Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

IV - CHRONOLOGIE DE L'HISTOIRE DE LA PALESTINE - de 2005 à 2016

2005

Janvier - Abou Mazen, de son vrai nom Mahmoud Abbas, est élu Président de l’autorité Palestinienne.

Il n'a que 13 ans, en avril 1948, lorsque sa famille fuit sa ville natale de Safed, en Galilée. Il se retrouve en Syrie, à Damas. Après avoir travaillé pour aider sa famille, il reprend ses études jusqu'à la faculté de droit. Mahmoud Abbas, cheville ouvrière de l’organisation de l'OLP, s'installe pour sa part à Damas. Sa réputation demeure limitée dans les rangs palestiniens. Il défriche en secret une autre voie que celle du combat : des contacts avec la gauche et les pacifistes israéliens. Il assure en 1977 que le dialogue est possible avec Israël et que la solution des deux Etats constitue un horizon réaliste. La crise entre L’OLP et la Syrie l’oblige à quitter Damas pour le Golfe et à se replier ensuite avec les autres cadres du mouvement national palestinien à Tunis. En 1981, il devient membre du Comité exécutif de L'OLP et prend la charge, en 1984, des relations internationales de l'organisation. Il approfondit ses contacts avec ses partenaires israéliens. Il comprend très vite l'erreur stratégique commise par Yasser Arafat, qui apporte son soutien à Saddam Hussein après l'annexion brutale du Koweït. En 1996, il accède au titre de secrétaire général de l'OLP, devenant ainsi le dauphin potentiel de Yasser Arafat. Il sort de sa réserve en 2002 pour critiquer publiquement la militarisation de l'Intifada et l'isolement diplomatique auquel elle a conduit. Ses commentaires acerbes sont vivement critiqués par les organisations radicales palestiniennes, mais ils attirent l'attention des Etats-Unis et de l'Union européenne qui l'imposent, en avril 2003, comme premier ministre. Après cent jours de gouvernement, coincé entre l'immobilisme israélien, l'indifférence américaine et le ressentiment d'Arafat, Mahmoud Abbas démissionne. Il est remplacé aussitôt par Ahmed Qoreï. Pendant plus d'un an, il refuse de rencontrer Arafat, jusqu'à ce que la santé de ce dernier se dégrade en octobre 2004. Ces retrouvailles tardives précèdent de peu la succession.

« C'est un homme d'Etat, mais ce n'est pas un homme politique. Il n'aime pas le pouvoir, et il dit vraiment ce qu'il pense », déclare Mamdouh Nofal. « Il ne bradera jamais les intérêts palestiniens, ses lignes rouges sont claires sur la question des frontières, Jérusalem-Est et une solution acceptable pour les réfugiés »[1].

Ce pragmatique est persuadé d’avoir la logique et la raison de son côté et que les autres doivent suivre cette logique raisonnable. Ce qui lui cause de nombreux déboires, mais lui assure aussi quelques succès pour son sens éthique et son mépris de l’opportunisme politique. Il préfère attendre patiemment que les gens se rallient à sa pensée. D’où un certain immobilisme qui lasse les activistes impatients.

Il est le seul doté d’une envergure nationale et internationale, en dehors des factions, ayant une légitimité historique, qui puisse parler au nom de tous, sans bataille de succession. Cependant, il va se heurter rapidement aux islamistes du Hamas et du Djihad dont le programme n’est pas compatible avec son rejet de la violence.

Abou Mazen espère qu’un retour au calme amènera les citoyens d’Israël à exiger une paix globale plutôt que se satisfaire d’un statut quo. Ce en quoi, l’histoire ne lui donnera pas raison. Car en 2016, nous sommes bien en Palestine dans un statut quo tragique[2].

10 janvier - Gouvernement de coalition de Sharon avec le parti travailliste.

14 mars - Ariel Sharon confirme son projet de désengagement de Gaza et officialise le tracé définitif du mur. Ainsi, débarrassé d’Arafat et croit-il de l’Autorité Palestinienne et prochainement de Gaza, il espère faire accepter « la solution à long terme qu’il préconise depuis 1988 : des bantoustans palestiniens autogérés et enserrés au sein des colonies juives qui vont continuer de s’étendre. L’historien israélien Zeev Sternhell estime que : « seul un esprit malade peut espérer que l’occupation des territoires entraine la fin de la guérilla et la terreur.[3] » La suite des évènements, à ce jour, donnera raison à Monsieur Sternhell.

14 avril - Sharon rencontre George Bush à Washington et obtient son approbation pour le retrait de Gaza ; ce qui équivaut à un abandon de la feuille de route du quartette. C’est ce que constatera Mahmoud Abbas qui rencontre à son tour le président américain le 26 mai et n’obtient pas de soutien pour la mise en œuvre de la dite feuille de route, seulement 50 millions de dollars d’aide.

26 Avril - L’armée syrienne se retire du Liban, sous la pression internationale et la mobilisation de masse au Liban à la suite de l’assassinat du premier ministre libanais Rafik Hariri en février. Ce départ met fin à trois décennies de présence militaire syrienne au Liban. Avant le début du retrait, il restait sur le sol libanais 14.000 soldats de Damas.

15 novembre -Ouverture du poste-frontière de Rafah, entre Gaza et l’Egypte, sous la pression de la Secrétaire d’Etat américaine Condolezza Rice, en tournée en Israël.

14 décembre - Marwan Barghouti[4] annonce la création d'un nouveau parti politique, al-Moustaqbal (« l'Avenir »), principalement composé de la jeune garde du Fatah. Il critique la corruption du Fatah.

2006

4 janvier - Sharon, victime d’une attaque cérébrale est opéré à l'hôpital Hadassah Ein Karem de Jérusalem. Le Premier ministre israélien avait déjà été victime, le 18 décembre 2005, d’une attaque bénigne. Il est placé dans un coma artificiel dont il ne se réveillera plus. Après près de 5 mois de coma, il est transféré le 28 mai 2006 au centre médical de longue durée Sheba de l'hôpital Tel Hashomer.

Les pouvoirs d’Ariel Sharon sont transférés au vice-Premier ministre Ehud Olmert à l’occasion d’un conseil des ministres extraordinaire. Les élections législatives sont fixées au 28 mars.

Ariel Sharon est né le 26 février 1928 à Kfar Malal près de Jaffa en Palestine. Il est l'un des fondateurs du parti de droite Likoud et s'est illustré militairement au cours des guerres israélo-arabes de 1948-49, de Suez en 1956, des Six Jours en 1967 et du Kippour en 1973.

Son père Shmouel Scheinerman était un technicien agronome originaire de Brest-Litovsk alors en Pologne russe. Sa mère Véra était un médecin originaire de Moguilev dans l'ancien grand-duché de Lituanie (actuelle Biélorussie). Victimes des pogroms antijuifs de 1903-1905, ils émigrent en Palestine en 1920 et s'installent en 1922 dans le village agricole de Kfar Malal.

Leur fils entre dans le mouvement de jeunesse paramilitaire Gadna puis s'implique dans l'organisation d'autodéfense Haganah avant qu'elle ne se fonde dans Tsahal après la Première Guerre israélo-arabe. En 1949, il est promu commandant de compagnie et en 1951, officier dans les services secrets. A la demande de Moshe Dayan, il prend le commandement de l’Unité 101, la première unité des forces spéciales israéliennes. En 1952, Ariel Sharon cherche à monter sa propre unité de commandos spécialisés dans les opérations de représailles mais sa hiérarchie s'y oppose. Il organise alors une embuscade dans le no man's land sans en informer ses supérieurs. Ainsi, Sharon participe à cette opération au cours de laquelle deux femmes palestiniennes sont abattues près d'un puits, ce qui déclenche des tirs de mortier de l'armée jordanienne sur des villages israéliens. Sharon critiquait l'état-major, qui faisait preuve selon lui de trop de « retenue face aux Arabes ». David Ben Gourion lui demanda finalement de prendre la tête d'une unité qui agirait au-delà de la ligne d'armistice[5].

Il meurt le 11 janvier 2014, à l'âge de 85 ans.

25 Janvier - Le Hamas remporte les élections pour élire le nouveau Conseil législatif palestinien. Le nouveau conseil législatif comprend 132 sièges ; la moitié des représentants sont désignés à la proportionnelle.

Malgré la présence comme tête de liste du populaire Marouane Barghouti qui purge une peine de prison à vie en Israël, le parti au pouvoir est vaincu. Il n’obtient que 39,8 % des voix (403 458) et 45 sièges contre 42,9 % (434 817) et 74 sièges au Hamas, le FPLP a 3 sièges pour 4,1 % des voix (41 671), les 10 sièges restant sur les 132 se partageant entre diverses petites formations. Moustafa Barghouti, lointain parent de Marouane Barghouti obtient 2 sièges pour sa liste Palestine indépendante qui propose une troisième voie en ne favorisant « ni le fondamentalisme du Hamas, ni l'autocratie et la corruption du parti Fatah au pouvoir ».

C’est seulement le 28 décembre que les diverses factions du Fatah avaient fait taire leurs profondes divergences pour placer Bargouthi du courant Al-Moustaqbal en tête de liste bien qu’il soit condamné à vie pour ses responsabilités au sein du Tanzim[6] et des Brigades des Martyres d'Al Aqsa.

C’est la division et la corruption du Fatah qui ont permis le succès du Hamas, mais aussi le fait qu’il a fait toutes les sortes de concessions possibles à Israël, en vain, sans reconnaissance réciproque du droit des Palestiniens à un Etat.

Ismaïl Haniyeh est chargé de former le nouveau gouvernement de l’Autorité. Aussitôt, à Tel-Aviv comme à Washington et en Europe, la réaction est immédiate : il faut « couper les vivres aux Palestiniens. L’Union Européenne suspend son aide à l’Autorité palestinienne au prétexte qu’elle est maintenant dirigée par un gouvernement issu d’un mouvement terroriste bien que le Hamas ait cessé toute action terroriste depuis plus d’un an et qu’il a été régulièrement et légalement élu.

C’est une attitude criminelle et anti-démocratique à l’égard d’une population dont la moitié des membres actifs sont au chômage et dont les deux tiers vivent avec moins de 2 dollars par jour. La situation économique deviendra rapidement épouvantable, avec 60 % de chômeurs, l’arrêt du paiement des fonctionnaires par l’UE, le blocage du versement des droits de douane sur les exportations palestiniennes par Israël. Ces décisions arbitraires ne font que conforter le Hamas et affaiblir le président Mahmoud Abbas et le Fatha.

Comment peut-on justifier une telle décision en prétendant démocratiser le Proche-Orient, en annulant le choix parfaitement démocratique du peuple palestinien, sous le prétexte que ce choix ne convient pas à Israël et aux Etats-Unis ?

Comment les Occidentaux peuvent-ils donner des leçons de démocratie s’ils foulent aux pieds des principes et des valeurs morales tout en les agitant ? La reconnaissance du Hamas aurait certainement pu, au contraire, amener ce mouvement à participer à de vraies négociations pour la paix. Mais, les dirigeants d’Israël ne préfèrent-ils pas maintenir une tension qui sert de prétexte pour justifier leur politique sécuritaire et de colonisation, dans le cadre d’un statu quo qui constitue une véritable politique d’apartheid ?

Le résultat après huit mois d’embargo est une radicalisation de l’opinion palestinienne : 63 % des Palestiniens pensent qu’il faut tirer des roquettes sur les villes israéliennes, 57% soutiennent les attentats contre les civils et 75% les enlèvements de soldats. Néanmoins les ¾ estiment qu’une solution politique est nécessaire[7].

28 mars - Courte victoire de Kadima aux élections législatives israéliennes.

14 avril - Ariel Sharon est remplacé par Ehoud Olmert qui s’allie aux Travaillistes et continue la même politique que son prédécesseur.

25 juin - Capture d'un soldat israélien, Gilad Shalit, à la frontière entre la bande de Gaza et Israël. Il ne sera libéré que le 18 octobre 2011, dans le cadre d’un échange de prisonniers.

Le 28 juin, pour le retrouver, Israël lance « l’Opération Pluies d’été », avec bouclages, arrestations et frappes aériennes sur la bande de Gaza qui font plus de 200 morts et plus de 800 blessés[8]. Des centaines de détenus dont des parlementaires palestiniens et des ministres Hamas de l’Autorité palestinienne sont ajoutés aux quelques 10 000 emprisonnés en Israël. Des dizaines de logements, bâtiments publics, routes, ponts et la principale centrale électrique du territoire sont détruits[9].

27 juin - Le Hamas et le Fatah signent le document « d’entente nationale » palestinien qui reconnait l’existence d’Israël dans les frontières de 1967. Cela devrait abroger les objections du pouvoir israélien et des Occidentaux à l’égard du gouvernement du Hamas. Mais, il n’en est rien.

12 juillet-Août 2006 - Intervention de l’armée israélienne au Liban.

Suite au franchissement de la frontière libanaise par un groupe de soldats israéliens, 8 d’entre eux sont tués et 2 autres sont capturés par le Hezbollah.

Sous la pression internationale, après 33 jours de combats, l’armée israélienne est contrainte de se retirer sans avoir pu détruire les forces du Hezbollah qui bombardaient le territoire d’Israël avec des roquettes. Bilan : 1 300 morts libanais, 60 morts israéliens.

23 décembre - Mahmoud Abbas rencontre Ehud Olmert pour une éventuelle relance du processus de paix gelé depuis l’an 2000. Elle suit une rencontre officieuse du 25 juin 2006 à Pétra en Jordanie. Les Israéliens concèdent le déblocage de seulement 100 millions de dollars des taxes douanières et de la TVA prélevées par Israël pour le compte de l'Autorité palestinienne sur les produits importés en Cisjordanie et dans la Bande de Gaza sur le montant d’un milliard de fonds gelés depuis l'arrivée du Hamas au pouvoir. Israël promet également de lever des points de contrôle en Cisjordanie et de réduire les restrictions de mouvements des Palestiniens entre Gaza et Israël. Ils ont également discuté d'une extension du cessez-le-feu à la Cisjordanie et de la réactivation d'une commission pour la libération de prisonniers, a déclaré le ministre palestinien Saëb Erekat. L’analyste Khani al-Masri souligne qu'Ehoud Olmert « n'a rien donné de tangible à Abbas ».

Le président de l'Autorité palestinienne espère néanmoins que des avancées avec l'Etat hébreu renforceront sa popularité pour se présenter comme une alternative crédible au Hamas. En effet, des tensions persistent entre les milices du Hamas et les forces de sécurité loyales au Fatah de Mahmoud Abbas, malgré le cessez-le-feu officiellement conclu entre les deux camps. Au total, 17 personnes ont été tuées au cours des deux dernières semaines, et plusieurs dizaines d'autres blessées.

« Le peuple palestinien veut du concret et pas seulement des rencontres », déclare Ali al-Jarbawi, professeur de sciences politiques de l'université Bir Zeit.

Mahmoud Abbas « a reçu beaucoup de promesses et un peu de monnaie », écrit le quotidien israélien Maariv[10].

30 décembre - La mairie de Jérusalem accélère les destructions de maisons palestiniennes déclarées illégales, mais ferme les yeux sur les infractions similaires des habitants juifs. (Le Monde)

31 Décembre - Les forces israéliennes ont tué 600 Palestiniens en 2006, soit trois fois plus qu’en 2005. Au moins 322 de ces Palestiniens ne participaient à aucune action hostile. (Selon Reuters)

La démocratie israélienne en Palestine : les journalistes palestiniens sont confrontés à de nombreuses restrictions imposées par les autorités israéliennes qui les considèrent avant tout comme des ressortissants palestiniens. Leurs déplacements entre la bande de Gaza et la Cisjordanie sont donc interdits pour des raisons de sécurité. En 2006, les forces israéliennes n’ont pas hésité à envahir des locaux de médias ou les domiciles de journalistes dans les Territoires, à la recherche d’armes ou de "matériel illégal"[11].

2007

Ce qui va dominer l’actualité palestinienne cette année-là, c’est Gaza.

Juin 2007 - Violents affrontements à Gaza entre le Fatah et le Hamas. Ce dernier prend le contrôle total du minuscule territoire où s’entassent 1,5 millions de personnes, la plus forte densité de population au monde[12], bloquée et sans ressource, sans avenir et sans espoir. Principalement des descendants des réfugiés de la guerre de 1948. Une poudrière !

Le Fatah est divisé en clans qui gèrent 14 services différents et se font la guerre. Ce fut une erreur d’Arafat - qui vivait à Gaza – de ne pas avoir mis de l’ordre et fait cesser les vendettas pour ne pas s’aliéner les sociétés tribales. Le Hamas met fin à cette anarchie et récupère les armes des factions. Les locaux du Fatah sont pillés dont le bureau de Mahmoud Abbas. Si les prisonniers se voient accorder une réduction de peine s’ils apprennent le Coran par cœur, la charia n’est cependant pas appliquée, et les salafistes liés à El Qaida vont commencer à apparaître. Si bien que le Hamas n’hésite pas à assiéger la mosquée d’un iman intégriste en tirant sur elle à la roquette.

Le blocus est imposé sur la bande de Gaza par Israël et vise tous les domaines du quotidien des Gazaouis.

Malgré ses engagements, l’occupant israélien ne laisse pas les marchandises arriver dans la bande de Gaza, ni les produits sortir. 80% de la population vit en dessous du seuil de pauvreté et le chômage s’intensifie. De 35% en 2006, il est passé à 65%[13]. La vie à Gaza devient un enfer insupportable car les marchandises côté égyptien sont aussi bloquées.

Les tunnels se développent, une véritable explosion. Tout y passe : le fuel, les armes, la contrebande, tous les trafics. Même les journalistes : 500$ pour filmer ! Et aussi, les chèvres, les voitures, les motos, 80 % des produits consommés. Les prix sont évidemment très élevés et les produits inaccessibles pour une population qui vit de l’aide humanitaire. Les hommes d’affaires ont été éliminés et remplacés par les trafiquants de Rafah, la ville frontière. Ce sont des enfants qui travaillent dans les tunnels en principe interdits aux moins de 16 ans[14].

15 juin 2007 - Salam Fayyad[15], Ministre des Finances dans le gouvernement palestinien d'union nationale depuis le17 mars 2007, est désigné Premier ministre de l'Autorité nationale palestinienne. Il a fondé le parti de la « Troisième voie » lors des législatives.

19 septembre - La bande de Gaza est déclarée « entité hostile » par Israël.

27 novembre - Conférence d’Annapolis : la paix à reculons !

Une cinquantaine de pays y assistent. Elle officialise pour la première fois une « solution à deux États » acceptée par les deux parties. Le Premier ministre israélien Ehud Olmert et le président de l'OLP Mahmoud Abbas font une déclaration conjointe très médiatisée par laquelle ils s'engagent à reprendre les négociations en vue d'un accord final, un traité de paix d'ici à la fin de 2008. Les parties promettent de résoudre « toutes les questions en suspens, y compris toutes les questions centrales sans exception[16]. Elles conviennent de s’acquitter de leurs obligations respectives à l’égard de la « Feuille de route pour la paix » de 2003. Les États-Unis garantissent l'adhésion à la Feuille de route.

Au début de décembre, Israël libère 429 prisonniers palestiniens dans un geste de « bonne volonté » destiné à renforcer l'appui à Abbas et au processus d'Annapolis. Mais, ça commence mal ! Enfin, c’est comme d’habitude avec Israël : on parle et puis on n’applique pas les accords, on traîne et on colonise.

Le 12 décembre, c’est le début des véritables négociations et c’est le jour où Israël annonce de nouveaux plans d'expansion de deux de ses colonies, une violation stricte des dispositions de la feuille de route pour la paix. L'administration américaine exprime sa grande préoccupation comme le Quatuor pour le Moyen-Orient et le Secrétaire général des Nations Unies Ban Ki-Moon.

Mais ces inquiétudes verbales, Israël s’en moque et continuera de s’en moquer tant que des sanctions ne seront pas appliquées ! Toutes ces discussions ne mèneront à rien.

Le 17 décembre, une « conférence des donateurs » se tient à Paris et aboutit à des promesses d’aide internationales de près de 7,5 milliards de dollars destinée à l'Autorité palestinienne, échelonnée sur trois ans. Mais pas un sou à Gaza

Salam Fayyad, qui a fait du développement économique sa priorité, propose un plan de développement, l’ouverture et la relance de l’économie, condition qu’il estime nécessaire pour créer un Etat fiable. Le plan Fayyad, obtient un certain succès puisque entre 2008 et 2010, le PIB progresse de 17,2 % selon le FMI. Cependant, cette relative prospérité (pour qui ?) n’aboutit à aucune reconnaissance de l’Etat de Palestine, car les conditions de la discussion sont imposées par Israël et les Etats-Unis qui n’envisagent pas de traitement collectif des droits du peuple palestinien. Et Israël ne s’estime pas lié par l’accord...

2008

14 janvier - Raids de l'armée israélienne sur Gaza pour répondre aux tirs de roquettes artisanales. Ils causent la mort de 33 personnes alors que les tirs du Hamas n'ont tué personne du côté israélien.

18 janvier - Israël soumet la bande de Gaza a un blocus total.

23 janvier - Les miliciens du Hamas détruisent partiellement le mur de séparation entre le territoire et l'Égypte. Des dizaines de milliers de Palestiniens se précipitent à travers les brèches pour se rendre vers les localités égyptiennes. Le gouvernement égyptien ordonne la fermeture des boutiques.

26 janvier - Mort de Georges Habache (de son nom de guerre Al-Hakim), à Amman (Jordanie), fondateur et ancien secrétaire général du Front Populaire de Libération de la Palestine (FPLP).

27 février - A la suite de la mort d’un habitant de Sdérot provoquée par une roquette, les Israéliens effectuent des raids contre la bande ; ils font 11 morts dont 5 militants du Hamas, 4 civils adultes et 2 enfants.

Le 28 février - Nouveaux tirs de onze roquettes du Hamas et nouvelles représailles israéliennes qui font 19 morts, dont 8 militants du Hamas, 7 civils adultes et 4 enfants.

C’est un enchainement sans fin dont la cause principale est le blocus de Gaza.

23 mars - Dick Cheney est en visite à Ramallah. Il estime qu'un État palestinien aurait dû voir le jour « il y a longtemps » mais que c’est la poursuite des violences contre Israël qui nuit à la réalisation de cette aspiration.

Au Yémen, le Fatah et le Hamas signent un accord pour un gouvernement d'union nationale. Pour Israël, cela signifie la rupture des négociations de paix israélo-palestiniennes relancées lors de la conférence d'Annapolis. Le lendemain, c’est l'Autorité palestinienne qui désavoue l'accord de gouvernement signé la veille entre le Fatah et le Hamas, car il aurait été signé par l’ambassadeur sans avoir l'aval de la hiérarchie.

Ces palinodies de l’Autorité la décrédibilisent dans l’opinion palestinienne. Elles témoignent des divisions entre les tenants d’une ligne de résistance dure et ceux qui sont prêts à accepter tous les compromis pour ne pas perdre l’espérance d’un soutien américain au plan d’Annapolis.

1er mars - Encore des raids israéliens et terrestres contre la bande de Gaza, au cours desquels, deux soldats israéliens et 63 Palestiniens sont tués, dont des femmes et des enfants et 150 autres personnes qui sont blessées.

2 mars - Opération « Hiver chaud » à Gaza : bombardements contre le camp de Jabaliya : 7 Palestiniens sont tués.

Des milliers de Palestiniens manifestent dans les localités des Territoires occupés. A Hébron, un adolescent de 13 ans est tué par des soldats israéliens.

21 avril - Le chef du Hamas, Khaled Mechaal, après avoir rencontré l'ancien président Jimmy Carter, déclare être prêt à accepter un État palestinien dans les frontières du 4 juin 1967, s'étendant sur la Cisjordanie et la bande de Gaza, avec Jérusalem-Est comme capitale.

Tandis que les bombardements sur Gaza sont continuels, le Hamas remet à l'Égypte ses propositions détaillées en vue d'une trêve avec Israël. Les tirs de roquettes depuis Gaza cesseraient, Israël s'abstiendrait de lancer des attaques et ouvrirait des points de passage entre Gaza et l'extérieur.

L'ONU annonce l'interruption de ses distributions d'aides alimentaires à la population car ses stocks de carburants sont épuisés.

Le 25 avril - Le gouvernement israélien refuse l'offre de six mois de trêve proposée par le Hamas en échange d'une levée du blocus sur Gaza.

22 mai - Ramiro Cibrian-Uzal, représentant de l'Union européenne en Israël estime que « la politique appliquée depuis un an à Gaza », pour affaiblir le Hamas a eu un effet opposé et qu’il faut « établir une stratégie différente ».

17 juin - Israël et le Hamas acceptent la trêve négociée par l'intermédiaire de l'Égypte avec une entrée en vigueur le jeudi 19. Israël s'engage à ouvrir un des points de passage et le Hamas à négocier les modalités de libération du caporal Gilad Shalit.

19 juin - Cessez-le-feu entre le Hamas et Israël.

23 juin - Le président français Nicolas Sarkozy réaffirme devant la Knesset des « valeurs universelles de justice et de droit » à l’encontre des Palestiniens.

Le 24, il rencontre Mahmoud Abbas à Bethléem.

La conférence internationale de Berlin approuve une aide de 242 millions de dollars pour aider au rétablissement de la loi et de l'ordre en Cisjordanie.

L'Égypte propose de garantir le point de passage de Rafah et de le maintenir fermé tant que le cas du caporal franco-israélien Gilad Shalit n'est pas réglé.

La Trève

Elle ne tient véritablement que deux jours. Les tirs de roquettes et de mortiers n'ont en fait jamais été interrompus, lancés par des organisations non contrôlées, sans l'accord du Hamas, le Hamas prenant soin de respecter la trêve[17] »

En novembre les choses s’aggravent, les 4 et 5, après une opération israélienne au cours de laquelle 7 membres du Hamas qui creusaient un tunnel sont tués, le mouvement de la résistance islamique envoie 50 roquettes sur Ashkelon. C'est le début de tirs continus contre Israël depuis la bande de Gaza. En tout, 126 roquettes toucheront Israël au cours du mois de novembre.

4 novembre – Barak Obama, un métis à la peau noire, est élu Président des Etats-Unis. Son mandat de quatre ans entre en fonction le 20 janvier 2009.

14 novembre - Grande manifestation du Hamas pour dénoncer l'arrestation, par les services de sécurité palestiniens, de plus de 600 de ses membres en Cisjordanie.

30 novembre - Le gouvernement israélien annonce la libération prochaine de 250 prisonniers palestiniens, à la suite d'une promesse faite au président Mahmoud Abbas.

15 décembre - Israël libère 227 prisonniers palestiniens (209 prisonniers de Cisjordanie et 18 de la bande de Gaza), 11 000 Palestiniens sont encore détenus par l'État hébreu.

19 décembre - Fin de la trêve avec Israël. Selon le Hamas, « La trêve a pris fin et ne sera pas renouvelée car l'ennemi sioniste n'a pas respecté ses conditions. L'occupation porte la responsabilité des conséquences[18] ».

27 décembre Opération « Plomb durci » contre Gaza.

Une soixantaine d'appareils israéliens, avions, drones et hélicoptères bombardent une cinquantaine de sites du mouvement islamiste et mènent des raids meurtriers qui font plus de 270 morts et plusieurs centaines de blessés. De nombreux civils ont été touchés, comme le rapporte le correspondant du New York Times à Gaza, Taghreed El-Khodary (« Israeli Attack Kills Scores Across Gaza »)[19].

Le 29 décembre, la déléguée générale palestinienne auprès de l'Union européenne, Leïla Chahid, déclare sur France Info : « Je redoute une explosion de violence qui ne se limitera pas aux frontières de la Palestine parce qu'on ne peut impunément faire ce qu'Israël fait […] Parce que lorsqu'on n'est pas protégé par le droit, comme les Palestiniens ne le sont pas depuis maintenant 41 ans, on ouvre la porte à la violence prise comme moyen de restaurer un rapport de force […] il y aura des réactions de la population dans le monde entier, en tous cas de celle qui est solidaire […]Rien ne justifie le bombardement d'une population civile d'un million et demi de personnes qui vivent sur 356 km2, et dire qu'on est en train de bombarder les combattants du Hamas c'est du non-sens […] On est en train de bombarder une population civile, qui est déjà assiégée depuis plusieurs mois […] On ne peut pas en tant que communauté internationale faire le silence sur un crime de guerre comme celui-là sans en payer les conséquences […] Je crois qu'il y a une complicité internationale. Bien sûr que l'Union européenne a les moyens [elle aurait dû] repousser le statut de partenariat avec Israël. C'est une population civile à qui on impose un châtiment collectif, [des civils qui] n'ont pas les moyens politiques, militaires ni même physiques de s'opposer au Hamas[20] ».

L'aviation israélienne, après une série de raids nocturnes, a détruit le bureau du premier ministre du gouvernement du Hamas, Ismaïl Haniyeh. Elle a bombardé aussi Beit Lahya et Beit Hanoun, dans le nord de la bande de Gaza. Au total 345 Palestiniens ont été tués dont 57 civils et 1550 qui ont été blessés selon l'UNRWA[21].

Israël affiche désormais son objectif de « faire tomber » le Hamas alors que jusqu'à présent les dirigeants israéliens affirmaient que l'opération « Plomb durci », visait uniquement à mettre fin aux tirs de roquettes sur le sud d’Israël. « Après l'opération, il ne restera plus aucun bâtiment du Hamas debout à Gaza […] Nous ne sommes qu'au début de la bataille. Le plus dur est encore devant nous et à cela il faut se préparer ».

L'Égypte a entrouvert le point de passage de Rafah, verrouillé la veille après des incidents frontaliers, pour permettre l'acheminement d'aide médicale vers la bande de Gaza, où les hôpitaux ne parviennent pas à faire face à l'afflux de victimes et manquent de matériel, et pour évacuer les blessés palestiniens[22].

2009

L’offensive dure jusqu’au 28 janvier, malgré un cessez le feu le 17.

Elle se place aussi dans le cadre, de la campagne électorale israélienne. Des élections générales sont prévues pour le 10 février. Chacun des candidats fait de la surenchère, même le parti de gauche Meretz.[23] Ehud Olmert, Tzipi Livni et Ehud Barak espèrent l’emporter sur l’alliance de la droite extrême de Netanyahou-Liebermann en affaiblissant le Hamas, favorisant Abbas.

Mais la guerre ne ramène pas la paix ! 1 330 palestiniens ont péri dont plus de 430 enfants, et 5 450 ont été blessés, selon les services médicaux palestiniens. Côté israélien, 10 militaires et 3 civils sont morts, selon les chiffres officiels. Constat : le Hamas est toujours au pouvoir à Gaza et des missiles sont toujours tirés sur Sdérot. L’Etat Israélien est moralement condamné par la Mission des Nations Unies et son rapporteur Richard Goldstone, un expert Sud-Africain incontesté, à défaut d’être sanctionné, pour les violations des droits humains et des lois humanitaires. Les tirs de roquettes sur des civils par les groupes extrémistes palestiniens sont également condamnés comme « crimes de guerre visant à détruire et tuer ». Néanmoins, Goldstone est dénoncé par les dirigeants israéliens comme antisémite alors qu’il est juif !

Le 22 janvier - Le nouveau président américain Barack Obama affirme que le Hamas doit « remplir des conditions claires, reconnaître le droit d'Israël à l'existence, renoncer à la violence et respecter les accords passés » : « Pendant des années, le Hamas a lancé des milliers de roquettes sur d'innocents Israéliens. Aucune démocratie ne peut tolérer un tel danger pour sa population, pas plus que la communauté internationale, et les Palestiniens ne devraient pas le tolérer non plus, car leurs intérêts ne font que pâtir des actes de terrorisme »[24]. Le Hamas réplique en accusant Barack Obama de « commencer à adopter une politique erronée ».

28 janvier – Lors de sa rencontre avec Javier Solana, représentant de l’UE, Mahmoud Abbas dénonce « la poursuite de la colonisation et l'expansion des colonies dans les territoires palestiniens [qui] montrent qu'Israël n'a aucune volonté de paix » et accuse Israël « d'avoir tenté de consacrer la division entre Palestiniens, par son agression contre Gaza, pour empêcher la création d'un État palestinien indépendant en Cisjordanie, dans la bande de Gaza et à Jérusalem à côté de l'État d'Israël, et une solution à deux États ».

10 février – Elections législatives à la Knesset, suite de la démission de Ehud Olmert de son poste de Premier ministre et à l’échec de Tzipi Livni, son successeur à la tête du parti Kadima. Le parti Kadima est en tête, obtenant un siège de plus que le Likoud. Le 20 février, c’est cependant Benyamin Netanyahou, leader du parti de droite, que le président Shimon Peres charge de former un nouveau gouvernement, Tzipi Livni ayant annoncé son intention de rester dans l’opposition[25]. Olmert-Livni ont perdu, Netanyahou et la droite extrême sont à nouveau au pouvoir en Israël. Ils ne vont plus le quitter !

13 et 25 février - Rencontres au Caire entre le Hamas et une délégation du Fatah pour préparer une réconciliation entre les deux mouvements palestiniens rivaux. Ils conviennent de « mettre fin aux attaques réciproques dans les médias », de « clore le dossier des arrestations politiques ».

2 mars - La communauté internationale promet quatre milliards et demi de dollars pour la reconstruction de Gaza dévasté par 22 jours de bombardements israéliens en janvier.

7 mars - Le premier ministre palestinien Salam Fayyad présente la démission de son gouvernement au président Mahmoud Abbas pour former un gouvernement de consensus national qui sera effectif dans le cadre d'une réconciliation avec le Hamas.

6 avril - Tony Blair, l'envoyé spécial du Quartette (ONU, États-Unis, UE, Russie) pour le Proche-Orient, à la suite d'une entrevue avec Benjamin Netanyahu, déclare qu'une solution à deux États est incontournable pour une paix entre Israël et les Palestiniens : « La seule solution qui marchera est celle de deux États vivant côte à côte en paix […]si le contexte approprié est créé en vue de la paix, la seule paix durable est basée sur une solution à deux Etats ». Pour y parvenir, il est impératif, selon Tony Blair, d'améliorer les conditions de vie des habitants de Cisjordanie et de lever le blocus imposé par Israël sur la bande de Gaza.

4 juin - Discours d’Obama au Caire. Il exige l’arrêt de la colonisation et prône la coexistence de deux Etats, reconnaît même » l’influence « du Hamas » qui n’est pas qualifié de terroriste. C’est la seule critique formulée par Obama à l’égard d’Israël : « les Etats-Unis ne reconnaissent pas la légitimité de la poursuite des implantations de colonies israéliennes... Il est que temps que cela cesse. » Pour cela, va-t-il clore la politique de soutien inconditionnel à Israël, alors que chaque année les seuls pays à voter contre les résolutions des Nations Unies qui « enjoignent [à] Israël de cesser son occupation illégale et violente de la Palestine », sont : Israël, les Etats-Unis et un ou deux protectorats américains du Pacifique...

Par ailleurs, il paraît pour le moins maladroit et réducteur d’associer les termes arabes et musulmans, comme si la géographie, l’appartenance sociale, la langue et la politique étaient des attributs sans signification pouvant être facilement mis de côté. S’adresser aux Arabes et aux musulmans comme à un seul bloc, est une rhétorique fantaisiste qui fait le jeu des sionistes israéliens dans leur déni de reconnaissance de l’identité palestinienne. Même si elle est majoritaire, la religion musulmane n’est pas la seule pratiquée au Moyen-Orient et tous les musulmans ne sont pas arabes.

Cela témoigne d’une incompréhension du problème Israélo-palestinien. Cette approche ne va pas peser sur le ministre israélien Avigdor Lieberman qui a démarré son ministère en rejetant les conclusions de la conférence d’Annapolis, revenant à la feuille de route uniquement parce que cette dernière n’exige rien d’Israël tant que les Palestiniens n’ont pas totalement éradiqué la « terreur ». Son véritable objectif est d’affranchir Israël de toute sollicitation concernant la paix, le dialogue ou même de simples pourparlers concernant la reconnaissance de l’Etat palestinien.

Et l’Union européenne ?

Haaretz rapporte que Netanyahu s’est fâché suite à une tentative européenne de Mirek Topolanek ministre tchèque de l’UE, de conditionner des liens plus étroits avec Israël avec l’engagement de ce dernier pour une solution à deux-Etats. En la circonstance deux attitudes sont possibles : la carotte ou le bâton. Que peut craindre l’UE d’une rupture ou d’un affaiblissement des relations avec Israël, si cet Etat ne respecte pas les résolutions de l’ONU, le processus de la feuille de route, les accords d’Oslo, toutes les tentatives pour arrêter la colonisation et reconnaitre l’Etat palestinien ? L’Europe peut-elle se contenter d’une position d’attente ? Elle a déjà, dans l’histoire récente, imposé des sanctions à Israël pour permettre l’exportation des produits agricoles palestiniens ou pour rouvrir, pendant la première Intifada (1987-1993), les universités palestiniennes. Avec succès. Juste après c’était Oslo ! Pourquoi ne pas avoir persévéré ?

Pour la sénatrice Nathalie Goulet (UMP[26]) la proposition d’approfondissement des relations avec Israël, est « totalement inacceptable et encore moins défendable après les massacres de Gaza ».

Elle rappelle que, « selon les termes de l’accord de partenariat euro-méditerranéen, les Etats participants s’engagent et sont tenus d’agir en conformité avec la Charte des Nations-Unies et la Déclaration universelle des droits de l’homme, ainsi qu’aux autres obligations résultant du droit international (...). Les partenaires doivent également respecter l’intégrité territoriale et l’unité de chacun des autres partenaires et régler leurs différends par des moyens pacifiques[27]». Elle prône la suspension de l’accord de partenariat. Au fond, souligne Mme Goulet, si « le processus politique de résolution du conflit a échoué », c’est « faute d’une volonté forte de la communauté internationale, particulièrement des Etats-Unis, de peser en faveur du dialogue et de la reconnaissance effective des deux peuples à vivre en paix[28] ».

11 août - après avoir reconduit Mahmoud Abbas à la tête du Fatah, le Congrès général du mouvement rajeunit sa direction avec 14 nouveaux membres du Comité central sur 18, dont Marwan Barghouthi, symbole de la "résistance", emprisonné à vie en Israël.

15 septembre - publication du rapport de l'ONU sur la guerre de Gaza en janvier 2009, conduit par le juge Richard Goldstone, qui accuse Israël et le Hamas de "crimes de guerre" et de possibles "crimes contre l'humanité". Il recommande de demander au Conseil de sécurité de saisir le Procureur de la Cour pénale internationale (CPI) si aucun progrès n'est réalisé d'ici six mois dans les enquêtes menées par les autorités israéliennes et l'Autorité palestinienne.

2 octobre - L'Autorité palestinienne accepte le report de l'examen du rapport Goldstone par le Conseil des droits de l'homme de l'ONU ! Mais le 6, devant la levée de bouclier, Mahmoud Abbas annonce son intention de recommander de référer le rapport Goldstone devant l'ONU.

16 octobre - le rapport Goldstone est adopté par le Conseil des droits de l'homme de l'ONU qui renvoie le dossier au Conseil de sécurité.

12 novembre - Les élections générales prévues en janvier 2010 en Palestine sont reportées à une date indéterminée.

16 décembre - Les mandats de Mahmoud Abbas et du Parlement palestinien sont prolongés par une décision du Conseil central de l'OLP qui est rejetée par le Hamas.

2010

6 janvier - Heurts meurtriers à la frontière entre l'Egypte et la Bande de Gaza lors d'une manifestation de Palestiniens contre la construction d'une barrière métallique souterraine par l'Egypte pour bloquer les quelques 400 tunnels de contrebande.

31 mai - Free Gaza, l'organisation Perdana Global Peace et la Campagne européenne, pour mettre fin au siège de Gaza, expédient huit cargos d'aide humanitaire. Le convoi transporte 10 000 tonnes de matériel médical, de maisons préfabriquées, de chaises roulantes électriques, de fournitures scolaires et de ciment. La livraison de ce matériau, qui est indispensable à la reconstruction, est interdite par les Autorités israéliennes.[29]

Neuf personnes, qui acheminaient de l'aide humanitaire pour Gaza, sont tuées dans l'abordage d'une flottille internationale par un commando israélien.

La Commission européenne souligne que plus de 90 % de la population de Gaza dépend de l'aide alimentaire fournie par des agences onusiennes[30].

1er juin - Ouverture du point de passage de Rafah pour certaines denrées non-militaires à destination de Gaza.

20 juin - Sous la pression internationale, Israël annonce l'assouplissement de l'embargo de Gaza, sur les biens "à usage civil".

Max Gaylard, coordinateur humanitaire de l'ONU déclare que « le blocus persistant de la bande de Gaza entrave le fonctionnement du système de santé et met en péril la santé de 1,4 million de personnes. [...] Il entrave la fourniture de matériel médical et la formation du personnel de santé et empêche les patients atteints de maladies graves d'obtenir en temps opportun des traitements spécialisés en dehors de Gaza[31] ».

En novembre - Le gouvernement israélien autorise une reprise partielle des exportations agricoles de Gaza, tout en maintenant l'interdiction totale des exportations industrielles. Mathilde De Reidmatten, directrice adjointe de la Croix-Rouge dans la bande de Gaza, précisera en mai 2011 que, malgré la couverture médiatique qui a été faite sur le sujet, la réalité est que le nombre des exportations est resté quasiment nul[32].

2 septembre - La secrétaire d'Etat américaine, Hillary Clinton, Benjamin Netanyahou et Mahmoud Abbas se réunissent pour reprendre des pourparlers de paix directs entre Israéliens et Palestiniens, interrompus depuis décembre 2008. L'OLP accepte officiellement l'invitation. Les négociations s'ouvrent "sans conditions", position voulue par Israël et acceptée par Mahmoud Abbas, sous l'égide du président américain, en présence du président égyptien, du roi Abdallah de Jordanie et avec l'approbation de la Ligue arabe.

Il est décidé que Benyamin Nétanyahou et Mahmoud Abbas se retrouvent toutes les deux semaines avec l'objectif de produire un accord-cadre. Mais dès le 27 septembre, Israël laisse expirer son moratoire sur la colonisation en Cisjordanie, alors que les Palestiniens exigeaient sa prolongation pour poursuivre le "processus de paix".

C’est la politique du « cause toujours », voilà 20 ans que cela dure depuis la poignée de main historique entre Yasser Arafat et Itzhak Rabin en 1993, qui avait clôturé les accords d’Oslo. Le dernier cycle s'est arrêté fin 2008, alors qu’un accord était proche. Peu après, l'armée israélienne lançait son offensive contre le Hamas dans la bande de Gaza...

En juillet, où en est la colonisation ?

Un rapport de B'Tselem, s'appuyant sur des sources gouvernementales, révèle que le demi-million de colons occupe 42% du territoire de la Cisjordanie dans 121 colonies, une centaine de colonies "sauvages" (outposts), et les 12 faubourgs annexés par la municipalité de Jérusalem avec l'aide du gouvernement[33].

Pour s’opposer à la colonisation, le Premier ministre palestinien Salam Fayyad, lance l’arme du Boycott. Il décide d'interdire la vente et la consommation de produits fabriqués dans les colonies juives de peuplement. Depuis le lancement de cette campagne, en début d'année, près de 40 millions de shekels (8,5 millions d'euros) de marchandises prohibées ont été saisis[34].

Le ministre de la Défense Ehud Barak - qui a quitté le parti travailliste - a proposé à Washington « d’envisager la possibilité de freiner de facto la construction » [dans les colonies] en échange d'un soutien américain à la reconnaissance d'Israël par les Palestiniens comme "Etat du peuple juif" et de garanties de sécurité sur sa frontière orientale. Soit une exigence supplémentaire à la reconnaissance de l’Etat israélien.

17 décembre - En Tunisie, Mohamed Bouazizi s’immole par le feu. Son geste est l’étincelle qui déclenche une vague révolutionnaire sans précédent dans le monde de langue arabe, en Tunisie, en Egypte, au Yémen, au Bahreïn, en Libye, en Syrie.

2011

En janvier et février, des manifestations en lien avec les « révolutions arabes » ont lieu en Palestine, mais elles sont interdites par l'Autorité palestinienne.

Janvier - La chaîne de télévision Al-Jazeera rend public des documents confidentiels sur les négociations entre Israéliens et Palestiniens. Ils montrent que ces derniers étaient prêts à accorder à l'Etat d’Israël des concessions territoriales très importantes et à remettre en cause certains principes, en particulier sur la question de Jérusalem et le droit au retour des réfugiés.

Février - l'Autorité palestinienne annonce des élections générales d'ici à septembre et demande au Premier ministre Salam Fayyad de former un nouveau gouvernement.

Mars - Des milliers de Palestiniens manifestent à Gaza et en Cisjordanie, en faveur de la "fin des divisions" inter palestiniennes.

Deux militants de la branche armée du Hamas sont tués par une frappe israélienne; le mouvement réplique par des tirs de roquette et d'obus sur Israël, entraînant une escalade militaire qui fait 18 morts parmi les Palestiniens.

Avril - Mai - Réconciliation au Caire, entre le Fatah et le Hamas.

L'Egypte annonce l'ouverture permanente d’un point de passage avec la bande de Gaza à Rafah.

Le 15 mai - Les Palestiniens de l’extérieur et des territoires occupés sont appelés à converger vers Israël par le comité qui avait organisé une marche à la frontière. Celui-ci les a exhortés à rejeter toute violence, en ne s’armant que de drapeaux. Cette mobilisation, inspirée de l’exemple des révoltes arabes, résulte de l’impasse stratégique dans laquelle se trouvent Hamas et Fatah[35]. C’est à l’occasion du soixante-troisième anniversaire de la déclaration d’indépendance de l’« Etat juif » et de la Nakba (la catastrophe). Mais, ces réfugiés négligés par l’OLP ne sont que quelques milliers à manifester. Ils appellent à une refondation de l’OLP. Pour Israël, la seule réponse est la brutalité : 14 Palestiniens désarmés sont tués !

Juin - Mahmoud Abbas, le président de l’autorité, se lance dans la bataille institutionnelle de la reconnaissance.

Mahmoud Abbas affirme sa détermination à réclamer le statut de membre à part entière de l'ONU pour leur Etat, à la prochaine assemblée générale.

Juillet-aout - Un mouvement social, du style « indiñados ou occupy », est lancé par des jeunes et les classes moyennes urbaines d’Israël. Ils protestent surtout contre la hausse du prix du logement, la vie chère. Rien sur la situation, les rapports avec les Palestiniens, l’occupation des Territoires.

22 Septembre

Il est de l’intérêt d’Israël que la Palestine soit reconnue, déclare Frances Raday du mouvement pacifiste israélien « La paix maintenant » à l’occasion de la décision de Netanyahou de se rendre en personne devant l’AG de l’ONU. La ferme intention manifestée par Mahmoud Abbas se réclamer une reconnaissance de l’Etat palestinien devant cette instance internationale, n’est évidemment pas étrangère à cette décision. Frances Raday pense que :

Le gouvernement israélien nous a entraînés au fond de l’absurde, usant de toute sa force de persuasion diplomatique pour prévenir la reconnaissance d’un État palestinien, alors qu’il en va de l’intérêt stratégique d’Israël que la Palestine soit reconnue en tant qu’État.

C’est une “marche folle” [1] qui nous a conduits là : la politique d’implantations de ce gouvernement et de ceux qui l’ont précédé, ainsi que l’incapacité de Benyamin Netanyahu à entreprendre des négociations sincères avec la direction palestinienne modérée de Ma’hmoud Abbas et Salam Fayyad, à faire des concessions (comme il était prévisible) ou à geler la construction dans les zones occupées.

La reconnaissance d’un État palestinien est aussi importante pour Israël que pour les Palestiniens. Pour qu’Israël continue à fonctionner en État juif et démocratique, il lui faut promouvoir un droit symétrique à l’autodétermination pour les Palestiniens[36]

Le 23 - Le président de l'Autorité palestinienne présente la demande d'adhésion de l’Etat de Palestine à l'ONU. Elle n'aboutit pas, faute du soutien des pays membres du Conseil de sécurité.

Un Etat ! Mais quel Etat ? C’est la question que l’on peut se poser au regard de ce que sont devenus les Territoires occupés, et Jérusalem avec plus de 500 000 colons et Gaza, un fractionnement en cantons séparés de la Cisjordanie. Un Etat binational ou deux Etats ? C’est une question qui est de plus en plus posée.

Ces questions relèvent évidemment et exclusivement, des Palestiniens et de ceux des Israéliens qui acceptent leur droit à l’autodétermination.

Le choix ne peut pas être imposé de l’extérieur, pas plus que le statut quo qui l’est par Israël[37].

Octobre - Le soldat Gilad Shalit, retenu en otage par le Hamas pendant 5 ans, est libéré en échange de prisonniers palestiniens.

31 octobre - A défaut d’être reconnus par l’ONU, les Palestiniens obtiennent le statut de membre à part entière de l'Unesco (Organisation des Nations unies pour l'éducation, la science et la culture). Cette adhésion constitue une avancée vers la reconnaissance en tant qu'Etat. Les Etats-Unis ont suspendu leurs subventions à l'Unesco ; leur contribution représente 22 % du budget de l'ONU. Cette attitude est un exemple de l’hypocrisie du gouvernement américain : Barack Obama s’était en effet prononcé en mai pour la création d'un Etat palestinien sur la base des frontières de 1967, rectifiées par des échanges de territoires négociés. Pour le vice-ministre israélien des affaires étrangères israélien, Danny Ayalon, la démarche des Palestiniens prouve qu'« ils ne veulent ni la paix ni des négociations, mais entendent perpétuer le conflit[38] !

2012

Février - Le Fatah et le Hamas signent un accord sur la formation d'un cabinet de transition dirigé par Mahmoud Abbas, chargé de superviser la tenue d'élections, mais l'accord reste sans effet.

Mars - Nouvelle flambée de violence à Gaza, après « l’élimination ciblée » de Zouheir al-Qaïssi, le chef des Comités de résistance populaire (CRP), par l'armée israélienne.

1 avril - Uri Avnery[39] publie un manifeste que Marwan Barghouti a émis depuis sa prison.

« Il appelle à une troisième intifada, un soulèvement de masse non-violent dans l’esprit du « Printemps arabe ». Son manifeste est un rejet clair de la politique de Mahmoud Abbas qui maintient une coopération limitée mais capitale avec les autorités d’occupation israéliennes. Marwan appelle à une rupture totale de toute forme de coopération, économique, militaire ou autre.

La collaboration quotidienne des services de sécurité palestiniens, [...] garantissent en pratique la sécurité des colonies israéliennes qui se développent en Cisjordanie.

Marwan appelle aussi au boycott total d’Israël [...] Il plaide pour que l’on mette fin à la comédie qu’on appelle “négociations de paix”. D’ailleurs on n’emploie plus jamais cette expression en Israël. D’abord elle a été remplacée par “processus de paix” puis “processus politique” et dernièrement par “la question politique”[...]

Marwan propose [...] : En finir avec les discussions internationales sur la “réactivation du processus de paix” [...] Depuis que le gouvernement israélien a clairement abandonné la solution à deux États – qu’il n’avait d’ailleurs jamais acceptée dès le départ – continuer à y prétendre ne fait que nuire au combat palestinien. [...]

Marwan propose de reprendre la bataille aux Nations-Unies [...] en appeler de nouveau au Conseil de Sécurité pour l’admission de la Palestine comme État membre, en mettant au défi les États-Unis de faire [...] demander une décision de l’Assemblée Générale dans laquelle la grande majorité voterait favorablement.[40]» Marwan publie son manifeste à la veille du “Jour de la Terre”, la journée mondiale de protestation contre l’occupation[41].

Le prisonnier Marwan Barghouti est devenu le candidat le plus en vue à la succession de Mahmoud Abbas. Il a déclaré aux journalistes israéliens qu’il continuait à soutenir la solution à deux États. Il reste aussi engagé dans l’action non-violente, en étant venu à la conclusion que les attaques violentes d’hier portaient préjudice à la cause palestinienne au lieu de la servir. Mais il veut appeler à mettre un terme au glissement progressif et involontaire de l’Autorité Palestinienne vers une collaboration de type Vichy, tandis que l’expansion de “l’entreprise de colonisation” se poursuit imperturbablement.

17 avril - Grève de la faim des prisonniers palestiniens pour dénoncer la détention administrative. Thaër Halahla et Bilal Diab, âgés de 34 et 27 ans, sont en grève de la faim depuis le 29 février, la plus longue de l’histoire du conflit israélo-palestinien. Soupçonnés d’appartenance au « Djihad islamique », ils sont en détention administrative. Le 7 mai, la Cour suprême a rejeté l’appel de demande de libération des deux détenus, pour le magistrat, « la détention administrative est nécessaire lorsque le dossier repose sur des renseignements confidentiels dont la divulgation mettrait en danger les sources et les moyens par lesquels ils ont été obtenus ». Soit, les informateurs des services de sécurité israéliens[42]...

Sur près de 4 700 prisonniers, plus de 2 000 seraient en grève de la faim, selon les responsables palestiniens, tandis que l’administration pénitentiaire en recense 1 550[43].

Nouvelles doléances de Mahmoud Abbas remises au premier ministre israélien. Le président de l’Autorité poursuit son offensive...juridique !

Le ministre et négociateur palestinien Saeb Erakat exige de M. Netanyahu, pour reprendre les négociations, une série d’engagements : discussions sur la base des lignes de 1967 "avec des échanges de territoire mineurs et mutuellement agréés", gel de la colonisation, libération des détenus palestiniens et retour à la lettre des accords signés. "Si cela ne se produit pas", a assuré M. Erakat, « l’Autorité palestinienne poursuivra sa stratégie concernant les démarches à l’Assemblée générale, au Conseil de sécurité et dans les autres instances de l’ONU ».

14 Novembre - Nouvelle offensive israélienne contre Gaza, c’est l’opération

« Pilier de défense », pour rétorquer à des tirs de roquette, mais effectués après l’assassinat de Ahmed Jaabari, chef militaire des Brigades Izz al-Din al-Qassam, alors qu’un calme fragile régnait depuis peu dans la bande de Gaza. Cet assassinat intervient comme par hasard à un moment où le Hamas « semble sur le point d'accéder à une légitimité régionale et internationale inédite. L'émir du Qatar, lors de sa visite de Gaza, est devenu le premier chef d’Etat à se rendre dans l'enclave, en promettant 400 millions de dollars d'aide à la reconstruction[44] ».

« Ahmed Jabari était l’un des hommes clefs du gouvernement du Hamas et l’un des artisans de la prise de contrôle en juin 2007 de Gaza par la résistance islamique ; il était également l’un des plus solides soutiens d’Ismaël Haniyeh, ancien Premier ministre de l’Autorité palestinienne entre février 2006 et juin 2007 [...] Jabari assurait la sécurité du territoire israélien en faisant la police dans le Bande de Gaza afin d’y prévenir toute provocation et tir intempestif de roquettes par des dissidents ou des agents stipendiés, vers Eretz Israël. En éliminant celui qui a été médiatiquement présenté comme le « Ben Laden palestinien », le Shin Beth a donc détruit l’interface nécessaire au maintien d’un cessez le feu durable. En affaiblissant le Hamas, Tsahal, remet la bride sur le cou des milices qui offrent et continueront d’offrir par leurs tirs de roquettes tous les prétextes utiles à Tel-Aviv pour procéder à autant d’assassinats ciblés que nécessaires… en fonction des besoins du moment, politiques, publicitaires, militaires ou stratégiques. »[45]

« Depuis le début de l’offensive « dimanche aura été la journée la plus meurtrière avec 31 Palestiniens tués, en majorité des femmes et des enfants, en dépit des efforts, en particulier de l’Égypte, pour tenter d’instaurer une trêve » [AFP 19 nov]. Tsahal a effectué plus de 1100 raids de bombardement aériens causant la mort de 174 palestiniens dont 56 civils...

29 novembre - Mahmoud Abbas fait voter par l'Assemblée générale une résolution faisant de la Palestine un Etat observateur à l'ONU avec le statut de non-membre.. (Date anniversaire de l’adoption du plan de partage de la Palestine en 1947).

Si on fait le rapprochement avec ces deux faits, on déduit logiquement que l’objectif à très court terme d’Israël était de bloquer la demande du statut d’Etat observateur non membre à l’Assemblée générale des Nations Unies.

Par ailleurs, Mahmoud Abbas, a récemment engagé le Fatah dans un processus de réconciliation avec le Hamas, un danger pour le pouvoir israélien qu’il convient évidemment de contrer.

La « jolie droite » israélienne !

- L'ex-président Moshe Katzav est reconnu coupable de viol à l'issue d'un procès de plus de quatre ans. Il sera condamné à sept ans de prison ferme en mars 2011.

- En janvier 2012, l'ancien Premier ministre Ehud Olmert est inculpé de corruption dans le cadre d'un scandale immobilier lorsqu'il qu'il était maire de Jérusalem.

- En Décembre, inculpé pour fraude, Avigdor Lieberman, démissionne. Il sera acquitté et retrouvera son siège en novembre 2013.

2013

Janvier - Malgré toutes ses casseroles, la coalition de droite dirigée par Benyamin Netanyahu remporte les élections législatives anticipées. Cependant, le scrutin est marqué par le recul du Likoud et la percée du candidat centriste Yair Lapid. La fusion des listes du Likoud avec le parti d’Avigdor Lieberman, a fait fuir des militants modérés vers le centre. Les résultats définitifs donnent finalement le bloc de droite à 61 sièges et le bloc de centre-gauche à 59.

Likoud-Israel Beytenou 884 631 23,32 % 31 -12

Yesh Atid 543 280 14,32 % 19 +19

Parti travailliste 432 083 11,39 % 15 +2

Kadima s’effondre avec 79 487 2,09 % 2 -26

L'ex-ministre des Affaires étrangères Tzipi Livni, à la tête du mouvement au parti centriste HaTnouha (Le Mouvement), qui a fait campagne pour la relance du processus de paix avec les Palestiniens, n'est créditée que de 6 députés... « Le Mouvement ». La gauche sioniste reprend quelques couleurs avec 15 sièges pour le Parti travailliste et 6 sièges pour le Meretz. Quant aux partis arabes et au parti communiste, ils stagnent, avec 11 députés. La question palestinienne, a été quasiment absente de la campagne électorale. L’extrême-droite prône l’annexion de la zone C (60 % de la Cisjordanie).

18 mars - Après de laborieuses tractations, le 3ème gouvernement Netanyahou

Rassemble une coalition de partis de droite, le Likoud et Israël Beytenou, un parti d'extrême-droite, le Foyer juif, et deux formations centristes, Hatnuah et Yesh Atid. Les ministères majeurs de la Défense et de l'Intérieur sont aux mains du Likoud, tandis que le ministère de la Justice échoit à Tzipi Livni, qui sera responsable des négociations de paix entre Israéliens et Palestiniens. Le parti Foyer juif, connu pour être pro-colonisation et nationaliste, prend le contrôle du portefeuille qui supervise les installations des colons, le ministère du Logement...

29 Juillet - Les négociations préliminaires israélo-palestiniennes reprennent à Washington. C'est la ministre de la Justice Tzipi Livni, qui est en charge des négociations pour Israël et retrouve Saeb Erakat, le controversé négociateur palestinien pour l’Autorité. La probabilité d’un accord est extrêmement faible. Shlomo Brom, de l’INSS (centre d’études stratégiques de l’université de Tel Aviv) cite des points de désaccords profonds et qui semblent inconciliables :

1 : Israël refuse d’accepter la ligne de 1967 avec des échanges de territoires comme base de la négociation.

2 : Les Palestiniens refusent de reconnaître Israël comme l’Etat du peuple juif. 3 : Israël n’a pas accepté le principe d’un gel total de la colonisation.

4 : Concernant les lieux saints de Jérusalem, il est peu probable qu’Israël accepte de faire des concessions majeures et les Palestiniens y refuseront toute forme de souveraineté juive.

Cependant, pour que la rencontre soit acceptable par l’Autorité, Israël accepte de libérer des palestiniens condamnés avant la signature des accords d’Oslo en 1993. Selon des sources israéliennes il s’agit de 104 détenus. Les palestiniens parlent, eux, de 250.

C’est finalement grâce aux arguments sonnants et trébuchants accordés à l’Autorité par John Kerry, à son plan de développement économique de grande ampleur en Cisjordanie, et à l’aide militaire renforcée promise à Israël, que ces négociations peuvent s’engager. Elles devraient durer neuf mois. Si elles aboutissent, la Ligue arabe appliquerait alors la phase finale de son plan de paix. Des ambassades d’Israël s’ouvriraient à Ryad, en Iraq, au Soudan[46]...

Aussitôt, le gouvernement Netanyahou annonce la création d’un millier de nouveaux logements à Jérusalem-Est et en Cisjordanie... Netanyahou déclare aussi, que « reprendre les négociations de paix avec les Palestiniens est dans l’intérêt stratégique d’Israël [47]» ; ce sont donc les négociations avec les Palestiniens qui sont dans l’intérêt stratégique d’Israël, pas la paix. Et c’est aussi parce que les Américains pensent qu’elles sont conformes à leurs intérêts stratégiques.

11 novembre - Après avoir été acquitté dans une affaire de fraude et d'abus de confiance l'ancien ministre des affaires étrangères, Avigdor Liberman, a pu retrouver son poste au sein du gouvernement israélien

11 décembre - Amira Hass, écrit dans Haaretz « How the Third Intifada will start »: comment la troisième Intifada commencera. Elle est juste un peu en avance. Tout semble calme, les négociations israélo-palestiniennes se poursuivent, les Etats-Unis incitant les Palestiniens à des efforts, ce qui signifie les pousser des concessions supplémentaires, pendant que la colonisation avance sans faiblir. Le président français, François Hollande dit son envie de chanter l’amour qu’il porte à Israël lors d’un dîner avec Benyamin Nétanyahou.

Gaza est toujours soumise au blocus, avec quelques bombardements assassinats ciblés. En Cisjordanie, « Amnesty International » a recensé la mort de 22 civils palestiniens pour l’année 2013, a plupart étaient de jeunes adultes de moins de 25 ans, quatre étaient des enfants. Soit plus qu’en 2011 et 2012, selon l’ONU

« Depuis janvier 2011, poursuit le communiqué, un nombre effarant de civils palestiniens en Cisjordanie — plus de 8 500, dont 1 500 enfants — se sont faits tirer dessus ou ont été grièvement blessés, notamment par des balles de métal enrobées de caoutchouc et par l’utilisation inappropriée de gaz lacrymogène. (...) Plusieurs victimes se sont fait tirer dans le dos, sans doute prises pour cibles alors qu’elles tentaient de fuir et ne posaient pas de véritable menace pour la vie des membres des forces israéliennes ou d’autrui. Dans plusieurs cas, les forces israéliennes bien équipées ont recouru à des moyens létaux pour réprimer les manifestants lanceurs de pierres, causant des pertes en vies humaines inutiles[48]. »

Le communiqué cite encore le cas d’adolescents de 16 ans abattus par des tirs dans le dos par l’armée, parce qu’ils manifestaient. Au lieu de mener une enquête, la réponse du gouvernement israélien à ce rapport est que : « c’est un texte antisémite qui accuse « les juifs » de tuer des enfants ».

Tout cela dans l’indifférence générale, car que vaut la vie d’un arabe ?

2014

22 Janvier - Marwan Barghouti envoie un message depuis la cellule n°28 de la prison de Hadarim, où il dit notamment :

« Il n’y a que trois scénarios possibles : un État pour tous ses citoyens sur toute la Palestine historique, deux États vivant côte à côte sur les frontières de 1967, où la poursuite de ce conflit et l’apartheid. Notre peuple ne tolérera pas l’apartheid[49]... »

1er avril - Le président Mahmoud Abbas, a annoncé la demande d’adhésion de l’Autorité à quinze agences et traités internationaux, dont les conventions de Genève et les traités internationaux fixant les règles de protection des personnes en cas de conflit armé et d'occupation. Les Palestiniens espèrent que cette adhésion leur permettra de saisir plus facilement la Cour pénale internationale (CPI), au sujet de la poursuite de l'occupation des terres palestiniennes saisies par Israël pendant la guerre de 1967. Une décision prise après l'annonce d'un nouvel appel d'offres par le gouvernement israélien pour 708 logements dans le quartier de colonisation de Gilo, à Jérusalem-Est[50].

23 Avril - Les deux principaux partis palestiniens, le Hamas et le Fatah, se sont mis d’accord pour former un gouvernement unitaire qui « vise à mettre fin à la division politique et à la partition de fait entre la bande de Gaza et la Cisjordanie[51] ». L’accord en sept points prévoit des élections après six mois, la restructuration de l'OLP, la libération des prisonniers politiques respectifs, et des commissions de réconciliation. Le 29 mai, le premier ministre Rami Hamdallah, est chargé de former le nouveau gouvernement et le 2 juin, il prête serment.

29 avril - En échange d’une nouvelle libération de prisonniers et d'un gel de la colonisation, les Palestiniens acceptent de poursuivre les négociations au-delà de la date butoir. John Kerry critique les deux parties, s'en prenant plus particulièrement à Israël, déplorant une série de mesures et contre-mesures prises par les deux camps à la suite de la non-libération des prisonniers comme convenu le 29 mars. Israël suspend sa participation à un projet de développement d'un champ gazier palestinien au large de la bande de Gaza et veut plafonner les dépôts bancaires palestiniens dans ses établissements financiers. Le gouvernement israélien décide de geler le reversement des taxes collectées par Israël pour le compte de l'Autorité palestinienne, en représailles aux demandes d'adhésion de la Palestine à 15 traités et conventions internationaux. Ces taxes, dont le montant s'élève en moyenne à quelques 80 millions d'euros par mois, représentent plus des deux tiers des recettes budgétaires propres de l'Autorité palestinienne[52].

12 Juin - Trois adolescents israéliens sont enlevés tandis qu'ils faisaient de l'auto-stop près du Gush Etzion en Cisjordanie entre Bethléem et Hébron. Ils sont retrouvés assassinés dix-huit jours plus tard dans un champ à 5 km au nord de Hébron. Leurs ravisseurs présumés, Marouane Kawasmeh et Amer Abou Eisheh, seraient membres de la cellule Hamas d’Hébron. Houssam Kaouasme aurait reconnu être le chef des ravisseurs et avoir reçu un soutien financier du Hamas.

Le 16 juin - Mahmoud Abbas condamne l'enlèvement des trois jeunes Israéliens, dénonce ce rapt ainsi que les violences israéliennes qui l’ont suivi. Des centaines de militants et officiels du Hamas sont arrêtés parmi lesquels plusieurs dizaines avaient été libérés en échange de Gilad Shalit. Pendant l'opération « Gardien de nos Frères » en Cisjordanie, les forces d’occupation arrêtent environ 800 Palestiniens, sans inculpation ni procès, et tuent 9 civils.

Selon des journalistes de l’AFP, dans la nuit du lundi 30 juin, Tsahal lance plus de 30 frappes sur tout le territoire de Gaza, visant des terrains d’entraînement de groupes armés et des bâtiments administratifs[53].

Mais, l'implication du Hamas est fortement mise en doute en juillet par un membre du Shin Bet[54] qui, sous couvert d'anonymat, indique l'absence de données allant dans ce sens. Il pense que l'information a été diffusée à des fins politiques. Yuval Diskin, ancien directeur du Shin Bet, confirme ces propos au journal Der Spiegel : « D'après ce que j'ai lu et d'après ce que je sais sur la façon dont le Hamas opère, je pense que le bureau politique du Hamas a été pris par surprise. Il semble qu'il n'ait ni coordonné ni dirigé [l'enlèvement][55] ». Selon lui, avoir lancé les opérations militaires en Cisjordanie et s'être attaqué au gouvernement d'union du Fatah et du Hamas est une erreur.

Pas vraiment une erreur, plutôt une manœuvre politicienne ! Le journaliste allemand Christian Sievers affirme, lors de l'émission Auslands Journal du 16 juillet 2014 de la chaîne de télévision allemande ZDF, qu’il s’agit d’un crime civil commis par un citoyen de confession juive pour des raisons d’ordre économique. Les jeunes gens ont été assassinés un jour après leur enlèvement, et après avoir brûlé leur voiture, leurs corps ont été abandonnés près de la ville d’Hébron[56]. L’Agence de renseignement israélien Shin Bet était au courant dès la découverte des corps jetés à Hébron, mais le Premier ministre israélien a tenu à conserver l'information secrète, afin que le crime puisse servir de prétexte à la guerre en préparation[57]. »

Pour un journaliste de la BBC, Jon Donnison, le Hamas ne serait pas derrière ce triple enlèvement suivi de meurtre: «[Le porte-parole] de la police israélienne Mickey Rosenfeld me dit que ceux qui ont tué les trois adolescents israéliens sont issus d’une cellule isolée, affiliée au Hamas mais n’opérant pas sous son contrôle[58]

L’opération politique, quelques soient les véritables assassins, sera lourde de conséquences dramatiques :

- Dans la nuit du 1er au 2 juillet, Mohammad Abou Khdeir, un adolescent palestinien de seize ans, est brûlé vif par des extrémistes juifs.

- Le 8 juillet, une attaque de l’armée israélienne est lancée une fois de plus contre Gaza : « l’Opération Bordure protectrice », toujours sous le même mobile: une riposte aux tirs de roquettes. Les bombardements aériens israéliens font plus de 240 morts, alors que le Hamas tire un millier de roquettes, faisant un mort en Israël[59].

- Le 17 juillet, une opération terrestre commence dans la bande de Gaza dont l'objectif est de frapper les tunnels allant de Gaza en Israël.

Des opérations militaires d’une violence sans précédents - et pourtant il y en eut ! – ont lieu jusqu’au 26 août. Un cessez le feu est obtenu par l’Egypte, aux conditions de discussions à partir de la fin septembre, pour la levée du blocus de la bande de Gaza, la construction d'un port et la réouverture de l'aéroport de Gaza, de la libération de prisonniers palestiniens, de la remise des corps de soldats israéliens et de la démilitarisation de la bande de Gaza. Tout cela restera lettre morte...

Le 23 septembre, Marouan Kaouasme et Amar Abou Aïcha, les deux hommes tenus pour responsables de l'enlèvement et de l'assassinat des trois adolescents israéliens, ont été abattus lors d'une fusillade avec les soldats qui avaient encerclé une maison de Hébron dans laquelle ils se cachaient. Le journaliste israélien Shlomi Eldar, comme le chercheur Julien Salingue penchent pour une opération isolée du clan Qawasmeh d'Hébron. Ce clan, s'était déjà fait remarquer durant la seconde intifada, où il a perdu quinze de ses membres, dont neuf qui se sont fait exploser lors d'attentats suicides. "À chaque fois que le Hamas et Israël se sont mis d'accord sur un cessez-le-feu ou sur une trêve, au moins un membre de la famille a été impliqué dans la planification ou l'exécution d'une attaque suicide[60]."

Bilan de la guerre de Gaza[61], des chiffres à géométrie variable selon la source :!

- Selon le Ministère de la Santé de Gaza : 2 145 tués dont 1715 civils.

- L’ONU : 2 104 tués dont 1 462 civils, 265 combattants, 377 non identifiés.

- Selon Tsahal : 1 768 tués dont 1 000 combattants !

Le 4 mai 2015, l'ONG israélienne « Breaking the Silence » publie un recueil de témoignages de plus de soixante soldats de Tsahal qui ont ouvert le feu sur des Gazaouis sans faire de distinction entre les combattants du Hamas et les civils. L'ONG recense au moins une centaine de cas[62]. »

Octobre

- Première réunion du gouvernement unitaire palestinien. Dans les faits, rien n’a changé, Gaza est toujours gouvernée par le Hamas et la Cisjordanie par l’OLP.

- Le parti d’extrême-droite « Israel Beytenou » quitte l'alliance avec le Likoud, tout en restant dans la coalition gouvernementale.

Décembre

Au sein du Gouvernement israélien, des différends éclatent sur le budget et sur un projet de loi portant sur la reconnaissance d'Israël comme l'Etat national du peuple juif. Ils entraînent le renvoi de la ministre de la Justice Tzipi Livni, du parti Hatnuah et du ministre de l'économie Yair Lapid du parti Yesh Atid. Des élections sont annoncées pour le 17 mars 2015.

Bilan de la stratégie de l’Autorité Palestinienne pour la reconnaissance juridique de l’Etat palestinien :

En 2014, 135 pays ont reconnu l’Etat palestinien :

- Par leur parlement : La Grande-Bretagne, l’Irlande, le Luxembourg, l’Espagne, la France, la Wallonie, Bruxelles, le Portugal, le Danemark, l’Union Européenne.

- Par leur gouvernement : la Suède, l’Islande.

Par ailleurs, à la fin de 2014, L’autorité palestinienne a intégré 18 conventions pour lesquelles elle avait effectué une demande d’adhésion dont celles de Genève en avril. Ce qui lui permet de demander des enquêtes sur les atteintes aux droits humanitaires par Israël, le mur, l’illégalité des colonies. Avec la possibilité de sanctions.

Au 31 décembre, elle adhère à 20 conventions supplémentaires dont la CPI (la Cour Pénale Internationale). Ce qui constitue une véritable bombe atomique pour Israël, un casus belli ! La mise en œuvre sera effective au 1 avril.

La énième guerre de Gaza et son contingent de massacres de civils et d’enfants, la poursuite de l’accaparement des terres des paysans palestiniens, de la colonisation, ont brouillé l’image d’Israël alors que la tuerie de 9 humanitaires turcs de la flottille de secours pour Gaza n’avait soulevé que peu de protestations.

31 décembre - La Jordanie présente un projet de résolution devant le Conseil de sécurité de l’ONU, avec la pression de la France, proposant un accord de paix d’ici à douze mois en mettant fin à la colonisation dans les trois ans à venir, précédant un retrait sur la ligne verte de 1967. Comme à l’accoutumé, les Etats-Unis y opposent leur veto. Israël se venge en retenant les taxes qu’elle doit à l’Autorité ! A la veille des élections israéliennes, Netanyahou réaffirme qu’il n’y aura pas d’Etat palestinien ! Dans ces conditions, comment comprendre que les Etats-Unis continuent d’opposer leur veto aux résolutions de l’ONU concernant Israël, alors qu’ils déclarent être favorables à une solution à deux Etats ! Obama fait simplement part de son mécontentement...Ce dont Netanyahou se fiche complètement !

2015

17 mars - Élections législatives en Israël. Au terme de ces élections précipitées, déclenchées par le premier ministre Benyamin Netanyahou, le Likoud demeure en tête 23,4% des votes et 30 sièges, soit six de plus que l'Union sioniste des travaillistes alliés au centre de Tzipi Livni, qui récolte 18,7% des votes et 24 sièges (+3). Benyamin Netanyahou forme son gouvernement, après 40 jours de tractation regroupant Koulanou, Judaïsme unifié de la Torah, Shas et Le Foyer juif. La surprise est venue de la coalition des partis « arabes » alliés au parti communiste qui obtiennent 443 837 voix, 10,54 % et 13 sièges (+2). Ayman Odeh devient la troisième formation de la Knesset.

16 juin - Un an après la formation du gouvernement d'Union nationale, la réconciliation politique n'est toujours pas effective, Fatah et Hamas sont à couteaux tirés. La feuille de route agréée par les deux parties n'a pas avancé. Selon un responsable du Hamas, Mahmoud Zahar, l'Autorité Palestinienne s'oppose à la réouverture du terminal égyptien de Rafah et à celle des points de passage avec Israël. Gaza.

Mais aussi, le paiement des salaires des fonctionnaires est l’un des principaux points d’achoppement entre les deux mouvements. Les élections n'ont pas eu lieu.

17 juin - Rami Hamdallah remet la démission de son gouvernement au président palestinien qui lui demande de former le nouveau gouvernement[63].

Si les deux mouvements ont tout fait pour saborder les termes de l’accord de réconciliation, c’est qu’il n’y a pas de véritable volonté pour intégrer le Hamas dans l’OLP, fusionner les services de sécurité et une absence de consensus sur l’action politique et la nature de la résistance vis-à-vis d’Israël. Mahmoud Abbas parie sur l’ONU avec une stratégie d’internationalisation du conflit israélo-palestinien, en particulier sur une résolution possiblement portée par la France au CSNU fin septembre[64] . Tandis qu’il semble que le Hamas souhaite renforcer son autorité unique sur Gaza par un accord de cessez-le-feu de longue durée avec Israël. Depuis 2009, il est confronté à la concurrence de groupes salafistes jihadistes proches d’Al Qaida, qui lui reprochent son manque de radicalité face à Israël. Il tente de contrôler ces mouvements, en les laissant fonctionner tant qu’ils ne remettent pas fondamentalement en cause son autorité, ni sa supériorité militaire[65].

L’Etat Islamique et la Palestine.

Le développement jihadiste représente un défi, une concurrence, pour le mouvement islamique palestinien, avec des risques de surenchère terroriste. Et l’Etat islamique pose des questions au Hamas mais aussi à l’Autorité.

Au mois d’avril 2015, les affrontements entre l’EI et les factions palestiniennes dans le camp de Yarmouk en Syrie illustrent ces nouvelles difficultés.

En Cisjordanie, l’Autorité palestinienne tente de contrôler et de réprimer ces groupes, notamment en coopérant avec les services de sécurité israéliens.|...]

La présence de l’EI dans les Territoires palestiniens (Gaza et Cisjordanie) reste encore résiduelle, mais elle commence à s’exprimer avec l’apparition de signes visibles (drapeaux), de messages de sympathisants sur les réseaux sociaux et surtout par les attaques conduites contre le Hamas à Gaza (cf. dernières attaques du 19 juillet contre des voitures du Hamas et du Jihad islamique)[66].

18 juin

La proposition française de paix : Laurent Fabius soumet de nouveaux projets, dans la ligne de ceux exprimés fin 2014.

La France propose d’établir une résolution pour une solution négociée au conflit, dans une durée limitée à dix-huit mois, ce qui est une bonne chose, mais aucune date n’est mentionnée sur la fin de l’occupation israélienne. La résolution appelle à la création d’un Etat palestinien sur la base des frontières de 1967, avec des échanges de territoires admis par les deux parties. Cet Etat serait démilitarisé, mais Israël s’engagerait à retirer son armée, au cours d’une phase de transition. Concernant Jérusalem, la ville est définie comme la capitale des deux futurs Etats. Le droit au retour des réfugiés, ferait l’objet d’une compensation, ce qui signifie en clair qu’il n’y aura pas de retour[67].

19 juin - Le négociateur palestinien Saeb Erakat déclare que : « l’Etat d’Israël ne doit pas être reconnu, tant qu’il ne reconnait pas la Palestine[68]. » Réponse du berger à la bergère à propos de la reconnaissance de l’Etat juif !

31 juillet - Assassinat d’une famille palestinienne.

Ali Dawabcheh, un bébé palestinien âgé de 18 mois a été brûlé vif et ses parents et son frère grièvement blessés par un incendie provoqué par des cocktails Molotov par les fenêtres. Les hommes masqués sont des colons extrémistes israéliens. Saad Dawabsha, le père du bébé palestinien brûlé vif succombe à ses blessures le 8 août. La mère, une jeune institutrice de 26 ans, n’a pas survécu non plus à ses brûlures au troisième degré qui couvraient 80% de son corps.

Diffusée à la télévision israélienne, une vidéo montre un jeune masqué tenant un cocktail Molotov tandis qu’un autre poignarde une photo d’Ali Dawabsha, le bébé Palestinien brûlé vif. « Dans la vidéo on peut voir des dizaines d’adolescents et de jeunes hommes chantant une chanson célébrant la vengeance, tout en brandissant des fusils et des couteaux, » a rapporté Haaretz, qui a publié cette version de la vidéo[69]. Quatre personnes ont été arrêtées après l'ouverture d'une enquête, a indiqué à l'AFP le porte-parole de la police Micky Rosenfeld. Elles comparaîtront le 30 décembre devant un tribunal de Jérusalem. Plusieurs arrestations d'extrémistes juifs avaient été menées dans le cadre de l'enquête sur l'incendie, « des jeunes soupçonnés d'appartenir à une organisation terroriste juive et d'avoir commis des attentats», selon le Shin Beth. Mais, aucun de ces suspects n'a toutefois été inculpé. Toutefois, l'un de ses suspects, un colon de 18 ans, a été assigné à résidence mardi après plusieurs semaines de détention par le Shin Beth[70].

C’est seulement cinq mois après les faits que deux jeunes hommes ont été arrêtés et inculpés. Ils appartiennent aux milieux juifs radicaux, appelés les « jeunes des collines», ces colons radicaux qui remettent en question l'autorité de l'Etat hébreu. Amiram Ben-Uliel, âgé de 21 ans et originaire de Shilo, une colonie du nord de la Cisjordanie occupée, a été inculpé du meurtre d'Ali Dawabcheh, 18 mois, et de ses parents Saad et Riham.[71] « Deux autres suspects israéliens, dont un mineur, ont été inculpés pour leur implication dans « d'autres actes terroriste s», dont les incendies de l'abbaye de la Dormition à Jérusalem en mai 2014 et de l'Eglise de la multiplication des pains, sur les rives du lac de Tibériade en juin 2015[72]

Selon la Paix Maintenant, « ces "agressions de la part des colons est devenue une véritable épidémie", notamment du fait de "l'indulgence dont fait preuve le gouvernement envers les violences anti palestiniennes et les discours de haine". [...]En mai, l'organisation israélienne Yesh Din estimait que 85,3% des plaintes de Palestiniens après des attaques de colons étaient classées sans suite et seules 7,4% des plaintes conduisent à des actes d'accusation et seulement un tiers des poursuites à une condamnation »[73].

Mais, devant l’émotion suscitée par ces actes barbares, deux jeunes Israéliens ont été lourdement condamnés le jeudi 4 février 2016, pour l'enlèvement et l'assassinat de de l’adolescent palestinien brûlé vif en juillet 2014, à Jérusalem-Est, après l’enlèvement et l’assassinat de trois jeunes israéliens. Agé de 17 ans, le premier tueur a été condamné à la perpétuité. Quant à son complice à peine plus âgé, il écope de 21 ans de détention. Leur mentor âgé de 31 ans, a été aussi reconnu coupable mais non responsable de ses actes au moment des faits, puisqu'il souffre de graves problèmes psychiatriques[74].

Septembre - Début de « l’Intifada des couteaux[75] ».

On assiste à un regain de tensions en Cisjordanie après plusieurs accrochages entre jeunes palestiniens et forces militaires, suite aux attaques des colons israéliens extrémistes.

Les manifestations contre l’occupant se multiplient et des attaques ont lieu contre les forces d’occupation et des civils israéliens dont 17 ont été tués. Les assaillants palestiniens sont des individus plutôt jeunes, ne faisant partie d’aucune organisation, agissant seuls. 130 Palestiniens ont été abattus par les forces israéliennes, alors que souvent ils auraient pu être simplement maîtrisés, n’étant armés que de couteaux.

Les causes de « l’Intifada des couteaux ».

Le détonateur apparent a été le raid mené le 13 septembre par la police israélienne sur le mont du Temple, à Jérusalem, pour y saisir des projectiles, suite aux restrictions imposées à l’accès des Palestiniens à la mosquée Al Aqsa de Jérusalem, en contradiction avec les règles fixées depuis 1967. L’occupation et la colonisation ne seraient pas la motivation essentielle de ces affrontements, mais la défense de la mosquée al-Aksa. Cette situation n’est pas sans rappeler les grandes émeutes de 1929 dont le déclencheur a été les rumeurs selon lesquelles les juifs essayaient de conquérir les Lieux Saints de Jérusalem. Les croyants sont particulièrement sensibles à toute atteinte à ce qu’ils considèrent comme sacré et qui est l’objet de provocations régulières d’une poignée d’activistes issus de la mouvance religieuse et extrémiste des sionistes. Ces derniers revendiquent le Mont du temple à leur unique usage pour rebâtir l’édifice de Salomon. Leur influence est devenue prégnante car ils ont réussi à intégrer des rouages clefs du pouvoir comme le Likoud ou la commission des affaires intérieures à la Knesset. Dès lors, le pas est vite franchi pour transformer le conflit territorial, national et politique en un conflit religieux. Si la religion est utilisée comme moyen de mobilisation, elle n’est pas le motif principal de la contestation, elle n’en est qu’une expression qui exacerbe les extrémismes. Pour les Palestiniens, la perpétuation de l’occupation, l’impuissance de l’Autorité et des mouvements politiques pour résoudre la question d’une colonisation, d’un accaparement des terres, d’un régime d’apartheid qui les prive des droits humains, poussent des jeunes sans plus aucun espoir à des actes désespérés. Car ils savent qu’ils vont mourir, attaquer les occupants avec de simples couteaux sont des actes suicidaires.

Au-delà de l’aspect religieux majoritaire, juif pour les uns, musulman pour les autres, ce sont deux nationalismes, une affirmation du droit à la terre, sacralisé par le dogme messianique juif, qui s’opposent par la violence. Même si : « Pour de nombreux Palestiniens, il ne s’agit pas d’un conflit entre deux mouvements nationaux, mais d’un affrontement entre un mouvement national [palestinien] et une entité impérialiste et coloniale [Israël]… Du point de vue palestinien, les juifs ne sont pas une nation, mais une communauté religieuse, et en tant que tel n’ont pas droit à un sentiment national[76]…» Les juifs ne sont pas une nation, mais Israël est devenue une nation, et les Palestiniens revendiquent à juste titre le même droit à leur propre identité nationale. Les symboles religieux sont néanmoins partie de cette identité. Pour les juifs, Jérusalem est leur capitale avec le Mont du temple, et pour un milliard trois-cent mille musulmans c'est le « troisième lieu saint de l'islam ». Et n’oublions pas les chrétiens...C’est bien pour cela que l’ONU proposait d’en faire un lieu international. Et chaque Etat peut bien en faire sa capitale dans sa partie de ville, pourvu qu’il respecte les croyances des uns comme des autres...

En Cisjordanie et à Gaza - Amnesty dénonce :

Les procès inéquitables, les tortures et autres mauvais traitements par les forces de police, les atteintes à la liberté d’expression, d’association et de réunion.

« En juin, des opérations menées par la police à Balata, le plus grand camp de réfugiés de Cisjordanie, ont donné lieu à des violents affrontements. Au moins une personne vivant dans le camp a été blessée par balle. D’autres habitants qui ont été arrêtés, puis relâchés, ont déclaré avoir été torturés en détention[77] ».

2016

La vie quotidienne sous l’occupation ....

14 janvier - J’ai reçu ce message de Rashed, le coordonnateur de l’association de fermiers du Jourdain : "À six heures, le 14 Janvier 2016, l’armée d’occupation israélienne est entrée avec douze jeeps et deux bulldozers à Tubas détruisant quatre abris et un réservoir d’eau. En Décembre 2015, l’armée avait donné l’ordre de démolition des abris obligeant les propriétaires à remettre le terrain tel qu’il était avant la construction, dans les 45 jours suivants. Bien que l’instruction soit en cours et la date limite pas encore expirée, l’armée a opéré des raids dans la région et détruit les abris.

28 janvier - La justice israélienne.

Les « Hares boys » : cinq ados palestiniens condamnés à quinze ans de prison. De plus, leurs familles ont payé – chacune – une amende de 30 000 shekels. Ils étaient accusés d’avoir lancé des pierres sur une route réservée aux colons. Les forces d’occupation avaient effectué un raid dans leur village et ciblé les jeunes tout en procédant à des arrestations massives. Deux véhicules appartenant à des colons avaient eu un accident et l’un des passagers de ces véhicules avait été grièvement blessé, puis était décédé d’une pneumonie deux ans plus tard.

Cette affaire constitue un important précédent qui permet à l’armée d’accuser tout enfant ou jeune palestinien de meurtre dans des cas de jet de pierre ». Tout cela, sans la moindre preuve réelle de leur culpabilité, en dehors d’aveux signés sous la torture, en 2013, alors que ces ados n’avaient que 16 ans, qu’ils avaient été embarqués au milieu de la nuit, qu’on les avait privés de l’accès à un avocat et que des hommes armés en uniforme les avaient battus et violentés. Au tribunal, les séances se déroulent en hébreu – langue qu’aucun des ados ne parle – et les trois juges sont des militaires[78].

26 février - La liberté de la presse en Palestine occupée...

Mohammed al-Qeeq, journaliste palestinien de al-Majd TV, a suspendu sa grève de la faim au bout de 94 jours, après un accord. Sa détention administrative se terminera le 21 mai. Il sera soigné dans des hôpitaux israéliens et il recevra des visites familiales qui lui avaient été refusées jusqu’à maintenant.

Il a été arrêté chez lui le 21 novembre 2015. Le 25 novembre, il a commencé une grève de la faim suite à des périodes de 15 heures où il était enchaîné à une chaise dans des positions douloureuses et menacé de violences sexuelles. Il a exigé qu’il soit mis un terme à sa détention administrative sans inculpation ni jugement, car malgré une “suspension” de sa détention par la Cour Suprême israélienne il a continué à se voir refuser les visites de sa famille, y compris de la part de sa femme et ses deux enfants, de même que des soins dans un hôpital palestinien.

10 mars - Paris ne reconnaîtra pas automatiquement un Etat palestinien...

Le ministre français, Jean Marc Ayraud, entend relancer l'initiative de paix entre Israël et l'Autorité palestinienne, avec pour objectif principal de convoquer une conférence internationale "d'ici à l'été", comme l'avait déjà annoncé M. Fabius le 29 janvier. Cependant, la France ne reconnaîtra pas "automatiquement" un Etat palestinien si son initiative pour relancer le processus de paix avec Israël échoue, a assuré le 2 mars au Caire le chef de la diplomatie française. "Il n'y a jamais rien d'automatique, la France prend cette initiative, va l'exposer à ses partenaires, et donc c'est la première étape, il n'y a pas de préalable". "Ce que nous souhaitons, et c'est notre engagement, notre volonté, c'est que reprenne un processus politique de négociation", a martelé le ministre français, au cours d'une conférence de presse au côté de son homologue égyptien Sameh Choukri. Ce dernier a expliqué que son pays "appréciait" et "soutenait" l'initiative française qui fait valoir "les droits légitimes du peuple palestinien".

Fin janvier, son prédécesseur Laurent Fabius avait provoqué une vive réaction israélienne en proposant d'organiser cette conférence pour relancer un processus de paix qui est au point mort, ajoutant qu'en cas d'échec, la France reconnaîtrait l'Etat palestinien.

Le 29 janvier, l'annonce de M. Fabius avait provoqué une riposte ulcérée du Premier ministre Benjamin Netanyahu, la qualifiant de "déroutante". M. Fabius avait annoncé la volonté de la France de relancer rapidement son projet d'une conférence internationale pour "faire aboutir la solution de deux Etats", Israël et Palestine. En cas d'échec de cette initiative, "nous devrons prendre nos responsabilités en reconnaissant l'Etat palestinien", avait-il conclu.

"Notre objectif est simple, mobiliser la communauté internationale autour de la seule solution possible, celle de deux Etats", a cependant ajouté M. Ayrault. "Il ne faut rien exclure, mais je ne veux pas mettre cela (la reconnaissance) en préalable", avait-il auparavant confié à des journalistes.

Source : al Manar

12 mars - Frappes israéliennes sur Gaza, un enfant de 10 ans est tué, sa sœur de 6 ans est blessée ainsi que son frère de 13 ans.

L’armée israélienne a annoncé avoir mené quatre frappes en riposte à des tirs de roquettes qui n’ont pas fait de victime. Depuis la fin de la guerre de l’été 2014, 34 projectiles tirés depuis le territoire contrôlé par le Hamas ont frappé le territoire israélien, selon les données de l’armée israélienne.

Les Palestiniens en 2015 [79]

- les Palestiniens sont 12,5 millions dont 7,2 millions de réfugiés ou déplacés : 6 millions suite à l’épuration ethnique de 1948-1950 ; 843.737 suite à la Naksa de 1967 ; et 345.217 déplacés de l’intérieur dans l’espace délimité par la ligne verte ; 57.669 déplacés à l’intérieur des territoires après 1967.

- L’UNRWA recense 5,4 millions de réfugiés enregistrés. Elle a établi et gère 59 camps de réfugiés officiels (il en existe 17 non-officiels).

- 6,5 millions de Juifs israéliens vivent en Palestine historique, la vaste majorité d’entre eux immigrants ou enfants d’immigrants. Ils ont accès à 93% du territoire et ont la souveraineté physique et militaire sur 100% de celui-ci.

[1] Source : Le Monde -11 janvier 2005 - Mahmoud Abbas en première ligne - Gilles Paris.

[2] Lire : Abou Mazen, le dernier Palestinien par Hussein Agha et Robert Malley– Le Monde diplomatique - février 2005 -

[3] La dernière guerre du général Ariel Sharon. Alain Gresh (09.04.02) Le Monde Diplomatique

[4] Né le 6 juin 1959 près de Ramallah, Barghouti est incarcéré depuis 2002 dans une prison de haute-sécurité israélienne, condamné à cinq peines de prison à perpétuité pour dans une entreprise terroriste sous son commandement, le meurtre de cinq civils israéliens. Barghouti dit soutenir les attaques armées contre l'occupation israélienne mais ne pas cautionner les attaques contre des civils sur le territoire d'Israël. Membre du Parlement palestinien, son arrestation en zone où Israël n'a pas de juridiction est illégale !

[5] Wikipédia - Uzi Benziman, Sharon: an Israeli Caesar, 1985, page 42

[6] Le Tanzim est l'une des factions armées du Fatah

[7] Lire (en anglais) le sondage sur l’opinion publique palestinienne : « Palestinian Public Opinion Poll - Living Conditions/National Dialogue and the Referendum/ Evaluation of Institutions-Date posted: June 07, 2006 - By Birzeit University - http://www.miftah.org/Display.cfm?DocId=10481&CategoryId=17

[8] « Pluies d’Eté et Changement de cap » ont coûté la vie à 160 Israéliens (dont une large majorité de soldats) et à 1 400 Libanais et Palestiniens (dont une écrasante majorité de civils), auxquels s’ajoutent les pertes du Hezbollah, estimées entre 80 (selon le mouvement) et 500 (selon Israël). Dominique Vidal, « Dix yeux pour un seul œil... », Le Monde diplomatique,‎ 2006.

[9] Sources : Victoire relative pour les Palestiniens – « La Libre Belgique » - 18 août 2006.

[10]Source :

http://www.lemonde.fr/proche-orient/article/2006/12/24/espoir-et-scepticisme-apres-la-rencontre-entre-mahmoud-abbas-et-ehoud-

[11] Reporters sans frontières rapport annuel 2007 - p.152.

[12] 1 881 135 hab. (2016) - Densité : 5 225 hab./km2 - Palestinian Central Bureau of Statistics [archive]

Gaza compte un niveau de fécondité très élevé dans le monde : 5,2 enfants par femme en 2008. Le taux annuel d’accroissement naturel, différence entre la natalité et la mortalité atteint 3,4 %. La population de Gaza s’est multipliée par plus de six, augmentant de 245 000 habitants en 1950 à 1 500 000 en 2008. (Population de Gaza : une prospective géopolitique – La revue Géopolitique -15 juin 2011, par Gérard-François Dumont)

[13] - Source : http://www.alterinfo.net- 31.10.2008.

[14] -Source : Notes personnelles, propos rapportés d’un journaliste de RFI – 22.06.2010 à Dijon.

[15] Il est né en 1952 à Deir al-Ghusun ; c’est un homme politique indépendant. Il est le représentant résident en Cisjordanie et dans la Bande de Gaza du Fonds monétaire international jusqu'en 2001, puis dirige brièvement l'Arab Bank en Cisjordanie. Il a fondé le parti de la « Troisième voie ».

[16] - Joint Understanding read by President Bush at Annapolis Conference, US State Department, 27 nov. 2007.

[17] Selon un rapport du « Intelligence and Terrorism Information Center israélien » publié sur le site du ministère des affaires étrangères.

[18] Le Figaro.fr avec AFP - Le Hamas décrète la fin de la trêve avec Israël - 19/12/2008

[19] Par Alain Gresh, 28 décembre 2008 –( http://blog.mondediplo.net/2008-12-28-Gaza-choc-et-effroi)

Selon le Monde : « Les services de santé palestiniens font état d'au moins 205 tués et de centaines de blessés, dont 120 dans un état grave. (Le Monde.fr avec AFP 26.12.2008 à 20h34)

[20] Source AFP et AFPS

[21] L’agence de l'ONU d'aide aux réfugiés palestiniens.

[22] Source wikipédia

[23] Leftist Meretz issues rare call for military action against Hamas », par Roni Singer-Heruti, Haaretz, 25 décembre.

[24] https://fr.wikipedia.org/wiki/2009_en_Palestine

[25] Israël : Peres nomme Netanyahu Premier ministre » - site de 20 minutes (archives).

[26]Union pour un mouvement populaire – parti de droite français devenu « Les Républicains ».

[27] Source : « Atermoiements de l’Union européenne face à Israël » par Isabelle Avran, 25 juin 2009 – Les blogs du Monde diplomatique.

[28] ibid

[29] Source : http://www.lemonde.fr/proche-orient/article/2010/06/02/le-rachel-corrie-vient-defier-le-blocus-naval-de-gaza_1366434_3218.html

[30] Le Monde, « Bande de Gaza : la réalité du Blocus-le poids économique du blocus israélien » 2 juin 2010, Marion Solletty

[31] “Blockade putting people’s health at risk – UN, NGO’s call for reopening of borders », Middle East Health,‎ 20 avril 2010.

[32]https://www.icrc.org/fre/resources/documents/interview/2011/palestine-israel-interview-2011-05-19.htm

Mathilde De Riedmatten, « Gaza : des difficultés et un désespoir sans fin » Comité international de la Croix-Rouge,‎ 24 mai 2011

[33] Source : Israël: comprendre la colonisation des territoires occupés – l’Express - Catherine Gouëset, le 26/09/2010

[34] Source : L’espress : « Face aux colons israéliens de Cisjordanie, l'arme du boycott » - Benjamin Barthe, le 03/07/2010

[35] « La Palestine bousculée par les révoltes arabes » Le Monde Diplomatique – Alain Gresh – juin 2011

[36] http://www.lapaixmaintenant.org/Il-est-de-l-interet-d-Israel-que - le 24.09. 2011 -

[37] Lire à ce sujet : « Un Etat palestinien, mais lequel ? » par Dominique Vidal, 13 septembre 2011 – Les blogs du Monde Diplomatique.

[38] « La Palestine devient membre à part entière de l'Unesco » - Le Monde.fr avec AFP et Reuters - 31.10.2011.

[39] Uri Avnery (de son nom de naissance Helmut Ostermann) est un écrivain et journaliste israélien né en 1923 à Beckum (Allemagne), surtout connu pour être un militant des droits des palestiniens et pacifiste convaincu.

[40] Source : AFPS http://www.france-palestine.org/Le-nouveau-Mandela.

[41] Le “Jour de la Terre” est l’anniversaire de la décision du gouvernement israélien d’exproprier d’énormes surfaces de terres possédées par des Arabes en Galilée et dans d’autres régions d’Israël en 1976. L’armée israélienne et la police ont ouvert le feu sur les protestataires, tuant six d’entre eux.

[42] Source : La Croix - Les détenus palestiniens en grève de la faim contre la détention administrative -Véronique CHOCRON (à Jérusalem et Naplouse), le 09/05/2012

[43] Ibid.

[44] Source : Hussein Ibish -Chercheur pour l'American Task Force on Palestine.

http://www.slate.fr/story/64973/gaza-israel-plomb-durci-2-pillar-pilier-defense

[45] Source : http://www.geopolintel.fr/article560.html

-Léon Camus - Gaza : Opération « Pilier de Défense » Prétexte, précurseur ou détonateur d’une guerre régionale ?

[46] Source : lire, Les nouvelles négociations israélo-palestiniennes

Publié le 29 juillet 2013 Geopolis - Charles Enderlin

[47] Lire Barak Ravid, « Netanyahu : Resuming peace talks with Palestinians is a strategic interest for Israel », Haaretz, 20 juillet 2013.

[48] Source : 2013, « année « calme » en Palestine » par Alain Gresh, 26 février 2014 – blog du Monde Diplomatique

[49] http://www.france-palestine.org/2014-Annee-de-solidarite-avec-le

[50]- source : Les Palestiniens veulent adhérer à plusieurs traités internationaux - Le Monde.fr avec AFP et Reuters | 02.04.2014

[50] Source : http://info.arte.tv/fr/israel-palestine-negociations- 11 avril 2014 | @Fred Toussaintinterminables#sthash.oZ0uTEd3.dpuf

[53] Nétanyahou veut faire «payer» le Hamas pour la mort de trois Israéliens -Par AFP — 30 juin 2014

[54] Sheera Frenkel Israeli Intelligence Officers Doubt Hamas Involvement In Incident That Sparked Gaza War [archive], buzzfeed, 29 juillet 2014 – via wikipédia

Michael Calderone, « Israel Censor Wants To Pre-Approve New York Times Coverage Of Soldier » [archive] Huffington Post, 1er août 2014

[55] Ex-Israeli Security Chief Diskin: 'All the Conditions Are There for an Explosion' » [archive], Spiegel, 24 juillet 2014 – via wikipédia

[56]Lesmoutonsenrages.fr/2014/07/25/les-trois-ados-israeliens-decedes-a-lorigine-de-lattaque-de-gaza-la-preuve-dun-false-

[57] www.zdf.de/auslandsjournal/die-themen-der-sendung-34065084.html [archive] via wikipédia

[58] http://www.bbc.com/news/correspondents/jondonnison/ - via Paris Match :

http://www.parismatch.com/Actu/International/Le-Hamas-ne-serait-pas-derriere-le-meurtre-des-trois-Israeliens-577699

[59] The Times Of Israel :« Hamas fires rockets for first time since 2012, Israeli officials say »

[60] ARMIN AREF _ Le Point.fr -03/07/2014

[61] https://fr.wikipedia.org/wiki/Guerre_de_Gaza_de_2014

[62] Sources : Piotr Smolar (Jérusalem, correspondant) J’ai visé des cibles civiles, parfois juste pour le plaisir » Le Monde.fr | 04.05.2015 –

"Je voulais vraiment, vraiment lui tirer dans les genoux" – l’Obs - Paul Laubacher 04.05.2015 –

[63] Cyrille Louis, À Gaza, Hamas et Fatah à couteaux tirés, Le Figaro, 29 mai 2015

[64] Source : entretien avec Elisabeth Marteu (docteure en science politique de l’Institut d’Etudes Politiques de Paris) – « Le point sur la situation dans les territoires palestiniens » - le 30/07/2015- Les clés du Moyen-Orient.

[65] Ibid

[66] Ibid

[67] Source : « La diplomatie française de retour au Proche-Orient » -LE MONDE - 18.06.2015- Par Piotr Smolar (Jérusalem, correspondant).

[68] Times of Israel -19 juin 2015.

[69]Source : Charlotte Silver – journaliste américaine - 27 décembre 2015 – https://electronicintifada.net/blog...Traduction : Info-Palestine.eu.

[70] Source : AFP : Publié le 29.12.2016.

[71] Source. Tribune de Génève, 3.01.2016.

[72] Ibid.

[73] Source : AFP via la Dépèche -Publié le 31/07/2015.

[74] Source : http://mivy.ovh.org/ - Décision de justice, Revue de Presse - Nissim Behar, Tel-Aviv - 4février 2016.

[75] Selon la terminologie des médias et du gouvernement israéliens..

[76] Shlomo Avineri, expert politique du quotidien Haaretz – octobre 2015- cité par Eric Leser - Les racines de «l’intifada des couteaux» - Slate.fr - 20.10.2015

[77] Source : PALESTINE (ÉTAT DE) 2015/2016 – rapport annuel

www.amnesty.org/fr/countries/middle-east-and-north-africa/palestine-state-of/report-palestine-state-of/

[78] Source : 29 janvier 2016 par Samidoun (Réseau de Solidarité avec les Prisonniers Palestiniens)- Publié le 30 janvier 2016 dans : Cisjordanie, Enfants / Jeunesse, Occupation, Prisonniers, Répression, Torture en prison, Tribunaux militaires

[79] http://www.pourlapalestine.be/la-palestine-de-2015-en-quelques-chiffres/

Tag(s) : #PALESTINE

Partager cet article

Repost 0