des valeurs de gauche, à la différence des slogans comme le TSS ( Tout Sauf Sarkozy) ou l’alignement sur les thèmes de la Droite qui étaient au choeur de la campagne de la candidate socialiste. Une Ségolène qui déclare aujourd’hui qu’elle ne croyait pas au projet du PS concernant la revalorisation du SMIC à 1500 € et au développement des 35 heures. Nous nous en étions quelque peu aperçus au cours du débat télévisé avec Sarkozy...
Si cette mobilisation claire autour des enjeux sociaux avait eu lieu dès le premier tour, avec un projet et une union pour gouverner, la Gauche aurait eu une chance de l’emporter. Car c’est au gouvernement issu de la majorité parlementaire de gouverner et non au Président dont le rôle est de présider ...
 
Le PS doit enfin tirer les leçons de l’échec de 2002 après 5 ans de gouvernement de la gauche plurielle.
Il doit examiner les raisons du succès du Non au référendum contre le TCE, de celui de la lutte contre le CPE, des mobilisations pour la défense des retraites, des Services Publics, autant de refus des conséquences néfastes de l’application des mesures néolibérales de la globalisation. Il doit comprendre que le rejet de la Droite aux élections européennes et régionales ne signifie pas que les électeurs adhèrent inconditionnellement aux pratiques du PS. Ce que le courant majoritaire du PS n’a jamais fait.
L’orientation des socialistes ne peut pas rester dans le flou. Les socialistes doivent choisir entre :
-          le social libéralisme européen et l’alliance au centre. Cette troisième voie a échoué partout parce que faisant une politique de droite, seul ou en alliance avec elle.
-          ou l’alliance avec l’ensemble des forces de la gauche antilibérale, alter mondialiste et écologiste.
Ce choix déterminera son avenir. Il peut prétendre regrouper la social-démocratie française, PS, PRG, MRC et constituer un grand pôle rassemblant toute la Gauche qui devrait aussi se regrouper. Sinon le risque est grand d’une coupure profonde et durable entre la Gauche socialiste qui rejoindra définitivement les antilibéraux, communistes, alter mondialistes, écologistes, pour refonder une vraie gauche de gauche. Car dans toute l’Europe les forces antilibérales se regroupent et s’organisent :
-          Le Bloc des Gauches au Portugal ;
-          CAP à Gauche en Belgique ;
-          Le Parti socialiste aux Pays Bas qui a obtenu 16,6 % aux élections législatives ;
-          au Danemark, en Italie, etc...
-          et le 16 juin en Allemagne avec le congrès de fondation de Die Linke ( La Gauche) qui regroupe la Gauche socialiste d’Oscar Lafontaine, le PDS (Ex PC de l’Est), des syndicalistes et des alter mondialistes. Ce nouveau parti est crédité de 24 % des voix par les sondages ...
Or Hollande, comme DSK ou Ségolène se sont prononcés pour une soi-disant modernisation du PS, en fait pour un réformisme qui en finirait avec les valeurs de la République sociale chères à Jean Jaurès. François Hollande déclare vouloir :
« trouver les réponses qui permettent de conjuguer le défi de la compétition dans la mondialisation ». Avec cet esprit de compétition, comme pour la concurrence libre et non faussée du TCE rejeté par les Français, il s’aligne clairement sur le terrain de l’accompagnement d’un capitalisme qui serait devenu indépassable. Or il existe d’autres solutions, de coopération et de solidarité entre les peuples, comme entre les hommes, dont plusieurs pays d’Amérique latine montrent l’exemple avec des succès économique sans précédent, une amélioration des conditions d’existence, une participation populaire et civique, dans le respect des traditions historiques et culturelles de chacun.
Hollande veut trouver la bonne stratégie politique qui permettrait de fédérer en une seule force l’ensemble de la Gauche en réglant une fois pour toutes la question du rapport avec les électeurs du Centre. Or le Centre est en réalité une version molle de la Droite. Et cette échéance électorale le retrouve en réalité plus affaibli. Soit qu’il ait rejoint la majorité présidentielle, soit qu’il n’ait réussi à faire élire que 5 députés dont un a déjà rejoint l’UMP...
De ce fait il écartera ce qui permet au PS de vaincre avec l’appoint de la Gauche dite radicale dont les électeurs - à défaut de certains dirigeants - ont démontré qu’ils souhaitent voter pour un gouvernement dans le cadre d’une véritable alternative qui place les rapports de coopération et de solidarité au centre de son programme, dans une autre logique que celle de l’accompagnement du libéralisme financier. Et non pour dire :
«  comme si nous n’avions pas reconnu l’économie de marché depuis 1981 et de réclamer :
souplesse pour les entreprises et stabilité pour les salaires... utiliser l’impôt sans en faire un frein pour l’initiative. »
Au lieu d’exiger du capital qu’il rende aux salariés les 10 % détournés de leurs revenus depuis 20 ans, soit 180 milliards d’euros et d’exiger que l’impôt soit un instrument de l’égalité et de la justice sociale, comme du développement écologique et durable.
LE PCF comme les Verts, les Collectifs antilibéraux, sont aussi à la croisée des chemins. Leurs congrès et leurs assises, devront aussi examiner ces questions :
-          celles des modifications sociologiques et démographiques intervenues dans le pays : la naissance d’un électorat de la gauche dans les centres villes où s’installent de nouvelles classes de salariés aisés, cadres et techniciens, sensibles aux thèmes des valeurs civiques et de l’environnement, mais instables sans racines idéologiques.
-          la fracture entre le prolétariat des cités qui vote à gauche et celui des périphéries pavillonnaires, des petites villes périurbaines qui a donné majoritairement ses voix au Front national et à Sarkozy.
Car c’est de l’alliance, de ce front de classe que dépend le succès de la reconquête à gauche d’un électorat dispersé et en proie au doute.
La bataille est aussi idéologique. La Gauche doit dire clairement quelles sont ses valeurs, différentes de celles d’une Droite qui avec Sarkozy, met au centre de son discours la seule responsabilité de l’individu dans une compétition acharnée qui dresse les uns contre les autres, où s’affrontent les hommes comme les communautés.
Le sarkozisme, c’est une société de non-assistance à personnes en danger qui conduit à la désintégration sociale.
Les valeurs de la Gauche sont :
     - celles d’une société où les hommes et les femmes sont liés par des liens de coopération et de solidarité, qui exercent leur responsabilité de citoyens au sein du cadre collectif de la République.
     - La gauche c’est une société qui éduque et qui protège les individus, qui conduit à leur épanouissement tant physique que culturel. Une assistance à vivre comme un droit et non comme une charité qui rend redevable et provoque honte, ressentiment et envie.
Ce sont ces valeurs là qui doivent guider les aspects pratiques du projet et qui valent autant pour l’Europe et dans le Monde pour les rapports entre les peuples. Elles donnent du sens aux choix pour :
      -   Des Services publics forts et puissants : santé, énergie, transports, logements sociaux.
      - Des salaires convenables et des conditions de travail qui permettent réellement l’épanouissement des       individus, et donnent du temps pour vivre.
      - Une éducation qui depuis le plus jeune âge accompagne l’enfant jusqu’à son insertion sociale, avec les moyens humains nécessaires.
Ce sont des choix pour une société humaine et fraternelle, à décider dans le cadre d’une révolution démocratique qui impliquera des réformes institutionnelles et constitutionnelles mises en œuvre sous le contrôle effectif des citoyens.
C’est le choix entre la guerre de tous contre tous proposée par la Droite, ou la coopération.
C’est dans ce cadre que s’inscrit la nécessité du dépassement identitaire et du regroupement vers une Force Nouvelle forgée dans la réflexion commune et de luttes qui devront dépasser la simple résistance aux projets de casse sociale de la Droite au pouvoir.
 
Allain GRAUX (PRS 21)
 Le 22 juin 2007.
 
Par Allain Louis Graux - Publié dans : politique
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