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Photos manifestation anti Otan

Vendredi 21 novembre 2008

La situation politique à Madagascar vue par un opposant au régime du Président Ravalomanana

 

Selon  Maurice BERANTO, dirigeant du FIDEM (Rassemblement des démocrates de Madagascar)

Maurice Beranto est un architecte qui partage son activité professionnelle entre sa patrie malgache et la France où il a vécu pendant vingt-sept ans. Il est arrivé en France en juin 1968, au lendemain des évènements de mai :

« J’ai vu la ville de Paris bitumer les rues pavées du quartier latin et constaté que les rands bâtiments entourés de cars de police, sur les quais de Seine n’étaient pas un hôtel de police , mais la faculté de Jussieu. »

En 2001/2002, il était présent à Madagascar lors de la grave crise*qui a secoué le pays à l’occasion de l’élection présidentielle. Le président actuel Marc Ravolomanana s’était autoproclamé vainqueur. L’ancien président, Didier Ratsiraka, après des affrontements violents avec les partisans de Ravalomanana a dû quitter le pouvoir et se réfugier en France Le deuxième tour des élections présidentielles n’a jamais eu lieu. Depuis le Président a été réélu en décembre 2006 avec 54,79 % des voix et a conforté un pouvoir qui, à l’image de celui de son prédécesseur, devient de plus en plus personnel et autoritaire. Il a étendu son empire économique et ne tolère aucune opposition organisée, la moindre manifestation est réprimée et plusieurs « meneurs » ont été emprisonnés…

 

AG : Que représentez-vous face au pouvoir du parti présidentiel, le TIM ? Comment espérez-vous contester et vaincre le pouvoir actuel alors que se présentaient 14 candidats aux dernières élections présidentielles. Le second, Jean Lahiniriko, n’a obtenu que 11,65 % des suffrages. L’opposition extrêmement divisée semble incapable de se rassembler.

MB : Tout d’abord, je voudrais dire comme militant politique que le pouvoir de Ravalomanana est le résultat de la faillite des intellectuels et des partis politiques. Il est le fruit d’une véritable régression. Les faits aujourd’hui me confortent dans cette analyse. La majorité des personnalités politiques ont été derrière la majorité présidentielle pour le candidat Ravalomanana pour des raisons d’opportunité diverses mais liées à la carrière et aux rentes de situation. Les partis politiques sont rejetés par l’opinion publique. Or, dans le monde, ce sont des hommes issus des partis qui dirigent. Actuellement, il faut réhabiliter cette mauvaise image des partis politiques.

Pour ma part, avec d’autres, j’essaie de créer un front autour de l’ancien Président de la République Albert Zafy* élu en 1993 et destitué en 96 sous la pression de l’AREMA, le parti de Ratsiraka. En 1989, Albert Zafy fit partie du mouvement de l'opposition des Forces Vives et devint le leader du parti UNDD*. Il tenta de renverser le président  Ratsiraka. En 1993, l'opposition le désigna comme candidat face à Didier Ratsiraka et il a battu ce dernier au deuxième tour avec 53 % des voix.

Candidat en 1982, Il n’avait pas pu se présenter, il fallait être membre du Front National pour la Révolution. Il n’avait pas d’équipe. Déjà les partis étaient très faibles et le seul fait d’être diplômé paraissait suffisant pour se présenter aux suffrages des citoyens. Il se posait aussi la question du financement, souvent parallèle…

Quand Ratsiraka est revenu au pouvoir en 1997*, il soumet au peuple un référendum pour une République humaniste et écologique. Mais ce furent seulement des mots, il livre le pays au libéralisme le plus sauvage.

Après le régime Ratsiraka, puis avec Ravalomanana, le pays est à reconstruire, la République est à refonder. Actuellement, nous constituons une nouvelle équipe pour  rassembler les partis d’opposition, construire une base politique.

AG : L’UNDD est un Front, quelle est votre organisation ?

MB : Je suis membre du FIDEM, le Rassemblement des démocrates de Madagascar qui a pour objectif la République sociale et avec comme pratique l’éducation populaire.

La colonie a voulu détruire le Fokolona, nos communautés populaires de gestion collective et démocratique des villages. Le pouvoir sous Ratsiraka avait mis en place un projet financé par la Banque Mondiale, le programme urbain de lutte contre la pauvreté, qui a consisté à apprendre aux maires les principes de la gestion communale…Cela alors que la démocratie existait dans les Fokolona, c’est quelque chose qui était inhérent, né avec eux, où la pratique était la discussion collective. Les bases de la démocratie existaient dans les communes malgaches, c’est sur ces bases que nous souhaitons nous appuyer pour bâtir un régime démocratique et authentiquement républicain. Il faut retrouver ces valeurs - le teny le rana – la décision collective.

Notre parti, ses principes, occupent une place importante dans l’esprit des gens mais nous n’avons pas d’élus car les élections ne sont pas libres. En décembre 2002, j’étais candidat député à Mahanjaga. Je n’ai pas pu voter le jour du scrutin car on ne m’a pas inscrit sur la liste électorale…

Nous sommes une petite formation,  un parti d’influence sur les actions de groupe, plus que de masse. Nous participons donc à ce mouvement lancé en mars dernier par le Président Zafy. Il n’y a pas que le FIDEM, mais aussi le Leader-Fanilo, le RPSD, le RPSD Vaovao, l’AKFM, « Ny Fihavanantsika », le VVSV, le PSDUM, l’USDUM, l’AREMA, le RDMM, le PDM..., comme il y a des opposants comme le général Ferdinand Razakarimanana ».

Après décembre 2006, depuis les élections présidentielles un grand pas a été fait. En 2003, la seule possibilité était de nous regrouper autour d’un candidat. Depuis nous avons instruit une autre démarche pour réhabiliter la pratique politique.

En mars 2006, vingt-cinq partis ont signé dina politika, un pacte républicain. Tous ont participé à la rédaction de la Charte des Partis signée en Août 2006, de l’extrême gauche à la droite, sur des valeurs républicaines communes. Face à la constitution de ce Front, Ravalomanana a eu peur, il a avancé les élections en décembre 2006 au lieu de mai 2007. Il nous a pris de vitesse alors que nous tentions un regroupement des sensibilités de la Gauche malgache. Notre but était de présenter un candidat unique, mais ils ont tous été candidats…sur les 14 prétendants, onze étaient pourtant signataires de la Charte !

Notre parti regroupe entre autres, des médecins, des ingénieurs, des intellectuels et cadres. Le Front de la gauche est encore informel, il regroupe six à sept formations avec des personnalités indépendantes.

C’est un problème car Ravalo s’appuie sur cette dispersion de personnalités …qu’il finance ! Ou sur lesquels s’abat la répression s’ils n’acceptent pas d’être corrompu. Cependant, il ne faut pas oublier que ce sont les dirigeants précédents qui ont tué la démocratie à Madagascar et que nous n’arrivons plus à sortir de ce système de pouvoir autoritaire et corrompu jusqu’à l’outrance.

Il n’est pas prévu d’élections avant 2011, mais je suis convaincu que le mandat du président n’ira pas à son terme.

AG : Qu’envisagez-vous comme action pour renverser le pouvoir actuel ?

MB : Nous voulons préparer l’alternative pour être prêts le moment venu, car toutes les conditions sont réunies pour une révolte populaire. Il existe un fort mécontentement général et le fossé existe toujours entre les « côtiers » et  ceux des « Hautes Terres »*. Trois côtiers seulement sont présents au gouvernement sur vingt-deux ministres.

Il n’est que de lire les journaux : la Tribune, l’Express, la Gazette, la Vérité, pour constater ce profond mécontentement face à Ravalomanana. Il apparaît de plus en plus comme un « danseur du ventre », un illusionniste qui a endormi tout le monde, même Koffy Annam !

L’opposition se rassemble, elle n’est plus aussi dispersée et nous voulons créer une plateforme, un programme commun.

AG : Que pensez-vous du maire de Tana, Andry Nirina RAJOELINA, qui est présenté comme une solution possible pour battre le président ?

MB : Il est le dirigeant d’une entreprise de Télécom et il n’a aucun profil politique. Les gens croient que le scénario de 2001 avec Ravalomanana peut se renouveler. Je ne pense pas que ce soit possible.

Zafy bien qu’il se soit dégagé de la politique, car il est âgé de 82 ans, il représente un point d’ancrage, un fédérateur. Il avait lancé un appel au rassemblement autour du CRN en mars 2008.*

La plateforme élaborée en juillet 2007 a été incluse dans cet appel du Président Zafy.

Cependant nous manquons de moyens d’expression pour développer nos idées et notre action, les réunions politiques sont interdites et le pouvoir exerce des pressions sur les gens pour empêcher toute contestation. Nous devons affronter la corruption et la répression.

Par exemple, certains journaux critiques comme « La Gazette » sont interdits dans les avions d’Air Madagascar. Néanmoins nous menons des actions d’harcèlement dans toutes les villes ; nous avons tissé des réseaux dans 37 d’entre elles.

AG : Je sais que l’essentiel de l’action politique a lieu dans les centres urbains, et principalement dans la capitale où Ravalomanana a fait l’essentiel de son score, plus de 75 %des voix. En dehors de Tana, il n’est majoritaire que dans le district de Majunga, mais qu’en est-il dans les campagnes ? Les paysans représentent encore 80 % de la population malgache.

MB : Nous intervenons dans les campagnes à travers des associations dont une se trouve à l’est de Tana. Le pouvoir a crée une association qui veut régenter les campagnes. Les paysans sont venus nous voir. Ils ont créé une organisation de résistance au pouvoir : Tan Lavatna Anryna (Une région qui est loin du roi). Même à Tana, il y a des « régions loin du roi » : ce sont les quartiers populaires complètement délaissés.

Madagascar est un pays riche de ses ressources, mais qui est très pauvre. Les contrats passés avec les multinationales sont opaques. Elles bénéficient de passe-droits, ont leurs entrées par une porte spéciale pour bénéficier de services dont ne disposent pas les nationaux.

Air Madagascar et la JIRAMA (Eaux et Electricité) ont été donné a à des sociétés  allemandes déficitaires pour une poignée de Francs malgaches. Alors que le SMIG est à 60 000Ar  (26 €/mois).

Le développement n’est pas au service du peuple qui ne jouit pas de la satisfaction de ses besoins fondamentaux.

Les richesses minières de Madagascar encore largement inexploitées sont livrées au pillage de groupes étrangers, notamment canadien. Nous produisons 4 tonnes de saphir, de l’or, des pierres précieuses. A Fort- Dauphin, il a fallu dix-sept ans pour que le projet d’extraction de l’Ilménite* démarre, avec le groupe canadien Rio Tinto. Jusqu’à maintenant ils n’ont rien produit.

L’école publique est désertée. Les élèves s’y entassent souvent à 120 par classe, pour un instituteur du primaire*. Les enseignants sont insuffisamment payés, ils touchent à peine le SMIG. Ce sont les parents qui se cotisent pour les rétribuer s’ils veulent que les maîtres restent à l’école au lieu de chercher un boulot compensatoire. Cela contribue à encourager la prolifération d’écoles privées qui ne sont pas toutes confessionnelles.

En ce qui concerne la formation des élites, toutes les disciplines existent à Mada mais de valeur inégale. L’inexploitation des talents a conduit à une moins bonne formation.

Pour accéder aux hôpitaux publics, il faut payer comme sous le régime de Ratsiraka. Les soins ont été gratuits jusqu’en 1980, avant le tournant libéral. Les Réunionnais venaient se faire soigner à Mada. La bascule a eu lieu cinq ans après 1972. Les médecins pour vivre décemment doivent exercer deux, voire trois boulots.

AG : une question importante concerne la paysannerie malgache et l’environnement du pays : c’est la culture sur brûlis qui conduit à la déforestation.

MB : Sur cette question, il  y a une avancée*. C’est financé par la communauté internationale et ça fonctionne. Mais il ne suffit pas d’interdire, il faut donner une alternative aux cultures sur brûlis. C’est encouragé par le pouvoir  parce que cela amène des sous, des investissements américains notamment.

 Nous avons des problèmes avec la question de la propriété des terres et du foncier. Au tribunal, 70 % des litiges concernent le foncier. Les propriétés individuelles ancestrales ainsi que les propriétés communales ne sont pas répertoriées. Pour les paysans, la terre appartient à ceux qui y vivent depuis la nuit des temps et la travaillent ; c’est le Tanin-drazana, la terre des ancêtres.

AG : Nous avons constaté que les conditions de logement et d’hygiène étaient déplorables dans les quartiers populaires de Tana. On voit des chantiers de grande construction, les hôtels pour accueillir les réunions internationales, construits par les chinois, pour la conférence de l’OEA en 2009.  Est-ce qu’il y a des logements sociaux, des HLM malgaches ?

MB : Les derniers logements sociaux construits datent de l’avant 71, comme la cité des 67 ha dans le quartier du COUM.

Il faudra au moins cinq ans pour changer réellement les choses dans ce pays.

 

Propos recueillis par Allain Louis Graux, (journaliste, « Les Pays des mille et une nuits » – agence Orient-presse)

Le 30 sept. 2008 à Antananarivo.

 

 

*Albert Zafy (1927- ) a été président de la République de Madagascar de 1993 à 1996.Né à Ambilobe, dans l'ex-province de Diégo Suarez, il est professeur en Médecine (cardiologue). Il a été Ministre dans le Gouvernement du Général Gabriel Ramanantsoa. Elu en 1993, Zafy n'a pas supporté les critiques de l'opposition et décida que le Premier ministre ne sera plus élu par l'Assemblée nationale mais nommé par le président en personne. Il nomma donc le président de la Haute Cour Constitutionnelle (HCC) Norbert Ratsirahonana Premier ministre (5 juin 1996). Il perdit sa popularité et fut destitué par l'Assemblée nationale le 5 septembre 1996[1]. Il a été battu par Didier Ratsiraka lors de l'élection présidentielle du 31 janvier 1997. Il termine troisième lors de l'élection présidentielle du 16 décembre 2001 que Marc Ravalomanana remporta au final. Et devient depuis un des chefs les plus virulents de l'opposition malgache avec son mouvement le CRN (Comité de réconciliation nationale).

 

*Ratsiraka, en tête des 15 candidats, est élu en novembre 1996 avec 50.7 % des voix. Il est dénoncé pour irrégularité par Albert Zaffy, mais prend le pouvoir en février 97.

Entre 97 et 2001, il suit les recommandations de réformes « d’ajustements structurels » du FMI et de la Banque  Mondiale, comme de rendre payants les soins hospitaliers et l’école et il se lance dans la privatisation des entreprises, rompant avec ses idéaux socialistes qui avaient présidé à ses mandats précédents de 1975 à 1991. Mais il ne suffit pas de privatiser pour sortir du sous-développement. La privatisation de la Solima (carburants) débouche sur une augmentation massive su prix des carburants. En fait les projets n’aboutissent pas, restent dans les cartons des ministères et les crédits sont détournés, les aides disparaissent sans que les travaux et les réformes se réalisent, ce qui provoqua la faillite et la chute du régime.

 

*l’UNDD, Union Pour le Développement Démocratique, parti radical de gauche de l’ex-président Albert Zaffy.

 

* Le pouvoir colonial s’était appuyé sur les côtiers pour mâter l’aristocratie de l’ethnie merina dont étaient issus les souverains malgaches qui, avaient conquis et unifié le pays Depuis l’indépendance, le pouvoir politique à Mada se partageait entre les ethnies dites côtières d’origine africaine et celles des Hauts – plateaux d’origine asiatique. Le Président était côtier et le premier ministre des Hauts-plateaux. Ravalomanana a rompu avec cet équilibre ethnique entre les 18 tribus de Madagascar

 

Albert Zafy tente de rassembler l’Opposition /  La Tribune : samedi, 8 mars 2008 / Eugène R.

Dans leurs discours d’ouverture, le Pr Zafy et son lieutenant Dr Emmanuel Rakotovahiny ont persisté et signé que le CRN ne reconnaît pas le régime en place. « Un régime dirigé par un homme qui veut installer une monarchie à Madagascar. », a martelé le Pr Zafy.

L’Alliance impossible

Des dirigeants politiques présents hier ont observé que l’invitation du CRN et de son président Zafy Albert s’inscrit en même temps dans le cadre des tentatives de rassemblement pour une opposition unique face au régime Ravalomanana. Jusqu’à présent, toutes ces tentatives ont échoué. Le CRN a refusé d’adhérer à la plateforme des partis d’opposition mise en place par Roland Ratsiraka, Jean Lahiniriko et Herizo Razafimahaleo après les présidentielles de décembre 2006 car il a boycotté toutes les élections organisées dans le pays depuis l’accession de Ravalomanana au pouvoir. Comment peut-on imaginer une cohabitation entre le Pr Zafy Albert et ses amis qui ne reconnaissent pas jusqu’à présent Ravalomanana comme président de la République d’une part et d’autre part les Marson Evariste, Henri Lecacheur, Pierre Tsiranana, Daniel Ramaromisa... qui étaient à l’époque membres actifs du KMMR (« Komity Manohana an’i Marc Ravalomanana ») ? Et actuellement, des opposants comme Marson Evariste incitent les électeurs à se rendre aux urnes, mais à voter blanc le 16 mars prochain alors que le CRN prône purement et simplement l’abstention. Tout ceci pour faire comprendre qu’une cohabitation ou une alliance s’avère impossible entre certains opposants.

 

* Andry Nirina RAJOELINA

LES résultats des élections municipales du 12 décembre dernier à Antananarivo n’ont pas réellement été une surprise pour les observateurs avertis de la vie politique malgache.
En effet, ils s’inscrivent dans le processus du changement des mentalités et de comportement de la population tananarivienne qui, il a à peine plus de 2 mois, avait exprimé son ras-le-bol de la misère, des pratiques dictatoriales du Parti TIM au pouvoir, des entorses multiples à la démocratie, en s’abstenant en masse de voter aux élections législatives du 27 octobre 2007. Ce jour-là, 75% des électeurs avaient boudé les urnes : du jamais vu lors de tous les scrutins qui ont jalonné l’histoire de la Grande Ile et de sa capitale !
Les résultats du scrutin du 12 décembre sont sans appel.
Nombre d’électeurs inscrits : 620.631
Votants : 273.164
Blancs et nuls : 4.250
Suffrages exprimés : 268.914

 Rakotomalala Rafalimanana Hery (TIM) 87.124 (32,40%)

 Rajoelina Andry Nirina (Independant-Tanora MalagasyVonona) 170.281 (63,32%)

 

Le choix du Président-fondateur du TIM s’est porté sur le Président de la délégation spéciale d’Antananarivo nommé à ce poste il y a 8 mois pour défendre les couleurs du Parti lors des Municipales du 12 décembre. Selon Marc Ravalomanana, le PDS Hery Rafalimanana avait à son actif les rénovations des infrastructures entreprises par le pouvoir central, à Antananarivo, pour la tenue des 7èmes Jeux des Iles de l’Océan Indien.
Malheureusement pour lui, les jets d’eau, les jardins et autres gazons, les nouvelles avenues ouvertes à la circulation n’ont pu occulter l’aggravation des problèmes sociaux affrontés par la majorité des habitants de la capitale : stagnation du niveau de vie, inflation, chômage, délestages quotidiens de jour comme de nuit, alors que dans un discours public, le Président Ravalomanana avait annoncé une augmentation de 15% des factures de la JIRAMA, afin, disait-il, de « supprimer les délestages » etc...
Dès l’ouverture de la campagne électorale, Marc Ravalomanana et son Gouvernement furent sur le pied de guerre face à l’affluence monstre constatée lors du premier meeting public convoqué par le candidat Andry Rajoelina. Des manœuvres en tous genres furent utilisées pour déstabiliser ce candidat dont le succès risquait de déjouer les plans du pouvoir : propos diffamatoires, tripatouillage des listes électorales, interdiction de meeting dans les sites appartenant à la Commune, menaces et provocations, etc...

Témoignages du lundi 17 décembre 2007

 

*L’école : 10 à 110 élèves par  classe en deux session le même jour. J’ai pu voir à Daraina , une école privée financée par les parents où les enfants s’entassaient à 107 dans une paillote sombre, sans éclairage…

NDLA

 

*L’ilménite est un minerai utilisé pour les composants électroniques.

 

Le cobalt de Toamasina.

La structure du projet Ambatovy fait appel à une prouesse technologique de haut niveau.
Le minerai, de la terre contenant près de 1% de nickel et 0,10% de cobalt en moyenne, sera extrait à Ambatovy Moramanga, à 220 kilomètres de Toamasina. Il sera acheminé jusqu'à l'usine de Toamasina par un pipeline long de 220 kilomètres sous forme de pulpe, mélange boueux contenant 40% d'eau. Cette matière semi liquide sera pompée et conduite dans un pipeline depuis la rivière Mangoro, située à 28 kilomètres de la mine.

Les résidus seront ensuite stockés dans un parc géant spécialement aménagé à cet effet.
Ce parc a une taille capable de contenir les 125 millions de tonnes de terre en provenance de la mine pendant 30 années, la durée prévue du projet. 60 000 tonnes de nickel et 5 600 tonnes de cobalt devront ensuite être exportées à partir du port de Toamasina.

Actuellement, près de 8 000 ouvriers sont enregistrés dont environ 600 expatriés.

La grande majorité de ces personnes travaillent pour les dizaines de grandes entreprises chargées de construire les différentes infrastructures. Mais cet effectif de la main-d'oeuvre pourra doubler dans les mois à venir et atteindre le pic de 20 000 personnes. L'arrivée prochaine de 5 000 ouvriers étrangers constitue un des moments importants du projet.

(selon l’Express de Madagascar)

 

Dynatec, une société américano-canadienne et Somotimo-corporation, une société de courtage japonaise, prévoient d’exploiter ces mineras pendant 27 ans. Ce site recèle 30 ans des besoins mondiaux en nickel, 5 % des réserves mondiales et 10% des réserves mondiales en cobalt. Une dizaine d’autres minerais sont présents sur le site, du zinc et du cuivre, dont la production est estimée de 1 à 2 tonnes /jour.

Lors des réunions avec la population concernée, une question revenait sans cesse : l’exposition permanente au nickel et au cobalt est-elle dangereuse pour la santé ?

Les investisseurs ont affirmé que non, pourtant la directive de l’OMS sur le nickel est provisoire en l’absence d’informations sur sa nocivité. Ils affirment aussi que l’impact sur les nappes phréatiques, les rivières et les sources seront peu importants, et que les zones d’exploitation seront reboisées au fur et à mesure. Ce produit présent dans l’air ambiant est cancérigène en milieu professionnel et les environnementalistes estiment que le nickel assèche le sol. Les paysans malgaches en craignent les effets après 27 ans d’exploitation…

Quand on constate comme je l’ai vu, l’énormité des excavations pour installer le pipe-line qui transportera les boues, la déforestation, la défiguration de la nature, on reste perplexe sur c les bonnes intentions exprimées par les exploitants…

Allain Graux

 

Ressources pétrolières et minières à Madagascar

Les réserves pétrolières en offshore de Madagascar se trouvent dans les bassins de Mahajanga et de Morondava la ou 90% des efforts de pêche crevettière se concentrent. L’exploitation pétrolière aura des impacts environnementaux sur cette zone et des conflits entre la filière crevettière et le secteur pétrolier, pourraient en résulter. Jusqu à preuve du contraire, les crevettes font partie des premiers produits d exportation du pays. Qits minerals madagascar (QMM) dans l’exploitation de l’Ilménite à Tolagnaro, de la société d’état KRAOMA pour le chrome, de sheritt-DYNATEC dans l’extraction de cobalt et de nickel, Madagascar oil et EXXON mobil concernant l’exploitation pétrolière.

Les pollutions des eaux, les stockages des produits dangereux, la pollution de l’air sont les principales menaces que peuvent représenter ces activités. L’Etat malagasy ne dispose pas actuellement des capacités suffisantes pour effectuer toutes les contrôles de pollution nécessaires.

(Pakysse)

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Lundi 21 juillet 2008

LES MOTS :

Le retard français

Il s’agit d’une légende utilisée par la majorité de droite et le Medef pour imposer des réformes rétrogrades jugées indispensables pour éviter le naufrage de l’économie française. Car si on observe les chiffres publiés par le FMI ou l’INSEE, on constate que les performances françaises sont tout à fait honorables.
Le PIB*réel par habitant : il n’a été supérieur en Allemagne que pendant deux ans (2006/2007) sur les dix dernières années. En 2008, il est égal (1,8). Si on prend le PIB tout court, l’écart est nettement favorable à la France : 2,3% an contre 1,5% en RFA. Quant à la zone euro, sa moyenne est identique à celle de la France sur les 20 dernières années...
Il paraît encore plus surprenant de constater que l’écart avec les Etats-Unis n’est que de 0,1% sur les dix dernières années. Cet écart devrait être rapidement comblé en faveur de la France en 2008/09, selon les prévisions du FMI.
L’Allemagne
est souvent citée comme performante grâce aux réformes entreprises par Schröder. En fait, c’est le renoncement à cette politique qui permet le retour à la croissance, en particulier les hausses salariales obtenues par d’importants mouvements sociaux, la pression syndicale et politique de Die Linke* sur le SPD et Angela Merkel. Ce qui sera d’ailleurs profitable à l’économie de la France. La période restrictive précédente avait entraîné la croissance européenne vers le bas, l’Allemagne pesant le quart de l’économie de la zone euro.
La dette
.* Les actifs, (la richesse que détient l’État) sont positifs: ils représentent 37% du PIB. La France peut donc s’endetter comme n’importe quelle entreprise, financer un plan de relance comme Sarkozy l’a fait avec le paquet fiscal. Malheureusement, ce cadeau de 14 milliards aux plus riches n’a pas provoqué le choc escompté sur la croissance.
La dette publique a augmenté avec la globalisation ; depuis1980, elle est passée de 20,7% à 63,9% du PIB. Elle serait trop lourde, il faudrait donc la limiter à 60%, réduire les dépenses publiques, le nombre de fonctionnaires (enseignants, personnel de santé. Quel progrès social !). C’est stupide, l’Allemagne est au-dessus de 60%, la Belgique à 84,9%, l’Italie au-dessus de 100%, la moyenne européenne à 68%, les Etats-Unis à 62,2% et le Japon à 180%... Elle a fortement progressé pendant les années de faible croissance, particulièrement entre 91 et 96, (années où Sarkozy fut ministre du budget en 93 et 95). Elle a été réduite de 2,5% sous la Gauche plurielle, entre 98 et 2001, grâce à la croissance impulsée par le gouvernement Jospin. Car c’est la faiblesse de la croissance qui génère L’endettement : la France consomme beaucoup moins qu’elle produit et ne vit pas à crédit.
La dette publique n’est pas la dette de la France : la dette est la contrepartie des actifs (les biens publics) qui eux sont bien réels. De plus, pour s’endetter l’Etat émet des bons du trésor qui sont achetés par ceux qui peuvent épargner, les plus aisés. Ils appartiennent à la même génération que celle qui emprunte. On ne lègue donc pas que la dette aux enfants puisqu’ils héritent aussi des titres. En réalité, le transfert est nul entre génération. Le transfert s’opère entre classes sociales car tous les contribuables paient les intérêts de la dette (15% des dépenses de l’Etat) alors que les intérêts profitent aux détenteurs des Bons du Trésor. Avec la diminution de l’impôt sur le revenu (progressif) dont bénéficient largement les plus riches, c’est une redistribution fiscale inversée qui s’opère.
Quant aux dépenses publiques (52,37% en 2007), ce monstre du loch Ness brandit pour justifier tous les sacrifices et les coupes sombres dans les services publiques et la protection sociale, elles n’ont augmenté que de 0,59% de PIB en 22 ans. Difficile d’y voir l’explosion de la dette!
Auparavant, l’accroissement des dépenses de l’Etat, toujours inférieure au taux de croissance de l’économie (sauf en 2002 et 2003), compensait la faiblesse de l’activité économique, pour la relancer. La nouveauté, c’est que ce mécanisme compensateur est grippé depuis 2002, année d’arrivée de la droite au pouvoir et de la croissance molle avec une moyenne de 1,8%...Les Français en paient les conséquences en terme de chômage et de précarité.
En fait, comme pour les détenteurs de capital la volonté d’épargner est supérieure à la volonté d’investir, l’argent trouve toujours à se placer auprès de l’Etat au lieu de s’investir dans les entreprises. Surtout quand on constate que le taux d’intérêt est passé au-dessus du taux de croissance depuis 1980. Il est donc devenu plus intéressant de gérer des titres de rente ou de spéculer que d’investir. Ce dont souffre la France ce n’est pas de la dette ou du déficit public de l’Etat, mais du manque d’investissement.
Le modèle anglais
: la GB qui n’est pas dans la zone euro n’a jamais respecté le pacte de stabilité européen qui fixe le déficit budgétaire à 3%. Pour relancer son activité et rectifier les aberrations du Thatchérisme, Tony Blair a créé 560 000 emplois publics dans la santé et l’éducation, accroissant de 5 points  la part des dépenses publiques dans le PIB.Les recettes fiscales engrangées ont permis alors de réduire le taux d’endettement. En France, la redistribution se fait à l’inverse, en direction de catégories qui épargnent au lieu d’investir.

 LES MAUX

La pauvreté
Le seuil du taux de pauvreté en France est fixé à 60 % du revenu médian, soit 817 €/mois en 2005.
Cette année là, 12,1% de la population, soit 7,1 millions de personnes étaient considérées comme pauvres. Depuis la situation se dégrade encore : l’écart entre le niveau de vie médian et le seuil de pauvreté s’accroît depuis le retour de la droite au pouvoir! Le nombre des pauvres les plus pauvres vivant avec moins de 40 % du revenu médian a augmenté de 14% entre 2002 et 2005. Parmi eux, le nombre des travailleurs pauvres, ceux qui ont un emploi, a crû de 21% entre 2003 et 2005 (1,53 millions en 2005)...
Pour remédier à cette situation, le gouvernement s’est fixé un objectif : réduire la pauvreté d’un tiers en cinq ans grâce au RSA du bon Monsieur Hirsch. Et pour être sûr du bon résultat il vient d’adopter un nouvel indicateur : le taux de pauvreté ancré dans le temps. Ce nouvel indice est calculé, non en fonction d’une base annuelle à 60 % du salaire médian mais de l’indice de l’année précédente augmenté de l’inflation. Comme l’inflation augmente moins vite que le revenu médian...
Concrètement cela signifie que si le taux de pauvreté ne baisse que de 3 % entre 2000 et 2005, le nouvel indice, lui, diminue de 22 % pendant la même période. Si vous pensez manipulation, vous avez raison...C’est ce que pense aussi l’ONPES* car :
la pauvreté est un phénomène relatif ...qui doit prendre en compte l’évolution du niveau de vie de l’ensemble de la population, Ce qui se fait partout dans les Etats de l’UE.
On peut aussi se rendre compte de cette
triste évolution sociale de la cinquième puissance mondiale avec ces quelques chiffres:
Minimas sociaux :
nombre d’allocataires de 2002 à 2005 : + 4,6%.
Taux de renoncement aux soins pour raisons financières, à 2004
: + 13%
Taux de demandeurs d’emplois non indemnisés
par l’Unedic ou par l’Etat : de 39,9 en 2001 à 40,3 en 2006,
Ces trois indices de l’ONPES qui s’ajoutent à ceux de l’indice de pauvreté décrivent tout l’aspect de la politique de régression sociale menée par la droite, non justifiée par l’état réel des performances économiques et de la qualité des travailleurs français dont on sait qu’ils sont les plus productifs au monde.

LE RSA
L’objectif de ce dispositif  destiné à assurer un complément de revenu aux chômeurs qui reprennent un emploi afin qu’ils gagnent davantage en travaillant plutôt que de rester au chômage, est louable en soi. Encore qu’il serait préférable d’augmenter le SMIC et des bas salaires vraiment trop bas. Il ne paraît pas logique – qui plus est dans un système capitaliste libéral - que ce soit la collectivité qui assure des revenus suffisants aux travailleurs pour reproduire leur force de travail. Ce devrait être aux entreprises de le faire. On me dira que : vous comprenez, la concurrence internationale...
Faire le ménage, servir dans un bar, et tous les métiers mal payés de ce type, ce ne sont pas des activités concurrentielles. Et puis, que veut-on faire : concurrencer les salariés chinois ou indiens? Ramener notre niveau social à celui de ces pays? Comment -être compétitifs avec le Vietnam où le salaire mensuel de l’ouvrier moyen est de 22$ ? Nous ne sommes pas prêts d’y arriver, c’est peine perdue. Et quelle peine! C’est là tout le sens des réformes de régression sociale mises en œuvre dans le cadre de la fameuse concurrence libre et… faussée par les gouvernements européens et la Commission de l’UE, appliquées aujourd’hui à la France, dernier carré de la résistance, par Nicolas Sarkozy, François Fillion et consorts.
Revenons en au RSA: il devrait faire disparaître à terme le RMI, l’API (allocation de parent isolé),
La PPE*(la prime pour l’emploi) et l’intéressement. Les travailleurs des classes modestes devraient pâtir de ce redéploiement, car ils ne toucheront plus la PPE, sans pour autant avoir droit au RSA. Même chose pour les rmistes et apistes s’ils ne retrouvent pas un emploi. En outre les fonds prévus seront insuffisants pour financer le surcoût du RSA et les mesures indispensables d’accompagnement social comme la formation et les contrats aidés.
En fait le RSA, à partir d’un bon principe, revient à faire financer les pauvres par d’autres pauvres
. En outre, il ne manquera pas de créer des effets d’aubaine pour les entreprises et pèsera inévitablement sur les bas salaires.
Avec le RMI*, il s’agissait d’assurer un revenu à ceux dont les ressources étaient inexistantes, aux handicapés, aux invalides du travail, etc...La protection par la société devenait un droit, dans des conditions de solidarité et non de charité. Il est sans nul doute nécessaire d’améliorer le volet insertion, mais on en peut pas s’appuyer sur une supposée paresse congénitale des travailleurs pour imposer à tous des mesures uniformes d’emploi. Dans tous les cas il est nécessaire de prévoir des parcours spécifiques.

Le chômage et la Flexisécurité.
Toute la politique du gouvernement vise à obliger les chômeurs à accepter n’importe quel emploi diminution, puis suppression des allocations au troisième refus, sous des conditions d’acceptation qui constituent un véritable retour à la condition salariale du XIX° siècle et au carnet de travail, une atteinte à la dignité et à la liberté des salariés. Les chômeurs sont devenus suspects, des coupables en puissance, alors qu’un sur deux n’est pas indemnisé.
Le taux officiel de chômage en France est actuellement de 7,8%, celui des femmes est de 8,4%; des moins de 25 ans de 18,9%. Le nombre officiel est de 1 905 000 (Insee), le nombre réel de 3 069 300 (UNEDIC, mars 2008), sans compter les emplois partiels, aidés, en formation etc...4,5 millions de sous-employés précaires.
Si le taux de chômage diminue, c’est dû essentiellement au départ en retraite des générations du baby boom. Il faut beaucoup moins de création d’emplois pour satisfaire l’arrivée des jeunes sur le marché du travail. En outre, la France perd des emplois industriels : baisse de -2,6 % de la production selon l’indice INSEE.
La baisse du pouvoir d’achat qui n’est pas dû uniquement à la hausse des prix mais à la faiblesse du niveau des salaires et à la baisse de la protection sociale (franchises médicales, etc...), entraîne une faiblesse de la consommation à laquelle s’ajoute celle des exportations. De ce fait les entreprises investissent peu et n’embauchent pas. Il n’y a que 400 000 emplois disponibles, essentiellement dans les secteurs du bâtiment, de la restauration et du commerce, sous-payés, pénibles, souvent occupés par des travailleurs sans papiers pour ces raisons. Ce qui ne peut pas satisfaire la demande des 3 millions de chômeurs réels. Ce n’est pas parce qu’on diminuera les indemnités de ces chômeurs qu’ils retrouveront des emplois stables qui n’existent pas. Sur 10 embauches, 8 sont précaires.
La Flexicurité.
L’accord sur la modernisation du marché du travail du 11 janvier 2008 signé par certains syndicats* est à cet égard une vaste duperie. L’idée de lier la flexibilité des emplois, avec peu de règles limitant les licenciements et une forte sécurité de revenu grâce à des allocations chômage élevées était séduisante. Hélas, contrairement au Danemark souvent cité en référence, les allocations chômages sont faibles. Et pourquoi vouloir « flexibiliser » un marché du travail déjà très flexible avec 2,5 millions de salariés en CDD, où près de 900 000 salariés en CDI sont licenciés chaque année, souvent à titre personnel (¾ des effectifs). En réalité, il s’agissait pour le MEDEF de diminuer le coût de ces licenciements, car le noyau dur du salariat français est constitué de salariés en CDI avec plus de quinze ans d’ancienneté, chers à licencier et qui n’hésitent pas à contester devant les prud’hommes. D’où l’autre volet : le licenciement dit à l’amiable.
L’accord a fait naître un nouveau contrat de travail qui n’est ni un CDI ni vraiment un CDD. Sa durée est « incertaine ». Il sera plus difficile pour un salarié de contester un licenciement en justice.
Le travail de codification, supposé neutre, a eu en réalité pour principal objet d’adapter l’architecture et la philosophie du code du travail au projet politique de l’UMP. Censé être réalisé à droit constant, il supprime des dispositions, met en cause l’unité du droit du travail, déclasse et fragilise des garanties sociales. Pour le MEDEF, il s’agit de généraliser la précarité à des couches du salariat qui bénéficient encore d’emplois stables, sans améliorer la sécurité pour les autres. On peut citer la clause particulièrement scandaleuse selon laquelle en cas de rupture due à la survenance d’une inaptitude d’origine non professionnelle, l’entreprise puisse échapper au paiement des indemnités de licenciement. Le frein pour « virer » sans indemnité les salariés malades a été levé.
Le système mit en place ne pourra qu’accentuer les fluctuations de l’emploi, substituer des emplois fermes en emplois précaires. Mais il ne pourra pas en soi créer de nouveaux emplois.

Destiné en principe à clarifier le droit et à en faciliter la compréhension, le nouveau code se traduit par une inflation du nombre d’articles et suit un ordonnancement incompréhensible. En juillet, le projet de loi sur « les droits et devoirs des demandeurs d’emploi » est qualifiée de loi médiatique visant à stigmatiser les chômeurs par la députée Vert Martine Billard.Tout chômeur inscrit depuis plus de six mois à l’ANPE sera sanctionné si il refuse une offre raisonnable d’emploi compatible avec ses qualifications, située à moins d’une heure ou 30 km de son domicile, sans distinction du milieu, rural ou urbain !
-         
après trois mois il ne pourra pas refuser un poste rémunéré à 95 % se son salaire, à 85 % au bout de six mois. Ce qui va provoquer une tendance à la baisse salariale. Mais n’est-ce pas le but recherché ?
-         
La radiation est automatique après deux refus. Sur 625 000 inscrits radiés en 2007, dont 184 000 touchaient une indemnité, seulement 10 000 l’on été pour insuffisance de recherche et 15 000 pour refus. Ce n’est donc pas dans le refus de recherche ou d’emploi que se situe le problème : 25 000 sur 625 000. Pour 4% de chômeurs professionnels, on va pénaliser tous les chômeurs.
-         
La contrepartie serait l’accompagnement, un suivi individuel renforcé. Avec quels moyens ?
Une récente étude de la CFDT-ANPE démontre que le personnel en nombre insuffisant ne permet pas de réaliser un suivi personnalisé mis en œuvre depuis… 2006 et qui reste très virtuel. .

Restait alors à
liquider les 35 heures sous le prétexte de travailler plus pour gagner plus, C’est chose faite et en réalité on va travailler beaucoup plus et gagner moins. C’est un retour là encore au XIX° siècle.
Première étape
 : l’exonération des cotisations sociales et la défiscalisation pour faire croire qu’il était nécessaire d’augmenter le gâteau de la production avant d’en augmenter les parts. Mais il ne suffit pas de vouloir travailler plus pour pouvoir le faire. C’est le patron qui en décide, pas le salarié. Les bénéfices de cette mesure seront injustement répartis et renforceront les inégalités entre les salariés et la solidarité devant le chômage, ce sera le chacun pour soi. Les plus bas salaires perdent leur prime pour l’emploi, leur remise éventuelle d’impôt. Les femmes à temps partiel verront leurs heures complémentaires moins revalorisées, confinées dans le salariat d’appoint ou la pauvreté.
Seconde étape
 : le rachat des journées de RTT, soit un allongement de la durée réelle du travail pour des heures supplémentaires subventionnées.
Restaient à mettre en œuvre l’étape suivante pour parachever le chef-d’œuvre de remise en cause progressive des 35 heures dont la majorité de droite ne pouvait pas se débarrasser de front. C’est chose faite avec la nouvelle loi qui permet à chaque entreprise de « négocier » le temps de travail, au détriment de la loi, des accords de branche et des conventions collectives qui en France ont caractère de loi extensive. On pourra travailler 282 jours au lieu de 218, avec un maximum de 235 à défaut d’accord. Pour les cadres et VRP ce sera la suppression de tous les jours fériés payés sauf le 1° mai et un ou deux jours de plus…

Les entreprises pourront porter leur contingent d’heures supp. de 220 à 405 par an : 10 heures de travail par jour et 48 h. par semaine. Quel progrès. C’est à peu près ce que j’effectuais en 1963 ! Et plus de repos compensateur. Pourtant, selon un sondage des Echos, 79 % des salariés du secteur privé ne sont pas intéressés par le rachat de leurs jours de RTT.

Les modalités du passage aux 35 heures s’étaient traduites par une intensification importante du travail pour compenser l’augmentation du salaire horaire. Dorénavant il faudra travailler vite et plus longtemps, au détriment de la santé des salariés, de leur temps de repos, de loisirs, de famille. Les effets sur l’emploi vont être désastreux avec le ralentissement prévu de la conjoncture. Pour les trois derniers trimestres cumulés, l’INSEE ne prévoit que 0,4 % de croissance, 0,3 % en 2009. La subvention de l’allongement de la durée du travail va inciter les entreprises à embaucher le moins possible

Pendant ce même temps, les négociations sur la pénibilité entreprises pour compenser l’allongement de la durée du travail (retraites et 35 heures), ont capoté suite à la mauvaise volonté manifeste du MEDEF d’aboutir à un accord dont les modalités financières du départ progressif ne seraient pas prises en charge par l’Etat à hauteur de 40 % des salaires versés.

Cet accord faisait pourtant partie intégrante de la réforme des retraites initiée par Fillon en 2003…

L’idée répandue est que la panne de croissance, le fameux déclin français serait dû à la faiblesse du taux d’emploi des seniors et à la charge jugée excessive du financement des retraites.

l fallait donc augmenter la durée de cotisation à 41 ans - c’est chose faite - voire 42 ans. Le MEDEF, lui, préconise de reculer l’âge de la retraite à 63 ans.

Pourtant la réalité est tout autre :

-         
le taux d’activité des seniors plafonne à 37,8 % malgré la loi Balladur qui a porté la durée des cotisations à 40 ans. La responsabilité en incombe aux entreprises qui se débarrassent de leurs vieux salariés qui coûtent trop cher en salaires et ancienneté, sans être suffisamment productifs (pensent-ils !).
-         
L’âge moyen du départ en retraite dans le privé est de 58,9 ans, avec une durée moyenne de cotisation de 37 annuités.
Dans ces conditions, l’allongement de la durée de cotisation revient à chaque fois à écarter un grand nombre de salariés du bénéfice d’une retraite à taux plein, en raison de la décote par annuité manquante.

L’allongement de la durée de cotisation a pour but d’éviter d’augmenter les cotisations patronales.

Le financement des régimes des retraites par répartition relève du partage car il s’appuie sur des cotisations basées sur le salaire. Selon le rapport du COR* en 2003, la part du PIB nécessaire pour équilibrer le régime doit croître de 6,5 % d’ici à 2040, soit de 12 à 18, 5 % du PIB, sous l’hypothèse d’une croissance de 1,75% et d’un taux de fécondité de 1,8.

Il s’agit donc d’un choix de la société française sur le mode de financement et de type de financement. Celui d’allonger la durée de cotisation aboutira à réduire le montant des pensions déjà entamé par les réformes Balladur et Fillon.

Il existe d’autres solutions :
-          Le relèvement des cotisations sociales et l’élargissement de l’assiette de financement.
Selon le COR il suffirait d’une hausse de 0,37 points par an jusqu’en 2040, à répartir entre salariés et employeurs, pour assurer le niveau des pensions sans affecter le taux de remplacement.

-         
La taxation des stock-options rapporterait 3 à 4 milliards par an.
-         
La création d’une CSG entreprise basée sur la valeur ajoutée, incluant salaires et profits.
-         
On peut aussi augmenter légèrement la CSG.
-         
Prélever des  cotisations sur l’intéressement et la participation.
La combinaison de ces mesures permettrait de répartir l’effort de financement d’une manière plus juste et plus équitable. Ce n’est pas la voie choisie par le gouvernement Sarkozy-Fillon, sans véritable concertation.

Ceci d’autant plus que l’effort à produire est relatif en fonction des critères suivants : l’hypothèse démographique retenue par le COR était basse. L’évolution de la population active est revue à la hausse avec un taux de fécondité proche de 2 enfants par femme, l’immigration est plus importante que prévu (solde de +100 000/an au lieu de 50 000). La France gagne chaque année 350 000 habitants et pourrait atteindre les 70 millions en 2050. Ce qui réduit le besoin de financement de 2 à 5 points de PIB supplémentaires, en fonction de sa croissance d’ici 2050. Le taux de croissance potentiel est supérieur à 3 %, il pourrait donc être amélioré par une politique d’investissements massifs dans les secteurs innovants. Cela engendrerait une hausse de la masse salariale, donc des recettes de cotisations à la sécu comme pour les caisses de retraite.

Le choix qui devrait s’imposer, ce sont des mesures justes et équitables pour :

-         
maintenir le droit à la retraite à 60 ans à taux plein ;
-         
garantir un taux de replacement du salaire de 75 %  et un minimum garanti au SMIC pour les plus basses retraites.
En refusant ces solutions et en créant et creusant le déficit, tant pour le régime des retraites que la celui de la sécurité sociale, le gouvernement prépare le terrain pour en finir avec le système par répartition, pour s’appuyer sur des systèmes à plusieurs vitesses reposant sur trois piliers :
-         
un strict minimum public ; la charité au lieu de la solidarité.
-         
un complément s’appuyant sur les mutuelles et financé par les salariés, dont le montant sera variable selon le taux de prise en charge des entreprises. Fini l’égalité.
-         
Un supplément pour ceux qui en ont les moyens, de s’assurer auprès des compagnies d’assurances qui lorgnent depuis longtemps sur les milliards que représentent les fonds de la protection sociale.
Ce système qui existe aux Etats-Unis est le plus cher au monde, ne fonctionne pas, et laisse des millions de gens sans couverture sociale, sans soins…

Les mesures démagogiques
.
Le président du pouvoir d’achat
ne veut surtout pas augmenter les salaires. C’est ce que nous venons de démontrer. Donc, face à la hausse des prix alimentaires et de l’énergie (pétrole, électricité, gaz) provoquée par la crise financière mondiale et la spéculation sur l’immobilier, le pétrole, les céréales, Monsieur Sarkozy refuse de donner un coup de pouce au SMIC. Il prétend augmenter les revenus par le travailler plus, limiter l’inflation par le contrôle des prix et le développement  des discounters. C’est-à-dire que les travailleurs les plus pauvres doivent se contenter de produits de moins bonne qualité, voire à la limite des périmés dans les hards discounts, notamment pour les banlieues…
Cette concurrence renforcée qui ferait baisser les prix est un autre mythe. Ce n’est pas durable et c’est limité. Quand le plus gros a mangé les petits, les prix augmentent à nouveau…

Le recours aux compléments salariaux (heures supp., RTT, participation et intéressement exonérés de cotisation) se substitue à la progression générale des salaires, au blocage du taux horaire. Dans ces conditions, avec les gains de productivité, la part du gâteau profitera uniquement aux revenus du capital qui ont déjà repris 10 % sur la part des salaires dans le PIB sur les 20 dernières années.
On peut ajouter aussi la généralisation du livret A à toutes les banques, toujours au nom de la libre concurrence imposée par la Commission européenne. Cela va faire reculer le financement du logement social assuré par les caisses d’Epargne et supprimer la garantie d’accès à l’épargne populaire pour les petits épargnants. Seule La Poste sera tenu de le faire. Pour le plus grand profit des banques qui chercheront à capter les plus gros épargnants. La Poste déficitaire, il n’y aura plus que d’achever sa privatisation déjà en cours. Fini les bureaux de poste dans les villages, les comptes bancaires pour les plus démunis etc…
Ajoutons encore :
-
La disparition du service bien utile de la Direction de la Concurrence, de la Consommation et de la répression des fraudes DGCCRF), par sa fusion avec le Conseil de la Concurrence…
-
Les mesures de Christine Boutin pour supprimer à terme la loi SRU qui oblige les villes à construire 20% de logements sociaux.
-
La dépénalisation du droit des affaires, par une législation sur ordonnance pour substituer  de simples sanctions commerciales aux condamnations pénales…On durcit la répression de la petite délinquance dans le même temps où l’on allège celle des cols blancs…
 -
De nouveaux cadeaux fiscaux aux entreprises en créant de nouvelles niches pour 106 millions au moment où il prétend les supprimer …pour les simples  contribuables (assurance-vie etc…). Ces nouveaux cadeaux s’ajoutent aux exonérations de cotisations sociales patronales dont le montant scandaleux s’élève à 32 milliards en 2008 (contre 28 en 2007). Soit plus 12 % !
-La réforme de la carte scolaire vide un peu plus les établissements des quartiers des élèves issus des classes moyennes, selon la conclusion d’un rapport d’octobre 2007 non publié par le gouvernement (Le Monde). Le processus d’assouplissement renforce la ghettoïsation des milieux les plus défavorisés et aboutit à un résultat inverse de l’objectif proclamé.


Toute la politique de Sarkozy ne vise pas à revaloriser le travail, mais à le dévaluer.
L’ensemble des « réformes »constitue une remise en cause du droit social à l’échelon européen aligné sur la doctrine anglo-saxonne des ères Thatcher et Reagan. L’Etat sacrifie peu à peu ses fonctions sociales : éducation, santé, assistance, protection sociale, pour réduire son rôle à celui de la répression pour les mettre en œuvre et contrôler la population: réformes de la justice, développement de la police, lois répressives sur l’immigration, une réforme de l’armée destinée à assumer la police internationale sous contrôle de la puissance dominante, les Etats-Unis, en réintégrant l’Otan.

Le modèle, c’est la concurrence avec les travailleurs les moins favorisés, à l’Est et dans le monde, un modèle où l’on travaille douze heures par jour jusqu’à plus de 65 ans, de nuit, le dimanche, sans salaire minimum, (il est remis en cause par la BCE).

Ce serait l’adaptation au modernisme, en fait de sont de vieilles idées, celles du vieux patronat, le plus réactionnaire. Cette  restauration conservatrice n’est pas une révolution économique, mais le retour à un capitalisme radical régit par la finance, dont le but unique est le profit maximum.

La stratégie présidentielle est d’avancer sur tous les terrains en même temps, par touches progressives, mais en maintenant un rythme très élevé. Cette logique, fondée sur des postulats néo-libéraux a des limites : l’emploi stagne, le pouvoir d’achat régresse, la dette se gonfle. L’accumulation de ces faits marque clairement le contenu de classe de la politique sarkozienne. Elle brise la solidarité nationale, l’équité de la redistribution des revenus, elle défend les avantages du capital contre ceux du travail, poursuit inexorablement le désengagement de l’Etat du Service Public. Les inégalités se creusent.
Pour dissimuler ces faits, le discours officiel brandit le péril d’une mondialisation menaçante, et propose des mesures protectionnistes qui ne seront jamais mises en œuvre. Le Président se sert démagogiquement des faits divers pour asseoir des mesures répressives et moralisatrices : contre les pédophiles, l’immigration illégale, etc…
Pendant ce temps les profits des multinationales et les dividendes des actionnaires augmentent toujours plus vite. :
- Cappegemini, Unibail-Rodamco : + 40% - Sanofi-Aventis : +18.3 % - Lafarge : +33% - etc…
On verse des sommes folles aux actionnaires au lieu de les investir dans la recherche, l’éducation, la formation, les salaires, l’emploi, les techniques et matériaux écologiques, pour dynamiser le développement.
En 2006, sur 97 milliards de bénéfices nets, les groupes du CAC 40, ont reversé 40% de dividendes, rachetés 8 milliards de leurs propres actions pour en faire monter les cours ; 80% de ces profits proviennent des délocalisations dans la zone dollar au détriment des productions nationales ou européennes.
Les richesses produites dans l’industrie en 2007 ont augmenté de 3,3 %, les profits de 7,4 %, le salaire brut de 1,4%...* (Comptes de l’Industrie du 3/04/08)

Si l’on en croît l’opinion publique exprimée par les sondages, la crédibilité politique de Sarkozy et du gouvernement Fillon est en chute libre. Cependant la réplique populaire n’est pas à la hauteur de cette situation catastrophique pour la majorité des citoyens de notre beau pays. Le manque de perspectives, d’alternative crédible ne permet pas d’exprimer le rejet de façon globale.
Il est plus que temps d’y réfléchir et d’organiser la réplique unitaire, l’instrument politique dont les masses ont un cruel besoin.

  Allain GRAUX
Le 20 juillet 2008


*PIB : produit Intérieur Brut
*ONPES : Observatoire national de la pauvreté et de l’exclusion sociale.

*PPE : un impôt négatif discutable, une trappe à bas salaires mises en place par le gouvernement Jospin, suite au refus du conseil Constitutionnel de varier la CSG
*RMI : Revenu minimum d’insertion créé par Michel Rocard (PS) en 1988.
*Dette: lire le Monde diplomatique de juillet 2008 : l’épouvantail de la dette publique (Bruno Tinel et Franck Van de Velde)*
. Quatre confédérations syndicales (CFDT, FO, CFTC, CFE-CGC) sur  huit, et trois organisations patronales (MEDEF, CGPME, UPA) ont fait leur l’accord interprofessionnel sur « la modernisation du marché du travail »; la CGT, n’a pas signé.
En France, à cause d’une loi Fillon du 4 mai 2004, on prétend qu’un accord est « majoritaire » quand il obtient la signature d’une majorité de syndicats même si ces syndicats représentent une minorité de salariés par rapport à ceux qui ne signent pas l’accord. En fait c’est un vote « par ordre » et non pas « par tête » comme avant la Révolution française. C’est comme au temps où le clergé et la noblesse l’emportaient par deux voix contre une, contre le tiers-état. C’est la procédure antidémocratique que Fillon a imaginé pour fausser les négociations syndicales : c’est purement archaïque, scandaleux, mais c’est hélas, comme cela que la droite fait fonctionner notre pays. C’est comme si, pour adopter une loi au Parlement, on comptait le nombre de groupes parlementaires qui la votent et non pas le nombre de députés. Dans la métallurgie, par exemple, FO, CFTC et CGC signent les accords avec l’UIMM, tandis que CGT et CFDT les refusent : ces accords sont réputés « majoritaires » alors que FO, CGC, CFTC représentent moins de 20 % des voix aux élections professionnelles de la branche et CFDT et CGT qui représentent 80 % sont minoritaires.

Pourquoi parle-t-on de 4 syndicats sur 5 alors qu’il y en a huit dans le pays ? Pas parce qu’ils ont obtenu plus de voix de la part des salariés ! Justement non, ça n’a rien à voir avec les voix qu’ils ont obtenues, ni avec l’audience réelle qui est la leur. C’est seulement parce qu’ils figurent sur une « liste » d’un vieil « arrêté » datant de 1966 ! À l’époque, cinq syndicats ont été retenus sur une liste officielle : CGT, CFDT, FO, CFTC, CGC. La liste de ces cinq syndicats qui sont seuls à bénéficier d’une « présomption irréfragable de représentativité » n’a jamais été mise à jour : ainsi ni la FSU, ni l’UNSA, ni Solidaires n’y figurent. Pourtant ces syndicats sont devenus plus représentatifs que la CFTC ou la CGC par exemple. S’en tenir aux « cinq » syndicats « officiellement représentatifs » de la liste pour déterminer si un accord est majoritaire ou non, est donc une fiction. Mais ça ne fait rien, la mystification est reprise sans le moindre état d’âme. (Gérard Filoche)
*COR : Conseil d’Orientation des retraite

REF :
-         
alternatives économiques ;
-         
le Monde diplomatique ;
-         
Fondation Copernic ; Attac ;
-         
Le Monde, Libération, l’Humanité ;
-         
Economistes : Liêm Hoang Ngoc,
-         
Chercheurs : Michel Husson (IRES)
- Publié dans : politique
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Vendredi 27 juin 2008

 A la veille d’occuper la présidence tournante de l’Union Européenne, Nicolas Sarkozy a prononcé à la Knesset, (le parlement israélien) et devant les représentants de l’autorité palestinienne, des discours qui paraissent plein de bon sens pour, enfin, aboutir à une paix juste sur ces terres ensanglantées depuis si longtemps :

- « la création d’un Etat palestinien indépendant, moderne, démocratique et fiableil ne peut pas y avoir de paix sans l’arrêt total et immédiat de la colonisation…sans que soit résolu le problème des réfugiés palestiniens…pas de paix sans reconnaissance de Jérusalem comme capitale de deux Etats. »

- pas de paix non plus si les Palestiniens ne combattent pas eux-mêmes le terrorisme. »

Mais au-delà des mots et de la posture, quels sont les moyens proposés pour mettre réellement en œuvre les conditions de la paix ?

 Un Etat palestinien indépendant, démocratique et fiable.

La démocratie : fin 2005, des élections, dont l’UE, comme l’ex-président Carter ont reconnu qu’elles s’étaient déroulées régulièrement (sans être libres car les territoires étaient occupés par l’armée israélienne), on porté le Hamas au pouvoir (à cause de la corruption de nombreux responsables du Fatah). Ce résultat ne convenant pas au gouvernement américain, l’UE a bloqué l’aide économique qui permet à la structure administrative palestinienne de survivre…

Bel exemple de respect de la volonté populaire !

Un Etat fiable. : Israël, depuis Oslo, n’a eu de cesse de détruire toute l’infrastructure de l’autorité, suite à la provocation de Sharon sur l’esplanade des mosquées et la reprise de l’Intifada. Un geste délibéré pour ne pas permettre aux négociations de Taba entre Arafat, Barak et Clinton d’aboutir. Depuis, la colonisation (qui n’a jamais cessée*) a mangé, mité le territoire palestinien telle une hydre, le réduisant à une peau de chagrin trouée,  coupé de routes isolant les villes et les villages (plus de 600 barrages et postes de contrôle qui asphyxient toutes les possibilités de développement économique), enfermé derrière le mur.

Jérusalem : tout est organisé dans la partie Est, pour rendre la vie quotidienne des Palestiniens impossible et les obliger à partir. Comme ils s’obstinent à rester en dépit de tout, on détruit leurs maisons ou on les expulse au moindre prétexte.

De quel Etat, réduit à des bantoustans, peut-il s’agir dans ces conditions ?

 Et les attentats ? Le terrorisme ? Sarkozy a dit aussi qu’il ne fallait pas parler avec le Hamas, organisation terroriste. Ce en quoi il s’aligne sur la position américaine alors qu’Ehoud Olmert lui-même vient de signer un accord avec le Hamas pour arrêter le blocus de Gaza en échange de la cessation des tirs de fusées Kassam.

Il est nécessaire de rappeler que le Hamas n’a pas toujours été une organisation utilisant les actes terroristes, qu’il a été utilisé par Israël contre le Fatah, pour diviser l’unité de la résistance. Cet objectif réalisé, le gouvernement de l’Etat juif se retourne aujourd’hui contre lui et emploie des méthodes … terroristes : attentats ciblés, assassinats, bombardements, etc… un terrorisme d’Etat qui tue bien plus de gens, de civils innocents, des enfants que les attentats suicides des milices du Hamas, mais aussi celles du Fatah et du Djihad. Or on discute avec Abou Mazen…

Auparavant, la France avait refusé cette décision de l’Union européenne, distinguant entre le Hamas et son organisation militaire Azzedine el Kassam…(héros et symbole de la résistance palestinienne, tué en 1936)

Pour aboutir à la paix il faudra bien discuter avec tous ceux qui se battent.

On aurait aussi bien pu refuser de discuter avec Begin, Sharon, Rabin, Shamir, tous des anciens terroristes devenus premier ministre de l’Etat israélien…

Quels sont les moyens dont on dispose pour trouver une solution équitable à la résolution du conflit palestinien ?

-          Il ne faut pas compter sur le gouvernement américain qui se sert d’Israël comme pion et gendarme sur l’échiquier de sa stratégie pour le Grand Moyen Orient. Son influence est pourtant décisive. Mais pour espérer une évolution du soutien inconditionnel des Américains à Israël, il faudra attendre le résultat de l’élection présidentielle de novembre 2008. Et ce ne sont pas les récentes déclarations de Barak Obama sur Jérusalem, capitale indivise de l’Etat Juif, qui vont aider à trouver la bonne solution…

-          Et l’Union Européenne ?

Sa capacité de pression est bien plus importante qu’on ne le pense généralement car l’UE représente 54 % des échanges économique de l’Etat d’Israël, auxquels on peut ajouter les accords universitaires dont la rupture au moment d’Oslo avaient été décisifs pour amener Israël à la table des négociations…On l’oublie souvent !

Le rôle et l’importance de l’aide européenne à la Palestine.*)

L’UE verse chaque année plus de 550 millions d’Euro aux Palestiniens sous forme d’aides, administrative, technique, alimentaire, sanitaire, éducative, aux réfugiés (par l’intermédiaire de l’UNWRA*). L’aide directe a été interrompue au 1/01/2006, à la suite des élections législatives gagnées par le Hamas. Elle a repris en juillet 2007. Cette suspension a entraîné une profonde déstructuration des institutions palestiniennes que l’Europe avait contribué à mettre sur pieds depuis plus de 10 ans. Pour néanmoins pallier à ces conséquences, il fut mis en place le 16 juin 2006, le Mécanisme International Temporaire (MIT). Il avait pour but de soutenir uniquement la présidence et les notables politiquement acceptables.

Il est à noter que c’est la Palestine qui reçoit la plus importante aide au monde versée par l’UE ( 4 à 5 fois plus que tout autre Etat). Les frais facturés par l’ONU représentent environ 7 % des dépenses effectuées. Il faut aussi savoir que le transfert des fonds sur des comptes chèques passent par les banques israéliennes qui prélèvent leurs agios au passage… Ce qui signifie que les contribuables européens financent les banques et donc le trésor israélien.

C’est aussi un cas unique de constater que les filets de sécurité sociale mis en œuvre dans d’autres pays sort des critères de besoin pour s’appliquer à des interdits politiques.

Le Mécanisme mit en place n’a pas empêché la dégradation accélérée des conditions de vie de la population et n’a pas permis de mettre en œuvre pratiquement et durablement un quelconque projet d’infrastructure ou de développement. Il a également fait le jeu de la radicalisation et des tensions internes qui ont conduit à la scission entre la bande de Gaza et la Cisjordanie. En mettant en place le MIT, l’UE a favorisé l’aide humanitaire au détriment des objectifs politiques à long terme, apportant ainsi un soutien indirecte à la politique israélienne d’occupation et d’annexion des territoires. Avec votre argent…

Communiqué de presse de Véronique De Keyser - Députée européenne belge (PS)

L'Union européenne a une très lourde responsabilité dans la détérioration dramatique de la situation à Gaza déclare l'eurodéputée Véronique De Keyser

 "Il y a des mois qu'à chaque séance plénière les députés européens interpellent Xavier Solana et Benita Ferrero Waldner pour leur demander de reprendre l'aide directe à la Palestine, de reconnaître enfin le gouvernement d'unité nationale, de ne pas exclure du jeu le Hamas et de cesser  jouer un ministre contre un autre, en vain!  Nous les avons pressés, d'agir, car nous savions que le temps était compté, qu'avec ce gouvernement, Mahmoud Abbas jouait sa dernière carte, qu'il fallait faire vite.  Il fallait dialoguer avec les modérés, sous peine de n'avoir plus en face de nous que des extrémistes", déclare l'eurodéputée Véronique De Keyser, qui fut chef de la mission électorale de l'U.E en Palestine en 2OO6, et est l'une des signataires de l'appel des "quarante cinq" au Parlement européen.  Cet appel, qui demandait il y a quelques semaines, la reprise de l'aide directe à la Palestine et la reconnaissance du gouvernement d'unité nationale, amenait également quarante cinq eurodéputés signataires  à parrainer les quarante cinq parlementaires du Conseil législatif palestinien emprisonnés par Israël. Des eurodéputés n'avaient d'ailleurs pas hésité à rencontrer  Ismaïl Haniyeh.

Mais les appels du Parlement européen n'ont jamais été entendus.  Pas plus que le réquisitoire accablant de la Banque mondiale ou le rapport de Soto, Représentant spécial des Nations Unies, qui vient d'être rendu public.  En ne s'écartant jamais du carcan du Quartet, dominé par les Etats-Unis, l'Union Européenne rendait inéluctable la faillite du gouvernement d'unité nationale. Ce gouvernement répondait aux exigences du Quartet, mais il ne pouvait se passer ni de l'aide ni de la légitimité internationale. « Aux Etats-Unis, comme en Israël, comme sur les bancs des extrémistes en Palestine, on guettait sa chute et nous le savions parfaitement. Mais nous avons fait le jeu des extrémistes et précipité la guerre civile » a déclaré la députée qui a appris avec consternation l'annonce du Président Abbas d'une dissolution du gouvernement.

"Si l'avenir de la Palestine est sombre, la crédibilité de l'Europe dans la région l'est encore davantage. Comment pourrons-nous nous placer encore comme les chantres de la démocratie, si nous n'avons respecté ni les résultats sortis des urnes en 2OO6, ni l'autorité d'un gouvernement d'unité nationale qui représentait 98% de l'opinion publique palestinienne et dont nous avons étroitement parrainé la composition? Louis Michel a décidé de suspendre l'aide humanitaire à Gaza. C'est tout aussi dramatique qu'inacceptable. Je réclame le déploiement immédiat d'une force d'interposition internationale." a conclu Véronique de Keyser. ( Bruxelles, le 14 juin 2007)

Comment cela se passe-t-il au parlement européen ?

De 2001 à 2005, une grand nombre de parlementaires étaient opposés à l’aide pour Arafat accusé de corruption. En fait, ce n’est pas Arafat lui-même qui était corrompu, mais il devait répondre à la nécessité de s’assurer des appuis en « arrosant »son entourage. Il s’en ait résulté une exigence de contrôles des fonds européens assortie de mesures plus drastiques que celles en vigueur dans les pays de l’UE…Le commissaire anglais Chris Patten a néanmoins maintenu l’aide pour appuyer Arafat, malgré une campagne anti Fatah qui a perduré pendant quatre années au parlement. C’est ce qui a conduit, par usure, au blocage des fonds lors de l’élection du Hamas.

 ( NDLA : alors que la motivation initiale de la suspension était la corruption et que le Hamas a gagné …grâce à « l’honnêteté » de ses candidats…)

 LES OBJECTIFS DE L’AIDE

C’était la mise en place d’institutions destinées à perdurer pour les ministères palestiniens du futur Etat. Wolfenson*, l’envoyé du quartet a tenté vainement de mettre en œuvre la « feuille de route ». Il a constaté qu’il était utilisé comme un alibi, que la feuille de route était un mythe. Il pensait que le développement économique était une solution pour aboutir à un règlement politique. Il s’est heurté aux « barrages israéliens au propre comme au figuré…( voir ci-dessous…)

Gaza - 25-10-2005 -Wolfenson : Le retrait d'Israël n'est pas vrai - Par IPC  
James Wolfenson, l'envoyé du Quartet international, chargé d'appliquer le plan de désengagement israélien, a critiqué Israël indiquant que: "malgré le retrait israélien de la Bande de Gaza, Israël évitait de déterminer son contrôle sur les villes évacuées de la Bande de Gaza".
Wolfenson a envoyé un message pendant la semaine passée aux ministres des Affaires étrangères du Quartet, disant que Israël "embarrasse" les négociations pour l'ouverture du passage de Rafah.
Le message est comprit dans un rapport sur sa dernière visite au Proche- Orient.
Au début de ce rapport Wolfenson indique qu'il est démoralisé parce que les issues principales n'ont pas été résolues, notamment celles concernant le mouvement libre des palestiniens. Il ajoute que sans ces solutions l'économie palestinienne ne développera jamais.
Le rapport indique aussi qu'Israël a refusé la suggestion présentée par Wolfenson au Quartet et à la Banque internationale, concernant la détermination d'une période limite pour résoudre les issues en suspens en ce qui concerne l'ouverture des passages.
D'autre part, Wolfenson a critiqué l'Autorité Nationale palestinienne, particulièrement en ce qui concerne la crise économique dans leurs régions à cause de l'augmentation des salaires des employées de la section public et le désordre interne.
Il a appelé Israël à commencer des négociations urgentes sur le mouvement des palestiniens, et sur les passages disant que"je suis sur que l'activité économique est la bon solution pour garantir la sécurité pour les deux parties".
De plus, les barrières militaires israéliennes distribuées en Cisjordanie et la nécessité des permissions demandées par les citoyens pour qu'ils puissent se déplacer librement entre les villes, forment un grand obstacle devant le développement économique.
Il convient de dire que, en ce qui concerne les barrières sécuritaires, l'armée israélienne avait stoppé à une des barrières, le premier ministre palestinien Ahmed Qurei pour un heure, car il n'avait pas la permission nécessaire pour passer la barrière, selon le journal d'Yedot Ahranoth.
  Source : www.ipc.gov.ps/

 

Il n’est pas possible de mettre en œuvre des réformes économique dans un Etat qui n’existe pas et ne peut pas exister dans le contexte actuel.

Infrastructures :

Sur ce qui avait été détruit en 2002 : pylônes, eau, énergie, écoles, hôpitaux, nous avons essayé un suivi pour la reconstruction. Ce qui a été possible pour les écoles ne l’est pas pour d’autres questions comme l’eau. Par exemple :  la construction d’une station d’épuration dans le nord de la bande de Gaz ( par l’agence française de développement)

Montant du projet :

12 millions d’euros en subvention

Bénéficiaire :

Autorité Palestinienne

Structure d’exécution :

Palestinian Water Authority (PWA)

Durée du projet :

Mars 2006 – juin 2011

Objectif

La station d’épuration de Beit Lahia, située au nord de la bande de Gaza, reçoit les eaux usées des municipalités de Jabalia, Beit Lahia et Beit Hanoun, soit 190 000 habitants. Conçue pour traiter 5 000 m3/j, elle fonctionne aujourd’hui à près de trois fois sa capacité nominale. Faute d’exutoire les effluents de la station se sont répandus par sur les terrains alentour et ont formé un lac qui couvre aujourd’hui une superficie de 30 hectares.

Malgré des mesures d’urgence entreprises par la Palestinian Water Authority (PWA), la situation est très préoccupante : les capacités de stockage des eaux sont arrivées à leur limite ; une digue de remblai sur l’un des bassins périphériques s’est rompue en avril 2007 causant la mort de plusieurs personnes. La présence d’une étendue d’eaux usées entraîne des odeurs et la prolifération de moustiques et rend la zone insalubre. Enfin, les infiltrations de ces eaux dans la nappe ont entraîné une forte dégradation de sa qualité.

Le projet a un double objectif : prévenir les risques humains, environnementaux et sanitaires induits par les équipements actuels de traitement ; aménager et mettre en service un dispositif d'assainissement couvrant de manière satisfaisante l'ensemble des besoins de la zone nord de Gaza.

 Ce projet est complètement bloqué par Israël : les tuyaux, matériaux nécessaires à sa réalisation pourraient être utilisés par les terroristes pour fabriquer des missiles…

L’occupation, les démolitions et la reconstruction.

« Jamais on ne devrait payer pour reconstruire une maison détruite par l’armée israélienne. Sauf à envoyer la facture au démolisseur. En effet, Israë, paissance occupante, bafoue le droit international, les conventions de Genève, qui interdisent de tels actes. Il faudra donc demander à Israël des réparation pour toutes ces destructions illégales, car il n’est pas légitime de payer pour Israël. Elles ont toutes été enregistrées.

C’est L’UE qui paye aussi le fuel qui entre à Gaza pour alimenter la centrale électrique, et au prix fort à la société DOR, y compris les taxes pour le trésor israélien. Ceci alors que les médias disent souvent : Israël ravitaille à nouveau la centrale…Israël livre le fuel, mais c’est le contribuable européen qui paye…

Pourquoi l’UE donne t-elle de l’argent ?

L’UE donne de l’argent comme substitut à son impuissance politique, pour ne pas être accusée de ne rien faire, pour avoir bonne conscience.

Depuis 2000, l’appui budgétaire se résume à une aide humanitaire pour la sécurité alimentaire, maintenant la survie en ce qui concerne Gaza où le degré de malnutrition de certaines couches sociales est proche de celui des zones du Sahel.

Si l’Europe continue à payer pour cette politique israélienne, pourquoi cette politique ne continuerait-elle pas ?Mais il faut savoir que cette aide ne contribue pas au processus de paix. Le programme d’aide nuit à la reprise des négociations.

De plus, l’édification du mur correspond plus à un objectif économique (étrangler toutes possibilités de développement autonome de la Palestine) que sécuritaire. Il s’agit d’annexer les meilleures terres, s’accaparer la vallée du Jourdain, obliger les habitants à partir.

Sans ressources économique : pas d’ Etat ! »

Accords et négociations.

Depuis Oslo qui prévoyaient une mise en œuvre échelonnée des accords, tout s’est arrêté à la première étape. Il en est toujours ainsi avec Israël : tout accord est échelonné, réversible, conditionnel : on libère des prisonniers que l’on arrête à nouveau, on ouvre des check-points que l’on referme bientôt…Ce sont des faux-semblants.

Exemple : les accords de Rafah en novembre 2005. Les conditions de leur mise en oeuvre n’ont jamais été réunies malgré l’obstination des Américains eux-mêmes… C’est Ha’Aretz qui le dit, pas moi…

Le précédent de Rafah Meron Benvenisti - Ha’aretz (publié le vendredi 18 novembre 2005)

"S’il a fallu aussi impérativement l’intervention personnelle de Condoleeza Rice pour parvenir à un fragile arrangement technique, quelles sont les chances de voir une réelle avancée du processus de paix ?"Le ministre de la Défense, Shaul Mofaz, devait soit déborder d’ironie soit s’abandonner à une bonne dose d’illusion pour qualifier le diktat du « Passage de Rafah » de « nouvelle étape dans la série des dispositions qui fondent la confiance face aux Palestiniens ». Les vingt semaines d’obstination israélienne sur des dispositions dont tout le but était de montrer aux Palestiniens qui était le maître, ont fait sortir de ses gonds même un Juif chaleureux et sage comme James Wolfensohn*. Le ministre de la Défense et ses subordonnés n’ont pas hésité à recourir à divers modes de harcèlement et à porter aux Palestiniens des coups économiques dévastateurs. Maintenant que Condoleeza Rice a décidé de lui démontrer qui était vraiment le maître, Mofaz

s’incline mais essaie d’expliquer sa soumission comme un consentement au besoin américain d’un résultat. Les Palestiniens ne l’intéressent pas ; s’il avait voulu des relations établissant la confiance avec eux, il aurait depuis longtemps approuvé les arrangements de l’accord de Rafah sans les fortes pressions américaines. www.haaretz.co.il/hasite/pages/ShArtPE.jhtml?itemNo=684420

Sur les 100 modifications prévues pour l’application de la feuille de route*, quatorze réserves ont été communiquées aux américains, pas à l’UE.

USA - 30-04-2003
Feuille de route : Texte Intégral - Par Quartet  
Ce nouveau plan de paix a été élaboré par le Quartet, rassemblant les Etats-Unis, l'Union européenne, la Russie et les Nations unies. Ce document, officiellement transmis, le 30 avril, au gouvernement israélien et à l'Autorité palestinienne, constitue, selon les auteurs "un élément crucial des efforts internationaux pour promouvoir une paix globale" dans la région.
Le Quartet présente aujourd'hui au gouvernement d'Israël et à l'Autorité palestinienne une feuille de route pour la réalisation de la vision, partagée par les Etats-Unis, l'Union européenne, la Fédération de Russie et les Nations Unies, de deux Etats, Israël et la Palestine, vivant côte à côte dans la paix et la sécurité. Les membres du Quartet ouvreront avec les parties et avec les acteurs-clés de la région pour l'exécution de cette feuille de route, dans la logique de cette vision. (...)
Le but est un règlement définitif et complet du conflit israélo-palestinien d'ici à 2005, conformément au discours du 24 juin du président Bush, qui reçut l'approbation de l'Union européenne, de la Russie et des Nations unies, exprimée par les déclarations officielles du Quartet, le 15 juillet et le 17 septembre. (...)
Le plan a fixé un calendrier réaliste pour son exécution. Néanmoins, reposant sur des mesures concrètes, sa progression nécessitera et dépendra des efforts de bonne foi faits par les parties, et de leur observation de chacune des obligations exposées ci-dessous

La mise en oeuvre par Weissglas, ne s’est que partiellement opérée qu’après l’évacuation de Gaza, le 20/02/2004, seulement l’ouverture de l’entrée par l’Egypte. La reconstruction et l’ouverture des frontières, du port, de l’aéroport, le passage de 400 camions, n’ont jamais été  réalisés.

Voici par ailleurs ce que pensait ce conseiller de Sharon :

www.haaretz.com/hasen/pages/ShArtVty.jhtml?sw=gideon&itemNo=684258

Cela faisait longtemps qu’on n’avait pas ri comme ça au sein de l’ « équipe Hamas ».

L’équipe que dirige le conseiller du Premier Ministre, Dov Weissglas, et à laquelle participent le chef d’état-major, le chef des Services de la Sécurité Générale (Shabak), des généraux et de hauts fonctionnaires, s’est réunie pour discuter avec la Ministre des Affaires étrangères, Tzipi Livni, des modalités de réponse à la victoire du Hamas aux élections. Tous étaient d’accord sur la nécessité d’imposer un siège économique à l’Autorité Palestinienne et comme d’habitude, c’est Dov Weissglas qui a trouvé le bon mot : « C’est comme un rendez-vous chez la diététicienne. Les Palestiniens vont maigrir comme il faut mais ils ne mourront pas », a plaisanté le conseiller et, selon ce qui a été rapporté, les participants se sont tordus de rire. D’ailleurs, pourquoi ne pas éclater d’un rire sain et libérateur en entendant une aussi heureuse plaisanterie ? Peut-être Dov Weissglas la racontera-t-il à son amie Condoleezza Rice et qu’elle aussi rira bien. Sauf que cette fois le witz de Weissglas était particulièrement vulgaire. Tout comme le rire retentissant qu’il a provoqué, il a une fois encore dévoilé à quel point l’ivresse du pouvoir d’Israël lui fait perdre la raison et altère complètement sa moralité.

Le retrait des colonies créées depuis 2000 n’a jamais eu un seul début d’exécution, en dehors de Gaza, donné comme un os à ronger aux américains, à l’UE, à l’opinion internationale, comme un ulcère dont on se débarrasse. Malgré la feuille de route, Israël relance la colonisation à Jérusalem-Est   - (‘LEMONDE.FR avec AFP et Reuters | 01.06.08 | 19h01 )

La feuille de route devenue lentement caduque a été abandonnée, comme les accords d’Oslo et tous les accords

L’UE considérait cette initiative politique comme positive, à condition que :

-ce soit une étape vers la reconnaissance de deux Etats en Palestine ;

-qu’ il n’y ai pas de déplacement ou la création de nouvelles colonies vers la Cisjordanie ;

-que soit effectué le transfert des responsabilités à l’autorité palestinienne ;

- que Gaza soit reconstruit.

Ces conditions n’ont jamais été respectées, mises en œuvre, et …sont tombées dans l’oubli. Mais les Israéliens, eux , n’oublient pas qu’on les oublie…

 Conséquences de cette attitude ?

Les négociations ne peuvent plus se faire qu’avec une partie des Palestiniens. Il devient très difficile de trouver des Palestiniens qui acceptent de négocier, car qu’ils soient d’un parti ou d’un autre, ils constatent que les accords ne sont jamais concrétisés pratiquement, qu’ils sont toujours remis en cause.

 Le travail des fonctionnaires européens en Palestine et le parlement européen.

Jérusalem - 18-12-2005 - Rapport de l'Union Européenne sur Jérusalem-Est *
Par Responsables de mission à Jérusalem et Ramallah
Les ministres des Affaires étrangères de l'Union européenne ont jugé inopportun de cautionner ou de publier ce rapport accusant Israël de renforcer sa domination sur la ville de Jérusalem-Est, alors qu'en novembre, les chefs de la diplomatie de l'Union européenne avaient indiqué qu'une "analyse détaillée de l'UE concernant Jérusalem-Est annexée" serait "adoptée et rendue publique" le 12 décembre. Voici donc ce rapport si dérangeant !   Jérusalem-Est est d'une importance centrale pour les Palestiniens en termes politiques, économiques, sociaux et religieux.
1. Plusieurs politiques israéliennes liées réduisent la possibilité de conclure un accord de statut final sur Jérusalem, et démontrent une intention claire de la part des Israéliens de transformer l'annexion de Jérusalem-Est en fait accompli.
• le presque achèvement de la barrière autour de Jérusalem-Est, loin de la Ligne Verte,
• la construction et l'expansion des colonies illégales, par des entités privées et le gouvernement israélien, à l'intérieur et autour de Jérusalem-Est;
• la démolition des maisons Palestiniennes construites sans permis (qui sont presque impossibles à obtenir);
• une application plus stricte des règles séparant les Palestiniens habitant à Jérusalem-Est de ceux habitant en Cisjordanie, y compris une réduction des permis de travail;
• une politique d'imposition, de dépenses et de permis de construire discriminatoires par la municipalité de Jérusalem
2. Le plan pour l'expansion de la colonie de Ma'aleh Adumim dans le prétendu secteur "E1", à l'est de Jérusalem, menace d'achever l'encerclement de la ville par des colonies Juives, divisant la Cisjordanie en deux secteurs géographiques séparés.
La prolongation proposée de la barrière de Jérusalem-Est pour former une bulle autour de la colonie de Ma'aleh Adumim aurait le même effet. 2004 a vu presque tripler le nombre de démolitions de bâtiments palestiniens à Jérusalem-Est.
On s'attend à un nombre semblable de démolitions en 2005.
La publication d'ordres de démolition contre 88 maisons dans le quartier Silwan a attiré beaucoup d'attention en juin.
3. Quand la barrière sera terminée, Israël contrôlera l'accès à Jérusalem-Est, la coupant de ses villes satellites palestiniennes que sont Bethlehem et Ramallah, et du reste de la Cisjordanie. Ceci aura des conséquences économiques, sociales et humanitaires graves pour les Palestiniens.
En appliquant rigoureusement des politiques sur la résidence et le statut d'identité, Israël pourra finalement achever l'isolement de Jérusalem-Est - le centre politique, social, commercial et d'infrastructure de la vie palestinienne.
4. Les actions d'Israël à Jérusalem sont en violation de ses engagements envers la Feuille de Route et du droit international. Nous et d'autres parmi la communauté internationale avons été clairs sur nos inquiétudes à de
nombreuses occasions, avec des effets variables.
Les Palestiniens, sans exception, sont profondément alarmés au sujet de Jérusalem Est. Ils craignent qu'Israël "partent avec", sous la couverture du désengagement.
Les actions israéliennes risquent également de radicaliser la population palestinienne jusqu'ici relativement tranquille à Jérusalem Est.
Des déclarations claires de la part de l'Union Européenne et du Quartet pour que Jérusalem reste une question à négocier entre les deux parties, et qu'Israël devrait renoncer aux mesures destinées à anticiper ces négociations, seraient opportunes. Nous devrions également soutenir des activités culturelles, politiques et économiques palestiniennes à Jérusalem Est.

 Ce rapport, entériné par les consuls généraux de l’UE, a reçu une diffusion mais n’a jamais été publié ni adopté, pour ne pas gêner les élections et le processus de paix…Quel hypocrisie !

Le concept de processus, en lui même, signifie qu’Israël par son attitude ne veut pas réellement la Paix mais utiliser ce procédé pour sans cesse rééchelonner les accords.

 Et l’UE, les pays occidentaux en général, culpabilisés par leur sentiment de responsabilité à l’égard de la Shoah qui s’est déroulée en Europe pendant la seconde guerre mondiale, n’osent pas, ne veulent pas dire le respect du droit international, des conventions, des résolutions de l’ONU à Israël, craignant d’être accusés d’antisémitisme par un pays qui a une conduite, à bien des égards, d’épuration ethnique.

Ils disposent pourtant de tous les moyens pour obliger Israël à mettre en œuvre et respecter les accords. Il y manque la volonté politique.

 

Allain Graux
 le 27-06-08

REF :

*- voir le rappel historique de la colonisation et ses conséquences – Allain Graux – http:

*- selon le témoignage d’un fonctionnaire de l’UE qui est resté en poste 3 ans à Jérusalem Est

* -L'UNWRA SALUE UNE DONATION DE 76 MILLIONS DE DOLLARS DE L'UNION EUROPÉENNE
New York, Mar  1 2006  5:00PM

L'agence des Nations Unies pour les réfugiés palestiniens a salué aujourd'hui la donation annoncée par l'Union européenne à ses activités dans le domaine de l'éducation, de la santé, et de l'assistance humanitaire, d'un montant de 76 millions de dollars.
Cette contribution permettra à l'Office de secours et de travaux des Nations Unies pour les réfugiés de Palestine dans le Proche-Orient (<"http://www.un.org/unrwa/index.html">UNWRA de poursuivre sans interruption ses opérations humanitaires d'urgence auprès des réfugiés palestiniens, a déclaré Karen Koning AbuZayd, directrice de l'agence, dans un <" http://www.un.org/unrwa/news/releases/pr-2006/hqg03-06.pdf ">communiqué publié hier à Gaza.
L'UNWRA est présente dans cinq zones d'opération : Bande de Gaza et Cisjordanie, Jordanie, Liban et Syrie.
Selon l'agence des Nations Unies, les contributions de l'Union européenne se sont élevées l'année dernière à 75,5 millions de dollars.

* La feuille de route : http://www.ism-france.org/news/article.php?id=303&type=analyse&lesujet=Initiatives%20de%20Paix

* Rapport de l’UE sur Jéruslem-Est :http://www.ism-france.org/news/article.php?id=3985&type=analyse&lesujet=Rapports

 

 

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Lundi 23 juin 2008

LA REFORME DES INSTITUTIONS

 

Les Français sont des champions en matière de constitution : ils en ont usé douze entre 1791 et 1875 et deux autres depuis la troisième république (mis à part l’épisode de l’Etat français de Pétain). Si la V°, adoptée par référendum régit notre destin national depuis cinquante ans, elle a cependant été modifiée à vingt-trois reprises depuis le 4 octobre 1958.

La Constitution est le fondement du pacte républicain car elle organise l’exercice du pouvoir que les citoyens délèguent à leurs représentants par leurs votes. Pour la réformer on peut utiliser le référendum ou le vote du parlement réuni en Congrès.

Toute modification importante, les choix politiques de société, devraient être soumis au référendum. Ce fût le cas pour l’élection du Président de la République au suffrage universel en 1962 et le quinquennat en 2000.

Le vote par les parlementaires réunis en Congrès est logique pour des dispositions techniques : transcription de directives européennes dans le droit français par exemple.

Des réformes importantes comme :

-          la saisine du Conseil Constitutionnel par l’opposition, (sous Giscard d’Estaing) ;

-          la charte de l’environnement, la responsabilité pénale du président, l’interdiction de la peine de mort (sous Chirac) ;

ont été adoptées par le parlement réuni en Congrès.

 

L’objectif de la réforme Sarkozy est-il important ?  : il s’agit de conduire une réforme en profondeur pour accentuer la présidentialisation du régime, inaugurée par Chirac et Jospin avec le quinquennat et surtout la primauté de l’élection présidentielle sur les élections législatives. En effet, en France ce n’est pas l’exécutif qui dépend du législatif, c’est l’inverse ! Situation unique au monde qui doit donner des cauchemars post-mortem à Montesquieu : c’est le parlement qui doit son élection au président. L’élection des députés représentants de la nation, n’est plus qu’une formalité. Le débat démocratique tourne autour du choix d’un homme ou d’une femme auquel des citoyens éduqués abandonnent pour cinq ans les destinées d’un pays développé. Ce système est en fait une monarchie élective.

Fondé pour concrétiser les orientations du pouvoir, le comité Balladur a établi un rapport de 77 propositions dont la mise en œuvre conduirait à modifier ou créer 41 articles sur les 97 que comptent la Constitution. Ce qui n’est pas rien ! François Fillion n’a retenu que 33 articles dont 28 modifications. Si ce texte devait être adopté, il ne resterait que 31 articles sur les 92 de la Constitution d’origine. En fait, la version du gouvernement à vidé de leur substance les projets les plus démocratiques du comité Balladur. Par exemple, elle est truffée de renvois (sans doute une inspiration du Traité de Lisbonne…), à 7 lois organiques, 4 lois ordinaires et 4 modifications du règlement de l’Assemblée nationale, dont les modalités sont ignorées. Ainsi les parlementaires vont voter sur un texte dont ils ne connaissent pas toutes les dispositions, soit un vote en blanc !!!

 

La logique eut été de renforcer les pouvoirs du parlement. C’est ce que prétend le gouvernement. Qu’en est-il en réalité ?

Le rapport suggère que :

-          c’est le Président « qui définit, détermine la politique de la nation », le premier ministre se contentant de la conduire.

-          l’élément le plus pernicieux réside dans la capacité donnée au chef de l’Etat de se présenter devant les parlementaires, sans que cela donne lieu à un débat et un vote. Cela semble anodin. Cette disposition est cependant contraire au parlementarisme car elle remet en cause l’équilibre des pouvoirs exécutifs et législatifs puisque le Président dispose du droit de dissoudre l’Assemblée Nationale. Et ce droit qui n’existe pas dans le système présidentiel américain n’est pas remis en cause. Ce qui nous ramène à un régime identique à la Russie où les deux pouvoirs, législatifs et exécutifs n’expriment pas deux légitimités distinctes et complémentaires. Il est vain alors d’attendre un rôle quelconque de contre-pouvoir de députés qui se font élire sous la bannière du président qu’ils sont censés contrôler. Leurs nouvelles prérogatives, pour soi-disant rééquilibrer les pouvoirs, ne leur donnent en fait aucune légitimité ni réelle envie de le faire.

 

Pour contrebalancer les pouvoirs déjà exorbitants du Président, il serait nécessaire :

-          d’interdire tout cumul des mandats et les limiter à deux mandats consécutifs dans la même fonction, en particulier entre celle de parlementaire et toute responsabilité locale. Un député est l’élu de la nation, du peuple tout entier et non de son territoire ; il doit développer la recherche de l’intérêt général et non la sauvegarde d’intérêts particuliers ou de clocher.

C’est le sénateur qui représente le territoire ; mais du fait du mode de scrutin (un collège d’élus locaux), la droite est assurée de conserver la majorité des sièges à la chambre haute.

C’est pourquoi deux autres réformes devraient s’imposer :

-          l’élection des députés au scrutin proportionnel (avec éventuellement une disposition majoritaire comme pour les municipales ou les régionales). Cela permettrait la représentation démocratique de toutes les opinions.

-          la suppression du Sénat, anachronisme politique unique en son genre, ou son remplacement par une Assemblée citoyenne représentant les associations, les syndicats qui pourraient soumettre des projets de lois à l’Assemblée Nationale. Il aurait un rôle de contrôle pour l’exercice du droit à l’initiative législative citoyenne, la possibilité pour un certain nombre de citoyens ou des élus locaux, de proposer une loi.

Hélas, hélas, hélas, le non-cumul des mandats et l’introduction d’une dose de proportionnelle ont été retirés du projet Balladur…

En matière constitutionnelle, le sénat à un pouvoir de veto. Pour voter le texte du gouvernement les sénateurs de l’UMP ont affiché leur prix : rendre intouchable un mode d’élection, qui assure une majorité à la droite et leur réélection au Palais du Luxembourg. La droite sénatoriale veut même éviter une modeste loi qui multiplierait le nombre des délégués des conseils municipaux en fonction du nombre d’habitants de la commune.

 

Les droits des citoyens seraient élargis par :

-          la possibilité d’organiser des référendums d’initiative populaire. Fort bien ! Mais il est nécessaire de recueillir l’accord d’1/5 ° des parlementaires et de 10 % des citoyens, soit 4,5 millions d’électeurs. Le temps de les réunir et de vérifier les signatures, une législature se sera écoulée. Et si par miracle on y arrive, il faut que le projet soit déclaré recevable par la majorité du parlement…qui doit donner sa réponse dans le délai d’un an. Mission impossible !!! C’est de l’esbroufe.

-          L’instaurateur du défenseur des libertés : il existe déjà un médiateur.

-          Le droit de saisine du conseil constitutionnel. Ce projet est renvoyé à une loi organique qui n’existe pas encore …

le fameux article 49.3 qui permet au gouvernement de faire un passer à l’Assemblée nationale un texte sans voter. Les députés peuvent déposer une motion de censure, mais pour qu’elle soit adoptée, il faut qu’une partie des élus de la majorité se joignent à l’opposition. Ce ne s’est produit qu’une fois en 50 ans…La proposition de restreindre cette disposition est limitée aux sujets des lois de finances, à la sécurité sociale et un texte par session. Or, en réalité,  cela n’arrive qu’une fois par an …Et les sénateurs y sont opposés…

Les nominations présidentielles : un veto législatif permettrait de s’opposer à la volonté du président, mais les conditions autorisant sa mise en oeuvre sont hors de portés de la minorité parlementaire pour contrecarrer une nomination au conseil constitutionnel : il faudrait convaincre 11 sénateurs et 27 députés de la majorité actuelle, membres des deux commissions des lois…Encore une disposition inopérable !

 

Le tricotage ( ou tripotage ?) des circonscriptions électorales.

Actuellement le gouvernement étudie le redécoupage des circonscriptions. Ce qui était certes rendu nécessaire par l évolution démographique. Mais pourquoi prévoir de porter à 12 les députés représentant les Français de l’étranger dont on sait qu’ils votent majoritairement à droite, sans augmenter le nombre total de députés. Et donc en supprimant certains sièges dans des départements de gauche, la droite s’assure avant tout scrutin, un matelas d’une trentaine de circonscriptions…

L’article 25 ainsi rédigé :  « Pour assurer le respect de l’égalité du suffrage, la loi organique fixe les conditions dans lesquelles une commission indépendante, dont elle détermine la composition, rend un avis public sur les projets de loi tendant, pour une durée de dix ans, à délimiter les circonscriptions dans lesquelles sont élus les députés ou les sénateurs et à répartir les sièges entre ces dernières »

permettra de fixer la majorité présidentielle pour les 10 ans à venir. !!!

 

Quelques dispositions apporteraient un progrès démocratique sur la situation existante, comme :

-                      l’information du parlement sur les opérations militaires.

-                      des dispositions sur la cour des comptes, pour évaluer les politiques publiques, l’augmentation du nombre des commissions (de 6 à 8), le droit de résolution sur tous les sujets, la fin de la présidence du Conseil Supérieur de la magistrature par le Président,

-                      La limitation à deux mandats présidentiels consécutifs.

-                      La fixation de la taille du Gouvernement qui apparaît plus comme un gadget que comme un progrès démocratique. Mais pourquoi pas ?

-                      L’interdiction du droit de grâce à titre collectif..

-                      L’encadrement de l’article 16 (pouvoirs exceptionnels) ; il est vrai qu’avec l’extension de ses pouvoirs le chef de l’Etat n’a plus besoin de pouvoirs exceptionnels…

-                      et diverses aménagements de la procédure réglementaire du parlement.

 

Le projet Balladur, bien qu’insuffisant, comportait un certain équilibre en comparaison des propositions Fillion-Sarkozy. Elles apparaissent comme bancales dans leur mauvaise imitation de certaines dispositions empruntées à la république étatsusienne, mais comportent une véritable cohérence quant à leurs objectifs :

-                      renforcer le pouvoir présidentiel ;

-                s’orienter vers le bipartisme en niant l’expression représentative d’une large partie de l’opinion et des parlementaires

 

Il est possible de faire échouer ce coup de force, comme il était possible de faire échouer le vote du traité de Lisbonne, si tous les parlementaires de Gauche s’opposent à ce projet liberticide, en votant Non au parlement réuni en Congrès en plein mois de juillet, en période de vacances…, car pour modifier la Constitution il est nécessaire de réunir la majorité des 3/5°.

 

Une VI° République, sociale et démocratique.

 

Le parlement doit retrouver sa légitimité et son rôle de souverain. Tous les pouvoirs ne doivent pas être confiés à un seul. L’équilibre et la séparation des pouvoirs doivent-être respectés, la diversité des opinions, équitablement représentée à l’Assemblée nationale.

Les citoyens doivent pouvoir participer aux choix décisifs de notre société : les traités internationaux - comme celui de l’Europe-, la guerre, l’eau, l’énergie nucléaire, les services publics de la santé, de l’éducation, des transports publics, les OGM, les médias publics, le droit de vote des résidents étrangers…

Les citoyens doivent le rester en franchissant la porte des entreprises et non devenir des sujets livrés aux puissances d’argent. La représentation syndicale exprimée et garantie par le vote des salariés.

« Cette démarche implique une refondation républicaine de la démocratie. L'intérêt général doit s'imposer par l'intervention d'une société mobilisée et de citoyens motivés. Ce choix de société s'oppose au modèle de la « démocratie » libérale ne reconnaissant que l'arbitrage entre intérêts particuliers. Il s'oppose aussi aux nationalismes et aux communautarismes qui nient l’existence même d’un intérêt général. »

Revenons à Condorcet et au fondement de notre République ; avec l’Egalité sociale, Condorcet défend une idée complète et moderne de la République.

« L’esprit actuel de la nation française est l’amour de l’égalité et l’indépendance personnelle, la haine de toute autorité qui présente la moindre apparence d’arbitraire et de perpétuité, le désir de toutes les institutions nouvelles pour favoriser les classes les plus pauvres et les plus nombreuses, et celui de fraterniser avec les hommes de tous les pays qui aiment la liberté, ou qui veulent la recouvrer.»

 

En France, le processus constituant doit solder le déni démocratique de la Ve République. face à la personnalisation outrancière du pouvoir, la VIe République doit rendre au peuple sa souveraineté.

« Mais la souveraineté du peuple ne doit pas s’exprimer lors de l’élection des représentants pour s’éclipser  ensuite quand ils gouvernent. La refondation républicaine du pays suppose que l’intervention populaire se poursuive et se conjugue avec le gouvernement, grâce à de nouveaux processus permettant d’associer la population à la définition du bien commun. Pour que les citoyens soient partie prenante de la définition des objectifs prioritaires de la Nation, le  travail législatif doit être préparé et accompagné par la présentation publique et la discussion argumentée des principales lois dans des ateliers civiques, dont le cadre d’organisation pourrait être les circonscriptions électorales. )

« Le projet républicain appelle nécessairement la REPUBLIQUE SOCIALE. Elle peut et doit servir de socle à la formulation d’un grand projet alternatif global qui recouvre la nature et le fonctionnement des institutions, un ordre public social, le renouveau des Services publics, le développement de l’Etat-protecteur, d’une véritable propriété sociale, la construction d’une nouvelle synthèse entre l’identité nationale et l’internationalisme. »

(Le manifeste de PRS)

 

Allain GRAUX

le 22 juin 2008

- Publié dans : politique
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Mercredi 14 mai 2008
                                                  PALESTINE-ISRAEL

En ce jour anniversaire de la naissance de l'Etat juif, Israël, en refusant de reconnaître le droit des Palestiniens à un
Etat fiable, en pratiquant une politique de conquête et d’inexorable colonisation, annexe de fait une Palestine réduite
à des cantons sans continuité territoriale.
De façon paradoxale, c’est remettre en cause, à terme, par la simple démographie, l’existence de l’Etat juif, ojectif
du sionisme…
En effet, d’ici quelques années, les palestiniens seront plus nombreux que les populations juives.
L’histoire démontre que dans une telle situation (par exemple, l’Afrique du Sud ),face à la résistance populaire, l’Etat
ne pourra pas éternellement imposer un régime discriminatoire, d’apartheid, à l’égard de la majorité de la population
arabe vivant dans une Palestine qui ne sera jamais de ce fait le Grand Israël.

  Le 13 mai 2008 

I – ALIYA : la montée, de la colonisation juive de la Palestine

135 - Dispersion des Hébreux de Palestine consécutive à l’écrasement par les Romains de la révolte de Bar Kokhba. Seules subsistent de petites communautés juives à Jérusalem, Safed, Tibériade et Hébron qui vivent de la charité ( Halouhka) des Juifs du monde. Elles se renforcent :
-                      au XV ° s. de l’expulsion des Juifs d’Espagne, puis du Portugal ; une partie s’expatrie à Istanbul.
1835 - la Palestine n’abrite que 10 000 Juifs.
En premier, C'est Napoléon Bonaparte qui appelle les juifs à rétablir l’ancienne Jérusalem. Il sera relayé par son neveu Napoléon III, les Saint-Simonien, Lord Byron, Disraéli.
1880 - Ils sont 25 000 au milieu de 500 000 Palestiniens Arabes.
1882 à 1903 - le Russe Léon Pinsker (l’auto-émancipation 1882), inspire les amants de Sion, livre qui va provoquer la première aliya, la venue de 20 à 30 000 juifs en provenance essentiellement de Russie où ils sont victimes de pogroms. Des entreprises agricoles s’ajoutent aux dix-neuf colonies crées par Edmond de Rothschild. Des bourgeois investissent dans les agrumes.
Mais c’est le journaliste viennois Théodore Herzl qui donne au mouvement une théorie et une organisation au mouvement sioniste, avec l’achat de terres par le Fonds National Juif.
Quatre hypothèse fondent le sionisme :
-                      l’existence d’un peuple juif ;
-                      l’impossibilité de son assimilation par les sociétés où il vit ; (ce qui est contestable).
-                      son droit sur la terre promise ;
-                      l’inexistence sur cette terre d’un autre peuple qui aurait aussi des droits...
1903 à 1914 - Seconde aliya, russe et socialiste qui apporte 35 à 40 000 nouveaux immigrants. Tel Aviv surgit de terre. La langue hébreu ressuscite. Des Juifs yéménites remplacent les ouvriers agricoles arabes dans les entreprises agricoles. Dans les Kibboutz - dont le premier a été fondé en 1911 à Degania - seule la main d’oeuvre juive est autorisée.
1914 - 80 000 Juifs vivent maintenant en Palestine, alors que deux à trois millions ont quitté la Russie et la Pologne pour les Etats-Unis et l’Europe occidentale.
1917 - Lord Balfour,ministre britannique des affaires étrangères, annonce à Lord Rothschild, que le gouvernement de sa majesté envisage favorablement l’établissement en Palestine d’un foyer national pour le peuple juif . Arthur Koestler écrira : « une nation a solennellement promis à une seconde le territoire d’une troisième... » La Grande-Bretagne n’agit pas par sympathie pour le peuple juif, mais parce qu’elle redoute l’emprise de la France près des lignes de communication (Suez) avec son empire et compenser les concessions faites par Sykes au Français Picot en 1916, dans les négociations sur le partage de l’empire Ottoman qui prévoyaient l’internationalisation de la Palestine.
1919 à 1923 - La troisième aliya entraîne l’arrivée de 35 000 colons venus d’URSS, Pologne, Pays Baltes.
Les fellahs, paysans palestiniens, représentent 60 % de la population active et un tiers ne possède aucune propriété ; ils sont employés sur les domaines agricoles de riches propriétaires (10%). L’achat de ces exploitations par les Colons juifs entraînent le chômage pour ces ouvriers agricoles.
L’industrie manufacturière palestinienne se développe, des classes moyennes s’affirment dans les villes qui restent modestes, la vie politique et intellectuelle est en plein essor, avec la naissance d’une presse. Vous avez dit désert ? ...
1920 - Les accords Sykes-Picot de 1916 sont modifiés de fait par les révolutions russe et turque, et entérinés lors de la conférence de San Remo en avril, puis le traité de Sèvres en août, et ratifiés par la société des Nations en 1922. Ils attribuent à la France le mandat sur la Syrie et le Liban (province syrienne détachée par la France), à la Grande-Bretagne : la Palestine, la Jordanie actuelle, l’Irak, l’influence sur l’Iran. La région de Mossoul (Irak kurde), attribuée à la France sera rétrocédée aux Anglais contre des actions dans les puits de pétrole...
Les Etats arabes devaient initialement former une confédération, la péninsule arabique devenir indépendante et un Kurdistan devait -être créé.
On sait ce qu’il est advenu de ces projets et promesses non tenues, de ces découpages coloniaux... Ils contenaient les germes de la seconde guerre mondiale, et au-delà des conflits qui ensanglantent encore le Moyen-Orient...
1924 à 1931 - Quatrième aliya : 82 000 Juifs des classes moyennes des Balkans et du Moyen-Orient, gagnent la terre promise.
L’opposition au projet sioniste se développe dans les milieux arabes qui réclament la formation d’un gouvernement national responsable devant un parlement élu par tous ceux qui résidaient en Palestine avant la guerre, musulmans, chrétiens et juifs...Mais ce sont les sionistes qui s’organisent ; les milices juives de la Haganah sont fondées en 1920. Le Yishow* impose la langue hébraïque au détriment du Yddish et s’organise politiquement. Les Britanniques autorisent la création du Vaad Leumi, le Conseil national Juif.
1929 : la première révolte arabe éclate à Jérusalem, pour le contrôle des lieux saints. Elle s’étend. A Hébron 80 juifs sont massacrés, bien que de nombreuses familles soient sauvées par des musulmans avec lesquelles ils vivaient en paix depuis des générations.
Fin 1931, 175 000 Juifs représentent 17,7 % de la population palestinienne.
1932-1939 - Les persécutions des juifs en Allemagne, avec la victoire du nazisme, vont provoquer l’immigration de 247 000 personnes. Ce qui porte la population juive de Palestine à 429 605 habitants, soit 28 % de la population totale. Malgré le blocus britannique, 118 338 autres rescapés les rejoindront jusqu’à l’indépendance.
 15 avril 1936 – Le Haut Comité arabe présidé par Amine el Husseini lance la grève générale qui va durer 170 jours. Il regroupe tous les partis politiques palestiniens. Les actions de guérilla se multiplient. Les souverains des royaumes arabes appellent à « faire confiance aux bonnes intentions de notre amie la Grande Bretagne.. »
7 juillet 1937 – le rapport Peel propose la partition de la Palestine en deux Etats devant accéder à l’indépendance, mais Jérusalem et sa région restant sous mandat britannique. Il conseille un échange de population : 225 000 Arabes passeront de l’entité juive à l’entité arabe, alors que 1 250 juifs feront le trajet inverse ! « Si cette offre généreuse n’est pas acceptée par les Arabes, elle leur sera imposée... »
La Grande-Bretagne, après avoir longtemps favorisé le sionisme, avait limité l’émigration juive, restreint l’achat de terres, soucieuse de se concilier les Arabes à la veille de la guerre contre les forces de l’Axe. Londres proposait dans un livre blanc, dans les dix ans, la perspective d’un Etat unitaire avec un tiers de Juifs...Cela va engendrer le terrorisme des extrémistes juifs de l’Irgoun et du groupe Stern, exercé autant contre les Arabes que contre les forces occupantes britanniques. L’attentat contre l’Hôtel King David le 22 juillet 1946 fera plus de cent morts. 
29 novembre 1947 – Un Plan de partage est voté par l’assemblée générale des Nations Unies : la Résolution 181 qui délimitait un Etat Juif, un Etat Arabe et une zone sous régime international particulier. Il est adopté par 33 voix contre 13 et 10 abstentions. Le gouvernement américain s’est déclaré favorable au dernier moment sous la pression juive.
L’Etat arabe : 11 500 km2pour 804 000 Arabes et 10 000 Juifs.
L’Etat Juif    : 14 000 km2 pour 558 000 Juifs et 405 000 Arabes.
La zone internationale : Jérusalem et Bethléem avec 10 000 Juifs et 106 000 Arabes.
Les Juifs obtiennent 56,5 % d’un territoire dont ils ne possèdent que 7 % des terres et dont ils ne représentent que 32 % de la population. Inacceptable pour les Arabes dont les Etats se préparent à la guerre. Une guerre qui sévit déjà avant même le départ des Anglais entre les groupes armés Juifs et Palestiniens pour la conquête de Jérusalem.
Le 9 avril 1948, 120 hommes de l’Irgoun et du Lehi, interprètent les ordres de la Haganah de reprendre les villages palestiniens qui dominent la route Tel-Aviv Jérusalem, donnent l’assaut à Deir Yassine, petit village dont les habitants (254) seront massacrés (hommes, femmes et enfants) et exterminés à l’arme blanche par les troupes commandées par Menahem Begin et Itzhak Shamir, futurs chefs de l’Etat d’ Israël. Les villageois ont été délibérément sacrifiés pour développer la terreur, accélérer l’exode des Arabes et leur prendre le plus de terres possible.
Dès quelques 800 000 Arabes qui vivaient sur le territoire actuel de l’Etat d’Israël, seuls 160 000 sont encore là. (Menahem Begin).
4 mai 1948 La Légion arabe de Jordanie, qui ne devait pas pénétrer sur les territoires attribués aux Juifs selon un accord secret conclu entre Golda Meir et Le roi Abdallah de Transjordanie, attaque le Kibboutz de Kfar Etzion. Elle est repoussée mais revient donner l’assaut final le 12 mai. Seuls trois Kibboutzim seront sauvés par les soldats de la Légion et survivront aux représailles commises par les villageois arabes.
Le 12 mai - La Haganah, s’empare de Tibériade, Haïfa , Safed, Jaffa, deux jours avant la proclamation de l’indépendance.
14 mai 1948 - proclamation de l’Etat d’Israël qui compte 650 000 résidents Juifs, un tiers de la population vivant sur le territoire palestinien. Ce nombre va quintupler pendant les 25 années suivantes. Les origines seront différentes : jusqu’aux années 1970, ce seront des Juifs venus d’Afrique du Nord, d’Afrique, d’Asie. Puis ce seront des Juifs venus d’URSS avec une apogée en 1979.
15 mai 1948 les armées arabes pénètrent en Palestine et dans un premier temps manquent de faire basculer le cours des combats. La guerre se prolongera, entrecoupée de trêves jusqu‘au 6 janvier 1949.
Devenues Tsahal, les forces juives, bénéficiant d’un commandement unique, achetant des armes en occident, jouissant de l’aide de l’URSS (par calcul pour évincer la Grande-Bretagne de la région), l’emportent sur des forces arabes qui agissent sans véritable coordination. Soumises aux rivalités des souverains hachémites et des différents dirigeants, elles sont aussi trahies par le roi Abdallah de Transjordanie.
Avec les accords d’armistice, Israël s’agrandit d’un tiers, passant de 14 000 à 21 000 km2. L’Etat arabe n’a pas vu le jour, Israël et la Transjordanie se sont partagés la Cisjordanie, Gaza tombant sous la tutelle de l’Egypte ( le 24 avril 1950 ).                                                                                                                                    
           800 000 Palestiniens ont dû quitter leurs foyers.
Selon les nouveaux historiens israéliens*, cet exode fut le résultat d’une politique systématique d’expulsion, de destruction des habitations et de colonisation par des immigrants Juifs, 369 villages ont été vidés de leur population....
 « à aucun moment, les dirigeants arabes n’ont publié un appel général aux arabes de Palestine à quitte leur maison et leur village (...).Pas plus qu’il n’y eut de campagne à la radio ou dans la presse ordonnant aux Palestiniens de fuir. »
·                     Be- Benny Morris (1948 and after. Israel and the Palestinians, Clarendon press, Oxford 1990 – The Birth of the PaPalestinian Refugee problem, 1987)
·                     Ila- Ilan Pappé ( La guerre de Palestine )
La loi sur les propriétés abandonnées rend possible la saisie des biens de toute personne absente...
 
 
1986 à 2002 - 900 000 nouveaux citoyens d’origine russe ont immigrés en Israël, aidés fortement par des pécules de 6 000 € à chacun, des prêts immobiliers. Un tiers d’entre eux n’ont absolument aucun lien avec le judaïsme. Ces juifs peu religieux, avec les 250 000 travailleurs non juifs, importés d’Europe de l’Est, d’Asie, d’Afrique, pour remplacer les Palestiniens empêchés de venir travailler en Israël, constituent une menace pour le caractère ethnique de l’Etat juif...
Qui est Juif ? selon la Cour Suprême Israélienne, c’est celui qui est né d’une mère juive, ou s’est converti au judaïsme et n’appartient pas à une autre religion. Mais comment définit-on une mère juive ? Où classer les athées ?
Chehata Haroun était Egyptien, Juif et communiste. Il refusa d’émigrer en Israël. Sur sa tombe on a lu ces quelque lignes :
« Chaque être humain a plusieurs identités, Je suis un être humain. Je suis Egyptien lorsque les Egyptiens sont opprimés. Je suis noir lorsque les noirs sont opprimés. Je suis Juif lorsque les Juifs sont opprimés et je suis Palestinien lorsque les Palestiniens sont opprimés. »
 
II – Chronologie
1951 - Israël refuse le plan de paix de l’ONU, accepté par l’Egypte, la Syrie, le Liban, la Jordanie.
1952 - Le 23 juillet les « officiers libres » renversent le roi Farouk d’Egypte. Deux ans plus tard Gamal Abdel Nasser accède au pouvoir.
28 février 1955 - Attaque israélienne contre Gaza.
Octobre - Novembre 1956 - Intervention de la France, de la Grande Bretagne et d’Israël contre l’Egypte à la suite de la nationalisation du canal de Suez. C’est l’opération Kadesh...La pression conjointe des Etats-Unis et de l’URSS obligeront les agresseurs à se retirer. C’était la première occupation du Sinaï et de Gaza par Israël.
La Syrie renforce son alliance avec Moscou, suivie par L’Irak et l’Egypte. Liban et Jordanie échappent à cette évolution des alliances grâce à ...un débarquement de marines américains à Beyrouth et des anglais à Aman.
14 juillet 1958 - Renversement de la monarchie irakienne par Abdel Karim Kassem.
Octobre 1959 - 1° Congrès du Fatah (Mouvement de Libération de la Palestine) au Koweit.
Mars 1963 - Le parti Baas prend le pouvoir en Syrie.
Janvier 1964 - présentation du plan Bourguiba pour la paix en Palestine.
29 mai           - Création de l’Organisation de Libération de la Palestine.
1° janvier1965 - première action du Fatah contre Israël.
5 juin 1967 - Israël attaque l’Egypte, la Syrie et la Jordanie. Lors de cette guerre des six jours, Israël occupe le Sinaï, La Cisjordanie, Gaza, le Golan. La colonisation commence immédiatement.
Si la guerre met fin aux espérances d’unité arabe, elle assure le contrôle de l’OLP et du Fatah sur le destin des Palestiniens.
            *voir le chapitre Mythes sur le mensonge de la guerre préventive.
22 novembre - le Conseil de Sécurité adopte la résolution 242 à laquelle il sera souvent fait référence. Elle fait du droit à « l’existence et à la sécurité d’Israël », mais aussi du « retrait des forces armées des territoires occupés », les conditions d’une paix durable.
Février 1969 - Yasser Arafat devient président du Comité exécutif de l’OLP.
Septembre 1970 Septembre noir : l’armée jordanienne écrase les milices palestiniennes à Aman et fait des milliers de victimes civiles.
C’est suite au Plan américain Rogers - qui reprend la résolution 242 - acceptée par l’Egypte et la Jordanie, que les difficiles relations avec le roi Hussein s’enveniment. Le FPLP de Georges Habache (suspendu des instances de l’OLP) détourne trois avions pour provoquer l’affrontement et espérer prendre le pouvoir en Jordanie.
La direction de la résistance palestinienne, expulsée, s’installe au Liban en 1971.
5-6 septembre 1972 - Assassinat d’athlètes israéliens aux jeux olympiques de Munich par un commando de l’organisation septembre noir. Cette action va contribuer à identifier durablement la résistance palestinienne au Terrorisme. Septembre noir disparaîtra en 1973, après la guerre du Kippour.
6 octobre 1973 - Offensive des troupes égyptiennes et Syriennes pour reconquérir les territoires occupés. Cette quatrième guerre est déclenchée par le nouveau Président égyptien Anouar el Sadate, suite aux différents refus israéliens : la résolution 242, le plan Rogers, le plan de paix dans lequel Sadate lui-même proposait d’échanger les territoires occupés contre une reconnaissance formelle d’Israël et le retour des réfugiés, contre la liberté de circulation sur le canal de Suez, ni la proposition Brejnev-Nixon de mai 1972.
Sadate a arrêté l’offensive dans le Sinaï, Ariel Sharon, outrepassant les ordres en profite pour filer vers Suez. Le Koweit déclare l’embargo. La guerre du pétrole provoquera la crise économique du monde occidental.
Le 22, la résolution 338 est acceptée par l’Egypte et Israël qui ... poursuit sa contre-offensive. Il faudra la menace soviétique d’envoyer des troupes pour ramener Israël à la raison.
Il faudra de longues années à Sadate pour réussir l’objectif qu’il s’était fixé de récupérer la souveraineté sur le Sinaï. Les 21 et 22 décembre la Conférence de Genève échoue et ne se réveillera qu’en 1974 pour aboutir à l’accord de désengagement Syro-isrélien. La politique américaine, à laquelle s’est rallié Sadate, progresse à petits pas :
-                      convention de désengagement du canal en janvier 74 ;
-                      1° sept.75, premier accord global : Israël se retire à 50 kilomètres du canal et restitue les puits de pétrole. L’Egypte rouvre le canal de Suez aux navires israéliens.
 
-     1974 - Yitzhak Rabin (יצחק רבין) devient le cinquième premier ministre d'Israël ; de 1974 à 1977 puis à nouveau de 1992 jusqu'à son assassinat par un extrémiste juif le 4 novembre 1995 à Tel - Aviv . Il est à Jérusalem le 1er mars 1922.
Après une carrière dans l'armée israélienne au sein de laquelle il atteint le grade de général, il se lance dans une carrière politique. Il reçoit le Prix Nobel de la paix en 1994, notamment pour son rôle actif dans la signature des Accords d'Oslo en 1993.-     
-                      19 novembre 1977, Sadate se rend à Jérusalem mais il ne réussit pas à convaincre Begin, le nouveau premier ministre.
-                      14 mars 1978 - Israël envahit le Sud du Liban
-                      17 sept.78 à Camp David : signature de deux accords-cadres qui aboutiront seulement le 26 mars 1979 à la signature d’un traité de paix entre Israël et l’Egypte, et c’est seulement
-                      le 25 avril 1982, après avoir démantelé ses colonies, qu’Israël se retire du Sinaï, sauf pour Taba qui sera récupéré en 89.Gaza et la Cisjordanie attendent toujours pour la résolution du deuxième texte de l’accord...territoires sur lesquels les implantations juives vont continuer. Begin refuse l’autonomie promise aux territoires occupées par l’accord signé avec l’Egypte. L’OLP, représentant reconnu par L’ONU le 13 nov.74, étant écartée des négociations...bien qu’elle est acceptée, le 20 mars 77, l’idée d’un Etat palestinien indépendant édifié sur une partie de la Palestine, ce qui implicitement équivaut à une reconnaissance d’Israël.
-                      6 octobre 1981 - Assassinat du Président Sadate.
-                      6 juin 1982 - Invasion du Liban par Tsahal et siège de Beyrouth.
-                      14-18 septembre - Massacres des Palestiniens vivant dans les camps de Sabra et Chatila.
-                      Décembre 1987 - Première Intifada (révolte des pierres).
-                      12-15 novembre 1988 – L’OLP proclame l’Etat de Palestine, à la 19° session du Conseil national à Alger. Elle reconnaît les résolutions 181 et 242 de l’ONU et réaffirme sa condamnation du terrorisme.
-                      30 octobre 1991 - Conférence de Madrid. Premières négociations entre Israël, les Etats arabes voisins et les Palestiniens ...dans le cadre d’une délégation jordanienne.
-                      9-10 septembre 1993 - Israël et l’OLP se reconnaissent.
-                      Le 13 septembre à la Maison Blanche, Rabin et Arafat signent la Déclaration de principes sur les arrangements intérimaires d’autonomie : les accords d’Oslo.
 
 
Un accord devait être signé le 13 décembre sur le retrait des troupes israéliennes de Gaza et de Jéricho, lequel aurait dû être achevé le 13 avril 1994. Les questions portant sur les colonies, Jérusalem, les emplacements militaires, l’eau, les réfugiés et les frontières, sont reportées aux discussions finales qui devraient avoir lieu au bout de trois ans.
Les retards dans l’application seront importants. La période d’autonomie doit s’achever le 4 mai 1999.
           Rabin, Clinton et Arafat 
 
-     1994 - Accords de Paris le 29 février et du 4 mai au Caire entre Arafat et Rabin sur les questions économiques et les modalités d’application des accords. Le 14 octobre, Arafat, Shimon Pérès et Itzhak Rabin reçoivent le prix Nobel de la Paix. Le 26 octobre, la Jordanie et Israël signent un traité de Paix.
-                      1995 - Le 28 septembre : signature des accords de Taba dit OSLO II à Washington.
Ils définissent l’échéancier et les conditions de l’entrée en vigueur de l’autonomie. Outre l’organisation des pouvoirs, ils divisent la Cisjordanie en trois zones avec des statuts d’occupation différents. La zone C couvre les colonies qui sont reliées entre elles par des routes de contournement ; elle représente 73 % de la Cisjordanie et reste sous l’autorité israélienne...En 2000, elle couvre encore 59 % des territoires palestiniens.
Le 4 novembre Itzhak Rabin est assassiné...par un étudiant israélien.
       Israël se retire des villes palestiniennes sauf Hébron.
-                      1996 - 20 janvier, Yasser Arafat est élu Président de l’Autorité palestinienne.
Février-mars, en représailles à l’assassinat de l’ingénieur Yehia Ayache, par les services israéliens, le Hamas organise une série d’attentats qui font plus de 100 morts. Shimon Pérès est déstabilisé.
24 avril, le Conseil National palestinien, élimine de sa charte tous les articles mettant en cause le droit à l’existence de l’Etat d’Israël.
5 mai, séance inaugurale des négociations sur le statut final. Les discussions ne commenceront réellement que quatre ans plus tard en raison de la victoire de la droite aux élections israéliennes. Elles échoueront à Taba.
Netanyahou et sa coalition de droite extrême remporte les élections le 29 mai. En septembre, il permet l’ouverture d’un tunnel sous l’esplanade des mosquées à Jérusalem. Cette provocation provoque des violences et la mort de 76 Palestiniens.
-                      1999 - Le 4 mai, Le Conseil central de l’OLP accepte de reporter la déclaration d’indépendance.
                  Le 17 mai, Ehoud Barak, candidat du parti travailliste israélien est élu premier ministre.
-                      2000 - Retrait du Liban-Sud.
                 11 au 24 juillet, échec des négociations de Camp David entre Clinton, Arafat et Barak.
     Le 28 septembre, Ariel Sharon organise une provocation sur l’esplanades des mosquées pour mettre Barak en difficulté à la veille des élections législatives.
     C’est le début de la deuxième Intifada. Elle durera jusqu’en 2005 et fera 1 000 victimes israéliennes et 4 500 du côté palestinien.
-                      2001 - 21/27 janvier, les pourparlers de Taba échouent alors que l’accord était presque conclu.
                  Le 6 février Sharon est élu premier ministre.
                  Le 17 avril,  intervention de l’armée israélienne à Gaza suivie d’un attentat à Tel-Aviv le1° juin 
- 11 septembre 2001 - attaques terroristes d’El Q’aida contre New-York et Washington. Aucun rapport direct avec la    résistance palestinienne.
Le 16 décembre Yasser Arafat appelle à l’arrêt des opérations militaires à l’intérieur d’Israël. Trois semaines plus tard, Raed Al Karmi, responsable des brigades Al Aqsa, proches du Fatah, est assassiné...C’est le cycle infernal des attentats et des représailles qui reprend .
- 2002 - Opération « Remparts » de l’armée Israélienne en mars-avril. Dès lors l’armée organise la destruction systématique de toutes les infrastructures de l’autorité palestinienne malgré les propositions pour la paix : résolution 1397 du Conseil de Sécurité de l’ONU, plan saoudien. En septembre, au contraire Sharon dénonce les accords d’Oslo : « C’est la plus grande catastrophe qui soit jamais arrivée à Israël. »
Le choix de Sharon : Liquider l’Autorité palestinienne, même si elle a condamné les attentats suicides, alors que les commanditaires, le Hamas et le Djihad ne sont pas mentionnés.
Sa solution : quelques bantoustans palestiniens sans souveraineté, enserrés dans le réseau des colonies juives qui n’ont pas cessé de s’étendre depuis Oslo.
La solution finale : Le transfert des Palestiniens. Depuis sa victoire de 2001, il n’a pas cessé de répéter : « la guerre d’indépendance de 1948 n’est pas achevée ». Comme Israël existe et domine largement ses voisins, cette phrase confirme sa volonté de parachever l’expulsion commencée par la terreur des actes terroristes de l’Irgoun, prolongée pendant la guerre de 48/49, puis à de multiples occasions dans ses divers commandements et responsabilités.* (Lire au sujet de Sharon : les 100 clés du Proche-Orient d’Alain Gresh et Dominique Vidal).
Réservée hier à l’extrême droite, l’idée du transfert a progressé dans une opinion israélienne traumatisée à cette époque, à juste titre, par les attentats contre les civils. Les colons aidés par l’armée, emploient tous les moyens possibles d’humiliations, de persécutions quotidiennes pour pousser les Palestiniens à partir.
Un conflit régional pourrait créer des conditions favorables à un transfert massif. On peut mesurer à l’aune de cette hypothèse un aspect de la véritable signification de la guerre du Liban déclenchée par Olmert, successeur de Sharon, et les tentatives pour y entraîner la Syrie...
La tentation du transfert reste présente dans l’esprit de certains dirigeants en raison de la situation démographique du Grand Israël qui d’ici à 2010 comprendra une majorité de Palestiniens arabes.
L’idée en avait été exprimée par Ben Gourion dès le XX° congrès sioniste du 20 Août 1937 :
« la puissance croissante du [peuplement juif de Palestine] accroîtra également notre capacité à mettre à exécution un transfert massif ... se souvenir que cette démarche s’appuie sur une idée humaniste et sioniste importante : transférer une partie d’un peuple dan sa propre patrie et peupler des territoires inhabités [dans les pays arabes]... »
« On ne peut pas comprendre ce qui s’est passé cette année là, y compris l’expulsion massive des populations et le refus du retour des réfugiés sans comprendre également la pensée fondamentale des dirigeants du Yichouv*, où l’idée du transfert occupait une position centrale. (Benny Morris)
De mars à juillet – attentats et interventions militaires : à Ramallah, siège de l’autorité, 52 morts palestiniens et 23 israéliens dans le camp de réfugiés de Jénine, siège de l’église de Bethléem, le 19 juin, opération voie ferme.
En juin, appel et pétition de 55 personnalités palestiniennes contre les opérations contre les civils, suite à un attentat suicide qui a tué 19 israéliens.
Juillet 2002 – Le gouvernement israélien construit un mur de séparation entre la Cisjordanie et Israël.*
Le 19 août – l’accord « Gaza d’abord » est conclu entre l’autorité et Israël, sur la fin des attentats contre le retrait partiel de l’armée. il ne sera jamais appliqué...
Le 6 septembre Sharon annonce que les accords d’Oslo n’existent plus, l’armée poursuit l’occupation de toutes les villes de Cisjordanie.
2003 - Le 28 janvier, Sharon gagne les élections législatives.
         - Mars - Avril - Intervention de la coalition américaine en Irak. Sadam Hussein est renversé, l’Irak est occupée.
         - 1° décembre - Accord de Genève entre pacifistes israéliens et palestiniens. Il définit les conditions d’une paix juste et durable. * ( lire le Monde diplomatique de décembre 2003)
2004 – Le 29 juin, le gouvernement israélien présente un plan d’évacuation de Gaza. La Bande de Gaza ne représente que 6 % des territoires occupés, avec 8 000 colons sur les 250 000 qui vivent et restent en Cisjordanie...Tous illégaux !
 
*Le MUR
Dans certains endroits le mur s’enfonce de 20 km à l’intérieur des territoires. En 2005, 255 km sont achevés et la Cisjordanie est découpée en 11 enclaves séparées par des routes de contournement, des colonies. Un autre mur est prévu qui coupera l’Est du reste des Territoires, annexant les terres cultivées et fertiles, et de précieuses ressources en eau. Avec 700 km de mur, 50 % de la Cisjordanie sera annexée de fait, avec 400 000 Palestiniens sans permis de résidence et sans citoyenneté...Il est conçu de façon à placer Jérusalem sous citoyenneté israélienne, rendre la ville inaccessible aux Palestiniens, l’annexer et judaïser sa population en expulsant le plus grand nombre d’habitants arabes.
Le 9 juillet 2004, le mur a été déclaré illégal par la cour internationale de justice.

SUITE : voir Palestine 2 et 3  
Par Allain Louis Graux - Publié dans : politique
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Mercredi 12 mars 2008
Un constat s’impose : quelques soient les efforts des médias officiels ( France inter et la TV publique) pour relativiser le succès de la Gauche, celui-ci est incontestable.

Elle recueille  47, 94 % contre 45,49 % à la droite et 4,4 % au Modem.

En 2001 : l’ensemble de la gauche ( PS+Verts+DVG + Ext.G) recueillait  46,98 %. Le gain de  n’est pas considérable, mais la droite obtenait : 46,81 % + 1,8 % (CNPT) = 48,6 % et 3,58 % pour l’extrême-droite. Ce n’était pas non plus la bérézina et pourtant la gauche avait perdu 41 villes de plus de 20 000 hab. tout en gagnant Paris, Lyon, Dijon , Auxerre..

La différence, c’est que la droite au pouvoir perd des points et des villes dès le premier tour, alors que les écarts entre 2001 et 2008 ne sont effectivement pas très importants. En fait, il semble que les électeurs de la majorité présidentielle se soient davantage abstenus que le peuple de gauche, l’abstention ayant globalement progressée de 2,9 %.

Cependant cette hirondelle socialiste ne fait pas le printemps de la Gauche, pas plus aujourd’hui qu’elle ne l’a fait après les régionales gagnées en 2004. Car on observe que dans les quartiers, le jeune électorat populaire qui s’était mobilisé pour les présidentielles, quand l’enjeu était de battre Sarkozy, n’a pas considéré l’enjeu municipal suffisamment important pour se déplacer.

Dans ce type de scrutin, là  où le maire est bien implanté, n’a pas déçu par son bilan, qu’il soit de droite ou de gauche, il est très souvent reconduit. Le succès des édiles de droite ou de gauche s’explique par leur forte implantation locale.. La poussée de la gauche s’explique par l’abstention des déçus du sarkozisme, car les électeurs, surtout en milieu urbain, ne sont pas indifférents au contexte politique national : le contraste entre la vie chère, les franchises médicales, les retraites insuffisantes d’un côté et les profits fabuleux du Cac 40, d’un Medef arrogant et mafieux, de l’autre.

Le succès de la gauche par rapport à la droite est plus marqué aux cantonales, où avec

48,17 % elle distance une droite qui n’obtient que 41,35 %. La gauche était déjà majoritaire dans les départements avec 51 présidences de conseils généraux sur 101. Au lendemain du deuxième tour, elle devrait améliorer cette domination territoriale. C’est un fait nouveau en France qui ne sera pas sans conséquence pour les prochaines élections sénatoriales.

Nous pouvons observer que la poussée de la gauche s’exerce d’autant plus quand elle est rassemblée et que le relatif succès du PCF est identique sur ses terres. Ce qui indique qu’il serait vain de le traiter en quantité négligeable même s’il n’est plus, justement, qu’un communisme municipal.

Les Verts retrouvent de la vigueur sauf à Paris où leur stratégie autonomiste, et peut-être  l‘intrusion du Modem, a réduit leur résultat de moitié.

La confusion des alliances et les choix

Au PS, les bons résultats des alliances avec le centre donnent des ailes à ceux qui s’imaginent gagner à droite plus que ce qu’ils perdront à gauche. Le calcul est que les « gauchistes » voteront utile pour battre la droite au second tour. C’est une illusion d’optique électorale, car comme le disait François Mitterrand : « il faut d’abord rassembler son camp ». C’est la stratégie de Delanoë à Paris, pas celle de Rebsamen à Dijon où en s’alliant avec le Modem dès le premier tour, il a certes gagné mais en brisant la gauche. On voit là se dessiner deux orientations différentes et concurrentes pour l’avenir du PS et de la gauche.

De l’ouverture sarkozienne vers la droite sociale libérale du PS, à celle du PS vers les libéraux sociaux du Modem qui hier encore gouvernaient avec l’UMP, il est des convergences qui les mènent conjointement vers le néo-libéralisme à l’œuvre dans toute l’Union européenne.

Cette évolution à l’œuvre partout produira les mêmes effets : l’abstention par manque de choix politique clairement identifié, le danger de la remontée du nationalisme, la libération d’un espace à gauche.

Le renoncement à l’Union de la gauche pour s’allier à un Modem aux contours et aux choix incertains, entre le camp du progrès possible et celui du déclin certain, est une stratégie qui libérera inéluctablement un espace à la gauche du PS. La LCR s’y engouffre déjà, toujours en progrès avec son jeune leader charismatique, alors que LO depuis qu’elle a renoncé à Arlette, avec ses refus et variations unitaires devient incompréhensible pour son électorat.

Cependant le rassemblement à gauche, sans exclusive, serait plus crédible et possible si les engagements de la LCR étaient aussi plus clairs. Les fusions techniques avec la Gauche plurielle, sans solidarité budgétaire, sans participation aux équipes de direction ne peut que la confiner dans les limites d’un rôle de contestation, minoritaire et sans avenir autre que marginal. Pour la LCR, avec le Nouveau Parti Anticapitaliste, il s’agit plus de prendre la place d’un PCF profondément divisé entre archaïsme, renouvellement et dépassement, que de définir les contours d’un véritable regroupement original de toute la gauche. Sa stratégie consiste toujours à se différencier absolument d’un PS condamné globalement, sans nuance entre les dirigeants et les militants, à condamner toute possibilité unitaire sur le modèle du Linke allemand* prôné par Jean Luc Mélenchon, le président de PRS.

Face à l’évolution socialiste vers un parti démocrate clintonien (comme de fût le cas en Italie), la nécessité du rassemblement à gauche s’impose entre tous ceux qui refusent le choix de la société libérale globalisée, entre tous ceux qui choisissent une autre France possible dans une autre Europe et un autre monde possible fait de solidarité et de coopération et pas celui d’un monde de concurrence à outrance, de compétition généralisée, d’individualisme renforcé, qui mène droit aux conflits entre les gens et les peuples. Ce monde là, c’est celui de la guerre face à celui de la paix.

Allain GRAUX

le 12 mars 2008

 

* Die Linke est le nouveau Parti créé à la gauche du SPD. Il rassemble la gauche socialiste d’Oscar Lafontaine, les communistes, des syndicalistes, des altermondialistes, des écologistes, des féministes. Il fait une percée remarquée dans les lands allemands et est bien représenté au Bundestag. Il oblige le SPD a une orientation politique plus à gauche.

 

 

 

 

 

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Vendredi 29 février 2008

Tout le monde s'emballe sur les prix, alimentaires en particulier, qui se sont emballés...Certes il y a la hausse du coût du pétrole, des matières premières, la Chine, l'Inde, etc...

La hausse du coût des carburants relève de la spéculation, car la pénurie ne se situe pas au niveau des producteurs mais des raffineurs, donc des compagnies pétrolières qui n’ont pas investi dans le raffinage. La spéculation leur procure des profits sans précédents que l’on pourrait taxer utilement à la fois pour trouver des recettes au budget déficitaire de l’Etat et pour aider les ménages à se chauffer.

Par ailleurs, il s’agit d’un réajustement mondial entre le Nord et le Sud. Faut-il regretter que les Chinois puissent manger du pain et de la viande ? Ne faut-il pas aussi se pencher sur les questions de l’agriculture mondiale pour permettre à chaque pays de développer ses cultures vivrières afin de nourrir sa population sans dépendre des prix mondiaux imposés par les multinationales de l’agroalimentaire ?

Les prix augmentent : 14 % sur les pâtes, 17 à 40 % sur les yaourts, 44 % sur le jambon. Des hausses qui touchent le porte-monnaie des plus démunis. Ce dérapage n’est pas dû à la seule inflation mondiale, certains en  profitent au passage. Profiter est bien le mot, il est même très faible quand on constate les profits fabuleux des multinationales, que ce soit dans l'énergie, les matières première ou l'alimentaire.

Le gouvernement de « ce bon M. Fillion » mène l’enquête pour constater ce que nous avons tous constaté : les prix montent ! Ce sont les couches sociales les plus défavorisées qui sont atteintes dans leurs conditions d’existence, car elles ne disposent d’aucune marge. Ne pas pouvoir se nourrir ! Quelque chose qui est inimaginable pour la cinquième puissance mondiale.

Cependant s’ils n’en mourraient pas tous, tous étaient atteints. La baisse du pouvoir d’achat, ça concerne tous les salariés y compris les classes moyennes. Car il n’y a pas que les prix de l’alimentaire et des carburants qui grimpent, il y a aussi les loyers : 5,7 % en 2007, les franchises médicales, les mutuelles, les transports, l’électricité, le gaz.

 

Logement

-          1 million de personnes sans logement personnel : 100 000 en camping, 40 000 dans des cabanes,…

Les dépenses de logement représentent : 50 % du revenu dans le parc privé – 28 % dans le parc social ; pour des

revenus équivalents à un smic pour un célibataire et  1,5 smic pour un couple avec deux enfants.

-          1,3 millions de personnes sont en attente d’un logement social.

source : www.fondation-abbe-pierre.fr

-          Les produits alimentaires représentent 15 % du budget moyen des ménages ; d’autant plus  que l’on se situe en dessous

de la moyenne.

 

Le gouvernement pourrait prendre des mesures immédiates pour aider ceux qui souffrent le plus de l’inflation :

-          baisser la TVA sur les fruits et les légumes, la viande et les produits laitiers ;

-          rétablir la compensation flottante sur le prix des carburants ; détaxer le fioul pour le chauffage et favoriser davantage le remplacement des chaudières par des modes de chauffage alternatifs.

-          augmenter  l’aide au logement ;

Il n’a plus de sous paraît-il ! Evidemment il a tout donné aux plus riches : 15 milliard de cadeaux fiscaux, sans que pour autant cela profite à l’économie. Après avoir bénéficié du départ en retraite des baby boomers, l’indice du chômage repart aussi à la hausse en janvier.

Le gouvernement pourrait trouver des recettes en taxant la spéculation sur les loyers, les compagnies pétrolières, les super-profits en général. Mais il préfère exonérer les entreprises des charges sociales et fiscales pour les heures supplémentaires (dont seulement 1/3 des salariés peuvent profiter) qui représentent un effet d’aubaine pour les patrons et creusent le déficit du budget de l’Etat de la sécurité sociale.

Et les salaires !

Comment se fait-il que personne dans les médias ne parlent d'un réajustement nécessaire et justifié pour les revenus salariés, les retraites et les pensions? La part des salaires par rapport au capital a baissé de 10 points en 20 ans. N'est ce pas là une piste pour augmenter le pouvoir d'achat des salariés?

Mais non, le Smic a été comprimé, les salaires stagnent, les pensions dans la fonction publique sont limitées à 0,8 % alors que l’inflation en 2007 dépasse les 2 %, les retraites limitées à 1,1 %.

Au lieu de cela, j'entends des propositions pour aller faire ses courses chez les discounters, ne plus acheter de produits de marque qui seraient nuisibles pour la santé. Les pauvres seraient responsables de la baisse de leur pouvoir d'achat et de leur paupérisation! Alors que l'on sait très bien que depuis 30 ans les inégalités se renforcent : les riches s'enrichissent avec l'augmentation de leur capital et de ses intérêts (qui ne sont pas les nôtres)et  les classes salariées s'appauvrissent : chômage de masse, stagnation des salaires, remise en cause de la protection sociale ( qui est un salaire différé).

Réglementer les prix, OK! Et baissons la TVA sur les produits alimentaires, taxons les hausses injustifiées. Mais Fillion ne veut-il pas, après les élections, augmenter la TVA - dite sociale – de 5 %.

Vouloir faire baisser les coûts en achetant à bas prix, c'est aussi peser sur les revenus des travailleurs qui produisent, c'est délocaliser...Augmenter l'intéressement plutôt que les salaires c'est rendre ce dernier aléatoire et le faire dépendre de plus en plus du profit. Et puis l'actionnariat"populaire"c'est inciter les travailleurs actionnaires, les retraités des fonds de pension à exiger un rapport des dividendes toujours plus important, donc à peser sur leurs propres salaires et revenus, la variable ajustable préféré des patrons ... et entraîner les localisations et le chômage. Un cycle infernal dont seraient finalement responsables les seuls salariés? Allons donc !

 

QUELQUES DONNEES

-          le SMIC : 1 280 € pour 35h.

-          le RMI   : 440.86€ (une personne seule)- Nbre de rmistes :  1.176 000

-          Chômage : 8,3 % - moins de 25 ans : 19,1 % -

-          Nbre officiel : 1 942 000 – Nbre total réel : 3108 300

-          INFLATION : 3° tri 2007 : 2,6 %

-          Les fonds spéculatifs : 194.5 milliards de $ en 2007, soit + 54 % par rapport à 2006…

Rendement de 10.2 % à 25 % …

source : Alternatives économiques- Insee. février 2007.

 

C’est tout le système néolibéral auquel souscrit le gouvernement Sarkozy-Fillion qui est la cause de tous ces dérèglements économiques que nous subissons.

Depuis le virage économique de 1983, l’acte unique et le Grand marché ( la concurrence libre et non faussée) de 1986, aggravé par le récent traité européen de Lisbonne, les crises économiques, financières et sociales se succèdent. Le modèle néolibéral exerce une pression constante, par la concurrence et la compétition, sur les prix et donc les coûts. De ce fait toute demande de négociation sur le pouvoir d’achat est renvoyée à la seule question des prix. La baisse des prix que l’on sert au consommateur est celle qui fait baisser le salaire de l’ouvrier…qui n’aurait plus comme perspective que de faire ses courses chez Lidl, l’extrémité la plus féroce de la concurrence. De ce cycle infernal résulte une pression permanente sur le pouvoir d’achat qui déprime la consommation et la demande globale.

Une autre solution présentée aux salariés, c’est l’endettement. D’où l’abondance des cartes de crédits des supermarchés, à des taux exorbitants (18 %) et les crédits à taux variables pour le logement (Voir la crise des subprime aux Etats-Unis qui a entraîné la crise bancaire mondiale).

  • Le taux d’endettement des ménages aux Etats- Unis atteint 120% et 140% en Grande – Bretagne…Il est de 68% en France et il progresse…

Autre piste, on voudrait aussi imiter les pays anglo-saxons qui ont capté les énormes masses salariales des systèmes de retraite pour les verser au marché via les fonds de pension. Une réussite particulière pour les retraités quand les marchés compromis dans la spéculation plongent. En attendant, on cherche un substitut au salaire direct en émettant l’idée de distribuer des stock-options à tous les salariés ( du privé seulement en fait ).

Tout pour ne pas augmenter les salaires !

En prime, si j’ose dire, avec ces instruments financiers, ce sont les salariés et retraités qui réclameront du rendement et se surexploiteront eux-mêmes. Mouiller le salariat dans la finance est un piège suprême et raffiné.

Les salariés se rebiffent.

Apparemment  les salariés ne sont guère sensibles aux propositions patronales et gouvernementales. Les grèves pour l’augmentation des salaires éclatent un peu partout, y compris - événement considérable – chez les caissières ses supermarchés.

On peut citer : Snecma, MBDA-F (EADS), L’Oréal, BNP-Paribas, CEA Marcoule, Carrefour Marseille, Prisma Presse, Les bus CVIF en île de France, RTM à Marseille, Air France. Et bien d’autres sur tout le territoire.

La CGT et la CFDT appellent à une nouvelle mobilisation les 22 et 24 mars dans la grande distribution.

Nul doute qu’une majorité d’électeurs enverront aussi le signe de leur mécontentement avec leur bulletin de vote contre tous ceux qui se font les chantres de la politique du gouvernement et pas du seul Président Sarkozy. 

Car Fillion et Sarkozy et tout ce gouvernement, c’est bonnet blanc et blanc bonnet ! Tous coupables…

Allain Graux

 le 27.02.08

REF : Alternatives économiques- Le Monde diplomatique,(F. Lordon)- février 2008.

 

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Jeudi 31 janvier 2008
LA REPUBLIQUE SOCIALE
 
La République, une idée qui vient de l’antiquité.
Ce n’est pas pour autant une idée dépassée, la res publica désigne les affaires et l’intérêt publics. Chez les grecs, avec Aristote, on recherche le bien commun dans la cité, c’est la politique. Selon ce philosophe, les buts les plus hauts de la vie humaine, la pleine réalisation morale, passent par la vie politique qui a pour finalité la réalisation de la vie bonne. Il distingue trois formes de régime de droit qui peuvent être déviés : la monarchie qui peut devenir tyrannie, l’aristocratie : l’oligarchie, et la République qui devient démocratie.
Le régime républicain authentique est celui ou la masse du peuple gouverne dans l’intérêt commun de la cité.
Chez les Romains Cicéron définit la république comme « la chose du peuple » : une communauté légale unie par la loi. Ce qui donne une dimension supplémentaire à la Res publica : le droit dans les relations sociales.
Après un effacement de la pensée républicaine sous les assauts des barbares et de la vague religieuse moyenâgeuse, les villes républicaines de Florence et Sienne vont lui donner un nouvel éclat. Machiavel en fournira une vision cohérente qui ne se résume pas aux manipulations dont on affuble sa pensée. Il reconnaît l’importance des conflits entre les nobles et la plèbe, entre dominateurs et dominés, qui nécessite d’établir un cadre légal et républicain pour les résoudre dans l’esprit du bien commun.
Montesquieu et Rousseau, au cœur des Lumières vont préparer l’avènement républicain des révolutions américaines et françaises. Pour Montesquieu si le despotisme est fondé sur la crainte, la monarchie sur les vanité liées au rang, la République trouve son esprit des lois dans la vertu comprise comme l’amour de la chose publique, qui prend racine dans le corps social. Les citoyens décident en fonction de l’intérêt général.
Cette affirmation s’oppose au principe concurrent que formulent à la même époque les premiers artisans du libéralisme économique comme Adam Smith, avec la fameuse parabole de la main invisible du marché selon laquelle le fait que chacun poursuive son intérêt privé est la meilleure manière de produire l’intérêt général. Il apparaît une nouvelle notion et une différence entre les tenants de la liberté naturelle chère aux anglo-saxon et l’idée des libertés garanties par l’Etat républicain, libertés liées à l’Egalité, exprimées de façon plus poussées par Rousseau avec le Contrat social. La liberté républicaine comme le gouvernement de la loi qui permet de protéger le citoyen contre l’arbitraire. Pour lui la République ne peut pas vivre dans une société trop inégalitaire. L’inégalité sociale, qui n’a rien de naturelle, sépare la société entre une minorité très riche et une masse misérable. La misère contraint le pauvre à se soumettre au riche, cause d’une servitude qui interdit le régime républicain.
Avec la Révolution française, le processus lui-même va poser la nécessité d’une République qui apparaissait comme un gouvernement trop parfait pour convenir aux hommes. Condorcet, avec l’Américain Thomas Paine s’oppose à la conception de ceux qui comme Sieyès veulent réserver la citoyenneté active aux seuls propriétaires. Condorcet fut le défenseur du suffrage universel (y compris le droit des femmes) et du système représentatif, insistant sur les Droits de l’Homme et du Citoyen, soulignant le lien entre éducation civique et politique, précurseur d’une laïcité garantissant la liberté de conscience et la séparation de l’Eglise et de l’Etat.
Avec l’Egalité sociale, Condorcet défend une idée complète et moderne de la République.
« L’esprit actuel de la nation française est l’amour de l’égalité et l’indépendance personnelle, la haine de toute autorité qui présente la moindre apparence d’arbitraire et de perpétuité, le désir de toutes les institutions nouvelles pour favoriser les classes les plus pauvres et les plus nombreuses, et celui de fraterniser avec les hommes de tous les pays qui aiment la liberté, ou qui veulent la recouvrer.»
 
La République pourrait être conçue indépendamment de la structure sociale et de la division de la société en classes antagonistes, sur la base de la déclaration des Droits de l’Homme et du citoyen qui ne dit rien des inégalités entre les individus. Le combat républicain du XIX° siècle a aboutit aux axes d’une sorte de compromis républicain instable avec :
- L’abolition des régimes politiques monarchiques, de la puissance des castes aristocratiques.
- La généralisation du suffrage universel qui ne sera aboutit complètement et bien tardivement avec le droit de vote des femmes en 1945.
- La généralisation de l’instruction obligatoire, laïque et gratuite.
- L’instauration de la Laïcité de l’Etat et de l’école, pierre angulaire de la République, assurant la liberté de conscience de chacun et la séparation de l’Etat et de toutes les églises.
La question nationale
Avec Mazzini et l’indépendance nationale de l’Italie, la République prend une dimension patriotique et nationale, soit le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes. L’héritage de la Révolution française va traverser l’Europe pour exiger des nations libres, donc républicaines. Mais ce patriotisme va buter sur des rivalités impérialistes et colonialistes qui marquent l’expansion du capitalisme industriel. Les héritiers des républicains conquérants de Valmy vont se transformer en nationalistes réactionnaires lors de l’aventure sanglante de 1914 qui n’a plus rien à voir avec le patriotisme républicain. Le conflit engendrera le totalitarisme nazi et la perversion du socialisme avec le stalinisme.
La question sociale
L’exploitation capitaliste crée un fossé social qui sépare les propriétaires des moyens de production de plus en plus importants et concentrés à ceux qui n’ont que leur force de travail pour vivre. La lutte entre ces deux classes obligera les républicains à choisir leur camp. Dès 1848, apparaît la nécessité de ne pas se contenter de la République en général. La revendication d’une République sociale révèle la contradiction du droit du travail avec le droit de propriété.
Trois réponses à cette question :
- celle des républicains libéraux qui consiste à séparer le politique du social. Il pensent comme Lamartine en 1848 que à partir de la loi instituant le suffrage universel : il n’y a plus de prolétaires en France. Il y a l’illusion que l’égalité politique peut produire l’égalité sociale comme la produira Tocqueville. Cette logique amènera ces « républicains » à remettre en cause les acquis républicains eux-mêmes quand les prolétaires réclameront l’Egalité.
- celle des républicains de la doctrine solidariste, soit l’idée d’opposer la notion de solidarité à la charité chrétienne. Ce sera la réponse radicale socialiste à la question sociale dont le principal acteur sera Léon Bourgeois (président du conseil et président du sénat). Il reprend la conception de Durkheim, selon lequel la division croissante du travail crée une solidarité de plus en plus organique entre les individus et les groupes sociaux. Le Droit républicain permet alors de passer d’une solidarité de fait à une solidarité de droit, d’une solidarité naturelle à une solidarité contractuelle. L’idée de justice permettrait de diminuer les inégalités sociales en laissant jouer seulement les inégalités naturelles. C’est la notion de la fameuse « égalité des chances » assurées par le principe des mêmes droits républicains pour tous qui ne tiennent évidemment pas compte des inégalités sociales. La méritocratie républicaine fondée sur la compétition des seuls talents trouve sa place dans ce dispositif que nous connaissons bien aujourd’hui. C’est tout de même de cet univers théorique que sera inventée la conception française du Service public : « une responsabilité de l’Etat pour satisfaire les besoins communs à tous. » Le Service public, la laïcité, l’école républicaine, sont les fondements de la conception républicaine solidariste.
Cette théorie ne répond pas à la question sociale proprement dite car elle présente la collaboration entre le capital et le travail comme une nécessité pour résoudre le conflit né de la lutte des classes qui ne peut plus être porteuse de progrès.
- la réponse à la question sociale est donnée par Jean Jaurès : avec l’héritage de 1789 qui portait en germe le combat pour l’émancipation politique des ouvriers et l’égalité sociale sans laquelle l’égalité politique n’est qu’un leurre. Pour les Républicains socialistes, la lutte sociale est un moyen de faire avancer les conquêtes politiques et les conquêtes sociales. Chacun peut en faire le constat, en se référant aux nombreux combats révolutionnaires et sociaux de 1848 à 1945. Les conquêtes sociales doivent être garanties par la loi républicaine et devenir des institutions communes. C’est ce qui s’est produit au lendemain de la seconde guerre mondiale, avec une Constitution en 1946 qui reconnaît ces principes. Le préambule repris par la Constitution de 1958 complète le déclaration des Droits de l’homme et du citoyen en définissant des droits sociaux (les droits créances) :
« Chacun a le droit de travailler et le droit d’obtenir un emploi. Nul ne peut être lésé, dans son travail ou son emploi, en raison de ses origines, de ses opinions ou de ses croyances. » Mais le devoir pour chacun de travailler est incompatible avec une société fondée sur la séparation entre les possesseurs du capital et ceux qui ne possèdent que leur force de travail qu’ils sont contraint de vendre.
La Sécurité sociale est aussi devenue une institution républicaine qui couvre toute la population.
La question clé devient celle de la propriété et de la remise en cause du droit de propriété du Capital.
Elle concerne les situations de monopole et les secteurs considérés comme vitaux pour le bien-être social et pour l’économie nationale. En effet, l’évolution du capitalisme modifie profondément les conditions de l’action républicaine et sociale. Le nouvel âge du capitalisme, le néolibéralisme ou capitalisme financier, c’est :
- le caractère transnational de l’accumulation du capital ;
- les moteurs de la mondialisation qui se situent dans la globalisation financière et l’extension du libéralisme marchand à l’échelle du monde entier.
-Le triomphe de l’accumulation financière sur l’accumulation productive (industrielle) qui soumet l’entreprise à la dictature de marchés financiers et favorise le capitalisme des rentiers
Cette évolution a changé le rapport de force entre travail et capital au profit de ce dernier. Ce qui entraîne un recul des droits sociaux et de l’Etat providence :
- une offensive sans précédent contre le droit du travail et les garanties collectives et le système de protection sociale.
- une offensive sans précédent du capitalisme pour remettre en cause les fondements de la démocratie républicaine et de la souveraineté populaire, car il est hostile à toute forme de régulation politique. Cette offensive est couplée avec une double offensive idéologique et culturelle, pour substituer à la loi républicaine du bien commun le principe de la seule responsabilité individuelle et de la compétition.
De la Propriété, comme un droit républicain fondamental
Les Républicains font à juste raison de la propriété un des droits fondamentaux de l’homme. Etre libre c’est d’abord pouvoir disposer de soi-même. Pour n’être pas dominé, idéal républicain fondamental, il faut être propriétaire, et en quelque sorte tous les citoyens devraient être propriétaires…Dans les républiques impériales, Rome comme les Etats-Unis où les puissances coloniales, les citoyens vont planter leurs choux ailleurs. L’autre solution consiste à partager les richesses entre tous les propriétaires potentiels : c’est par exemple la réforme agraire. Ce partage, c’est ce qui va distinguer « les socialistes partageux » et les communistes des républicains classiques. Pour les socialistes la propriété n’est pas moins sacrée que pour les libéraux, et c’est parce qu’elle est sacrée qu’ils ne veulent pas en être privé. Evidement on ne peut pas revenir à l’artisanat, à une société de travailleurs indépendants, il faut donc penser une propriété à la fois individuelle et collective.
La propriété sociale n’a de sens que par l’existence d’institutions sociales et politiques qui permettent aux plus défavorisés de bénéficier de la protection d’un système public comme propriété de ceux qui n’ont pas de propriété. Et dans ce sens il permet à cette sorte de propriétaires d’appartenir au corps civique républicain. En outre les biens publics, communs, sont offerts à la jouissance de tous à égalité.
Le libéralisme est antirépublicain puisque il se donne comme objectif de réduire au minimum l’espace publique. Les libéraux procèdent à l’expropriation massive de la grande majorité des citoyens quand ils transforment en propriété privée les grands services publics nationaux, propriété de la nation et de la République.
L’Etat social né de la seconde guerre mondiale visait à combiner le capitalisme et des institutions de protection sociale. En Grande Bretagne, en Autriche, en France, la majeure partie de l’industrie des transports, du système bancaire français, a été nationalisée. Après la chute de l’URSS, l’oligarchie financière, sans ce contrepoids, a entrepris de se débarrasser des contraintes du compromis de 1945 : 
- privatisation massives des biens collectifs,
- réductions drastiques des droits du travail et des indemnisations de chômage pour un nombre sans cesse accru de salariés jetés à la rue. A quand les lois sur les pauvres et l’enfermement dans des maisons de travail caporalisées ?
Les effets pervers de cette paupérisation des classes populaires et aussi moyennes provoquent les réactions des exclus, parfois violentes, dont les incendiaires se plaignent après avoir allumé l’incendie.
Le devoir de travailler ne peut exister sans le droit à obtenir un emploi. Le chômage indemnisé n’est pas la réalisation du droit au travail, c’est la reconnaissance indirecte de ce droit faute d’avoir un travail à offrir. Ce droit limité a été aboli dans les faits.
La question républicaine est donc liée à la question sociale et donne tout son sens à la République sociale dans la réponse à opposer au néolibéralisme, pour reconstruire une communauté nationale et solidaire.
La Constitution est violée tant par les privatisations engagées depuis 1986 que par les remises en cause du droit au travail.
Il n’est pas de transformation sociale possible qui ne mette en cause les rapports de propriété. Le développement de la propriété sociale est un des traits qui devrait distinguer un gouvernement social et républicain.
 
La République sociale comme projet.
Il n’y a pas dans notre histoire de modèle républicain unique et achevé. La République française a subi de nombreux avatars et interruptions depuis 1789, les restaurations monarchiques, les empires, Vichy, une V° république fondée sur un coup d’Etat légalisé. L’idée républicaine a cependant perdurée.
La République n’est pas une simple forme institutionnelle, c’est un projet politique. Autre chose que le conseil d’administration des affaires communes de la bourgeoisie.
La République n’est pas un régime neutre ; elle vise à réaliser l’égalité effective des citoyens dans tous les domaines de la vie civile, civique et sociale. Elle implique que l’Etat soit restauré dans sa fonction première :
offrir aux individus la sécurité publique et sociale.
Ce projet appelle l’action pour une transformation politique et sociale.
Le projet républicain appelle nécessairement la REPUBLIQUE SOCIALE. Elle peut et doit servir de socle à la formulation d’un grand projet alternatif global qui recouvre la nature et le fonctionnement des institutions, un ordre public social, le renouveau des Services publics, le développement de l’Etat-protecteur, d’une véritable propriété sociale, la construction d’une nouvelle synthèse entre l’identité nationale et l’internationalisme.
La reconstruction d’un espace public impose la nationalisation des entreprises, qui disposent d’un monopole de fait - eau, énergies, transports, télécommunications - ou remplissent des fonctions de service public, ou représentent un intérêt stratégique pour la nation (armement).
Un Etat républicain devrait en outre encourager un secteur coopératif -comme les SCOOP- sans créer un ghetto de l’économie sociale, mais en accordant son aide pour faire émerger des entreprises non capitalistes puissantes et performantes y compris dans le secteur bancaire et celui de la presse et de l’édition.
La propriété est légitime tant qu’elle est seulement un des moyens de protection de l’individu ; elle devient illégitime dès l’instant où elle devient un instrument de domination.
La nationalisation ne garantit pas que l’économie va être orientée dans l’intérêt du bien public et des travailleurs. Le préambule de 1946, là encore y veille :
Tout travailleur participe, par l’intermédiaire de ses délégués, à la détermination collective des conditions de travail ainsi qu’à la gestion des entreprises.
Dire que les travailleurs participent à la gestion, c’est affirmer que les entreprises ne peuvent être totalement des propriétés privées. C’est dire que l’appropriation sociale ne se limite pas à la nationalisation, elle doit s’accompagner de mesures qui permettent la participation des salariés à la direction de l’entreprise.
L’appropriation sociale s’appuie sur un principe républicain et affirme sa dimension démocratique et sociale par les conditions de son application.
Le respect du droit au travail, principe républicain, implique la répartition du travail disponible entre tous les salariés. C’est ce qui avait été tenté avec la loi sur les 35 heures aujourd’hui remise en cause par la Droite libérale au pouvoir. Cette disposition ne peut réellement s’appliquer que si l’on change la distribution des revenus entre le capital et le travail.
 
La République sociale ce sont des citoyens libres dans une république libre.
Il est nécessaire de protéger les individus autant contre le patron collectif que le patron individuel, contre la tyrannie de la majorité. Cela suppose des garanties individuelles des libertés fondamentales.
Le gouvernement de la majorité est un gouvernement démocratique mais c’est loin d’être une garantie de la protection de la liberté. Ceux qui font les lois ne sont que des hommes. Pour que la liberté de chacun soit celle de la République, il est nécessaire que celle-ci soit « un empire de lois et non d’hommes «  (Harrington).
Les procédures légales doivent inclure les principes de l’égalité sans lesquels il n’est point de liberté. Elles impliquent la séparation des pouvoirs.
 
Le résultat de la victoire populaire du Non du 29 mai 2005 ne doit pas nous illusionner et nous amener à croire qu’il suffit à produire sa propre doctrine, mais il permet une recherche passionnée des moyens de dépasser les impasses d’une politique d’adaptation au capitalisme.
 
« Dans l’ordre politique, ta nation est souveraine et elle a brisé toutes les oligarchies du passé ; dans l’ordre économique, la nation est soumise a beaucoup de ses oligarchies….Oui par le suffrage universel, par la souveraineté nationale …vous avez fait de tous des citoyens, y compris tes salariés, une assemblée de rois ; mais au moment même où le salarié est souverain dans l’ordre politique, il est dans l’ordre économique réduit à une sorte de servage….il est lui, sans garantie aucune et sans lendemain chassé de l’atelier…
…le socialisme apparaît comme seul capable de résoudre cette contradiction fondamentale de la société présente, c’est parce que le socialisme proclame que la République politique doit aboutir à la République sociale, c’est parce qu’il veut que la nation soit souveraine dans l’ordre économique pour briser les privilèges du capitalisme oisif, comme elle est souveraine dans l’ordre politique.
JEAN JAURES (le 21 novembre 1893, à la Chambre des députés)
Allain GRAUX
 
REFERENCES :
René Revol, professeur de sciences économiques et sociales.
Denis Collin,philosophe,(Revive la République)
 
 
 
Par allain GRAUX - Publié dans : politique
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Mercredi 16 janvier 2008
11 Novembre 2004. Mort de Yasser Arafat, gravement malade, à Clamart en France.
Arafat est né à Jérusalem le 24 Août 1924. Il passe sa jeunesse dans "la ville sainte", en Egypte et à Gaza. Pendant ses études d'ingénieur à l’université du Caire (de 1952 à 1956), il devient président de l’union des étudiants palestiniens et en 1959, il est cofondateur du groupe de résistance al Fatah qui contrôle l'Organisation de Libération de la Palestine (OLP). Il devient le président de son comité exécutif en 1969. Dans sa base à Beyrouth, au Liban, l'OLP fournit des services sociaux aux réfugiés palestiniens, en même temps qu'elle arme et organise les groupes de résistants. Sa présence au Liban, ainsi que celle de l'OLP, se termine avec l'invasion de ce pays par l'armée israélienne en 1982. Il trouvera un nouvel asile en Tunisie et continuera de mener son combat pour la reconnaissance de la Palestine. En 1988, Arafat renonce à la lutte armée contre Israël en même temps qu'il reconnaît cet Etat comme légitime. En septembre 1993, il reçoit, avec Itzak Rabin et Shimon Pérès, le prix Nobel pour avoir préparé la voie à la signature d’un accord de paix avec Israël. En 1996, Arafat est élu Président de la nouvelle Autorité palestinienne. Cette autorité est née à la suite des accords d'Oslo et elle jouit d'une autonomie limitée en Cisjordanie et dans la bande de Gaza. L'élection de Benyamin Netanyahou, en 1995, mettra un frein à l'application de ces accords, fait qu'Arafat ne cessera de dénoncer.
 
 
2005 - Janvier : Abou Mazen est élu Président de l’autorité Palestinienne. (Le Diplo : une chance pour la Paix).                 
        Le 14 mars 2005, Ariel Sharon confirme son projet de désengagement de Gaza et officialise le tracé définitif du mur
        - Avril : l’armée syrienne se retire du Liban,sous la pression internationale et la mobilisation de masse au Liban à la suite de l’assassinat du premier ministre libanais Rafik Hariri en février.
2006 - Janvier : Le Hamas remporte les élections législatives* avec seulement 1 % de différence avec le Fatah. C’est la division et la corruption du parti de Yasser Arafat qui ont permis le succès du Hamas, mais la raison profonde tient au fait que le Fatah avait en vain renoncé à toutes ses cartes et fait toutes les concessions possibles à Israël, sans reconnaissance réciproque du droit des Palestiniens à un Etat.
L’Union Européenne suspend son aide à l’Autorité palestinienne au prétexte qu’elle est maintenant dirigée par un gouvernement issu d’un mouvement terroriste bien que Le Hamas ait cessé toute action terroriste depuis plus d’un an et qu’il a été régulièrement et légalement élu.
La situation économique deviendra rapidement épouvantable, avec 60 % de chômeurs et l’arrêt du paiement des fonctionnaires par l’UE. Israël ne verse plus les droits de douane sur les exportations palestiniennes.
Ces décisions arbitraires ne font que conforter le Hamas et affaiblir le président Mahmoud Abbas et le Fatha. Elles conduiront à l’affrontement en 2007 dans la bande de Gaza, entre les forces du Hamas et la garde présidentielle qui sera expulsée de ce territoire.
14 avril 2006 - Ariel Sharon tombe dans le coma. Il est remplacé par Ehoud Olmert.
Ariel Sharon (en hébreu : אריאל שרון) est né le 26 février 1928 à Kfar Malal près de Jaffa en Palestine. Il est l'un des fondateurs du parti de droite Likoud et s'est illustré militairement au cours des guerres israélo-arabes de 1948-49, de Suez en 1956, des Six Jours en 1967 et du Kippour en 1973. À l'issue d'une longue carrière politique, il devient Premier ministre le 28 mars 2001 après le déclenchement de la seconde Intifada. Le recours à la force pour y mettre fin débouche sur des éliminations ciblées d’hommes politiques palestiniens et la mort de nombreux civils. À l'issue de la seconde Intifada, il met en œuvre le retrait israélien unilatéral de la Bande de Gaza. En novembre 2005, il demande la dissolution du parlement, crée son propre parti KADIMA avec le travailliste Shimon Pérès (actuel Président d’Israël) et prépare les élections anticipées de 2006. En décembre 2005 et

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Mardi 15 janvier 2008
L’évolution des effectifs de la CFDT depuis 1989 (adhérents en milliers)
 
 
Hypothèse1
9 timbres
Hypothèse2
9 timbres avec taux de progression corrigé
Hypothèse3
passage de 9 à 11 timbres
1989
405
405
405
1990
419
419
412
1991
430
429
416
1992
441 
419
440
1993
460 
463
435
1994
490
488
451
1995
518 
511
464
1996
540 
527
472
1997
567 
543
479
1998
607
568
494
1999
651 
607
520
2000
693 
624
527
2001
722
650
542
2002
742 
668
549
2003
729 
656
537
2004
682 
614
503
2005
673 
606
496
2006
670
603
493
 
On rappellera qu’une partie – sans doute importante – des gains d’effectifs réalisés par la CFDT s’explique par l’augmentation de ce ratio. En effet, le nombre de timbres mensuels réglés par les adhérents a fortement progressé depuis une quinzaine d’années, notamment à cause de la généralisation du PAC. C’était d’ailleurs – dans une large mesure – l’explication proposée par Jean Kaspar, alors secrétaire général de la CFDT, pour analyser le regain des effectifs de la centrale au début des années 1990 : « Ces résultats – expliquait ce dernier – sont […] à mettre à l’actif d’un travail de fond engagé par la CFDT depuis plusieurs années pour assurer une plus grande rigueur dans le suivi des adhérents, la gestion des timbres et, bien sûr, l’importance du développement du PAC. Nous récoltons aussi le fruit des efforts de structuration de nos collectifs, de formation de nos militants, et de renouvellement de nos pratiques syndicales, de nos pratiques de communication et de nos politiques revendicatives.
*«syndicalisme hebdo n° 2362 , 27/06/1991 »
(Tableaux et commentaires de Dominique Labbé)
 
 
 
Ces différents résultats peuvent apparaître divergents entre les hypothèses 1 et 3 : 670 000 ou 493 000 adhérents en 2006.
Mais la première hypothèse repose sur des pourcentages de progression qui ne correspondent pas à la réalité de la croissance des effectifs en valeur absolue. Elle est donc trop favorable. La CFDT aurait approximativement 600 000 adhérents (mais le ratio adhérents/cotisations est très favorables aux premiers).
L’hypothèse 3 est assez proche du résultat auquel on parvient selon la méthode fondée sur les audiences électorales.
Progression
Selon l'hypothèse la moins favorable, le nombre des adhérents aurait connu une progression d’environ 22 % depuis la fin des années 1980 : précisément + 35% jusqu’en 2002, puis – 10 % durant les deux années suivantes (2003-2004). Si le ratio était resté proche de 9 timbres – ce qui ne paraît guère crédible –, le niveau de progression aurait été deux fois supérieur depuis 1989 : + 65 % jusqu’en 2002 puis – 10 %. On note un regain important des effectifs de la CFDT au cours des années 1990. Cette progression est assez régulière (au contraire d’accidents antérieurs). Pour comprendre l’importance de la resyndicalisation de la CFDT qui s’opère à partir de 1990, il est nécessaire de souligner « l’impact du PAC ». Ce dernier a fait progresser l’adhésion et favorisé la fidélisation. Il y a eu moins de démissions. Depuis 2005, 90% des adhérents sont prélevés
La CFDT s’efforce de veiller à « une présence syndicale sur le terrain », pour rompre avec des pratiques syndicales bureaucratiques qui avaient conduit à la désyndicalisation, non seulement de la CFDT mais aussi d’autres centrales. Elle ne pouvait plus prendre appui sur un vieux militantisme qui s'est effondré avec le renouvellement des générations et le changement de contexte culturel. Par exemple, en Meurthe-et-Moselle, l’UD a cherché à « inventer » et à « fixer » un nouveau militantisme au moyen de services apportés aux adhérents, notamment via les comités d’entreprise. Elle a cherché également à maintenir vivant un réseau syndical relativement dense dans le territoire en apportant aux équipes de base des services spécifiques : reprographie, communication, ingénierie de l’action… Et en ciblant son action en direction de certaines catégories (femmes, jeunes…).Une nouvelle image a été construite, de nouveaux moyens ont été mis en place à travers des « contrats » de développement négociés entre les structures territoriales (UD, URI) et les syndicats.
Cette politique volontariste s’est appuyée sur un réseau d’associations. L’association est apparue comme une structure plus souple qu’un syndicat, plus adaptée pour faire passer un souffle nouveau et convaincrede nouveaux adhérents, sur une base bien différente des identités ou formes d’engagement qui ont marqué l’histoire syndicale.
Des actions ont été conduites concernant les syndicats importants, autour de grands
établissements, et de petits syndicats, dans des PME. Un glissement des uns aux autres intervient au cours de la décennie 1990. L’organisation d’élections professionnelles, la tenue de négociations collectives – notamment sur la réduction du temps de travail à la fin des années 1990 – sont souvent des opportunités pour s’implanter : « Beaucoup de jeunes implantations de la CFDT en sont issues » « sur trois adhérents [nouveaux] de la période 1998-2000, un adhérent venait de la mise en place de la RTT.
Jusqu'en 2003, elle semble relativement insensible aux événements (notamment aux vives controverses qui ont agité la CFDT en 1994-1996 et aux scissions en faveur de SUD qui ont affecté plusieurs organisations).
Au-delà du redéploiement organisationnel, d’une professionnalisation du recrutement – vu comme une « ardente obligation » – ce constat d’une progression quasi-mécanique suggère un changement de nature dans le recrutement syndical. Pour autant, la CFDT n’avait pas retrouvé, au début du 3ème millénaire, le niveau
« historique » de ses effectifs du début des années 1970.
Le retournement qui intervient à compter de 2003 est à relier à l’approbation de la réforme Fillion des retraites des fonctionnaires. Ce positionnement va soulever une nouvelle vague de contestation interne et la désaffiliation de plusieurs organisations.
Le reflux cumulé des adhérents en 2003 et 2004 au niveau confédéral est de – 8, 0 %. Il est moins marqué en Meurthe-et-Moselle (-5 %) où un ralentissement s’était produit dès 2001.
Les événements sociaux de 2003 ont affecté plusieurs organisations : les syndicats de l’Office National des Forêts et celui de l’Inspection du travail se sont désaffiliés ; de nombreux adhérents de la FGTE (cheminots), Interco (fonctionnaires territoriaux) et du SGEN (enseignants) ont également rendu leur carte. Le responsable départemental de la FGTE évoque tout de même le départ d’« environ 80% des cheminots sur la région ».
Où sont allés les démissionnaires de 2003 ?
Il est probable que beaucoup ont renoncé à tout engagement syndical. Ceux qui souhaitent continuer à militer ne vont pas rejoindre SUD au contraire de leurs aînés de 1988-1989 – lorsque fut fondé SUD-PTT – puis de 1995. Cette fois-ci, une partie d’entre eux – et notamment les responsables – lui préfèrent la CGT. Toutefois, pour expliquer ces essaimages différents, quelques explications peuvent être formulées. Les syndicats SUD, apparus en deux vagues successives après 1988-1989 (avec la création du premier syndicat SUD dans le secteur des PTT, puis après les mouvements sociaux de 1995), ont agrégé des militants de gauche et d’extrême gauche, parfois passés par la LCR et, plus largement, adeptes d’un socialisme démocratique et autogestionnaire dont la CFDT s’est un temps réclamée. L’autonomisation de la CGT par rapport au PCF à compter du milieu des années 1990 puis de la désignation d’un nouveau secrétaire général, en 1999 (lequel renoncera à toute responsabilité au sein du PCF en 2001) a conféré une nouvelle image à la CGT, même si l’évolution est demeurée lente et nuancée. Mais celle-ci apparaît de surcroît comme une machine efficace pour la « confrontation » avec les employeurs et les gouvernements alors que la CFDT a eu tendance à privilégier un syndicalisme plus institutionnel, sinon « intégré » à l’entreprise. Se tourner vers la CGT est aussi apparu pour certains comme un retour à certains « fondamentaux » de l’action syndicale et une tentative de réunification du mouvement syndical (avec le mot d’ordre du «syndicalisme rassemblé » porté par la CGT).
Certains militants de la CFDT n’ont pas renoncé à des choix politiques, ce qui les a conduits à rejoindre SUD puis à se tourner vers la CGT : ils vont investir les fédérations des Cheminots, des Finances (administration des Impôts), des banques (Secteurs financiers), des collectivités locales (Services publics), apportant au passage une certaine culture organisationnelle, une autre approche de la négociation.
Il reste que la CGT est loin de récupérer tous les partants de la CFDT. Par exemple, le syndicat CGT des cheminots de Toulouse ne verra arriver que quelque 70 ex-cédétistes sur 200 démissionnaires environ. En 2003, une partie des partants de la CFDT, notamment à la « base », continue de surcroît de préférer SUD à la CGT
 
*Ce chapitre sur l’évolution des effectifs de la CFDT, particulièrement mouvants en raison des derniers évènements sociaux en France, doit tout à l’étude et aux recherches de Dominique Labbé et Dominique Andolfatto ( Les syndiqués en France (1990-2006)-Mai 2007). Ce qui n’apporte aucune adhésion à leurs thèses développées par ailleurs.
 
On aurait pu supposer que cette recomposition serait d’abord le fait de la CGT et de FO que lient une histoire commune et qui avaient rompu en 1947. Etonnamment, ce sont ceux qui sont issus de la tradition catholique sociale qui vont se tourner vers d’anciens communistes.
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
L’évolution de l’action syndicale et de la CFDT et du droit du travail
La CFDT privilégie aujourd’hui la négociation et le contrat au détriment de l’action, de la grève à laquelle elle ne se résout que forcée par l’intransigeance d’un Medef largement aidé par le pouvoir. En signant des accords qu’elle pense négocier alors qu’ils ne sont que discutés, elle se normalise aux règles du syndicalisme anglo-saxon et nordique. Mais elle ne dispose pas de l’appui politique de puissants partis sociaux démocrates qui sont liés aux syndicats dans ces pays. Elle se retrouve donc en tête à tête avec la Droite et joue le rôle de compère que jouait autrefois FO…
En France les accords dits de branche couvrent 98 % des salariés. Les conventions collectives sont automatiquement étendues à toute la profession et ont techniquement la même portée qu’une loi ou un règlement. Quand elle signe un accord minoritaire ( souvent avec la CFTC et la CGC), il est étendu à l’ensemble des salariés.
Cette couverture conventionnelle est la plus élevée au monde ; elle n’est que de 65 % en Allemagne et de 33 % en Grande-Bretagne. Dans ces pays, les syndicats plus puissants et moins divisés que les syndicats français ont une tradition de négociation et d’accords au niveau des entreprises. Leurs accords ne sont pas extensibles et sont passés entre syndicats de salariés et syndicats patronaux reconnus. Aujourd’hui ils sont confrontés à des sociétés multinationales qui ne sont pas toujours affiliés à des syndicats ; dans ce cas les conventions – non extensibles par la loi - ne s’appliquent pas. Avec la déréglementation du code du travail en France et les projets du gouvernement de M.Sarkozy, c’est ce qui se dessine.
En France, au début des années 80, moins de deux millions de travailleurs étaient couverts par un accord d’entreprise. Ce chiffre avait doublé en 2002. Aujourd’hui la moitié des salariés travaillant dans des entreprises de plus de 50 salariés sont couverts par ce type d’accord qui concerne le temps de travail, les salaires, la formation, l’épargne salariale.
La question que pose aujourd’hui la patronat et le MEDEF est de privilégier ce type d’accord en leur accordant la prépondérance sur la loi et les accords de branche. Ce serait une nouvelle source d’inégalités, de remise en cause du droit du travail et des principes de la République. On le constate en particulier avec les tentatives de remise en cause de la durée hebdomadaire du travail pour aboutir finalement à ne plus majorer les heures supplémentaires au-delà des 35 heures…
L’absence de syndicat dans de nombreuses petites entreprises privera une majorité de salariés
du bénéfice des accords négociés.
Les syndicats dits réformistes signent 70 % des accords négociés, la CGT n’en signent qu’un tiers. Au niveau des entreprises, les réformistes signent 9 accords sur 10, la CGT plus de 8/10.
La CFDT - comme d’autres - est fortement imbriquée dans des organismes et institutions qui l’éloigne des salariés qu’elle est censée représenter et ne l’incite pas toujours à la mobilisation sociale qui serait nécessaire pour favoriser la négociation. Les responsables, de militants se transforment en experts de la vie syndicale, des fonctionnaires du syndicalisme…
Au moment où je termine cet essai, la CFDT s’apprête à signer l’accord sur la réforme du code du travail basé sur les propositions du MEDEF et imposé par le gouvernement Sarkozy-Fillion, négociation faite dans un temps très court sous la menace d’une législation gouvernementale. Elle porte en particulier sur la modification du contrat de travail qui donne :
- la possibilité à l’employeur de licencier à l’amiable avec le salarié – cependant après autorisation de l’inspection du travail.
- l’augmentation du temps d’essai à l’embauche ;
Un mini CNE qui succède à celui initié par De Villepin et retoqué par le BIT (Bureau international du travail) ;
- le contrat de mission pour les cadres, un cdd prolongé…
 
Allain Louis Graux
    le 15.08.2008
- Publié dans : SYNDICALISME
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