I - LE SYNDICALISME INTERNATIONAL SE RASSEMBLE
Le 1° novembre 2006, il s’est produit un évènement considérable pour le monde des travailleurs, pour le monde syndical : la naissance de la CSI (Confédération Syndicale Internationale).
Cette centrale mondiale regroupe 309 organisations de 156 pays qui rassemblent 167 millions de syndiqués. C’est la première fois dans l’histoire du syndicalisme que se crée une
confédération quasi unique.
Le syndicalisme international
1913- Apparaît la FSI (Fédération syndicale Internationale) qui vise à regrouper les organisations syndicales du monde. Elle siège à Amsterdam. Elle est essentiellement européenne et
Nord-américaine.
1917- La révolution Bolchevique en Russie, la création des partis communistes en 1920, vont bouleverser aussi le monde syndical.
Sous l’impulsion des Soviétiques, la FSI éclate en 1920 : le courant révolutionnaire crée l’ISR
(Internationale des syndicats Rouges ou PROFINTERN).
Après la guerre, le Chrétiens-sociaux créent la CISC (Confédération International des Syndicats Chrétiens.)
Le paysage syndical se divise comme le paysage politique du monde ouvrier, entre socialistes réformistes, révolutionnaires communistes, et Chrétiens.
En France, la CGT Unitaire (Communiste) se détache de la CGT (créée en 1895). Elle se réunifiera au moment du Front populaire en 1936. Les Chrétiens sont rassemblés dans la CFTC qui est née
en 1919.
1945- La FSI devient la FSM qui est son prolongement ; l’ISR a disparu dans les années 30. FSI et ISR se retrouvent dans la FSM( Fédération Syndicale Mondiale)
1949- La FSM se divise ; la CISL (Confédération des syndicats Libres) se crée sous l’influence de l’AFL-CIO (Etats-Unis). C’est la guerre froide. La CGT reste à la FSM. Tandis que
la CGT-FO (Force Ouvrière), réformiste, de tendance sociale-démocrate est créée avec l’aide et les fonds de la CIA au moment des grandes grèves de 1947. Elle est fondatrice de la CISL.
La CFDT, scission de la CFTC la rejoindra en 1982.
1969- La CISC devient la CMT (Confédération Mondiale du Travail), avec la déchristianisation du syndicalisme chrétien (création de la CFDT).
1973- La CEE amène les syndicats européens à se regrouper dans la CES ou ETUC (Confédération Européenne des Syndicats).
Les trois structures : communiste, sociale-démocrate, chrétienne, coexistent.
1989- Chute du mur de Berlin : la FSM est en crise à partir de 1990, avec l’éclatement de l’URSS.
1994- La CGT sort de la FSM, pour devenir non affiliée.
2004- CISL et CMT décident de se rapprocher et créent la CSI
Cette création constitue un bouleversement très important ; Les sociaux-démocrates, les chrétiens, ainsi que les anciennes organisations de la FSM sont rassemblés dans une même
organisation.
II- LE DIALOGUE SOCIAL EN FRANCE
Le 23 octobre 2006, le MEDEF invite les 5 syndicats représentatifs à une rencontre pour parler des sujets suivants : le contrat de travail, la sécurisation des parcours professionnels,
l’assurance-chômage.
L’objectif est d’arriver à des constats : un état des lieux commun, un diagnostic partagé.
Cette invitation est étonnante car depuis un an se déroule en catimini des discussions sur les accidents de travail et la pénibilité, et elles ont été bloquées par le patronat. Il semble
paradoxal que ce soit le MEDEF qui rassemble les syndicats. Pourquoi ?
Parce que pour le principal syndicat patronal, cette démarche vise surtout à préparer le terrain pour les prochaines échéances électorales de 2007, comme futurs adversaires ou partenaires du
pouvoir. Cela entre dans leur logique de la REFONDATION SOCIALE. La CGT a refusé de s’associer à ces commissions de travail,
Les lois Aubry en 1998 (35 heures) avaient provoqué une vraie révolution dans le syndicalisme patronal, et entraîné la démission de Jean Gandoy qui avait déclaré : « un tueur
doit me remplacer... »
Ce fût le baron Sellières.
La refondation sociale s’enlise, mais en 2002, elle est à nouveau à l’ordre du jour avec la réélection de Chirac à la présidence de la République qui satisfait pleinement le MEDEF.
En 2005, le premier ministre Villepin qui a succédé à J.P. Raffarin instaure le CNE*, puis le CPE* qui provoquent la colère des syndicats. Elle aboutit à un puissant mouvement unitaire des
organisations étudiantes, d’enseignants et ouvrières en février 2006, qui oblige le gouvernement à retirer le CPE de la loi sur l’égalité des chances.
Ces textes votés sans concertation remettaient profondément en cause le droit du travail. Ils donnaient satisfaction au MEDEF au mépris de la loi sur le dialogue social adoptée deux ans
plus tôt. Après cet échec gouvernemental réapparaît le serpent de mer du dialogue social.
Deux rapports importants sont publiés :
1)- Le rapport Chertier : il faut rendre obligatoire une période de concertation de 3 mois avant toute réforme sociale pour associer le patronat et les syndicats à la
loi.
Il prévoit un renforcement du rôle du Conseil Economique et Social.
2)- le rapport Raphaël Hadas-Lebel :sur la représentativité et le financement des organisations syndicales.
- les
organisations syndicales doivent-être financées par des fonds publics.
- Ex: le chèque
syndical (AXA )distribué aux salariés pour adhérer au syndicat de leur choix.
- L’électeur
salarié est l’élément désigné de la représentativité.
En fait, derrière cette idée de dialogue se cache un enjeu fondamental :
o l’ordre
social public
o La loi ou
la convention
C’est le fondement du droit du travail qui est interpellé : le principe de faveur :
la loi (actuellement) prime sur l’accord de branche ou d’entreprise.
Un accord d’un niveau inférieur ne doit pas déroger à un accord de niveau supérieur.
Ce principe avait déjà été écorné par les Lois Auroux en 1981, par des dérogations.
L’enjeu est de savoir si c’est le suffrage, la loi, qui doit prévaloir ou si c’est la négociation entre partenaires. Cela renvoie à des rapports de force, à des relations inégales - selon les
entreprises – entre le Medef et les syndicats de salariés. Le suffrage universel est une garantie que la loi s’applique également pour chaque citoyen en tout lieu, sur tout le territoire. Le
contrat d’entreprise ou de branche, signé par un syndicat dit représentatif permettrait de passer outre à la loi. Il accorde la priorité à une négociation en fait faussée par les rapports
inégaux ou l’absence de représentativité réelle. Le pouvoir législatif et son exécutif, l’Etat, garantissent l’égalité de tous devant la loi républicaine.
Ainsi Laurence Parisot, Présidente du Medef, a déclaré qu’il fallait réviser la Constitution (article 34). Remettre ainsi en cause le pouvoir législatif du parlement en matière de droit
social et du travail, serait se mettre à la merci du patronat.
L’autre enjeu c’est la représentativité.
Pour asseoir la légitimité, il faudrait que les partenaires sociaux soient légitimement représentatifs.
Or qu’est-ce qui organise ce principe ? Il est basé par la loi de 1966 qui reconnaît cinq organisations syndicales comme irréfragables . Elle permet à une seule
organisation «représentative» de signer des accords sans le moindre élément d’implantation dans l’entreprise.
La représentativité : elle se mesure certes par le nombre de syndiqués, mais aussi par l'influence auprès des travailleurs dans les élections de leurs représentants. La capacité
d'action est plus difficilement mesurable et relève de traditions historiques et de formes de luttes ou de négociations différentes.
Certaines organisations sont peu signifiantes aujourd’hui, comme la CFTC qui ne dépasse pas
50 000 membres, la CGC (~100 000), pour 25 millions de salariés.
Les cinq organisations reconnues et nombre d'adhérents: CFDT (808 581) ; CGT (700 926 en 2005), CGT-FO (~300 000), CGC,(~100 )000 CFTC (~80 000).
Alors que sont apparues de nouvelles centrales, comme SOLIDAIRES (93 000), l’UNSA (360 000 –
7 % des syndiqués), la FSU (1° syndicats de la Fonction publique et de l'enseignement)
Représentativité dans la fonction Publique( 2002-2004) : FSU : 18,94 % ; UNSA : 15,51 % ; CGT : 16,34 % ; FO : 13,70 % ; CFDT : 12,75 % ; CGC : 3,31% ; CFTC : 2,18 %,
*(Les enseignants du syndicat autonome unitaire de la FEN, se sont divisés entre les nouvelles centrales de l'UNSA et de la FSU)
Les chiffres des élections prud’homales de 2002 : CGT : 32,1 % ; CFDT : 25 % ; FO : 18 %; UNSA : 5,01%.
Les élections de délégués du personnel en 2004 : CGT : 24,5 % ; CFDT : 22,4 % ; FO : 12,6 % ; CFTC et CGC ensembles : 6,1 %.
Les accords : la loi Fillion permet à un accord d’être majoritaire en fonction du nombre de syndicats représentatifs signataires ; ce qui est aussi contestable.
Evidemment, la proposition de faire reposer la représentativité sur le vote rencontre l’opposition de FO, de la CFTC, de la CGC, à l’inverse de la CGT et de la CFDT et des organisations non
reconnues encore.
Une proposition pour mesurer la représentativité.
Ce serait de procéder à des élections professionnelles de délégués du personnel, ou des représentants des salariés à la CPAM (Sécurité sociale), le même jour dans toutes les
entreprises.
Les accords d’entreprise ou de branches ne pourraient être légalisées que par une majorité désignée par les élections.
La loi républicaine resterait prioritaire sur les accords inférieurs, d’entreprise ou de branche.
Le Conseil Economique et Social vient de se saisir de ces importantes questions qui devront trouver une solution conforme aux principes démocratiques si on veut redonner de la
légitimité au syndicalisme en France.
·
CNE – contrat nouvelle embauche
·
CPE – contrat première embauche
III -Caractéristiques du syndicalisme en France
Le modèle français se caractérise par un aspect continu, toujours valable, en regard des pays voisins, anglo-saxons, nordiques, hormis de
brèves périodes :
- un syndicalisme faible par le nombre de ses adhérents.
Cela ne signifie nullement qu’il ne serait pas en mesure de rassembler le salariat. Il eût des périodes de syndicalisme de masse où les
organisations syndicales regroupaient plus de la moitié des salariés.
( 1936-37 – 1945- 1947 )
La France est néanmoins la lanterne rouge des pays de l’OCDE avec un taux de syndicalisation inférieur à 10 % ( 8 % probablement – 3 à 5 %
dans le privé en 2006). En Suède, Norvège, Finlande, les taux oscillent entre 85 à 90 %...
Cette faiblesse est liée à une deuxième caractéristique : la désunion ou le
pluralisme syndical.
L’unité est exceptionnelle. Les périodes d’unité sont des périodes favorables au rapport de force :
Unité organisationnelle (Le Front Populaire, La libération), ou unité d’action (1960-1970 , CGT-CFDT).
Le syndicalisme français a été marqué par l’idéologie marxiste de la lutte des classes. Ce qui ne signifie pas qu’il aurait un lien
intrinsèque avec le politique, qu’il serait politisé, même si d’évidence il a des rapports avec le politique au cours de son histoire. il n’existe pas dans le monde de syndicats qui ne soient
pas liés à un parti politique. Dans des pays proches de la France, comme l’Allemagne ou la Grande-Bretagne, le syndicat est lié structurellement au parti social-démocrate. Au Royaume-uni, ce
sont les Trade-Unions qui ont créé et financent le Parti Travailliste. (Bien que récemment certains syndicats britanniques aient rompu avec le New-Labour de Tony Blair).
C’est impossible en France, ne serait-ce que légalement. La charte
d’Amiens*, en 1906, consacre l’indépendance du syndicalisme français par rapport aux partis politiques
En Allemagne, à l’inverse, c’est le SPD qui a contribué à la création du syndicalisme allemand.
Il ne faut donc pas confondre la radicalité et la politisation.
L’histoire sociale en France a été marquée par des affrontements très violents entre l’Etat, le patronat, le mouvement ouvrier. Jusqu’en
1945, il a vécu avec le souvenir de la saignée de la répression contre la Commune de Paris en1871 : 30 000 morts, blessés, déportés. Cette histoire pèsera longtemps et lourdement sur la
destinée du syndicalisme français, avec l’idée que :
- pour exister il est
nécessaire de se battre.
Par ailleurs le patronat français n’a jamais accepté le pouvoir syndical et encore moins de partager le pouvoir dans l’entreprise. C’est
uniquement par la lutte et les grèves que le syndicat pourra s’imposer et être reconnu : en 1936 lors du Front populaire, à l’extérieur. C’est seulement en 1968 que la section
syndicale d’entreprise sera reconnue et ses droits affirmés en 1981 ave les lois Auroux.
C’est par la lutte des classes que les conquêtes ouvrières ont marqué l’histoire du pays. L’empreinte variera selon les périodes et les
organisations. Elle irrigue sur le long terme l’ensemble du mouvement et est typique du syndicalisme et de l’histoire sociale en France.
La lutte n’est pas idéologique, c’est un état pratique, relevant des rapports de force avec le patronat.
Les grands courants syndicaux français.
- socialiste : CGT et CGT FO ;
- communiste : CGTU, CGT.
- chrétien : CFTC, CFDT.
- autonome : les enseignants : (la FEN, puis la FSU, Solidaires), l’UNSA ( Fonction publique)
- anarchiste : la CNT (ultra minoritaire)
- Le
syndicalisme est éclaté en une multitude d’organisations de salariés, de non salariés, de professionnels, du syndicalisme étudiant.
La charte d’Amiens et le syndicalisme contemporain.
Le 13 octobre 1906 à son congrès d’Amiens la CGT expose dans une déclaration, une série de dispositions élevant en charte des principes et
objectifs syndicaux.
Principes :
Le Congrès réaffirme le principe de la lutte de classes des exploités contre les exploiteurs en vue de soustraire les travailleurs à l’oppression, tant matérielle
que morale, mise en oeuvre par la classe capitaliste. La CGT regroupe tous les travailleurs conscients de la lutte à mener pour la disparition du salariat et du patronat, en dehors de toute
école politique.
Les moyens pour parvenir à cet ultime objectif révolutionnaire est la grève générale. Elle est la solution qui permettra d’installer le syndicat comme base
sociale de réorganisation de l’économie et où le syndicat sera à la fois le groupement de production et de répartition des richesses produites.
Le congrès précise ses objectifs en indiquant que le syndicalisme devait entraîner simultanément une double besogne
1 • Réaliser les conditions permettant l’amélioration immédiate de la vie des travailleurs.
2 •
Réaliser les conditions de l’émancipation intégrale par l’expropriation des biens des capitalistes.
Cette double besogne doit conduire les travailleurs à considérer que leur appartenance au syndicat est un impératif essentiel de la transformation sociale, quelle
que soit sa catégorie ou classe sociale et quelles que soient ses tendances philosophique et politique.
Cette exigence d’appartenance syndicale implique pour le syndiqué une double règle de vie en interne au syndicat. Que le syndiqué a l’entière liberté de participer
de dehors du groupement corporatif, à l’exercice de ses propres convictions politiques ou philosophiques, et qu’en contrepartie, le syndiqué s’engage à ne pas introduire dans le
groupement corporatif les opinions qu’il professe en dehors.
L’exercice d’un droit politique nouveau pour les citoyens a été un acte social fort en 1905 alors qu’un an plus tard, la CGT suspendait ses syndiqués de l’exercice de leurs opinions
politiques ou philosophiques à l’intérieur du syndicat. La charte d’Amiens a mise de coté le débat politique par lequel le droit institutionnel et les politiques exécutives qui en
garantissent le respect sont nécessaire à l’accomplissement révolutionnaire, notamment celui qui consiste à faire du syndicat le groupement de production et de répartition des
richesses produites. Cette contradiction est structurelle à la charte car elle déclare s’adresser qu’aux seuls travailleurs salariés et conscients des luttes à mener pour réaliser
l’idéal révolutionnaire d’expropriation capitaliste. Cette disposition a contribué aux dissensions syndicales qui ont donné naissance à d’autres organisations syndicales au cours du 20°
siècle. Ce positionnement à l’égard du politique a conduit le citoyen à considérer le politique comme agissant sur le mouvement social de façon intéressé et dont le seul but serait la
récupération électorale. Cette forme de pensée a participé de la disqualification du monde politique et par la même à son rejet.
Néanmoins, la question du projet politique soutenue par les différents partis politiques ne doit pas laisser indifférent le syndicalisme. Les étapes électorales doivent pour les syndiqués
être l’occasion de faire avancer leur revendication et la possibilité pour le syndicat de confronter les programmes des différents partis politiques, à son ambition syndicale, à sa double
besogne.
(Daniel Cojean, CGT RATP)
CHARTE D'AMIENS
Le congrès confédéral d'Amiens confirme l'article 2, constitutif de la CGT : "La CGT groupe, en dehors de
toute école politique, tous les travailleurs conscients de la lutte à mener pour la disparition du salariat et du
patronat..." Le Congrès considère que cette déclaration est une reconnaissance de la lutte de classes qui
oppose, sur le terrain économique, les travailleurs en révolte contre toutes les formes d'exploitation et
d'oppression, tant matérielle que morale, mises en oeuvre par la classe capitaliste contre la classe ouvrière.
Le Congrès précise, sur les points suivants, cette affirmation théorique: Dans l’œuvre revendicatrice
quotidienne, le syndicalisme poursuit la coordination des efforts ouvriers, l'accroissement du mieux-être des
travailleurs par la réalisation d'améliorations immédiates, telles que la diminution des heures de travail,
l'augmentation des salaires, etc. Mais cette besogne n'est qu'un côté de l’œuvre du syndicalisme; il
prépare l'émancipation intégrale, qui ne peut se réaliser que par l'expropriation capitaliste; il préconise
comme moyen d'action la grève générale et il considère que le syndicat, aujourd'hui groupement de
résistance, sera, dans l'avenir, le groupement de production et de répartition, base de réorganisation
sociale. Le Congrès déclare que cette double besogne, quotidienne et d'avenir, découle de la situation des
salariés qui pèse sur la classe ouvrière et qui fait à tous les travailleurs, quelles que soient leurs tendances
politiques ou philosophiques, un devoir d'appartenir au groupement essentiel qu'est le syndicat. Comme
conséquence, en ce qui concerne les individus, le Congrès affirme l'entière liberté pour le syndiqué, de
participer, en dehors du groupement corporatif, à telles formes de lutte correspondant à sa conception
philosophique ou politique, se bornant à lui demander, en réciprocité, de ne pas introduire dans le syndicat les
opinions qu'il professe au dehors. En ce qui concerne les organisations, le Congrès décide qu'afin que le
syndicalisme atteigne son maximum d'effet, l'action économique doit s'exercer directement contre le
patronat, les organisations confédérées n'ayant pas, en tant que groupements syndicaux, à se préoccuper des
partis et des sectes qui, en dehors et à côté, peuvent poursuivre, en toute liberté, la transformation sociale.
Déclaration adoptée le 13 octobre 1906 par le IXe Congrès de la Confédération Générale du Travail,
réuni du 8 au 14 octobre 1906 à Amiens. (Texte adopté par 830 voix contre 8 et 1 blanc)
Repères historiques
1791 Loi Le Chapelier interdisant le droit de coalition des métiers
1831 Révolte des canuts à Lyon, échec des négociations menées par le préfet.
L'insurrection sera durement réprimée.
1848 Révolution
Face à la répression menée par la bourgeoisie au pouvoir, jonction du mouvement social et républicain. Sous la pression populaire, le nouveau gouvernement adopte des mesures démocratiques et
sociales : proclamation de la liberté d'association, du suffrage universel et du droit du travail, ouverture des Ateliers nationaux pour assurer aux chômeurs le droit au travail, décret
limitant la duréede travail à 10h à Paris et à 11h en province, abolition de l'esclavage colonial
1871 La Commune de Paris
C'est la première révolution prolétarienne. Outrés par l'armistice avec la Prusse, les Parisiens se révoltent contre le pouvoir et élisent une assemblée qui prend le nom de Commune. La
répression de ce fait près de trente mille morts. Œuvre sociale de la Commune de Paris : abolition du travail de nuit dans les boulangeries, gestion démocratique des entreprises fermées par
le patronat ou travaillant pour la Commune. Apparition du premier mouvement féminin de masse.
1884 SyndicatsLoi
Waldeck-Rousseau autorisant les syndicats professionnels ouvriers et patronaux
1886 Fédération
Création de la Fédération nationale des syndicats (FNS), d'inspiration guesdiste. Jules Guesde, l'un des socialistes les plus connus et les plus actifs, contribue à la diffusion des idées de
Marx en France
1890 1er mai
Première célébration française et internationale de la journée d'action du 1er mai. Le 1er mai 1891, à Fourmies (Nord) la troupe tire sur des grévistes : neuf morts, 35 blessés
1892 Bourses du travail
Création de la Fédération des Bourses du travail, marquée par le syndicalisme révolutionnaire de Fernand Pelloutier
1895 CGT : Congrès constitutif de la Confédération générale du travail
(CGT) à Limoges (23-28 septembre
1900 Journal Création de La Voix du peuple, organe de la CGT
1902 Structures
Le Congrès de Montpellier donne à la CGT sa double structure : fédérations et unions départementales.
1906 Charte d'Amiens
Adoptée au congrès elle donne au syndicalisme confédéral quelques uns de ses traits spécifiques : la lutte des classes ; la lutte quotidienne pour des améliorations immédiates mais aussi la
lutte pour la disparition du salariat et du patronat ; indépendance vis-à-vis des organisations politiques
1909 La Vie ouvrière
Premier numéro de cette " revue d'action " qui se définit comme " syndicaliste Révolutionnaire, antiparlementaire ".
1910 Retraites
Loi sur les retraites ouvrières et paysannes. L'âge de la retraite est fixé à 65 ans. L'espérance de vie est alors de moins de 49 ans.
1913 Internationalisme
Constitution du Secrétariat syndical international auquel participe la CGT. En 1919 il sera remplacé par la Fédération syndicale internationale (FSI).
1919 Conquête
Loi sur la journée de huit heures et sur les conventions collectives. Création de la Confédération française des travailleurs chrétiens (CFTC).
1921 Le Peuple,
Naissance de l'organe officiel de la CGT
1930 Droit social
Vote définitif de la loi sur les Assurances sociales
1934 Liberté
En riposte à l'émeute du 6 février, grève générale " contre le fascisme " à l'appel de la CGT et de la CGTU (organisation, née en 1920, d'une scission de la CGT)
1936 Accords Matignon
Réunification de la CGT et de la CGTU.Victoire électorale du Front populaire. Vague de grèves avec occupations d'usines. Accords Matignon : relèvement des salaires, extension des conventions
collectives et institution de délégués du personnel, semaine de 40 heures et 15 jours de congés payés
1939 Années noires
Début de la Seconde Guerre mondiale (3 septembre).Le 18 septembre , le Bureau confédéral de la CGT vote une déclaration excluant les militants qui refusent de condamner le pacte
germano-soviétique. Cette décision est approuvée par la Commission administrative le 25 septembre.1940, dissolution des centrales syndicales ouvrières et patronales.1941, promulgation de la
Charte du travail interdisant les grèves et le lock-out
1943 Unification
Les Accords du Perreux , signés par Robert Bothereau et Louis Saillant pour les " ex-confédérés " ; Henri Raynaud et André Tollet pour les " ex-unitaires ", reconstituent la CGT.
1944 Résistance
Participation de la CGT au programme du Conseil national de la Résistance (CNR) définissant les nationalisations, la Sécurité sociale et les comités d'entreprises. Création de la
Confédération générale des cadres (CGC).
1945 Conquêtes
Début des nationalisations, création des comités d'entreprise et mise en place de la Sécurité sociale. Fin de la seconde Guerre mondiale (8 mai : capitulation allemande, 2 septembre :
capitulation japonaise).Création de la Fédération syndicale mondiale (FSM) à laquelle adhère la CGT.1946, promulgation du Statut général des fonctionnaires. Début de la Guerre d'Indochine (19
novembre 1946). Pendant toute la durée du conflit, la CGT organise des manifestations de solidarité à l'égard du peuple vietnamien et en faveur de la paix.
1947 Guerre froide
Lancement du " Plan Marshall d'aide à l'Europe ", destiné à assurer la reconstruction de l'Europe, sous la houlette américaine. Ce plan marque le début de la Guerre froide. Vague nationale de
grève pour une hausse salariale de 25%, un minimum vital de 10 000 francs et la révision trimestrielle des salaires. Après la période noire qu'ont représenté les années de guerre puis
d'immédiat après-guerre, la vie quotidienne reste tout aussi difficile. Scission de
la CGT : des responsables de la Confédération, réunis autour du journal Force ouvrière, favorables au plan Marshall et contre le mouvement
de grève de1947, donnent leur démission et quittent la CGT pour créer la CGT-Force ouvrière (CGT-FO).
1949Division
La FSM critique le plan Marshall et l'influence américaine en Europe, ce qui provoque une scission. Les syndicats des Etats-Unis, d'Angleterre et des Pays-Bas se retirent de la FSM. Ils
créent la Confédération internationale des syndicats libres (CISL) à laquelle adhère la CGT-FO
1950 Conquêtes
Vote de la loi sur les Conventions collectives. Création du Salaire minimum interprofessionnel garanti (Smig).
1953 Retraites
Du 4 au 25 août, grande grève dans les services publics. Le 4 août, la CGT puis la CFTC appellent à une journée d'action des secteurs public et nationalisé contre le recul de l'âge à la
retraite. Les postiers de Bordeaux décident la poursuite du mouvement. Aussitôt les confédérations CGT, FO, CFTC appellent à la grève généraledans ces secteurs. Le 14 août, on compte quatre millions de grévistes
1954 Libération
Début de la guerre d'Algérie (1er novembre). Durant tout le conflit la CGT soutient " les revendications des Algériens et leurs aspirations nationales. "
1956 Conquête
Troisième semaine de congés payés
1962 Paix
Une manifestation anti-OAS durement réprimée fait 9 morts au métro Charonne. Accords d'Evian, fin de la guerre d'Algérie (18 mars).
1963 Les mineurs
A l'appel de la CGT et de FO, vaste mouvement de grèves des mineurs. Ils s'inquiètent des incertitudes pesant sur leur profession et revendiquent une augmentation des salaires
1964 CFDT
Déconfessionnalisation de la CFTC qui devient la Confédération française démocratique du travail (CFDT). Une minorité garde le nom CFTC maintenue
1966 Unité
Accord revendicatif entre la CGT et la CFDT
1968 Grève générale
En mai et juin sept millions de travailleurs en grève et occupent leurs usines. Constat de Grenelle : augmentation de 35% du salaire minimum, reconnaissance de la section syndicale à
l'entreprise…
1970 Unité
Nouvel accord CGT-CFDT sur des revendications prioritaires : revalorisation du Smic, retraite à 60 ans, semaine de 40 heures, emploi, heures de formation syndicale…
1973 CES
Création de la Confédération européenne des syndicats (CES).
1981Gouvernement de gauche
Vote de la Loi de nationalisation (cinq groupes industriels, 36 banques).Ordonnances réduisant la durée du travail à 39 heures, instituant la cinquième semaine de congés payés et ramenant
l'âge de la retraite à 60 ans. Lois sur les droits des travailleurs dans l'entreprise, notamment le droit d'expression pendant le temps de travail. Création des Comités d'hygiène, de sécurité
et conditions de travail (CHST)
1988 Infirmières
Mouvement de grève des infirmières à l'appel d'une Coordination nationale qui réclame notamment une augmentation significative des salaires et de véritables moyens pour la formation. Après la
défection des autres syndicats, la CGT est seule à soutenir le mouvement.
1993 Syndicats
Création de la Fédération syndicale unitaire (FSU) par 13 syndicats exclus ou en dissidence avec la FEN.Création de l'Union nationale des syndicats autonomes (UNSA).
1995 Cheminots
Importants mouvements de grève contre le plan Juppé (novembre-décembre).Lors de son 45e Congrès, la CGT décide de rénover ses statuts et de quitter la FSM.
1999 CES
La CGT adhère à la Confédération européenne des syndicats.
2003 Retraites